Sanctuaire de Loreto

La basilique de la Santa Casa de Loreto, le grand sanctuaire marial des Marches bâti autour de la Sainte Maison de Nazareth : la construction de la basilique-forteresse (1469-1587), la coupole de Giuliano da Sangallo, le revêtement de marbre de Bramante et Sansovino, les trésors de Signorelli, Melozzo et Pomarancio, la Vierge noire, la ville pontificale, le patronage des aviateurs et les grands pèlerinages de saint Ignace, Thérèse de Lisieux et des papes.

Ignispedia

Sur une colline des Marches, à portée de vue de l'Adriatique, se dresse une basilique de pierre que l'on prendrait de loin pour une citadelle : murs aveugles, chemins de ronde, contreforts. C'est pourtant l'un des plus grands sanctuaires de la chrétienté. Sous sa coupole, au croisement du transept, se trouve un petit édifice de pierre brute enveloppé d'un écrin de marbre sculpté : la Santa Casa, la Sainte Maison — selon la tradition, les trois murs de la maison de Nazareth où la Vierge naquit, vécut, et reçut l'annonce de l'ange.

Cet article traite du sanctuaire lui-même : le monument, la ville, l'institution et le pèlerinage. La Sainte Maison comme relique, le récit de sa translation, l'examen scientifique de ses pierres, les Litanies de Lorette et la dévotion mariale propre sont traités à part dans l'article Notre-Dame de Lorette. Ici, on raconte comment, sur trois murs vénérés, des papes, des architectes et des sculpteurs ont élevé pendant plus d'un siècle l'une des plus belles églises de la Renaissance italienne ; comment un village est devenu une cité pontificale ; et pourquoi, depuis cinq siècles, saints, papes et foules anonymes viennent s'agenouiller dans une maison de pierre que la piété populaire dit avoir traversé les airs.

À Rome, la basilique Saint-Pierre couvre le tombeau du prince des apôtres ; à Jérusalem, la basilique du Saint-Sépulcre garde le sépulcre du Christ ; en Galice, le sanctuaire de Compostelle honore un apôtre. Loreto, lui, garde une maison : non pas un tombeau, mais un foyer — celui de l'Incarnation. C'est, après Rome, le plus grand sanctuaire marial d'Italie, et l'un des plus visités d'Europe.[1]

Un sanctuaire bâti sur une maison

La Sainte Maison au cœur des Marches

Au centre exact de la basilique, là où les grandes églises placent d'ordinaire le maître-autel, Loreto abrite un édifice antérieur à tout le reste : une petite construction rectangulaire d'environ 9,5 mètres sur 4, faite de pierres et de briques étrangères au sol des Marches.[2] La tradition y reconnaît les trois parois de la maison de la Vierge à Nazareth — la quatrième étant ouverte, car elle correspondait, à Nazareth, à la grotte taillée dans le roc devant laquelle la maison était bâtie.[3]

Selon le récit lauretain, cette maison aurait été transportée de Nazareth jusqu'à Loreto à la fin du XIIIᵉ siècle, après la chute des derniers États latins de Terre sainte — d'abord à Tersatto (Trsat, en Croatie) en 1291, puis sur la colline de Loreto dans la nuit du 9 au 10 décembre 1294. Le détail de cette translation, l'hypothèse historique de la famille Angeli qui aurait fait venir les pierres par mer, et l'examen archéologique des murs sont exposés dans l'article Notre-Dame de Lorette. Ce qui compte ici, c'est la conséquence : autour de cette relique, on a voulu bâtir une église digne d'elle.

« À Lorette, cet autel se trouve dans la basilique où la sainte Maison est renfermée, comme un diamant précieux, en un écrin de marbre blanc. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Histoire d'une âme, à propos de son pèlerinage à Loreto (1887)[4]

Pourquoi une si grande basilique pour trois murs

Le contraste est saisissant : une humble maison de paysan de Galilée, et autour d'elle l'une des plus vastes basiliques de la Renaissance — 93 mètres de long, 60 de large, surmontée d'un dôme et flanquée d'un campanile de plus de 75 mètres.[5] Cette démesure n'est pas un caprice : elle exprime une conviction théologique. Si ces murs sont vraiment ceux où « le Verbe s'est fait chair », alors aucune architecture n'est trop belle pour les abriter. La basilique est tout entière une monstrance de pierre : sa seule raison d'être est de montrer, de protéger et d'honorer la Santa Casa qu'elle enchâsse.

La Santa Casa au cœur d'un double écrin protecteur — infographie originale Ignispedia créée par IA.

La logique est la même qu'à Saint-Pierre de Rome, où l'immense basilique n'existe que pour couvrir le tombeau de l'apôtre. À Loreto, le « tombeau » est une maison, et l'écrin est double : un revêtement de marbre sculpté enserre directement la maison, et la basilique enveloppe le tout. On verra que chacune de ces deux enveloppes a mobilisé les plus grands artistes de leur temps.

La construction de la basilique (1469-1587)

Les débuts : de Paul II aux premiers maîtres d'œuvre

La maison de Nazareth, d'abord protégée par un simple abri, attira si vite les foules qu'il fallut bâtir une véritable église. Les travaux de la grande basilique commencent vers 1468-1469, à l'initiative de l'évêque de Recanati Niccolò dall'Aste, puis sous le patronage du pape Paul II (1464-1471).[6] Le premier projet est confié au Vénitien Marino di Marco Cedrino ; en 1471, un certain Iacopo Petruccio est nommé « maçon et constructeur ».[7]

L'édifice s'élève par campagnes successives, au gré des pontificats. Giuliano da Maiano monte le tambour octogonal destiné à porter la coupole et amorce les chemins de ronde ; à partir de 1487-1488, le Toscan Baccio Pontelli poursuit les flancs de brique et achève les galeries fortifiées qui donnent au sanctuaire son allure de forteresse.[8] Les papes se succèdent comme commanditaires — Sixte IV, Jules II, Léon X, Clément VII — jusqu'à l'achèvement de la structure et de la façade en 1587 sous Sixte V.[9]

La coupole de Giuliano da Sangallo (1499-1500)

Le couronnement de l'édifice est l'œuvre de Giuliano da Sangallo, l'un des grands architectes florentins de la Renaissance. Sa coupole, élevée dans le style de Brunelleschi, fut voûtée en neuf mois seulement, de septembre 1499 au 23 mai 1500.[10] D'un diamètre d'environ 22 mètres, elle passa longtemps pour la deuxième plus grande coupole de la Renaissance après celle de la cathédrale de Florence — un classement traditionnel souvent répété, qu'il faut tenir pour approximatif.[11]

« Et justement ici à Lorette, nous avons l'opportunité de nous mettre à l'école de Marie, de celle qui a été proclamée bienheureuse parce qu'elle a cru (Lc 1, 45). » — Benoît XVI, homélie à Lorette, 4 octobre 2012[12]

La coupole et son décor de Cesare Maccari. Photo Parsifall, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

À l'intérieur, la calotte fut d'abord ornée de fresques par Cristoforo Roncalli, dit le Pomarancio (1610-1615) ; très dégradées, elles furent remplacées entre 1890 et 1907 par le grand décor de Cesare Maccari, peintre siennois, qui y déploya les Litanies de Lorette, le dogme de l'Immaculée Conception et la hiérarchie angélique.[13]

Bramante et le palais apostolique

Sous Jules II (1503-1513), le sanctuaire prend une nouvelle ampleur. En 1507, le pape soustrait Loreto à la juridiction de l'évêque de Recanati et le place sous l'autorité directe du Saint-Siège.[14] Il appelle Donato Bramante, l'architecte de la nouvelle Saint-Pierre, qui consolide la coupole, dessine la place et le palais apostolique qui borde le sanctuaire, et conçoit le projet du revêtement de marbre de la Santa Casa (voir plus bas).[15] C'est sous Jules II et ses successeurs que Loreto cesse d'être un simple lieu de dévotion régional pour devenir une affaire pontificale, dotée d'un palais, d'une garnison et d'une administration propre.

Un sanctuaire-forteresse contre les Turcs

Pourquoi Loreto prit l'allure d'une forteresse — infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'allure militaire de Loreto n'est pas un décor. Au XVᵉ et au XVIᵉ siècle, les côtes de l'Adriatique sont menacées par les raids ottomans : prise d'Otrante en 1480, descentes sur Grottammare (1479) et Porto Recanati (1518).[16] Un sanctuaire riche, gorgé d'ex-voto et d'or, posé près du rivage, était une proie tentante. On entoura donc la basilique de chemins de ronde couverts et saillants — commencés par Giuliano da Maiano, achevés par Baccio Pontelli sous le cardinal Girolamo Basso della Rovere — qui lui donnent encore aujourd'hui sa silhouette de citadelle.[17] Léon X ordonna de nouvelles fortifications en 1518, et Sixte V ceintura la ville de remparts en 1586. Ces défenses ne furent, de fait, jamais attaquées : la maison-forteresse veillait sur un trésor qu'aucune flotte ne vint jamais prendre.[18]

La façade et les portes de bronze

La façade en pierre blanche d'Istrie, de style Renaissance tardive florentine, fut élevée en plusieurs étapes à partir de 1571 et achevée en 1587 pour Sixte V.[19] Sur le linteau de la grande porte court une inscription latine du XVIᵉ siècle qui résume au pèlerin l'histoire de la Sainte Maison.[20]

Trois portes de bronze monumentales, commandées pour le Jubilé de 1600 par le cardinal-recteur Antonio Maria Gallo et fondues à Recanati, ferment la façade : la porte centrale est l'œuvre d'Antonio Lombardo et de ses fils (1590-1611), la porte de droite d'Antonio Calcagni, la porte de gauche de Tiburzio Vergelli.[21] Leurs panneaux racontent, en relief, l'histoire du salut, de la Création à la Rédemption.

Le campanile de Vanvitelli

Le campanile, haut de 75,6 mètres, fut bâti de 1750 à 1754 par Luigi Vanvitelli, le grand architecte du palais royal de Caserte.[22] Il abrite un carillon de neuf cloches qui sonne les Litanies de Lorette. La plus grosse, dite « la Loreta », fut coulée au début du XVIᵉ siècle et pèse plusieurs tonnes — les sources divergent sur sa date exacte (1515 ou 1516) et son poids.[23]

Trois siècles de chantier, de Paul II à Vanvitelli — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le tableau suivant récapitule les grandes étapes de cette construction étalée sur près de trois siècles.

ÉtapeDateMaître d'œuvre / artistePape commanditaire
Début de la basiliquev. 1469Marino di Marco CedrinoPaul II
Flancs, chemins de rondedès 1487Baccio PontelliSixte IV
Coupole1499-1500Giuliano da SangalloAlexandre VI
Place et palais apostoliquedès 1507Donato BramanteJules II
Revêtement de marbre1509-v. 1570Bramante (projet), Sansovino, atelierJules II, Léon X, Clément VII, Paul III et successeurs
Façade1571-1587Boccalini, Lattanzio VenturaPie V, Sixte V
Portes de bronze1590-1611Lombardo, Calcagni, VergelliClément VIII
Campanile1750-1754Luigi VanvitelliBenoît XIV

Le revêtement de marbre de la Santa Casa

Le projet de Bramante (1509) et la commande de Jules II

Le chef-d'œuvre de Loreto n'est ni la coupole ni la façade : c'est l'écrin de marbre qui enveloppe directement la Sainte Maison. Pour empêcher les pèlerins, dans leur ferveur, d'arracher des fragments des murs vénérés, et pour donner à la relique un cadre digne d'elle, Jules II commanda à Bramante, vers 1509, un revêtement de marbre sculpté.[24] L'architecte conçut une sorte de petit temple antique — podium orné, colonnes corinthiennes superposées, corniche saillante — qui enveloppe entièrement la maison de Nazareth comme une châsse de pierre.

Sansovino et les sculpteurs de la Renaissance

L'exécution des reliefs fut d'abord confiée en 1511 à Gian Cristoforo Romano, mort dès 1512. C'est Andrea Sansovino, appelé par Léon X en 1513, qui en devint le maître d'œuvre et y travailla jusque vers 1526-1527.[25] Après lui, une longue cohorte de sculpteurs poursuivit l'ouvrage : Niccolò Tribolo, Raffaello da Montelupo, Francesco da Sangallo, puis l'atelier des Lombardo, Antonio Calcagni, Giovanni Battista Della Porta. Au total, ce sont près de 600 m² de sculpture réalisés sur quelque soixante-dix ans.[26]

« Cela ne fit pas notre affaire. C'était dans le diamant, et non dans l'écrin, que nous voulions recevoir le Pain des Anges. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Histoire d'une âme, à propos de la communion reçue dans la Santa Casa[27]

Les scènes : Annonciation, Nativité, Translation

Détail du revêtement sculpté. Photo Shiraz Chakera, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Le programme sculpté du revêtement raconte la vie de la Vierge et l'histoire de la Sainte Maison. On y reconnaît surtout l'Annonciation — chef-d'œuvre de Sansovino, placé du côté de la nef —, la Nativité, la Nativité de la Vierge, et la Translation de la Santa Casa portée par les anges au-dessus de la mer.[28] Entre les scènes, des prophètes et des sibylles annoncent la venue du Christ. Le pèlerin qui fait le tour de l'écrin lit ainsi, sculptée dans le marbre, toute l'économie du salut, de la promesse à l'Incarnation.

Les trésors artistiques du sanctuaire

Les sacristies : Signorelli et Melozzo da Forlì

Au-delà de la Santa Casa, la basilique est un musée de la Renaissance. Deux sacristies ornées de fresques majeures encadrent l'abside : la sacristie Saint-Jean, décorée par Luca Signorelli en 1477-1480, et la sacristie Saint-Marc, peinte par Melozzo da Forlì vers 1477-1479.[29] Ces deux ensembles, antérieurs à la grande basilique elle-même, comptent parmi les premières œuvres d'art monumental réunies autour de la Sainte Maison.

Dans les voûtes de la nef, Signorelli peignit encore une série de médaillons de prophètes ; sur les piliers, Lorenzo Lotto ajouta en 1552 des prophètes et des sibylles en grisaille.[30] Lotto, l'un des grands peintres vénitiens du XVIᵉ siècle, finit d'ailleurs sa vie à Loreto comme oblat de la Santa Casa.

La Salle du Trésor et le Pomarancio

Les ensembles artistiques autour de la Santa Casa — infographie originale Ignispedia créée par IA.

La Salle du Trésor (Sala del Tesoro) abrite l'un des plus beaux décors peints du sanctuaire : la voûte fut couverte de fresques par Cristoforo Roncalli, dit le Pomarancio, entre 1605 et 1610.[31] Scènes de la vie de la Vierge, prophètes et sibylles, Assomption, Translation de la Sainte Maison et Couronnement s'y déploient. La salle conservait les innombrables ex-voto offerts au cours des siècles par les pèlerins, les princes et les rois — calices, joyaux, plaques d'argent — dont beaucoup furent dispersés lors des spoliations napoléoniennes.

La Vierge noire de Loreto

Une statue noircie par les siècles

Dans la Santa Casa, sur l'autel, se dresse la statue vénérée de la Vierge noire de Loreto (Madonna Nera), portant l'Enfant.[32] Sa couleur sombre n'a rien d'un symbole exotique : la statue médiévale de bois de cèdre, placée selon la tradition au début du XIVᵉ siècle, noircit au fil des siècles sous la fumée des lampes à huile et des cierges. La dévotion propre à cette image, ses couronnements et son rôle dans la piété mariale sont détaillés dans l'article Notre-Dame de Lorette.

L'incendie de 1921 et la statue de Pie XI

De l'incendie de 1921 au retour de la statue en 1922 — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le 23 février 1921, un incendie ravagea la Santa Casa et détruisit la statue médiévale.[33] Pie XI voulut aussitôt la remplacer : la nouvelle Vierge fut taillée dans un cèdre du Liban prélevé dans les jardins du Vatican, modelée par Enrico Quattrini et teintée en sombre par Leopoldo Celani, pour conserver l'aspect de l'ancienne image.[34] Le pape la couronna à Saint-Pierre de Rome en 1922, puis la fit transporter solennellement à Loreto, où elle fut placée sur l'autel de la Sainte Maison le 8 octobre 1922.[35] C'est cette statue que vénèrent aujourd'hui les pèlerins.

Loreto, ville pontificale

De village à cité : Sixte V (1586)

Le sanctuaire fit la ville. Autour de la basilique grandit d'abord un bourg de pèlerinage, qui prit son essor à mesure que Loreto attirait l'Europe entière. En 1586, Sixte V fortifia l'agglomération, lui accorda les privilèges d'une cité et y érigea un diocèse par la bulle Pro excellenti du 17 mars 1586.[36] Aujourd'hui, Loreto est une petite ville d'environ 13 000 habitants de la province d'Ancône, perchée à quelque 127 mètres d'altitude sur une crête d'où le regard embrasse l'Apennin d'un côté et l'Adriatique de l'autre.[37]

La Délégation pontificale et le statut du sanctuaire

Loreto a un statut canonique singulier. Depuis 1507, la Sainte Maison est directement soumise au Saint-Siège ; la basilique est propriété du Saint-Siège.[38] Au fil des siècles, ce lien direct fut réorganisé à plusieurs reprises.

« Ainsi, nous trouvons ici à Lorette, une maison qui nous fait demeurer, habiter et qui en même temps nous fait cheminer, nous rappelle que nous sommes tous pèlerins, que nous devons toujours être en chemin vers une autre maison, vers la maison définitive, celle de la Cité éternelle, la demeure de Dieu avec l'humanité rachetée. (cf. Ap 21, 3). » — Benoît XVI, homélie à Lorette, 4 octobre 2012[39]

Le tableau suivant récapitule les grandes étapes du statut juridique du sanctuaire.

ActeDatePapeEffet
Soustraction à Recanati1507Jules IISainte Maison placée sous l'autorité directe du Saint-Siège
Bulle Pro excellenti1586Sixte VÉrection de Loreto en cité et en diocèse
Bulle Lauretanae Basilicae15 sept. 1934Pie XISanctuaire placé sous l'autorité directe du Saint-Siège ; Capucins faits gardiens uniques
Const. ap. Lauretanae Almae Domus24 juin 1965Paul VICréation de la Délégation pontificale et de la prélature territoriale
Rattachement provincial11 mars 2000Jean-Paul IIPrélature rattachée à la province ecclésiastique d'Ancône-Osimo
Loreto sous garde pontificale : quatre jalons institutionnels — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le sanctuaire est aujourd'hui gouverné par un délégué pontifical, archevêque-prélat, assisté d'un conseil d'administration dont les membres sont nommés par la Secrétairerie d'État.[40] La fonction est exercée depuis 2017 par Mgr Fabio Dal Cin.[41]

Capucins et confesseurs des nations

Parce que Loreto accueille des pèlerins de toute l'Europe, le sanctuaire eut très tôt le souci de leur offrir la confession dans leur langue. Les Jésuites, arrivés en 1554, y tinrent le Collège illyrien et fournirent des confesseurs multilingues ; les Capucins (Frères mineurs capucins), présents dès la fin du XVIᵉ siècle, furent faits gardiens uniques de la basilique par Pie XI en 1934.[42] Aujourd'hui encore, la fraternité capucine de Loreto réunit des frères de nombreux pays pour assurer la Pénitencerie et l'accueil des pèlerins dans leurs langues.[43]

Le grand pèlerinage de Loreto

Loreto parmi les sanctuaires de la chrétienté

Pendant des siècles, Loreto fut, avec Rome et l'Espagne de Compostelle, l'un des grands pôles du pèlerinage occidental. Les routes des Marches drainaient vers la Santa Casa des marcheurs venus de toute l'Italie et d'au-delà des Alpes. Comme la montée des marches de Rocamadour ou la longue route de Saint-Jacques, la marche vers Loreto est une ascèse du corps mise au service de l'âme : on ne vient pas seulement voir une maison, on vient y entrer à genoux. Aujourd'hui encore, le sanctuaire reçoit chaque année plusieurs millions de visiteurs et compte parmi les premiers sanctuaires marials d'Europe.[44]

Une foule de saints à la Santa Casa

Peu de sanctuaires peuvent aligner une telle liste de saints pèlerins : la tradition lauretaine en compte plus de deux cents.[45] Y vinrent notamment saint Ignace de Loyola, saint Charles Borromée, saint François de Sales, saint Alphonse de Liguori, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, saint Benoît-Joseph Labre, sainte Françoise-Xavière Cabrini, ou encore sainte Gianna Beretta Molla.[46]

Parmi eux, le pèlerinage de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, en novembre 1887, est resté célèbre. La jeune carmélite obtint, avec sa sœur Céline, la grâce de communier dans la Santa Casa elle-même :

« Immédiatement, ce prêtre dévoué demanda deux petites hosties qu'il plaça sur sa patène, et vous devinez, ma Mère, le bonheur ineffable de cette communion ! Les paroles sont impuissantes à le traduire. Que sera-ce donc quand nous communierons éternellement dans la demeure du Roi des cieux ? » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Histoire d'une âme[47]

L'intérieur de la Santa Casa. Photographie historique, Wikimedia Commons, domaine public.

D'autres figures, sans être saintes, marquèrent l'histoire du sanctuaire : Michel de Montaigne y vint en pèlerinage en 1581 et y laissa un ex-voto d'argent ; René Descartes fit vœu, après les trois songes de novembre 1619, d'un pèlerinage de reconnaissance à Notre-Dame de Loreto.[48]

Patronne des aviateurs

La singularité de Loreto — une maison que la tradition dit avoir traversé les airs — lui valut au XXᵉ siècle un patronage inattendu. Par un bref pontifical du 24 mars 1920, le pape Benoît XV proclama la Vierge de Loreto « Aeronautarum Patrona », patronne des aviateurs et de tous ceux qui voyagent dans les airs.[49] La logique était limpide : celle dont la maison avait, selon la piété populaire, volé de Nazareth jusqu'aux Marches était toute désignée pour veiller sur les hommes qui s'élèvent dans le ciel. Le pape approuva même une formule de bénédiction des avions.[50]

La fête de Notre-Dame de Loreto est fixée au 10 décembre, anniversaire traditionnel de l'arrivée de la Sainte Maison. En 2019, le pape François l'a inscrite comme mémoire facultative au calendrier romain universel.[51] Pour le centenaire du patronage des aviateurs, il a aussi accordé une année jubilaire lauretaine, ouverte le 8 décembre 2019 et, en raison de la pandémie, prolongée jusqu'au 10 décembre 2021.[52]

Les papes pèlerins de Loreto

Peu de sanctuaires ont vu défiler autant de papes. Le plus mémorable de ces pèlerinages fut celui de Jean XXIII, le 4 octobre 1962, une semaine avant l'ouverture du concile Vatican II : au seuil du Concile, le pape vint à Loreto et à Assise comme un pèlerin, pour confier le Concile à la Vierge de Loreto et à saint François d'Assise et invoquer la grâce de l'Esprit Saint. Ce fut le premier voyage d'un pape hors de Rome depuis l'époque de Pie IX, et la première fois qu'un pontife empruntait le chemin de fer.[53]

Le tableau suivant récapitule les grands pèlerinages pontificaux du XXᵉ et du XXIᵉ siècle.

PapeDateMotif
Jean XXIII4 octobre 1962À la veille de Vatican II, confie le Concile à la Vierge
Jean-Paul II8 sept. 1979Premier pèlerinage à Lorette de son pontificat
Jean-Paul II10 déc. 1994VIIᵉ centenaire de la translation de la Sainte Maison
Jean-Paul II9-10 sept. 1995Veillée de prière pour les jeunes d'Europe (Montorso)
Jean-Paul II5 sept. 2004Messe à l'esplanade de Montorso et béatification de trois figures de l'Action catholique (Tarrés, Marvelli, Suriano)[54]
Benoît XVI1-2 sept. 2007Agorà des jeunes Italiens
Benoît XVI4 oct. 201250ᵉ anniversaire du pèlerinage de Jean XXIII ; Année de la foi
François25 mars 2019Signe l'exhortation Christus Vivit dans la Santa Casa
Les papes pèlerins à Loreto depuis 1962 — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le geste de François, le 25 mars 2019 — solennité de l'Annonciation —, est particulièrement parlant : c'est dans la maison que la tradition tient pour celle de l'Annonciation qu'il signa l'exhortation apostolique Christus Vivit, adressée aux jeunes du monde entier au terme du synode de 2018.[55]

Une école de prière : entrer dans la maison

Ce qui fait l'originalité spirituelle de Loreto, ce n'est pas un tombeau ni une image miraculeuse, mais un espace : une maison où l'on entre. Le pèlerin ne se contente pas de regarder une relique de loin ; il franchit le seuil de la Santa Casa, comme on entre chez quelqu'un. Là, sous les pierres que la tradition dit être celles de Nazareth, il se trouve à l'endroit même où, selon la foi de l'Église, « le Verbe s'est fait chair » — non pas dans une abstraction, mais dans une maison, une vie de famille, un travail caché.

C'est pourquoi Loreto fut très tôt compris comme l'école de Nazareth : l'école de la vie cachée, de l'obéissance et du fiat de Marie. Cette dimension spirituelle — la leçon de Nazareth, le sanctuaire des familles, la prière de l'abandon — est développée dans l'article Notre-Dame de Lorette. Mais le monument lui-même la prêche déjà : en enchâssant une humble maison de paysan dans un palais de marbre, Loreto dit que la sainteté n'habite pas d'abord les grandeurs, mais le quotidien d'un foyer offert à Dieu.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Loreto est régulièrement décrit comme l'un des premiers sanctuaires marials d'Italie après Rome et l'un des plus visités d'Europe, avec des estimations de l'ordre de plusieurs millions de visiteurs par an. Ces chiffres proviennent de sources touristiques et non de statistiques officielles du sanctuaire ; ils sont donc à prendre comme ordres de grandeur. Sources : sacredsites.com, « Holy House of Loreto » ; en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa ».

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  2. Dimensions de la basilique : env. 93 m de long sur 60 m de large (305 × 200 pieds) ; campanile de 75,6 m ; coupole d'env. 22 m de diamètre. Sainte Maison (intérieur) : env. 9,5 × 4 m (la Catholic Encyclopedia et Wikipedia EN donnent 31 × 13 pieds ; Wikipedia IT 9,52 × 4,10 m, hauteur d'origine ~3 m). Sources : en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa » ; it.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa » ; Catholic Encyclopedia, « Santa Casa di Loreto » (newadvent.org/cathen/13454b.htm).

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  3. La Santa Casa ne comporte que trois murs : à Nazareth, le quatrième côté s'ouvrait sur la grotte taillée dans le roc, vénérée aujourd'hui dans la basilique de l'Annonciation de Nazareth. Le détail de cette correspondance et l'examen archéologique des murs sont traités dans Notre-Dame de Lorette. Source : it.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa ».

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  4. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Histoire d'une âme, récit du pèlerinage en Italie de novembre 1887 (manuscrit A). Citation au mot près du texte français : « À Lorette, cet autel se trouve dans la basilique où la sainte Maison est renfermée, comme un diamant précieux, en un écrin de marbre blanc. » Source : Histoire d'une âme (édition de 1912), fr.wikisource.org, page 166 du scan (transcription relue du texte imprimé issu du manuscrit A).

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  5. Construction de la grande église commencée vers 1468-1469 à l'initiative de l'évêque de Recanati Niccolò dall'Aste, poursuivie sous Paul II ; premier projet de Marino di Marco Cedrino (Vénitien) ; Iacopo Petruccio nommé maçon et constructeur le 3 octobre 1471 ; structure et façade achevées en 1587 sous Sixte V. Sources : it.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa » ; santuarioloreto.va, « La Basilica e il Palazzo Apostolico » ; en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa ».

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  6. Maîtres d'œuvre successifs : Giuliano da Maiano (tambour de la coupole, début des chemins de ronde) ; Baccio Pontelli (dès 1487-1488, flancs de brique, galeries fortifiées) ; Giuliano da Sangallo (coupole) ; Donato Bramante (consolidation de la coupole, place et palais apostolique, projet du revêtement de marbre) ; Antonio da Sangallo le Jeune (campagne sculpturale et travaux 1531-1536). Sources : it.wikipedia.org et santuarioloreto.va, « La Basilica e il Palazzo Apostolico ».

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  7. Coupole de Giuliano da Sangallo, voûtée en neuf mois, de septembre 1499 au 23 mai 1500, dans le style de Brunelleschi ; diamètre d'env. 22 m, traditionnellement présentée comme la deuxième plus grande coupole de la Renaissance après celle de Florence (classement à prendre avec prudence). Fresques intérieures de Cristoforo Roncalli, dit le Pomarancio (1610-1615), remplacées par Cesare Maccari (1890-1907 : Litanies de Lorette, Immaculée Conception, hiérarchie angélique). Sources : it.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa » ; santuarioloreto.va.

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  8. Benoît XVI, homélie à Lorette, 4 octobre 2012, lors du pèlerinage marquant le 50ᵉ anniversaire de la venue de Jean XXIII. Citation au mot près du texte officiel français : « Et justement ici à Lorette, nous avons l'opportunité de nous mettre à l'école de Marie, de celle qui a été proclamée bienheureuse parce qu'elle a cru (Lc 1, 45). » Source : vatican.va, texte français de l'homélie du 4 octobre 2012.

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  9. Statut juridique : la Sainte Maison est directement soumise au Saint-Siège depuis 1507 (Jules II) ; bulle Lauretanae Basilicae de Pie XI (15 septembre 1934) plaçant le sanctuaire sous l'autorité directe du Saint-Siège ; constitution apostolique Lauretanae Almae Domus de Paul VI (24 juin 1965) instituant la Délégation pontificale pour le sanctuaire de la Santa Casa et la prélature territoriale ; rattachement à la province ecclésiastique d'Ancône-Osimo le 11 mars 2000. Délégué pontifical et archevêque-prélat depuis le 20 mai 2017 : Mgr Fabio Dal Cin. Sources : santuarioloreto.va, « Storia della Delegazione Pontificia » ; prelaturaloreto.it, « La storia » ; en.wikipedia.org, « Territorial Prelature of Loreto » et « Basilica della Santa Casa ».

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  10. Caractère fortifié : chemins de ronde couverts et saillants commencés par Giuliano da Maiano et achevés par Baccio Pontelli sous le cardinal Girolamo Basso della Rovere, donnant au sanctuaire son allure de forteresse (ouverts au public depuis 2009). Contexte : raids ottomans sur l'Adriatique (prise d'Otrante 1480, descentes sur Grottammare 1479 et Porto Recanati 1518) ; Léon X ordonne de nouvelles fortifications en 1518 ; Sixte V fortifie la ville en 1586. Ces défenses ne furent jamais attaquées. Sources : it.wikipedia.org et en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa ».

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  11. Façade en pierre blanche d'Istrie, de style Renaissance florentine tardive, commencée vers 1571 (architecte Boccalini, le prénom variant entre Giovanni et Francesco selon les sources), poursuivie par Giovan Battista Ghioldi, achevée en 1587 par Lattanzio Ventura sous Sixte V. Une inscription latine du XVIᵉ siècle, sur le linteau, résume l'histoire de la Sainte Maison. Sources : it.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa » ; santuarioloreto.va ; Catholic Encyclopedia, « Santa Casa di Loreto ».

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  12. Trois portes de bronze commandées pour le Jubilé de 1600 par le cardinal-recteur Antonio Maria Gallo et fondues à Recanati : porte centrale d'Antonio Lombardo et de ses fils (1590-1611), porte de droite d'Antonio Calcagni (commandée 1590, achevée 1600 par ses continuateurs), porte de gauche de Tiburzio Vergelli (avec Giovan Battista Vitali, achevée 1596). Wikipedia EN attribue plus largement les portes à l'atelier des Lombardo sous Paul V — les sources divergent sur la datation fine, l'attribution à la famille Lombardo restant commune. Sources : it.wikipedia.org et en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa ».

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  13. Campanile de Luigi Vanvitelli, bâti de 1750 à 1754, haut de 75,6 m ; carillon de neuf cloches jouant les Litanies de Lorette. La grosse cloche, dite « la Loreta », est donnée par les sources comme coulée en 1515 (Wikipedia IT, ~5 t) ou en 1516 par Léon X (Wikipedia EN, ~11 t) : la date et le poids exacts divergent. Sources : it.wikipedia.org et en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa ».

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  14. Revêtement de marbre (rivestimento marmoreo) de la Santa Casa : conçu par Bramante vers 1509 sur commande de Jules II, pour protéger les murs vénérés et offrir à la relique un cadre digne d'elle ; structure de petit temple antique (podium, colonnes corinthiennes, corniche). Première charge à Gian Cristoforo Romano (1511, mort 1512). Sources : en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa » ; it.wikipedia.org ; Encyclopædia Britannica, « Andrea Sansovino ».

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  15. Andrea Sansovino, appelé par Léon X en 1513, maître d'œuvre des reliefs du revêtement jusqu'en 1526 ; seconde campagne sculpturale en 1531-1536 sous Clément VII (direction d'Antonio da Sangallo le Jeune, avec Tribolo, Raffaello da Montelupo, Francesco da Sangallo) ; sous Paul III, arrivée des Lombardo (Aurelio en 1539, Jérémie achevé en 1542, prophètes de Girolamo en 1543-1551) ; cycle supérieur des Sibylles : première sculptée par Antonio Calcagni en 1567, les autres par Giovanni Battista Della Porta à partir de 1569 — d'où la borne « v. 1570 ». Environ 610 m² de sculpture réalisés en quelque soixante-dix ans. Scènes principales : Annonciation (chef-d'œuvre de Sansovino, côté nef), Nativité, Nativité de la Vierge, Translation de la Sainte Maison, prophètes et sibylles. Sources : it.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa » (§ Rivestimento marmoreo) ; Britannica, « Andrea Sansovino ».

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  16. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Histoire d'une âme : pour communier au plus près de la relique, Thérèse et sa sœur Céline obtiennent de recevoir l'eucharistie dans la Santa Casa elle-même. Citation au mot près du texte français : « Cela ne fit pas notre affaire. C'était dans le diamant, et non dans l'écrin, que nous voulions recevoir le Pain des Anges. » Source : Histoire d'une âme (édition de 1912), fr.wikisource.org, pages 166-167 du scan (transcription relue du texte imprimé issu du manuscrit A).

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  17. Sacristies de la basilique : sacristie Saint-Jean (Sagrestia di San Giovanni) décorée par Luca Signorelli (cycle de fresques 1477-1480 ; marqueteries de bois 1516-1517) ; sacristie Saint-Marc (Sagrestia di San Marco) peinte par Melozzo da Forlì (v. 1477-1479). Signorelli peignit aussi des médaillons de prophètes dans les voûtes ; Lorenzo Lotto ajouta en 1552 prophètes et sibylles en grisaille sur les piliers, et finit sa vie comme oblat de la Santa Casa. Sources : it.wikipedia.org et en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa ».

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  18. Salle du Trésor (Sala del Tesoro) : voûte frescoée par Cristoforo Roncalli, dit le Pomarancio, de 1605 à 1610 (scènes de la vie de la Vierge, prophètes et sibylles, Assomption, Translation de la Sainte Maison, Couronnement). La salle conservait les ex-voto offerts par les pèlerins, princes et rois, en partie dispersés lors des spoliations napoléoniennes. Sources : it.wikipedia.org et en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa ».

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  19. Vierge noire de Loreto (Madonna Nera) : statue vénérée portant l'Enfant ; la couleur sombre de la statue médiévale en bois de cèdre (placée selon la tradition au début du XIVᵉ siècle) résulte du noircissement par la fumée des lampes et cierges. La dévotion propre est traitée dans Notre-Dame de Lorette. Source : en.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa » ; ascensionpress.com, « The Extraordinary Story of Loreto ».

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  20. Incendie du 23 février 1921 détruisant la statue médiévale ; nouvelle statue voulue par Pie XI, taillée dans un cèdre du Liban prélevé dans les jardins du Vatican, modelée par Enrico Quattrini et teintée en sombre par Leopoldo Celani ; couronnée par Pie XI à Saint-Pierre de Rome en 1922 puis placée sur l'autel de la Santa Casa le 8 octobre 1922. Sources : acistampa.com, « La immagine di Maria da antica icona a statua di cedro del Libano » et « I primi cento anni della statua della Madonna di Loreto » ; en.wikipedia.org.

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  21. La ville de Loreto : Sixte V la fortifie en 1586, lui accorde les privilèges d'une cité et y érige un diocèse par la bulle Pro excellenti du 17 mars 1586 (premier évêque Francesco Cantucci) ; diocèse uni à Recanati sous Clément VIII (1591/1592 selon les sources). Aujourd'hui : comune de la province d'Ancône (Marche), env. 13 000 habitants, ~127-128 m d'altitude, à ~22 km au sud d'Ancône. Sources : en.wikipedia.org, « Loreto, Marche » et « Roman Catholic Diocese of Loreto » ; tuttitalia.it, « Loreto ».

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  22. Benoît XVI, homélie à Lorette, 4 octobre 2012. Citation au mot près du texte officiel français : « Ainsi, nous trouvons ici à Lorette, une maison qui nous fait demeurer, habiter et qui en même temps nous fait cheminer, nous rappelle que nous sommes tous pèlerins, que nous devons toujours être en chemin vers une autre maison, vers la maison définitive, celle de la Cité éternelle, la demeure de Dieu avec l'humanité rachetée. (cf. Ap 21, 3). » Source : vatican.va, texte français de l'homélie du 4 octobre 2012.

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  23. Ordres religieux au service du sanctuaire : Jésuites arrivés en 1554, en charge du Collège illyrien et de confesseurs multilingues pour les pèlerins internationaux ; Capucins (Frères mineurs capucins) présents dès la fin du XVIᵉ siècle, faits gardiens uniques de la basilique par Pie XI en 1934 (Pénitencerie, Messe, custodie) ; depuis 2015, la fraternité capucine de Loreto, internationale, dépend directement du ministre général. Sources : acistampa.com, « I cappuccini e Loreto » ; ofmcap.org, « Loreto ».

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  24. Plus de deux cents saints et bienheureux comptés par la tradition lauretaine parmi les pèlerins de Loreto. Figures canonisées attestées : saint Ignace de Loyola, saint Charles Borromée, saint François de Sales, saint Alphonse de Liguori (cités par la Catholic Encyclopedia) ; également saint Louis-Marie Grignion de Montfort, saint Benoît-Joseph Labre, sainte Françoise-Xavière Cabrini, sainte Gianna Beretta Molla, etc. (listes dévotionnelles et it.wikipedia.org). Sources : Catholic Encyclopedia, « Santa Casa di Loreto » ; it.wikipedia.org, « Basilica della Santa Casa » ; ascensionpress.com.

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  25. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Histoire d'une âme : récit de la communion reçue dans la Santa Casa lors du pèlerinage en Italie de 1887 (manuscrit A). Citation au mot près du texte français : « Immédiatement, ce prêtre dévoué demanda deux petites hosties qu'il plaça sur sa patène, et vous devinez, ma Mère, le bonheur ineffable de cette communion ! Les paroles sont impuissantes à le traduire. Que sera-ce donc quand nous communierons éternellement dans la demeure du Roi des cieux ? » Source : Histoire d'une âme (édition de 1912), fr.wikisource.org, page 167 du scan (transcription relue du texte imprimé issu du manuscrit A).

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  26. Pèlerins illustres non canonisés : Michel de Montaigne (pèlerinage de 1581 lors de son voyage en Italie, ex-voto d'argent le représentant avec sa femme et sa fille) ; René Descartes (vœu d'un pèlerinage de reconnaissance à Notre-Dame de Loreto après les trois songes de la nuit du 10 au 11 novembre 1619, accomplissement historiquement débattu). Sources : en.wikipedia.org, « Michel de Montaigne » ; sources biographiques sur Descartes (datations et accomplissement à manier avec prudence).

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  27. Patronage des aviateurs : Benoît XV proclame la Vierge de Loreto « Aeronautarum Patrona » (patronne des aviateurs et des voyageurs aériens) par un bref pontifical du 24 mars 1920 (textes dans les Acta Apostolicae Sedis 1920), et approuve une formule de bénédiction des aéronefs. La fête, fixée au 10 décembre, a été inscrite comme mémoire facultative au calendrier romain universel par décret de la Congrégation pour le culte divin (signé le 7 octobre 2019, publié le 31 octobre 2019). Sources : giorgioparodi.it, « La Madonna di Loreto patrona Aeronautarum » ; vaticanstate.va, « 10 December — Our Lady of Loreto » ; catholicnewsagency.com (décret 2019).

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  28. Année jubilaire lauretaine pour le centenaire du patronage des aviateurs, proclamée par le pape François : ouverte le 8 décembre 2019 (Immaculée Conception, Porte Sainte de la basilique ouverte par le cardinal Pietro Parolin), initialement close le 10 décembre 2020, prolongée jusqu'au 10 décembre 2021 en raison de la pandémie (décret de la Pénitencerie apostolique, prot. 580/20/1 du 16 juillet 2020). Sources : ewtn.com, « Holy Father extends Loreto Jubilee » ; catholicnewsagency.com.

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  29. Jean XXIII, pèlerinage à Loreto puis à Assise le 4 octobre 1962, une semaine avant l'ouverture du concile Vatican II (11 octobre 1962), pour confier le Concile à la Vierge de Loreto et à saint François. Premier voyage d'un pape hors de Rome depuis l'époque de Pie IX, et première utilisation du chemin de fer par un pontife (train présidentiel italien, retransmis en Eurovision) ; le pape déposa deux couronnes d'or sur la Vierge noire. Sources : santuarioloreto.va, « I papi e Loreto — Giovanni XXIII » ; en.wikipedia.org, « Vatican Railway » ; ncregister.com.

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  30. Jean-Paul II, visite à Lorette le dimanche 5 septembre 2004 : messe à l'esplanade de Montorso avec la béatification de Pedro Tarrés y Claret, d'Alberto Marvelli et de Pina Suriano, à l'occasion du pèlerinage national de l'Action catholique italienne. Sources : vatican.va, programme officiel de la visite (5 septembre 2004) et homélie de Jean-Paul II à Montorso (« Visit to Loreto: Celebration of Mass and Beatification of Pedro Tarres y Claret, Alberto Marvelli and Pina Suriano »).

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  31. Pape François, visite à Lorette le 25 mars 2019 (solennité de l'Annonciation) : prière dans la Santa Casa et signature, dans la maison que la tradition tient pour celle de l'Annonciation, de l'exhortation apostolique post-synodale Christus Vivit (fruit du synode d'octobre 2018 sur les jeunes), publiée au Vatican le 2 avril 2019. Le colophon officiel dit : « Given in Loreto, at the Shrine of the Holy House, on 25 March, Solemnity of the Annunciation of the Lord, in the year 2019 » (la Santa Casa, sans trancher sur l'identification à la maison de Nazareth). Source : vatican.va, Christus Vivit (signée à Lorette le 25 mars 2019).

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