Notre-Dame de Lorette désigne la Vierge Marie vénérée à Lorette, petite ville des Marches italiennes, sous le vocable attaché à la plus singulière des reliques mariales : la Sainte Maison — la Santa Casa — c'est-à-dire, selon la tradition, les trois murs de la demeure de Nazareth où Marie naquit, vécut, et reçut l'annonce de l'ange. C'est là, dit la foi populaire, que « le Verbe s'est fait chair » ; et c'est cette maison de pierre que des foules immenses de pèlerins viennent, depuis plus de sept siècles, vénérer au cœur d'une grande basilique[1].
La dévotion de Lorette ne se confond pas avec celle d'une apparition comme Lourdes ou Fátima : ici, la Vierge n'apparaît pas, elle est vénérée dans sa maison. Lorette est d'abord un sanctuaire de l'Incarnation et de la vie cachée, l'un des grands lieux de mémoire de l'enfance du Christ, avec Bethléem. La tradition raconte que cette maison fut transportée par des anges depuis la Terre sainte tombée aux mains des musulmans ; l'histoire moderne, sans nier le surnaturel, propose une explication plus terre-à-terre — un transport par mer financé par une famille noble nommée, justement, Angeli.
Autour de la Sainte Maison s'est cristallisé un trésor de dévotion catholique : la Vierge noire de Lorette, les Litanies de Lorette que l'Église chante encore aujourd'hui, le patronage des aviateurs confié à celle dont la maison « a volé », et une spiritualité de Nazareth — silence, famille, travail caché — que des saints comme Ignace de Loyola, Charles Borromée, Alphonse de Liguori ou Thérèse de Lisieux sont venus puiser à la source.
Cet article présente ce que vénère Lorette, le récit de la translation et son examen historique et archéologique, la critique sceptique et la réponse catholique, l'image de la Vierge noire, les Litanies, le patronage et la fête, la spiritualité de la Sainte Maison et la longue procession des saints et des papes vers Lorette. Pour le bâtiment lui-même — la basilique, son architecture, l'organisation du pèlerinage — on se reportera à l'article sanctuaire-de-loreto.
Ce que vénère Lorette : la Sainte Maison de Nazareth
Le cœur de Lorette n'est ni une statue ni une source, mais un édifice : une petite maison de pierre, sans fenêtres, dont on a fait le centre exact d'une immense basilique. Tout le sanctuaire est construit autour d'elle, comme un écrin autour d'un joyau.
La maison de l'Annonciation et de la vie cachée
La tradition identifie la Santa Casa à la maison de la Sainte Famille à Nazareth : non pas la grotte de la Nativité (qui est à Bethléem), mais la demeure où Marie vivait lorsque l'ange Gabriel lui annonça qu'elle serait la Mère du Sauveur, et où s'écoulèrent ensuite les longues années cachées de Jésus, de Marie et de Joseph. C'est donc, par excellence, le lieu de l'Annonciation et de la vie cachée du Christ — deux mystères que la dévotion catholique relie intimement à la maison de Lorette[2].
À Nazareth même, sur le lieu de l'Annonciation, on vénère aujourd'hui la grotte qui formait l'arrière de l'habitation ; la maçonnerie qui la précédait — les trois murs de pierre — est précisément ce que Lorette prétend conserver. Les deux sanctuaires seraient ainsi complémentaires : la partie creusée dans le roc demeurée à Nazareth, la partie bâtie transférée à Lorette[3].
« Hic Verbum caro factum est »
Sur l'autel dressé dans la Sainte Maison, une inscription résume tout le sens du lieu : HIC VERBUM CARO FACTUM EST — « Ici, le Verbe s'est fait chair. » L'adverbe hic, « ici », fait toute la force du sanctuaire : Lorette n'est pas un mémorial abstrait de l'Incarnation, mais la prétention vertigineuse de toucher le lieu physique où Dieu prit chair dans le sein de la Vierge[4].
« Ici, le Verbe s'est fait chair. » — Inscription de l'autel de la Sainte Maison de Lorette[5]
Cette prétention explique l'émotion des pèlerins et, en sens inverse, la vigueur des controverses : si la maison est authentique, elle est l'un des lieux les plus sacrés de la terre ; dans un bref concédant des faveurs spirituelles pour le sixième centenaire de la translation (1894), le pape Léon XIII célébrait la Sainte Maison ; la Catholic Encyclopedia (1913) résume ainsi son propos : « The happy House of Nazareth is justly regarded and honoured as one of the most sacred monuments of the Christian Faith » — soit, en français : « l'heureuse maison de Nazareth est justement regardée et honorée comme l'un des monuments les plus sacrés de la foi chrétienne »[6]. Pour comprendre ce que vaut cette prétention, il faut suivre la maison de Nazareth jusqu'aux Marches.
La translation : de Nazareth à Lorette
La dévotion de Lorette repose sur un fait extraordinaire : la translation, c'est-à-dire le déplacement de la Sainte Maison hors de la Terre sainte. Deux récits coexistent — l'un pieux et merveilleux, l'autre historique — sans nécessairement s'exclure.
Le récit traditionnel du transport angélique
La forme la plus connue de la tradition raconte que, lorsque les derniers États latins de Terre sainte s'effondrèrent — Saint-Jean-d'Acre, dernier bastion croisé, tomba en 1291 —, la maison de Nazareth, menacée de profanation par les musulmans, fut enlevée par des anges et déposée d'abord en Illyrie, à Tersatto (l'actuelle Trsat, près de Rijeka en Croatie), dans la nuit du 9 au 10 mai 1291. Trois ans plus tard, les anges l'auraient reprise pour la déposer, dans la nuit du 9 au 10 décembre 1294, sur une colline boisée de lauriers (lauretum, d'où peut-être Loreto) près de Recanati, où elle se trouve toujours[7].
- 18 mai 1291Chute de Saint-Jean-d'Acre
- Nuit du 9 au 10 mai 1291Première translation : Tersatto (Illyrie)
Selon la tradition, la Sainte Maison est déposée à Tersatto (Trsat), sur la côte dalmate. Un sanctuaire y commémore encore cet épisode. La maison y serait restée environ trois ans[9].
- Nuit du 9 au 10 décembre 1294Arrivée à Lorette
La maison est déposée près de Recanati, sur le site actuel de Lorette. Le 10 décembre devient la date anniversaire de l'arrivée et la fête propre du sanctuaire[10].
- 1469-1587Construction de la basilique
On élève peu à peu, autour de la Sainte Maison, la grande basilique qui l'enchâsse et la protège (voir sanctuaire-de-loreto). Un revêtement de marbre sculpté, dessiné par Bramante, vient l'envelopper au XVIᵉ siècle[11].
Tersatto, Recanati, Lorette
Le récit des trois étapes — Nazareth, Tersatto, Lorette — n'est pas une broderie tardive isolée : un sanctuaire de Tersatto/Trsat conserve la mémoire de l'étape illyrienne, et la convergence des traditions croate et italienne sur les mêmes dates de mai 1291 et décembre 1294 a longtemps frappé les pèlerins. C'est ce parallélisme géographique qui, on va le voir, oriente vers une explication historique : un transport par bateau le long de l'Adriatique, des côtes dalmates aux côtes italiennes[12].
Les anges ou les Angeli ? L'hypothèse historique
Loin d'embarrasser l'Église, la critique historique du XXᵉ siècle a fait surgir une explication qui conforte la tradition au lieu de la ruiner : les pierres de Nazareth auraient bien été transportées jusqu'à Lorette — non par des anges célestes, mais par une famille qui portait le nom d'Angeli, c'est-à-dire « les anges ».
La famille Angeli et le document de 1294
Des documents d'archives, étudiés notamment à partir du XXᵉ siècle, désignent la noble famille byzantine des Angeli (ou De Angelis), qui régnait sur l'Épire, comme l'agent possible du transfert. L'hypothèse s'appuie notamment sur un acte daté de 1294 : d'après des correspondances diplomatiques publiées en 1985 et rapportées par la presse catholique, Nicéphore Angelos (Niceforo Angeli), despote d'Épire, accordant la main de sa fille Ithamar (Marguerite) au prince Philippe de Tarente — fils du roi de Naples Charles II d'Anjou —, aurait inclus dans la dot de précieuses « saintes pierres emportées de la maison de Notre-Dame la Vierge Mère de Dieu »[13].
Dans la dot auraient figuré « les saintes pierres emportées de la maison de Notre-Dame la Vierge Mère de Dieu. » — Teneur rapportée du document de 1294 relatif au mariage d'Ithamar Angeli et de Philippe de Tarente[14]
L'hypothèse est cohérente avec la chronologie (1291-1294), avec la route maritime Terre sainte → Dalmatie → Marches, et avec le fait que les croisés et les familles nobles avaient l'habitude de sauver les reliques menacées en les rapportant en Occident — comme l'avaient fait, à plus grande échelle, les pillages de Constantinople en 1204.
Pourquoi « les anges » : un jeu de mots révélateur
L'élément le plus frappant est onomastique : le nom de la famille, Angeli, signifie littéralement « les anges ». Il est facile d'imaginer comment, en une ou deux générations, la formule « la maison apportée par les Angeli » a pu devenir, dans la bouche du peuple, « la maison apportée par les anges ». La tradition merveilleuse ne serait donc pas une légende sans fondement, mais la transposition poétique d'un fait réel : les pierres saintes ont bel et bien voyagé de Nazareth à Lorette[15].
Le sanctuaire officiel lui-même présente aujourd'hui les deux récits côte à côte, sans opposer la piété et l'histoire : « la maison de la Vierge a été transportée par les Anges », dit la tradition ; « des chrétiens sauvèrent la demeure de Marie » lors de la chute des croisés, dit l'hypothèse historique[16].
L'examen scientifique de la Sainte Maison
Au-delà des archives, la pierre elle-même a été interrogée. Plusieurs indices matériels, étudiés notamment au XXᵉ siècle, soutiennent l'origine nazaréenne des murs.
Trois murs sans fondations
La Sainte Maison est un petit édifice d'environ 9,5 mètres de long sur 4 mètres de large et 5 mètres de haut — la Catholic Encyclopedia donne la mesure ancienne de « trente-et-un pieds sur treize »[17]. Elle ne comporte que trois murs anciens : le côté qui donne aujourd'hui sur l'autel est ouvert, exactement là où, à Nazareth, la maçonnerie se raccordait à la grotte creusée dans le roc.
Détail capital : ces murs ne reposent sur aucune fondation enfoncée dans le sol. Ils sont simplement posés sur le terrain, sans assise propre — anomalie incompréhensible pour une construction édifiée sur place, mais cohérente avec l'idée d'un édifice rapporté et redéposé[18].
Des pierres de Nazareth, non de Recanati
L'analyse des matériaux a montré que la pierre et le mortier de la partie ancienne ne proviennent pas du territoire de Recanati ni des Marches, mais correspondent à la tradition de construction palestinienne du temps du Christ, et singulièrement à la région de Nazareth. La technique de maçonnerie — pierres équarries liées par un mortier caractéristique — est étrangère aux usages locaux italiens du Moyen Âge[19].
Les graffitis judéo-chrétiens
Sur les murs anciens, on a relevé des graffitis — inscriptions et symboles — que l'historien de la Santa Casa, le P. Giuseppe Santarelli (capucin), juge comparables à ceux des plus anciens lieux judéo-chrétiens de Palestine, notamment ceux retrouvés à Nazareth même autour du lieu de l'Annonciation. Si cette lecture est juste, ce type de dévotion graffitée, propre aux premières communautés chrétiennes de Terre sainte, n'a aucune raison d'orner une maison italienne récente[20].
| Indice matériel | Ce qu'on observe | Ce que cela suggère |
|---|---|---|
| Fondations | Trois murs posés sans assise enfoncée | Édifice déposé, non bâti sur place |
| Mur manquant | Côté autel ouvert | Raccord à la grotte restée à Nazareth |
| Pierre et mortier | Type palestinien/nazaréen, étranger aux Marches | Origine en Terre sainte |
| Dimensions | ≈ 9,5 × 4 m | Correspondent au périmètre de la grotte de Nazareth |
| Graffitis | Inscriptions judéo-chrétiennes | Dévotion des premières communautés de Palestine |
Aucun de ces indices, pris isolément, ne « prouve » la translation au sens d'une démonstration mathématique ; mais leur convergence rend l'origine nazaréenne des murs sérieusement défendable, et c'est précisément ce faisceau que la critique purement sceptique tend à passer sous silence.
La critique sceptique et la réponse catholique
La Santa Casa a été, dès la fin du XIXᵉ siècle, l'une des cibles favorites de la critique historique anticléricale puis moderniste. Une encyclopédie catholique ne doit ni ignorer ces objections ni s'y soumettre par réflexe : elle doit les peser.
Les objections
Le chanoine Ulysse Chevalier, dans un ouvrage de 1906, concentra les objections classiques : le récit écrit de la translation n'apparaîtrait par écrit qu'en 1472, soit près de 180 ans après les faits supposés ; aucune source orientale contemporaine ne signalerait la disparition d'une maison à Nazareth ; et l'on n'aurait pas de trace, avant 1291, d'une habitation maçonnée correspondant exactement à la structure actuelle[21].
Ces objections sont réelles et doivent être reçues honnêtement : la documentation écrite de la translation est tardive, et l'on ne peut pas traiter Lorette comme un fait historique du même ordre qu'une bataille datée. La prudence catholique l'a toujours admis.
Ce que l'Église oblige, permet, laisse libre
Il faut distinguer soigneusement les degrés. L'Église n'impose à personne de croire à la translation matérielle de la Sainte Maison : c'est une tradition pieuse, non un dogme. On peut être pleinement catholique en tenant que seules des pierres de Nazareth ont été apportées par des mains humaines, voire en restant réservé sur l'identification.
Mais l'inverse est tout aussi vrai : rien n'oblige le catholique à mépriser la tradition au nom d'un préjugé contre le merveilleux. Le culte rendu à Marie à Lorette, lui, est pleinement approuvé et encouragé par le Magistère : plus de quarante papes ont honoré le sanctuaire par des bulles et des privilèges, Léon XIII l'a solennellement défendu, et la liturgie elle-même a fini par inscrire Notre-Dame de Lorette au calendrier de l'Église universelle[22]. Autrement dit, le sanctuaire est sûr ; c'est seulement le mode du transport qui demeure une question ouverte.
Saint Annibale Maria Di Francia contre l'hypercritique
Le débat n'est pas qu'érudit : il touche à la confiance que l'on accorde à la tradition de l'Église. Au début du XXᵉ siècle, saint Annibale Maria Di Francia — fondateur des Rogationnistes, voir saint-annibale-di-francia — fit plusieurs fois le pèlerinage de Lorette et y pria dans la Santa Casa[23]. Il vit dans l'acharnement moderniste contre Lorette le symptôme d'un mal plus large : l'« hypercritique » qui prétend dissoudre les plus belles croyances de la chrétienté.
« [On veut détruire] les plus belles croyances traditionnelles, jusqu'à — j'ai horreur de le dire — la Sainte Maison de Lorette elle-même ! » — Saint Annibale Maria Di Francia, Epistolario[24]
Cette indignation n'est pas de la crédulité : Di Francia ne demande pas de tenir pour démontré ce qui ne l'est pas, mais de ne pas renverser par principe une tradition vénérable au seul motif qu'elle est ancienne et extraordinaire. C'est exactement la ligne d'une encyclopédie catholique : recevoir les objections fortes, reconnaître les degrés de certitude, mais ne jamais donner le dernier mot au scepticisme pour la seule raison qu'il se présente comme savant.
La Vierge noire de Lorette
Au sein de la Sainte Maison, la dévotion s'est concentrée sur une statue : la célèbre Vierge noire de Lorette, Madone à l'Enfant que des générations de pèlerins sont venues prier.
L'image vénérée et l'incendie de 1921
La statue ancienne, en bois de cèdre, s'était assombrie au fil des siècles — non par choix de l'artiste, mais sous l'effet de la fumée des lampes à huile et des cierges accumulée pendant des centaines d'années, qui avait noirci le bois et altéré les pigments[25]. Ce noircissement, commun à d'autres Vierges noires d'Europe comme celles du Puy-en-Velay ou de Montserrat, devint un trait identitaire de l'image.
Dans la nuit du 22 au 23 février 1921, un incendie ravagea la Sainte Maison et détruisit la statue vénérée[26].
La nouvelle statue de Pie XI
Le pape Pie XI fit aussitôt sculpter une nouvelle statue, à la ressemblance de l'ancienne, dans un cèdre du Liban prélevé dans les jardins du Vatican : modelée par Enrico Quattrini, exécutée et peinte par Leopoldo Celani, et volontairement traitée dans des tons sombres pour conserver l'aspect vénéré de la Vierge noire, elle fut bénie et couronnée par Pie XI dans la basilique Saint-Pierre du Vatican en 1922, puis transportée solennellement à Lorette, où elle est aujourd'hui encore l'objet du culte des pèlerins[27].
Les Litanies de Lorette
Lorette n'a pas seulement donné à l'Église une maison : elle lui a donné une prière. Les Litanies de Lorette (Litaniæ Lauretanæ), ou litanies de la Sainte Vierge, comptent parmi les prières mariales les plus universellement chantées du catholicisme.
Origine et approbation
La litanie elle-même — une longue suite d'invocations adressées à Marie sous de multiples titres (Mère du Christ, Tour de David, Rose mystique, Étoile du matin, Refuge des pécheurs…) — serait née bien avant Lorette, peut-être dans la région parisienne entre 1150 et 1200[28]. Mais c'est à Lorette qu'on prit l'habitude de la chanter solennellement, au point qu'elle finit par porter le nom du sanctuaire.
Le pape Sixte V — originaire de Grottammare, tout près de Lorette — lui donna sa première reconnaissance officielle : par la bulle Reddituri du 11 juillet 1587, il accorda une indulgence de deux cents jours aux fidèles qui réciteraient les Litanies de Lorette — approbation formelle du texte, dont il recommanda la diffusion aux prédicateurs[29]. En 1601, Clément VIII les retint, avec les Litanies des saints, comme litanies approuvées pour l'Église universelle, écartant les compositions privées qui s'étaient multipliées[30].
Une prière qui grandit avec l'Église
Le texte des litanies n'est pas figé : les papes y ont ajouté, au fil des siècles, de nouvelles invocations reflétant le développement de la foi mariale et les besoins de chaque époque.
| Pape | Année | Invocation ajoutée (sens) |
|---|---|---|
| Sixte V | 1587 | Approbation formelle (bulle Reddituri) et indulgence de 200 jours |
| Léon XIII | 1883 | Regina sacratissimi Rosarii — Reine du très saint Rosaire |
| Pie XII | 1950 | Regina in cælum assumpta — Reine élevée au ciel (après le dogme de l'Assomption) |
| Paul VI | 1964 | Mater Ecclesiæ — Mère de l'Église (après Lumen gentium) |
| Jean-Paul II | 1995 | Regina familiæ — Reine de la famille |
| François | 2020 | Mater misericordiæ, Mater spei, Solacium migrantium — Mère de miséricorde, Mère d'espérance, Réconfort des migrants |
Chaque ajout est un précipité de l'histoire de l'Église : le Rosaire cher à Léon XIII, le dogme de l'Assomption proclamé par Pie XII le 1er novembre 1950, la maternité ecclésiale de Marie reconnue par Paul VI au concile, la famille défendue par Jean-Paul II, et la miséricorde, l'espérance et le drame des migrants placés par François sous le regard de Marie en juin 2020[31]. La litanie de Lorette est ainsi une prière vivante, qui se déploie sans rien perdre de son socle.
Patronne des aviateurs
De tous les patronages mariaux, celui de Lorette est l'un des plus inattendus et des plus poétiques : Notre-Dame de Lorette est la patronne des aviateurs.
La maison qui a « volé »
La raison est limpide une fois la tradition rappelée : la maison de Nazareth aurait volé à travers le ciel, portée par les anges, de la Terre sainte jusqu'aux Marches. Quoi de plus naturel, à l'âge naissant de l'aviation, que de confier à la Vierge dont la maison traversa les airs ceux qui, désormais, sillonnent le ciel ? Le pape Benoît XV, par un acte du 24 mars 1920, proclama officiellement Notre-Dame de Lorette patronne des aviateurs et des voyageurs aériens[32].
Le patronage est resté vivant : médailles d'aviateurs, bénédictions d'aéroports, et un jubilé lauretain célébré du 8 décembre 2019 au 10 décembre 2020 pour le centenaire du patronage[33].
La fête du 10 décembre et le calendrier romain
La fête propre de Notre-Dame de Lorette tombe le 10 décembre, anniversaire de l'arrivée traditionnelle de la Sainte Maison en 1294. Longtemps réservée au sanctuaire et à certains lieux, cette mémoire a été étendue à toute l'Église : par un décret de la Congrégation pour le culte divin du 7 octobre 2019, le pape François a inscrit la mémoire facultative de Notre-Dame de Lorette au 10 décembre dans le calendrier romain général[34]. Désormais, l'Église universelle peut faire mémoire, ce jour-là, de la maison de Nazareth.
Une école de spiritualité : Nazareth
Lorette n'est pas seulement une relique ou une curiosité : c'est une leçon spirituelle. La maison de Nazareth enseigne ce que les grands sanctuaires de gloire ne disent pas toujours : la sainteté de la vie cachée, ordinaire, familiale.
La leçon de la vie cachée
Trente années de la vie du Verbe incarné se sont écoulées dans cette maison, sans miracle public, sans foule, sans éclat : Jésus y a grandi, travaillé, obéi, prié, partagé le silence et le labeur d'une famille pauvre. Le pape Paul VI, méditant à Nazareth même en 1964, en a tiré la fameuse « leçon de Nazareth » :
« Que Nazareth nous enseigne ce qu'est la vie de famille […]. Que nous y comprenions la leçon du silence […], la leçon du travail. » — Paul VI, allocution à Nazareth, 5 janvier 1964[35]
Pour le pèlerin, entrer dans la Santa Casa, c'est entrer dans cette école du silence, du travail et de l'amour familial. C'est pourquoi Lorette a toujours été le sanctuaire des choses humbles : les époux, les familles, les travailleurs, les malades. La maison de l'Incarnation rappelle que Dieu a sanctifié l'ordinaire en y demeurant trente ans.
Lorette, sanctuaire des familles
Cette spiritualité explique le lien entre Lorette et la famille chrétienne : la maison de Nazareth est le modèle de tout foyer où l'on prie, où l'on travaille, où l'on s'aime. Ce n'est pas un hasard si la dévotion à la Sainte Famille s'est nourrie de Lorette, et si l'invocation Regina familiæ — « Reine de la famille » — a rejoint les Litanies de Lorette en 1995. Le mystère qui s'est accompli dans cette maison — « le Verbe s'est fait chair » — est aussi celui qui fonde la dignité de toute vie cachée offerte à Dieu (sur le mystère lui-même, voir comment-expliquer-lincarnation-simplement et dogme-immaculee-conception).
Saints et papes à Lorette
Peu de sanctuaires d'Occident ont attiré une telle procession de saints. Lorette fut, pendant des siècles, une étape obligée de la sainteté catholique sur la route de Rome.
Une foule de saints
Parmi les pèlerins de Lorette, la tradition compte saint Ignace de Loyola, saint Charles Borromée — qui y vint quatre fois, en 1566, 1572, 1579 et 1583 —, saint François de Sales, saint Alphonse de Liguori, et tant d'autres[36]. La littérature lauretaine du XIXᵉ siècle y ajoute saint François Xavier, que la Catholic Encyclopedia (1913) ne nomme pas dans sa liste des saints pèlerins[37]. La jeune Thérèse de l'Enfant-Jésus, lors de son pèlerinage diocésain à Rome en novembre 1887, s'arrêta à Lorette et garda un souvenir ébloui d'avoir pu communier à l'intérieur même de la Sainte Maison — grâce qu'elle reçut comme un trésor[38]. Saint Annibale Maria Di Francia, on l'a vu, y vint prier et y défendit la tradition contre ses détracteurs[39].
Les papes à Lorette
Les papes aussi sont montés à Lorette. Jean XXIII s'y rendit le 4 octobre 1962, une semaine avant l'ouverture du concile Vatican II, pour confier à la Vierge le grand rassemblement de l'Église — premier voyage d'un pape hors de Rome depuis près d'un siècle[40]. Jean-Paul II s'y rendit à plusieurs reprises — le 8 septembre 1979, les 9 et 10 septembre 1995 et le 5 septembre 2004[41] —, et Benoît XVI vint y prier le 4 octobre 2012, une semaine avant le cinquantenaire de l'ouverture du même concile[42]. Lorette demeure ainsi, à travers les siècles, le sanctuaire où l'Église dépose ses grands commencements aux pieds de la Vierge de la maison de Nazareth.
Pour aller plus loin
- Sanctuaire de Loreto — la basilique de la Santa Casa : architecture, art, organisation du pèlerinage.
- Basilique de la Nativité à Bethléem — l'autre grand sanctuaire de l'enfance du Christ.
- Notre-Dame de Fátima et Notre-Dame de Lourdes — les grandes apparitions mariales.
- Saint Annibale Maria Di Francia — pèlerin et défenseur de la Santa Casa contre l'hypercritique.
- Comment expliquer l'Incarnation simplement et Le dogme de l'Immaculée Conception — les mystères mariaux que Lorette célèbre.
- Ce que disent les saints sur le Rosaire — la grande prière mariale, sœur des Litanies de Lorette.
Notes et références
Pèlerinage attesté depuis le XIVᵉ siècle au moins ; la Catholic Encyclopedia (1913) parle de la « fervent devotion and pious aspiration of all » attirée par la Santa Casa et d'une maison « held in reverence by all nations ». Cf. Catholic Encyclopedia, « Santa Casa di Loreto » (newadvent.org/cathen/13454b.htm) ; Wikipédia EN, « Basilica della Santa Casa ».
1La Santa Casa (« Sainte Maison ») de Lorette est identifiée par la tradition à la maison de la Sainte Famille à Nazareth, lieu de l'Annonciation et de la vie cachée. Cf. Sanctuaire pontifical de Lorette, santuarioloreto.va, « La Santa Casa da Nazareth a Loreto » ; Catholic Encyclopedia (1913), « Santa Casa di Loreto » (newadvent.org/cathen/13454b.htm).
2À Nazareth, le sanctuaire de l'Annonciation conserve la grotte creusée dans le roc, qui formait l'arrière de l'habitation ; Lorette prétend conserver la partie maçonnée (les trois murs). Les deux ensembles seraient complémentaires. Cf. Sanctuaire de Lorette, « Storia ».
3L'autel de la Sainte Maison porte l'inscription HIC VERBUM CARO FACTUM EST (« Ici le Verbe s'est fait chair »), variante de Jean 1, 14 marquée par l'adverbe hic, « ici ». Cf. Sanctuaire de Lorette ; descriptions de la Santa Casa.
4 5Bref de Léon XIII pour le sixième centenaire de la translation de la Santa Casa à Lorette (1294-1894), concédant diverses faveurs spirituelles. Le texte anglais cité dans le corps de l'article est celui par lequel la Catholic Encyclopedia (1913), article « Santa Casa di Loreto », résume ce bref : « The happy House of Nazareth is justly regarded and honoured as one of the most sacred monuments of the Christian Faith; and this is made clear by the many diplomas and acts, gifts and privileges accorded by Our predecessors. No sooner was it, as the annals of the Church bear witness, miraculously translated to Italy and exposed to the veneration of the faithful on the hills of Loreto than it drew to itself the fervent devotion and pious aspiration of all, and as the ages rolled on, it maintained this devotion ever ardent. » (la formulation française du corps de l'article en est la traduction). Cf. Catholic Encyclopedia (1913), « Santa Casa di Loreto » (newadvent.org/cathen/13454b.htm).
6Récit traditionnel de la translation : enlèvement de la maison par les anges après la chute des États latins (1291), dépôt à Tersatto (Illyrie) dans la nuit du 9-10 mai 1291, puis à Lorette dans la nuit du 9-10 décembre 1294. L'étymologie lauretum (« bois de lauriers ») est l'une des explications proposées du nom Loreto — à côté du Colle dei Lauri et du nom d'une propriétaire des lieux, Laureta. Cf. Sanctuaire de Lorette, « Storia » ; Catholic Encyclopedia (1913) ; Wikipédia EN, « Translation of the Holy House of Loreto ».
7La chute de Saint-Jean-d'Acre (18 mai 1291) met fin à la présence croisée en Terre sainte ; elle sert de point de départ chronologique à toutes les versions de la translation. Cf. Wikipédia FR, « Siège d'Acre (1291) » ; Sanctuaire de Lorette.
8Première translation traditionnelle à Tersatto (Trsat, près de Rijeka, Croatie actuelle), où un sanctuaire commémore l'épisode ; séjour d'environ trois ans avant le transfert à Lorette. Cf. Sanctuaire de Lorette ; Wikipédia EN, « Translation of the Holy House of Loreto ».
9Arrivée traditionnelle à Lorette dans la nuit du 9 au 10 décembre 1294 ; le 10 décembre devient la fête anniversaire du sanctuaire. Cf. Sanctuaire de Lorette, « Storia » ; source locale Benoît, Epistolario de Di Francia (vol. 2), note historique sur la Santa Casa.
10La basilique enveloppant la Santa Casa est construite à partir de 1469 ; le revêtement de marbre sculpté (sur un dessin attribué à Bramante) date du XVIᵉ siècle. Pour le bâtiment, voir l'article sanctuaire-de-loreto. Cf. Wikipédia EN, « Basilica della Santa Casa ».
11Le parallélisme des étapes (Nazareth → Tersatto/Dalmatie → Marches) et la route adriatique orientent les historiens vers un transport par mer. Le sanctuaire mentionne explicitement l'hypothèse d'un transfert « par bateau, par initiative humaine ». Cf. Sanctuaire de Lorette ; source locale Benoît, Epistolario de Di Francia (vol. 2).
12Hypothèse rapportée : des correspondances diplomatiques publiées en 1985 évoqueraient un acte de l'automne 1294 par lequel des « saintes pierres emportées de la maison de Notre-Dame la Vierge Mère de Dieu » (« holy stones taken from the House of our Lady the Virgin Mother of God ») auraient figuré dans la dot d'Ithamar Angeli lors de son mariage avec Philippe de Tarente. Faute de cote d'archive primaire consultée, l'article présente ce document au seul degré rapporté. Cf. National Catholic Register / EWTN, « Did Angels Really Carry the Holy House of Mary to Loreto, Italy? » (repris par Catholic World Report, 10 décembre 2018) ; Sanctuaire de Lorette / études lauretaines.
13 14Le nom de la famille Angeli signifie « les anges » : la formule populaire « la maison apportée par les Angeli » a pu se transformer en « la maison apportée par les anges », transposant en récit merveilleux un transfert réellement humain. Hypothèse largement reprise dans la littérature lauretaine contemporaine. Cf. Wikipédia EN/FR, dossiers sur la translation.
15Le sanctuaire officiel présente aujourd'hui les deux récits sans les opposer : tradition angélique d'une part, sauvetage des pierres par des chrétiens lors de la chute des croisés d'autre part. Cf. Sanctuaire de Lorette, « La Santa Casa da Nazareth a Loreto ».
16Dimensions de la Sainte Maison : environ 9,5 m de long sur 4 m de large et 5 m de haut ; la Catholic Encyclopedia (1913) donne la mesure intérieure de « trente-et-un pieds sur treize » (≈ 9,4 × 4 m). Cf. Catholic Encyclopedia, « Santa Casa di Loreto ».
17La Catholic Encyclopedia note que l'édifice « ne repose pas et n'a jamais reposé sur des fondations enfoncées dans le sol » — anomalie compatible avec un édifice rapporté et reposé. Le point fut formellement examiné dès 1751 sous Benoît XIV. Cf. Catholic Encyclopedia (1913), « Santa Casa di Loreto » ; Wikipédia EN, « Translation of the Holy House of Loreto » (enquête de 1751, sol non déblayé).
18Selon le sanctuaire, les pierres et le mortier de la partie ancienne « ne proviennent pas du territoire de Recanati, mais sont typiques de la tradition de construction palestinienne au temps du Christ », et précisément de la région de Nazareth. Cf. Sanctuaire de Lorette, « La Santa Casa da Nazareth a Loreto ».
19Lecture rapportée : après le nettoyage des murs, l'historien de la Santa Casa, le P. Giuseppe Santarelli (capucin), aurait identifié une cinquantaine de signes encore lisibles — inscriptions en hébreu et en grec, symboles chrétiens attribués aux IIᵉ-IIIᵉ siècles, analogues à ceux des parois rocheuses de la grotte de l'Annonciation à Nazareth. Titre de référence : G. Santarelli, Loreto. L'altra metà di Nazaret: la storia, il mistero e l'arte della Santa Casa (Milan, Terra Santa, 2016), connu ici par des sources secondaires — page exacte non vérifiée : l'article présente donc cette datation comme une attribution rapportée, non comme un résultat établi. Cf. Italy Travel Ideas, « Loreto Can Only Be a Miracle » (compte rendu de l'étude Santarelli) ; National Catholic Register, Bret Thoman, « Loreto and the Holy House of Mary », 24 mai 2022 ; Wikipédia EN, « Translation of the Holy House of Loreto ».
20Le chanoine Ulysse Chevalier, Notre-Dame de Lorette (1906), concentre les objections : récit écrit tardif (vers 1472, ≈ 180 ans après les faits), absence de sources orientales signalant la disparition de la maison à Nazareth, et difficultés sur l'existence antérieure d'une structure maçonnée. Cf. Catholic Encyclopedia (1913), qui discute ces objections.
21Plus de quarante papes ont honoré Lorette par des bulles et privilèges ; Léon XIII l'a défendu en 1894 ; la mémoire de Notre-Dame de Lorette a été inscrite au calendrier romain en 2019. Cf. Catholic Encyclopedia (1913) ; décret de la Congrégation pour le culte divin, 7 octobre 2019.
22Saint Annibale Maria Di Francia (1851-1927) fit plusieurs fois le pèlerinage de Lorette ; sa correspondance en témoigne (« Sono a Loreto nella S. Casa, ed ho pregato per voi! » — « Je suis à Loreto dans la Sainte Maison, et j'ai prié pour vous ! », lettre du 30 mars 1909). Cf. source locale Benoît, A. M. Di Francia, Epistolario, vol. 2 et 5. Voir saint-annibale-di-francia.
23 39Di Francia déplore l'hypercritique moderniste qui veut détruire « le più belle credenze tradizionali, perfino (horresco referens) la stessa Santa Casa di Loreto! » — « les plus belles croyances traditionnelles, jusqu'à — j'ai horreur de le dire — la Sainte Maison de Lorette elle-même ! » Cf. source locale Benoît, A. M. Di Francia, Epistolario, vol. 4.
24La couleur sombre de la statue ancienne résultait de l'accumulation, pendant des siècles, de la fumée des lampes à huile et des cierges, ainsi que de l'altération des pigments — phénomène commun à plusieurs Vierges noires. Cf. Discovermarche, « Black Madonna of Loreto » ; Holyart, « Black Madonnas ».
25Un incendie détruisit la statue vénérée dans la nuit du 22 au 23 février 1921. Cf. dossiers lauretains ; Discovermarche.
26Statue commandée par Pie XI après l'incendie de 1921, taillée dans un cèdre du Liban des jardins du Vatican : modelée par Enrico Quattrini, exécutée et peinte par Leopoldo Celani, traitée en tons sombres ; couronnée dans la basilique Saint-Pierre du Vatican en 1922 avant son transfert solennel à Lorette. Cf. Wikipédia EN, « Basilica della Santa Casa » ; Wikipédia IT, « Basilica della Santa Casa » (section Madonna nera : « Fu modellata da Enrico Quattrini ed eseguita e dipinta da Leopoldo Celani. Nel 1922 il papa la incoronò nella Basilica di San Pietro e la fece trasportare solennemente a Loreto. ») ; « Gardens of Vatican City » ; Discovermarche, « Black Madonna of Loreto ».
27La litanie mariale dite « de Lorette » serait née avant le sanctuaire, peut-être dans la région parisienne entre 1150 et 1200, avant d'être popularisée à Lorette. Cf. Wikipédia FR, « Litanies de Lorette » ; Marie de Nazareth, « Litanies dites de Lorette ».
28Sixte V (né à Grottammare, près de Lorette) donna son approbation formelle aux Litanies de Lorette par la bulle Reddituri (Reddituri de commisso Nobis grege Dominico) du 11 juillet 1587 — indulgence de deux cents jours aux fidèles les récitant (et de trois cents jours pour les litanies du saint Nom de Jésus) — et en recommanda la diffusion aux prédicateurs : première reconnaissance pontificale du texte. Cf. Catholic Encyclopedia (1913), « Litany of Loreto » ; Wikipédia FR, « Litanies de Lorette ».
29En 1601, Clément VIII retint les Litanies de Lorette (avec les Litanies des saints) comme litanies approuvées pour l'Église universelle, écartant les compositions privées. Cf. Wikipédia FR, « Litanies de Lorette ».
30Ajouts pontificaux : Léon XIII, Regina sacratissimi Rosarii (1883) ; Pie XII, Regina in cælum assumpta (31 octobre 1950, à la veille du dogme de l'Assomption proclamé le 1er novembre 1950) ; Paul VI, Mater Ecclesiæ (après Lumen gentium, 1964) ; Jean-Paul II, Regina familiæ (1995) ; François, Mater misericordiæ, Mater spei, Solacium migrantium (décret de la Congrégation pour le culte divin, 20 juin 2020). Cf. Wikipédia FR, « Litanies de Lorette » ; Vatican News, 2020-06.
31Le pape Benoît XV proclama Notre-Dame de Lorette patronne des aviateurs et des voyageurs aériens le 24 mars 1920, en lien avec la tradition de la maison « volante ». Cf. FSSPX News, « Patron Saint of Aviators at the Shrine of Loreto » ; Aleteia, « Why is Our Lady of Loreto patron of airplane pilots? ».
32Un jubilé lauretain fut célébré du 8 décembre 2019 au 10 décembre 2020 pour le centenaire du patronage des aviateurs. Cf. Vatican / National Catholic Register, « How the Church is Honoring Pilots… ».
33Par un décret de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements du 7 octobre 2019, le pape François a inscrit la mémoire facultative de Notre-Dame de Lorette au 10 décembre dans le calendrier romain général. Cf. décret « In Sanctissimæ Mariæ in Lauretano », 7 octobre 2019.
34Paul VI, allocution à Nazareth le 5 janvier 1964, sur la « leçon de Nazareth » : leçon du silence, de la vie de famille, du travail. Texte repris dans la liturgie des Heures (office de la Sainte Famille). Citation abrégée. Cf. Paul VI, discours à Nazareth, 1964.
35La Catholic Encyclopedia (1913), « Santa Casa di Loreto », atteste la vénération rendue au sanctuaire par « St. Charles Borromeo, St. Francis de Sales, St. Ignatius Loyola, St. Alphonsus Liguori, and many other servants of God » (dont saint Ignace, saint François de Sales et saint Alphonse). Les quatre pèlerinages de saint Charles Borromée — 1566, 1572, 1579 et 1583 — sont donnés par le Digital Sindonological Lexicon, notice « Borromeo Charles (1538–1584) » (leksykonsyndonologiczny.pl) ; celui de 1566 (détour par Lorette sur le retour vers Milan, 5 avril 1566) est aussi rapporté par la Catholic Encyclopedia (1913), « St. Charles Borromeo ». Cf. Catholic Encyclopedia (1913), « Santa Casa di Loreto » (newadvent.org/cathen/13454b.htm) ; EWTN / National Catholic Register, « Did angels really carry the Holy House of Mary to Loreto, Italy? ». Saint François Xavier — que la Catholic Encyclopedia ne nomme pas dans cette liste — figure parmi les saints pèlerins dans la littérature lauretaine traditionnelle : « such men as Ignatius Loyala [sic], St. Francois de Salles, St. Francois Xavier, and St. Carlo Borromeo, had lent their sanction to the Shrine by many personal pilgrimages », A Pilgrimage to the Shrine of Our Lady of Loreto (XIXᵉ siècle, archive.org) : l'article le présente donc à ce seul degré rapporté.
36 37Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Histoire d'une âme (récit du pèlerinage à Rome, novembre 1887) : « enfin Lorette m'a charmée ! » ; sur la communion reçue dans la Sainte Maison même, grâce à un prêtre qui s'apprêtait à y célébrer la messe « par un privilège spécial » : « le bonheur ineffable de cette communion ! Les paroles sont impuissantes à le traduire. » Cf. Histoire d'une âme, éd. 1912 (Wikisource, chapitre du voyage à Rome).
38Jean XXIII se rendit à Lorette le 4 octobre 1962, une semaine avant l'ouverture du concile Vatican II, pour confier le concile à la Vierge — premier voyage d'un pape hors de Rome depuis l'unité italienne. Cf. Wikipédia FR, « Jean XXIII » / « Sanctuaire de Lorette ».
40Jean-Paul II à Lorette : pèlerinage du 8 septembre 1979 (moins d'un an après son élection ; il y parla de Lorette comme du « premier sanctuaire marial d'Italie »), visite pastorale des 9-10 septembre 1995, visite du 5 septembre 2004 (rencontre des jeunes à Montorso). Cf. Vatican.va, « Pastoral Visit to Loreto (September 9-10, 1995) » et « Visit of His Holiness John Paul II to Loreto, Sunday 5 September 2004 » (programmes officiels) ; catholictradition.org, « The Miracle of the Holy House of Loreto » (pèlerinage du 8 septembre 1979) ; Maison du pèlerin de Lorette, Sœurs de la Sainte-Famille de Nazareth, loretonazaret.eu (pèlerinage du 8 septembre 1979).
41Benoît XVI accomplit un pèlerinage d'une journée au sanctuaire de Lorette le 4 octobre 2012 pour confier à la Vierge le Synode des évêques et l'Année de la foi, à l'approche du cinquantenaire de l'ouverture du concile Vatican II (11 octobre 1962). Cf. CNA / EWTN News, « Pope Entrusts Year of Faith, Evangelization Synod to Mary », 4 octobre 2012.
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