La Croix : le quotidien catholique français depuis 1880

La Croix est un quotidien catholique français fondé en 1880 et publié par le groupe Bayard. Histoire du mensuel devenu quotidien en 1883, ligne présentée factuellement, direction et diffusion datées.

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La Croix est un quotidien national français fondé en 1880 par les assomptionnistes et devenu quotidien en 1883. Propriété du groupe Bayard, il se définit comme un journal chrétien et catholique d’information générale : il traite chaque jour de la France, du monde, des religions, de la culture, de l’économie et des débats de société, depuis Paris, pour un lectorat national.[1]

C’est l’un des plus anciens quotidiens français encore publiés. Son histoire traverse la presse populaire à un sou du XIXe siècle, les débats sur la laïcité, les deux guerres mondiales, le concile Vatican II et le passage au numérique. Cet article raconte cette histoire avec des faits datés, puis décrit sa ligne telle que le journal la présente et telle que ses choix visibles la montrent, sans procès ni promotion.

Qu’est-ce que La Croix ?

Un quotidien d’information générale

La Croix paraît chaque jour en édition papier et en continu sur la-croix.com. Une journée type enchaîne l’actualité politique et sociale française, l’actualité internationale, les questions religieuses et vaticanes, la culture, les sciences, l’économie et des pages de débats et d’opinions signées. Le journal est vendu en kiosque et surtout par abonnement, papier et numérique.[2]

Le groupe Bayard présente aujourd’hui le titre en ces termes, dans ses documents de recrutement consultés en 2026 :[3]

« Média d’actualité, d’espérance et de dialogue, La Croix accompagne ses lecteurs dans leur compréhension du monde via un quotidien, un hebdomadaire et des offres numériques. » (Présentation du groupe Bayard, consultée en octobre 2026)[4]

Cette présentation dit trois choses vérifiables dans le produit lui-même. La Croix est d’abord un média d’actualité, qui couvre les mêmes terrains que les autres quotidiens nationaux. Elle revendique ensuite une tonalité d’espérance, visible dans le choix de sujets de société, de solidarité et de vie quotidienne aux côtés des nouvelles dures. Elle organise enfin le dialogue, avec des tribunes, des courriers et des débats où des voix différentes s’expriment sur une même question.

Un journal catholique, pas un organe officiel

La Croix se définit comme chrétienne et catholique, et cette identité est assumée dans son titre, dans ses pages religieuses et dans son attention quotidienne au pape, aux évêques, aux paroisses et aux autres Églises.[5] Elle n’est pour autant ni le journal de la Conférence des évêques de France, ni un organe du Saint-Siège. Son propriétaire est un groupe de presse privé, le groupe Bayard, héritier de la congrégation des assomptionnistes. Ses articles engagent sa rédaction, pas le magistère de l’Église.

Cette distinction aide à situer le titre parmi les médias catholiques francophones et internationaux :

MédiaNaturePremier réflexe du lecteur
La CroixQuotidien national français, groupe BayardL’actualité du jour, de la France et du monde, avec des pages religieuses développées
Vatican NewsPortail officiel du Saint-SiègeLe texte exact d’un discours ou d’une homélie du pape
Famille ChrétienneMagazine hebdomadaire françaisLa vie familiale, l’éducation et la spiritualité au quotidien
AleteiaSite international en plusieurs languesUne prière, un saint du jour, un témoignage court
KTOChaîne de télévision catholique francophoneUne messe, un documentaire, un débat filmé

Le tableau compare des natures et des usages, pas des qualités. Un même lecteur peut ouvrir La Croix le matin pour l’actualité, puis Vatican News pour vérifier une parole du pape citée dans l’article.

Histoire du journal

Du mensuel au quotidien, 1880 à 1883

Le premier numéro de La Croix paraît en avril 1880, sous forme de revue mensuelle.[6] L’initiative revient au père Emmanuel d’Alzon (1810-1880), fondateur des Augustins de l’Assomption et des Oblates de l’Assomption, mais le véritable promoteur du titre est le père Vincent de Paul Bailly (1832-1912), religieux assomptionniste formé au métier d’imprimeur dans sa famille.[7]

Les fondateurs constatent vite que le mensuel ne touche pas le large public visé. Le titre devient donc un quotidien, vendu au numéro au prix d’un sou, soit cinq centimes. La première parution quotidienne a lieu le 15 juin 1883, avec un journal daté du 16 juin 1883.[8] La maison qui l’édite s’appelle la Maison de la Bonne Presse. Elle deviendra Bayard Presse, puis le groupe Bayard, et elle publie aussi l’hebdomadaire Le Pèlerin, fondé en 1873.[9]

Le choix du prix bas est un choix de public. À un moment où la grande presse catholique vise surtout les notables, La Croix veut rejoindre les lecteurs populaires, avec des anecdotes, des caricatures et un ton plus direct que les feuilles pieuses du temps. Le père Bailly, rédacteur en chef de 1883 à 1900, signe ses éditoriaux du nom de plume « Le Moine ».[10]

Les débuts combatifs, 1883 à 1900

Dans ses premières années, le journal se dit uniquement catholique, apostolique et romain, et refuse de se réclamer d’un courant politique précis.[11] Il est en même temps, dans le contexte de la IIIe République, antirépublicain et anti-laïque, et il prend part aux batailles du temps sur l’école et sur la place de l’Église.[12] Pendant l’affaire Dreyfus, ses pages tiennent des positions antisémites que l’historien Pierre Sorlin a étudiées dans un ouvrage de référence.[13] Un siècle plus tard, le journal a lui-même relu cette période : dans un éditorial du 12 janvier 1998, le père Michel Kubler, rédacteur en chef religieux, demande pardon pour cette attitude.[14]

En septembre 1899, le pape Léon XIII reçoit le père Bailly et blâme les orientations du journal, dont le ton s’écarte de la politique de ralliement à la République que le pape demande aux catholiques français.[15] En janvier 1900, douze assomptionnistes comparaissent devant le tribunal de la Seine, dans le procès dit des moines ligueurs. La congrégation est dissoute et les religieux doivent se retirer de la rédaction en mars 1900, sur demande transmise de Léon XIII.[16] La Bonne Presse est alors rachetée par l’industriel catholique Paul Féron-Vrau, qui en prend la direction et organise la diffusion. En octobre 1900, La Croix devient un journal de grand format de quatre pages, puis de six pages en 1907.[17]

Guiraud, Merklen et les années de guerre, 1900 à 1949

Après 1900, la rédaction est notamment conduite par Jules Bouvattier et par le père Georges Bertoye, qui signe « Franc » les sujets religieux.[18] En 1917, l’historien Jean Guiraud (1866-1953) devient codirecteur, chargé de la politique intérieure et des relations extérieures du journal. Il y introduit des pages d’histoire et des dossiers documentaires, et le tirage quotidien remonte à 160 000 ou 170 000 exemplaires après la Première Guerre mondiale.[19]

En décembre 1927, après la condamnation de l’Action française par le Vatican, le père Bertoye est remplacé, sur intervention de Pie XI, par le père Léon Merklen (1875-1949).[20] La ligne évolue alors de façon mesurable : soutien clair à la condamnation romaine de l’Action française, disparition des caricatures anti-allemandes, promotion de la Jeunesse ouvrière chrétienne, la JOC, fondée en France par l’abbé Georges Guérin sur le modèle de l’abbé Joseph Cardijn.[21] Lors d’une audience privée, le 3 avril 1929, Pie XI confie au rédacteur en chef, à l’intention des jocistes :[22]

« Dites à nos chers jocistes que Nous les bénissons, que Nous les aimons. » (Pie XI au père Léon Merklen, audience privée du 3 avril 1929)[23]

La diffusion baisse néanmoins dans les années 1930, pour atteindre environ 100 000 exemplaires à la veille de la Seconde Guerre mondiale.[24] Pendant la guerre, la rédaction se replie à Bordeaux, puis à Limoges. Le journal paraît jusqu’au 21 juin 1944 et ne reparaît que le 1er février 1945.[25] Il fait partie des rares titres autorisés à reparaître sous leur nom d’avant guerre. Dans ses Mémoires de guerre, le général de Gaulle écrit à son sujet :[26]

« Pour La Croix, qui s’était quelque peu prolongée dans la zone Sud après l’arrivée des Allemands mais dont nombre de rédacteurs participaient à la résistance, je prononçais le Nihil obstat. » (Charles de Gaulle, Mémoires de guerre)[27]

  1. Avril 1880
    Premier numéro mensuel

    Le père Emmanuel d’Alzon est à l’initiative du titre et le père Vincent de Paul Bailly en est le promoteur, pour la Maison de la Bonne Presse.

  2. 15 juin 1883
    Naissance du quotidien

    Première parution quotidienne, journal daté du 16 juin 1883, vendu un sou le numéro.

  3. 1900
    Retrait des assomptionnistes de la rédaction

    Procès des moines ligueurs, dissolution de la congrégation, rachat de la Bonne Presse par Paul Féron-Vrau et passage au grand format.

  4. 1927
    Arrivée du père Merklen

    Après la condamnation de l’Action française, la ligne soutient la position romaine et promeut l’Action catholique et la JOC.

  5. 1er février 1945
    Reparution après la guerre

    Le journal, replié à Bordeaux puis à Limoges, avait cessé de paraître le 21 juin 1944.

  6. 1er février 1956
    Première une sans crucifix

    Le titre paraît pour la première fois sans le crucifix qui ornait sa une depuis la création.

  7. 1983
    Centenaire du quotidien

    La Croix-l’Événement fête ses cent ans avec une nouvelle maquette et de nouvelles rubriques.

  8. 11 janvier 1999
    Passage à la parution du matin

    Publié le soir depuis sa création, le quotidien devient un journal du matin.

La relance d’après guerre et le centenaire, 1945 à 1983

Le père Émile Gabel (1908-1968), rédacteur en chef à partir de 1949, préside à la relance. Il ouvre de nouvelles rubriques, sport, cinéma, mode et théâtre, et fait entrer des journalistes laïcs issus de la Jeunesse Étudiante Chrétienne, comme Jean Boissonnat, Noël Copin et Jacques Duquesne.[28] Le 1er février 1956, La Croix paraît pour la première fois sans le crucifix qui ornait sa une depuis sa création, afin d’élargir sa diffusion en kiosque au-delà de son lectorat habituel. L’éditorial du jour répond par avance à l’étonnement des lecteurs :[29]

« À lui seul, le titre de notre journal, aujourd’hui comme hier, n’est-il pas un drapeau ? » (Éditorial de La Croix, 1er février 1956)[30]

À partir du 8 janvier 1958, le journal publie les enquêtes de Jacques Duquesne sur la torture pratiquée pendant la guerre d’Algérie, parmi les premières parues dans la presse française sur ce sujet.[31] En mars 1968, le journal adopte le format tabloïd. En janvier 1972, il prend le nom de La Croix-l’Événement, pour se présenter comme un quotidien comme les autres, avec une audience nationale fidèle : 87 pour cent de ses ventes se font alors par abonnement.[32] Pour son centenaire, en 1983, il se dote d’une nouvelle maquette, ouvre de nouvelles rubriques et accueille Noël Copin comme rédacteur en chef et directeur de la rédaction, poste qu’il garde jusqu’à la fin de 1994.[33]

Le retour au nom La Croix et le numérique, depuis 1983

En 1995, Bruno Frappat, ancien directeur de la rédaction du Monde, devient directeur de la rédaction. Le journal reprend alors son nom d’origine, La Croix, et réaffirme publiquement son identité catholique.[34] Le 11 janvier 1999, il passe à la parution du matin, alors qu’il était publié le soir depuis sa création. La diffusion payée progresse ensuite, de 87 891 exemplaires en 2001 à 103 404 exemplaires en 2005, selon les chiffres de l’OJD, devenu l’ACPM.[35]

En 2005, Dominique Quinio devient directrice de la rédaction et le journal propose une nouvelle formule le 21 novembre 2006, avec une maquette et une organisation des rubriques renouvelées, et un site internet transformé.[36] En avril 2011, une formule dite bi-média organise ensemble le papier et le site la-croix.com, avec des applications pour téléphones et tablettes dans les semaines qui suivent.[37] Depuis février 2015, Guillaume Goubert est directeur du journal.[38] En novembre 2023, Anne Ponce est nommée directrice de la rédaction, en remplacement de Jérôme Chapuis, parti à France Info.[39]

Le numérique a aussi donné au titre une édition en anglais, La Croix International, publiée par Bayard Presse. Elle propose à un lectorat international une sélection d’articles de La Croix traduits, avec des partenaires anglophones, et présente le quotidien français comme un titre de référence pour l’actualité vue avec un regard catholique.[40]

La ligne du journal, décrite factuellement

Décrire une ligne éditoriale sans la juger demande de s’en tenir à ce qui se vérifie : ce que le journal dit de lui-même, ce qu’il publie, et les positions datées qu’il a prises. Trois repères suffisent ici.

Ce que le journal dit de lui-même

La Croix se définit comme un journal chrétien et catholique, et cette définition n’a pas été retirée lors des changements de formule, y compris quand la une a perdu son crucifix en 1956 ou quand le titre est devenu La Croix-l’Événement en 1972.[41] La présentation actuelle du groupe Bayard ajoute les mots d’actualité, d’espérance et de dialogue, et décrit un accompagnement des lecteurs dans leur compréhension du monde.[42] Dans le même document, le groupe présente le titre comme un média indépendant et donne son audience de marque, 3,7 millions de lecteurs, d’après l’étude ACPM ONE Next Global 2024, premier semestre.[43] Ces formules sont celles de l’éditeur. Elles décrivent une intention et un positionnement, pas un classement extérieur.

Concrètement, l’identité catholique se voit à des choix stables : une couverture quotidienne et suivie du Vatican et des Églises, des pages religieuses qui ne sont pas reléguées aux seules fêtes, la publication de textes de prière et de repères de vie chrétienne, et des éditoriaux qui lisent souvent l’actualité sociale, les questions de fin de vie, de famille, de pauvreté ou de paix avec les catégories de la pensée sociale de l’Église. Le reste du journal couvre la politique, l’international, l’économie et la culture avec les mêmes formats que les autres quotidiens nationaux : dépêches vérifiées, reportages, entretiens, enquêtes et tribunes signées.

Des positions qui se lisent dans des faits datés

Quelques épisodes, déjà racontés dans l’histoire du titre, montrent la ligne en actes, sans qu’il soit besoin d’une étiquette générale. En 1927 et 1929, le journal soutient la condamnation romaine de l’Action française et promeut la JOC.[44] En 1958, il publie des enquêtes sur la torture en Algérie.[45] En 2000, son éditorialiste Michel Kubler exprime publiquement son désaccord avec la déclaration Dominus Iesus, tout en maintenant l’identité catholique explicitement présentée par le quotidien.[46] Ces faits datés ne résument pas un siècle et demi de positions. Ils montrent seulement que le journal a toujours pris position par écrit, de façon signée et datée, y compris quand ses lecteurs n’étaient pas unanimes.

Le baromètre de confiance dans les médias

Depuis 1987, La Croix publie chaque année un baromètre de confiance dans les médias, réalisé avec l’institut Kantar, anciennement TNS Sofres.[47] L’enquête demande aux Français quels médias ils suivent, quels médias ils jugent crédibles et comment ils perçoivent le travail des journalistes sur les grands événements de l’année. Le baromètre en était à sa 35e édition en 2022, conduite avec Kantar Public-Onepoint pendant la pandémie de Covid-19.[48] C’est l’un des rendez-vous les plus cités du journal hors de son lectorat propre, parce qu’il mesure l’état de la confiance du public envers l’ensemble de la presse, de la radio, de la télévision et des sites d’information.

Le groupe Bayard et l’organisation

Un éditeur issu des assomptionnistes

La Croix appartient au groupe Bayard depuis sa fondation, sous ses noms successifs : Maison de la Bonne Presse, puis Bayard Presse en 1969 selon l’histoire du groupe, puis groupe Bayard.[49] Le groupe est détenu par la congrégation des Augustins de l’Assomption. Il publie, en France, des titres de presse, des livres et des contenus numériques pour la jeunesse, les familles, les seniors et les lecteurs chrétiens, dont l’hebdomadaire Le Pèlerin, le mensuel Notre Temps et des titres pour enfants comme Pomme d’Api.[50] Les résultats des autres publications du groupe ont, à plusieurs périodes, soutenu l’équilibre du quotidien, dont la diffusion et les recettes publicitaires sont modestes à l’échelle des quotidiens nationaux.[51]

Cette propriété explique une particularité durable du titre : la direction du journal et la rédaction en chef ont longtemps été confiées à des religieux assomptionnistes, du père Bailly au père Merklen, puis au père Émile Gabel, avant que des journalistes laïcs occupent durablement ces postes, de Noël Copin et Bruno Frappat à Dominique Quinio, Guillaume Goubert et Anne Ponce.

Direction et diffusion, repères datés

Les responsabilités récentes sont publiques et datées. Guillaume Goubert, journaliste au journal de longue date, en est le directeur depuis février 2015.[52] Anne Ponce en est la directrice de la rédaction depuis novembre 2023.[53] Le directeur de la rédaction répond de la ligne et des contenus quotidiens, papier et numériques, sous l’autorité du directeur du titre et du groupe Bayard.

Côté diffusion, les ordres de grandeur doivent toujours être cités avec leur année et leur source. Le journal diffusait 160 000 à 170 000 exemplaires après la Première Guerre mondiale,[54] environ 100 000 exemplaires à la veille de la Seconde Guerre mondiale,[55] 103 404 exemplaires en diffusion payée en 2005,[56] et 81 789 exemplaires en 2023, ce qui en faisait le sixième quotidien payant de la presse quotidienne nationale française cette année là, selon l’ACPM.[57] L’audience de la marque, qui additionne le papier, le site et les applications, est d’un autre ordre : 3,7 millions de lecteurs d’après l’étude ACPM ONE Next Global 2024, premier semestre, citée par le groupe Bayard.[58] Diffusion payée et audience de marque ne mesurent pas la même chose et ne doivent pas être confondues.

Où lire La Croix aujourd’hui

Le quotidien papier paraît le matin et se lit aussi en édition numérique, page par page, pour les abonnés. Le site la-croix.com publie en continu des articles, dont une partie est en accès libre et une partie réservée aux abonnés, avec des applications pour téléphones et tablettes.[59] La Croix International propose en anglais une sélection quotidienne d’articles traduits pour les lecteurs hors de France.[60]

Pour vérifier un fait sur le journal lui-même, les sources les plus directes sont son propre site, les chiffres certifiés par l’ACPM, l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias, et l’histoire de référence publiée pour son centenaire, Cent ans d’histoire de La Croix, 1883-1983, dirigée par René Rémond et Émile Poulat aux Éditions du Centurion.[61]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. La Croix se définit comme chrétienne et catholique. Le titre appartient au groupe Bayard depuis sa fondation. Diffusion 2023 et rang parmi les quotidiens payants nationaux : données ACPM reprises dans la notice du journal.

    1 5 41
  2. Formule bi-média d’avril 2011 : nouvelle maquette papier, site la-croix.com renouvelé, applications pour téléphones et tablettes dans les semaines suivantes. Nouvelle formule précédente le 21 novembre 2006, sous Dominique Quinio.

    2 37 59
  3. Présentation de La Croix par le groupe Bayard dans ses documents de recrutement, consultée en octobre 2026 : quotidien, hebdomadaire et offres numériques ; média d’actualité, d’espérance et de dialogue.

    3 4 42
  4. Premier numéro de La Croix en avril 1880, alors revue mensuelle. Page de titre de la première livraison conservée et reproduite dans les histoires du journal.

    6
  5. Emmanuel d’Alzon (1810-1880), fondateur des assomptionnistes et des Oblates de l’Assomption, est à l’initiative du titre ; Vincent de Paul Bailly (1832-1912) en est le promoteur. Jean-Paul Périer-Muzet, notice Vincent de Paul Bailly, assomption.org, consultée en 2012.

    7
  6. Première parution du quotidien le 15 juin 1883, journal daté du 16 juin 1883, vendu un sou, soit cinq centimes. Éditorial Un sou, signé Vincent de Paul Bailly, 29 juin 1883.

    8
  7. La Bonne Presse, première maison d’édition du journal, devient Bayard Presse puis groupe Bayard. Le Pèlerin, hebdomadaire du même groupe, a été fondé en 1873 par les assomptionnistes.

    9 49
  8. Vincent de Paul Bailly, rédacteur en chef de 1883 à 1900, signait Le Moine. Sur le ton populaire du début, anecdotes et caricatures : histoire de la congrégation des assomptionnistes face à la IIIe République anticléricale.

    10
  9. Le journal des débuts s’affirme uniquement catholique, apostolique et romain et refuse de se réclamer d’un courant politique, tout en pratiquant un prix populaire de cinq centimes.

    11
  10. Positions antirépublicaines et anti-laïques des débuts, dans le contexte des lois laïques de la IIIe République et de la réticence initiale au ralliement demandé par Léon XIII, encyclique Au milieu des sollicitudes du 16 février 1892.

    12
  11. Pierre Sorlin, La Croix et les Juifs (1880-1899). Contribution à l’histoire de l’antisémitisme contemporain, Paris, Éditions Grasset, 1967, 345 p. ; sur la proclamation de 1890, p. 59.

    13
  12. Éditorial du père Michel Kubler, rédacteur en chef religieux de La Croix, 12 janvier 1998, demandant pardon pour l’attitude du journal pendant l’affaire Dreyfus.

    14
  13. Léon XIII reçoit le père Bailly en septembre 1899 et blâme les orientations du journal ; entretien du cardinal Rampolla avec Ferdinand de Navenne, chargé d’affaires français auprès du Saint-Siège, 13 octobre 1899.

    15
  14. Procès de douze assomptionnistes en janvier 1900, dissolution de la congrégation, retrait des religieux de la rédaction en mars 1900 après le message de Léon XIII au père Picard du 17 mars 1900.

    16
  15. Paul Féron-Vrau (1864-1955), industriel catholique du Nord, rachète et dirige la Bonne Presse après 1900. Grand format de quatre pages en octobre 1900, six pages en 1907. Jean-Paul Périer-Muzet, publications Bayard, ex Bonne Presse, liste alphabétique commentée, 2010, p. 268.

    17
  16. Jules Bouvattier (1843-1917), avocat et ancien député, rédacteur en chef à partir de 1901, avec le père Georges Bertoye (1857-1929), signant Franc. Yves Poncelet, biographie du journal La Croix.

    18
  17. Jean Guiraud (1866-1953), codirecteur à partir de 1917, chargé de la politique intérieure ; pages d’histoire et dossiers documentaires ; tirage quotidien de 160 000 à 170 000 exemplaires après la Première Guerre mondiale. Yves Poncelet, Jean Guiraud, un polémiste rédacteur en chef de La Croix, colloque des Archives nationales, septembre 2006.

    19 54
  18. Le père Léon Merklen (1875-1949) remplace le père Bertoye en décembre 1927, après la condamnation de l’Action française par Pie XI. D. Remiot, d’après Jean-Paul Périer-Muzet, notice Pierre-Fourrier Merklen, assomption.org.

    20
  19. Soutien à la condamnation romaine de l’Action française, disparition des caricatures anti-allemandes, promotion de la Jeunesse ouvrière chrétienne. Alain Fleury, La Croix et le nazisme, dans René Rémond et Émile Poulat (dir.), Cent ans d’histoire de La Croix, 1883-1983, Paris, Éditions du Centurion, 1988, p. 291-292.

    21 44
  20. Paroles de Pie XI au père Merklen lors d’une audience privée le 3 avril 1929, au sujet des jocistes de la Jeunesse ouvrière chrétienne fondée par l’abbé Georges Guérin sur le modèle de l’abbé Joseph Cardijn.

    22 23
  21. Diffusion d’environ 100 000 exemplaires à la veille de la Seconde Guerre mondiale, après une baisse régulière dans les années 1930. Histoire du journal La Croix, biographie du journal.

    24 55
  22. Repli à Bordeaux puis à Limoges, parution jusqu’au 21 juin 1944, reparution le 1er février 1945 sous son nom d’avant guerre.

    25
  23. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, au sujet de la reparution de La Croix après la guerre et de la participation de nombre de ses rédacteurs à la Résistance.

    26 27
  24. Le père Émile Gabel (1908-1968), rédacteur en chef à partir de 1949 : nouvelles rubriques sport, cinéma, mode et théâtre ; arrivée de Jean Boissonnat, Noël Copin et Jacques Duquesne, issus de la Jeunesse Étudiante Chrétienne.

    28
  25. Première parution sans crucifix en une le 1er février 1956, pour élargir la diffusion en kiosque. Éditorial du jour cité dans les histoires du journal.

    29 30
  26. Enquêtes de Jacques Duquesne sur la torture pendant la guerre d’Algérie, à partir du 8 janvier 1958. E. Bouchez, La Croix devant la guerre d’Algérie (1954-1958), dans René Rémond et Émile Poulat (dir.), Cent ans d’histoire de La Croix, 1883-1983, Paris, Éditions du Centurion, 1987, p. 340-376.

    31 45
  27. Format tabloïd en mars 1968 ; nom La Croix-l’Événement en janvier 1972 ; 87 pour cent des ventes par abonnement à cette période.

    32
  28. Centenaire en 1983 : nouvelle maquette, nouvelles rubriques, arrivée de Noël Copin comme rédacteur en chef et directeur de la rédaction, jusqu’à la fin de 1994.

    33
  29. Bruno Frappat, ancien directeur de la rédaction du Monde, directeur de la rédaction de La Croix en 1995 ; retour au nom d’origine La Croix et réaffirmation de l’identité catholique.

    34
  30. Passage à la parution du matin le 11 janvier 1999. Diffusion payée de 103 404 exemplaires en 2005 contre 87 891 exemplaires en 2001, chiffres OJD, devenu ACPM.

    35 56
  31. Dominique Quinio, directrice de la rédaction de 2005 à 2015 ; nouvelle formule du 21 novembre 2006, maquette, rubriques et site internet renouvelés.

    36
  32. Guillaume Goubert, directeur de La Croix depuis février 2015. Stratégies, entretien au directeur de La Croix, 2015.

    38 52
  33. Anne Ponce nommée directrice de la rédaction de La Croix en novembre 2023, en remplacement de Jérôme Chapuis. Le Figaro, 1er décembre 2023.

    39 53
  34. La Croix International, édition anglaise en ligne publiée par Bayard Presse, sélection d’articles traduits de La Croix, avec des partenaires dont UCA News, Commonweal et Eureka Street, présentations consultées en 2026.

    40 60
  35. Audience de marque de 3,7 millions de lecteurs, ACPM ONE Next Global 2024, premier semestre, citée par le groupe Bayard dans ses documents de recrutement consultés en octobre 2026.

    43 58
  36. Éditorial de Michel Kubler exprimant en 2000 son opposition à la déclaration Dominus Iesus, le quotidien présentant toujours explicitement son identité catholique. A. Rochefort-Turquin, L’identité catholique du journal, dans Cent ans d’histoire de La Croix, Éditions du Centurion, 1987, pour le cadre ; fait de 2000 rapporté dans les histoires récentes du journal.

    46
  37. Baromètre de confiance dans les médias lancé en 1987 par La Croix avec l’institut Kantar, anciennement TNS Sofres, sous la responsabilité du directeur de la rédaction.

    47
  38. 35e baromètre de confiance dans les médias, publié en janvier 2022 avec Kantar Public-Onepoint, pendant la pandémie de Covid-19 : regain de confiance mesuré cette année là.

    48
  39. Groupe Bayard, détenu par les Augustins de l’Assomption : La Croix, Le Pèlerin, Notre Temps, Panorama, Pomme d’Api et autres titres de presse et d’édition. Éditions du Centurion, département fondé en 1945 par les pères assomptionnistes de la Maison de la Bonne Presse, devenue Bayard Presse en 1969.

    50
  40. Déficits d’exploitation du quotidien à plusieurs périodes, couverts par les bénéfices des autres publications du groupe Bayard, dont Le Pèlerin, Notre Temps et les titres pour enfants.

    51
  41. Diffusion de 81 789 exemplaires en 2023, sixième quotidien payant de la presse quotidienne nationale française, données ACPM, Alliance pour les chiffres de la presse et des médias.

    57
  42. René Rémond et Émile Poulat (dir.), Cent ans d’histoire de La Croix, 1883-1983, Paris, Éditions du Centurion, 1987. Voir notamment A. Rochefort-Turquin, L’identité catholique du journal, p. 130 et p. 133.

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