Le Dicastère pour les Textes législatifs (en latin : Dicasterium de Legum Textibus) est, depuis le 5 juin 2022, l'organe de la Curie romaine chargé de l'interprétation authentique du droit de l'Église catholique — celui de l'Église latine comme celui des Églises orientales catholiques — et de la promotion de sa connaissance et de sa correcte application[1]. Institué sous son nom actuel par la constitution apostolique Praedicate Evangelium du pape François, il est l'héritier direct d'une lignée d'organismes romains qui, depuis plus d'un siècle, veillent à ce que le droit canonique reste un instrument cohérent, actualisé et fidèlement appliqué au service du salut des âmes.
Sa fonction est unique dans l'ensemble de la Curie romaine : alors que d'autres dicastères gouvernent des domaines pastoraux (le clergé, les évêques, les laïcs, la vie consacrée) et que des tribunaux jugent des causes particulières (la Rote romaine, la Signature apostolique), le Dicastère pour les Textes législatifs ne gouverne ni ne juge — il dit avec autorité ce que la loi de l'Église signifie lorsqu'un doute surgit sur son sens, et il propose au pape les corrections nécessaires lorsque le droit présente des lacunes ou doit être actualisé[2]. Cette fonction d'interprétation authentique, réservée par le droit canonique lui-même au législateur ou à celui à qui il en a confié le pouvoir, en fait l'un des rouages les plus techniques et les moins connus du gouvernement central de l'Église, mais aussi l'un des plus déterminants pour l'unité et la cohérence de la vie ecclésiale dans le monde entier[3].
Le Dicastère sert aujourd'hui le pape, les institutions de la Curie, les évêques diocésains et éparchiaux, les conférences épiscopales, les structures hiérarchiques des Églises orientales et les supérieurs majeurs des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique de droit pontifical[4]. Son œuvre normative la plus importante du dernier quart de siècle est la révision complète du Livre VI du Code de droit canonique sur les sanctions pénales, un travail entamé en 2007 sous Benoît XVI et achevé en 2021 par le pape François avec la constitution apostolique Pascite Gregem Dei.
Depuis le 25 mars 2026, le Dicastère est dirigé par Mgr Anthony Randazzo, archevêque australien nommé préfet par le pape Léon XIV — premier prélat originaire d'Océanie à diriger cette institution centenaire[5]. Il succède à Mgr Filippo Iannone, préfet de 2018 à 2025, appelé entre-temps à la tête du Dicastère pour les Évêques[6].
Une compétence unique dans le gouvernement de l'Église
Ce que couvre le Dicastère aujourd'hui
L'article 175 §1 de Praedicate Evangelium fixe la mission de base du Dicastère :
« [Le Dicastère] promeut et diffuse dans l'Église la connaissance et la réception du droit canonique de l'Église latine et des Églises orientales [et] offre également une assistance pour son application correcte. » — Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium, art. 175 §1[7]
Le paragraphe suivant précise à qui s'adresse ce service : le Pontife romain lui-même, les institutions et offices de la Curie, les évêques diocésains et éparchiaux, les conférences épiscopales, les structures hiérarchiques orientales, ainsi que les modérateurs suprêmes des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique de droit pontifical[8]. Pour remplir cette mission, le Dicastère s'appuie sur la collaboration de canonistes venus de cultures et de continents divers, garantissant que l'interprétation du droit universel de l'Église ne soit jamais le fait d'une seule école juridique régionale[9].
Cette mission générale se décline concrètement en quatre grandes fonctions, réparties sur les articles 176 à 182 de la constitution :
- L'interprétation authentique des lois universelles de l'Église (art. 176) ;
- Les propositions législatives au Saint-Père pour combler les lacunes du droit ou l'actualiser (art. 178) ;
- L'assistance normative aux autres dicastères et institutions curiales pour la rédaction de décrets, instructions et textes normatifs (art. 179) ;
- Le contrôle de conformité des décrets généraux des conciles pléniers, des conférences épiscopales et des structures hiérarchiques orientales, ainsi que la vérification, sur demande, de la conformité du droit particulier au droit universel (art. 180-181)[10].
À ces quatre fonctions s'ajoute une mission plus diffuse mais tout aussi réelle : la promotion académique du droit canonique par l'organisation de réunions interdicastérielles et de congrès, l'encouragement des associations internationales et nationales de canonistes, et une surveillance de la pratique canonique correcte, le Dicastère devant signaler aux autorités compétentes l'apparition de pratiques illégitimes et suggérer des solutions (art. 182)[11].
Deux voies distinctes : interpréter authentiquement ou simplement éclaircir
Le droit canonique distingue soigneusement deux opérations que le langage courant confond souvent. D'une part, l'interprétation authentique proprement dite :
« Le législateur interprète authentiquement les lois, ainsi que celui auquel il a confié le pouvoir de les interpréter authentiquement. » — Code de droit canonique de 1983, canon 16 §1[12]
Une interprétation authentique donnée sous forme de loi a la même force que la loi elle-même et doit être promulguée ; si elle se contente de déclarer le sens de termes déjà certains, elle a un effet rétroactif ; si elle restreint, étend ou explicite une loi douteuse, elle n'a pas d'effet rétroactif (canon 16 §2)[13]. C'est cette autorité — déléguée par le pape, souverain législateur de l'Église universelle — que le Dicastère exerce lorsqu'il formule une interprétation authentique, laquelle doit toujours être confirmée par le Pontife romain en forme spécifique après consultation, pour les questions les plus importantes, des institutions curiales compétentes sur la matière examinée[14].
D'autre part, lorsqu'un doute de droit se présente sans nécessiter une interprétation authentique à proprement parler, le Dicastère peut offrir des éclaircissements opportuns sous forme de déclarations ou de notes explicatives sur le sens des normes, en suivant les critères que le droit canonique fournit lui-même pour l'interprétation des lois — au premier rang desquels le canon 17, qui prescrit de comprendre les lois ecclésiastiques « selon le sens propre des mots dans leur texte et leur contexte » et, en cas de doute persistant, de recourir aux passages parallèles, à la fin et aux circonstances de la loi, ainsi qu'à l'esprit du législateur[15] [16]. Cette distinction entre interprétation authentique (qui a force de loi) et simple clarification (qui n'en a pas) structure l'ensemble de l'activité quotidienne du Dicastère et explique pourquoi ses décisions les plus solennelles sont rares, tandis que ses avis et notes explicatives sont beaucoup plus fréquents.
Combler les vides du droit et proposer des réformes
Une troisième fonction, moins connue mais décisive pour l'évolution du droit de l'Église, consiste à étudier la législation en vigueur de l'Église latine et des Églises orientales afin d'y repérer d'éventuelles lacunae legis — des vides juridiques que la pratique ecclésiale révèle avec le temps — et à présenter au Pontife romain des propositions adaptées pour les combler. Lorsqu'il apparaît nécessaire de modifier ou d'actualiser des normes existantes, le Dicastère suggère des amendements, en veillant à l'harmonie et à l'efficacité de l'ensemble du système juridique (art. 178)[17] [18]. C'est exactement ce mécanisme qui a conduit, entre 2007 et 2021, à la refonte complète du Livre VI du Code sur les sanctions pénales — la plus vaste réforme législative pilotée par le Dicastère depuis la promulgation même du Code de 1983.
Assister les autres dicastères et vérifier la conformité du droit particulier
Par sa compétence propre, le Dicastère assiste les autres dicastères de la Curie romaine et les institutions curiales dans la préparation de décrets généraux exécutifs, d'instructions et d'autres textes normatifs, afin de garantir leur conformité avec les prescriptions du droit universel en vigueur et leur correcte formulation juridique (art. 179)[19]. Il examine également les décrets généraux édictés par les conciles pléniers, les conférences épiscopales et les structures hiérarchiques orientales qui lui sont soumis par le dicastère compétent pour accorder la recognitio, afin de les évaluer d'un point de vue strictement juridique (art. 180)[20]. Enfin, à la demande des parties intéressées, il détermine si les lois et décrets généraux édictés par des législateurs inférieurs au Pontife romain — évêques diocésains, conférences épiscopales, supérieurs religieux — sont conformes au droit universel de l'Église (art. 181)[21].
Ce qui n'est pas de son ressort
Trois précisions délimitent utilement le périmètre du Dicastère. D'abord, il n'est pas un tribunal : il ne juge aucune cause particulière, à la différence du Tribunal de la Rote romaine (compétent notamment pour les causes de nullité de mariage en appel) ou de la Signature apostolique (cour suprême de l'Église, qui contrôle la légalité des actes administratifs). Ensuite, il n'interprète pas la doctrine de la foi : lorsqu'une question touche non pas au sens d'une loi mais à la vérité d'un enseignement doctrinal ou moral, la compétence appartient au Dicastère pour la Doctrine de la Foi, dont l'objet est radicalement distinct — l'un dit ce que la loi prescrit, l'autre ce que la foi tient pour vrai. Enfin, le Dicastère ne se substitue pas aux dicastères pastoraux compétents pour chaque état de vie — le Dicastère pour le Clergé pour les prêtres et diacres séculiers, le Dicastère pour les Évêques pour l'épiscopat, le Dicastère pour les Instituts de vie consacrée pour les religieux — mais leur offre, à chacun, une expertise juridique transversale lorsqu'un doute de droit se présente dans l'exercice de leur propre gouvernement.
Un siècle d'interprétation du droit : de Benoît XV à Praedicate Evangelium
1917 : Benoît XV et la Commission pour l'interprétation authentique du Code
Le 15 septembre 1917, à peine quatre mois après la promulgation du premier Code de droit canonique de l'histoire de l'Église — le Code pio-bénédictin, promulgué le 27 mai 1917 par le pape Benoît XV et entré en vigueur le 19 mai 1918 —, ce même pontife institue par le motu proprio Cum iuris canonici la Commission pontificale pour l'interprétation authentique du Code de droit canonique[22]. La nécessité de cette institution était immédiate : un code unique remplaçait désormais des siècles de législation dispersée entre les conciles, les décrétales et les décisions ponctuelles des congrégations romaines, et son application dans les diocèses du monde entier appelait une autorité de référence unique, capable de trancher les doutes que la pratique ne manquerait pas de faire surgir[23].
Le cardinal Pietro Gasparri (1852-1934), principal artisan de la codification de 1917 en tant que secrétaire de la Commission de codification instituée dès 1904 par saint Pie X, devient tout naturellement le premier président de la nouvelle commission d'interprétation, nommé en octobre 1917 en exécution du motu proprio du 15 septembre[24]. Cette continuité personnelle entre le rédacteur du Code et son premier interprète authentique n'est pas anodine : elle garantissait que l'esprit du législateur, invoqué par le canon 17 comme critère ultime d'interprétation en cas de doute persistant, resterait accessible à ceux chargés d'en préciser le sens dans les décennies suivantes[25].
1963 : Jean XXIII prépare, à la lumière du Concile, la révision du Code
Le 28 mars 1963, le pape Jean XXIII — qui avait annoncé dès le 25 janvier 1959, le jour même où il annonçait la convocation du concile Vatican II, son intention de réviser également le Code de droit canonique — érige la Commission pontificale pour la révision du Code de droit canonique, chargée de préparer, à la lumière des décrets conciliaires alors en cours d'élaboration, la réforme du Code promulgué par Benoît XV[26]. Cette commission de révision, distincte de la commission d'interprétation instituée en 1917, poursuivra ses travaux pendant deux décennies — sous quatre pontificats successifs — jusqu'à l'aboutissement final que sera le nouveau Code de 1983.
1967 : Paul VI et la Commission pour l'interprétation des décrets conciliaires
Alors même que la révision générale du Code se poursuit, un besoin distinct apparaît au lendemain du concile Vatican II (1962-1965) : les seize documents conciliaires eux-mêmes, ainsi que les nombreux textes publiés par le Saint-Siège pour leur mise en œuvre, appellent une instance capable d'en fixer l'interprétation officielle. Le 11 juillet 1967, le pape Paul VI institue à cette fin la Commission pontificale pour l'interprétation des décrets du concile Vatican II, dont la compétence est étendue deux ans plus tard, par une lettre de la Secrétairerie d'État du 14 avril 1969, à l'interprétation des documents publiés par le Saint-Siège pour la mise en œuvre des décrets conciliaires[27]. Cette troisième commission coexiste alors avec les deux précédentes — celle de 1917 pour l'interprétation du Code encore en vigueur, celle de 1963 pour la préparation de sa révision — signe de la complexité institutionnelle que traverse le gouvernement central de l'Église durant les années de réception du Concile.
1983-1984 : le nouveau Code et la nouvelle Commission d'interprétation
Après près de vingt ans de travaux, le pape Jean-Paul II promulgue le 25 janvier 1983, par la constitution apostolique Sacrae Disciplinae Leges, le nouveau Code de droit canonique destiné à l'Église latine — celui qui demeure en vigueur aujourd'hui. Dans cette constitution, le pape présente le nouveau Code comme la traduction, en langage canonique, de l'ecclésiologie du concile Vatican II :
« En un certain sens, ce nouveau Code pourrait être compris comme un grand effort pour traduire en langage canonique cette même doctrine, c'est-à-dire l'ecclésiologie conciliaire. » — Pape Jean-Paul II, constitution apostolique Sacrae Disciplinae Leges, promulguant le Code de droit canonique, 25 janvier 1983[28]
Le pape y précise également le sens même de l'entreprise canonique, contre toute tentation de réduire le droit de l'Église à un pur appareil juridique coupé de sa finalité spirituelle : le but du Code n'est pas de remplacer la foi, la grâce et les charismes, mais de créer dans la société ecclésiale « un ordre tel que, tout en assignant la primauté à la foi, à la grâce et aux charismes, il en rende en même temps plus facile le développement organique »[29].
Moins d'un an plus tard, le 2 janvier 1984, par le motu proprio Recognito Iuris Canonici Codice, Jean-Paul II institue une nouvelle Commission pontificale pour l'interprétation authentique du Code de droit canonique, chargée cette fois d'interpréter les canons du nouveau Code de 1983 et les lois universelles de l'Église latine. Avec l'érection de cette nouvelle commission, les deux commissions antérieures — celle pour la révision du Code (1963) et celle pour l'interprétation des décrets conciliaires (1967) — cessent d'exister, leur mission respective étant désormais accomplie ou absorbée[30].
1988 : Pastor Bonus et la naissance du Conseil pontifical pour les Textes législatifs
Par la constitution apostolique Pastor Bonus du 28 juin 1988, qui réorganise l'ensemble de la Curie romaine, Jean-Paul II transforme la Commission d'interprétation de 1984 en un organisme aux compétences plus larges et plus articulées : le Conseil pontifical pour les Textes législatifs (initialement dénommé « pour l'interprétation des textes législatifs »)[31]. Ce changement de statut — d'une simple commission ponctuelle à un conseil pontifical permanent, l'un des rangs les plus élevés dans la hiérarchie interne de la Curie d'alors — traduit la reconnaissance du caractère désormais structurel de la fonction d'interprétation authentique dans le gouvernement quotidien de l'Église universelle.
1990 : l'extension aux Églises orientales
Le 18 octobre 1990, par la constitution apostolique Sacri Canones, Jean-Paul II promulgue le premier Code des canons des Églises orientales (Codex Canonum Ecclesiarum Orientalium, CCEO) — un code unique de 1 546 canons répartis en trente titres, couvrant l'ensemble des Églises catholiques orientales en communion avec Rome, et entré en vigueur le 1er octobre 1991[32]. Le titre même de la constitution, Sacri Canones, renvoie aux canons confirmés par le deuxième concile de Nicée (787), signifiant la volonté de rattacher ce nouveau code à la tradition canonique la plus ancienne des Églises d'Orient[33].
Une fois achevés les travaux de la Commission pontificale pour la révision du Code de droit canonique oriental — instituée par Paul VI dès le 10 juin 1972 et menée à son terme sur près de deux décennies —, Jean-Paul II supprime cette commission devenue sans objet et confie, conformément à l'article 155 de Pastor Bonus, au Conseil pontifical pour les Textes législatifs la tâche d'interpréter ce nouveau Code oriental ainsi que l'ensemble des lois communes aux Églises catholiques orientales[34]. C'est à partir de ce moment que l'institution acquiert la compétence double — latine et orientale — qui la caractérise encore aujourd'hui, et qui la distingue de tous les autres organismes juridiques de la Curie romaine, spécialisés soit dans le seul droit latin, soit dans le seul droit oriental.
2022 : Praedicate Evangelium — du Conseil pontifical au Dicastère
Le 19 mars 2022, en la solennité de saint Joseph, le pape François signe la constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine, qui abroge Pastor Bonus après trente-quatre ans d'application. Le texte entre en vigueur le 5 juin 2022, en la solennité de la Pentecôte. Il renomme la quasi-totalité des congrégations et conseils pontificaux romains en « dicastères », dans une volonté explicite d'aplanir les hiérarchies internes à la Curie — tous les responsables de dicastères, clercs ou laïcs, pouvant désormais théoriquement exercer une charge de gouvernement au nom du pape. Le Conseil pontifical pour les Textes législatifs devient ainsi le Dicastère pour les Textes législatifs, ses fonctions et compétences étant désormais définies aux articles 175 à 182 de la nouvelle constitution[35]. Sur le fond, la réforme de 2022 ne modifie pas substantiellement le périmètre de compétence atteint en 1990 : elle en systématise et en clarifie l'exercice, en distinguant plus nettement qu'auparavant les quatre fonctions normatives que sont l'interprétation, le comblement des lacunes, l'assistance curiale et le contrôle de conformité.
Réformer le droit pénal de l'Église : la révision du Livre VI (2007-2021)
Un chantier de longue haleine sous deux pontificats
L'œuvre normative la plus importante conduite par le Dicastère depuis la promulgation même du Code de 1983 est la refonte complète de son Livre VI, consacré aux sanctions pénales dans l'Église. Le processus s'ouvre en 2007, lorsque le pape Benoît XVI charge le Conseil pontifical pour les Textes législatifs de réviser les dispositions pénales du Code, dont l'application s'était révélée, à l'usage, insuffisamment claire et parfois trop rigide dans un contexte marqué par la gravité croissante de certains délits, notamment les abus sexuels sur mineurs[36]. Le Dicastère s'attache alors à cerner les besoins nouveaux, à identifier les limites et les lacunes de la législation en vigueur, et à indiquer des solutions claires et simples, dans un esprit de collégialité et de coopération avec des experts et des évêques du monde entier, en vue d'adapter les solutions envisagées aux besoins et aux cultures des Églises locales[37].
Un premier projet de nouveau Livre VI est ensuite rédigé et envoyé à l'ensemble des conférences épiscopales, aux dicastères de la Curie romaine, aux supérieurs majeurs des instituts religieux, aux facultés de droit canonique et à d'autres institutions ecclésiastiques pour observations. Après plusieurs cycles de révision et de discussion, le projet définitif est examiné lors de la session plénière des membres du Conseil pontifical pour les Textes législatifs ; le texte, intégrant les corrections issues de cette session plénière, est enfin remis au Pontife romain en février 2020[38].
Pascite Gregem Dei (23 mai 2021) : ce que change le nouveau droit pénal
Le 23 mai 2021, en la solennité de la Pentecôte, le pape François promulgue la constitution apostolique Pascite Gregem Dei, qui réforme intégralement le Livre VI du Code, avec entrée en vigueur le 8 décembre 2021. Le texte s'ouvre sur une citation scripturaire qui donne le ton de toute la réforme :
« Soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouve chez vous ; veillez sur lui, non par contrainte mais de plein gré, selon Dieu ; non par cupidité mais par dévouement. » — 1 Pierre 5, 2, cité en ouverture de la constitution apostolique Pascite Gregem Dei[39]
Cette citation n'est pas décorative : elle inscrit la réforme pénale dans une logique explicitement pastorale, et non purement disciplinaire. La constitution rappelle que les évêques sont appelés à gouverner par le conseil, l'exhortation, l'exemple, mais aussi par l'autorité et le pouvoir sacré, et que la charité elle-même exige, en certaines circonstances, de corriger les déviations[40]. Le texte souligne également que l'Église a établi des lois disciplinaires depuis les temps apostoliques pour sauvegarder son unité, mais qu'« il est parfois nécessaire de les modifier et de les adapter aux circonstances changeantes » de la société[41]. La réforme de 2021 a notamment précisé et durci le régime des sanctions applicables aux délits d'abus sexuels sur mineurs et sur adultes vulnérables, clarifié les responsabilités des évêques et des supérieurs religieux dans l'application des peines, et rendu le recours aux sanctions pénales moins discrétionnaire qu'il ne l'était sous l'empire du texte de 1983 — une évolution directement liée aux réformes plus larges engagées par le Saint-Siège en matière de protection des mineurs durant la même période.
Le Dicastère aujourd'hui : gouvernance et organigramme
Structure actuelle
D'après l'organigramme officiel publié sur le site du Saint-Siège, la direction du Dicastère se présente ainsi, à l'été 2026[42] [43] :
| Fonction | Titulaire | Depuis |
|---|---|---|
| Préfet | Mgr Anthony Randazzo | 25 mars 2026 |
| Secrétaire | Mgr Marco Mellino | 30 juin 2026 |
| Sous-secrétaire | Mgr Markus Graulich, S.D.B. | — |
| Sous-secrétaire | Mgr Tuomo T. Vimpari | 7 août 2024 |
« Le préfet du Dicastère pour les Textes législatifs préside et dirige les travaux du Dicastère au nom et avec l'autorité du Pontife romain. Il supervise la préparation des interprétations authentiques, contrôle l'examen des textes législatifs et des décrets, garantit la collaboration avec les autres institutions curiales et les canonistes, et sauvegarde l'intégrité et la cohérence juridiques de l'ordre légal universel de l'Église. » — Diocèse de Broken Bay, résumé officiel du rôle du préfet, 25 mars 2026[44]
Mgr Randazzo, 59 ans, était jusqu'à sa nomination évêque de Broken Bay (Australie) et président de la Fédération des Conférences épiscopales catholiques d'Océanie ; envoyé à Rome dès 1998 pour y étudier le droit canonique à l'Université pontificale grégorienne, il incarne la dimension résolument universelle que la Curie romaine cherche à donner à ses dicastères les plus techniques[45]. Il succède à Mgr Filippo Iannone, nommé préfet le 7 avril 2018 et appelé le 26 septembre 2025 à diriger le Dicastère pour les Évêques — un déplacement qui a laissé le poste vacant pendant près de six mois avant la nomination de Mgr Randazzo[46] [47].
Mgr Marco Mellino, né en 1966 à Canale (Piémont), prêtre depuis 1991 et évêque depuis 2018, occupait auparavant les fonctions de secrétaire du Conseil des cardinaux voulu par le pape François (le « C9 ») et de sous-secrétaire adjoint du Dicastère pour les Textes législatifs ; sa nomination comme secrétaire, le 30 juin 2026, constitue une promotion interne portant à la tête administrative de l'institution un prélat déjà rompu à ses mécanismes et à ses pratiques[48] [49]. Il succède à Mgr Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru, né en 1951 à Vitoria (Espagne), qui avait occupé la charge de secrétaire pendant près de dix-neuf ans, depuis le 15 février 2007[50].
La succession des préfets depuis 1917
- 1917-1934Cardinal Pietro Gasparripremier président, artisan du Code de 1917
Ancien secrétaire de la Commission de codification instituée par saint Pie X en 1904, il devient tout naturellement le premier président de la Commission d'interprétation du Code qu'il a contribué à rédiger, et le demeure jusqu'à sa mort, le 18 novembre 1934[51].
- 1934-1936Cardinal Luigi Sinceroprésident après Gasparri
- 1936-1938Cardinal Giulio Serafiniprélat de la Curie
Membre de la Commission depuis le 3 décembre 1930, il en devient président en 1936 — il signe comme tel dès le 15 mai — et poursuit l'interprétation du Code pio-bénédictin jusqu'à sa mort, le 16 juillet 1938[54] [55] [56].
- 1939-1954Cardinal Massimo Massimiprélat romain
Dirige la Commission durant la Seconde Guerre mondiale et l'immédiat après-guerre.
- 1955-1966Cardinal Pietro Ciriacipréside la Commission d'interprétation puis la nouvelle Commission de révision
Accompagne la transition entre la Commission d'interprétation du Code de 1917 et la Commission de révision instituée par Jean XXIII en 1963.
- 1967-1982Cardinal Pericle Felicifigure majeure de Vatican II
Ancien secrétaire général du concile Vatican II, il préside la Commission de révision du Code durant les quinze années qui suivent immédiatement le Concile.
- 1982-1989Cardinal Rosalio José Castillo Lara, S.D.B.achève la révision et ouvre la nouvelle Commission de 1984
Préside la Commission de révision jusqu'à la promulgation du nouveau Code en 1983, puis la nouvelle Commission d'interprétation authentique instituée en 1984.
- 1990-1994Cardinal Vincenzo Fagiolopremier président du Conseil pontifical pour les Textes législatifs
Dirige le nouvel organisme au moment où sa compétence est étendue au Code des canons des Églises orientales, promulgué en 1990.
- 1994-2007Cardinal Julián Herranz Casadotreize années de présidence
Canoniste espagnol, il préside le Conseil durant une longue période de stabilisation institutionnelle.
- 2007-2018Cardinal Francesco Coccopalmerioengage la révision du Livre VI
Sous sa présidence, Benoît XVI confie au Conseil, en 2007, la révision complète des sanctions pénales du Code.
- 2018-2025Archevêque Filippo Iannone, O. Carm.achève la révision du Livre VI et devient le premier préfet du Dicastère
Nommé président en 2018, il prépare la réforme du Livre VI promulguée par le pape François en 2021, puis conduit la transformation du Conseil en Dicastère en 2022, avant d'être appelé au Dicastère pour les Évêques en 2025.
- 2026-aujourd'huiArchevêque Anthony Randazzopremier préfet originaire d'Océanie
Nommé le 25 mars 2026 par le pape Léon XIV, il est le premier prélat d'Océanie à diriger le Dicastère pour les Textes législatifs.
Cette succession de présidents et préfets — tous italiens ou européens jusqu'en 2018, à l'exception notable du Vénézuélien Castillo Lara — illustre, comme pour d'autres grands dicastères de la Curie, l'ouverture progressive du gouvernement central de l'Église à une véritable universalité géographique, la nomination de Mgr Randazzo en 2026 marquant à cet égard une étape supplémentaire[57] [58].
Communicationes, la mémoire écrite du droit de l'Église
Depuis 1969, le Dicastère publie une revue semestrielle, Communicationes, initialement créée pour documenter les travaux de révision du Code pio-bénédictin de 1917[59]. Au fil des décennies, la revue a élargi son objet : elle publie aujourd'hui les actes normatifs du Saint-Siège et de ses dicastères, les travaux propres du Dicastère pour les Textes législatifs — questions soumises à étude, relations avec les canonistes, réponses particulières présentant un intérêt significatif — ainsi que les actes des commissions pontificales de révision du Code de 1983 et du droit canonique oriental, afin de faciliter la recherche sur les différentes phases de préparation du Code latin et du Code des canons des Églises orientales[60]. Communicationes demeure, plus d'un demi-siècle après sa création, la source documentaire de référence pour comprendre la genèse exacte de chaque canon du droit universel de l'Église.
Le fondement théologique : pourquoi l'Église a besoin d'un droit interprété avec autorité
Aucune réforme institutionnelle de ce Dicastère ne se comprend sans le fondement théologique que lui donne la conception catholique du droit ecclésial. Le droit canonique n'est pas, pour l'Église, un simple appareil de contrainte extérieure : il est un instrument au service de la communion et de la charité, destiné à rendre possible et fécond l'exercice ordinaire de la vie chrétienne. Jean-Paul II l'exprime avec force dans Sacrae Disciplinae Leges :
« Le but [du Code] n'est pas de remplacer la foi, la grâce, les charismes et particulièrement la charité dans la vie de l'Église ou des fidèles. Son but est plutôt de créer dans la société ecclésiale un ordre tel que, tout en assignant la primauté à la foi, à la grâce et aux charismes, il en rende en même temps plus facile le développement organique, dans la vie tant de la société ecclésiale que des personnes qui en font partie. » — Pape Jean-Paul II, constitution apostolique Sacrae Disciplinae Leges, 25 janvier 1983[61]
C'est cette conviction — que le droit sert la vie surnaturelle de l'Église au lieu de lui faire obstacle — qui justifie l'existence d'un organisme spécifiquement chargé de veiller à ce que ce droit soit compris et appliqué avec exactitude, sans excès de rigueur ni laxisme interprétatif. Le dernier canon du Code de 1983, le canon 1752, résume d'ailleurs à lui seul l'esprit dans lequel toute interprétation authentique doit être rendue : dans les causes de translation des curés, les dispositions canoniques doivent être appliquées « en observant l'équité canonique et en ayant devant les yeux le salut des âmes, qui doit toujours être dans l'Église la loi suprême »[62]. Cette formule — salus animarum suprema lex, « le salut des âmes est la loi suprême » — n'est juridiquement circonscrite qu'au cas particulier des transferts de curés, mais elle est traditionnellement lue, depuis la promulgation même du Code, comme la clé de voûte de l'ensemble du droit canonique : aucune interprétation authentique, aucun comblement de lacune, aucune sanction pénale ne peut légitimement s'écarter de cette finalité ultime qui donne son sens à toute l'entreprise du droit dans l'Église[63].
C'est précisément parce que le droit canonique se rattache ainsi, en dernière instance, au salut des âmes que son interprétation ne peut être laissée à l'improvisation locale ou à des lectures divergentes selon les continents : elle requiert une autorité unique, universelle, capable de garantir que la même loi produise les mêmes effets pour tous les fidèles de l'Église catholique, où qu'ils se trouvent. C'est ce service, discret mais fondamental, que rend depuis plus d'un siècle — sous des noms et des statuts institutionnels différents — l'organisme aujourd'hui appelé Dicastère pour les Textes législatifs.
Pour aller plus loin
- Le Code de droit canonique de 1917 (Codex Iuris Canonici) — le premier code unifié de l'Église latine, dont l'interprétation authentique a motivé, dès 1917, la fondation de la première commission ancêtre du Dicastère.
- Le Code de droit canonique de 1983 (Codex Iuris Canonici) — le code actuellement en vigueur pour l'Église latine, dont le Dicastère formule l'interprétation authentique.
- Dicastère pour la Doctrine de la Foi — l'instance compétente pour les questions de doctrine et de foi, à distinguer de l'interprétation strictement juridique des lois.
- Le Dicastère pour le Clergé — l'organisme voisin, installé dans le même Palazzo delle Congregazioni, compétent pour la formation et la discipline des prêtres et diacres séculiers.
- Le Dicastère pour les Évêques — l'institution romaine chargée du gouvernement et de la nomination des évêques diocésains, dirigée depuis 2025 par l'ancien préfet du Dicastère pour les Textes législatifs, Mgr Filippo Iannone.
- Le Dicastère pour les Églises orientales — l'organisme compétent pour le gouvernement pastoral des Églises orientales catholiques, dont le Dicastère pour les Textes législatifs interprète le droit propre depuis 1990.
- La Curie romaine — l'ensemble des dicastères, tribunaux et offices par lesquels le pape gouverne l'Église catholique.
Notes et références
Diocèse de Broken Bay (Australie), Media Statement — Background: Dicastery for Legislative Texts – Roman Curia, communiqué officiel signé Katrina Lee, Head of Media & Communications, 25 mars 2026, publié à l'occasion de la nomination de Mgr Anthony Randazzo comme préfet. Document PDF disponible sur bbcatholic.org.au. Détail des compétences par article de Praedicate Evangelium (art. 175 §1-3, art. 176, art. 178, art. 179, art. 180, art. 181, art. 182 §1-2) et rappel de l'historique institutionnel complet depuis 1917.
1 4 8 9 10 11 14 17 19 20 21 44Dicastère pour les Textes législatifs, page de profil officielle en français, Saint-Siège, vatican.va/content/romancuria/fr/dicasteri/dicastero-testi-legislativi/profilo.html, consultée en juillet 2026. Citations officielles de l'art. 175 §1 de Praedicate Evangelium et description des fonctions d'interprétation, de clarification, de proposition législative et de contrôle de conformité.
2 7 15 18Code de droit canonique de 1983, canon 16 §§1-2, sur l'interprétation authentique des lois par le législateur ou par celui à qui il en a confié le pouvoir, et sur la force de loi de l'interprétation authentique donnée sous forme de loi. Texte consulté sur droitcanonique.fr/codes/cic-1983-1/c-16-cic-1983-16, juillet 2026.
3 12 13Vatican News (anglais), Australia's Archbishop Randazzo named Prefect of Dicastery for Legislative Texts, 25 mars 2026, vaticannews.va/en/pope/news/2026-03/pope-australian-bishop-as-prefect-of-dicastery-legislative-texts.html. Nomination par le pape Léon XIV de Mgr Anthony Randazzo (59 ans), jusqu'alors évêque de Broken Bay (Australie) et président de la Fédération des Conférences épiscopales catholiques d'Océanie, envoyé à Rome en 1998 étudier le droit canonique à l'Université pontificale grégorienne ; succession à Mgr Filippo Iannone, nommé au Dicastère pour les Évêques le 26 septembre 2025, poste vacant depuis lors.
5 45 47Vatican News (français), Mgr Iannone, canoniste, figure de la Curie, va présider le dicastère pour les Évêques, 29 septembre 2025, vaticannews.va/fr/vatican/news/2025-09/dicastere-pour-les-eveques-leon-xiv-nomination-filippo-iannone.html. Nomination de Mgr Filippo Iannone, jusqu'alors préfet du Dicastère pour les Textes législatifs depuis le 7 avril 2018, comme préfet du Dicastère pour les Évêques le 26 septembre 2025.
6 46Code de droit canonique de 1983, canon 17, sur les règles d'interprétation des lois ecclésiastiques : sens propre des mots dans leur texte et leur contexte, recours aux lieux parallèles, à la fin, aux circonstances de la loi et à l'esprit du législateur en cas de doute persistant. Texte consulté sur droitcanonique.fr/codes/cic-1983-1/c-17-cic-1983-17, juillet 2026.
16 25Diocèse de Broken Bay (Australie), Media Statement — Background: Dicastery for Legislative Texts – Roman Curia, 25 mars 2026, section « Historical Notes » : fondation par le motu proprio Cum iuris canonici de Benoît XV (15 septembre 1917) après la promulgation du Code pio-bénédictin (27 mai 1917) ; Commission pontificale pour la révision du Code instituée par Jean XXIII (28 mars 1963) ; Commission pour l'interprétation des décrets de Vatican II instituée par Paul VI (11 juillet 1967, compétence étendue le 14 avril 1969) ; nouvelle Commission pour l'interprétation authentique instituée par Jean-Paul II par le motu proprio Recognito Iuris Canonici Codice (2 janvier 1984), avec suppression corrélative des deux commissions précédentes ; transformation en Conseil pontifical pour les Textes législatifs par Pastor Bonus (28 juin 1988) ; extension de compétence au Code des canons des Églises orientales après suppression de la Commission de révision du droit oriental instituée par Paul VI le 10 juin 1972 (lettre de la Secrétairerie d'État n° 278.287/G.N. du 27 février 1991, en application de l'art. 155 de Pastor Bonus) ; transformation en Dicastère pour les Textes législatifs par Praedicate Evangelium (promulguée le 19 mars 2022, en vigueur le 5 juin 2022, art. 175-182). PDF sur bbcatholic.org.au.
22 23 26 27 30 31 34 35Acta Apostolicae Sedis, vol. IX (1917), p. 558, AAS-09-I-1917-ocr.pdf : Diarium Romanae Curiae, Segreteria di Stato, Nomine (fascicule du 1er décembre 1917) — institution de la Commission pontificale pour l'interprétation du Code « en exécution » du motu proprio Cum iuris canonici du 15 septembre 1917, et nomination du cardinal Pietro Gasparri comme président ; l'acte, tel que publié, ne porte pas de date au jour près. Le Dizionario Biografico Treccani (Pietro Gasparri) donne « octobre 1917 » sans jour ; les répertoires divergent sur le jour exact (S. Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church : 16 octobre ; biographie anglophone : 18 octobre, citant cette même page de l'AAS qui ne donne aucun jour).
24Pape Jean-Paul II, constitution apostolique Sacrae Disciplinae Leges, promulguant le Code de droit canonique, 25 janvier 1983. Texte intégral en anglais sur vatican.va. Texte original anglais : « In a certain sense, this new Code could be understood as a great effort to translate this same doctrine, that is, the conciliar ecclesiology, into canonical language » ; et « Its purpose is rather to create such an order in the ecclesial society that, while assigning the primacy to faith, grace and the charisms, it at the same time renders easier their organic development, in the life both of the ecclesial society and of the individual persons who belong to it. »
28 29 61Wikipédia (anglais), Code of Canons of the Eastern Churches, en.wikipedia.org/wiki/Code_of_Canons_of_the_Eastern_Churches, consulté en juillet 2026 ; constitution apostolique Sacri Canones de Jean-Paul II, 18 octobre 1990, texte latin sur vatican.va. Promulgation du Code des canons des Églises orientales le 18 octobre 1990, entrée en vigueur le 1er octobre 1991, 1 546 canons répartis en 30 titres ; le titre Sacri Canones renvoie aux canons confirmés par le deuxième concile de Nicée (787).
32 33Pape François, constitution apostolique Pascite Gregem Dei, réformant le Livre VI du Code de droit canonique, promulguée le 23 mai 2021 (solennité de la Pentecôte), en vigueur le 8 décembre 2021. Texte intégral en anglais sur vatican.va. Sur le lancement de la révision par Benoît XVI en 2007, le processus de consultation des conférences épiscopales, dicastères, supérieurs religieux et facultés de droit canonique, l'examen en session plénière et la remise du texte final au pape en février 2020.
36 37 38 40 41AELF (Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones), traduction liturgique officielle de la Première épître de saint Pierre, chapitre 5, verset 2, aelf.org/bible/1P/5, consultée en juillet 2026. Texte français : « soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouve chez vous ; veillez sur lui, non par contrainte mais de plein gré, selon Dieu ; non par cupidité mais par dévouement ». Texte original anglais cité en ouverture de Pascite Gregem Dei : « Tend the flock of God that is your charge, not by constraint but willingly, as God would have you » (1 P 5, 2).
39Dicastère pour les Textes législatifs, page de structure officielle (« Struttura »), Saint-Siège, vatican.va/content/romancuria/en/dicasteri/dicastero-testi-legislativi/struttura.html, consultée en juillet 2026. Liste nominative du préfet (Mgr Anthony Randazzo), du secrétaire (Mgr Marco Mellino, à compter du 30 juin 2026, succédant à Mgr Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru) et des sous-secrétaires (Mgr Markus Graulich, S.D.B. ; Mgr Tuomo T. Vimpari).
42Sala Stampa della Santa Sede, Rinunce e nomine, bulletin officiel du 30 juin 2026, press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2026/06/30/0564/01065.html. Nomination de Mgr Marco Mellino, jusqu'alors secrétaire adjoint, comme secrétaire du Dicastère pour les Textes législatifs.
43 48Diocesi di Alba, Il Papa nomina monsignor Mellino segretario del Dicastero per i testi legislativi, 30 juin 2026, diocesialba.it/blog/2026/06/30/il-papa-nomina-monsignor-mellino-segretario-del-dicastero-per-i-testi-legislativi. Éléments biographiques : Marco Mellino, né en 1966 à Canale (Piémont), prêtre depuis 1991, consacré évêque en 2018, ancien secrétaire du Conseil des cardinaux (C9) et membre du Conseil pontifical pour les Textes législatifs.
49Wikipédia (anglais), Dicastery for Legislative Texts, en.wikipedia.org/wiki/Dicastery_for_Legislative_Texts, consulté en juillet 2026. Liste complète des présidents/préfets et secrétaires successifs avec dates, dont Julián Herranz Casado (secrétaire du 19 janvier 1984 au 19 décembre 1994, puis président du 19 décembre 1994 au 15 février 2007) et Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru (secrétaire du 15 février 2007 à 2026).
50 58Acta Apostolicae Sedis, vol. XXVI (1934), p. 648, AAS-26-1934-ocr.pdf : Necrologio, 18 novembre 1934 — le cardinal Pietro Gasparri y est dit « Preside della Commissione pontificia per l'interpretazione autentica del Codice di diritto canonico » : il présidait donc encore la Commission à sa mort, et non jusqu'en 1930.
51Acta Apostolicae Sedis, vol. XXVII (1935), pp. 29-30, AAS-27-1935-ocr.pdf : Diarium, Segreteria di Stato, Nomine — « 13 » décembre 1934, le cardinal Luigi Sincero, secrétaire de la Congrégation pro Ecclesia Orientali, est nommé « Presidente della Commissione Pontificia per la interpretazione autentica del Codice di Diritto Canonico » (les répertoires en ligne, GCatholic et Wikipédia, donnent le 12 décembre).
52Acta Apostolicae Sedis, vol. XXVIII (1936), p. 120, AAS-28-1936-ocr.pdf : Necrologio, 7 février 1936 — mort du cardinal Luigi Sincero, Vescovo suburbicario di Palestrina.
53Acta Apostolicae Sedis, vol. XXIII (1931), p. 28, AAS-23-1931-ocr.pdf : Diarium, Segreteria di Stato, Nomine — 3 décembre 1930, les cardinaux Raffaele Carlo Rossi et Giulio Serafini sont nommés membres (et non présidents) de la Commission pontificale pour l'interprétation du Code.
54Acta Apostolicae Sedis, vol. XXVIII (1936), p. 210, AAS-28-1936-ocr.pdf : Responsa ad proposita dubia de la Commission, datés du 15 mai 1936 et signés « I. Card. SERAFINI, Praeses » — Serafini préside donc au plus tard à cette date (le jour de sa nomination n'est pas documenté à l'AAS).
55Acta Apostolicae Sedis, vol. XXX (1938), p. 73, AAS-30-1938-ocr.pdf : responsa du 30 décembre 1937 signés « I. Card. SERAFINI, Praeses » ; Necrologio, 16 juillet 1938 — mort du cardinal Giulio Serafini.
56Catholic-Hierarchy.org, Legislative Texts (Dicastery), catholic-hierarchy.org/diocese/dxilt.html, consulté en juillet 2026. La séquence des premières présidences donnée par ce seul répertoire — Gasparri jusqu'au 7 février 1930, Serafini dès le 30 juin 1930, sans Sincero — est contredite par les Actes officiels : Gasparri est encore « Preside » de la Commission à sa mort, le 18 novembre 1934 (AAS, vol. XXVI, 1934, p. 648) ; Serafini n'est nommé que membre le 3 décembre 1930 (AAS, vol. XXIII, 1931, p. 28) et ne préside qu'à partir de 1936 (signature comme « Praeses » le 15 mai 1936, AAS, vol. XXVIII, 1936, p. 210) ; entre les deux, Luigi Sincero préside du 13 décembre 1934 au 7 février 1936 (AAS, vol. XXVII, 1935, pp. 29-30 ; AAS, vol. XXVIII, 1936, nécrologie) — séquence confirmée par deux répertoires indépendants, GCatholic et Wikipédia (avec renvois à l'AAS). Le 7 février 1930 correspond en réalité à la démission de Gasparri de la Secrétairerie d'État (S. Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church), et le 30 juin 1930 à la création cardinalice de Serafini. Pour la suite : Massimo Massimi (14 mars 1939 – 6 mars 1954), Pietro Ciriaci (31 mai 1955 – 30 décembre 1966), Pericle Felici (21 février 1967 – 22 mars 1982), Rosalio José Castillo Lara (22 mai 1982 – 6 décembre 1989), Vincenzo Fagiolo (15 décembre 1990 – 19 décembre 1994), Julián Herranz Casado (19 décembre 1994 – 15 février 2007), Francesco Coccopalmerio (15 février 2007 – 7 avril 2018), Filippo Iannone (7 avril 2018 – 26 septembre 2025, date de son transfert au Dicastère pour les Évêques), Anthony Randazzo (depuis le 25 mars 2026).
57Dicastère pour les Textes législatifs, page officielle de la revue Communicationes, delegumtextibus.va/content/testilegislativi/it/pubblicazioni0/communicationes.html, consultée en juillet 2026. Revue semestrielle créée en 1969 pour documenter les travaux de révision du Code de 1917 ; publie aujourd'hui les actes normatifs du Saint-Siège, les travaux du Dicastère et les actes des commissions de révision des Codes latin et oriental ; direction éditoriale Mgr Juan Ignacio Arrieta.
59 60Code de droit canonique de 1983, canon 1752, dernier canon du Code, sur les causes de translation des curés : « En observant l'équité canonique et en ayant devant les yeux le salut des âmes, qui doit toujours être dans l'Église la loi suprême. » Texte consulté sur droitcanonique.fr/codes/cic-1983-1/c-1752-cic-1983-1752, juillet 2026. La formule salus animarum suprema lex est traditionnellement citée, depuis la promulgation du Code, comme la clé de lecture de l'ensemble de la législation canonique.
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