La nouvelle évangélisation (1975-aujourd'hui)

Lancée par Jean-Paul II au CELAM de Port-au-Prince en 1983, la nouvelle évangélisation appelle l'Église à annoncer le Christ aux baptisés qui ont perdu le sens vivant de la foi — « nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes, dans son expression ».

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La nouvelle évangélisation est un programme pastoral majeur de l'Église catholique contemporaine, lancé par saint Jean-Paul II en 1983 pour répondre à la sécularisation des sociétés occidentales et à l'affaissement de la pratique religieuse dans les anciens pays chrétiens. Elle ne désigne pas une « nouvelle doctrine » — l'Évangile reste identique — mais un renouvellement de l'élan missionnaire de l'Église dirigé vers les baptisés qui ont perdu le sens vif de la foi.

Son acte de naissance le plus cité est le discours de Jean-Paul II à Port-au-Prince le 9 mars 1983, où il appelle les évêques du CELAM à préparer le demi-millénaire de l'évangélisation de l'Amérique par « une évangélisation nouvelle : nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes, dans son expression »[1]. La formule deviendra la définition canonique du concept dans tout le magistère ultérieur.

L'expression elle-même est cependant plus ancienne que 1983 : le chantier est ouvert dès l'exhortation Evangelii Nuntiandi de Paul VI (8 décembre 1975)[2], qui traite longuement des baptisés non pratiquants et des moyens nouveaux de l'annonce. La nouvelle évangélisation est donc le fruit institutionnel du Concile Vatican II, qui avait redonné à l'Église la conscience aiguë d'être tout entière missionnaire (Ad Gentes, 7 décembre 1965, n° 2 : « L'Église pèlerine est par nature missionnaire »).

De Paul VI à François, en passant par Benoît XVI et son Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation (2010-2022), l'idée a parcouru un demi-siècle de magistère. Elle a structuré les Journées Mondiales de la Jeunesse, légitimé les nouveaux mouvements et communautés ecclésiales, et façonné l'horizon pastoral des diocèses occidentaux. Cet article retrace cette histoire, expose les textes fondateurs avec leurs citations exactes, présente les principaux acteurs, et examine les critiques internes et externes qui lui ont été adressées.

Le contexte : l'effondrement de la chrétienté occidentale

Le pape Jean XXIII annonce le concile Vatican II le 25 janvier 1959. C'est de ce Concile, qui redonne à l'Église la conscience d'être tout entière missionnaire, que naîtra le chantier de la nouvelle évangélisation.

Pour comprendre la nouvelle évangélisation, il faut d'abord prendre la mesure du choc qui l'a rendue nécessaire. Dans les décennies qui suivent le Concile Vatican II (1962-1965), les sociétés européennes de tradition chrétienne enregistrent un recul rapide et massif de la pratique religieuse. Ce que les sociologues appelleront exculturation du catholicisme (sa sortie hors de la culture commune) désigne le passage, en l'espace d'une génération, d'une culture imprégnée de catholicisme à une culture où le christianisme devient une option minoritaire, étrangère et même contestée.

Quelques ordres de grandeur

En France, qui constitue l'un des laboratoires les plus étudiés de la sécularisation européenne, la pratique dominicale recule brutalement : environ 27 % des Français assistent encore à la messe chaque dimanche au milieu des années 1960, contre 4,5 % à la fin des années 2000[3]. Le phénomène est comparable, à des rythmes variables, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Irlande, au Québec, en Belgique et aux Pays-Bas.

À cela s'ajoute, dans le même temps, l'effondrement des vocations sacerdotales et religieuses, la fermeture massive des séminaires et noviciats, et un recul net du baptême des nourrissons. Le Concile avait ouvert un grand programme de renouvellement intérieur ; mais sa réception se déroule au moment précis où les sociétés européennes basculent culturellement. C'est cette simultanéité qui rend l'analyse difficile : l'effondrement de la pratique est-il malgré le Concile, à cause du Concile, ou indépendamment de lui ? Le débat traverse toute la théologie post-conciliaire.

Le diagnostic des papes

Les papes successifs prennent acte du phénomène sans ambiguïté. Paul VI, dans Evangelii Nuntiandi, reconnaît : « La rupture entre Évangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d'autres époques. Aussi faut-il faire tous les efforts en vue d'une généreuse évangélisation de la culture, plus exactement des cultures » (n° 20)[4]. Jean-Paul II, plus tard, décrira des groupes entiers de baptisés ayant « perdu le sens de la foi vivante », parfois jusqu'à « ne plus se reconnaître comme membres de l'Église »[5]. Benoît XVI constatera des régions « pratiquement entièrement déchristianisées », où la lumière de la foi n'est plus confiée qu'au témoignage de petites communautés[6]. François, enfin, dans Evangelii Gaudium, appellera à une Église « en sortie »[7].

La nouvelle évangélisation est la réponse magistérielle à ce diagnostic partagé : non pas la nostalgie d'une chrétienté disparue, mais l'effort pour re-proposer le Christ dans un contexte changé.

Genèse : Paul VI et Evangelii Nuntiandi (1975)

Paul VI au concile Vatican II. Son exhortation Evangelii Nuntiandi (8 décembre 1975) est le texte fondateur du chantier missionnaire dont sortira la « nouvelle évangélisation ».

L'exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, promulguée par Paul VI le 8 décembre 1975, dix ans jour pour jour après la clôture du Concile Vatican II, est universellement reconnue comme le texte fondateur du chantier. Elle prolonge le Synode des évêques d'octobre 1974, consacré à « l'évangélisation du monde contemporain », et constitue la première grande synthèse magistérielle sur l'évangélisation depuis Ad Gentes et Lumen Gentium.

Une définition élargie de l'évangélisation

Evangelii Nuntiandi pose d'abord une définition élargie : évangéliser ne se réduit pas à la mission « ad extra » dans les territoires non chrétiens. C'est l'identité même de l'Église :

« Évangéliser, en effet, est la grâce et la vocation propre de l'Église, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser, c'est-à-dire pour prêcher et enseigner, être le canal du don de la grâce, réconcilier les pécheurs avec Dieu, perpétuer le sacrifice du Christ dans la sainte Messe, mémorial de sa mort et de sa glorieuse Résurrection. » — Paul VI, Evangelii Nuntiandi, 8 décembre 1975, n° 14[8]

L'exhortation insiste sur la nécessité d'évangéliser les cultures, pas seulement les individus, et identifie comme premier obstacle la « rupture entre Évangile et culture » qui caractérise les sociétés européennes contemporaines[9].

Le primat du témoignage

Une formule du n° 41 de Evangelii Nuntiandi deviendra l'une des plus citées de tout le magistère contemporain — Jean-Paul II la reprendra littéralement à plusieurs reprises, et elle structurera la définition même de la « nouvelle évangélisation » :

« L'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou, s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins. » — Paul VI, Evangelii Nuntiandi, n° 41[10]

Cette intuition centrale — que la crédibilité de l'annonce passe d'abord par la vie des baptisés — donnera plus tard sa cohérence à la formule de Jean-Paul II : la « nouveauté » de la nouvelle évangélisation n'est pas dans le contenu (l'Évangile est identique), mais dans l'ardeur des évangélisateurs, c'est-à-dire dans le témoignage de leur vie.

Un terrain déjà préparé : non-pratiquants et moyens nouveaux

Paul VI n'emploie pas encore la formule — elle ne sera fixée que huit ans plus tard par Jean-Paul II —, mais le terrain conceptuel est entièrement préparé par Evangelii Nuntiandi. L'exhortation décrit longuement la sphère des baptisés « non pratiquants », « entièrement en marge » de leur baptême sans l'avoir formellement renié (n° 56), et appelle l'Église à mettre en œuvre les moyens de communication sociale au service de l'Évangile (n° 45). C'est ce qui justifie de dater à 1975 l'acte de naissance du chantier dont sortira la nouvelle évangélisation.

Jean-Paul II : la formulation classique (1979-1983)

Saint Jean-Paul II en 1995. C'est lui qui frappe la formule définitive de la nouvelle évangélisation à Port-au-Prince en 1983 et qui en fait l'axe de son pontificat, jusqu'à Redemptoris Missio (1990) et le Grand Jubilé de l'an 2000.

Si Paul VI prépare le terrain, c'est saint Jean-Paul II qui frappe la formule. La pénétration du concept passe par trois moments principaux : Nowa Huta (1979), Port-au-Prince (1983) et l'encyclique Redemptoris Missio (1990).

Première mention : Nowa Huta, 9 juin 1979

C'est lors de son premier voyage pastoral en Pologne, dans son homélie à Nowa Huta du 9 juin 1979, qu'est attestée la première formulation de l'expression « nouvelle évangélisation » dans la bouche de Jean-Paul II. Nowa Huta — la « nouvelle aciérie » — était la ville-modèle ouvrière construite par le régime communiste polonais sans église, pour devenir une cité athée. Les ouvriers avaient mené pendant des années une lutte pacifique pour y obtenir un sanctuaire. Devant ce peuple croyant en plein bras de fer avec un État athée, Jean-Paul II prononce :

« Une nouvelle évangélisation est commencée, comme s'il s'agissait d'une deuxième annonce, bien qu'en réalité ce soit toujours la même. La croix se tient debout sur le monde qui change. » — Jean-Paul II, homélie au sanctuaire de la Sainte-Croix de Mogila, Nowa Huta, 9 juin 1979 (traduction française officielle)[11]

Le concept est encore lié au sort polonais, mais la formule est lancée. Quatre ans plus tard, à Port-au-Prince, elle deviendra programmatique pour l'Église universelle.

Le discours fondateur : Port-au-Prince, 9 mars 1983

Le 9 mars 1983, en visite à Port-au-Prince (Haïti) à l'occasion de l'ouverture de la XIXᵉ assemblée générale du CELAM (Conseil épiscopal latino-américain), Jean-Paul II prononce un discours qui sera désigné comme l'acte fondateur officiel de la nouvelle évangélisation. Il s'adresse aux évêques d'Amérique latine en vue du demi-millénaire de l'évangélisation de l'Amérique (1492-1992) :

« La commémoration de ce demi-millénaire d'évangélisation aura sa signification plénière si elle est un engagement de votre part comme évêques, conjointement avec votre presbyterium et avec vos fidèles ; engagement non d'une ré-évangélisation, mais d'une évangélisation nouvelle. Nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes, dans son expression. » — Jean-Paul II, allocution à la XIXᵉ assemblée générale du CELAM, Port-au-Prince, 9 mars 1983[12]

Trois points sont décisifs dans cette formulation.

Premièrement, Jean-Paul II rejette explicitement le terme de « ré-évangélisation ». Il ne s'agit pas de refaire ce qui aurait été mal fait, ni de recommencer à zéro un travail interrompu : il s'agit d'une évangélisation nouvelle dans ses modalités, mais identique dans son contenu — le Christ ressuscité. C'est une distinction théologique forte que les commentaires ultérieurs reprendront constamment.

Deuxièmement, la triple nouveauté — ardeur, méthodes, expression — fournit une grille d'analyse qui structurera toute la pastorale post-1983. L'ardeur renvoie à la sainteté des évangélisateurs (cf. Evangelii Nuntiandi n° 41). Les méthodes renvoient à la pédagogie, aux moyens de communication, à l'accompagnement personnalisé. L'expression renvoie au langage, à la culture, à l'inculturation (dire la foi dans la langue et les images de chaque culture).

Troisièmement, Jean-Paul II adresse cette consigne aux évêques conjointement avec leur presbyterium et leurs fidèles. La nouvelle évangélisation est dès l'origine une œuvre non cléricale : elle suppose une mobilisation de tout le peuple de Dieu, et notamment des laïcs, dans la ligne de Lumen Gentium (chap. IV) et de Apostolicam Actuositatem (Vatican II, 18 novembre 1965).

La consolidation de la doctrine : Christifideles Laici (1988)

L'exhortation post-synodale Christifideles Laici (30 décembre 1988), qui prolonge le Synode des évêques de 1987 sur la vocation des laïcs, intègre déjà explicitement le programme :

« Des pays et des nations entières où la religion et la vie chrétienne étaient autrefois on ne peut plus florissantes et capables de faire naître des communautés de foi vivante et active sont maintenant mises à dure épreuve et parfois sont même radicalement transformées, par la diffusion incessante de l'indifférence religieuse, de la sécularisation et de l'athéisme. » — Jean-Paul II, Christifideles Laici, 30 décembre 1988, n° 34[13]

La section s'intitule « L'heure est venue d'entreprendre une nouvelle évangélisation » : ce phénomène, conclut l'exhortation, « réclame, sans plus de retard, une nouvelle évangélisation ». La formule est devenue un concept stabilisé du vocabulaire ecclésial.

Redemptoris Missio (1990) : la cartographie missionnaire

Le texte le plus structurant de la nouvelle évangélisation est l'encyclique Redemptoris Missio, promulguée par Jean-Paul II le 7 décembre 1990, pour le 25ᵉ anniversaire du décret conciliaire Ad Gentes. Elle propose la cartographie missionnaire la plus claire de tout le magistère post-conciliaire.

Trois situations, trois missions distinctes

Le n° 33 de Redemptoris Missio distingue trois situations missionnaires auxquelles correspondent trois missions différentes :

SituationPublicForme d'évangélisation
1. Missio ad gentesPeuples, groupes humains, contextes socioculturels où l'Évangile n'est pas encore annoncéMission « première », annonce inaugurale du Christ
2. Pastorale ordinaireCommunautés chrétiennes ferventes, dotées de structures ecclésiales solidesCatéchèse, sacrements, accompagnement, vie liturgique
3. Nouvelle évangélisationPays de tradition chrétienne ancienne où des groupes entiers ont perdu le sens vivant de la foi« Ré-évangélisation » des baptisés sécularisés

Cette tripartition deviendra la référence systématique de toute la pastorale ultérieure. Elle évite deux confusions : celle qui voudrait que la nouvelle évangélisation remplace la missio ad gentes classique (Jean-Paul II rappelle qu'il s'agit « d'une activité primordiale de l'Église, une activité essentielle et jamais achevée », n° 31[14]), et celle qui ferait de la nouvelle évangélisation un simple synonyme de pastorale ordinaire.

Le texte du n° 33 explicite la troisième situation :

« Il existe enfin une situation intermédiaire, surtout dans les pays de vieille tradition chrétienne mais parfois aussi dans les Églises plus jeunes, où des groupes entiers de baptisés ont perdu le sens de la foi vivante ou vont jusqu'à ne plus se reconnaître comme membres de l'Église, en menant une existence éloignée du Christ et de son Évangile. Dans ce cas, il faut une "nouvelle évangélisation" ou une "réévangélisation". » — Jean-Paul II, Redemptoris Missio, 7 décembre 1990, n° 33[15]

Notons que Jean-Paul II accepte ici le terme de « réévangélisation » — qu'il avait écarté à Port-au-Prince — mais à propos d'une situation différente : non pas l'Amérique latine en vue de son demi-millénaire, mais les sociétés européennes d'ancienne chrétienté où la pratique s'est effondrée. Le vocabulaire s'est stabilisé.

Une encyclique missionnaire centrée sur le Christ

Redemptoris Missio insiste — à la suite de la christologie de Jean-Paul II développée dans Redemptor Hominis (1979) — sur le caractère christocentrique de toute évangélisation. La nouvelle évangélisation n'est pas un ajustement marketing à des sociétés sécularisées ; elle est l'annonce du Christ unique Sauveur, dans une situation nouvelle :

« À toutes les époques, et plus particulièrement à la nôtre, le devoir fondamental de l'Église — comme je le rappelais dans ma première encyclique qui avait valeur de programme — est de diriger le regard de l'homme, d'orienter la conscience et l'expérience de toute l'humanité vers le mystère du Christ. » — Jean-Paul II, Redemptoris Missio, n° 4[16]

Benoît XVI : institutionnalisation du chantier (2010-2013)

Benoît XVI crée en 2010 le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation (motu proprio Ubicumque et Semper) et convoque le synode mondial des évêques d'octobre 2012.

Sous Benoît XVI (2005-2013), la nouvelle évangélisation passe d'une formule programmatique à une institution administrative permanente dans la curie romaine, doublée d'un grand événement ecclésial : le Synode des évêques d'octobre 2012.

Le motu proprio Ubicumque et Semper (21 septembre 2010)

Par le motu proprio Ubicumque et Semper, signé le 21 septembre 2010 et publié le 12 octobre suivant, Benoît XVI crée le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation. C'est la première fois qu'une instance romaine de plein exercice est créée explicitement et exclusivement pour ce chantier. Le pape y diagnostique l'état spirituel des sociétés occidentales :

« Je considère opportun d'offrir des réponses adéquates afin que l'Église tout entière, se laissant régénérer par la force de l'Esprit Saint, se présente au monde contemporain avec un élan missionnaire en mesure de promouvoir une nouvelle évangélisation. » — Benoît XVI, motu proprio Ubicumque et Semper, 21 septembre 2010[17]

Le premier président du nouveau conseil est Mgr Salvatore Fisichella, ancien recteur de l'Université pontificale du Latran et président de l'Académie pontificale pour la Vie. Le conseil reçoit une triple mission : approfondir le sens théologique de la nouvelle évangélisation ; promouvoir et coordonner les initiatives ; et formuler des propositions pastorales pour les Églises particulières.

Le Synode des évêques d'octobre 2012

La XIIIᵉ Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques se tient à Rome du 7 au 28 octobre 2012 sur le thème : « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». Elle réunit 262 pères synodaux[18]. Pour la première fois, l'épiscopat mondial débat de façon structurée et collégiale du programme tracé depuis Paul VI.

Les Lineamenta (« lignes directrices », premier document préparatoire, 2 février 2011), puis l'Instrumentum laboris (« document de travail », 27 mai 2012, qui synthétise les réponses des Églises), définissent la nouvelle évangélisation comme la mission adressée en particulier aux baptisés qui se sont éloignés de la vie de l'Église — entre la première annonce aux non-baptisés et la sollicitude pastorale ordinaire[19].

Les pères synodaux concluent à la double dimension de la nouvelle évangélisation : intérieure (conversion permanente de l'Église elle-même) et extérieure (témoignage rendu au monde sécularisé). L'exhortation post-synodale qui devait clore les travaux ne sera pas signée par Benoît XVI : il a renoncé au ministère pétrinien le 11 février 2013. C'est son successeur François qui la rédigera — et elle s'appellera Evangelii Gaudium.

L'Année de la foi (octobre 2012 — novembre 2013)

Parallèlement au Synode, Benoît XVI ouvre le 11 octobre 2012 — date qui marque le 50ᵉ anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II et le 20ᵉ anniversaire de la publication du Catéchisme de l'Église catholique — une Année de la foi, promulguée par le motu proprio Porta Fidei (11 octobre 2011). L'année, qui s'achève à la solennité du Christ-Roi (24 novembre 2013) déjà célébrée par François, vise « une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l'enthousiasme de communiquer la foi »[20].

François : Evangelii Gaudium et le Dicastère pour l'évangélisation

Le pape François, élu le 13 mars 2013. Son exhortation programmatique Evangelii Gaudium (24 novembre 2013) prolonge la nouvelle évangélisation et l'oriente vers une « Église en sortie ».

Avec François, élu le 13 mars 2013, la nouvelle évangélisation n'est plus seulement un programme parmi d'autres : elle devient la clef de tout son pontificat.

Evangelii Gaudium (24 novembre 2013)

L'exhortation apostolique Evangelii Gaudium, promulguée le 24 novembre 2013 en clôture de l'Année de la foi, est présentée par François lui-même comme la « charte programmatique » de son pontificat. Elle reprend, prolonge et radicalise les intuitions de Evangelii Nuntiandi et de Redemptoris Missio :

« On y a rappelé que la nouvelle évangélisation appelle chacun et se réalise fondamentalement dans trois domaines. En premier lieu, mentionnons le domaine de la pastorale ordinaire [...]. Il faut aussi inclure dans ce domaine les fidèles qui conservent une foi catholique intense et sincère [...]. En second lieu, rappelons le domaine des "personnes baptisées qui pourtant ne vivent pas les exigences du baptême" [...]. Enfin, remarquons que l'évangélisation est essentiellement liée à la proclamation de l'Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ ou l'ont toujours refusé. » — Pape François, Evangelii Gaudium, 24 novembre 2013, n° 14[21]

François reprend ainsi la tripartition de Redemptoris Missio en l'adaptant à un vocabulaire un peu différent — non plus missio ad gentes, pastorale ordinaire, nouvelle évangélisation, mais : pastorale ordinaire, nouvelle évangélisation des baptisés éloignés, annonce aux non-baptisés. Le centre du programme reste le même : aller vers les baptisés qui ont perdu le sens vivant de la foi.

L'Église « en sortie »

L'image-clef de Evangelii Gaudium — répétée tout au long du texte — est celle d'une « Église en sortie » :

« Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu'une Église malade de la fermeture et du confort de s'accrocher à ses propres sécurités. » — Pape François, Evangelii Gaudium, n° 49[22]

L'expression cristallise tout l'esprit de la nouvelle évangélisation : non pas attendre les fidèles dans des structures héritées d'une chrétienté qui n'existe plus, mais aller à la rencontre, accepter le risque, sortir physiquement et spirituellement. C'est l'option missionnaire comme paradigme structurant de toute l'action ecclésiale.

Praedicate Evangelium et le nouveau Dicastère (2022)

Le 19 mars 2022, par la constitution apostolique Praedicate Evangelium, François réforme la curie romaine. L'article 53 fusionne deux organismes — la Congrégation pour l'évangélisation des peuples (anciennement Propaganda Fide, fondée en 1622 par Grégoire XV) et le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation (créé en 2010 par Benoît XVI) — en un seul et unique Dicastère pour l'évangélisation[23].

Le nouveau dicastère est unique en ce qu'il est présidé directement par le pape, fait inédit dans la curie romaine : il dispose de deux pro-préfets, l'un chargé des « questions fondamentales de l'évangélisation dans le monde » (héritier du Conseil pontifical), l'autre des « premières évangélisations et des nouvelles Églises particulières » (héritier de Propaganda Fide). Le premier pro-préfet de la section « questions fondamentales » fut Mgr Salvatore Fisichella. Sous le pontificat de Léon XIV (élu le 8 mai 2025), qui conserve la présidence du dicastère, la continuité est assurée : Mgr Salvatore Fisichella et le cardinal Luis Antonio Tagle demeurent pro-préfets des deux sections[24].

La symbolique est claire : depuis Praedicate Evangelium, l'évangélisation est la fonction première et structurante de l'Église romaine, plutôt qu'une activité parmi d'autres relevant d'un dicastère spécialisé. C'est l'aboutissement institutionnel de la trajectoire ouverte par Evangelii Nuntiandi en 1975 et de la réflexion conciliaire sur l'Église missionnaire.

La triple nouveauté de la nouvelle évangélisation

La formule de Port-au-Prince — « nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes, dans son expression » — fournit la grille la plus utilisée pour analyser le contenu concret du programme.

Nouvelle dans l'ardeur : la sainteté comme premier moyen

L'ardeur désigne la conversion intérieure de l'évangélisateur. C'est la reprise directe du n° 41 de Evangelii Nuntiandi sur le primat du témoignage. Sans saints, pas de nouvelle évangélisation. Jean-Paul II le rappellera constamment, allant jusqu'à proclamer 482 saints par canonisation et 1 341 bienheureux par béatification durant son pontificat — plus que tous ses prédécesseurs réunis[25] —, ce qui traduit la conviction que la sainteté n'est pas une exception mais le chemin commun proposé à tous (cf. Lumen Gentium n° 40, vocation universelle à la sainteté).

L'Instrumentum laboris (« document de travail ») du Synode 2012 le dit dans le texte officiel français : « le secret ultime de la nouvelle évangélisation c'est la réponse à l'appel à la sainteté de tout chrétien. Peut évangéliser seulement celui [qui] s'est laissé et se laisse évangéliser »[26].

Nouvelle dans les méthodes : pédagogie, accompagnement, numérique

Les méthodes désignent la pédagogie de l'annonce. La nouvelle évangélisation a généré, en pratique :

  • des parcours kérygmatiques (centrés sur la première annonce du Christ : mort et résurrection) pour adultes (Alpha, parcours Zachée, Disciples Aujourd'hui, Cellules paroissiales d'évangélisation, écoles d'évangélisation type Saint-André à Bruxelles ou Marie Reine des Apôtres à Paray-le-Monial) ;
  • une redécouverte du catéchuménat des adultes restauré par le rituel Ordo Initiationis Christianae Adultorum (1972) ;
  • l'usage massif des moyens numériques : sites web, podcasts, réseaux sociaux, applications mobiles, retraites en ligne, vidéos de catéchèse ;
  • une attention nouvelle portée à l'accompagnement personnalisé, à l'art de la rencontre, à la qualité humaine du dialogue, contre l'idée d'une pastorale anonyme de masse.

Nouvelle dans l'expression : langage et inculturation

L'expression désigne la langue, la culture et les médiations symboliques. Évangéliser un monde qui ne sait plus ce que veut dire « grâce », « péché », « rédemption », « sacrement », exige un travail considérable de reformulation sans trahison. Comment dire la foi à des contemporains qui n'ont reçu aucune formation catéchétique, dont les références culturelles ne sont plus bibliques, et dont l'imaginaire spirituel est saturé de spiritualités concurrentes ? C'est l'enjeu de l'inculturation moderne (enraciner l'Évangile dans chaque culture sans le trahir), héritière directe de Ad Gentes (Vatican II, n° 22) et de Evangelii Nuntiandi (n° 20).

Acteurs et formes concrètes

Les nouveaux mouvements et communautés ecclésiales

Le pape François en 2013. Le programme tracé depuis 1975 s'incarne aujourd'hui dans la galaxie des nouveaux mouvements ecclésiaux, les JMJ, les écoles d'évangélisation et la mission numérique.

L'épanouissement post-conciliaire des nouveaux mouvements et communautés ecclésiales — Communion et Libération (Italie, 1954), Néocatéchuménat (Espagne, 1964), Renouveau charismatique catholique (États-Unis et Belgique, 1967), Communauté de l'Emmanuel (France, 1972), Communauté des Béatitudes (France, 1973), Chemin Neuf (France, 1973), Sant'Egidio (Italie, 1968), Fondacio (France, 1974), Famille missionnaire de Notre-Dame, Famille de saint Joseph, Verbum Dei, etc. — a fourni à la nouvelle évangélisation son principal réservoir de vitalité missionnaire. Jean-Paul II les a soutenus avec une constance remarquable, voyant en eux une « providence pour notre époque »[27]. Benoît XVI et François ont confirmé et nuancé cette ligne.

Ces mouvements partagent quelques traits communs : une première annonce du Christ forte et centrée sur sa personne, une dimension communautaire structurante, une place importante laissée aux laïcs, et une mission tournée vers les milieux éloignés de la pratique paroissiale.

Les Journées Mondiales de la Jeunesse

Les Journées Mondiales de la Jeunesse, lancées par Jean-Paul II en 1985 et célébrées à Rome (1985, 2000), Buenos Aires (1987), Saint-Jacques-de-Compostelle (1989), Częstochowa (1991), Denver (1993), Manille (1995), Paris (1997), Toronto (2002), Cologne (2005), Sydney (2008), Madrid (2011), Rio de Janeiro (2013), Cracovie (2016), Panama (2019) et Lisbonne (2023), sont l'instrument privilégié de mobilisation missionnaire d'une génération nouvelle. Les JMJ de Manille en 1995 rassemblent environ 5 millions de jeunes, l'un des plus grands rassemblements humains de l'histoire enregistrée[28]. Les JMJ ont produit, dans les diocèses, des générations entières d'évangélisateurs durablement engagés.

Les écoles d'évangélisation et la formation des laïcs

Les écoles d'évangélisation — modèle pionnier de l'École internationale d'évangélisation Saint-André créée en 1980 par les Cours bibliques de Mexico autour de José H. Prado Flores — forment depuis quarante ans des laïcs à l'annonce explicite du cœur de la foi (le « kérygme »). Le réseau se diffuse en Amérique latine, puis en Europe (Saint-André Bruxelles, Marie Reine des Apôtres Paray, Christ Vivant Paris, etc.). Leur pédagogie est centrée sur l'annonce personnelle du Christ ressuscité, la prière pour les malades et l'effusion de l'Esprit Saint.

Le rôle du numérique

Internet a profondément transformé les méthodes de la nouvelle évangélisation. Le pape François l'a souligné en 2014 :

« Le réseau numérique peut être un lieu riche d'humanité ; non pas un réseau de fils, mais de personnes humaines. (...) Internet, en particulier, offre d'immenses possibilités de rencontre et de solidarité. C'est quelque chose de vraiment bon, un don de Dieu. » — Pape François, message pour la 48ᵉ Journée mondiale des communications sociales, 24 janvier 2014[29]

Le développement de chaînes catholiques (Magnificat, Aleteia, CathoBel, KTO, EWTN), de podcasts, de réseaux d'évangélisation par WhatsApp et Telegram, d'applications de prière (Hozana, Click to Pray, Hallow) et de réseaux d'apologétique (Pint with Aquinas, Word on Fire, etc.) prolonge concrètement le programme magistériel.

Critiques, débats et limites

La basilique Saint-Pierre de Rome. Quarante ans après le lancement du programme, la nouvelle évangélisation reste un chantier inachevé : les indicateurs statistiques de la pratique en Occident continuent de reculer, malgré des poches significatives de vitalité.

La nouvelle évangélisation n'a pas fait l'unanimité. Quatre familles de critiques principales ont été formulées, dont aucune n'est en soi disqualifiante mais qui méritent d'être traitées honnêtement.

Critique théologique : nouveauté ou continuité ?

Certains théologiens — notamment dans le courant restaurationniste — ont reproché à la formule de Jean-Paul II son ambiguïté : si l'Évangile est identique, dans quel sens est-elle réellement « nouvelle » ? La distinction entre nouveauté de contenu et nouveauté de modalités tient, mais elle suppose un travail soigneux pour ne pas laisser entendre que les anciennes méthodes pastorales sont disqualifiées en bloc. Jean-Paul II et Benoît XVI ont précisé à plusieurs reprises que la nouveauté ne remet pas en cause la continuité dogmatique, sacramentelle et liturgique[30]. La nouvelle évangélisation est une intensification de la mission, non une rupture avec la Tradition. La même herméneutique tranche la question posée plus haut — effondrement malgré le Concile, à cause de lui, ou indépendamment de lui : dans la lecture magistérielle, le Concile n'est ni la cause de l'effondrement ni un témoin impuissant, mais l'instrument par lequel l'Église, prenant conscience d'être tout entière missionnaire, a engagé sa réponse — d'Evangelii Nuntiandi à la nouvelle évangélisation.

Critique pratique : des résultats fragiles

Du côté empirique, après quarante ans de magistère sur la nouvelle évangélisation, les indicateurs statistiques de la pratique en Europe et en Amérique du Nord continuent de reculer : baptêmes en baisse, mariages religieux en baisse, vocations sacerdotales et religieuses en chute libre, fermetures de paroisses. La nouvelle évangélisation n'a pas enrayé la sécularisation des sociétés occidentales — bien que des poches significatives de vitalité locale existent. Les défenseurs du programme rétorquent que sans la nouvelle évangélisation, la situation serait pire ; et qu'une œuvre spirituelle ne se mesure pas seulement à des chiffres. Ils ajoutent que l'effort de quarante ans a porté des fruits cachés — conversions adultes, communautés de prière, vie sacramentelle réelle des minorités — qui pourraient devenir le germe d'un printemps ultérieur.

Critique sociologique : sécularisation lourde

Les sociologues — Yves Lambert, Danièle Hervieu-Léger, Charles Taylor, Olivier Bobineau, Jérôme Fourquet — soulignent que les forces de sécularisation à l'œuvre dans les sociétés occidentales (urbanisation, mobilité, désaffiliation des structures de transmission, individualisation du croire, contestation des médiations cléricales) sont d'une telle ampleur structurelle qu'aucune stratégie ecclésiale ne peut, à elle seule, les renverser à court terme[31]. La nouvelle évangélisation, dans cette lecture, n'aurait pas tort en soi — mais elle resterait à l'échelle limitée d'une stratégie pastorale face à un phénomène civilisationnel.

Critique interne : tension entre annonce et accueil

Une dernière tension, plus discrète, traverse les acteurs eux-mêmes : entre une nouvelle évangélisation insistant sur l'annonce explicite du cœur de la foi — modèle Saint-André, Communauté de l'Emmanuel, Renouveau — et une autre insistant sur l'accueil patient et l'écoute sans annonce immédiate — modèle Sant'Egidio, certains courants de Communion et Libération. Les deux versions revendiquent la continuité avec Evangelii Nuntiandi. Le pape François a tenté de tenir les deux dans Evangelii Gaudium ; les pratiques diocésaines reflètent une diversité de sensibilités qui restera probablement durable.

Synthèse : un demi-siècle d'effort missionnaire

De Evangelii Nuntiandi (1975) à Praedicate Evangelium (2022), un demi-siècle de magistère a tenu un cap éditorial remarquablement cohérent : reconnaître l'effondrement de la chrétienté occidentale, refuser à la fois la résignation et la fausse nostalgie, et orienter toute l'Église vers la mission. La nouvelle évangélisation est l'un des concepts directeurs les plus continus du catholicisme contemporain — porté successivement par Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François, et prolongé sous Léon XIV, sans discontinuité doctrinale, malgré les différences de sensibilité personnelle.

Les fruits restent inégaux. L'Église occidentale ne s'est pas redressée numériquement ; mais elle s'est mobilisée intérieurement. Une génération entière de laïcs missionnaires, de nouveaux mouvements, d'écoles d'évangélisation, de communautés nouvelles, de prêtres formés à une pédagogie centrée sur la première annonce du Christ, d'évangélisateurs numériques, s'est levée dans le sillage de Jean-Paul II et de ses successeurs. Le destin spirituel de cet effort dépendra moins d'institutions et de programmes que de cette donnée mystérieuse que Paul VI désignait comme l'élément le plus profond : la sainteté des évangélisateurs, et la docilité au Saint-Esprit, dont Evangelii Nuntiandi dit qu'il « est l'agent principal de l'évangélisation » (n° 75[32]).

Pour aller plus loin

  • Le concile Vatican II (1962-1965) — la matrice ecclésiologique de la nouvelle évangélisation
  • L'évangélisation des Indiens d'Amérique (XVIe siècle) — la première grande évangélisation, dont le demi-millénaire (1492-1992) est le déclencheur direct du discours de Port-au-Prince
  • La charité de l'Église catholique — le volet diaconal indissociable de la mission
  • Athéisme et zététique — l'un des principaux interlocuteurs de la nouvelle évangélisation dans le monde sécularisé

Sources magistérielles essentielles

  • Paul VI, Evangelii Nuntiandi, exhortation apostolique, 8 décembre 1975 — texte intégral sur vatican.va
  • Jean-Paul II, allocution à la XIXᵉ assemblée générale du CELAM, Port-au-Prince, 9 mars 1983 — vatican.va
  • Jean-Paul II, Christifideles Laici, exhortation apostolique post-synodale, 30 décembre 1988 — vatican.va
  • Jean-Paul II, Redemptoris Missio, encyclique, 7 décembre 1990 — vatican.va
  • Benoît XVI, motu proprio Ubicumque et Semper, 21 septembre 2010 — vatican.va
  • Pape François, Evangelii Gaudium, exhortation apostolique, 24 novembre 2013 — vatican.va
  • Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium (réforme de la curie), 19 mars 2022 — vatican.va

Notes et références

  1. Jean-Paul II, allocution à la XIXᵉ assemblée générale du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), Port-au-Prince (Haïti), 9 mars 1983 (l'intitulé exact figure dans le texte : « la apertura de la XIX asamblea general del CELAM »). Texte original espagnol, vérifié sur vatican.va : « compromiso, no de re-evangelización, pero sí de una evangelización nueva. Nueva en su ardor, en sus métodos, en su expresión. » Disponible sur vatican.va.

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  2. Paul VI, Evangelii Nuntiandi, exhortation apostolique post-synodale, 8 décembre 1975. AAS 68 (1976), pp. 5-76. Texte intégral en ligne sur vatican.va ; cf. n° 45 (moyens de communication sociale au service de l'Évangile) et n° 56 (baptisés « non pratiquants »).

    2
  3. Sondage IFOP pour La Croix, « Les Français et le catholicisme », janvier 2010 : 27 % d'assistance hebdomadaire à la messe en 1965, 4,5 % en 2009 (la part des Français se déclarant catholiques passant dans le même temps de 81 % à 64 %).

    3
  4. Paul VI, Evangelii Nuntiandi, 8 décembre 1975, n° 20.

    4 9
  5. Jean-Paul II, Redemptoris Missio, encyclique sur la valeur permanente du précepte missionnaire, 7 décembre 1990, n° 33.

    5
  6. Benoît XVI, motu proprio Ubicumque et Semper, 21 septembre 2010, exposé des motifs : prise de distance de la société à l'égard de la foi et « régions qui apparaissent pratiquement entièrement déchristianisées, dans lesquelles la lumière de la foi est confiée au témoignage de petites communautés ».

    6
  7. Pape François, Evangelii Gaudium, exhortation apostolique, 24 novembre 2013, n° 20-24 (Une Église en sortie) et n° 95 (mondanité spirituelle).

    7
  8. Paul VI, Evangelii Nuntiandi, n° 14.

    8
  9. Paul VI, Evangelii Nuntiandi, n° 41. Cité presque mot pour mot par Jean-Paul II dans Redemptoris Missio, n° 42, et par François dans Evangelii Gaudium, n° 150.

    10
  10. Jean-Paul II, homélie au sanctuaire de la Sainte-Croix de Mogila, Nowa Huta (Cracovie), 9 juin 1979. Citation d'après la traduction française officielle en ligne sur vatican.va (versions française, italienne, anglaise et portugaise vérifiées ; pas de version polonaise sur vatican.va). Original polonais : Acta Apostolicae Sedis 71 (1979), pp. 865-866. Le texte, daté du 9 juin 1979 et contenant déjà l'expression, est antérieur au discours programmatique de Port-au-Prince (1983).

    11
  11. Jean-Paul II, Christifideles Laici, exhortation apostolique post-synodale, 30 décembre 1988, n° 34. AAS 81 (1989), pp. 393-521.

    13
  12. Jean-Paul II, Redemptoris Missio, 7 décembre 1990, n° 31 : « il s'agit d'une activité primordiale de l'Église, une activité essentielle et jamais achevée » ; « l'Église "ne peut esquiver la mission permanente qui est celle de porter l'Évangile à tous ceux [...] qui ne connaissent pas encore le Christ" ».

    14
  13. Jean-Paul II, Redemptoris Missio, 7 décembre 1990, n° 33. Le texte distingue explicitement les trois situations missionnaires.

    15
  14. Jean-Paul II, Redemptoris Missio, 7 décembre 1990, n° 4.

    16
  15. Benoît XVI, motu proprio Ubicumque et Semper (« Partout et toujours »), 21 septembre 2010, exposé des motifs. Le texte établit le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation (articles 1-7).

    17
  16. Secrétairerie générale du Synode des évêques, Bollettino de la XIIIᵉ Assemblée générale ordinaire (7-28 octobre 2012) : « 262 Synod Fathers will participate in the XIII Ordinary General Assembly [...] 103 are from Europe, 63 from America, 50 from Africa, 39 from Asia, and 7 from Oceania » ; fiche récapitulative du Secrétariat du Synode : « Synod Fathers: 262 ».

    18
  17. Synode des évêques, XIIIᵉ Assemblée générale ordinaire, Lineamenta — La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne, 2 février 2011, n° 5-10 (définition, puis distinction entre première annonce, sollicitude pastorale et nouvelle évangélisation).

    19
  18. Benoît XVI, motu proprio Porta Fidei (« La porte de la foi »), 11 octobre 2011 : « un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d'une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l'enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire ». Texte qui ouvre l'Année de la foi (11 octobre 2012 — 24 novembre 2013).

    20
  19. Pape François, Evangelii Gaudium, exhortation apostolique, 24 novembre 2013, n° 14. La citation interne entre guillemets renvoie aux Lineamenta du Synode 2012.

    21
  20. Pape François, Evangelii Gaudium, n° 49. Texte original italien : « Usciamo, usciamo a offrire a tutti la vita di Gesù Cristo. »

    22
  21. Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la curie romaine et son service à l'Église et au monde, 19 mars 2022, articles 53-68. Entrée en vigueur le 5 juin 2022, solennité de la Pentecôte.

    23
  22. Vérification au 4 octobre 2026 : le site officiel du Dicastère pour l'évangélisation (evangelizatio.va) montre S. E. Mgr Rino Fisichella agissant pour la section « questions fondamentales de l'évangélisation dans le monde » (assemblée plénière de la section, activités 2026) ; la presse catholique de 2026 désigne le cardinal Luis Antonio Tagle comme pro-préfet de la section des premières évangélisations (ex. 10 septembre 2026) ; à son élection, Léon XIV a maintenu les responsables de la curie dans leurs fonctions jusqu'à décision contraire.

    24
  23. 1 341 personnes béatifiées au cours de 147 célébrations, et 482 saints canonisés, sous le pontificat de Jean-Paul II (1978-2005) — plus que tous ses prédécesseurs réunis (décompte en personnes ; les totaux cités varient de 1338 à 1344 selon les sources et les conventions de comptage — personnes, cérémonies, béatifications équipollentes). Chiffres de 482 saints et 1341 bienheureux repris par la presse vaticane (cf. Religion News Service, Cité du Vatican, 2008).

    25
  24. Synode des évêques, XIIIᵉ Assemblée générale ordinaire, Instrumentum laboris — La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne, 27 mai 2012, n° 158 (texte officiel français, vérifié sur vatican.va) : « Elles partagent la certitude qu'à la fin le secret ultime de la nouvelle évangélisation c'est la réponse à l'appel à la sainteté de tout chrétien. Peut évangéliser seulement celui s'est laissé et se laisse évangéliser, qui est capable de se laisser renouveler spirituellement par la rencontre et par la communion vécue avec Jésus-Christ. »

    26
  25. Jean-Paul II, message au Congrès mondial des mouvements ecclésiaux, place Saint-Pierre, vigile de la Pentecôte, 30 mai 1998 : « Les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles sont une providence pour notre époque. » Confirmé par Benoît XVI lors de la Pentecôte 2006 et François lors de la Pentecôte 2014.

    27
  26. Estimation des autorités philippines et du Vatican pour la messe finale des JMJ de Manille, dimanche 15 janvier 1995 : 4 à 5 millions de fidèles, chiffre repris par la BBC, l'Associated Press et le porte-parole du Saint-Siège — l'un des plus grands rassemblements humains jamais documentés (dépassé depuis par la messe du pape François au même lieu, 18 janvier 2015, estimée à 6-7 millions par les autorités philippines et le Bureau de presse du Saint-Siège).

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  27. Pape François, message pour la 48ᵉ Journée mondiale des communications sociales, 24 janvier 2014, fête de saint François de Sales, patron des journalistes.

    29
  28. Benoît XVI, discours à la curie romaine, 22 décembre 2005, sur l'« herméneutique de la réforme dans la continuité », opposée à l'« herméneutique de la discontinuité et de la rupture ». Ce discours est régulièrement cité comme cadre interprétatif de la nouvelle évangélisation : nouveauté dans la continuité, non dans la rupture.

    30
  29. Charles Taylor, A Secular Age, Harvard University Press, 2007, 896 p. ; Yves Lambert, La naissance des religions, Armand Colin, 2007 ; Danièle Hervieu-Léger, Catholicisme, la fin d'un monde, Bayard, 2003 ; Jérôme Fourquet, L'Archipel français. Naissance d'une nation multiple et divisée, Seuil, 2019.

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  30. Paul VI, Evangelii Nuntiandi, 8 décembre 1975, n° 75 : « Il n'y aura jamais d'évangélisation possible sans l'action de l'Esprit Saint. (...) Les techniques d'évangélisation sont bonnes mais les plus perfectionnées ne sauraient remplacer l'action discrète de l'Esprit. (...) On peut dire que l'Esprit Saint est l'agent principal de l'évangélisation. »

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