Saint Daniel Comboni (1831-1881)

Daniel Comboni (1831-1881), évêque missionnaire italien, fut vicaire apostolique de l'Afrique centrale (1877-1881). Son « Plan pour la régénération de l'Afrique » et sa devise « Sauver l'Afrique par l'Afrique » guidèrent son combat contre l'esclavage. Canonisé en 2003 par Jean-Paul II.

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Daniel Comboni (Limone sul Garda, 1831 — Khartoum, 1881) est un évêque missionnaire italien, vicaire apostolique de l'Afrique centrale — nommé pro-vicaire en 1872, puis vicaire le 2 juillet 1877, à la tête d'un vicariat érigé dès 1846 — et fondateur des Missionnaires comboniens du Cœur de Jésus et des Sœurs missionnaires comboniennes.[1][2][3] À une époque où l'intérieur du continent africain était pour les Européens un « tombeau » — la fièvre, la dysenterie et le climat y tuaient les missionnaires en quelques mois —, il consacra toute sa vie à l'évangélisation et à la dignité des peuples qu'il appelait, contre tout le vocabulaire de son siècle, ses « frères ».[4][5]

Le 15 septembre 1864, agenouillé sur le tombeau de saint Pierre à Rome, Comboni reçoit l'intuition fondatrice de toute son œuvre : un « Plan pour la régénération de l'Afrique » résumé dans une formule restée célèbre, « Sauver l'Afrique par l'Afrique ».[6][7] Puisque les Européens ne pouvaient pas survivre au cœur du continent, il fallait former sur place des Africains — prêtres, catéchistes, artisans, maîtresses d'école — capables d'évangéliser et de promouvoir leur propre peuple. Cette conviction, prophétique pour son temps, fit de lui l'un des premiers adversaires résolus de l'esclavage et l'un des grands précurseurs de l'Afrique chrétienne contemporaine.[8][9]

Au concile Vatican I (1870), il obtient la signature de soixante-dix évêques sur un Postulatum pro Nigris Africæ Centralis demandant à l'Église universelle de se charger du salut de l'Afrique.[10][11] Épuisé par les voyages, les deuils répétés de ses compagnons et la terrible famine soudanaise de 1877-1878, il meurt à Khartoum le 10 octobre 1881, à cinquante ans, en murmurant, selon la biographie officielle du Saint-Siège : « Je meurs, mais mon œuvre ne mourra pas. »[12] Béatifié en 1996, canonisé en 2003 par Jean-Paul II, il demeure l'une des figures majeures de la mission africaine.[13]

Un fils du lac de Garde appelé par l'Afrique (1831-1854)

Naissance à Limone sul Garda (15 mars 1831)

Maison natale de Daniel Comboni à Limone sul Garda. Photo : Syrio, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Daniele Comboni naît le 15 mars 1831 à Limone sul Garda, petit bourg agricole accroché aux rives escarpées du lac de Garde, alors dans le royaume de Lombardie-Vénétie sous domination autrichienne.[14][15] Ses parents, Luigi Comboni et Domenica Pace, sont de modestes jardiniers au service de propriétaires locaux. Daniel est le quatrième de huit enfants — et le seul à survivre jusqu'à l'âge adulte, les sept autres mourant en bas âge.[16][17] Cette enfance marquée par le deuil, dans un foyer pauvre mais profondément chrétien, forge très tôt en lui une foi robuste et une compassion concrète pour les souffrants.

L'Institut Mazza de Vérone et la vocation africaine

À douze ans, faute de moyens dans son village, Daniel est envoyé à Vérone, dans l'Institut des missions fondé par l'abbé Nicola Mazza — un prêtre éducateur qui accueillait gratuitement les enfants pauvres et doués, leur offrait une instruction complète et y cultivait les vocations missionnaires.[18][19] Il y entre le 20 février 1843.[20] Comboni y étudie la philosophie et la théologie, mais aussi la médecine et les langues — français, anglais, plus tard l'arabe —, bagage qui le préparait déjà aux exigences d'une mission lointaine.[21]

C'est à l'Institut Mazza qu'il découvre sa vocation décisive. Touché par les récits des missionnaires de retour d'Afrique centrale, le jeune homme prononce, le 6 janvier 1849, à dix-sept ans, le vœu de consacrer sa vie à l'apostolat de l'Afrique.[22][23] Don Mazza lui-même venait d'ouvrir une mission au cœur du continent : l'horizon de Comboni était fixé pour toujours.

Ordination sacerdotale (31 décembre 1854)

Daniel Comboni est ordonné prêtre le 31 décembre 1854 — trois semaines après la proclamation, par Pie IX, du dogme de l'Immaculée Conception —, des mains du bienheureux Jean Népomucène de Tschiderer, évêque de Trente.[24][25] Le jeune prêtre se prépare alors, sous la direction de Don Mazza, à rejoindre la mission africaine que son institut venait d'inaugurer. La coïncidence de son ordination avec la définition du dogme marial nourrira toute sa vie une dévotion mariale intense, qu'il associera étroitement à sa consécration au Cœur de Jésus.

L'épreuve de l'Afrique : la première expédition (1857-1864)

Le départ de 1857 et l'arrivée à Khartoum

Itinéraire de la première expédition de Comboni vers l'Afrique centrale, de Vérone à Khartoum. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le 8 septembre 1857, Comboni quitte Vérone avec cinq autres missionnaires de l'Institut Mazza, envoyés vers l'Afrique centrale.[26][27] Après un voyage épuisant de quatre mois — descente du Nil, traversées du désert —, ils atteignent Khartoum, au confluent des deux Nils, le 8 janvier 1858.[28] Le choc est brutal : chaleur écrasante, maladies endémiques, isolement total. Très vite, les compagnons tombent les uns après les autres. Trois d'entre eux meurent avant la fin de 1859.[29][30]

« Ou l'Afrique, ou la mort »

C'est au cœur de cette épreuve, après avoir assisté à la mort de l'un de ses compagnons missionnaires — dont la biographie officielle du Saint-Siège ne donne pas le nom —, que Comboni lance le cri qui résume sa détermination inébranlable. Loin de fuir le continent qui décimait les Européens, il s'y attache plus encore :

« Ou l'Afrique, ou la mort. » — Daniel Comboni, après la mort d'un de ses compagnons missionnaires[31]

Cette formule — en italien « O Nigrizia o morte », « Ou la Nigrizia, ou la mort » — deviendra le cri de ralliement de tout le mouvement missionnaire combonien.[32] Elle n'exprime pas un fatalisme morbide, mais une logique pascale : la mission africaine ne se gagnera qu'au prix de la Croix, et Comboni accepte d'avance ce prix pour lui-même.

Le retour et les années d'attente (1859-1864)

Atteint par la maladie, Comboni doit rentrer en Europe en 1859.[33][34] Mais ce retour n'est pas un renoncement : c'est le début d'une longue maturation. Pendant cinq ans, il enseigne à l'Institut Mazza de Vérone, réfléchit aux causes de l'échec des missions précédentes — la mortalité européenne, l'absence de structures durables, l'isolement —, et cherche une stratégie nouvelle.[35][36] Le constat est implacable : envoyer des Européens mourir au cœur de l'Afrique ne sauvera jamais le continent. Il faut autre chose. Cette intuition allait jaillir, en pleine prière, dans la basilique Saint-Pierre.

Le Plan pour la régénération de l'Afrique (1864)

L'illumination au tombeau de saint Pierre (15 septembre 1864)

Le 15 septembre 1864, en prière sur le tombeau de saint Pierre au Vatican, Comboni reçoit ce qu'il décrira comme une grâce soudaine, « comme un éclair ».[37][38] En quelques jours, il rédige son « Plan pour la régénération de l'Afrique » (Piano per la rigenerazione dell'Africa).[39][40] Le 19 septembre, il est reçu par Pie IX, qui approuve l'élan du jeune prêtre et l'encourage à poursuivre son œuvre pour l'Afrique.[41][42]

Le Plan est ensuite imprimé par la Congrégation de la Propagande, qui conseille à Comboni de rallier à sa cause les sociétés et congrégations missionnaires d'Europe.[43]

« Sauver l'Afrique par l'Afrique »

Le cœur du Plan tient dans une formule devenue célèbre : « Sauver l'Afrique par l'Afrique » (Salvare l'Africa con l'Africa).[44][45] Le raisonnement de Comboni est d'une lucidité remarquable pour son temps. Puisque le climat et les maladies interdisent aux Européens de pénétrer durablement à l'intérieur du continent, il faut former les Africains eux-mêmes : susciter un clergé indigène, des catéchistes, des maîtres d'école, des artisans, et — point capital pour l'époque — des femmes instruites et éducatrices.[46][47]

Le Plan pour la régénération de l'Afrique : former sur place les acteurs africains de l'évangélisation. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Concrètement, Comboni propose d'établir des instituts de formation dans des zones au climat supportable, notamment au Caire, en Égypte, où de jeunes Africains rachetés à l'esclavage ou éduqués pourraient être formés à l'abri du climat meurtrier de l'intérieur, avant de repartir évangéliser et promouvoir leurs propres régions.[48][49] L'idée d'une Église africaine prise en charge par les Africains, qui paraît évidente aujourd'hui, était à l'époque une rupture audacieuse.

Une intuition prophétique : la dignité de l'Africain

Au-delà de la stratégie, le Plan repose sur une conviction théologique : l'Africain est pleinement homme, pleinement fils de Dieu, appelé à la même dignité et au même salut que l'Européen. À une époque où l'esclavage florissait encore et où le racisme se drapait de pseudo-science, Comboni affirme une fraternité sans réserve. Il forge l'expression « faire cause commune » avec l'Afrique : non pas évangéliser de haut, mais s'identifier au sort des plus abandonnés.[50][51]

« Les œuvres de Dieu naissent et grandissent au pied de la Croix. » — Daniel Comboni, principe spirituel directeur de son œuvre, cité par la biographie officielle du Saint-Siège[52]

Cette vision le rapproche, par-delà les continents, d'autres grands apôtres de la charité héroïque du XIXᵉ siècle comme saint Damien de Molokai, qui se fera « lépreux avec les lépreux » à la même époque.

Bâtir l'œuvre : instituts, concile, épiscopat (1867-1877)

La fondation des Missionnaires (1867) et des Sœurs (1872)

Pour incarner son Plan, Comboni fonde à Vérone, le 1ᵉʳ juin 1867, l'Institut des missions pour la Nigrizia, qui deviendra les Missionnaires comboniens du Cœur de Jésus.[53][54] Cinq ans plus tard, le 1ᵉʳ janvier 1872, il fonde l'Institut des Pieuses Mères de la Nigrizia, futures Sœurs missionnaires comboniennes — décision novatrice qui confiait aux femmes un rôle missionnaire de plein droit.[55][56] Pour ces deux instituts, placés sous le patronage du Cœur de Jésus, Comboni exigeait des candidats une trempe bien précise : selon la tradition combonienne, il voulait des personnes sérieuses, bonnes, de jugement solide, prêtes à donner leur vie.[57]

L'histoire de ces congrégations et de l'ensemble de l'aventure missionnaire sur le continent est développée dans l'article consacré aux missions catholiques en Afrique.

Le Postulatum pro Nigris au concile Vatican I (1870)

L'événement qui donne à l'intuition de Comboni une portée universelle est le concile Vatican I. Présent à Rome comme théologien de l'évêque de Vérone, Luigi di Canossa, il rédige un « Postulatum pro Nigris Africæ Centralis » — une supplique demandant aux évêques du monde entier de se sentir responsables du salut de l'Afrique centrale.[58][59] Le 24 juin 1870, il recueille la signature de soixante-dix Pères conciliaires.[60] L'interruption du concile, provoquée par la prise de Rome, empêcha l'aboutissement formel du texte, mais le geste marqua durablement la conscience missionnaire de l'Église.

Le tableau ci-dessous résume les grandes étapes par lesquelles Comboni transforma une intuition de prière en institution durable.

AnnéeÉtape décisiveLieuPortée
1864Plan pour la régénération de l'AfriqueTombeau de saint Pierre, RomeIntuition fondatrice : « Sauver l'Afrique par l'Afrique »
1867Fondation des Missionnaires comboniensVéroneInstitut masculin pour la Nigrizia
1870Postulatum pro Nigris (70 signatures)Concile Vatican I, RomeAppel à l'Église universelle
1872Fondation des Sœurs comboniennesVéroneRôle missionnaire confié aux femmes
1877Sacre épiscopal, vicaire apostoliqueRome / Afrique centralePremier évêque combonien

Vicaire apostolique et évêque de l'Afrique centrale (1877)

De l'intuition du Plan aux fondations comboniennes et à l'épiscopat en Afrique centrale. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

En 1872, Comboni est nommé pro-vicaire apostolique de l'Afrique centrale.[61][62] Le 2 juillet 1877, il devient vicaire apostolique de plein droit, et il est sacré évêque le 12 août 1877, recevant le titre d'évêque de Claudiopolis (siège in partibus).[63][64] Comboni est ainsi le premier évêque issu de l'institut qu'il avait fondé — des vicaires apostoliques l'avaient précédé à la tête du vicariat, érigé dès 1846 — : un missionnaire de quarante-six ans à la tête d'un territoire immense, où tout — chapelles, écoles, stations missionnaires, rachat d'esclaves — était à construire dans des conditions extrêmes.[65]

Le combat contre l'esclavage

L'un des aspects les plus remarquables de l'action de Comboni est son opposition frontale à l'esclavage, qui ravageait encore le Soudan et l'Afrique centrale, alimenté par les razzias et la traite.[66][67] Pour lui, la traite n'était pas seulement un fléau social : c'était une négation de la fraternité humaine que sa foi lui rendait insupportable. Il dénonce publiquement le commerce des esclaves en Europe, rachète des captifs pour les former et les rendre libres, et plaide leur cause auprès des chancelleries et des sociétés savantes.[68]

Cette dimension fait de Comboni un précurseur : sept ans après sa mort, le cardinal Lavigerie lancera la grande campagne anti-esclavagiste de l'Église, et l'encyclique In plurimis de Léon XIII (1888) condamnera solennellement l'esclavage.[69] Comboni avait porté ce combat sur le terrain, au péril de sa vie, une génération plus tôt.

La tradition combonienne résume cette solidarité par la formule « l'Afrique ou rien » : ces frères et sœurs africains étaient devenus, disait-il en substance, une part de lui-même.[70]

Spiritualité combonienne : le Cœur transpercé et la Croix

Le Sacré-Cœur et le Bon Pasteur

La spiritualité combonienne : Cœur de Jésus, Croix et cause commune avec les plus abandonnés. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Toute l'action de Comboni jaillit d'une spiritualité du Cœur de Jésus. Ce n'est pas un hasard s'il place ses deux instituts sous ce patronage : il voit dans le Cœur transpercé du Christ la source de l'amour qui pousse à se donner sans mesure pour les plus abandonnés.[71][72] Le missionnaire est, à l'image du Bon Pasteur, celui qui « donne sa vie pour ses brebis » — et Comboni entendait cette parole au sens le plus littéral.

Une théologie de la Croix

Le ressort intérieur de Comboni est une authentique théologie de la Croix. Pour lui, aucune œuvre vraiment divine ne naît dans le confort ou le succès facile : elle germe dans l'épreuve, le deuil et l'échec apparent.[73][74] Les morts répétées de ses compagnons, les revers financiers, les incompréhensions, les famines : tout cela, loin de le décourager, confirmait à ses yeux que son œuvre était bien de Dieu, « née au pied de la Croix ».

Ses biographes lui attribuent ce mot, rapporté comme le résumé de son offrande : il aurait donné mille vies à la mission.[75]

Cette spiritualité de l'offrande totale rejoint celle des grands missionnaires et apôtres de son siècle, de sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, à saint Charles de Foucauld, frère universel des plus pauvres du désert.

La mort à Khartoum et la promesse (1877-1881)

La famine de 1877-1878

La vie de saint Daniel Comboni en douze dates, de Limone à la canonisation de 2003. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Les dernières années de Comboni sont d'une dureté extrême. Le Soudan est frappé en 1877-1878 par une sécheresse et une famine catastrophiques, qui déciment les populations et emportent plusieurs de ses missionnaires et religieuses.[76][77] Comboni se dépense sans compter pour secourir les affamés, mobiliser des secours, maintenir ses stations. Mais l'effort l'épuise, et les deuils s'accumulent autour de lui.

« Je meurs, mais mon œuvre ne mourra pas » (10 octobre 1881)

Affaibli, miné par les fièvres et l'épuisement, Daniel Comboni meurt à Khartoum le 10 octobre 1881, à cinquante ans.[78][79] Sa mort survient à la veille de la révolte mahdiste qui allait bientôt ravager le Soudan et balayer presque toutes ses missions — au point que beaucoup crurent son œuvre anéantie. Mais sur son lit de mort, rassurant les rares missionnaires survivants, l'évêque prononce des paroles qui se révéleront prophétiques :

« Je meurs, mais mon œuvre ne mourra pas. » — Daniel Comboni, dernières paroles rapportées par la biographie officielle du Saint-Siège, 10 octobre 1881[80]

L'histoire lui donna raison. Après l'effondrement mahdiste, les instituts comboniens renaquirent et essaimèrent : aujourd'hui, les Missionnaires et les Sœurs comboniennes sont présents sur plusieurs continents.[81]

Béatification, canonisation et héritage

Béatification (1996) et canonisation (2003)

La cause de Comboni aboutit sous le pontificat de Jean-Paul II, grand promoteur de l'évangélisation africaine. Il est béatifié le 17 mars 1996, puis canonisé le 5 octobre 2003, place Saint-Pierre.[82][83] Dans son homélie de canonisation, le pape le présente comme un « apôtre du Christ parmi les Africains » et un « évangélisateur et protecteur exceptionnel du continent noir » :

« Il s'appuya sur les ressources de sa riche personnalité et de sa solide spiritualité pour faire connaître et accueillir le Christ en Afrique, un continent qu'il aima profondément. » — Jean-Paul II, homélie de canonisation, 5 octobre 2003[84]

Un saint pour l'Afrique d'aujourd'hui

L'héritage de Comboni dépasse de loin ses deux congrégations. Sa devise « Sauver l'Afrique par l'Afrique » a anticipé d'un siècle l'essor d'un clergé africain autochtone et d'une Église africaine adulte, aujourd'hui l'une des plus vivantes du monde.[85] Sa fête liturgique, le 10 octobre, est célébrée dans toute l'Église, et tout particulièrement au Soudan et au Soudan du Sud, dont il est l'une des figures spirituelles fondatrices.[86][87] À l'image d'un saint Jean Bosco pour la jeunesse ou d'un saint Pierre-Julien Eymard pour l'Eucharistie, Comboni incarne le génie missionnaire du XIXᵉ siècle catholique : une charité qui ne se contente pas de soulager, mais qui relève, forme et rend leur dignité aux plus abandonnés.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Saint Daniel Comboni, biographie officielle du Saint-Siège publiée à l'occasion de la canonisation, 5 octobre 2003 : vatican.va. Données officielles : naissance le 15 mars 1831 à Limone sul Garda (fils de Luigi et Domenica, jardiniers pauvres ; quatrième de huit enfants, seul survivant) ; formation à l'Institut de Don Nicola Mazza à Vérone ; ordination le 31 décembre 1854 par le bienheureux Jean N. de Tschiderer, évêque de Trente ; première expédition de 1857 vers Khartoum ; Plan pour la régénération de l'Afrique conçu en 1864 au tombeau de saint Pierre (« Sauver l'Afrique par l'Afrique ») ; fondation des Missionnaires comboniens (1867) et des Sœurs comboniennes (1872) ; Postulatum pro Nigris signé par 70 évêques (Vatican I, 1870) ; nommé vicaire apostolique de l'Afrique centrale le 2 juillet 1877 et sacré évêque un mois plus tard ; mort le 10 octobre 1881 à Khartoum à 50 ans ; béatification le 17 mars 1996, canonisation le 5 octobre 2003. Cette biographie atteste aussi les formulations retenues dans l'article : le cri « O Nigrizia o morte ! » après la mort d'un compagnon missionnaire (sans nom ni date), la participation au concile Vatican I comme théologien de l'évêque de Vérone, les dernières paroles « I am dying, but my work will not die », et les grands projets « which are born at the foot of the Cross ».

    1 10 12 14 16 24 27 31 33 45 52 54 58 62 64 72 78 80 82 87
  2. Wikipedia (EN), "Daniel Comboni" : en.wikipedia.org. Notice encyclopédique détaillée : naissance le 15 mars 1831 à Limone sul Garda (Lombardie-Vénétie), parents Luigi Comboni et Domenica Pace, quatrième de huit enfants et seul survivant ; entrée à l'Institut Mazza de Vérone le 20 février 1843 ; étude de la médecine, du français, de l'anglais et de l'arabe ; vœu missionnaire du 6 janvier 1849 ; ordination le 31 décembre 1854 à Trente ; départ le 8 septembre 1857 avec cinq compagnons, arrivée à Khartoum le 8 janvier 1858, retour pour cause de maladie le 15 janvier 1859, trois compagnons morts avant fin 1859 ; Plan conçu au tombeau de saint Pierre le 15 septembre 1864, rencontre de Pie IX le 19 septembre 1864 ; fondation des Missionnaires comboniens du Cœur de Jésus le 1ᵉʳ juin 1867 et des Sœurs comboniennes le 1ᵉʳ janvier 1872 ; Postulatum pro Nigris du 24 juin 1870 signé par 70 évêques au concile Vatican I ; pro-vicaire apostolique en 1872, sacré évêque titulaire de Claudiopolis le 12 août 1877, vicaire apostolique de l'Afrique centrale 1877-1881 ; famine soudanaise de 1877-1878 ; mort le 10 octobre 1881 à Khartoum à 50 ans ; béatification le 17 mars 1996, canonisation le 5 octobre 2003 par Jean-Paul II. Données à recouper avec les sources primaires comboniennes.

    2 9 11 15 18 20 21 22 26 28 29 35 39 41 49 53 55 59 60 61 63 67 76 79 83
  3. Catholic Encyclopedia (1913), article « Daniel Comboni » : Wikisource. Nommé en 1872 pro-vicaire apostolique de l'Afrique centrale — « vicariate since 1846 » (vicariat érigé en 1846) — puis fait vicaire apostolique de l'Afrique centrale et évêque titulaire de Claudiopolis en 1877.

    3 65
  4. Dictionary of African Christian Biography (DACB), notice "Comboni, Anthony Daniel" : dacb.org. Notice académique de référence sur l'apostolat de Comboni au Soudan : stratégie du « Plan pour la régénération de l'Afrique », formation d'un clergé et de cadres africains, instituts de formation au Caire, opposition résolue à l'esclavage et à la traite, vision de la dignité des Africains comme frères, « faire cause commune » avec les plus abandonnés, famine de 1877-1878 et conditions extrêmes de la mission.

    4 8 17 19 30 36 46 48 50 66 68 74 77
  5. Missionnaires comboniens du Cœur de Jésus, site officiel et archives : comboni.org et comboni.org/fr. Source de premier ordre pour la devise « Salvare l'Africa con l'Africa » (« Sauver l'Afrique par l'Afrique »), le cri « O Nigrizia o morte » (« Ou l'Afrique, ou la mort »), le principe spirituel « les œuvres de Dieu naissent et grandissent au pied de la Croix », l'aspiration « si j'avais mille vies, je les donnerais toutes à la mission », le vœu de janvier 1849 de consacrer toute sa vie à l'apostolat de l'Afrique centrale, la dévotion au Cœur de Jésus, et la tradition des dernières paroles sur son œuvre qui ne mourra pas. Citations italiennes originales à recouper avec l'édition critique des Scritti de Comboni.

    5 6 23 32 37 43 44 47 51 56 57 70 71 73 86
  6. Notice hagiographique francophone : Saint Daniel Comboni (fiche f0377), bibliotheque-monastique.ch ; et Saint Daniel Comboni, fondateur de l'Institut des Missionnaires comboniens (1831-1881), fête le 10 octobre, reflexionchretienne.fr. Source secondaire du mot attribué à Comboni sur les « mille vies » données à la mission, rapporté ici comme une tradition de ses biographes et non comme une citation vérifiée à la lettre. Dates : ordination le 31 décembre 1854, trois semaines après la définition du dogme de l'Immaculée Conception ; Plan rédigé le 15 septembre 1864.

    7 25 34 38 75
  7. Comboni Youth / Missionnaires comboniens, "Bishop Daniel Comboni — A Heart for Africa" : comboniyouth.org. Présentation synthétique de l'héritage de Comboni : la postérité de sa devise « Sauver l'Afrique par l'Afrique », l'essor d'un clergé africain autochtone, la diffusion mondiale des Missionnaires et des Sœurs comboniennes, et la place du saint comme figure spirituelle fondatrice de l'Afrique chrétienne contemporaine, particulièrement au Soudan et au Soudan du Sud.

    13 81 85
  8. Missionnaires comboniens, Lettre pour le 150ᵉ anniversaire du « Plan pour la régénération de l'Afrique » (1864-2014), document officiel de la congrégation : comboni.org (PDF) et notice "Comboni's Missionary Plan for Africa", comboni.org. Sur la genèse du Plan rédigé en quelques jours après l'illumination du 15 septembre 1864, son approbation par la Congrégation de la Propagande et par Pie IX, et son contenu : formation d'un clergé et de cadres africains, instituts de formation dans des zones au climat supportable (notamment Le Caire), rôle des femmes, opposition à l'esclavage.

    40 42
  9. Léon XIII, encyclique In plurimis sur l'abolition de l'esclavage, adressée aux évêques du Brésil, 5 mai 1888 : vatican.va. Le pape y condamne solennellement l'esclavage au nom de la dignité commune des hommes rachetés par le Christ ; cette condamnation magistérielle, prolongée par l'encyclique Catholicae Ecclesiae (1890) et la campagne anti-esclavagiste du cardinal Lavigerie, confirme à l'échelle de l'Église universelle le combat que Comboni avait mené sur le terrain soudanais une génération plus tôt.

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  10. Jean-Paul II, homélie de la messe de canonisation de Daniel Comboni, Arnold Janssen, Joseph Freinademetz et autres, place Saint-Pierre, 5 octobre 2003 : vatican.va. Traduction française dans le corps ; texte officiel en anglais : « We need evangelizers with the enthusiasm and apostolic outreach of Bishop Daniel Comboni, an apostle of Christ among the Africans. He relied on the resources of his rich personality and solid spirituality to make Christ known and welcomed in Africa, a continent he loved deeply. » Le pape le qualifie aussi d'« outstanding evangelizer and protector of the ‘Black Continent’ » (« évangélisateur et protecteur exceptionnel du "continent noir" »).

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