Saint Damien de Molokai (1840-1889)

Saint Damien de Veuster, prêtre missionnaire belge des Sacrés-Cœurs, consacra seize ans de sa vie aux lépreux exilés sur l'île de Molokai (Hawaï). Prêtre, médecin, charpentier et fossoyeur de la colonie de Kalawao, il se fit « lépreux avec les lépreux » jusqu'à contracter lui-même la maladie et en mourir en 1889. Béatifié par Jean-Paul II (1995) et canonisé par Benoît XVI (2009), il est le patron des lépreux et des exclus.

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Damien de Molokai, de son nom de baptême Jozef De Veuster (Tremelo, 1840 — Molokai, 1889), est un prêtre missionnaire belge de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, célèbre dans le monde entier pour avoir consacré sa vie aux lépreux exilés sur l'île hawaïenne de Molokai.[1][2] Parti remplacer son frère malade dans la lointaine mission d'Hawaï, ordonné prêtre à Honolulu, il se porte volontaire en 1873 pour aller vivre — seul prêtre résident — au milieu de la colonie de ségrégation où le royaume parquait les contagieux pour qu'ils y meurent, « abandonnés de tous ».[3][4]

Pendant seize ans, Damien y est tout à la fois prêtre, médecin de fortune, charpentier, fossoyeur et père. Il panse les plaies, construit des maisons et l'église Saint-Philomène, creuse les tombes, fabrique les cercueils, rend leur dignité à des hommes et des femmes que la société tenait pour des morts vivants.[5][6] Sa solidarité va jusqu'au bout : à force de partager leur condition, il contracte lui-même la lèpre vers 1884 et meurt rongé par le mal le 15 avril 1889, à quarante-neuf ans.

Itinéraire missionnaire de saint Damien, de la Flandre à Molokai — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Sa figure dépasse de loin le monde catholique. Quand un pasteur protestant de Honolulu salit sa mémoire, l'écrivain Robert Louis Stevenson prend sa défense dans une lettre ouverte retentissante.[7] Béatifié par Jean-Paul II en 1995, canonisé par Benoît XVI en 2009, élu en 2005 « le plus grand Belge » de l'histoire par le public flamand, Damien incarne pour des millions de personnes l'amour évangélique poussé à son terme : « se faire lépreux avec les lépreux » pour gagner tous les hommes au Christ.[8][9]

Un fils des Flandres devenu missionnaire (1840-1873)

Naissance à Tremelo (3 janvier 1840)

Jozef De Veuster naît le 3 janvier 1840 à Tremelo, gros bourg agricole du Brabant flamand, dans une famille de cultivateurs et marchands de grains.[10][11] Il est le septième de huit enfants de Frans De Veuster et d'Anne-Catherine Wouters, foyer profondément chrétien : deux de ses sœurs deviennent religieuses, et son frère aîné Auguste entre lui aussi en religion sous le nom de Père Pamphile.[12]

Robuste, énergique, peu porté aux études, le jeune « Jef » quitte l'école à treize ans pour travailler à la ferme, puis fréquente un collège à Braine-le-Comte afin d'apprendre le français et de se préparer au commerce.[13] C'est là, lors d'une mission prêchée par des Rédemptoristes en 1858, que mûrit sa vocation : il veut consacrer sa vie à Dieu et, plus encore, partir comme missionnaire au bout du monde.

L'entrée chez les Pères des Sacrés-Cœurs

En 1859, Jozef rejoint son frère à Louvain, dans la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie — les Pères de Picpus, voués à l'adoration eucharistique et aux missions lointaines.[14][15] Il y reçoit le nom de Damien, en mémoire du saint médecin et martyr du IVᵉ siècle. Bien que ses supérieurs doutent d'abord d'un postulant trop fruste pour les études, son frère lui enseigne le latin et Damien prononce ses vœux le 7 octobre 1860.[16][17]

Une dévotion résume déjà toute son âme : durant ses années de formation, il prie chaque jour devant une image de saint François Xavier, patron des missionnaires, pour être envoyé au loin.[18] Le Ciel exaucera cette prière d'une manière inattendue.

Prendre la place de son frère

En 1863, la congrégation désigne un groupe de missionnaires pour le vicariat apostolique des îles Sandwich (Hawaï). Le Père Pamphile, déjà prêtre, doit en faire partie — mais il tombe gravement malade (le typhus) et ne peut s'embarquer.[19] Damien, encore simple profès non ordonné, écrit directement au supérieur général pour offrir de prendre la place de son frère. Sa demande est acceptée.

La tradition picpusienne rapporte le sentiment qui l'animait au moment de s'embarquer : Dieu, qu'il avait prié — par l'intercession de saint François Xavier, patron des missionnaires — de lui obtenir une mission lointaine, avait exaucé sa prière au-delà de son attente. Parole transmise indirectement, dont la formulation exacte n'est pas établie dans les sources accessibles.[20]

Le 23 octobre 1863, à vingt-trois ans, Damien quitte les Flandres ; après une longue traversée, il arrive à Honolulu le 19 mars 1864.[21][22]

Honolulu et l'ordination (1864)

Le Père Damien vers 1878, avant que la maladie ne marque son visage — photographie d'archive, Wikimedia Commons, domaine public.

Quelques semaines après son arrivée, Damien est ordonné prêtre le 21 mai 1864 en la cathédrale Notre-Dame-de-la-Paix de Honolulu, par Mgr Louis Maigret, vicaire apostolique.[23][24] Il a vingt-quatre ans et brûle de zèle pour un royaume insulaire alors décimé par les épidémies importées — variole, choléra, grippe, syphilis et surtout lèpre — qui frappent terriblement la population autochtone hawaïenne.

Premières missions à Hawaï (1865-1873)

Le jeune prêtre est d'abord affecté, à partir de 1865, à la vaste mission de Puna puis de Kohala, sur la grande île d'Hawaï.[25] Pendant huit ans, il parcourt à cheval d'immenses paroisses rurales, bâtit des chapelles de ses mains, apprend la langue hawaïenne, baptise et catéchise. Il s'y révèle un missionnaire infatigable et pratique, autant maçon et charpentier qu'homme de prière — un tempérament qui le préparera, sans qu'il le sache, à l'œuvre de sa vie.

Molokai : la terre des morts vivants

La lèpre dans le royaume d'Hawaï

Apparue dans l'archipel vers les années 1830-1840 — on l'attribuait alors aux travailleurs venus de Chine —, la lèpre (aujourd'hui maladie de Hansen) se répand parmi les Hawaïens, dont le système immunitaire n'y est pas accoutumé.[26] Maladie défigurante, longtemps incurable, entourée d'une terreur biblique, elle inspire une peur panique.

La loi de ségrégation de 1865

Les falaises de Kalaupapa, prison naturelle de la presqu'île où furent relégués les malades — photographie Wikimedia Commons.

Pour enrayer la contagion, le roi Kamehameha V et la législature promulguent en 1865 une « Loi pour prévenir la propagation de la lèpre ».[27] Les malades les plus atteints sont arrachés à leurs familles et déportés sur la presqu'île de Kalaupapa, au nord de l'île de Molokai : une langue de terre coupée du reste de l'île par une muraille de falaises de plusieurs centaines de mètres, prison naturelle d'où nul ne s'échappe. De 1866 à 1969, environ huit mille personnes y seront envoyées.

Kalawao avant Damien

Officiellement, le Bureau royal de la santé envoyait à Kalawao vivres et fournitures. Mais sans personnel ni soins, la colonie sombrait dans le désespoir. Privés d'avenir, beaucoup de relégués se livraient à l'alcool et au dévergondage selon la devise sinistre rapportée à l'époque : « Ici, il n'y a pas de loi. »[28][29] Le surintendant de la santé lui-même reconnaissait l'horreur de ce lieu :

« Tant que les lépreux peuvent prendre soin d'eux-mêmes, ils sont relativement bien ; mais dès que la terrible maladie les rend impuissants, il semblerait que les démons eux-mêmes auraient pitié de leur condition et hâteraient leur mort. » — Le surintendant du Bureau de la santé à Mgr Maigret, cité verbatim par la Catholic Encyclopedia (1908)[30]

Kalawao avant et après l'arrivée de Damien : la charité rend une structure, une beauté et une dignité aux relégués — infographie originale Ignispedia créée par IA.

C'est dans cet enfer humain qu'un prêtre allait demander à vivre.

« Je me fais lépreux avec les lépreux » (1873-1884)

Le volontaire du 10 mai 1873

Le vicaire apostolique Mgr Maigret cherchait un prêtre pour la colonie, sans vouloir condamner personne à un exil quasi certainement mortel : quatre missionnaires devaient se relayer. Damien se présente le premier. Le 10 mai 1873, l'évêque le conduit lui-même à Kalawao et le présente aux quelque six cents lépreux de la colonie.[31][32] Damien décide aussitôt de rester pour toujours, dormant les premières nuits sous un pandanus — l'arbre même au pied duquel il sera plus tard enterré.

Bâtir un peuple : l'église Saint-Philomène

L'église Saint-Philomène à Kalawao, agrandie par Damien au cœur de la colonie — photographie d'archive Wikimedia Commons.

Devant le chaos, Damien comprend qu'on ne sauve pas les âmes en méprisant les corps. Il organise la colonie : il agrandit et embellit la petite église Saint-Philomène, construit des maisons en bois peint à la place des masures, creuse des réservoirs d'eau potable, trace des routes, fonde des écoles et un orphelinat, met sur pied des fermes et des chorales.[33][34] Il rend ainsi aux exilés ce que la maladie leur avait volé : un ordre, une beauté, une communauté — un peuple.

Le corps et l'âme : médecin, fossoyeur, prêtre

Sans formation médicale, Damien panse chaque jour les plaies purulentes, soigne les ulcères, lave les corps que nul n'osait toucher. Il fabrique de ses mains les cercueils — plus de mille — et creuse les tombes. Il fonde une « Association de l'enterrement chrétien » pour que chaque mort soit accompagné dignement, avec cloche, cercueil et cortège, lui qui avait trouvé en arrivant des cadavres laissés sans sépulture.[35][36] Il partage la table des malades, fume la même pipe, mange parfois de la même main : non par imprudence, mais par refus de toute distance entre eux et lui.

Six mois après son arrivée, il écrit à son frère Pamphile la phrase qui résume toute sa vie :

« Je me fais lépreux avec les lépreux pour les gagner tous à Jésus-Christ. C'est pourquoi, en prêchant, je dis "nous autres lépreux", et non "mes frères". » — Damien de Veuster, lettre à son frère Pamphile (1873)[37]

Une spiritualité eucharistique et de l'abandon

L'Eucharistie, sa seule consolation

Comment un homme tient-il, des années durant, dans un tel lieu de mort, sans congé, presque sans visite, loin des siens ? Damien lui-même a donné la réponse : sa force venait de l'Eucharistie. Fidèle au charisme des Sacrés-Cœurs, il instaura à Kalawao l'adoration, afin que les lépreux sachent le Christ présent au milieu d'eux. À un confrère, il confie son secret :

À un confrère, il confie — selon la parole transmise par le P. Roger Landry comme extraite d'une lettre de Damien dont la référence exacte n'a pu être établie — trouver sa consolation dans l'unique compagnon qui ne le quitterait jamais, le divin Sauveur dans la sainte Eucharistie : sans le Saint-Sacrement, une situation comme la sienne serait insupportable, mais avec Notre-Seigneur à ses côtés, il demeure toujours heureux et content.[38]

Cette parole place Damien dans la grande tradition de l'abandon à la volonté de Dieu et de l'amour eucharistique, voisine de l'esprit de saint Pierre-Julien Eymard, l'apôtre de l'Eucharistie de son siècle, et de sainte Thérèse de Lisieux, qui offrait sa vie cachée par amour à la même époque.

« Nous autres lépreux » : la solidarité jusqu'au bout

Le cœur de la charité de Damien : relever ensemble le corps et l'âme — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le choix de prêcher en disant « nous autres lépreux » n'était pas une formule : c'était une théologie en acte. Damien refusait la position du bienfaiteur qui surplombe ceux qu'il aide. Il voulait être l'un d'eux, partageant leur sort, leur table, et bientôt leur maladie. En cela, il imitait littéralement le Christ qui « s'est fait péché » et qui descend au plus bas pour relever l'homme.[39]

La maladie et les dernières années (1884-1889)

Décembre 1884 : il devient lépreux

Un soir de décembre 1884, après onze ans dans la colonie, Damien plonge ses pieds dans une eau qu'il croyait tiède mais qui était brûlante : il ne ressent aucune douleur. L'insensibilité était le signe redouté. Il avait contracté la lèpre.[40] Selon la tradition, il l'annonça lui-même à ses fidèles le dimanche suivant en commençant son sermon comme toujours par « nous autres lépreux » — mais cette fois sans aucune figure de langage, car la phrase, qu'il disait depuis 1873 par solidarité, était littéralement devenue vraie dans sa chair.[41]

Les collaborateurs des dernières années

Damien sur son lit de mort, en avril 1889 — photographie d'archive Wikimedia Commons, domaine public.

La maladie de Damien émeut le monde. Des renforts arrivent enfin à Kalaupapa : le prêtre belge Louis-Lambert Conrardy, le frère convers américain Joseph Dutton, ancien soldat de la guerre de Sécession, l'infirmier James Sinnett, et surtout Mère Marianne Cope et ses Sœurs franciscaines de Syracuse, qui prennent en charge hôpital et orphelinat.[42] Le médecin japonais Masanao Goto soigne Damien par ses traitements ; le malade ne veut être suivi que par lui. Loin de se replier, Damien redouble d'activité dans ses dernières années, achevant constructions et orphelinats.

La mort (15 avril 1889)

Alité à partir du 23 mars 1889, ayant fait sa confession générale le 30 mars, Damien s'éteint paisiblement le lundi 15 avril 1889 au matin — lundi de la Semaine sainte, et non « lundi de Pâques » (en 1889, Pâques tombait le dimanche 21 avril)[43] —, à quarante-neuf ans, entouré de ses confrères et de ses lépreux.[44][45] Toute la colonie suit son cercueil — un cercueil semblable à ceux qu'il avait lui-même fabriqués pour tant d'autres — jusqu'au cimetière, et on l'enterre sous le pandanus où il avait dormi sa première nuit, seize ans plus tôt.

La controverse et la gloire posthume

Le pasteur Hyde et la défense de Stevenson

Quelques mois après sa mort, un pasteur presbytérien de Honolulu, le révérend Charles McEwen Hyde, écrivit une lettre privée — bientôt publiée — décrivant Damien comme « un homme grossier, sale » qui aurait contracté la lèpre par sa propre négligence et son inconduite.[46][47] La calomnie indigna l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson, lui-même tuberculeux, qui avait séjourné huit jours à Molokai et interrogé les habitants. Il riposta par une lettre ouverte cinglante, imprimée à ses frais, devenue un classique de la littérature anglaise :

« Si ce monde se souvient encore de vous, le jour où Damien de Molokai sera proclamé saint, ce sera en vertu d'une seule œuvre : votre lettre. » — Robert Louis Stevenson, Lettre ouverte au révérend docteur Hyde (1890)[48]

Stevenson y dépeint Damien comme « un homme, avec toutes ses faiblesses, essentiellement héroïque, et plein d'une rude honnêteté ».[49] La prophétie de l'écrivain s'accomplira un siècle plus tard.

Le retour des reliques

En janvier 1936, à la demande du roi Léopold III et du gouvernement belge, le corps de Damien est exhumé et ramené en Belgique à bord du navire Mercator ; il est inhumé à Louvain, dans la crypte de la chapelle de sa congrégation.[50] Après la béatification de 1995, en signe de réciprocité, la relique de sa main droite est rendue à Hawaï et redéposée dans sa tombe d'origine à Molokai. Le saint repose ainsi entre ses deux patries : la Flandre qui l'a donné, et l'île qui l'a reçu.

Béatification et canonisation

Le miracle de la béatification (1995)

Le procès reconnaît d'abord la guérison inexpliquée, en 1895, de la religieuse française Sœur Simplicia Hue, atteinte d'une maladie intestinale tenace : ses douleurs et symptômes disparurent du jour au lendemain après une neuvaine au Père Damien.[51] Sur cette base, Jean-Paul II béatifie Damien le 4 juin 1995 en la basilique du Sacré-Cœur de Koekelberg (Bruxelles).

Audrey Toguchi et la canonisation (2009)

Le second miracle requis fut la guérison de Audrey Toguchi, une Hawaïenne atteinte en 1997 d'un liposarcome métastasé aux poumons — cancer réputé incurable. Après avoir prié sur la tombe de Damien à Molokai, sa rémission complète resta médicalement inexpliquée.[52][53] Le 11 octobre 2009, Benoît XVI inscrit Damien au catalogue des saints, en présence du roi Albert II des Belges. Dans son homélie, le pape résume la grandeur du missionnaire :

De Molokai à la canonisation : les grandes étapes de la reconnaissance de Damien par l'Église — infographie originale Ignispedia créée par IA.

« Non sans crainte ni répugnance, il choisit de se rendre sur l'île de Molokai au service des lépreux qui y vivaient, abandonnés de tous. Le serviteur de la Parole devint ainsi un serviteur souffrant, lépreux avec les lépreux, durant les quatre dernières années de sa vie. » — Benoît XVI, homélie de canonisation, 11 octobre 2009[54]

Patronage et héritage

Patron des lépreux, des exclus et d'Hawaï

Saint Damien en six repères : vocation, mission, maladie et canonisation — infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'Église a fait de Damien le patron des lépreux, des malades et des exclus, ainsi que du diocèse de Honolulu et de l'État d'Hawaï.[55] Sa statue représente l'un des deux personnages choisis par Hawaï pour la National Statuary Hall du Capitole des États-Unis. Sa fête liturgique est célébrée le 10 mai (et le 15 avril, jour de sa mort, à Hawaï).

« Le plus grand Belge »

Au-delà de l'Église, Damien est devenu une icône universelle de la charité héroïque. En 2005, le public flamand l'a élu « De Grootste Belg » — le plus grand Belge de tous les temps —, et il figura en très bonne place dans le classement francophone équivalent.[56] Mère Teresa, Gandhi ou Mahatma ont salué son exemple. Trois siècles après les grands missionnaires des Lumières, Damien rappelle au monde que la sainteté n'est pas une idée mais un corps livré : « se faire lépreux avec les lépreux », jusqu'à en mourir, pour que les plus rejetés sachent qu'ils sont « précieux aux yeux de Dieu ».[57][58]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Wikipedia (EN), "Father Damien" : en.wikipedia.org. Notice encyclopédique détaillée : naissance le 3 janvier 1840 à Tremelo (septième enfant de Frans De Veuster et Anne-Catherine Wouters), entrée chez les Sacrés-Cœurs (Picpus) à Louvain, vœux le 7 octobre 1860, remplacement de son frère Pamphile, arrivée à Honolulu le 19 mars 1864, ordination le 21 mai 1864 à la cathédrale Notre-Dame-de-la-Paix, missions de Puna/Kohala, loi hawaïenne de ségrégation de 1865, arrivée à Kalaupapa/Kalawao le 10 mai 1873 (environ 600 lépreux), construction de l'église Saint-Philomène, contraction de la lèpre en décembre 1884, collaborateurs (Conrardy, Dutton, Sinnett, Mère Marianne Cope, Dr Goto), alité le 23 mars 1889, mort le 15 avril 1889 à 49 ans, controverse Hyde/Stevenson, retour des reliques en Belgique (1936) et de la main à Molokai (1995), miracles de Sœur Simplicia Hue (1895) et d'Audrey Toguchi (1997), béatification du 4 juin 1995 et canonisation du 11 octobre 2009. Données à recouper avec les sources primaires picpusiennes.

    1 4 10 12 13 14 16 18 19 21 23 25 26 27 28 31 33 40 42 44 47 50 51 52 55
  2. Libert H. Boeynaems, "Joseph Damien de Veuster", The Catholic Encyclopedia, vol. IV, Robert Appleton Company, New York, 1908 : newadvent.org. Notice de référence : naissance le 3 janvier 1840 à Tremelo, vœux le 7 octobre 1860, ordination à Honolulu (mai 1864), arrivée à la léproserie de Molokai le 10 mai 1873 comme prêtre résident, soin des plaies, construction de maisons et de cercueils, creusement des tombes, contraction de la lèpre vers 1885, mort le 15 avril 1889 ; surnom d'« Apôtre des lépreux ». C'est dans cette notice que figure, citée verbatim, la lettre du surintendant du Bureau de la santé à Mgr Maigret : « they are comparatively comfortable, but as soon as the dreadful disease renders them helpless, it would seem that even demons themselves would pity their condition and hasten their death » (traduction française dans le corps).

    2 5 11 17 24 29 30 35 45
  3. Benoît XVI, Homélie pour la canonisation de cinq bienheureux (dont Jozef Damien de Veuster), place Saint-Pierre, 11 octobre 2009 : vatican.va. Texte officiel : « Not without fear and repugnance, he chose to go to the Island of Molokai to serve the lepers who lived there, abandoned by all. […] The servant of the Word consequently became a suffering servant, a leper with the lepers, for the last four years of his life. » (traduction française dans le corps). Le pape invite à « ouvrir les yeux sur les formes de lèpre qui défigurent l'humanité de nos frères ».

    3 22 32 39 54 58
  4. EWTN, "St. Damien of Molokai" / "Blessed Father Damien — Servant of Humanity" : ewtn.com. Notice hagiographique : organisation de la colonie, écoles, chorales, fermes, orphelinat, « Association de l'enterrement chrétien », fabrication de plus de mille cercueils, ministère sacramentel, et insistance sur la dignité rendue aux lépreux « précieux aux yeux de Dieu ».

    6 34 36 53 57
  5. Robert Louis Stevenson, Father Damien: An Open Letter to the Reverend Dr. Hyde of Honolulu (1890), Sydney puis Londres, imprimée à compte d'auteur ; texte intégral sur gutenberg.org. Réplique au révérend Charles McEwen Hyde qui avait qualifié Damien de « coarse, dirty man » et imputé sa lèpre à sa négligence. Citations originales : « If that world at all remember you, on the day when Damien of Molokai shall be named a Saint, it will be in virtue of one work: your letter… » et description de Damien comme « a man, with all his weakness, essentially heroic, and alive with rugged honesty » (traductions françaises dans le corps).

    7 46 48 49
  6. TIME Magazine, "Religion: We Lepers" (archives) : time.com. Sur la pratique de Damien de prêcher en disant « nous autres lépreux » et la lettre à son frère : « I make myself a leper with the lepers to gain all to Jesus Christ. That is why, in preaching, I say "we lepers"; not, "my brethren." » (traduction française dans le corps). Même lettre citée par EWTN, « Blessed Father Damien — Servant of Humanity » : écrite six mois après l'arrivée à Kalawao, Damien s'y dit lépreux avec les lépreux « pour les gagner tous à Jésus-Christ », précisant qu'il disait déjà « nous autres lépreux » bien avant d'avoir lui-même la maladie.

    8 37
  7. VRT (radiotélévision flamande), classement De Grootste Belg (2005) : Damien de Veuster élu « le plus grand Belge » de l'histoire ; voir aussi le classement francophone Le plus grand Belge (RTBF). Référence : fr.wikipedia.org. Sur la reconnaissance populaire universelle de Damien au-delà du monde catholique, et sa statue représentant Hawaï au Capitole des États-Unis (National Statuary Hall).

    9 56
  8. Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie (Pères de Picpus, SS.CC.), ressources officielles sur le Père Damien : ssccpicpus.com et damiaanvandaag.be. Sur le charisme eucharistique et missionnaire de la congrégation fondée par le Père Coudrin, la dévotion de Damien à saint François Xavier patron des missionnaires, sa demande de remplacer son frère Pamphile, et son départ pour Hawaï le 23 octobre 1863. Formulations spirituelles transmises par la tradition picpusienne, à recouper avec l'édition critique des lettres.

    15 20
  9. Roger J. Landry, "The Face of the Good Samaritan" et ressources sur la spiritualité eucharistique de Damien : catholicity.com. Sur l'instauration de l'adoration à Kalawao et la parole de Damien : « I find my consolation in the one and only companion who will never leave me, that is, our Divine Savior in the Holy Eucharist… Without the Blessed Sacrament a position like mine would be unbearable. But having Our Lord at my side, I continue always to be happy and content. » Parole rapportée comme extraite d'une lettre de Damien dont Landry ne donne ni la date ni le destinataire ; la référence exacte n'ayant pu être établie, le corps de l'article la présente en paraphrase en attendant sa vérification dans l'édition critique de la correspondance.

    38
  10. Sur l'expression « nous autres lépreux » : Damien l'emploie dès 1873, par solidarité anticipée — six mois après son arrivée, il écrit à son frère Pamphile : « Je me fais lépreux avec les lépreux… c'est pourquoi, en prêchant, je dis "nous autres lépreux", et non "mes frères" » (lettre citée par TIME et EWTN, voir la note sur la lettre à Pamphile). L'idée qu'il n'aurait adopté cette formule qu'après avoir lui-même contracté la maladie est erronée : voir l'étude « Damien of Molokai and Missionary Compassion » (revue Landas, Ateneo de Manila) — « Damien began addressing the people as "We lepers" within months of his arrival; some writers have erroneously asserted that he initiated the use of the phrase "We lepers" only after he himself had contracted the disease. » Le récit traditionnel de l'annonce en chaire après le diagnostic (où la formule devient littéralement vraie) reste compatible avec cet antécédent.

    41
  11. Date de Pâques 1889 : le dimanche de Pâques tombait le 21 avril (lundi de Pâques : 22 avril) — comput ecclésiastique confirmé par les tables de dates de Pâques (US Census Bureau, liste 1600-2099 : 1889 figure sous le 21 avril) et les calendriers de l'époque ; le 15 avril 1889 tombait un lundi, soit le lundi de la Semaine sainte.

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