Dominique Savio (en italien Domenico Savio, 1842-1857) est un adolescent piémontais, élève de Don Bosco à l'Oratoire de Valdocco, mort à quatorze ans et canonisé en 1954. Il est, jusqu'à la canonisation des petits voyants de Fatima en 2017, le plus jeune saint non-martyr que l'Église ait inscrit au canon — preuve éclatante que la sainteté n'attend pas le nombre des années.[1][2]
Fils d'un forgeron du Montferrat, Dominique fait sa première communion à sept ans, en 1849, à une époque où l'usage la réservait à des enfants bien plus âgés.[3] Ce jour-là, il inscrit dans son livre de dévotion les quatre résolutions qui résument toute sa courte vie, dont la dernière deviendra sa devise : « La mort plutôt que le péché. »[4]
Repéré en 1854 par Don Bosco, qui voit en lui « de la bonne étoffe » pour en faire « un bel habit à offrir au Seigneur », il entre à l'Oratoire de Turin et y déploie une sainteté toute faite d'ordinaire et de joie.[5] Sa formule restée célèbre — « ici, nous faisons consister la sainteté à être très joyeux » — résume la spiritualité salésienne naissante.[6]
Sa biographie, écrite dès 1859 par Don Bosco lui-même, son directeur spirituel et témoin oculaire, a fait de lui le modèle de la sainteté adolescente pour des générations de jeunes catholiques. Patron des enfants de chœur et des servants d'autel, il demeure l'une des figures les plus aimées de la famille salésienne.[7][8]
Un enfant du Piémont (1842-1854)
Naissance et famille à San Giovanni di Riva
Dominique Savio naît le 2 avril 1842 à San Giovanni di Riva, hameau proche de Chieri, dans la province de Turin.[9][10] Il est le deuxième de dix enfants de Carlo Savio, forgeron et maréchal-ferrant originaire de Mondonio, et de Brigida Gaiato, couturière.[11] La famille est pauvre mais profondément chrétienne, à l'image de tant de foyers paysans du Piémont catholique de l'époque.
Dès 1844, les Savio s'installent à Morialdo, un hameau de Castelnuovo d'Asti — la patrie même de Don Bosco —, puis en 1853 à Mondonio.[12] L'enfant grandit donc à quelques kilomètres du futur fondateur des Salésiens, dans ce même terroir du Montferrat qui a vu naître tant de vocations sacerdotales du XIXᵉ siècle.
La première communion à sept ans (8 avril 1849)
Le trait le plus frappant de l'enfance de Dominique est la précocité de sa vie eucharistique. Il reçoit sa première communion à sept ans, en 1849 — un fait remarquable pour son temps : à sept ans, « mentre allora era uso non farla prima dei dieci-dodici ».[13] La tradition salésienne fixe ce jour au 8 avril 1849, jour de Pâques.[14]
Loin d'être une formalité, ce jour est pour l'enfant un véritable contrat avec Dieu. Don Bosco rapporte qu'il consigna dans son livre de prières quatre résolutions qu'il relisait toute sa vie :
« Je me confesserai très souvent et je communierai toutes les fois que mon confesseur m'en donnera la permission. Je veux sanctifier les jours de fête. Mes amis seront Jésus et Marie. La mort plutôt que le péché. » — Dominique Savio, résolutions de première communion, rapportées par Jean Bosco, Vie du jeune Dominique Savio, 1859[15]
La quatrième de ces résolutions, « La mort plutôt que le péché » (La morte ma non peccati), devient la devise de toute sa vie. Elle dit, en une formule d'enfant, l'absolu d'une âme qui place l'amitié avec Dieu au-dessus de tout.[16]
La rencontre avec Don Bosco (octobre 1854)
« Il y a en toi une bonne étoffe »
Le 2 octobre 1854, premier lundi du mois, Don Bosco passe aux Becchi, près de Murialdo, au cours de l'une de ses tournées d'automne.[17][18] Dominique, douze ans, que don Cugliero lui avait recommandé, se présente à lui avec son père pour demander à être admis à l'Oratoire de Turin et à étudier en vue du sacerdoce.[19]
De cet entretien naît un dialogue devenu emblématique de la pédagogie salésienne :
« Eh ! il me semble qu'il y a là de la bonne étoffe. » — Don Bosco à Dominique Savio, 2 octobre 1854[20]
« À quoi peut servir cette étoffe ? » — Dominique Savio à Don Bosco, 2 octobre 1854[21]
« À faire un bel habit à offrir au Seigneur. » — Don Bosco à Dominique Savio, 2 octobre 1854[22]
Ce à quoi l'enfant répond aussitôt, avec une vivacité qui ravit le prêtre :
« Alors moi, je suis l'étoffe ; vous, soyez-en le tailleur : prenez-moi avec vous, et vous ferez un bel habit pour le Seigneur. » — Dominique Savio à Don Bosco, 2 octobre 1854[23]
Pour l'éprouver, Don Bosco lui fait ensuite apprendre une page des Letture Cattoliche ; l'enfant la restitue mot pour mot en huit minutes à peine.[24]
L'entrée à l'Oratoire de Valdocco
Dominique entre à l'Oratoire Saint-François-de-Sales de Valdocco, à Turin, le 29 octobre 1854.[25] Il y vit moins de trois ans, mais ces trente mois suffisent à révéler une âme d'une rare maturité spirituelle, sous le regard de Don Bosco et dans le climat de ferveur du jeune Oratoire, où le futur cardinal Giovanni Cagliero et le futur bienheureux Michele Rua comptent parmi ses camarades.[26]
Quelques semaines après son entrée, le soir du 8 décembre 1854, jour où Rome proclame le dogme de l'Immaculée Conception, Dominique se consacre à Marie devant son autel : « Maria, vi dono il mio cuore… » (« Marie, je vous donne mon cœur… ») — consécration que reprend le décret sur l'héroïcité de ses vertus (9 juillet 1933) et que rappellera Pie XII le 12 juin 1954.[27]
Une sainteté de l'ordinaire
« Ici, la sainteté consiste à être très joyeux »
La grande originalité de Dominique Savio est d'avoir cherché la perfection non dans des pénitences extraordinaires — Don Bosco devra même freiner ses excès de mortification —, mais dans la fidélité joyeuse aux devoirs de chaque jour.[28] À son camarade Camille Gavio, mélancolique et inquiet, il livre le secret de l'Oratoire :
« Sache que, chez nous, nous faisons consister la sainteté à être très joyeux. Nous cherchons seulement à éviter le péché comme un grand ennemi qui nous vole la grâce de Dieu et la paix du cœur, à accomplir exactement nos devoirs et à fréquenter les choses de la piété. » — Dominique Savio, rapporté par Jean Bosco, Vie du jeune Dominique Savio[29]
Cette joie comme chemin de sainteté est l'une des intuitions maîtresses que Don Bosco transmettra à toute la famille salésienne. La gaieté n'y est pas l'ennemie de la vie intérieure : elle en est le visage.[30]
Faire extraordinairement bien les choses ordinaires
Le mot le plus connu de Dominique condense cette spiritualité du quotidien sanctifié. À propos des humbles services — cirer les chaussures, brosser les habits, servir les malades —, il disait, rapporte Don Bosco :
« Que chacun fasse ce qu'il peut, disait-il : je ne suis pas capable de faire de grandes choses, mais ce que je peux, je veux le faire à la plus grande gloire de Dieu ; et j'espère que Dieu, dans son infinie bonté, voudra agréer ces misérables offrandes. » — Dominique Savio, rapporté par Jean Bosco, Vie du jeune Dominique Savio, chap. XVI[31]
Cette voie de l'enfance spirituelle, qui sanctifie le petit en le faisant avec un grand amour, fait penser à la « petite voie » que sainte Thérèse de Lisieux prêchera quelques décennies plus tard : simple lecture proposée ici, pour situer Dominique aux yeux du lecteur d'aujourd'hui.
La Compagnie de l'Immaculée Conception (1856)
Le 8 juin 1856, neuf mois avant sa mort, Dominique fonde avec quelques camarades — parmi lesquels Giuseppe Bongioanni, Giovanni Cagliero, Celestino Durando et Michele Rua — la Compagnie de l'Immaculée Conception.[32] Il en rédige lui-même le règlement, marqué par une « rigoureuse obéissance aux supérieurs » et par le service des camarades les plus difficiles.
Cette petite association de jeunes engagés à se soutenir dans la piété et l'apostolat est restée célèbre dans l'historiographie salésienne comme l'un des premiers noyaux de la future Congrégation : plusieurs de ses membres deviendront des piliers de l'œuvre de Don Bosco. Une fondation d'adolescent qui aura porté des fruits d'Église.[33]
L'apôtre de ses camarades
Loin d'une piété repliée sur elle-même, la sainteté de Dominique est missionnaire au milieu de la cour de récréation. La Vie de Don Bosco rapporte plusieurs épisodes où l'enfant s'interpose pour empêcher le péché. Le plus fameux est celui du duel à coups de pierres : deux camarades plus âgés, brouillés, s'apprêtent à se battre. Dominique se place entre eux, brandit un crucifix et leur lance de le frapper d'abord, lui, avant de s'entre-tuer sous le regard du Christ. Honteux, les deux garçons renoncent et se réconcilient.[34]
Les dons mystiques rapportés par Don Bosco
Témoin direct, Don Bosco rapporte chez son élève des phénomènes mystiques : il assure ne rapporter que ce qu'il a vu de ses propres yeux ou ce que les élèves ont vu, et écrire scrupuleusement la vérité (« riferisco cose che ho vedute cogli occhi miei, assicuro che scrivo scrupolosamente la verità », chap. XX).[35] Treccani note sobrement que Don Bosco observa chez Dominique « des signes de dons charismatiques extraordinaires ».[36] L'Église ne s'est pas prononcée sur ces grâces.
Les extases de l'action de grâces
Après la communion, Dominique demeurait parfois plongé dans une action de grâces de plusieurs heures, au point qu'on devait le rappeler à ses occupations.[37] Ces longues oraisons silencieuses, jointes à une attention scrupuleuse à la présence de Dieu, frappaient ses maîtres autant que ses camarades.
La vision pour l'Angleterre
L'épisode le plus célèbre de ces grâces est la vision pour l'Angleterre. Au cours d'une action de grâces prolongée, Dominique raconta à Don Bosco qu'il avait vu une vaste plaine plongée dans le brouillard, peuplée de foules : l'Angleterre séparée de Rome. Il y voyait Pie IX portant une torche — la foi catholique — dont la lumière dissipait peu à peu la brume.[38]
Dominique pressa Don Bosco de rapporter cette vision au pape. Le prêtre le fit, lors d'une audience en 1858, l'année qui suivit la mort de l'enfant. Pie IX lui répondit : « Questo mi conferma nel mio proposito di lavorare energicamente a favore dell'Inghilterra, a cui ho già rivolto le mie più vive sollecitudini. Tal racconto, se non altro, mi è come consiglio di un'anima buona. » (« Ceci me confirme dans mon propos de travailler avec énergie en faveur de l'Angleterre, à laquelle j'ai déjà tourné mes plus vives sollicitudes. Un tel récit m'est, pour le moins, comme le conseil d'une âme bonne. »).[39]
La mort à Mondonio (9 mars 1857)
Dès l'été 1856, la santé de Dominique décline.[40] Affaibli par une affection pulmonaire — les sources hésitent entre une pleurésie et une phtisie naissante —, il doit quitter l'Oratoire le 1ᵉʳ mars 1857 pour retrouver sa famille à Mondonio, dans l'espoir d'une guérison.[41] Les saignées répétées que lui inflige le médecin, selon l'usage médical du temps, ne firent vraisemblablement qu'aggraver son état.[42]
Il s'éteint le 9 mars 1857, à quatorze ans, après avoir reçu les derniers sacrements. Son père, à son chevet, lui récitait les prières des agonisants. Selon le récit de Don Bosco, l'enfant s'illumina soudain et prononça ses dernières paroles :
« Oh ! quelle belle chose je vois ! » — Dominique Savio, dernières paroles, 9 mars 1857, rapportées par Jean Bosco[43]
Ces mots, où la tradition a vu l'annonce de la vision béatifique, ont profondément marqué Don Bosco, qui en fera le sommet de sa biographie. La mort sereine de cet enfant devient, dans toute la spiritualité salésienne, le type même de la « bonne mort » préparée par une vie de grâce.[44]
La Vita de Don Bosco et ses sources
La mémoire de Dominique Savio repose d'abord sur une source primaire exceptionnelle : la biographie rédigée par son propre directeur spirituel, témoin oculaire de sa vie quotidienne. Mais Don Bosco y reprend aussi les relations écrites du chapelain Zucca (chap. II), de don Allora (chap. V), de don Cugliero (chap. VI), du professeur Picco et la lettre du père de Dominique (chap. XXVI) : il assure ne rapporter que ce que lui ou les élèves ont vu, d'après des témoignages écrits conservés (préface).[45] À ces sources s'ajoutent le procès ordinaire de 1908 et le procès apostolique de 1914.[46]
« Vie du jeune Dominique Savio, élève de l'Oratoire de Saint-François-de-Sales » — tel est le titre du livret que Don Bosco publie en janvier 1859, moins de deux ans après la mort de l'enfant, dans la collection des Letture Cattoliche.[47]
Imprimée d'abord chez G. B. Paravia à Turin, la Vita connaît du vivant de Don Bosco cinq éditions revues par l'auteur (1859, 1860, 1861, 1866 et 1878, dernière soignée par Don Bosco), signe de son immense succès populaire.[48] Elle a été rééditée et annotée au XXᵉ siècle par le salésien Alberto Caviglia, puis intégrée à l'édition critique des Fonti salesiane (p. 1026-1089).[49]
Les faits publics (dates, lieux, fondation de la Compagnie) sont solidement attestés ; les épisodes mystiques sont le témoignage de Don Bosco, qui les garantit comme vus de ses yeux. Le décret du 9 juillet 1933 déclare l'héroïcité de ses vertus ; sa béatification (1950) puis sa canonisation (1954) reposent sur des miracles obtenus après sa mort.[50][51]
De la Vénérabilité à la canonisation (1933-1954)
L'objection : un enfant peut-il être héroïque ?
Le procès de Dominique Savio a buté sur une objection théologique de fond : la canonisation suppose l'exercice des vertus à un degré héroïque. Or comment un enfant de quatorze ans aurait-il pu pratiquer l'héroïsme des vertus, qui semble réclamer la durée, l'épreuve et la maturité ? L'examen se fit avec la sévérité accoutumée (« colla consueta severità »), en trois congrégations dont une « Nuova Preparatoria ».[52] La cause, instruite par les enquêtes du cardinal Richelmy (1908-1909) puis introduite le 11 février 1914 par Pie X, n'avait guère progressé après la mort de ce dernier (« la causa non fece grandi progressi »).[53]
Le tableau suivant récapitule les étapes officielles de cette cause :
| Étape de la cause | Date | Pape | Portée |
|---|---|---|---|
| Décret d'héroïcité des vertus (Vénérable) | 9 juillet 1933 | Pie XI | Reconnaissance des vertus héroïques |
| Béatification | 5 mars 1950 | Pie XII | Culte autorisé localement |
| Canonisation | 12 juin 1954 | Pie XII | Inscription au canon des saints |
La réponse de Pie XII
La canonisation a lieu le 12 juin 1954, en pleine Année mariale marquant le centenaire du dogme de l'Immaculée Conception — coïncidence chère à la dévotion salésienne.[54] Dominique est canonisé le même jour que d'autres figures de l'Église du XIXᵉ siècle, dont le martyr Pierre Chanel.[55]
Dans son discours prononcé place Saint-Pierre pour les cinq saints du jour, Pie XII répond directement à l'objection de la jeunesse en faisant de cette jeunesse même le miracle de la grâce :
« Voici qu'apparaît à nos regards l'image de Dominique Savio, frêle adolescent au corps débile, mais à l'âme tendue dans une pure oblation de soi à l'amour souverainement délicat et exigeant du Christ. » — Pie XII, discours du 12 juin 1954, place Saint-Pierre[56]
Le pape ajoute que là où l'on attendrait, à un âge si tendre, de simples bonnes dispositions, on découvre au contraire « avec stupeur les voies merveilleuses des inspirations de la grâce ».[57] Le décret du 9 juillet 1933 s'ouvre sur la parole de la Sagesse : « consummatus in brevi, explevit tempora multa » (« parvenu en peu de temps à la perfection, il a fourni une longue carrière », Sg 4, 13) ; et le même jour, Pie XI expliquait cette brièveté accomplie par la pureté, la piété et l'apostolat d'un adolescent « che non ha nessuno di quei grandi aiuti » (« qui n'a aucun de ces grands secours »).[58] Le même Pie XI, après la lecture du décret sur l'héroïcité des vertus, avait parlé de son « petit, ou plutôt grand élève, Dominique Savio » (« il suo piccolo, anzi grande alunno ») — formule qui résume le paradoxe d'une grandeur spirituelle logée dans un corps d'enfant.[59]
Dominique Savio devient ainsi le plus jeune saint non-martyr de l'histoire de l'Église, statut qu'il conservera jusqu'à la canonisation des petits voyants de Fatima, François et Jacinthe Marto, en 2017.[60]
Patronages
Sa mémoire est fixée au 9 mars, jour de sa mort (formule de canonisation de 1954 ; fiche du Dicastère pour les Causes des saints) ; le 6 mai est la date propre à la Famille salésienne et aux diocèses du Piémont, choisie pour sortir du Carême.[61] Dominique est honoré comme patron des enfants de chœur et des servants d'autel, des personnes injustement accusées et des jeunes délinquants.[62] La tradition italienne l'invoque aussi pour les pueri cantores, les servants d'autel et les femmes enceintes.[63] Ces patronages ont des racines dans sa vie : la calomnie supportée en silence à l'école de Mondonio (Vita, chap. VI) et l'épisode de l'accouchement de sa mère.[64]
Le songe de Don Bosco (1876)
Près de vingt ans après la mort de Dominique, Don Bosco rapporta à ses élèves un songe (« sogno ») où son ancien élève lui apparaissait en gloire. Il l'eut à Lanzo dans la nuit du 6 décembre 1876 et le raconta à Valdocco le soir du 22 décembre : c'est l'un des plus célèbres récits de la tradition salésienne.[65]
Don Bosco décrit Dominique vêtu d'une tunique blanche piquée de diamants, ceint d'une large bande rouge constellée de pierres précieuses, couronné de roses, « si beau qu'il avait l'air d'un ange ». À la question de Don Bosco sur ce qui l'avait le plus consolé à l'heure de la mort, l'enfant répond :
« Ce qui me réconforta le plus fut l'assistance de la puissante et bienveillante Mère du Sauveur, Marie très sainte. Dis à tes jeunes qu'ils n'oublient pas de la prier tant qu'ils sont en vie. » — Dominique Savio, songe rapporté par Don Bosco, Lanzo, 1876[66]
Comme les extases et la vision pour l'Angleterre, ce récit est le témoignage de Don Bosco. Mais il dit admirablement le cœur de la spiritualité savienne : une dévotion mariale ardente, scellée le jour de la première communion par le choix de Jésus et Marie pour seuls amis.[67]
Pour aller plus loin
- Saint Jean Bosco (1815-1888) — le maître, directeur spirituel et biographe de Dominique, fondateur des Salésiens.
- Saint Joseph Cafasso (1811-1860) — le prêtre turinois qui forma Don Bosco, autre saint du Piémont du XIXᵉ siècle.
- Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897) — la « petite voie » de l'enfance spirituelle, à rapprocher de la spiritualité de Dominique.
- Le dogme de l'Immaculée Conception (1854) — proclamé l'année même de l'entrée de Dominique à Valdocco, au cœur de sa dévotion mariale.
- Saint Pierre Chanel (1803-1841) — martyr canonisé le même jour que Dominique Savio, le 12 juin 1954.
- Pie IX (1792-1878) — le pape de la vision pour l'Angleterre et de la proclamation de l'Immaculée Conception.
Notes et références
« Dominic Savio », en.wikipedia.org : en.wikipedia.org. Date traditionnelle salésienne de la première communion (8 avril 1849, jour de Pâques), statut de plus jeune saint non-martyr jusqu'à 2017 (Francisco et Jacinta Marto), affection pulmonaire (« probably pleurisy »), saignées, départ de l'Oratoire (1ᵉʳ mars 1857), mort (9 mars 1857), patronages (enfants de chœur, servants d'autel, personnes injustement accusées, jeunes délinquants), épisode du duel à coups de pierres.
1 14 34 41 42 60 62« Canonizzazione, 12-06-1954 — Papa Pio XII », causesanti.va (Dicastère pour les Causes des Saints) : causesanti.va. Date de la canonisation, saints canonisés le même jour (dont Pierre Chanel) et mémoire liturgique au 9 mars.
2 51 54 55 61Giuseppe Pignatelli, « Domenico Savio, santo », Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 40, Istituto della Enciclopedia Italiana (Treccani), 1991 : treccani.it. Naissance (2 avril 1842, San Giovanni di Riva), famille (Carlo Savio, maréchal-ferrant ; Brigida Gaiato), première communion à sept ans (« a sette anni, mentre allora era uso non farla prima dei dieci-dodici »), déménagements (Murialdo 1844, Mondonio 1853), rencontre de Don Bosco (2 octobre 1854), entrée à Valdocco (29 octobre 1854), signes de dons charismatiques, déclin de la santé dès l'été 1856, lenteur de la cause après la mort de Pie X (« la causa non fece grandi progressi »), procès ordinaire (1908) et procès apostolique (1914).
3 9 11 12 13 17 25 26 33 36 40 46 53Giovanni Bosco, Vita del giovanetto Savio Domenico, 1859, sur les quatre résolutions de première communion, consignées dans son livre de dévotion (« in un libro di devozione »). Texte original italien : « Mi confesserò molto sovente e farò la comunione tutte le volte che il confessore mi darà licenza ; voglio santificare i giorni festivi ; i miei amici saranno Gesù e Maria ; la morte ma non peccati. »
4 15 16Giovanni Bosco, Vita del giovanetto Savio Domenico, chap. VII : la rencontre du 2 octobre 1854 — « vedo un fanciullo accompagnato da suo padre », don Cugliero ayant recommandé l'enfant auparavant ; le dialogue de l'étoffe : « Eh! mi pare che ci sia buona stoffa. – A che può servire questa stoffa? – A fare un bell'abito da regalare al Signore » ; puis l'épreuve de la page des Letture Cattoliche, apprise mot pour mot (« letteralmente ») en huit minutes à peine (« non più di otto minuti »). (Fonti salesiane 1, doc. 306, p. 1038-1039.)
5 18 19 20 21 22 23 24Giovanni Bosco, Vita del giovanetto Savio Domenico, paroles de Dominique à son camarade Camillo Gavio. Texte original italien : « Sappi che noi qui facciamo consistere la santità nello stare molto allegri. Noi procureremo soltanto di evitar il peccato, come un gran nemico che ci ruba la grazia di Dio e la pace del cuore, di adempiere esattamente i nostri doveri e frequentare le cose di pietà. » (Fonti salesiane 1, doc. 306, p. 1065.)
6 29 30Éditions de la Vita : première parution dans les Letture Cattoliche, année VI, fascicule XI, janvier 1859 ; cinq éditions revues par Don Bosco (1859, 1860, 1861, 1866 et 1878, dernière soignée par lui) ; étude d'Alberto Caviglia, « Savio Domenico e Don Bosco. Studio » (Opere e scritti editi e inediti di Don Bosco, vol. IV, SEI, 1943) ; texte repris dans Fonti salesiane 1. Don Bosco e la sua opera, LAS, Rome, 2014, doc. 306, p. 1026-1089.
7 47 48 49Giovanni Bosco (saint Jean Bosco), Vita del giovanetto Savio Domenico allievo dell'Oratorio di San Francesco di Sales, Turin, Tipografia G. B. Paravia e Comp., 1859 — biographie de référence. Texte cité d'après l'édition critique, Fonti salesiane 1. Don Bosco e la sua opera, LAS, Rome, 2014, doc. 306, p. 1026-1089 ; pour l'édition originale de 1859, cf. Opere edite (OE), vol. XI, p. 150-292.
8 28 44 64« San Domenico Savio », it.wikipedia.org : it.wikipedia.org. Patronages dans la tradition italienne (pueri cantores, servants d'autel, femmes enceintes) et contexte de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception (8 décembre 1854).
10 63La consécration du 8 décembre 1854 — « Maria, vi dono il mio cuore… » — rapportée par Don Bosco, Vita del giovanetto Savio Domenico, chap. VIII (Fonti salesiane 1, doc. 306, p. 1041) ; reprise par le décret du 9 juillet 1933 et rappelée par Pie XII le 12 juin 1954.
27Giovanni Bosco, Vita del giovanetto Savio Domenico, chap. XVI : à propos des humbles services (cirer les chaussures, brosser les habits, servir les malades). Texte original italien : « Ciascuno faccia quel che può, soleva dire: io non sono capace di far cose grandi, ma quello che posso, voglio farlo a maggior gloria di Dio; e spero che Iddio nella sua infinita bontà vorrà gradire queste miserabili mie offerte » (Fonti salesiane 1, doc. 306, p. 1062).
31La Compagnie de l'Immaculée Conception (8 juin 1856), rapportée par Don Bosco, Vita del giovanetto Savio Domenico, chap. XVII (Fonti salesiane 1, doc. 306, p. 1063).
32La garantie de Don Bosco sur son témoignage : « riferisco cose che ho vedute cogli occhi miei, assicuro che scrivo scrupolosamente la verità », Vita del giovanetto Savio Domenico, chap. XX (Fonti salesiane 1, doc. 306, p. 1070).
35Les actions de grâces prolongées après la communion, rapportées par Don Bosco, Vita del giovanetto Savio Domenico, chap. XX (Fonti salesiane 1, doc. 306, p. 1070-1071).
37La vision pour l'Angleterre et les paroles de Pie IX en 1858, rapportées par Don Bosco, Vita del giovanetto Savio Domenico, chap. XX (Fonti salesiane 1, doc. 306, p. 1073) : « Questo mi conferma nel mio proposito di lavorare energicamente a favore dell'Inghilterra, a cui ho già rivolto le mie più vive sollecitudini. Tal racconto, se non altro, mi è come consiglio di un'anima buona. » Témoignage de Don Bosco.
38 39Giovanni Bosco, Vita del giovanetto Savio Domenico, 1859, récit de la mort. Texte original italien : « Oh ! che bella cosa io vedo mai ! » (9 mars 1857, Mondonio).
43Les relations écrites reprises dans la Vita : le chapelain Zucca (chap. II), don Allora (chap. V), don Cugliero (chap. VI), le professeur Picco et la lettre du père de Dominique (chap. XXVI) ; Don Bosco assure n'y rapporter que ce que lui ou les élèves ont vu, d'après des témoignages écrits conservés (préface, Fonti salesiane 1, doc. 306, p. 1026).
45Le décret sur l'héroïcité des vertus (9 juillet 1933) — examen « colla consueta severità » en trois congrégations dont une « Nuova Preparatoria », incipit « consummatus in brevi, explevit tempora multa » (Sg 4, 13) — et le discours de Pie XI du même jour (« che non ha nessuno di quei grandi aiuti » ; « il suo piccolo, anzi grande alunno, il Venerabile Domenico Savio ») : Rivista Diocesana Torinese, août 1933, p. 145-150 (décret et discours p. 147).
50 52 58 59Pie XII, Discorso in occasione della canonizzazione dei Santi Pietro Chanel, Gaspare del Bufalo, Giuseppe Pignatelli, Domenico Savio e Maria Crocifissa di Rosa, place Saint-Pierre, dimanche 12 juin 1954. Texte original italien : « Ecco apparire al nostro sguardo l'immagine di Domenico Savio, gracile adolescente, dal corpo debole, ma dall'anima tesa in una pura oblazione di sé all'amore sovranamente delicato ed esigente di Cristo. In una età così tenera si attenderebbe di trovare piuttosto buone e amabili disposizioni di spirito, e invece si scoprono in lui con stupore le vie maravigliose delle ispirazioni della grazia. » (Texte officiel vérifié sur vatican.va.)
56 57Le songe de Don Bosco (« sogno ») : eu à Lanzo dans la nuit du 6 décembre 1876, raconté à Valdocco le soir du 22 décembre. Référence : Memorie biografiche XII, p. 585-596 (éd. anglaise, vol. XII, p. 431-442).
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