Pierre-Julien Eymard (La Mure, 1811 — La Mure, 1868) est un prêtre français du XIXᵉ siècle, fondateur de la Congrégation du Saint-Sacrement et des Servantes du Saint-Sacrement, universellement connu comme l'« Apôtre de l'Eucharistie ».[1][2] Coutelier de naissance, oblat puis curé de campagne, enfin mariste, il consacre la seconde moitié de sa vie à une intuition unique : remettre Jésus présent dans le Saint-Sacrement au centre de la vie chrétienne, et susciter autour du tabernacle un peuple d'adorateurs.[3][4]
Sa vie est une lente montée vers cette grâce de fondateur. Tenté très jeune par la vie religieuse, brisé par la maladie, ordonné prêtre pour le diocèse de Grenoble, il croit d'abord trouver sa place chez les Maristes. Mais le 21 janvier 1851, devant la Vierge de Fourvière, à Lyon, mûrit la conviction qui le portera jusqu'à la mort : fonder une société d'hommes tout entière vouée à l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement.[5][6] Le 13 mai 1856, à Paris, avec l'accord de l'archevêque Mgr Sibour, il fonde sa congrégation ; le 6 janvier 1857, dans un bâtiment délabré de la rue d'Enfer, l'Eucharistie est exposée pour la première fois devant ses deux premiers compagnons.[7][8]
Ami du curé d'Ars, qui bénit son projet et prophétisa qu'il « aurait beaucoup à souffrir », Eymard meurt épuisé dans sa ville natale le 1er août 1868.[9] Béatifié par Pie XI en 1925, canonisé par Jean XXIII le 9 décembre 1962 — au lendemain de la clôture de la première session du concile Vatican II —, le 9 décembre 1995, Jean-Paul II fait inscrire sa mémoire au Calendrier romain général, avec fête au 2 août, le décret le présentant comme un « apôtre éminent de l'Eucharistie ».[10][11] Sa spiritualité, centrée sur la présence réelle, l'adoration et l'abandon total à la volonté divine, fait de lui l'un des grands précurseurs du renouveau eucharistique du XXᵉ siècle.
Un enfant du Dauphiné (1811-1839)
Naissance à La Mure (4 février 1811)
Pierre-Julien Eymard naît le 4 février 1811 à La Mure, bourg du plateau matheysin, au sud de Grenoble, dans le Dauphiné.[12][13] Il est le dernier des enfants — le dixième selon la tradition familiale — de Julien Eymard, modeste artisan et commerçant. Le père est coutelier et presseur d'huile, métier lié aux noyers de la région ; il est aussi, depuis 1817, membre de la Confrérie des Pénitents du Saint-Sacrement de La Mure, un détail qui dit assez le climat eucharistique dans lequel l'enfant grandit.[14]
La donnée parfois reprise d'un père « forgeron » provient d'une notice anglophone erronée : les sources françaises convergent toutes vers le métier de coutelier et de marchand d'huile.[15]
Très tôt, le petit Pierre-Julien manifeste un attrait précoce pour l'Eucharistie. La tradition rapporte qu'on le retrouvait, enfant, agenouillé derrière le maître-autel de l'église, la tête contre le tabernacle, « pour être plus près de Jésus ». Sa sœur aînée Marianne, qui est aussi sa marraine, veille sur sa piété naissante ; il lui écrira, des années plus tard, que le jour de son baptême demeure « le plus beau jour de [sa] vie ».[16]
« C'est un si beau jour pour moi, c'est le plus beau jour de ma vie : c'est aujourd'hui que j'ai eu le bonheur d'être baptisé. » — Pierre-Julien Eymard, lettre à ses sœurs Marianne et Anne, jour anniversaire de son baptême[17]
Une vocation contrariée : les Oblats de Marie Immaculée (1829)
L'appel au sacerdoce se heurte d'abord à l'opposition du père, qui veut garder son fils à l'huilerie, puis à la fragilité de sa santé. Après la mort de sa mère, Pierre-Julien apprend seul le latin et, le 7 juin 1829, entre au noviciat des Oblats de Marie Immaculée (OMI), à Marseille, dans la maison de Saint-Just.[18][19] Il y prend l'habit tout en poursuivant ses études — mais l'excès de zèle et de mortifications ruine sa santé.
Atteint d'une maladie grave, jugé perdu par les médecins, il doit quitter le noviciat après cinq mois et rentrer à La Mure.[20][21] Lui-même évoquera plus tard ce jeune homme « étendu dans un lit, condamné à mort par tous les médecins » à vingt ans, et s'étonnera de la providence qui l'a laissé vivre.[22] Cette première brisure — une vocation religieuse interrompue par la maladie — marquera durablement sa manière d'accompagner les âmes éprouvées.
« Qui aurait dit, à vingt ans, étendu dans un lit, condamné à mort par tous les médecins, que je vivrais encore quinze ans ? […] le Bon Dieu m'a fait de bien grandes grâces. » — Pierre-Julien Eymard[23]
Le séminaire de Grenoble et l'ordination (1834)
Rétabli, il entre au grand séminaire de Grenoble en 1831 — l'année même où meurt son père. Le 20 juillet 1834, à vingt-trois ans, il est ordonné prêtre pour le diocèse de Grenoble.[24][25] Il célèbre sa première messe à la basilique Notre-Dame de l'Osier, sanctuaire marial du Dauphiné.
Le jeune curé : Chatte et Monteynard
Prêtre diocésain, Eymard exerce d'abord comme vicaire à Chatte, puis devient curé de la paroisse de Monteynard (Mont-Saint-Eynard selon certaines notices).[26][27] Curé zélé, prédicateur infatigable, il se dépense sans compter, restaure la ferveur eucharistique de ses paroissiens et révèle déjà ce qui sera la note dominante de toute sa vie : la dévotion au Saint-Sacrement. Mais il pressent que Dieu l'appelle plus loin que la cure de campagne.
Le mariste (1839-1856)
Entrée dans la Société de Marie
En 1839, Pierre-Julien quitte le clergé diocésain pour entrer dans la Société de Marie (les Maristes), congrégation récemment fondée par Jean-Claude Colin.[28][29] Il prononce ses vœux le 16 février 1840. Sa valeur spirituelle est vite reconnue : il devient directeur spirituel du collège mariste de Belley, puis visiteur provincial, et exerce un ministère intense de prédication et de direction des âmes.[30]
Directeur du Tiers-Ordre de Marie à Lyon
À partir de 1845-1846, Eymard est nommé directeur du Tiers-Ordre de Marie à Lyon.[31] C'est là qu'il déploie un véritable ministère d'accompagnement : autour de lui se forme un groupe de tertiaires, surtout des femmes, qu'il forme par ses conférences sur la vie intérieure et qu'il dirige par lettres. Sa correspondance — plus de 2 200 lettres adressées à 251 destinataires, dont environ 850 de pure direction spirituelle — naît de ce ministère et constitue aujourd'hui la principale source de sa pensée.[32]
C'est dans ce cadre lyonnais qu'il reçoit dans le Tiers-Ordre de Marie, le 8 décembre 1846, un curé de campagne qui en deviendra un promoteur enthousiaste : Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars.[33]
La grâce de Fourvière (21 janvier 1851)
Le tournant décisif a lieu le 21 janvier 1851. En pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Fourvière, à Lyon, Eymard fait à Marie la promesse de consacrer sa vie à fonder une congrégation vouée à l'adoration eucharistique.[34][35] Ce que la tradition eymardienne appelle la « grâce de Fourvière » n'est pas une vision spectaculaire, mais la cristallisation d'une certitude intérieure : le clergé et le peuple chrétien se sont éloignés du Saint-Sacrement, et il faut susciter des hommes qui en feront le centre de leur vie.
À partir de cette grâce, écrit l'un de ses premiers biographes, « il ne concevra plus de vie chrétienne qu'eucharistique ».[36] Une autre grâce, reçue le 18 avril 1853 à La Seyne-sur-Mer, viendra confirmer et préciser ce projet d'un « ordre eucharistique ».[37]
Le curé d'Ars, ami et prophète
Les rapports entre Eymard et le curé d'Ars sont un chapitre célèbre de l'histoire spirituelle du XIXᵉ siècle. Eymard se rend fréquemment à Ars ; en 1854, gravement malade lors d'une de ses visites, il repart guéri après que Vianney eut prié pour lui.[38] Surtout, en 1856, au moment où germe la fondation, le curé d'Ars bénit le projet et, en plein catéchisme, désigne publiquement le visiteur à la foule :
« Ce religieux, c'est le Père Eymard ; il aura beaucoup à souffrir : qu'il ne se décourage pas. » — Jean-Marie Vianney, curé d'Ars (1856)[39]
La relation n'est pas pour autant idéalisée : dans une lettre de 1851, Eymard juge « bien ordinaire » l'avis de Vianney sur le témoignage de la voyante de La Salette — preuve que ces deux saints se fréquentaient en hommes libres, non en figures de vitrail.[40] Leur dernière rencontre a lieu en mai 1859, quelques mois avant la mort du curé d'Ars.[41]
Le fondateur de l'Eucharistie (1856-1868)
La fondation de la Société du Saint-Sacrement (13 mai 1856)
Pour réaliser sa mission, Eymard doit accomplir le sacrifice le plus douloureux de sa vie : quitter les Maristes, sa famille religieuse depuis dix-sept ans. Avec l'autorisation de Mgr Sibour, archevêque de Paris, il fonde le 13 mai 1856, à Paris, la Société du Saint-Sacrement — la future Congrégation du Saint-Sacrement (Pères du Saint-Sacrement, SSS).[42][43] Son premier compagnon est Raymond de Cuers, ancien officier de marine.
Le dénuement des débuts est extrême. La jeune communauté s'installe dans un bâtiment délabré au 114 rue d'Enfer (aujourd'hui avenue Denfert-Rochereau, Paris XIVᵉ).[44] L'approbation pontificale de Pie IX viendra confirmer l'œuvre le 3 juin 1863.[45]
La première adoration (6 janvier 1857)
Le 6 janvier 1857, en la fête de l'Épiphanie, le Saint-Sacrement est exposé pour la première fois dans la chapelle de la nouvelle société, et la communauté naissante — deux membres seulement — commence l'adoration.[46] Cette date est considérée comme l'acte de naissance réel du charisme eymardien : un peuple d'hommes prosternés devant l'Hostie, dans l'esprit des mages venus adorer l'Enfant-Roi. L'adoration ira « en s'augmentant », comme l'écrit Eymard lui-même, gagnant peu à peu d'autres villes.[47]
Les Servantes du Saint-Sacrement (1858-1864)
Eymard veut donner à son œuvre un versant féminin et contemplatif. Dès 1858, avec Marguerite Guillot — qui prendra le nom de Mère Marguerite du Saint-Sacrement —, il rassemble le noyau des Servantes du Saint-Sacrement, vouées à l'adoration perpétuelle.[48][49] La fondation canonique de la branche féminine se fera à Angers en 1864.[50]
L'Œuvre de la première communion des adultes
À Paris, Eymard découvre une plaie de la société industrielle naissante : une multitude d'adultes — ouvriers, domestiques, déshérités — qui n'ont jamais fait leur première communion, faute d'instruction religieuse. Il fonde alors l'Œuvre de la première communion des adultes, les catéchise patiemment et les conduit à la table eucharistique.[51] Cette œuvre dit la cohérence profonde de sa spiritualité : l'adoration n'est jamais une dévotion repliée sur elle-même, mais le foyer d'une mission — donner Jésus eucharistique aux plus pauvres.
| Fondation eymardienne | Date | Lieu | Finalité |
|---|---|---|---|
| Société du Saint-Sacrement (Pères) | 13 mai 1856 | Paris | Adoration perpétuelle, vie sacerdotale eucharistique |
| Première exposition / adoration | 6 janvier 1857 | Paris, rue d'Enfer | Acte de naissance du charisme |
| Servantes du Saint-Sacrement | 1858 (noyau) / 1864 (Angers) | Paris puis Angers | Branche féminine contemplative |
| Œuvre de la première communion des adultes | années 1850-1860 | Paris | Catéchèse et communion des déshérités |
La spiritualité eucharistique d'Eymard
« Sauver les âmes par la divine Eucharistie »
Le cœur de la doctrine d'Eymard tient en une conviction missionnaire : l'indifférence religieuse de son siècle vient de ce qu'on a oublié l'Eucharistie, « le don de Dieu ». La remède n'est pas d'abord moral mais eucharistique : remettre Jésus présent au centre, et il transformera les âmes.
« Il faut vite se mettre à l'œuvre, sauver les âmes par la divine Eucharistie, et réveiller la France et l'Europe engourdie dans son sommeil d'indifférence, parce qu'elle ne connaît pas le don de Dieu, Jésus l'Emmanuel eucharistique. C'est la torche de l'amour qu'il faut porter dans les âmes tièdes. » — Pierre-Julien Eymard, lettre à Mᵐᵉ Tholin-Bost[52]
L'adoration : « le Centre de tout »
Pour Eymard, le Saint-Sacrement n'est pas un objet de dévotion parmi d'autres : il est « le Centre de tout », selon la formule que retiendra le postulateur de sa cause.[53] Toute la vie chrétienne — prière, vertus, apostolat — doit converger vers le tabernacle et en repartir. Il en tire une règle exigeante du discernement des dévotions :
« Toute dévotion qui n'a pas une tente sur le Calvaire et une autour du Tabernacle n'est pas une piété solide et ne fera jamais rien de grand. » — Pierre-Julien Eymard[54]
Le « don de la personnalité » (Rome, 21 mars 1865)
Le sommet de sa vie spirituelle est une grâce reçue à Rome, où il était venu pour une affaire de fondation. Durant une retraite de plusieurs semaines chez les Rédemptoristes (villa Caserta), le 21 mars 1865, fête de saint Benoît, Eymard reçoit ce qu'il appelle le « don de la personnalité » : un dépouillement total de son moi, une remise absolue de tout son être au Christ.[55] Il s'y engage par vœu :
« J'ai fait le vœu perpétuel de ma personnalité à Notre Seigneur Jésus-Christ entre les mains de la très sainte Vierge Marie et de saint Joseph, sous le patronage de saint Benoît : rien pour moi et personne… rien par moi. » — Pierre-Julien Eymard, Rome, 21 mars 1865[56]
Cette grâce de désappropriation rejoint, dans le langage du XIXᵉ siècle, ce que la tradition spirituelle nomme la vie d'abandon : non plus vivre pour soi, mais laisser le Christ vivre et agir en soi.
L'abandon à la volonté de Dieu
Dans sa direction des âmes, Eymard revient sans cesse sur une seule maxime : l'abandon à la sainte volonté de Dieu, qu'il appelle « la grande loi de vie » et « la vertu souveraine de Jésus ».[57] Cette insistance le place dans le grand courant de la spiritualité de la confiance et de l'abandon : faire la volonté de Dieu, c'est soumettre sa volonté à la sienne. C'est le premier pas, distinct de vivre DANS la Divine Volonté — n'avoir plus qu'une seule volonté avec Dieu, don du troisième Fiat révélé à Luisa Piccarreta — que cet abandon prépare sans s'y confondre.
« Abandonnez-vous toujours bien à la sainte volonté de Dieu sur vous, bonne fille ; vous savez que c'est votre grande loi de vie, votre grâce et votre unique vertu ; mais elle est la mère de toutes les autres ; elle est la vertu souveraine de Jésus. » — Pierre-Julien Eymard, lettre du 16 mars 1866[58]
L'Eucharistie, grandeur unique parmi les œuvres du Christ
Eymard insiste sur la grandeur unique de l'Eucharistie parmi les œuvres du Christ : don total, présence permanente et silencieuse de Jésus au tabernacle, autour de laquelle toute la vie de l'Église devrait s'organiser.[59][60] C'est cette intuition que prolongera, un siècle plus tard, tout le mouvement des congrès eucharistiques et de l'adoration perpétuelle.
Mort, gloire et postérité
La mort à La Mure (1er août 1868)
Usé par les fondations, les contradictions et les pénitences, Eymard voit sa santé décliner. À l'été 1868, épuisé, il revient dans sa ville natale de La Mure. Il y meurt le 1er août 1868, à cinquante-sept ans, d'une hémorragie cérébrale, ayant donné jusqu'au bout sa vie à l'œuvre eucharistique.[61][62] La prophétie du curé d'Ars — « il aura beaucoup à souffrir » — s'était accomplie.
Béatification (1925) et canonisation (1962)
La cause d'Eymard suit son cours au XXᵉ siècle. Déclaré Vénérable en 1908 par Pie X, il est béatifié le 12 juillet 1925 par Pie XI.[63]
La date de béatification est parfois donnée par erreur en 1926 : la congrégation et les sources françaises confirment le 12 juillet 1925 ; c'est l'ouverture de la cause de canonisation qui date de 1926.[64]
La canonisation a lieu le 9 décembre 1962, par Jean XXIII, au terme de la première session du concile Vatican II, devant une assemblée d'environ soixante cardinaux et plus de deux mille évêques.[65] Il est canonisé le même jour qu'Antoine-Marie Pucci et François-Marie de Camporosso. Le décret le qualifie sobrement de « Confesseur ».[66]
« Apôtre éminent de l'Eucharistie » (décret du 9 décembre 1995)
Le surnom d'« Apôtre de l'Eucharistie » est attesté dans l'acte qui inscrit Eymard au Calendrier romain général : le 9 décembre 1995, Jean-Paul II y fait inscrire sa mémoire, au rang de mémoire facultative, avec fête liturgique fixée au 2 août, jour qu'elle occupe aujourd'hui (elle avait d'abord été célébrée le 3 août, puis le 1er août après la canonisation).[67][68][69] Selon la biographie officielle publiée par sa congrégation, le décret le reconnaît comme « an outstanding apostle of the Eucharist » — « un apôtre éminent de l'Eucharistie ».[70]
Héritage : un précurseur du renouveau eucharistique
L'intuition d'Eymard a largement débordé sa congrégation. Le renouveau de l'adoration perpétuelle, le mouvement des congrès eucharistiques internationaux (à partir de 1881), la spiritualité de la présence réelle au XXᵉ siècle, jusqu'au regain contemporain de l'adoration chez les jeunes générations, prolongent tous, à leur manière, le cri du fondateur : remettre Jésus-Hostie « au centre ». La Congrégation du Saint-Sacrement et les Servantes du Saint-Sacrement, présentes sur plusieurs continents, perpétuent son charisme.[71]
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 4 février 1811 | Naissance à La Mure (Isère) |
| 7 juin 1829 | Entrée au noviciat des Oblats de Marie Immaculée à Marseille ; maladie, départ |
| 20 juillet 1834 | Ordination sacerdotale pour le diocèse de Grenoble |
| 1839 | Entrée dans la Société de Marie (Maristes) |
| 1845-1846 | Directeur du Tiers-Ordre de Marie à Lyon |
| 21 janvier 1851 | Grâce de Fourvière : promesse de fonder une œuvre eucharistique |
| 13 mai 1856 | Fondation de la Société du Saint-Sacrement à Paris |
| 6 janvier 1857 | Première exposition et adoration, rue d'Enfer |
| 1858 / 1864 | Noyau puis fondation des Servantes du Saint-Sacrement (Angers) |
| 3 juin 1863 | Approbation pontificale de Pie IX |
| 21 mars 1865 | Grâce du « don de la personnalité » à Rome |
| 1er août 1868 | Mort à La Mure |
| 1908 / 1925 / 1962 | Vénérable / Béatifié / Canonisé |
Pour aller plus loin
- Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) — le curé d'Ars, ami d'Eymard, qui bénit sa fondation et prophétisa ses souffrances.
- Saint Alphonse de Liguori (1696-1787) — docteur de l'Église et auteur des Visites au Saint-Sacrement, source majeure de la dévotion eucharistique moderne dont Eymard est l'héritier.
- Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897) — autre figure de l'abandon et de la confiance, contemporaine de la postérité eymardienne.
- Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) — apôtre de la consécration totale, parent spirituel du « don de la personnalité » eymardien.
- La Divine Volonté — le don de vivre dans la Volonté divine, distinct de l'abandon eymardien qui y dispose.
Notes et références
Catholic Encyclopedia (NewAdvent), "Pierre-Julien Eymard" : newadvent.org/cathen/05735b.htm. Notice de référence : naissance le 4 février 1811 à La Mure d'Isère (diocèse de Grenoble), entrée au noviciat des Oblats de Marie en 1829 interrompue par la maladie, ordination le 20 juillet 1834, entrée chez les Maristes, pèlerinage à Fourvière en janvier 1851 et promesse de fonder une congrégation, première exposition du Saint-Sacrement le 6 janvier 1857, fondation des Servantes du Saint-Sacrement en 1858, mort à La Mure le 1er août 1868. (La notice attribue par erreur le titre de « Provincial des Oblats » : il s'agit des Maristes.)
1 5 7 12 21 24 29 30 34 46 48 62Wikipédia (FR), "Pierre-Julien Eymard" : fr.wikipedia.org. Détails biographiques : père coutelier et presseur d'huile, membre de la Confrérie des Pénitents du Saint-Sacrement (1817) ; entrée chez les Maristes ; approbation de Pie IX le 3 juin 1863 ; relation nuancée avec le curé d'Ars (lettre de 1851 sur La Salette) ; mort le 1er août 1868 par hémorragie cérébrale ; béatification le 12 juillet 1925. À recouper avec les sources primaires.
2 13 14 15 19 27 40 45 61Pierre-Julien Eymard, Conseils de vie spirituelle — extraits de sa correspondance, Nouvelle Cité, Bruyères-le-Châtel, 2015 (ISBN 9782853137720), textes tirés des Œuvres complètes, éd. Centro Eucaristico / Nouvelle Cité, 17 vol., 2008. Source primaire des citations : lettre anniversaire de baptême à ses sœurs (« le plus beau jour de ma vie ») ; rappel de sa maladie de jeunesse (« condamné à mort par tous les médecins ») ; lettres à Mᵐᵉ Tholin-Bost sur l'urgence de « sauver les âmes par la divine Eucharistie » et « la tente sur le Calvaire et autour du Tabernacle » ; lettre à Mᵐᵉ Joséphine Gourd du 16 mars 1866 (CO 1766 ; IV, 373) sur l'abandon à la volonté de Dieu « vertu souveraine de Jésus » ; formule « le Centre de tout » rapportée par le postulateur Edmond Tenaillon (préface des Lettres de direction, 1901). La correspondance compte 2 212 lettres à 251 destinataires.
3 16 17 22 23 31 32 36 37 47 52 53 54 57 58 59Chapelle Corpus Christi (Congrégation du Saint-Sacrement), biographie de Pierre-Julien Eymard : chapellecorpuschristi.fr. Fondation à Paris le 13 mai 1856 avec l'autorisation de Mgr Sibour ; Œuvre de la première communion des adultes ; noyau des Servantes du Saint-Sacrement en 1858 avec Marguerite Guillot et fondation à Angers en 1864 ; permanence du charisme d'adoration.
4 43 49 50 51 60 71Nominis (Église catholique de France), "Saint Pierre-Julien Eymard" : nominis.cef.fr. Fils d'un commerçant d'un village près de Grenoble ; entrée dans la Société de Marie en 1839 ; grâce de vocation à Fourvière le 21 janvier 1851 ; fête liturgique le 2 août.
6 28 35 69Wikipedia (EN), "Peter Julian Eymard" : en.wikipedia.org. Ordination le 20 juillet 1834 pour le diocèse de Grenoble ; vicaire à Chatte puis curé (Mont-Saint-Eynard / Monteynard) ; consentement des autorités de Paris le 13 mai 1856 à la « Society of the Blessed Sacrament » ; première exposition publique le 6 janvier 1857 dans un bâtiment délabré au 114 rue d'Enfer. ⚠️ Cette notice contient des erreurs à ne pas reprendre : père « blacksmith » (forgeron), entrée chez les Maristes en « 1837 », béatification en « 1926 » — corrigées par les sources françaises et la congrégation.
8 25 26 42 44Sanctuaire d'Ars, "Saint Pierre-Julien Eymard" : arsnet.org. Réception du curé d'Ars dans le Tiers-Ordre de Marie le 8 décembre 1846 ; guérison d'Eymard à Ars en 1854 après la prière de Vianney ; bénédiction du projet de fondation en 1856 et parole publique en plein catéchisme (« Ce religieux, c'est le Père Eymard, il aura beaucoup à souffrir, qu'il ne se décourage pas ») ; dernière rencontre en mai 1859.
9 33 38 39 41Eymardian Places (Congrégation du Saint-Sacrement), "Canonisation" : eymardianplaces.com/biography/canonisation et "Decree of Canonisation, 9 December 1962" : eymardianplaces.com. Béatification par Pie XI le 12 juillet 1925 ; canonisation par Jean XXIII le 9 décembre 1962 au terme de la première session de Vatican II, en même temps qu'Antoine-Marie Pucci et François-Marie de Camporosso ; décret qualifiant les trois nouveaux saints de « Confesseurs » ; déplacements successifs de la fête (3 août → 1er août en 1962 → 2 août en 1995).
10 63 64 65 66 68Congrégation du Saint-Sacrement (SSS), biographie officielle du fondateur (« Life Story », notice tirée du livret des Œuvres complètes, pp. 3-9) : ssscongregatio.org — « Le 9 décembre 1995, le pape Jean-Paul II inscrit son nom au calendrier universel de l'Église et fixe sa fête liturgique au 2 août, le reconnaissant comme “an outstanding apostle of the Eucharist” » ; la session de formation des Associés cite le décret de 1995 : « he truly deserves to be called an outstanding apostle of the Eucharist ». Le texte du décret romain lui-même (Congrégation pour le Culte divin) n'a pas été consulté directement : la formule est donnée ici telle que la rapporte la congrégation.
11 67 70Oblats de Marie Immaculée (OMI), notice "Eymard, Pierre-Julien" : omiworld.org. Entrée au noviciat OMI de Marseille (Saint-Just) le 7 juin 1829 ; « il travailla trop, tomba malade et dut quitter le noviciat après cinq mois ».
18 20Congrégation du Saint-Sacrement (SSS), "Le don de soi du Père Eymard" : ssscongregatio.org. Retraite romaine de 1865 chez les Rédemptoristes (villa Caserta) ; grâce du « don de la personnalité » reçue le 21 mars 1865 (fête de saint Benoît) ; texte du vœu : « rien pour moi et personne… rien par moi ».
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