Saint Luc l'Évangéliste (Ier siècle)

Saint Luc, médecin d'Antioche et compagnon fidèle de saint Paul, est l'auteur du troisième Évangile et des Actes des Apôtres. Évangéliste de la miséricorde et de Marie, il nous a transmis l'enfance du Christ ; la tradition en fait le premier peintre de la Vierge.

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Saint Luc — en grec Loukas — est l'auteur du troisième Évangile et des Actes des Apôtres : deux livres qui, réunis, sont à peu près aussi longs que les quatorze épîtres de saint Paul.[1] Médecin de profession, Grec de culture, originaire d'Antioche de Syrie selon la tradition la plus ancienne,[2] il est très probablement le seul auteur non-juif de l'Écriture sainte.[3] Saint Paul, dont il fut le compagnon fidèle, le désigne d'un mot resté célèbre : « Luc, le médecin bien-aimé ».[4]

Luc n'a pas vu le Christ de ses yeux. Il s'est fait l'historien des témoins oculaires : après s'être « informé exactement de tout depuis les origines », il en a écrit pour Théophile « l'exposé suivi ».[5] De cette enquête est né l'Évangile de la miséricorde : celui du bon Samaritain, de l'enfant prodigue, du bon larron et de Zachée ; celui des pauvres, des femmes et des pécheurs pardonnés ; celui de la prière, de l'Esprit Saint et de la joie.[6]

C'est aussi par Luc que nous connaissons l'enfance du Sauveur — l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, la Présentation au Temple — et les cantiques que l'Église chante chaque jour, le Benedictus, le Magnificat et le Nunc dimittis, tandis que le chant des anges de Bethléem ouvre l'hymne du Gloria.[7] Parce qu'il a recueilli ce que Marie « gardait fidèlement en son cœur », une tradition attestée dès le VIᵉ siècle a vu en lui le premier peintre de la Vierge.[8]

Représenté par le taureau ailé et fêté le 18 octobre, saint Luc mourut, selon un prologue ancien de son Évangile, à quatre-vingt-quatre ans, « rempli de l'Esprit Saint », en Béotie.[9] Son corps repose à Padoue, où une enquête scientifique conduite de 1998 à 2001 n'a rien trouvé qui démente la tradition.[10] Dante l'a désigné d'une formule restée attachée à son nom : « le scribe de la mansuétude du Christ ».[11]

Qui est saint Luc l'Évangéliste ?

Loukas : un nom grec et un médecin

Le nom de l'évangéliste, Loukas, est grec : c'est sans doute l'abréviation de Lucanus, comme Démas abrège Démétrius et Apollos Apollonius.[12] Il dit déjà l'essentiel : Luc appartient au monde hellénistique, non au judaïsme palestinien. Saint Paul le nomme trois fois, dans les lettres aux Colossiens, à Philémon et à Timothée, et chaque fois aux côtés de Marc, l'autre évangéliste qui n'était pas apôtre.[13] La première de ces mentions précise son métier :

« Luc, le médecin bien-aimé, vous salue, ainsi que Démas. » — Lettre aux Colossiens 4, 14[14]

C'est le seul endroit de l'Écriture qui nomme le métier d'un évangéliste. Ce métier supposait une éducation libérale, et l'on en a cherché la trace dans la langue de Luc. En 1882, l'Irlandais William Kirk Hobart releva dans l'Évangile et les Actes un grand nombre de mots et de tournures communs avec les médecins grecs Hippocrate, Arétée, Galien et Dioscoride.[15] Le grand historien protestant Adolf von Harnack, figure de l'exégèse libérale allemande, se rangea à cette conclusion :

« Il est pour ainsi dire certain, d'après le sujet et plus encore d'après le style de cette grande œuvre, que son auteur était médecin de profession. » — Adolf von Harnack, Lukas der Arzt (Luc le médecin), 1906[16]

En 1920, l'Américain Henry J. Cadbury contesta la portée de ces rapprochements, en montrant que bien des termes relevés se lisent aussi chez d'autres auteurs cultivés.[17] Mais l'argument, observait déjà Alfred Plummer, est cumulatif : deux ou trois rencontres avec la langue des médecins peuvent être fortuites, leur grand nombre ne l'est pas. Et la profession de Luc ne dépend pas de ce débat : saint Paul lui-même l'atteste. Luc écrit d'ailleurs, avec l'auteur de l'épître aux Hébreux, le grec le plus soigné du Nouveau Testament.[18]

Le seul auteur non-juif du Nouveau Testament ?

Un indice discret, mais décisif, situe Luc parmi les chrétiens venus du paganisme. Dans la lettre aux Colossiens, Paul transmet d'abord les salutations d'Aristarque, de Marc et de Jésus dit Justus : « De ceux qui nous sont venus de la Circoncision, ce sont les seuls qui travaillent avec moi pour le Royaume de Dieu. » Il nomme ensuite, séparément, Épaphras, Luc et Démas.[19] Par cette coupure, l'Apôtre range Luc parmi les non-circoncis.

De là vient une conviction largement reçue : Luc serait le seul auteur non-juif de toute la Bible. Sa connaissance de la Septante et des usages juifs, saint Jérôme l'expliquait par un passage de Luc au judaïsme comme prosélyte, avant sa conversion au Christ.[20] Cette origine éclaire son œuvre. Lui qui vient des nations écrit pour les nations : il fait remonter la généalogie de Jésus non pas à Abraham, père d'Israël, mais à Adam, père de tous les hommes (Lc 3, 38) ; son Évangile s'ouvre et se ferme au Temple de Jérusalem, mais les Actes conduisent la Parole jusqu'à Rome, capitale du monde. Luc est l'évangéliste de l'universalité du salut.

Originaire d'Antioche de Syrie

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La tradition la plus ancienne fait de Luc un natif d'Antioche de Syrie, la grande métropole où, selon les Actes, « pour la première fois, les disciples reçurent le nom de “chrétiens” » (Ac 11, 26). Eusèbe de Césarée l'affirme au début du IVᵉ siècle :

« Luc, issu d'une famille d'Antioche et médecin de profession, fut le plus longtemps le compagnon de Paul et vécut d'une façon suivie dans la société des autres apôtres. Il nous a laissé la preuve qu'il avait appris d'eux l'art de guérir les âmes, puisqu'il nous a donné deux livres inspirés de Dieu. » — Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 4, 6[21]

Saint Jérôme le dit à son tour « médecin d'Antioche »,[22] et le prologue ancien de son Évangile en fait un « Syrien d'Antioche ».[23] Le Codex Bezae, très ancien manuscrit grec et latin des Évangiles et des Actes, va jusqu'à faire entrer Luc dans le récit dès l'Église d'Antioche, en plaçant un « nous » en Actes 11, 28 : la leçon n'est pas originale, mais elle reflète une tradition très ancienne.[24] Que l'évangéliste de l'universalité soit né dans la ville où l'Église s'est ouverte aux païens et a reçu son nom n'a rien d'indifférent : Antioche est le berceau de la mission, et Luc en sera l'historien.

Luc, compagnon de l'apôtre Paul

L'écho de la prédication de Paul

Luc n'est pas l'un des Douze, ni un témoin de la vie publique de Jésus. Il entre dans l'histoire sainte comme compagnon de saint Paul, à qui l'Église le rattache indissolublement. Le Fragment de Muratori, liste des livres saints que l'on date généralement de la seconde moitié du IIᵉ siècle, le dit en quelques lignes :

« Le troisième livre de l'Évangile est selon Luc. Ce Luc, médecin, après l'Ascension du Christ, alors que Paul l'avait pris avec lui comme compagnon de route, l'écrivit en son nom, d'après ce qu'il avait recueilli — lui non plus n'a pas vu le Seigneur dans la chair — ; et, autant qu'il a pu s'en informer, il commence ainsi son récit à la naissance de Jean. » — Fragment de Muratori, lignes 2 à 9[25]

Vers 180, saint Irénée fait de Luc la mémoire de la prédication de l'Apôtre des nations :

« Luc, le compagnon de Paul, a consigné dans un livre l'Évangile prêché par celui-ci. » — Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 1, 1[26]

Cette dépendance n'abaisse pas Luc : elle l'élève. Comme saint Marc est l'interprète de Pierre, Luc est l'écho fidèle de Paul. Son Évangile et ses Actes portent la marque de la prédication paulinienne : la grâce offerte à tous, la miséricorde qui précède la Loi, le salut des païens.

Les sections « nous » des Actes

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La preuve interne la plus frappante de la présence de Luc auprès de Paul se trouve dans les Actes des Apôtres. À Troas, au chapitre 16, le récit, jusque-là à la troisième personne, passe brusquement à la première personne du pluriel : « Aussitôt après cette vision, nous cherchâmes à partir pour la Macédoine » (Ac 16, 10).[27] Ces passages — les « sections-nous » — reviennent lors du voyage vers Jérusalem, puis pendant le transfert de Paul prisonnier vers Rome, naufrage de Malte compris, jusqu'à l'arrivée : « Quand nous fûmes entrés dans Rome… » (Ac 28, 16).

Depuis l'Antiquité, on y reconnaît le journal de bord d'un témoin oculaire : l'auteur des Actes était aux côtés de Paul, et l'Antiquité attribue d'une voix unanime ce livre à Luc.[28] Ces « nous » sont les rares moments où l'évangéliste, d'ordinaire effacé, laisse percer sa propre présence. Eusèbe le relevait déjà : Luc composa l'Évangile d'après ceux qui furent témoins dès le commencement, mais les Actes « non pas après les avoir entendu raconter, mais après les avoir vus de ses yeux ».[29]

Fidèle jusqu'au bout : « Seul Luc est avec moi »

Marc avait un temps quitté Paul et Barnabé en Pamphylie (Ac 13, 13 ; 15, 38) ; Luc, lui, incarne la fidélité constante. Il accompagne Paul dans ses voyages, se tient à ses côtés pendant sa captivité, lorsque l'Apôtre écrit aux Colossiens et à Philémon, et demeure près de lui à l'heure la plus sombre. Dans sa dernière lettre, écrite de prison peu avant son martyre, alors que d'autres compagnons l'ont quitté, Paul écrit :

« Seul Luc est avec moi. » — Deuxième lettre à Timothée 4, 11[30]

Ce verset est le portrait spirituel de Luc en un mot : la présence fidèle. Là où d'autres se dispersent, lui demeure. La lettre à Philémon le comptait déjà parmi les « collaborateurs » de Paul.[31] La tradition prolonge cette fidélité au-delà de la mort de l'Apôtre : selon le prologue ancien de son Évangile, Luc servit le Seigneur sans relâche, sans épouse ni enfant, et écrivit son Évangile en Achaïe, c'est-à-dire en Grèce.[32]

L'œuvre de saint Luc : un Évangile et les Actes

Une œuvre en deux tomes dédiée à Théophile

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L'originalité de Luc dans le Nouveau Testament est d'avoir écrit non pas un livre, mais deux tomes d'une même œuvre : l'Évangile, qui va de l'annonce faite à Zacharie jusqu'à l'Ascension, et les Actes des Apôtres, qui vont de l'Ascension à Paul prisonnier à Rome. Les deux livres sont adressés au même destinataire, Théophile (« ami de Dieu ») : l'Évangile l'appelle « excellent Théophile », titre que les Actes donnent aussi aux gouverneurs Félix et Festus (Ac 23, 26 ; 26, 25), et les Actes s'ouvrent ainsi : « J'ai consacré mon premier livre, ô Théophile, à tout ce que Jésus a fait et enseigné » (Ac 1, 1).[33]

Cette construction fait de Luc le premier historien de l'Église. Avant lui, personne n'avait raconté le passage du Christ aux apôtres, de Jérusalem à Rome, de la synagogue aux nations. Les Actes sont un livre unique : sans eux, nous ne saurions presque rien de la Pentecôte ni du premier martyr Étienne, et nous ne pourrions suivre les voyages de Paul que par bribes, à travers ses lettres.

Le prologue de l'historien

L'Évangile de Luc s'ouvre par une phrase qui n'a pas d'équivalent dans les trois autres : un véritable prologue d'historien, dans un grec très soigné, où l'auteur expose sa méthode.

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole, j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé exactement de tout depuis les origines d'en écrire pour toi l'exposé suivi, excellent Théophile, pour que tu te rendes bien compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus. » — Évangile selon saint Luc 1, 1-4[34]

Ce prologue est capital : il dément l'idée que les Évangiles seraient des constructions tardives et anonymes. Luc revendique une enquête, des sources, des témoins oculaires, et un but précis — donner au lecteur la certitude (asphaleia) de ce qu'il a reçu. Sa rigueur a été mise à l'épreuve : partout où l'archéologie a permis de vérifier ses affirmations, elles se sont révélées exactes.[35] L'archéologue écossais William Mitchell Ramsay, qui confronta les Actes aux inscriptions et aux sites d'Asie Mineure dans de nombreux ouvrages, en tira cette conclusion :

« Luc est un historien de premier ordre : non seulement ses affirmations de fait sont dignes de confiance, mais il possède le véritable sens historique. […] En somme, cet auteur doit être placé parmi les plus grands historiens. » — Sir William Mitchell Ramsay, The Bearing of Recent Discovery on the Trustworthiness of the New Testament, 1915[36]

L'Évangile n'est pas un mythe : c'est le fruit d'une recherche historique, conduite par un homme qui a interrogé les survivants de la première génération.

L'Évangile de la miséricorde

S'il fallait résumer l'Évangile de Luc d'un mot, ce serait : miséricorde. Aucun évangéliste n'a montré aussi tendrement un Sauveur penché sur les pécheurs, les méprisés, les exclus — d'où le titre que lui donne Dante, « scriba mansuetudinis Christi », le scribe de la douceur du Christ.[37]

C'est Luc seul qui rapporte la promesse faite au bon larron sur la croix ; lui seul conserve la prière « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font » ; lui seul raconte la pécheresse pardonnée chez Simon, et la conversion de Zachée le publicain.[38] Tout l'Évangile de Luc tend vers cette parole-programme :

« Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » — Évangile selon saint Luc 19, 10[39]

Les paraboles propres à saint Luc

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Une grande part des paraboles les plus aimées du Christ ne nous sont parvenues que par Luc : la Catholic Encyclopedia en compte dix-huit qui lui sont propres, de même que six des vingt miracles qu'il raconte.[40] Sans lui, nous ignorerions le bon Samaritain, l'enfant prodigue, la drachme perdue, le pharisien et le publicain, le riche et Lazare, l'ami importun ou le juge inique. Au chapitre 15, Luc réunit les trois paraboles de la miséricorde : la brebis perdue, que Matthieu rapporte aussi, puis la drachme perdue et le fils prodigue, qui n'appartiennent qu'à lui.[41]

« Tandis qu'il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement. » — Évangile selon saint Luc 15, 20, parabole de l'enfant prodigue[42]

« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands […]. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. » — Évangile selon saint Luc 10, 30.33, parabole du bon Samaritain[43]

L'Évangile des pauvres et des petits

Luc est aussi l'évangéliste des pauvres. Là où Matthieu écrit « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre », les Béatitudes de Luc disent : « Heureux, vous les pauvres », et y joignent : « Mais malheur à vous, les riches ! »[44] C'est lui qui rapporte la parabole du riche et de Lazare, le chant de Marie qui célèbre le Dieu qui « a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles », et l'avertissement constant contre l'argent qui ferme le cœur.

Cette préférence pour les petits — les bergers de Bethléem, les publicains, les Samaritains méprisés, les lépreux — fait de l'Évangile de Luc le livre par excellence de la tendresse de Dieu pour les abaissés. Le salut y vient toujours par en bas.

L'Évangile des femmes

Aucun évangéliste n'accorde aux femmes une place comparable à celle de Luc. Lui seul nomme Élisabeth, Anne la prophétesse, Jeanne et Suzanne ; lui seul raconte la veuve de Naïm, les femmes qui assistaient Jésus de leurs biens et l'accueil du Seigneur chez Marthe et Marie, deux sœurs que saint Jean connaît aussi.[45] Et surtout, c'est Luc qui nous transmet le visage de Marie : l'Annonciation, la Visitation, le Magnificat, la Présentation, l'enfance de Jésus, dont sa mère « gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur ».[46]

Luc place encore les femmes parmi les premiers témoins de la foi : ce sont elles qui, au matin de Pâques, trouvent le tombeau vide et l'annoncent aux Onze (Lc 24, 1-10). Cette attention n'est pas un féminisme moderne projeté sur le texte : c'est le reflet du regard du Christ lui-même, que l'évangéliste de la miséricorde a su recueillir mieux que tout autre.

L'Évangile de l'Esprit Saint, de la prière et de la joie

Trois autres traits achèvent le portrait du livre de Luc. C'est l'Évangile de l'Esprit Saint, qui vient sur Marie, remplit Élisabeth et Zacharie, repose sur Siméon, et que Jésus promet aux siens — l'Esprit qui éclatera à la Pentecôte au début des Actes. C'est l'Évangile de la prière : Luc montre Jésus priant aux grands tournants de sa vie, et lui seul donne la parabole de l'ami importun et celle du juge inique sur la prière persévérante. C'est enfin l'Évangile de la joie : il commence et s'achève dans l'allégresse, et Jésus lui-même y « tressaillit de joie sous l'action de l'Esprit Saint ».[47]

L'Évangile de l'enfance et les cantiques

Annonciation, Visitation, Nativité

Seuls saint Matthieu et saint Luc racontent l'enfance du Christ, chacun de façon indépendante.[48] Mais c'est à Luc que l'Église doit l'annonce à Zacharie, l'Annonciation à Marie par l'ange Gabriel, la Visitation à Élisabeth, la Nativité à Bethléem avec l'Enfant couché dans une crèche, l'annonce aux bergers, la Présentation au Temple, et Jésus retrouvé parmi les docteurs à douze ans. Les mystères joyeux du Rosaire suivent presque pas à pas ce récit, et l'Angélus en reprend la scène de l'Annonciation.[49]

« Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! » — Évangile selon saint Luc 1, 38, réponse de Marie à l'ange[50]

Les quatre grands cantiques de l'Église

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L'Évangile de l'enfance contient quatre cantiques que la prière de l'Église reprend sans cesse :

  • le Magnificat de Marie (Lc 1, 46-55), chanté chaque soir aux Vêpres ;
  • le Benedictus de Zacharie (Lc 1, 68-79), chanté chaque matin aux Laudes ;
  • le Gloria in excelsis Deo des anges (Lc 2, 14), qui ouvre l'hymne du Gloria, chanté à la messe des dimanches hors de l'Avent et du Carême, des solennités et des fêtes ;
  • le Nunc dimittis de Siméon (Lc 2, 29-32), chanté chaque soir aux Complies.

L'Église demande d'entourer les trois cantiques évangéliques de la Liturgie des Heures de la même solennité que la proclamation de l'Évangile.[51]

« Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur, parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante. […] Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles. » — Magnificat, Évangile selon saint Luc 1, 46-48.52[52]

D'où Luc tient-il les récits de l'enfance ?

Comment Luc, qui n'a pas connu Jésus, a-t-il pu transmettre ce que nul autre n'a rapporté de l'enfance du Sauveur et des pensées intimes de sa Mère ? Par deux fois, l'évangéliste semble en livrer lui-même la source :

« Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » — Évangile selon saint Luc 2, 19[53]

Le même refrain revient après le recouvrement de Jésus au Temple : « sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur » (Lc 2, 51). Nul autre que Marie ne pouvait savoir ce qu'elle méditait ainsi : ces versets désignent discrètement la mémoire de la Vierge, ou celle de son entourage immédiat dans l'Église de Jérusalem, comme la source des récits de l'enfance. C'est de là que naîtra la plus belle des traditions sur saint Luc — celle du peintre de la Vierge.

Saint Luc, premier iconographe

La tradition du peintre de la Vierge

Salus Populi Romani, Sainte-Marie-Majeure, Rome. Auteur inconnu ; Wikimedia Commons, domaine public.

Une tradition ancienne, attestée dès le VIᵉ siècle et enracinée en Orient comme en Occident, fait de saint Luc le premier peintre d'icônes : il aurait peint, du vivant même de la Vierge, son portrait avec l'Enfant Jésus. L'historien byzantin Théodore le Lecteur rapporte, au début du VIᵉ siècle, que l'impératrice Eudocie envoya de Jérusalem à Constantinople une icône de la Mère de Dieu peinte par Luc ; le Ménologe de l'empereur Basile II, vers 980, puis Nicéphore Calliste, au XIVᵉ siècle, le disent peintre.[54]

Cette tradition n'est pas une légende décorative. Elle exprime une vérité profonde : de tous les évangélistes, c'est Luc qui a peint Marie avec des mots, son Évangile étant le seul à nous donner son visage intérieur. La Catholic Encyclopedia le note à la suite de l'exégète anglican Alfred Plummer : il est certain que Luc fut un artiste, au moins en ce sens que ses descriptions de l'Annonciation, de la Visitation, de la Nativité, des bergers, de la Présentation ou de la brebis perdue sont devenues les thèmes favoris des peintres chrétiens.[55]

Salus Populi Romani, Hodegetria et les madones de saint Luc

Plusieurs des plus célèbres images mariales de la chrétienté sont, par tradition, attribuées au pinceau de saint Luc : la Salus Populi Romani de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, l'Hodegetria de Constantinople (« Celle qui montre le chemin »), ou encore la Vierge noire de Częstochowa, en Pologne. L'icône romaine, attestée depuis 847, passe pour une copie de l'image dont parle Théodore le Lecteur.[56] Les historiens datent ces œuvres de siècles postérieurs aux temps apostoliques : l'icône de Częstochowa, par exemple, de l'époque byzantine, au VIᵉ ou au VIIᵉ siècle.[57] Mais l'attribution à Luc dit la conviction que l'image vraie de Marie remonte à l'évangéliste.

C'est pourquoi saint Luc est devenu, à travers le Moyen Âge et la Renaissance, le patron des peintres et des artistes. À Anvers, peintres, sculpteurs, verriers, brodeurs et orfèvres se réunirent dès 1382 dans une guilde de Saint-Luc.[58] Les peintres ont aimé représenter l'évangéliste au travail devant la Vierge : dans le Saint Luc dessinant la Vierge de Rogier van der Weyden, vers 1435-1440, le visage de Luc pourrait même être un autoportrait du peintre.[59]

La spiritualité de saint Luc

Le médecin des âmes

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La profession de Luc n'est pas un détail biographique : elle est devenue une clé spirituelle. Eusèbe parle déjà de « l'art de guérir les âmes » que Luc avait appris des apôtres.[60] Le médecin du corps s'est fait l'évangéliste de la guérison intérieure : son livre est plein de mains tendues, de plaies pansées — l'huile et le vin du bon Samaritain —, de cœurs relevés. Luc rapporte la parole où Jésus se présente lui-même en médecin : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades ; je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, au repentir » (Lc 5, 31-32).

Saint Luc enseigne ainsi que la miséricorde n'est pas un sentiment vague mais un soin concret : se pencher sur le blessé du bord du chemin, le charger sur sa monture, payer pour lui. Dès le IIIᵉ siècle, Origène rapportait la lecture d'un ancien pour qui le blessé figure Adam, Jéricho le monde, et le Samaritain le Christ ; l'hôtellerie, ouverte à tous ceux qui veulent y entrer, est l'Église.[61]

Le chantre de la joie et de l'action de grâce

La spiritualité de Luc est tout entière traversée par la joie et l'action de grâce. Son Évangile s'ouvre sur le tressaillement de Jean-Baptiste dans le sein d'Élisabeth, éclate dans le Magnificat, chante avec les anges de Bethléem, et se referme sur les disciples qui retournent à Jérusalem « en grande joie », « constamment dans le Temple à louer Dieu » (Lc 24, 52-53).

Cette joie n'est pas naïve : elle naît au cœur même de la pauvreté, de la Croix et du pardon. Luc montre que la joie chrétienne véritable est celle du pécheur retrouvé, du publicain justifié, du larron sauvé au dernier instant : « il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n'ont pas besoin de repentir » (Lc 15, 7).

L'effacement du témoin fidèle

Comme Marc, Luc n'a laissé ni doctrine personnelle ni grand discours sur lui-même. Il s'efface derrière les témoins qu'il interroge, derrière Paul qu'il accompagne, derrière Marie dont il garde les souvenirs. Les rares « nous » des Actes sont les seuls moments où il consent à apparaître. Toute sa grandeur est là : avoir rendu audible la voix des autres, et d'abord celle du Christ et de sa Mère.

C'est le modèle de tout serviteur de la Parole et de tout chrétien : non pas se mettre en avant, mais transmettre fidèlement ce que l'on a reçu, « pour que tu te rendes bien compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus » (Lc 1, 4).

Le culte de saint Luc

Le taureau ailé : pourquoi Luc est un bœuf

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De tous les symboles des évangélistes, celui de Luc est le taureau (ou veau) ailé, l'un des quatre Vivants du tétramorphe — homme, lion, taureau, aigle — décrits par Ézéchiel et l'Apocalypse, que les Pères ont rapportés aux quatre évangélistes. Saint Irénée, vers 180, voyait déjà dans le veau l'image de Luc, parce que son Évangile commence par le sacerdoce et le sacrifice du prêtre Zacharie ; saint Jérôme fixa en 398 la répartition que l'Église a retenue : l'homme pour Matthieu, le lion pour Marc, le taureau pour Luc, l'aigle pour Jean.[62]

Le taureau est, dans l'Ancienne Loi, l'animal du sacrifice. Il évoque ainsi le sacerdoce et l'offrande du Christ, que Luc fait pressentir dès la première page : son livre s'ouvre dans le Temple, avec l'encens offert par Zacharie, et se ferme dans le Temple, où les disciples louent Dieu. Tout son récit monte vers Jérusalem et vers la Passion, comme vers le sacrifice par excellence.

Où et comment saint Luc est-il mort ?

Après la mort de Paul, Luc aurait poursuivi sa prédication en Grèce. Le prologue ancien de son Évangile, dont la première partie remonte sans doute à la seconde moitié du IIᵉ siècle, rapporte sa mort en ces termes :

« Ayant servi le Seigneur sans relâche, sans épouse ni enfant, il s'endormit à quatre-vingt-quatre ans en Béotie, rempli de l'Esprit Saint. » — Prologue dit anti-marcionite de l'Évangile de Luc[63]

Une autre préface latine ancienne de l'Évangile donne soixante-quatorze ans et la Bithynie, leçon que la Catholic Encyclopedia tient pour une faute de copiste au lieu de la Béotie ; c'est pourtant la Bithynie que retenait le Martyrologe romain traditionnel.[64] La tradition grecque situe à Thèbes, la principale cité de Béotie, le premier tombeau de l'évangéliste.[65] La manière de sa mort est moins sûre que son lieu : le prologue évoque une fin paisible, tandis que le Martyrologe dit qu'il avait « beaucoup souffert pour le nom du Christ » ; la question d'un martyre proprement dit reste discutée.[66]

Saint Luc a-t-il été canonisé ?

Saint Luc n'a jamais fait l'objet d'un procès de canonisation, et il n'en avait pas besoin. Comme les apôtres et les martyrs des premiers siècles, il appartient aux saints dont le culte précède toute procédure : dans l'Église ancienne, l'honneur public rendu aux saints s'établissait par l'usage des Églises, avec l'accord de leurs évêques. À partir de la fin du XIᵉ siècle, les papes encadrèrent cette pratique : Alexandre III (1159-1181) interdit de vénérer comme saint quiconque sans l'autorité de l'Église romaine, et Urbain VIII réserva en 1634 au seul Saint-Siège la canonisation comme la béatification.[67] Pour Luc, le titre de saint repose sur l'Écriture elle-même, qui le montre au service de l'Évangile, et sur un culte ininterrompu depuis l'Antiquité.

Le Martyrologe romain traditionnel l'annonçait ainsi au 18 octobre : « En Bithynie, naissance au ciel de saint Luc, évangéliste, qui, après avoir beaucoup souffert pour le nom du Christ, mourut rempli de l'Esprit Saint. Ses ossements furent ensuite transférés à Constantinople, et de là portés à Padoue. » Au même jour, le même livre précise pour saint Paul de la Croix et pour saint Pierre d'Alcantara le nom du pape qui les a inscrits au nombre des saints ; pour l'évangéliste, rien de tel : sa sainteté est reçue de tout temps.[68]

Le corps de saint Luc : de Thèbes à Constantinople, Padoue et Prague

Tombeau de saint Luc, Santa Giustina, Padoue. Photo Didier Descouens, 2016, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 ; taille réduite.

Le destin des reliques de saint Luc est l'un des mieux documentés de l'Antiquité chrétienne. Enseveli d'abord à Thèbes de Béotie, son corps fut transféré à Constantinople en 357, sous l'empereur Constance II, et déposé dans l'église des Saints-Apôtres, avec les reliques de saint André. Saint Jérôme en témoigne :

« Il fut enseveli à Constantinople, ville dans laquelle, la vingtième année de Constance, ses ossements furent transférés avec les restes de l'apôtre André. » — Saint Jérôme, Des hommes illustres, chapitre 7[69]

Le corps gagna ensuite l'Italie à une date inconnue, antérieure à 1177 — peut-être sous Julien l'Apostat, peut-être pendant la crise iconoclaste — et repose depuis à Padoue, dans l'abbatiale bénédictine Santa Giustina.[70] En 1354, l'empereur Charles IV en fit détacher le crâne, aujourd'hui vénéré à la cathédrale Saint-Guy de Prague. Le 17 septembre 2000, l'évêque de Padoue remit au métropolite orthodoxe Hiéronymos de Thèbes une côte de l'évangéliste, déposée dans le tombeau vide de Thèbes : un geste voulu comme un signe de réconciliation entre catholiques et orthodoxes.[71]

L'enquête scientifique de 1998 sur la tombe de Padoue

La demande du métropolite de Thèbes, adressée en 1992 à l'évêque de Padoue, Mgr Antonio Mattiazzo, posait une question simple : les ossements de Santa Giustina sont-ils vraiment ceux de saint Luc ? Le sarcophage fut ouvert le 17 septembre 1998 par une commission présidée par Vito Terribile Wiel Marin, professeur à l'université de Padoue ; une trentaine de spécialistes y travaillèrent jusqu'au 6 juin 2001.[72] Le cercueil de plomb, dont les dimensions s'ajustent au tombeau de Thèbes, contenait le squelette presque complet d'un homme mort à soixante-dix ans au moins ; des traces de larves sur les os et sur le plomb suggèrent que le corps s'est décomposé dans ce cercueil même.[73] Le crâne venu de Prague s'ajusta exactement à la première vertèbre du squelette.[74]

Deux laboratoires, à Tucson et à Oxford, datèrent les os au carbone 14 : la mort se situe entre 72 et 416 après J.-C., fourchette qui inclut la fin du Iᵉʳ siècle. L'ADN mitochondrial extrait d'une dent fut comparé à des populations actuelles de Syrie, de Grèce et d'Anatolie.[75] Les généticiens conclurent :

« Les données génétiques indiquent qu'un remplacement du corps de l'évangéliste Luc par celui d'un individu grec est peu probable. » — Cristiano Vernesi, Guido Barbujani et al., Proceedings of the National Academy of Sciences, 2001[76]

Une origine syrienne est la plus probable — celle-là même qu'affirme la tradition d'Antioche ; une origine anatolienne, qui pourrait trahir une substitution à Constantinople, n'est pas exclue.[77] Aucune de ces données ne prouve à elle seule l'identité de saint Luc ; mais aucune ne contredit la tradition, et plusieurs la rejoignent de façon frappante. Le diocèse de Padoue le rappelait en 2025 : les résultats n'ont pas démenti la tradition selon laquelle les restes de Santa Giustina sont bien ceux de l'auteur du troisième Évangile et des Actes.[78]

Fête liturgique et patronages

L'Église latine célèbre saint Luc le 18 octobre, comme l'Église orthodoxe, qui le fête le même jour comme apôtre et évangéliste.[79] La prière de sa fête, dans la Liturgie des Heures, résume toute sa mission :

« Dieu qui as choisi saint Luc pour révéler, par sa parole et ses écrits, le mystère de ton amour envers les pauvres ; accorde à ceux qui se réclament de ton nom d'être un seul cœur et une seule âme, et à tous les peuples du monde la grâce de voir ton salut. » — Liturgie des Heures, oraison de la fête de saint Luc, 18 octobre[80]

Saint Luc est le patron des médecins, en raison de sa profession ; des artistes, et des iconographes en particulier, en raison de la tradition du peintre de la Vierge ; et des catéchistes, lui qui écrivit pour que Théophile mesure la sûreté des enseignements reçus.[81] Représenté en évangéliste écrivant, accompagné du taureau ailé, ou en peintre devant le portrait de la Vierge, il demeure l'une des figures les plus aimées du christianisme : celui par qui nous connaissons l'enfance du Christ, la tendresse du Père pour les pécheurs, et le cœur de Marie, qui « gardait fidèlement toutes ces choses ».

Pour aller plus loin

  • Saint Paul — l'Apôtre des nations, dont Luc fut le compagnon fidèle et l'écho dans l'Évangile et les Actes.
  • Saint Marc — l'autre évangéliste qui n'était pas apôtre, interprète de Pierre comme Luc fut l'écho de Paul.
  • Saint Matthieu — l'évangéliste de l'homme ailé, qui raconte lui aussi l'enfance du Christ.
  • Saint Étienne — le protomartyr, dont seul le livre des Actes, écrit par Luc, nous a transmis la mort.
  • Saint André l'Apôtre — dont les reliques furent transférées à Constantinople avec celles de Luc.
  • Saint Jérôme — qui fixa la répartition des quatre symboles et témoigne de la translation des reliques.
  • Saint Irénée de Lyon — premier témoin du lien entre Luc et la prédication de Paul.

Notes et références

  1. Cornelius Aherne, « Gospel of Saint Luke », The Catholic Encyclopedia, vol. 9, New York, Robert Appleton Company, 1910 (texte intégral sur New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/09420a.htm). Notice de référence pour l'étymologie du nom (Lucanus), l'origine antiochienne et la condition de non-Juif de Luc (Col 4), l'hypothèse de saint Jérôme d'un ancien prosélyte, les trois mentions pauliniennes toujours associées à Marc, l'ampleur de l'œuvre (« ses deux livres sont à peu près aussi longs que les quatorze épîtres de saint Paul »), un style supérieur à tout le Nouveau Testament sauf l'épître aux Hébreux, le nous du Codex Bezae en Actes 11, 28, les dix-huit paraboles propres à Luc et la place qu'il donne à la prière, l'exactitude que l'archéologie reconnaît à ses récits, l'observation de Plummer sur Luc artiste, et la préface latine qui le fait mourir à soixante-quatorze ans en Bithynie, « probablement une erreur de copiste pour la Béotie » ; la notice note aussi que son martyre est controversé.

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  2. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 4, 6 (vers 325), trad. Émile Grapin, Eusèbe. Histoire ecclésiastique, livres I-IV, Paris, Alphonse Picard et fils, coll. « Textes et documents pour l'étude historique du christianisme », 1911 ; texte en ligne sur la Bibliothek der Kirchenväter de l'université de Fribourg. Le passage se poursuit : Luc composa l'Évangile d'après ceux qui furent dès le commencement les témoins oculaires et les serviteurs de la parole, puis les Actes des Apôtres, « non pas après les avoir entendu raconter, mais après les avoir vus de ses yeux ».

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  3. Lettre aux Colossiens 4, 10-14, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 : après Aristarque, Marc et Jésus dit Justus, « de ceux qui nous sont venus de la Circoncision, ce sont les seuls qui travaillent avec moi pour le Royaume de Dieu » (v. 11) ; Paul transmet ensuite les salutations d'Épaphras, de Luc et de Démas (v. 12-14). Sur l'argument, voir Aherne, Catholic Encyclopedia, « Gospel of Saint Luke ».

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  4. Lettre aux Colossiens 4, 14, dans la traduction d'Augustin Crampon (1923) : « Luc, le médecin bien-aimé, vous salue, ainsi que Démas. » La Bible de Jérusalem (Cerf, 1973) traduit : « Vous avez les salutations de Luc, le cher médecin, et de Démas. » C'est la seule mention explicite, dans le Nouveau Testament, du métier d'un évangéliste.

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  5. Évangile selon saint Luc 1, 1-4, et Actes des Apôtres 1, 1, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 : le prologue adressé à « l'excellent Théophile », et l'ouverture des Actes qui renvoie au « premier livre ».

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  6. Récits propres à Luc : le bon larron (Lc 23, 39-43), la prière « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font » (Lc 23, 34), la pécheresse pardonnée chez Simon (Lc 7, 36-50), Zachée (Lc 19, 1-10), le bon Samaritain (Lc 10, 30-37) et l'enfant prodigue (Lc 15, 11-32). Bible de Jérusalem, Cerf, 1973.

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  7. Les cantiques de l'Évangile de l'enfance : Magnificat (Lc 1, 46-55), Benedictus (Lc 1, 68-79), Gloria in excelsis Deo (Lc 2, 14), Nunc dimittis (Lc 2, 29-32). Présentation générale de la Liturgie des Heures, n° 50 (le Benedictus aux Laudes et le Magnificat aux Vêpres, cantiques en usage depuis des siècles dans l'Église romaine), n° 89 (le cantique évangélique de Complies, sommet de cette Heure) et n° 138 (le Benedictus, le Magnificat et le Nunc dimittis reçoivent la même solennité et la même dignité que l'écoute de l'Évangile) ; Présentation générale du Missel romain (2002), n° 53 : le Gloria se chante ou se dit les dimanches hors de l'Avent et du Carême, aux solennités, aux fêtes et lors de célébrations plus solennelles.

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  8. Sur la tradition de saint Luc peintre de la Vierge : Théodore le Lecteur, Histoire ecclésiastique (début du VIᵉ siècle), rapporte que l'impératrice Eudocie, épouse de Théodose II, envoya de Jérusalem à Constantinople l'icône de la Mère de Dieu peinte par l'apôtre Luc ; le Ménologe de Basile II (vers 980) et Nicéphore Calliste (XIVᵉ siècle) le disent peintre. L'icône de Sainte-Marie-Majeure, attestée depuis 847, passe pour une copie de l'image dont parle Théodore. Voir Aherne, Catholic Encyclopedia, « Gospel of Saint Luke », qui renvoie aux Acta Sanctorum (18 octobre).

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  9. Prologue dit anti-marcionite de l'Évangile de Luc, texte grec : « ὁ Λουκᾶς Ἀντιοχεὺς Σύρος, ἰατρὸς τῇ τέχνῃ, μαθητὴς ἀποστόλων γενόμενος καὶ ὕστερον Παύλῳ παρακολουθήσας μέχρις τοῦ μαρτυρίου αὐτοῦ, δουλεύσας τῷ Κυρίῳ ἀπερισπάστως, ἀγύναιος, ἄτεκνος, ἐτῶν ὀγδοήκοντα τεσσάρων ἐκοιμήθη ἐν τῇ Βοιωτίᾳ, πλήρης πνεύματος ἁγίου ». Le texte précise ensuite qu'il écrivit son Évangile dans la région de l'Achaïe. Version latine éditée par Donatien De Bruyne, Revue bénédictine, 40, 1928, p. 193 et suiv. Sur la datation de sa première partie, à la seconde moitié du IIᵉ siècle : Helmut Koester, Ancient Christian Gospels. Their History and Development, Londres et Philadelphie, SCM Press et Trinity Press International, 1990, p. 335.

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  10. Diocèse de Padoue, communiqué de presse n° 137/2025, 16 octobre 2025 : saint Luc est « patron des médecins, des artistes (iconographes en particulier) et des catéchistes » ; le communiqué rappelle le congrès international consacré à l'évangéliste à Padoue du 16 au 21 octobre 2000, où furent présentés les résultats de la reconnaissance, données qui « n'ont pas démenti la tradition » selon laquelle les restes conservés à Santa Giustina sont ceux de l'auteur du troisième Évangile et des Actes des Apôtres.

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  11. Dante Alighieri, Monarchia, livre I, chap. XVI, § 2 : « hoc etiam scriba mansuetudinis Cristi testari dignatus est » — « c'est ce que le scribe de la mansuétude du Christ a lui-même daigné attester », à propos de la paix universelle qui régnait sous Auguste à la naissance du Christ (Lc 2, 1). Texte latin sur la Wikisource latine.

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  12. William Kirk Hobart, The Medical Language of St. Luke, Dublin, 1882 ; Adolf von Harnack, Lukas der Arzt, Leipzig, J. C. Hinrichs, 1906, traduit en anglais sous le titre Luke the Physician, 1907, p. 13 : « It is as good as certain from the subject-matter, and more especially from the style, of this great work that the author was a physician by profession » ; Alfred Plummer, A Critical and Exegetical Commentary on the Gospel according to S. Luke, Édimbourg, T. & T. Clark, 1896, introduction, sur le caractère cumulatif de l'argument. Passages réunis par Aherne, Catholic Encyclopedia, « Gospel of Saint Luke ». L'objection : Henry J. Cadbury, The Style and Literary Method of Luke, Cambridge (Massachusetts), Harvard University Press, 1920.

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  13. Saint Jérôme, Des hommes illustres (De viris illustribus), chap. 7, « Luc » (vers 392-393) : Luc, médecin d'Antioche, habile dans la langue grecque, compagnon de tous les voyages de Paul, auteur d'un Évangile et des Actes. Texte latin de la phrase finale, cité par Aherne, Catholic Encyclopedia : « Sepultus est Constantinopoli, ad quam urbem vigesimo Constantii anno, ossa ejus cum reliquiis Andreae apostoli translata sunt. » Traduction anglaise sur New Advent : https://www.newadvent.org/fathers/2708.htm.

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  14. Fragment de Muratori, liste des livres reçus dans l'Église, généralement datée de la seconde moitié du IIᵉ siècle, conservée dans un manuscrit de la Bibliothèque ambrosienne de Milan et publiée par Ludovico Antonio Muratori en 1740 ; lignes 2 à 9, texte latin restitué : « tertium euangelii librum secundum Lucam. Lucas iste medicus post ascensum Christi cum eum Paulus quasi itineris sui socium secum adsumsisset nomine suo ex opinione conscripsit — Dominum tamen nec ipse uidit in carne — et idem prout assequi potuit : ita et a nativitate Iohannis incepit dicere. » Le manuscrit porte, au lieu de « quasi itineris sui socium », la leçon corrompue « quasi ut iuris studiosum ».

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  15. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 1, 1 (vers 180), texte latin : « Lucas autem sectator Pauli, quod ab illo praedicabatur Evangelium, in libro condidit. » En III, 14, 1, Irénée souligne que Luc fut inséparable de Paul et son collaborateur dans l'Évangile.

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  16. Les « sections-nous » des Actes des Apôtres : 16, 10-17 ; 20, 5-15 ; 21, 1-18 ; 27, 1 – 28, 16, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973. Aherne, Catholic Encyclopedia, « Gospel of Saint Luke », rappelle que l'attribution des Actes au compagnon de Paul qu'était Luc est « la voix unanime de l'Antiquité ».

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  17. Deuxième lettre à Timothée 4, 11, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 : « Seul Luc est avec moi. Prends Marc et amène-le avec toi, car il m'est précieux pour le ministère. »

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  18. Lettre à Philémon, v. 24, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 : Paul transmet les salutations d'Épaphras, « ainsi que de Marc, Aristarque, Démas et Luc, mes collaborateurs ».

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  19. Sir William Mitchell Ramsay, The Bearing of Recent Discovery on the Trustworthiness of the New Testament, Londres, Hodder and Stoughton, 1915, p. 222. Texte original : « Luke is a historian of the first rank; not merely are his statements of fact trustworthy; he is possessed of the true historical sense […] In short, this author should be placed along with the very greatest of historians. »

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  20. Évangile selon saint Luc 19, 10, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 : parole conclusive de l'épisode de Zachée.

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  21. Évangile selon saint Luc 15, 20, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973. Le chapitre 15 réunit les trois paraboles de la miséricorde : la brebis perdue, que Matthieu rapporte aussi (Mt 18, 12-14), puis la drachme perdue et le fils prodigue, propres à Luc.

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  22. Évangile selon saint Luc 10, 30-33, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 : parabole du bon Samaritain, propre à Luc.

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  23. Évangile selon saint Luc 6, 20 et 6, 24, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 ; Évangile selon saint Matthieu 5, 3, même traduction : « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre ».

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  24. Figures féminines propres à Luc : Élisabeth (Lc 1), Anne la prophétesse (Lc 2, 36-38), la veuve de Naïm (Lc 7, 11-17), Jeanne et Suzanne parmi les femmes qui assistaient Jésus de leurs biens (Lc 8, 1-3), l'accueil de Jésus chez Marthe et Marie (Lc 10, 38-42). Marie de Magdala est nommée par les quatre évangiles ; Marthe et Marie le sont aussi par saint Jean (Jn 11-12). Bible de Jérusalem, Cerf, 1973.

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  25. Évangile selon saint Luc 2, 19 et 2, 51, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » ; « Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. »

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  26. Évangile selon saint Luc 10, 21, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 : « À cette heure même, il tressaillit de joie sous l'action de l'Esprit Saint ». Paraboles de la prière propres à Luc : l'ami importun (Lc 11, 5-8) et le juge inique (Lc 18, 1-8). Aherne, Catholic Encyclopedia, souligne la place particulière que Luc donne au devoir de la prière.

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  27. Évangile selon saint Luc 1-2, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973. Aherne, Catholic Encyclopedia, « Gospel of Saint Luke », note que seuls Matthieu et Luc racontent l'enfance du Christ, de façon indépendante, et que les mystères joyeux du Rosaire couvrent à peu près les deux premiers chapitres de Luc. Voir aussi saint Matthieu.

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  28. Évangile selon saint Luc 1, 38, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973.

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  29. Évangile selon saint Luc 1, 46-48 et 1, 52, Bible de Jérusalem, Cerf, 1973 : le Magnificat, cantique de Marie lors de la Visitation.

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  30. « Częstochowa », New Catholic Encyclopedia, 2ᵉ éd., Detroit, Thomson Gale, 2003 (sur encyclopedia.com) : la plus répandue des légendes attribue la peinture à saint Luc, qui l'aurait exécutée sur le bois de la table de la Sainte Famille ; les historiens la datent de l'époque byzantine, au VIᵉ ou au VIIᵉ siècle.

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  31. Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers (KMSKA), page « Histoire » : en 1382, les peintres, sculpteurs, verriers, brodeurs et orfèvres d'Anvers se réunirent dans la guilde de Saint-Luc, dissoute en 1773.

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  32. Rogier van der Weyden, Saint Luc dessinant la Vierge, vers 1435-1440, Boston, Museum of Fine Arts (inv. 93.153) : les radiographies montrent le soin apporté aux traits de Luc, qui pourraient être un autoportrait du peintre.

    59
  33. Origène, Homélies sur saint Luc, homélie XXXIV (traduction latine de saint Jérôme), éd. Henri Crouzel, François Fournier et Pierre Périchon, coll. Sources chrétiennes 87, Paris, Cerf, 1962 : Origène y rapporte l'interprétation d'un ancien, pour qui l'homme blessé figure Adam, Jérusalem le paradis, Jéricho le monde, les brigands les puissances ennemies, le Samaritain le Christ, la monture le corps du Seigneur et l'hôtellerie, ouverte à tous, l'Église.

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  34. Sur le tétramorphe : vision des quatre Vivants en Ézéchiel 1, 10 et Apocalypse 4, 7 ; saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 11, 8 (vers 180), qui attribue le veau à Luc parce que son Évangile commence par le sacerdoce et le sacrifice de Zacharie ; saint Jérôme, prologue du Commentaire sur l'Évangile de Matthieu (398), qui fixe la répartition retenue par l'Église. Voir Aherne, Catholic Encyclopedia, « Gospel of Saint Luke ».

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  35. Renzo Allegri, « Saint Luke's Bones », Messenger of Saint Anthony, Padoue, 24 juin 2005, entretien avec le P. Giulio Pagnoni, bénédictin de l'abbaye Santa Giustina, qui suivit toute la reconnaissance : sarcophage de Thèbes tenu par la tradition orientale pour le premier tombeau de Luc ; translation à Constantinople en 357 ; demande du métropolite Hiéronymos de Thèbes à Mgr Antonio Mattiazzo en 1992 ; crâne détaché en 1354 sur l'ordre de l'empereur Charles IV et conservé à la cathédrale Saint-Guy de Prague ; ouverture du tombeau le 17 septembre 1998 ; commission présidée par Vito Terribile Wiel Marin ; crâne de Prague s'ajustant à la première vertèbre ; reconnaissance close le 6 juin 2001, après 86 séances et le concours d'au moins trente spécialistes ; côte remise au métropolite le 17 septembre 2000 et déposée dans le tombeau de Thèbes.

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  36. Martyrologe romain traditionnel, au 18 octobre : « In Bithýnia natális beáti Lucæ Evangelístæ, qui, multa passus pro Christi nómine, óbiit Spíritu Sancto plenus. Ipsíus autem ossa póstea Constantinópolim transláta sunt, et inde Patávium deláta. » Dans la langue des anciens martyrologes, beatus désigne un saint. Au même jour, le Martyrologe nomme saint Paul de la Croix, que « Pius Papa Nonus fastis Sanctorum adjunxit », et saint Pierre d'Alcantara, que « Clemens Nonus Sanctorum numero adscripsit ». Texte latin dans l'édition en ligne Divinum Officium. Sur la question du martyre, voir aussi Aherne, Catholic Encyclopedia, « Gospel of Saint Luke ».

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  37. Camillo Beccari, « Beatification and Canonization », The Catholic Encyclopedia, vol. 2, New York, Robert Appleton Company, 1907 (https://www.newadvent.org/cathen/02364b.htm) : dans les premiers siècles, le culte public des martyrs et des saints était accordé localement par les évêques ; à la fin du XIᵉ siècle, les papes restreignirent cette autorité ; Alexandre III (1159-1181) défendit de vénérer quelqu'un comme saint sans l'autorité de l'Église romaine ; Urbain VIII, en 1634, réserva au Saint-Siège la canonisation et la béatification.

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  38. Cristiano Vernesi, Giulietta Di Benedetto, David Caramelli, Erica Secchieri, Lucia Simoni, Emile Katti, Patrizia Malaspina, Andrea Novelletto, Vito Terribile Wiel Marin et Guido Barbujani, « Genetic characterization of the body attributed to the evangelist Luke », Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, vol. 98, n° 23, 2001, p. 13460-13463, doi:10.1073/pnas.211540498. L'article rappelle la translation à Padoue à une date inconnue antérieure à 1177, peut-être sous Julien l'Apostat ou pendant la crise iconoclaste, et décrit l'ouverture du sarcophage le 17 septembre 1998, le cercueil de plomb dont la taille correspond au tombeau de Thèbes, l'âge au décès (« 70 ans ou plus »), la datation au carbone 14 par les laboratoires de Tucson et d'Oxford (72-416 après J.-C., intervalle de confiance de 95 %) et l'analyse de l'ADN mitochondrial. Texte original de la conclusion : « genetic data indicate that replacement of the body of the evangelist Luke with the body of a Greek individual is unlikely » ; les auteurs ajoutent qu'une origine syrienne est la plus probable, mais qu'un remplacement du corps à Constantinople ne peut être exclu.

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  39. Orthodox Church in America, calendrier liturgique, 18 octobre : mémoire de « l'apôtre et évangéliste Luc ».

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  40. Liturgie des Heures, fête de saint Luc, évangéliste (18 octobre), oraison des Laudes, traduction liturgique française de l'AELF (aelf.org).

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