Saint Étienne (en grec Stephanos, « la couronne ») est le premier martyr de l'Église chrétienne : la tradition lui donne le titre grec de protomartyr, « celui qui a témoigné le premier par son sang ». Diacre de la communauté de Jérusalem, il est lapidé peu après la Pentecôte, vers les années 34-36, pour avoir proclamé devant le Sanhédrin que Jésus crucifié est le Messie et le Fils de l'homme glorifié.[1]
Son histoire est racontée presque entièrement dans deux chapitres des Actes des Apôtres (Ac 6 et 7).[2] Étienne y apparaît comme un homme « plein de foi et d'Esprit Saint », dont le visage rayonne « comme celui d'un ange », et dont la mort reproduit trait pour trait celle de Jésus : la vision du Ciel ouvert, la remise de l'esprit, le pardon des bourreaux.[3]
Un détail change le cours de l'histoire : à ses pieds, un jeune homme nommé Saul garde les manteaux des lapidateurs et approuve le meurtre.[4] Ce persécuteur deviendra saint Paul, l'Apôtre des nations. La tradition catholique, depuis saint Augustin, voit dans la prière d'Étienne pour ses meurtriers la semence cachée de cette conversion.
Vénéré dès les premiers siècles, oublié quant au lieu de sa sépulture, puis redécouvert en 415 lors d'une inventio célèbre, saint Étienne est aujourd'hui fêté le 26 décembre, au lendemain immédiat de Noël. Ses reliques reposent à Rome, dans la basilique San Lorenzo fuori le mura, aux côtés de celles de saint Laurent, l'autre grand diacre martyr.[5]
Qui est saint Étienne, le premier martyr ?
Un diacre helléniste de la première Église
Étienne appartient au groupe des chrétiens « hellénistes » de Jérusalem : des Juifs de langue et de culture grecques, revenus de la diaspora ou influencés par elle, distincts des « Hébreux » de langue araméenne. Son nom est grec, ce qui confirme cette origine ; la Catholic Encyclopedia note que Stephanos pouvait correspondre à un nom araméen comme Kelil, « couronne ».[6]
Les Actes racontent que la croissance rapide de la communauté provoque une tension concrète : les veuves des hellénistes étaient négligées dans la distribution quotidienne de nourriture. Les Douze convoquent alors l'assemblée et instituent sept hommes chargés de ce service, afin de pouvoir eux-mêmes rester voués « à la prière et au service de la Parole ».[7] Étienne est nommé en tête de cette liste.
« On choisit Étienne, homme plein de foi et d'Esprit Saint, ainsi que Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas. [...] On les présenta aux Apôtres, et ceux-ci, après avoir prié, leur imposèrent les mains. » — Actes des Apôtres 6, 5-6[8]
L'imposition des mains des Apôtres a fait voir traditionnellement dans ce récit l'origine du diaconat : Étienne est honoré comme le premier des diacres, modèle de tous ceux qui, dans l'Église, unissent le service des pauvres et l'annonce de l'Évangile.[9]
Le sens de son nom : « la couronne »
Le nom Stephanos signifie littéralement couronne ou guirlande en grec. Les Pères de l'Église ont vu dans cette coïncidence une providence : celui qui s'appelait « Couronne » fut le premier à recevoir la couronne du martyre.[10] L'idée traverse toute la liturgie de sa fête, où Étienne est célébré comme celui qui « a porté le premier la couronne » promise aux témoins fidèles.
Cette lecture symbolique n'est pas une fantaisie tardive : elle s'enracine dans le vocabulaire du Nouveau Testament, où la « couronne de vie » et la « couronne de gloire » désignent la récompense du fidèle qui persévère jusqu'à la mort.[11] Le premier martyr porte donc, jusque dans son nom, le signe de sa vocation.
Le récit des Actes des Apôtres
Le portrait d'Étienne tient presque entièrement dans les chapitres 6 et 7 des Actes. Saint Luc, leur auteur, lui consacre un espace considérable : un récit construit en quatre temps — les premiers signes, la dispute, le grand discours, la mort — qui fait d'Étienne une figure de transition entre l'Église de Jérusalem et la mission universelle.
« Plein de grâce et de puissance » : les premiers signes
Une fois institué, Étienne ne se contente pas du service matériel. Luc précise qu'« il accomplissait des prodiges et des signes éclatants parmi le peuple », débordant largement le rôle attendu d'un intendant des tables.[12] La force de l'Esprit qui agit en lui le porte naturellement vers l'annonce de la foi.
« Étienne, rempli de grâce et de puissance, accomplissait parmi le peuple des prodiges et des signes éclatants. » — Actes des Apôtres 6, 8[13]
La dispute avec les synagogues et l'arrestation
Des membres de plusieurs synagogues de Juifs hellénistes — celle dite « des Affranchis », des Cyrénéens, des Alexandrins, et d'autres venus de Cilicie et d'Asie — entreprennent de discuter avec Étienne. Mais, dit le texte, « ils n'étaient pas de force à résister à la sagesse et à l'Esprit qui le faisaient parler ».[14] Vaincus dans le débat, ils suscitent de faux témoins qui l'accusent de blasphème contre Moïse, contre Dieu, contre le Temple et la Loi.
Traîné devant le Sanhédrin, Étienne offre alors un spectacle saisissant : tous le fixent, et son visage leur apparaît « comme le visage d'un ange ».[15] Le détail, propre à Luc, signale que le procès humain est déjà débordé par une présence d'en haut.
Le grand discours devant le Sanhédrin
Sommé de répondre, Étienne prononce le plus long discours des Actes (Ac 7, 1-53). Loin de se défendre point par point, il relit toute l'histoire sainte — Abraham, Joseph, Moïse, le désert, la Tente, le Temple de Salomon — pour montrer une constante : le peuple a toujours résisté à l'Esprit et persécuté les prophètes.[16]
Le discours culmine en une accusation directe, qui scelle son sort :
« Hommes à la nuque raide, incirconcis de cœur et d'oreilles, vous résistez toujours à l'Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères ! [...] Ils ont tué ceux qui annonçaient d'avance la venue du Juste, celui-là même que, maintenant, vous venez de livrer et d'assassiner. » — Actes des Apôtres 7, 51-52[17]
La vision du Fils de l'homme et la lapidation
À ces mots, les membres du Sanhédrin « frémissent de rage ». Étienne, « rempli de l'Esprit Saint », lève les yeux au ciel et contemple la gloire de Dieu. Sa vision est la confession christologique la plus haute du récit : il voit Jésus debout à la droite de Dieu — non assis, mais debout, comme le témoin qui se lève pour accueillir son martyr.[18]
« Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. » — Actes des Apôtres 7, 56[19]
Cette parole, qui applique à Jésus le titre messianique de « Fils de l'homme », est reçue comme un blasphème. La foule se bouche les oreilles, se précipite sur lui, l'entraîne hors de la ville et le lapide. Étienne meurt en priant, dans des mots qui décalquent ceux du Christ en croix :
« Tandis qu'on le lapidait, Étienne priait : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis il fléchit les genoux et s'écria d'une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, sur ces mots, il s'endormit. » — Actes des Apôtres 7, 59-60[20]
Le verbe employé — il s'endormit — deviendra l'un des plus anciens mots chrétiens pour dire la mort des saints : non un anéantissement, mais un sommeil dans l'attente de la résurrection.[21]
Quant à l'année exacte du martyre, les chronologies bibliques divergent : 31 pour la Bible Osty, vers 33 pour la Bible de Jérusalem, de 34 à 36 pour la Bible Chouraqui, vers 35 pour la Bible Maredsous.[22]
La présence de Saul
Luc insiste sur un témoin précis. Les lapidateurs, selon l'usage, déposent leurs manteaux « aux pieds d'un jeune homme appelé Saul », qui « approuvait ce meurtre ».[23] C'est la première apparition de Saul de Tarse dans les Actes. Le persécuteur qui « ravageait l'Église » assiste donc, consentant, à la mort du premier martyr — avant de devenir lui-même, sur le chemin de Damas, le plus grand des Apôtres.
Étienne et Paul : la prière qui a converti le persécuteur
La tradition catholique n'a jamais lu côte à côte la mort d'Étienne et la conversion de Paul sans y voir un lien de grâce. Une sentence attribuée à saint Augustin, dans l'esprit de ses sermons pour la fête du protomartyr, l'a formulé ainsi :
« Si Étienne n'avait pas prié ainsi, l'Église n'aurait pas eu Paul. » — Sentence attribuée à saint Augustin, sermons pour la fête de saint Étienne[24]
L'intuition est forte : en demandant que ce péché ne soit pas imputé à ses bourreaux, Étienne intercède pour celui-là même qui tient les manteaux. Sa charité jusqu'à la mort obtient ce que la violence n'aurait jamais produit — la métamorphose du persécuteur en Apôtre des nations. Le premier sang versé pour le Christ devient ainsi fécond, selon l'adage de Tertullien : « le sang des martyrs est une semence de chrétiens ».[25]
Paul lui-même n'a pas oublié cette scène. Des années plus tard, devenu Apôtre, il rappellera devant le Seigneur sa propre responsabilité :
« Lorsqu'on versait le sang d'Étienne, ton témoin, j'étais là, moi aussi, j'étais d'accord, et je gardais les vêtements de ses meurtriers. » — Actes des Apôtres 22, 20, paroles de Paul[26]
La spiritualité du protomartyr
Mourir comme le Christ : configuration au Crucifié
La mort d'Étienne est construite par Luc comme un écho délibéré de la Passion. Là où Jésus disait : « Père, entre tes mains je remets mon esprit », Étienne dit : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ». Là où Jésus priait : « Père, pardonne-leur », Étienne supplie : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ».[27] Le martyr ne fait pas mieux que le Maître : il lui ressemble, et c'est précisément cela, le martyre — non un exploit héroïque, mais une configuration au Christ jusque dans la manière de mourir.
Le Catéchisme de l'Église catholique le résume : le martyre est le témoignage suprême rendu à la vérité de la foi, l'acte de celui qui « endure la mort par un acte de force » en s'unissant au Christ qui a donné sa vie.[28]
Le premier témoin du sang
Le mot grec martys signifie d'abord témoin. Étienne est le premier à pousser ce témoignage jusqu'au don du sang : il est le protomartyr, celui qui ouvre la longue procession des martyrs de l'Église. Sa fête, placée au lendemain de Noël, dit cette logique avec audace : à peine le Christ est-il né dans la chair que le premier de ses témoins entre dans la gloire par le sang.[29]
Le diacre, modèle du service et de la Parole
Étienne tient ensemble deux dimensions que l'Église n'a jamais voulu séparer : le service des pauvres (le diaconat des tables) et l'annonce de la Parole (la prédication qui le conduit au martyre). Il est, pour cette raison, le patron des diacres, et son exemple structure la spiritualité diaconale : servir la table des frères et confesser le Christ, jusqu'au bout.[30]
La découverte des reliques : l'inventio de 415
La révélation au prêtre Lucien
Pendant près de quatre siècles, le lieu exact de la sépulture d'Étienne fut perdu. En décembre 415, selon un récit fameux, un prêtre nommé Lucien, desservant d'un village proche de Jérusalem, reçut en songe la révélation de l'emplacement du corps.[31] Le récit de cette découverte, l'Epistola Luciani, traduit en latin par le prêtre Avitus de Braga, se répandit aussitôt dans tout l'Occident.
Caphargamala, Gamaliel et Nicodème
Selon ce récit, c'est Gamaliel — le maître de la Loi mentionné dans les Actes, et selon la tradition le maître de Paul — qui apparut à Lucien et désigna le lieu-dit Caphargamala. On y aurait retrouvé, avec le corps d'Étienne, ceux de Gamaliel, de Nicodème (le pharisien venu trouver Jésus de nuit) et d'Abibas, fils de Gamaliel.[32] L'Église a toujours distingué ici le fait de la redécouverte des reliques, solidement attesté par son retentissement, des détails du récit de songe, qui relèvent d'une tradition pieuse ancienne à recevoir avec respect sans la confondre avec une donnée des Actes.
Le rayonnement de l'inventio
La découverte de 415 eut un effet immense. Des fragments des reliques furent dispersés dans tout le monde chrétien, suscitant partout la construction de sanctuaires (memoriae) dédiés au protomartyr. C'est ce mouvement qui explique l'extraordinaire diffusion du culte de saint Étienne au Ve siècle — et, en Afrique du Nord, les pages que saint Augustin va lui consacrer.[33]
Les miracles de saint Étienne selon saint Augustin
L'un des témoignages les plus précieux sur le culte d'Étienne vient de saint Augustin. Dans La Cité de Dieu, livre XXII, chapitre 8, Augustin répond à l'objection que les miracles auraient cessé : ils continuent, dit-il, mais on les ignore. Et il prend pour preuve les guérisons obtenues par les reliques de saint Étienne, récemment arrivées en Afrique.[34]
Augustin parle en témoin direct : la memoria d'Étienne à Hippone, dont il est l'évêque, n'a pas deux ans, et déjà les miracles officiellement consignés approchent les soixante-dix.
« Il n'y a pas encore deux ans que ces reliques ont été apportées à Hippone [...] et ceux des miracles qui ont été publiés atteignent déjà presque le nombre de soixante-dix à l'heure où j'écris. » — Saint Augustin, La Cité de Dieu, XXII, 8[35]
Et il ajoute qu'à Calama, où les reliques sont arrivées plus tôt, les prodiges sont « incomparablement plus nombreux ».[36] Plusieurs sermons d'Augustin pour la fête de saint Étienne (Sermons 314 à 324) commentent ces guérisons et la signification du martyre.[37] Ce dossier est l'un des plus anciens témoignages détaillés d'un culte des reliques dans l'Église, défendu par l'un de ses plus grands docteurs.
Le voyage des reliques : Jérusalem, Constantinople, Rome
De Jérusalem à Constantinople
Après l'inventio de 415, les reliques principales furent déposées dans une basilique élevée en l'honneur d'Étienne à Jérusalem, sur le lieu présumé de son martyre, au nord de la ville. Au Ve siècle, sous le règne de Théodose II, une part importante des reliques fut transférée à Constantinople, la capitale impériale, où plusieurs sanctuaires furent dédiés au protomartyr.[38]
Rome et San Lorenzo fuori le mura
C'est de Constantinople que les reliques gagnèrent Rome. La tradition romaine les associe à la basilique San Lorenzo fuori le mura, reconstruite par le pape Pélage II (579-590), où Étienne fut déposé auprès de saint Laurent, l'autre grand diacre martyr de l'Église romaine.[39] Réunir les deux diacres martyrs dans un même tombeau avait une force symbolique évidente : le premier martyr de l'Église et le plus célèbre martyr de Rome, côte à côte.
La Légende dorée de Jacques de Voragine rapporte à ce sujet une tradition pieuse touchante : lorsqu'on voulut placer le corps d'Étienne près de celui de Laurent, ce dernier se serait déplacé de lui-même pour faire de la place à son hôte. La tradition catholique reçoit ces récits comme des images de la communion des saints, sans les confondre avec une donnée historique stricte.[40]
Le culte de saint Étienne
La fête du 26 décembre, au lendemain de Noël
Dès le IVe siècle, l'Occident fête saint Étienne le 26 décembre, immédiatement après Noël. La liturgie a vu dans ce voisinage une logique profonde : Étienne est le premier à suivre l'Enfant de la crèche jusque dans la gloire, par le don du sang. Les Églises d'Orient le célèbrent le 27 décembre et commémorent en outre, à d'autres dates, la découverte (15 septembre) et la translation (2 août) de ses reliques.[41] En de nombreux pays, le 26 décembre, « jour de la Saint-Étienne », est resté un jour férié.
« Hier nous fêtions la naissance temporelle de notre Roi éternel ; aujourd'hui nous célébrons la passion triomphante d'un soldat. » — Saint Fulgence de Ruspe, sermon pour la fête de saint Étienne[42]
Patron des diacres, des tailleurs de pierre, secours dans la maladie
En raison de son diaconat, Étienne est universellement honoré comme le patron des diacres. Le mode de sa mort lui a valu de devenir le patron des tailleurs de pierre et des maçons, dont le métier travaille la pierre qui fut l'instrument de son martyre. La piété populaire l'invoque aussi contre les maux de tête, en mémoire des coups reçus à la tête lors de la lapidation.[43]
| Domaine de patronage | Origine | Lien avec sa vie |
|---|---|---|
| Diacres | Premier des sept diacres (Ac 6) | Service des pauvres et annonce de la Parole |
| Tailleurs de pierre, maçons | Mode de son martyre | Lapidation hors les murs de Jérusalem |
| Malades, maux de tête | Piété populaire | Coups portés à la tête lors de la lapidation |
Iconographie : la dalmatique, les pierres, la palme
L'art chrétien représente presque toujours Étienne en diacre, revêtu de la dalmatique (souvent rouge, couleur du martyre). Ses attributs sont immédiatement reconnaissables : des pierres, parfois posées sur sa tête ou ses épaules, rappel de sa lapidation ; la palme du martyre ; et le livre des Évangiles qu'il sert comme diacre.[44] On le voit aussi, dans les grands cycles peints, contemplant le Ciel ouvert au moment de sa mort — la scène que les Actes ont fixée pour toujours.
Pour aller plus loin
- Saint Paul (5-66) — le persécuteur présent à la mort d'Étienne, devenu l'Apôtre des nations ; la prière du protomartyr et la conversion de Damas.
- Saint Laurent de Rome (225-258) — l'autre grand diacre martyr, dont Étienne partage le tombeau à San Lorenzo fuori le mura.
- Saint Pierre (Ier siècle-v. 64/67) — l'apôtre qui, avec les Onze, impose les mains aux sept premiers diacres.
- Saint Jean-Baptiste (7 av. J.-C.-30) — le précurseur martyr, autre grand témoin qui précède et annonce.
- L'Incarnation et la Croix — la Passion du Christ, dont la mort d'Étienne est le premier décalque dans l'Église.
Notes et références
Maurice Hassett, "St. Stephen", The Catholic Encyclopedia, vol. 14, New York, Robert Appleton Company, 1912 ; texte repris sur New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/14286b.htm. Synthèse utilisée pour l'origine hellénistique, le sens du nom Stephanos/Kelil (« couronne »), le diaconat, le procès, la mort vers 34-36, l'inventio de 415 par le prêtre Lucien, la translation des reliques et la fête du 26 décembre.
1 6 9 10 21 30 31 32 38Actes des Apôtres 6, 1-7 (institution des Sept et choix d'Étienne). Citation française d'après la Traduction officielle liturgique (AELF), aelf.org. Le récit lie le service des tables (« diaconie ») à la liberté des Apôtres pour « la prière et le service de la Parole ».
2 7 8Actes des Apôtres 6, 8 et 6, 15. Étienne « rempli de grâce et de puissance » accomplit « des prodiges et des signes éclatants » ; devant le Sanhédrin, son visage paraît « comme le visage d'un ange ». Traduction liturgique AELF.
3 12 13Actes des Apôtres 7, 58 ; 8, 1 ; et 22, 20. Les lapidateurs déposent leurs manteaux « aux pieds d'un jeune homme appelé Saul », qui « approuvait ce meurtre » ; rappel ultérieur par Paul lui-même devant le Seigneur (Ac 22, 20). Traduction liturgique AELF.
4 23 26Histoire de la basilique San Lorenzo fuori le mura (Rome) : reconstruite par le pape Pélage II (579-590), elle abrite dans sa confessio, sous le maître-autel, les corps réunis de saint Laurent et de saint Étienne. Voir la notice historique de la basilique papale et Maurice Hassett, "St. Stephen", Catholic Encyclopedia (New Advent), pour la translation des reliques de Constantinople à Rome.
5 39Sur la « couronne » comme récompense du fidèle : Jacques 1, 12 (« la couronne de vie ») ; 1 Pierre 5, 4 (« la couronne de gloire ») ; 2 Timothée 4, 8 (« la couronne de justice »). Traduction liturgique AELF. Arrière-plan scripturaire de la lecture patristique du nom Stephanos.
11Actes des Apôtres 6, 9-14. Les synagogues hellénistiques (Affranchis, Cyrénéens, Alexandrins, Cilicie, Asie) ne peuvent « résister à la sagesse et à l'Esprit qui le faisaient parler » et suscitent de faux témoins. Traduction liturgique AELF.
14Actes des Apôtres 6, 15. Détail propre à Luc : le visage d'Étienne devant le Sanhédrin « comme le visage d'un ange ». Traduction liturgique AELF.
15Actes des Apôtres 7, 1-53 (discours d'Étienne devant le Sanhédrin), avec le sommet accusateur de 7, 51-52 (« Hommes à la nuque raide [...] vous résistez toujours à l'Esprit Saint »). Le plus long discours des Actes ; relecture de l'histoire sainte d'Abraham au Temple. Traduction liturgique AELF.
16 17Actes des Apôtres 7, 54-56. Étienne « rempli de l'Esprit Saint » voit la gloire de Dieu et « le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu ». Le Christ « debout » (et non assis) est lu par la tradition comme le témoin qui se lève pour accueillir son martyr. Traduction liturgique AELF.
18 19Actes des Apôtres 7, 57-60. Lapidation hors la ville ; double prière d'Étienne (« Seigneur Jésus, reçois mon esprit » ; « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ») décalquant les paroles du Christ en croix (Lc 23, 34.46) ; le verbe « il s'endormit ». Traduction liturgique AELF.
20 27Mgr René Laurentin, François-Michel Debroise et Jean-François Lavère, Dictionnaire des personnages de l'Évangile selon Maria Valtorta, Salvator, 2012, p. 143 : « Les différentes Bibles donnent des datations diverses : 31 pour la Bible Osty, vers 33 pour la Bible de Jérusalem, de 34 à 36 pour la Bible Chouraqui, vers 35 pour la Bible Maredsous. »
22Sentence traditionnellement attribuée à saint Augustin dans ses sermons pour la fête de saint Étienne, sous la forme latine « Si Stephanus non orasset, Ecclesia Paulum non haberet » (« Si Étienne n'avait pas prié, l'Église n'aurait pas eu Paul »). Elle est relayée comme augustinienne par plusieurs auteurs : E. de Pressensé, Histoire des trois premiers siècles de l'Église chrétienne, qui la cite avec la référence « Sermo XCIV » (numérotation ancienne ; texte repris sur https://ccel.org/ccel/pressense/early.iii.i.ii.i.html), et Conybeare et Howson, Life and Epistles of St. Paul, qui la rattachent aux « Sermons in Festo Sancti Stephani ». La numérotation des sermons variant selon les éditions, aucune référence moderne précise (sermon, paragraphe) n'a pu être établie : la phrase est donc présentée ici comme une sentence attribuée, non comme la citation verbatim d'un sermon identifié. Le rapprochement entre la prière d'Étienne et la conversion de Paul reste constant chez les Pères latins.
24Tertullien, Apologétique (Apologeticum), ch. 50 : « Semen est sanguis christianorum » — « le sang des chrétiens est une semence ». Édition de référence : Tertullien, Apologétique, texte établi et traduit par Jean-Pierre Waltzing, Les Belles Lettres, Paris, 1929. Appliqué par la tradition au sang d'Étienne, premier versé pour le Christ.
25Catéchisme de l'Église catholique, §§ 2473-2474, Libreria Editrice Vaticana, 1992 : le martyre est « le témoignage suprême rendu à la vérité de la foi », l'acte du témoin qui « endure la mort par un acte de force ». Texte officiel : https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8R.HTM.
28La place de la fête au 26 décembre, au lendemain immédiat de Noël, est interprétée par la liturgie comme l'entrée du premier témoin dans la gloire à peine le Verbe né dans la chair. Voir Maurice Hassett, "St. Stephen", Catholic Encyclopedia (New Advent), section liturgique.
29Saint Augustin, La Cité de Dieu (De civitate Dei), livre XXII, chapitre 8, vers 426-427. Augustin témoigne en évêque d'Hippone : la memoria de saint Étienne n'y a pas deux ans et les miracles publiés approchent déjà « presque soixante-dix » ; à Calama, où les reliques sont arrivées plus tôt, ils sont « incomparablement plus nombreux ». Traduction française d'après l'édition de référence ; texte anglais de contrôle (NPNF, 1ʳᵉ série, vol. 2) : https://www.newadvent.org/fathers/120122.htm.
33 34 35 36Saint Augustin, Sermones 314 à 324, prononcés pour la fête de saint Étienne et à propos des miracles obtenus par ses reliques en Afrique. Patrologia Latina 38 ; édition critique partielle dans la collection Sources Chrétiennes et l'édition mauriste des œuvres d'Augustin.
37Jacques de Voragine, La Légende dorée (Legenda aurea, v. 1260-1266), chapitres sur l'Invention et la Translation de saint Étienne : tradition pieuse selon laquelle saint Laurent se serait déplacé dans son tombeau pour faire place à saint Étienne. Édition de référence : La Légende dorée, trad. J.-B. M. Roze, Garnier-Flammarion, Paris, 1967. Reçue comme image de la communion des saints, non comme donnée historique.
40Dates liturgiques : 26 décembre (calendrier romain occidental) ; 27 décembre dans le calendrier byzantin, avec en outre la commémoration de la découverte des reliques (15 septembre) et de leur translation (2 août). Voir Maurice Hassett, "St. Stephen", Catholic Encyclopedia (New Advent).
41Saint Fulgence de Ruspe (467-533), sermon pour la fête de saint Étienne : « Hier nous célébrions la naissance temporelle de notre Roi éternel ; aujourd'hui nous célébrons la passion triomphante d'un soldat. » Texte repris par l'Office des lectures du 26 décembre, Liturgia Horarum. Patrologia Latina 65.
42Patronages de saint Étienne : diacres ; tailleurs de pierre et maçons (par le mode de son martyre) ; invocation contre les maux de tête (piété populaire liée à la lapidation). Voir Encyclopædia Britannica, "St. Stephen", https://www.britannica.com/biography/Saint-Stephen, et les notices hagiographiques classiques.
43Attributs iconographiques de saint Étienne : dalmatique de diacre (souvent rouge), pierres de la lapidation (parfois sur la tête ou les épaules), palme du martyre, livre des Évangiles. Voir la notice "Saint Stephen" de la National Gallery de Londres, https://www.nationalgallery.org.uk/, sur la représentation des saints et leurs attributs.
44