Saint Matthieu — en hébreu Mattithyahu, « don de Yahvé » — est l'auteur du premier Évangile, le plus solidement enraciné dans l'Ancien Testament et le plus utilisé par l'Église dans sa liturgie et sa catéchèse.[1] Avant d'être apôtre, il portait le nom de Lévi, fils d'Alphée, et exerçait à Capharnaüm le métier le plus méprisé de la Galilée juive : collecteur d'impôts au service de Rome, un publicain.[2]
Son histoire tient tout entière dans une scène d'une brièveté foudroyante. Jésus passe devant le bureau de péage, regarde l'homme assis là, et lui dit : « Suis-moi. » Et Matthieu se lève et le suit.[3] De ce regard qui appelle un pécheur public à la table des Douze, l'Évangile fera la signature même de la miséricorde divine : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. »[4]
De ce publicain converti, l'Église a reçu un Évangile écrit d'abord pour les Juifs, qui démontre méthodiquement que Jésus de Nazareth est le Messie annoncé par les prophètes, l'accomplissement de la Loi et le nouveau Moïse. C'est dans cet Évangile que se trouvent le Sermon sur la montagne, les Béatitudes, le « Notre Père » et la parole fondatrice adressée à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »[5]
Représenté par l'homme ailé des quatre Vivants — parce que son livre s'ouvre sur la généalogie humaine du Christ —, vénéré comme martyr depuis l'Antiquité et patron de tous ceux qui manient l'argent, saint Matthieu demeure la figure par excellence du pécheur regardé, appelé et relevé. Ses reliques reposent depuis le Xᵉ siècle à Salerne, et l'Église le fête le 21 septembre.[6]
Qui est saint Matthieu l'Évangéliste ?
Lévi, fils d'Alphée : le publicain de Capharnaüm
Les trois évangiles synoptiques racontent le même appel, mais avec deux noms. Marc et Luc nomment l'homme « Lévi » : Marc précise « Lévi, fils d'Alphée », assis à son bureau de péage ; Luc l'appelle simplement « un publicain nommé Lévi ».[7][8] L'Évangile de Matthieu, lui, raconte la scène à la première personne du métier, mais donne à l'appelé le nom de « Matthieu », et dans la liste des Douze il se désigne d'un mot que les autres taisent : « Matthieu, le publicain ».[9][10]
La tradition chrétienne, dès l'Antiquité, a identifié Lévi et Matthieu comme une seule et même personne : le collecteur d'impôts de Capharnaüm devenu apôtre.[11] Capharnaüm, petite ville de pêcheurs sur la rive nord du lac de Tibériade, se trouvait sur une route commerciale importante, la Via Maris, et à la frontière du territoire d'Hérode Antipas : un poste de douane et de péage y prélevait les taxes sur les marchandises qui passaient. C'est là, à ce bureau, que Lévi gagnait sa vie — et c'est là que Jésus, qui avait fait de Capharnaüm le centre de son ministère galiléen, vint le chercher.
Lévi ou Matthieu ? Un double nom, un don de Dieu
Pourquoi deux noms ? L'explication la plus reçue, déjà donnée par les commentateurs anciens, est qu'il est probable que Lévi ait reçu le nom de Matthieu lors de son appel, comme Simon reçut celui de Pierre.[12] Le nom Matthieu (Mattithyahu, abrégé Mattai) signifie « don de Yahvé », « donné par Dieu » : un nom prophétique pour l'homme que la grâce arrache à son comptoir.
Ce double nom situe aussi Matthieu dans le peuple juif : son premier nom, Lévi, est celui de la tribu sacerdotale d'Israël. L'homme qui collectait l'argent de l'occupant portait donc, jusque dans son nom, la mémoire de l'alliance — comme si tout, en lui, attendait d'être retourné vers Dieu.
Un métier méprisé : qu'était un publicain ?
Pour comprendre le scandale de l'appel de Matthieu, il faut mesurer ce qu'était un publicain dans la Judée du Ier siècle. Le mot vient du latin publicanus : celui qui afferme la levée des impôts publics. Rome confiait la perception des taxes à des entrepreneurs privés, qui avançaient l'argent et se remboursaient ensuite sur les contribuables — avec, le plus souvent, un large bénéfice prélevé au passage.[13]
Aux yeux des Juifs pieux, le publicain cumulait trois fautes. Il collaborait avec l'occupant romain, prélevant pour César le tribut d'un peuple qui n'attendait que sa délivrance. Il se rendait rituellement impur par ses contacts constants avec les païens et leurs marchandises. Et il était soupçonné, presque par fonction, d'extorsion et de malhonnêteté. Aussi les évangiles associent-ils régulièrement « les publicains et les pécheurs », ou « les publicains et les prostituées » : le publicain était la figure même du Juif déchu, exclu de la synagogue, méprisé par les pharisiens.[14]
C'est cet homme-là — sans doute à l'aise, mais retranché de son peuple — que Jésus appelle. Le choix n'est pas neutre : en faisant d'un publicain l'un des Douze et le premier de ses évangélistes, le Christ inscrit au cœur même du collège apostolique le signe que nul n'est trop perdu pour être appelé.
L'appel de Matthieu (Mt 9, 9)
« Suis-moi. Et il se leva et le suivit »
La scène est la plus dépouillée des évangiles. Pas de dialogue, pas de négociation, pas de délai :
« En s'en allant, Jésus vit, assis au bureau de la douane, un homme appelé Matthieu, et il lui dit : "Suis-moi." Et, se levant, il le suivit. » — Évangile selon saint Matthieu 9, 9[15]
Tout est dans ces quelques mots. Le verbe grec èkolouthèsen, « il suivit », est le même que celui qui décrit les premiers disciples quittant leurs filets. Matthieu abandonne sur-le-champ son bureau — c'est-à-dire sa fortune, sa sécurité, son métier — pour suivre un prédicateur sans toit. Saint Bède le Vénérable, commentant ce passage, souligne la promptitude obéissante du publicain : il ne discute pas, il se lève.[16]
Cette obéissance instantanée a frappé toute la tradition. Là où le jeune homme riche de l'évangile s'en va tout triste sans pouvoir se détacher de ses biens, le publicain Matthieu, lui, laisse tout d'un seul mouvement. La grâce qui appelle est aussi celle qui rend capable de répondre.
Le festin des pécheurs : « Je ne suis pas venu appeler les justes »
Le premier geste du converti est d'ouvrir sa maison. Luc précise que Lévi offrit à Jésus « un grand festin », où une foule de publicains et de pécheurs vinrent s'attabler avec le Maître et ses disciples.[17] Les pharisiens s'en scandalisent : comment un homme de Dieu peut-il manger avec de tels gens ? La réponse de Jésus est devenue l'une des clefs de tout l'Évangile :
« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. […] Car je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. » — Évangile selon saint Matthieu 9, 12-13[18]
En rapportant lui-même cette scène, l'évangéliste se peint en malade guéri. Il ne cache pas son passé : il l'expose, parce que c'est précisément sur ce fond de misère que resplendit la miséricorde. Le festin de Lévi est la première image du banquet du Royaume, où les derniers sont invités à la table du Roi.
L'appel de Matthieu dans l'art : la Vocation du Caravage
Aucune scène évangélique n'a peut-être été mieux traduite en peinture que cet appel. Vers 1599-1600, le Caravage peint pour la chapelle Contarelli de l'église Saint-Louis-des-Français, à Rome, La Vocation de saint Matthieu.[19] Dans la pénombre d'une salle de comptoir, un rayon de lumière entre avec le Christ ; sa main tendue, citation directe de la main d'Adam de la Sixtine, désigne le publicain. Matthieu, encore penché sur ses pièces, se montre du doigt d'un air incrédule : « Moi ? »
Ce tableau a marqué des générations de croyants. Le pape François a confié que, jeune, il était bouleversé par cette toile, et qu'il y lisait sa propre vocation : le regard du Christ qui choisit un homme indigne. C'est de cette scène qu'il a tiré sa devise épiscopale puis pontificale, « Miserando atque eligendo » — « en le regardant avec miséricorde, il le choisit » —, empruntée à une homélie de saint Bède le Vénérable sur la vocation de Matthieu.[20]
Matthieu parmi les Douze apôtres
Après son appel, Matthieu figure dans les quatre listes des Douze que nous a transmises le Nouveau Testament : chez Matthieu, Marc, Luc et dans les Actes des Apôtres.[21] Trait remarquable d'humilité, c'est dans sa propre liste qu'il se nomme « Matthieu, le publicain » : seul des évangélistes, il rappelle son ancien métier méprisé, là où Marc et Luc ont la délicatesse de le taire.[22] L'apôtre ne se cache pas derrière sa dignité nouvelle ; il garde sous les yeux du lecteur la fange d'où la grâce l'a tiré.
Les évangiles ne rapportent ensuite aucune parole ni aucun acte personnel de Matthieu durant le ministère de Jésus : comme la plupart des Douze, il s'efface derrière le Maître. On le retrouve une dernière fois nommément au Cénacle, parmi les apôtres réunis dans la prière après l'Ascension, attendant l'Esprit de la Pentecôte.[23] Tout ce que l'Église sait de lui après la Pentecôte relève de la prédication et de la tradition : son grand acte sera un livre, et son couronnement, le martyre.
L'Évangile selon saint Matthieu
Le premier Évangile : l'Évangile de l'Église
Dans toutes les bibles, l'Évangile de Matthieu vient en premier. Ce n'est pas un hasard : dès l'Antiquité, l'Église l'a placé en tête, parce qu'il sert de pont entre l'Ancien et le Nouveau Testament et parce qu'il fut, de loin, le plus lu, le plus cité et le plus commenté des quatre.[24] On l'a appelé l'« Évangile de l'Église » : c'est le seul qui emploie le mot ekklèsia, « Église », et le seul qui contienne un enseignement aussi développé sur la vie de la communauté chrétienne — le pardon, la correction fraternelle, la prière commune.
Long de vingt-huit chapitres, l'Évangile de Matthieu est un ouvrage soigneusement composé, presque architectural. Il s'ouvre par la généalogie de Jésus, « fils de David, fils d'Abraham », et par le récit de l'enfance — les mages, la fuite en Égypte, le massacre des innocents —, et il se ferme sur l'envoi en mission du Ressuscité.[25]
Un Évangile pour les Juifs : l'accomplissement des prophéties
Le trait le plus caractéristique de Matthieu est son enracinement dans l'Écriture d'Israël. À chaque étape de la vie de Jésus, l'évangéliste cite l'Ancien Testament et conclut par une formule devenue célèbre : « afin que s'accomplît ce qu'avait dit le prophète… ».[26] On compte une dizaine de ces « citations d'accomplissement », qui font de l'Évangile une démonstration continue : Jésus de Nazareth est bien le Messie attendu, l'héritier de David, l'Emmanuel annoncé par Isaïe.
« Tout ceci advint pour que s'accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : "Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on l'appellera du nom d'Emmanuel", ce qui se traduit : "Dieu avec nous". » — Évangile selon saint Matthieu 1, 22-23[27]
Cet ancrage révèle le destinataire du livre : une communauté de chrétiens venus du judaïsme, à qui il faut montrer que la foi nouvelle n'abolit pas la Loi et les Prophètes mais les accomplit. Matthieu présente Jésus comme le nouveau Moïse : comme Moïse échappa au massacre du Pharaon, l'enfant Jésus échappe à Hérode ; comme Moïse reçut la Loi sur le Sinaï, Jésus proclame la Loi nouvelle sur la montagne des Béatitudes.
Les cinq grands discours et le Sermon sur la montagne
L'architecture de Matthieu est célèbre : il regroupe l'enseignement de Jésus en cinq grands discours, qui structurent tout le livre comme les cinq livres du Pentateuque structurent la Torah.[28] Chacun se clôt par une formule de transition : « Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours… ».
Le premier et le plus célèbre est le Sermon sur la montagne (chapitres 5 à 7), qui s'ouvre sur les Béatitudes et contient le « Notre Père », la règle d'or, l'enseignement sur l'aumône, le jeûne et la prière. C'est la grande charte de la vie chrétienne, le sommet de la prédication morale de Jésus.
« Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux les doux, car ils posséderont la terre. […] Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. » — Évangile selon saint Matthieu 5, 3-9 (Béatitudes)[29]
« Tu es Pierre » : le primat dans l'Évangile de Matthieu
C'est aussi à Matthieu — et à lui seul — que l'Église doit le texte fondateur du primat de Pierre. À Césarée de Philippe, après la confession de foi de l'apôtre, Jésus prononce les paroles que reprendra toute l'ecclésiologie catholique :
« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux. » — Évangile selon saint Matthieu 16, 18-19[30]
Ce passage, propre à Matthieu, est l'un des fondements scripturaires du ministère de Pierre et de ses successeurs. L'Évangile de l'Église est aussi l'Évangile de la primauté : ce n'est pas un hasard si l'Église l'a placé en tête de son canon. Le livre se referme d'ailleurs sur l'envoi en mission universel, le mandat missionnaire qui fonde l'évangélisation de toutes les nations :
« Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. […] Et voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu'à la fin du monde. » — Évangile selon saint Matthieu 28, 19-20[31]
L'original hébreu : le témoignage de Papias et de la tradition
Une tradition unanime des premiers siècles affirme que Matthieu écrivit d'abord en hébreu (ou en araméen), pour les croyants juifs, avant que son Évangile ne circule en grec. Le témoin le plus ancien est Papias de Hiérapolis (vers 60-135), cité par Eusèbe de Césarée :
« Matthieu réunit donc en langue hébraïque les logia (les paroles du Seigneur), et chacun les interpréta comme il en était capable. » — Papias, cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 39, 16[32]
Ce témoignage est relayé par une chaîne ininterrompue de Pères. Saint Irénée de Lyon écrit que « Matthieu publia chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d'Évangile », tandis que Pierre et Paul prêchaient à Rome.[33] Origène, cité par Eusèbe, affirme que le premier Évangile fut écrit « par Matthieu, jadis publicain puis apôtre, qui le composa en langue hébraïque pour les croyants venus du judaïsme ».[34] Enfin saint Jérôme, dans son catalogue des hommes illustres, rapporte la même tradition et ajoute qu'il existait encore de son temps, à la bibliothèque de Césarée, un exemplaire de cet Évangile « selon les Hébreux ».[35]
Le débat historico-critique et ses limites
Une partie de l'exégèse contemporaine objecte que l'Évangile de Matthieu que nous possédons est un texte grec, qui ne présente pas les traits d'une simple traduction, et qui semble même utiliser l'Évangile de Marc, rédigé en grec. De là, certains concluent que la note de Papias serait inexacte, ou qu'elle viserait un autre écrit — un recueil de logia aujourd'hui perdu —, et datent l'Évangile canonique des années 80, le détachant de l'apôtre lui-même.
Ces hypothèses méritent d'être exposées honnêtement, mais elles ne s'imposent nullement. D'abord, le témoignage des Pères est ancien, multiple et concordant : Papias, Irénée, Origène, Eusèbe et Jérôme, échelonnés sur trois siècles et sur des régions différentes, attribuent tous le premier Évangile à l'apôtre Matthieu et lui reconnaissent une origine hébraïque. Renverser un faisceau aussi serré au nom d'une reconstruction littéraire demande davantage qu'un argument de vraisemblance. Ensuite, l'antériorité littéraire de Marc, si elle est réelle, n'exclut pas que Matthieu — témoin direct — ait d'abord rassemblé en araméen les paroles du Seigneur, puis qu'une rédaction grecque, intégrant Marc, ait été établie sous son autorité apostolique. Enfin, l'argument de la datation tardive repose souvent sur le présupposé qu'une prophétie précise, comme l'annonce de la ruine de Jérusalem, ne peut être qu'un récit composé après l'événement : présupposé philosophique, non conclusion historique. La position traditionnelle — un Évangile d'origine apostolique, d'abord hébraïque, accomplissant les Écritures — reste pleinement défendable, et c'est elle que la liturgie de l'Église a toujours tenue.
La mission et le martyre de saint Matthieu
De la Judée à l'Éthiopie
Après la Pentecôte, selon le témoignage d'Eusèbe et de la tradition, Matthieu prêcha d'abord parmi les Hébreux, en Judée, avant de partir pour les nations : c'est même, dit Eusèbe, au moment de quitter la Palestine qu'il leur laissa son Évangile par écrit, « dans leur langue maternelle ».[36] Au-delà, les traditions divergent sur le champ de sa mission. La plus répandue le conduit en Éthiopie ; d'autres mentionnent la Perse, le royaume des Parthes, la Macédoine ou la Syrie.[37]
L'incertitude des routes n'efface pas le sens de cette mission : le publicain de Capharnaüm, jadis attaché à son comptoir, devient un itinérant de l'Évangile, porté par le mandat du Ressuscité jusqu'aux confins du monde connu. Celui qui n'avait su que prélever l'impôt pour César s'en va recueillir, pour Dieu, le tribut de la foi des nations.
Le martyre à l'autel selon la Légende dorée
Le récit le plus célèbre de sa mort nous vient de la tradition recueillie au XIIIᵉ siècle par Jacques de Voragine dans la Légende dorée.[38] Matthieu, prêchant en Éthiopie, y aurait ressuscité le fils du roi Égippe, convertissant le souverain et tout son peuple ; il aurait consacré à Dieu la fille du roi, la vierge Iphigénie (Éphigénie), à la tête d'une communauté de vierges.
« Après les solennités de la messe, le roi envoya un bourreau l'épée à la main ; il trouva l'apôtre debout devant l'autel, les mains levées vers le ciel en prière, et le frappa par-derrière, le faisant ainsi martyr. » — Jacques de Voragine, La Légende dorée, « De saint Matthieu »[39]
À la mort du roi Égippe, son successeur Hirtacus voulut épouser Iphigénie. Matthieu, appelé à plaider la cause du roi, rappela publiquement que la vierge était désormais l'épouse du Roi éternel et ne pouvait être donnée à un homme. Furieux, Hirtacus le fit frapper à l'autel même, pendant qu'il célébrait — sceau magnifique pour un évangéliste : mourir les mains levées, au cœur du sacrifice, pour avoir défendu une âme consacrée à Dieu.[40]
Les incertitudes historiques sur sa mort
Il faut le dire avec la rigueur que l'Église elle-même observe : les circonstances précises du martyre de Matthieu ne sont pas historiquement assurées. L'auteur de la notice du Catholic Encyclopedia le reconnaît franchement : « on ne sait pas s'il fut brûlé, lapidé ou décapité », et les actes apocryphes de son martyre n'ont pas de valeur historique propre.[41] Ce que la tradition affirme avec constance, c'est que Matthieu mourut martyr ; le détail du lieu et du supplice relève d'une mémoire plus tardive et plus libre.
Cette honnêteté ne diminue pas la figure du saint : elle la purifie. L'essentiel n'est pas de savoir par quelle arme il tomba, mais que le publicain appelé un jour à tout quitter alla, au bout de sa course, jusqu'au don du sang. Le Martyrologe romain et les calendriers d'Orient comme d'Occident le célèbrent unanimement comme apôtre et martyr.
La spiritualité de saint Matthieu
Le publicain appelé : la conversion et la miséricorde
La leçon spirituelle de saint Matthieu tient en un mot : la miséricorde qui appelle. Avant d'être l'évangéliste, il est le pécheur public que Jésus regarde et choisit. Sa sainteté ne commence pas par une vertu, mais par un regard reçu : le regard du Christ qui ne voit pas seulement ce que l'homme est, mais ce qu'il peut devenir.
« Jésus vit un publicain ; et parce qu'il le regarda avec miséricorde et le choisit, il lui dit : "Suis-moi." » — Saint Bède le Vénérable, Homélie 21 (sur Mt 9, 9)[42]
Cette phrase de saint Bède, « miserando atque eligendo », a traversé les siècles jusqu'à devenir la devise du pape François. Elle dit toute la spiritualité de Matthieu : la conversion n'est pas d'abord un effort de l'homme, mais une réponse à un appel gratuit. Le publicain ne s'est pas rendu digne avant d'être appelé ; il a été appelé tel qu'il était, et c'est l'appel qui l'a rendu digne.
L'évangéliste de l'accomplissement
La seconde grande note de sa spiritualité est le sens de l'accomplissement. Matthieu est l'homme qui a vu, dans la vie de Jésus, se nouer tous les fils de l'Ancien Testament. Sa contemplation est celle d'un croyant juif émerveillé : tout ce que les prophètes avaient annoncé, tout ce que la Loi préfigurait, se réalise dans le Christ. Il enseigne à lire l'Écriture comme un seul livre, dont le Christ est la clef.
Pour le lecteur d'aujourd'hui, Matthieu est le maître d'une foi qui relie : il interdit d'opposer l'Ancien et le Nouveau Testament, la Loi et la grâce, Israël et l'Église. « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir », fait-il dire à Jésus dès le Sermon sur la montagne. Sa spiritualité est celle d'une continuité féconde, où rien de ce que Dieu a semé n'est perdu.
Le disciple qui n'a pas caché son passé
Enfin, Matthieu enseigne une humilité particulière : celle de qui ne renie pas sa misère. Seul des évangélistes, il s'est nommé « le publicain ». Il aurait pu taire son ancien métier, l'envelopper de silence ; il a choisi de le garder écrit, pour toujours, à côté de son nom d'apôtre. C'est la marque des grands convertis : ils ne se vantent pas de leur passé, mais ils ne le cachent pas non plus, parce qu'il est devenu le lieu même où la miséricorde s'est manifestée. Comme Paul se disant « le premier des pécheurs », Matthieu fait de sa chute le piédestal de la grâce.
Le culte de saint Matthieu
L'homme ailé : pourquoi Matthieu est un ange
De tous les évangélistes, Matthieu est représenté par l'homme ailé — souvent décrit comme un ange — l'un des quatre Vivants de la vision d'Ézéchiel et de l'Apocalypse, que les Pères ont rapportés aux quatre évangélistes : le tétramorphe.[43] La répartition reçue, fixée par saint Jérôme, attribue l'homme à Matthieu parce que son Évangile s'ouvre sur la généalogie humaine du Christ : il commence par dire l'ascendance de Jésus « fils de David, fils d'Abraham », et insiste sur l'Incarnation, sur l'humanité du Verbe fait chair.[44]
L'homme ailé dit donc une vérité théologique : l'Évangile de Matthieu est celui de l'enracinement humain du Sauveur, du Messie né d'une lignée, héritier d'Abraham et de David, vrai homme entré dans l'histoire d'Israël. Là où le lion de Marc rugit dans le désert et où l'aigle de Jean s'élève vers la divinité du Verbe, l'homme de Matthieu rappelle que Dieu s'est fait « l'un de nous ».
Les reliques : d'Éthiopie à Salerne (954)
La tradition raconte que les restes de l'évangéliste, longtemps vénérés en Orient, parvinrent en Italie du Sud après bien des péripéties. En 954, des reliques tenues pour celles de saint Matthieu furent solennellement transférées à Salerne, sous le prince lombard Gisulf Iᵉʳ, après qu'un songe en eut, dit-on, révélé l'emplacement près de Paestum.[45] En 1081, l'archevêque Alfan Iᵉʳ, achevant la crypte de la nouvelle cathédrale, y fit déposer le corps dans un sépulcre.
Depuis lors, Matthieu est le patron de Salerne, dont la cathédrale lui est dédiée — la Cattedrale di San Matteo —, et où sa crypte demeure un lieu de pèlerinage. Une fête locale commémore chaque année cette translation. Ainsi le publicain de Galilée, après avoir parcouru le monde de la prédication, a-t-il trouvé son repos dans une cité d'Occident qui se réclame de lui comme de son père.
Fête liturgique et patronages
L'Église latine célèbre saint Matthieu le 21 septembre ; les Églises byzantines le fêtent le 16 novembre.[46] Logiquement, il est le patron de tous ceux qui manient l'argent et les comptes : banquiers, comptables, percepteurs, agents du fisc, douaniers, employés de banque — ce métier même de publicain qu'il avait quitté, et que sa conversion a comme racheté.[47]
Représenté en évangéliste écrivant sous l'inspiration de l'ange, ou en apôtre tenant le livre et l'épée de son martyre, saint Matthieu demeure le visage du pécheur appelé : celui dont la vie tient en un seul mot du Christ — « Suis-moi » — et dont l'Évangile a appris à toute l'Église à reconnaître, dans le Galiléen né d'Abraham et de David, le Messie attendu et le Dieu fait homme.
Pour aller plus loin
- Saint Marc l'Évangéliste — l'évangéliste du lion ailé, dont Matthieu reprend en partie la trame.
- Saint Luc l'Évangéliste — l'évangéliste du taureau, qui raconte le même appel sous le nom de Lévi.
- Saint Pierre — le prince des apôtres, à qui Matthieu seul transmet le « Tu es Pierre ».
- Saint Paul — l'Apôtre des nations, autre grand converti qui n'a pas caché son passé.
- Saint Bède le Vénérable — dont l'homélie sur la vocation de Matthieu a donné au pape François sa devise.
- Saint Papias de Hiérapolis — le plus ancien témoin de l'origine hébraïque de l'Évangile de Matthieu.
- Saint Jérôme — qui fixa l'attribution de l'homme ailé et transmit la tradition de l'Évangile « selon les Hébreux ».
Notes et références
J.-E. Jacquier, "St. Matthew", The Catholic Encyclopedia, vol. X, Robert Appleton Company, New York, 1911 (texte intégral sur New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/10056b.htm). Notice de référence sur l'identité de Lévi/Matthieu, le double nom, le métier de publicain, l'origine hébraïque de l'Évangile, la prédication en Judée puis vers l'Éthiopie, la Perse et le pays des Parthes, l'incertitude du martyre (« on ne sait pas s'il fut brûlé, lapidé ou décapité »), le symbole de l'homme ailé tenant une lance et la fête du 21 septembre.
1 11 12 24 36 37Évangile selon saint Marc 2, 14 : « En passant, il vit Lévi, le fils d'Alphée, assis au bureau de la douane, et il lui dit : "Suis-moi." » Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf. Identification traditionnelle de Lévi et de Matthieu : voir Jacquier, Catholic Encyclopedia, "St. Matthew".
2 7 22Évangile selon saint Matthieu 9, 9 : « En s'en allant, Jésus vit, assis au bureau de la douane, un homme appelé Matthieu, et il lui dit : "Suis-moi." Et, se levant, il le suivit. » Traduction de la Bible de Jérusalem, Éditions du Cerf.
3 9 15Évangile selon saint Matthieu 9, 10-13 : le repas avec les publicains et les pécheurs, et la parole « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades… Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. » Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf.
4 14 18Évangile selon saint Matthieu 16, 18-19 : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église… Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux. » Passage propre à Matthieu, fondement scripturaire du primat de Pierre. Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf.
5 30Fête liturgique : 21 septembre dans le calendrier romain (Église latine) ; 16 novembre dans le calendrier byzantin (Églises orthodoxes et catholiques de rite byzantin). Voir le Martyrologe romain et Jacquier, Catholic Encyclopedia, "St. Matthew".
6 46Évangile selon saint Luc 5, 27-28 : « Après cela il sortit, et il remarqua un publicain du nom de Lévi assis au bureau de la douane, et il lui dit : "Suis-moi." Et quittant tout, il se leva et se mit à sa suite. » Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf.
8Listes des Douze où figure Matthieu : Mt 10, 3 (« Matthieu le publicain »), Mc 3, 18, Lc 6, 15, et Actes des Apôtres 1, 13 (les apôtres au Cénacle après l'Ascension). Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf. Seul Matthieu, dans sa propre liste, se qualifie de « publicain ».
10 21 23Sur le système romain de l'affermage de l'impôt (publicani, portoria, péages et douanes), le statut social et religieux des collecteurs d'impôts en Judée et leur assimilation aux pécheurs : voir Jacquier, Catholic Encyclopedia, "St. Matthew" (New Advent), ainsi que la notice "Publican" / "Tax collector" et les dictionnaires bibliques courants (par ex. Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Brepols). Les évangiles associent régulièrement « les publicains et les pécheurs » (Mt 9, 11 ; Mt 11, 19 ; Lc 15, 1).
13Saint Bède le Vénérable, Homélie I, 21 (sur Mt 9, 9), Homiliae, CCSL 122 : « Vidit ergo Iesus publicanum, et quia miserando atque eligendo vidit, ait illi : Sequere me » — « Jésus vit donc un publicain, et parce qu'il le regarda avec miséricorde et le choisit, il lui dit : Suis-moi. » Cette formule, miserando atque eligendo, a été adoptée par le pape François comme devise épiscopale et pontificale ; il l'a expressément reliée à la vocation de Matthieu et à la Vocation de saint Matthieu du Caravage. Voir la page du Vatican consacrée aux armoiries de François (vatican.va).
16 20 42Évangile selon saint Luc 5, 29 : « Lévi lui fit un grand festin dans sa maison, et il y avait une foule nombreuse de publicains et d'autres gens qui étaient à table avec eux. » Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf.
17Le Caravage (Michelangelo Merisi da Caravaggio), La Vocation de saint Matthieu (Vocazione di san Matteo), huile sur toile, vers 1599-1600, chapelle Contarelli de l'église Saint-Louis-des-Français (San Luigi dei Francesi), Rome, où elle fait pendant au Martyre de saint Matthieu et au Saint Matthieu et l'ange. Voir la notice de l'église San Luigi dei Francesi et les catalogues du Caravage.
19Évangile selon saint Matthieu 1, 1-17 : généalogie de Jésus « fils de David, fils d'Abraham », puis récit de l'enfance (Mt 1-2 : Joseph, les mages, la fuite en Égypte, le massacre des innocents). Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf.
25Les « citations d'accomplissement » propres à Matthieu (env. dix occurrences), introduites par la formule « afin que s'accomplît ce qu'avait dit le prophète » : par ex. Mt 1, 22-23 (Is 7, 14, l'Emmanuel), 2, 15 (Os 11, 1), 2, 17-18 (Jr 31, 15), 4, 14-16 (Is 8-9), 8, 17 (Is 53, 4), 12, 17-21 (Is 42), 21, 4-5 (Za 9, 9), 27, 9-10. Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf. Sur le thème de l'accomplissement et de Jésus « nouveau Moïse », voir Jacquier, Catholic Encyclopedia, "St. Matthew".
26 27Structure de Matthieu en cinq grands discours, chacun clos par la formule « Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours » (Mt 7, 28 ; 11, 1 ; 13, 53 ; 19, 1 ; 26, 1) : (1) Sermon sur la montagne et Béatitudes (Mt 5-7) ; (2) discours missionnaire (Mt 10) ; (3) paraboles du Royaume (Mt 13) ; (4) discours ecclésial / la vie de la communauté (Mt 18) ; (5) discours eschatologique (Mt 24-25). Texte des Béatitudes : Mt 5, 3-12. Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf.
28 29Évangile selon saint Matthieu 28, 18-20 : le mandat missionnaire du Ressuscité, « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples… et voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu'à la fin du monde. » Traduction de la Bible de Jérusalem, Cerf.
31Papias de Hiérapolis, cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, livre III, ch. 39, § 16 (vers 325). Texte grec : « Ματθαῖος μὲν οὖν Ἑβραΐδι διαλέκτῳ τὰ λόγια συνετάξατο, ἡρμήνευσεν δ' αὐτὰ ὡς ἦν δυνατὸς ἕκαστος. » — « Matthieu réunit en langue hébraïque les logia, et chacun les interpréta comme il en était capable. » Édition de référence : coll. Sources Chrétiennes n° 31, trad. Gustave Bardy, Éditions du Cerf, Paris, 1952.
32Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies (Adversus haereses), III, 1, 1 (vers 180) : « Matthieu publia chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d'Évangile, tandis que Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l'Église. » Coll. Sources Chrétiennes, Éditions du Cerf. Témoignage repris par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, V, 8, 2.
33Origène, Commentaire sur Matthieu (premier livre), cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, VI, 25, 4 : le premier Évangile fut écrit « par Matthieu, jadis publicain puis apôtre de Jésus-Christ, qui le publia pour les croyants venus du judaïsme, l'ayant composé en langue hébraïque ». Coll. Sources Chrétiennes, Cerf.
34Saint Jérôme, Des hommes illustres (De viris illustribus), chapitre 3, « Matthaeus » (vers 392-393) : « Matthieu, aussi appelé Lévi, d'abord publicain puis apôtre, composa le premier en Judée un Évangile du Christ, en lettres et en langue hébraïques, pour ceux de la circoncision qui avaient cru. » Jérôme ajoute qu'un exemplaire de l'Évangile « selon les Hébreux » était conservé de son temps à la bibliothèque de Césarée. Édition : Patrologia Latina 23.
35Jacques de Voragine (Jacobus de Voragine), La Légende dorée (Legenda aurea, vers 1260-1266), chapitre « De saint Matthieu, apôtre » : prédication en Éthiopie, résurrection du fils du roi Égippe, conversion du roi et de son peuple, consécration de la vierge Iphigénie, puis martyre de l'apôtre frappé à l'autel sur l'ordre du roi Hirtacus pendant qu'il célébrait la messe. Édition de référence : La Légende dorée, trad. J.-B. M. Roze, Garnier-Flammarion. Récit légendaire et tardif, sans valeur historique propre quant au détail (cf. Jacquier, Catholic Encyclopedia, "St. Matthew").
38 39Sur sainte Iphigénie (Éphigénie) d'Éthiopie, vierge consacrée par saint Matthieu et défendue par lui contre le roi Hirtacus : tradition transmise par la Légende dorée et les Actes apocryphes de Matthieu ; mémoire le 21 septembre. Voir la notice "Ephigenia of Ethiopia" (Wikipedia) et les synaxaires. Ces sources sont apocryphes ou légendaires et n'ont pas l'autorité des évangiles.
40Sur l'incertitude du genre de mort de Matthieu et l'absence de valeur historique des actes apocryphes de son martyre, voir explicitement J.-E. Jacquier, "St. Matthew", Catholic Encyclopedia, X, New Advent (« it is not known whether he was burned, stoned, or beheaded »).
41Sur le tétramorphe et l'attribution de l'homme ailé (ange) à saint Matthieu : vision des quatre Vivants en Ézéchiel 1, 5-10 et Apocalypse 4, 6-7 ; saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 11, 8 (vers 180), première mise en correspondance des quatre Vivants et des évangélistes ; saint Jérôme, prologue du Commentaire sur l'Évangile de Matthieu (vers 398), qui fixe la répartition reçue — Matthieu/homme, Marc/lion, Luc/taureau, Jean/aigle — l'homme étant attribué à Matthieu parce que son Évangile s'ouvre sur la généalogie et l'humanité du Christ. Voir aussi la notice "Tetramorph", Wikipedia.
43 44Translation des reliques de saint Matthieu à Salerne en 954 sous le prince lombard Gisulf Iᵉʳ (selon le translatio conservé dans un manuscrit de la seconde moitié du XIᵉ siècle), puis dépôt dans la crypte de la cathédrale achevée par l'archevêque Alfan Iᵉʳ vers 1081. Voir la notice "Salerno Cathedral" (Wikipedia) et la Cattedrale di San Matteo (site du diocèse de Salerne). Une fête de la translation est célébrée localement le 6 mai.
45Saint Matthieu, ancien publicain, est traditionnellement invoqué comme patron des banquiers, comptables, percepteurs, agents du fisc, douaniers et employés de banque. Voir les notices hagiographiques courantes (Martyrologe, Vies des saints) et les répertoires de patronages.
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