La crise monophysite est la grande controverse christologique qui suit le concile d'Éphèse et conduit au concile de Chalcédoine en 451. Elle naît d'une inquiétude réelle : après la condamnation de Nestorius, comment éviter de reparler du Christ comme de deux sujets ? Mais la réponse d'Eutychès, archimandrite de Constantinople, va dans l'excès inverse : il confesse le Christ « de deux natures » avant l'union, mais n'en confesse plus qu'une après l'union, et refuse d'anathématiser ce qui contredit les lettres de Cyrille ; sommé de dire si la chair du Christ est consubstantielle à la nôtre, il répond qu'il ne l'a « jamais jusqu'ici » dit, puis cède — « Puisque vous le dites, je suis d'accord sur tout » — une soumission que le synode juge insincère.[1][2]
Le mot « monophysite » vient du grec monê physis, « une seule nature ». Dans son sens strict, il désigne l'erreur qui absorbe ou confond l'humanité du Christ dans sa divinité. Cette erreur est condamnée par Chalcédoine, qui confesse un seul et même Christ, vrai Dieu et vrai homme, « en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation ».[3]
L'histoire est cependant plus complexe qu'une simple opposition entre orthodoxes et hérétiques. Beaucoup d'Égyptiens, de Syriens et d'Arméniens rejettent Chalcédoine non parce qu'ils veulent nier l'humanité réelle du Christ, mais parce qu'ils craignent que la formule « en deux natures » soit une régression vers Nestorius. Il faut donc distinguer trois niveaux : l'eutychianisme condamné, la crise politique et ecclésiale anti-chalcédonienne, et les dialogues modernes avec les Églises orthodoxes orientales.[4][5]
Pourquoi la crise monophysite éclate-t-elle ?
La réaction excessive contre Nestorius
Après Éphèse, la foi catholique a fixé une frontière : on ne peut pas diviser le Christ en deux sujets, un homme Jésus d'un côté et le Verbe de Dieu de l'autre. Saint Cyrille d'Alexandrie a imposé la grammaire de l'unité personnelle : le Verbe s'est fait homme, et Marie est Mère de Dieu (Theotokos) parce que celui qui naît d'elle selon la chair est Dieu le Fils.[6]
Cette victoire comporte un risque de mauvaise lecture. Certains disciples de la formule cyrillienne « une seule nature du Verbe incarnée » l'entendent comme si, après l'Incarnation, il ne fallait plus parler de deux natures réelles. Or Cyrille lui-même ne voulait pas nier la pleine humanité du Christ : il refusait deux sujets, non la réalité de l'humanité assumée.[7]
La crise monophysite commence donc comme un déséquilibre de protection. Pour éviter la division nestorienne, Eutychès et ses soutiens glissent vers une christologie où l'humanité du Christ devient difficile à reconnaître comme vraiment nôtre.
Eutychès, moine influent de Constantinople
Eutychès est un vieux moine de Constantinople, chef d'un grand monastère et adversaire déclaré de Nestorius. En 448, Eusèbe de Dorylée, qui avait déjà dénoncé Nestorius, l'accuse à son tour d'hérésie devant un synode présidé par saint Flavien de Constantinople.[8]
Les débats du synode sont précis. Flavien fait lire la deuxième lettre de Cyrille à Nestorius et la lettre d'union à Jean d'Antioche. D'après les actes du synode de 448, relus à Chalcédoine (session I), Eutychès refuse de comparaître, affirme adorer « une seule nature de Dieu incarnée et faite homme », confesse le Christ « de deux natures » avant l'union mais « une seule nature » après l'union ; interrogé sur la consubstantialité de la chair du Christ avec la nôtre, il déclare ne l'avoir « jamais jusqu'ici » dite, puis finit par l'admettre.[9]
Flavien résume alors la foi comme confession du Christ « de deux natures » après l'Incarnation, appuyée sur les deux lettres de Cyrille relues au synode : un seul Christ, vrai Dieu et vrai homme.[10]
La difficulté est ici décisive. Si le Christ n'a pas une humanité consubstantielle à la nôtre, il ne prend pas vraiment notre condition. Or, selon l'axiome de saint Grégoire de Nazianze, « Ce qui n'a pas été assumé n'a pas été guéri »[11] : c'est notre salut qui est en jeu, autant que les mots.
Flavien condamne Eutychès
Le synode de Constantinople finit par déposer Eutychès. La sentence frappe le refus de confesser « de deux natures » après l'Incarnation : le synode juge la soumission d'Eutychès insincère et déclare non orthodoxe quiconque ne confesse pas « de deux natures ». Cette distinction est capitale : l'Église ne choisit pas entre unité et humanité. Elle confesse les deux.
Eutychès fait appel. Il bénéficie de soutiens puissants, notamment à la cour de Théodose II et auprès de Dioscore d'Alexandrie, successeur de Cyrille.[12] Le dossier sort alors de Constantinople et devient une crise impériale.
Que s'est-il passé à Éphèse II en 449 ?
Un concile dominé par Dioscore
Théodose II convoque une nouvelle assemblée à Éphèse en 449. C'est saint Léon lui-même qui la nomme le « brigandage d'Éphèse » (Latrocinium) : l'assemblée réhabilite Eutychès, dépose Flavien, et Dioscore refuse la lecture des lettres de Léon, dont le Tome à Flavien.[13][14][15]
Dioscore préside avec une autorité écrasante. Les évêques qui avaient jugé Eutychès en 448 sont marginalisés. Flavien est condamné ; il meurt peu après, des suites des mauvais traitements subis. La scène devient le symbole d'un concile où la procédure, la pression politique et la violence ecclésiastique empêchent un jugement doctrinal libre.[16]
Le Tome de Léon est écarté
Le pape Léon le Grand avait envoyé à Flavien une lettre doctrinale, le Tome à Flavien, qui deviendra l'un des textes majeurs de Chalcédoine. Dioscore refuse sa lecture à Éphèse II. Cette mise à l'écart pèse lourdement dans la réception occidentale : une fois informé, Léon condamne tous les actes de l'assemblée de 449, qui a protégé Eutychès et humilié la foi apostolique.[17]
Le Tome de Léon formule l'équilibre que Chalcédoine reprendra : le Christ est un seul et même Fils, mais les propriétés de chaque nature demeurent. La divinité n'abolit pas l'humanité ; l'humanité ne divise pas le Fils.
« Chaque nature accomplit ce qui lui est propre, avec le concours de l'autre. »
— Saint Léon le Grand, Tome à Flavien (Lettre 28, chap. 4)[18]
Cette phrase ne signifie pas deux sujets agissant côte à côte. Elle signifie qu'un seul sujet, le Verbe incarné, agit selon ce qui convient à sa divinité et selon ce qui convient à son humanité.
Que définit Chalcédoine en 451 ?
Une enquête sur Éphèse II
Après la mort de Théodose II, l'empereur Marcien et l'impératrice Pulchérie convoquent un nouveau concile à Chalcédoine, près de Constantinople. L'assemblée s'ouvre le 8 octobre 451 et relit longuement les actes du synode de Constantinople de 448 et ceux d'Éphèse II.[19]
La première grande décision est personnelle et procédurale : Dioscore est déposé. D'après la sentence des légats, lue en session III : Dioscore est privé de son évêché et de toute dignité ecclésiastique pour son soutien à Eutychès, son excommunication de Léon et son refus de répondre aux accusations.[20]
Cette déposition ne résout pas encore tout. Beaucoup d'évêques orientaux veulent rester fidèles à Cyrille tout en recevant Léon. Il faut donc une définition qui ne soit ni nestorienne ni eutychienne.
La formule des quatre adverbes
La définition de Chalcédoine est l'un des textes les plus précis de l'histoire chrétienne. Elle reprend Nicée, Constantinople I, Éphèse, Cyrille et Léon, puis confesse le Christ reconnu en deux natures. Les quatre adverbes latins et grecs sont devenus classiques : sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation.[21]
« Un seul et même Christ, Fils, Seigneur, Unique-engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. »
— Concile de Chalcédoine, définition de foi, 451[22]
| Adverbe | Erreur écartée | Sens doctrinal |
|---|---|---|
| Sans confusion | Eutychianisme | La divinité et l'humanité ne se mélangent pas. |
| Sans changement | Absorption de l'humanité | Le Verbe ne transforme pas l'humanité en divinité. |
| Sans division | Nestorianisme | Le Christ n'est pas deux sujets. |
| Sans séparation | Association extérieure | Les deux natures ne sont jamais disjointes dans le Fils incarné. |
Cette table montre pourquoi Chalcédoine n'est pas un compromis mou. C'est une formule à double garde-fou : elle interdit à la fois la fusion et la séparation.
La foi catholique n'est pas « deux Christs »
Les anti-chalcédoniens redoutent que « deux natures » signifie deux Christs. Chalcédoine répond exactement l'inverse : c'est un seul et même Christ qui est connu en deux natures. La formule ne remplace pas Cyrille ; elle l'interprète contre les excès d'Eutychès.
La différence tient à la grammaire du sujet. Comme le dit le Catéchisme : « Jésus-Christ possède deux natures, la divine et l'humaine, non confondues, mais unies dans l'unique Personne du Fils de Dieu »[23]. C'est pourquoi les actions humaines de Jésus sont vraiment celles du Fils, et ses actes divins ne détruisent pas son humanité.
Comment la crise devient-elle un schisme durable ?
L'Égypte et la Syrie rejettent Chalcédoine
La définition de 451 est dogmatiquement décisive, mais sa réception est difficile. En Égypte, une grande partie du peuple et du clergé refuse le patriarche chalcédonien Proterius ; celui-ci est tué en 457 dans une explosion de violence ecclésiale. En Syrie et en Palestine, les lignes se déplacent aussi entre fidélité à Chalcédoine, fidélité à Cyrille et opposition à l'autorité impériale.[24][25]
La crise n'est donc pas seulement un débat de théologiens. Elle touche les langues liturgiques, les identités locales, la méfiance envers Constantinople et la mémoire d'Alexandrie. Le vocabulaire christologique devient le lieu d'une fracture impériale.
L'Hénotique de Zénon échoue
En 482, l'empereur Zénon publie l'Hénotique, un édit d'union rédigé sur l'avis d'Acace de Constantinople[26]. Le texte condamne Nestorius et Eutychès, approuve les anathèmes de Cyrille, confesse un seul Christ Dieu et homme, mais évite soigneusement les mots « nature » et « personne » et ne fait à Chalcédoine qu'une vague allusion, sans lui reconnaître d'autorité.[27]
Le procédé est habile mais fragile. Pour les chalcédoniens, il abandonne la clarté de 451. Pour les anti-chalcédoniens radicaux, il ne suffit pas. Pour Rome, il devient inacceptable parce qu'il sacrifie la définition conciliaire à une paix politique.
« Quiconque pense autrement, maintenant ou autrefois, que ce soit à Chalcédoine ou dans tout autre synode, est anathématisé, en particulier Nestorius, Eutychès et tous leurs partisans. »
— L'Hénotique de Zénon (482)[28]
L'édit provoque le schisme acacien entre Rome et Constantinople de 484 à 519.[29] La tentative d'union aggrave donc la fracture qu'elle voulait guérir.
Sévère d'Antioche et le monophysisme modéré
Au début du VIᵉ siècle, Sévère d'Antioche devient la grande figure intellectuelle du camp anti-chalcédonien : patriarche d'Antioche de 512 à 518, mort en 538, il est l'écrivain le plus fécond du courant anti-chalcédonien.[30]
Sévère rejette Eutychès et veut rester cyrillien : il confesse une seule nature incarnée du Verbe, non comme confusion ou absorption, mais comme unité composée du Christ. Pour nommer cette position sans l'assimiler à l'eutychianisme, cet article emploie le mot miaphysisme. Au sens strict, monophysite désigne l'erreur condamnée : l'absorption de l'humanité du Christ dans sa divinité[31]. Cette précision ne fait pas disparaître le désaccord historique sur Chalcédoine, mais elle empêche d'assimiler toute tradition copte, syriaque ou arménienne à l'eutychianisme grossier.
Quel rôle joue Constantinople II en 553 ?
Justinien tente de réconcilier l'Orient
Au VIᵉ siècle, l'empereur Justinien veut regagner les milieux anti-chalcédoniens sans renier Chalcédoine. La controverse des Trois Chapitres vise trois dossiers associés à l'école antiochienne : Théodore de Mopsueste, certains écrits de Théodoret de Cyr, et la lettre attribuée à Ibas d'Édesse.[32]
Le calcul est pastoral et politique : si l'on condamne des textes jugés nestorianisants, les adversaires de Chalcédoine ne pourront plus accuser le concile de 451 d'avoir protégé Nestorius. Mais la méthode provoque une crise avec l'Occident, car beaucoup craignent qu'on condamne indirectement Chalcédoine.[33]
Constantinople II confirme l'équilibre
Le concile de Constantinople II ne remplace pas Chalcédoine. Il le lit dans la continuité de Cyrille et d'Éphèse. Il condamne ceux qui divisent le Christ comme deux sujets, mais aussi ceux qui introduisent une confusion dans le mystère du Christ.[34]
L'Église catholique n'a jamais choisi une formule anti-monophysite au prix d'un retour au nestorianisme. Elle maintient les deux refus : pas de division du Fils, pas de confusion des natures.
Que disent les dialogues modernes ?
La déclaration Paul VI-Shenouda III de 1973
Le 10 mai 1973, Paul VI et le pape copte orthodoxe Shenouda III signent une déclaration christologique commune. Le texte confesse Jésus-Christ parfait Dieu et parfait homme, dont la divinité est unie à l'humanité « dans une union réelle, parfaite, sans mélange, sans commixtion, sans confusion, sans altération, sans division, sans séparation ».[35]
Cette déclaration ne transforme pas rétroactivement Chalcédoine en malentendu total. Elle montre plutôt que les Églises peuvent aujourd'hui confesser ensemble le cœur de la foi christologique tout en reconnaissant que, depuis 451, les différences théologiques ont été nourries et élargies par des facteurs non théologiques.[36]
Monophysite ou miaphysite ?
Monophysite, au sens strict, désigne l'erreur condamnée : une seule nature comprise comme confusion ou absorption[37]. Miaphysite désigne ici la formule traditionnelle des Églises orthodoxes orientales, qui confessent l'unité du Verbe incarné sans nier son humanité réelle.
Cette distinction permet au contraire de nommer exactement l'erreur condamnée et de ne pas attribuer automatiquement à tous les chrétiens non chalcédoniens la thèse d'Eutychès. La vérité catholique exige cette double rigueur : fidélité à Chalcédoine et justice envers les interlocuteurs.
Chronologie
- 448Synode de ConstantinopleFlavien contre Eutychès
Eutychès est accusé par Eusèbe de Dorylée et condamné pour son refus de confesser correctement les deux natures du Christ après l'Incarnation.[38]
- 449Éphèse IIréhabilitation d'Eutychès
Dioscore d'Alexandrie préside une assemblée qui réhabilite Eutychès et dépose Flavien ; Chalcédoine relira ses actes comme une procédure injuste.[39]
- 451Concile de ChalcédoineIVᵉ concile œcuménique
Le concile dépose Dioscore et définit un seul Christ en deux natures, sans confusion ni séparation.[40]
- 457Meurtre de ProteriusAlexandrie
La réception de Chalcédoine devient une fracture populaire et ecclésiale en Égypte.[41][42]
- 482Hénotique de Zénonédit d'union
L'édit impérial cherche l'unité en évitant la formule de Chalcédoine ; il prépare le schisme acacien.[43]
- 484-519Schisme acacienRome et Constantinople
Rome refuse l'ambiguïté de l'Hénotique et rompt la communion avec Acace puis ses successeurs jusqu'à la restauration de 519.[44]
- 553Constantinople IITrois Chapitres
Le cinquième concile œcuménique confirme Chalcédoine en condamnant les lectures nestorianisantes et les confusions christologiques.[45]
- 1973Déclaration Paul VI-Shenouda IIIdialogue catholique-copte
Les deux Églises confessent ensemble le Christ parfait Dieu et parfait homme, uni sans confusion ni séparation.[46]
Pourquoi cette crise reste-t-elle actuelle ?
Elle protège la réalité de l'Incarnation
La crise monophysite rappelle que l'Incarnation ne signifie pas seulement une apparition divine dans un corps. Le Fils assume une humanité réelle : corps, âme raisonnable, volonté humaine, souffrance humaine, croissance humaine, mort réelle. Si cette humanité est absorbée, le salut devient moins concret.
La foi catholique confesse donc que le Christ est consubstantiel au Père selon la divinité (de même nature divine que le Père) et consubstantiel à nous selon l'humanité (de même humanité que nous). Il sauve parce qu'il est Dieu ; il nous sauve de l'intérieur parce qu'il est vraiment homme.
Elle évite une fausse symétrie avec Nestorius
Nestorius séparait trop ; Eutychès confondait trop. Mais l'orthodoxie n'est pas un milieu vague entre deux erreurs. Elle est une formule positive : un seul sujet personnel, deux natures réelles. C'est cette précision qui permet d'adorer le Crucifié sans diviser le Christ, et de contempler son humanité sans la dissoudre.
Elle oblige à parler justement des Églises orientales
Dans le dialogue contemporain, qualifier indistinctement les coptes, syriaques ou arméniens de « monophysites » peut être injuste si l'on entend par là l'eutychianisme. La déclaration de 1973 avec l'Église copte montre qu'une confession commune du Christ vrai Dieu et vrai homme est possible.[47]
Mais la justice historique ne supprime pas la portée de Chalcédoine. Pour l'Église catholique, le concile de 451 demeure une référence œcuménique normative. Elle donne la grammaire classique permettant de tenir ensemble la vérité de Dieu et la vérité de l'homme dans l'unique Jésus-Christ.
Pour aller plus loin
- La crise nestorienne — le déséquilibre opposé, qui divise le Christ en deux sujets.
- Concile d'Éphèse (431) — le contexte cyrillien indispensable.
- Concile de Chalcédoine (451) — la définition dogmatique des deux natures.
- Constantinople II (553) — la réception anti-nestorienne de Chalcédoine.
- Marie Mère de Dieu — le titre Theotokos dans la christologie catholique.
Notes et références
John Chapman, « Eutyches », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, New York, Robert Appleton Company, 1909, New Advent : accusation par Eusèbe de Dorylée, synode de Constantinople de 448, refus d'Eutychès, doctrine sur les deux natures et consubstantialité.
1 8 38John Chapman, « Eutyches », New Advent : lecture des lettres de Cyrille, confession de Flavien « de deux natures » après l'Incarnation, déclarations d'Eutychès sur la chair du Christ.
2 9 10Concile de Chalcédoine, définition de foi, session V, 22 octobre 451 (DS 301-302), dans The Seven Ecumenical Councils, trad. Henry R. Percival, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 14, Buffalo, Christian Literature Publishing Co., 1900 ; formule « en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation » (traduction française officielle reprise au CEC 467). Voir aussi Francis J. Schaefer, « Council of Chalcedon », Catholic Encyclopedia, vol. 3, New York, Robert Appleton Company, 1908, New Advent.
3 21 22 40John Chapman, « Monophysites and Monophysitism », The Catholic Encyclopedia, vol. 10, New York, Robert Appleton Company, 1911, New Advent : distinction entre histoire littéraire monophysite, Dioscore, Timothée Aelure, Sévère d'Antioche et question de la culpabilité matérielle.
4Paul VI et Shenouda III, Déclaration commune signée par le Saint-Père et par Sa Sainteté Shenouda III, Vatican, 10 mai 1973, vatican.va (page anglaise : « Joint Declaration of the Holy Father Pope Paul VI and His Holiness Shenouda III ») : la divinité du Christ est unie à son humanité « dans une union réelle, parfaite, sans mélange, sans commixtion, sans confusion, sans altération, sans division, sans séparation » (texte non numéroté).
5 35 46 47Saint Cyrille d'Alexandrie, deuxième lettre à Nestorius, reçue par le concile d'Éphèse, dans The Seven Ecumenical Councils, NPNF II, vol. 14, New Advent, « Council of Ephesus », Session I.
6Saint Cyrille d'Alexandrie, lettre à Jean d'Antioche (Laetentur caeli, 433, formule d'union), lue en session II de Chalcédoine, dans The Seven Ecumenical Councils, éd. Philip Schaff et Henry Wace, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 14, Buffalo, Christian Literature Publishing Co., 1900, section « The Letter of Cyril to John of Antioch » : un seul Christ, Dieu parfait et homme parfait, « de même substance que le Père selon la divinité, et de même substance que nous selon l'humanité ».
7Saint Grégoire de Nazianze, Lettre 101 à Clédonios (contre Apollinaire), § 32 : « ce qui n'a pas été assumé n'a pas été guéri » (Ep. 101, 32, Sources chrétiennes 208, p. 50) ; cf. Benoît XVI, audience générale du 22 août 2007, Vatican.va.
11John Chapman, « Eutyches », New Advent : filleul de l'eunuque Chrysaphius, ministre de Théodose II ; lettres aux principaux évêques et appel au pape Léon (Ep. 21) ; Dioscore d'Alexandrie annule la sentence de Flavien et absout Eutychès.
12Saint Léon le Grand, Lettre 95 à Pulchérie, 20 juillet 451, chap. 2, dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 12, New Advent : l'assemblée d'Éphèse fut « non de juges mais de brigands » (« not of judges but of robbers ») ; Léon y condamne tous les actes de 449.
13 17John Chapman, « Robber Council of Ephesus », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, New York, Robert Appleton Company, 1909, New Advent : Dioscore « took care not to have it [la lettre dogmatique de Léon à Flavien] read » — le Tome n'est pas lu à Éphèse II.
14Francis J. Schaefer, « Council of Chalcedon », The Catholic Encyclopedia, vol. 3, New York, Robert Appleton Company, 1908, New Advent : convocation de Chalcédoine, condamnation des actes d'Éphèse II par Léon une fois informé, relecture des actes et rôle du Tome de Léon.
15 16 19Saint Léon le Grand, Lettre 28 à Flavien, « Tome à Flavien », chap. 4 (DS 294), dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 12, New Advent : chaque nature accomplit ce qui lui est propre avec le concours de l'autre (« For each form does what is proper to it with the co-operation of the other »).
18F. J. Schaefer, « Council of Chalcedon », New Advent, troisième session, 13 octobre 451 : les légats déclarent Dioscore privé de son évêché et de toute dignité ecclésiastique pour son soutien à l'hérétique Eutychès, son excommunication du pape Léon et son refus de répondre aux accusations.
20Catéchisme de l'Église catholique, § 481 : « Jésus-Christ possède deux natures, la divine et l'humaine, non confondues, mais unies dans l'unique Personne du Fils de Dieu ».
23John Chapman, « Monophysites and Monophysitism », New Advent : mort de Dioscore en exil, élection de Timothée Aelure, meurtre de Proterius, expulsions d'évêques chalcédoniens et extension de la crise en Égypte et Syrie.
24 41Adrian Fortescue, « Henoticon », New Advent : le patriarche catholique d'Alexandrie Protérius « had been murdered in 457 » ; cf. Évagre le Scholastique, Histoire ecclésiastique, II, 8.
25 42Évagre le Scholastique, Histoire ecclésiastique, III, 13 : l'Hénotique est rédigé sur l'avis d'Acace de Constantinople ; III, 14 : texte de l'édit.
26Adrian Fortescue, « Henoticon », The Catholic Encyclopedia, vol. 7, New York, Robert Appleton Company, 1910, New Advent : édit de Zénon en 482, condamnation de Nestorius et d'Eutychès, évitement des termes « nature » et « personne », vague allusion à Chalcédoine (« alludes vaguely but disrespectfully to Chalcedon »).
27 43Hénotique de Zénon (482), texte conservé par Évagre le Scholastique, Histoire ecclésiastique, III, 14 : anathème contre « quiconque pense autrement, maintenant ou autrefois, que ce soit à Chalcédoine ou dans tout autre synode, en particulier Nestorius, Eutychès et tous leurs partisans » (en anglais : « Who thinks otherwise, either now or formerly, either at Chalcedon or at any other synod, is anathematized, especially Nestorius, Eutyches, and all their followers »).
28Adrian Fortescue, « Henoticon », New Advent : le schisme acacien provoqué par l'Hénotique dure trente-cinq ans, de 484 à 519.
29 44John Chapman, « Monophysites and Monophysitism », New Advent, section « Severus » : Sévère d'Antioche, patriarche de 512 à 518, auteur majeur du courant anti-chalcédonien, mort en 538.
30Catéchisme de l'Église catholique, § 467 : « Les monophysites affirmaient que la nature humaine avait cessé d'exister comme telle dans le Christ en étant assumée par sa personne divine de Fils de Dieu » ; la définition de Chalcédoine (451) y est citée dans sa traduction française officielle.
31 37Francis Joseph Bacchus, « Three Chapters », The Catholic Encyclopedia, vol. 14, New York, Robert Appleton Company, 1912, New Advent : définition des trois dossiers condamnés.
32Thomas Shahan, « Second Council of Constantinople », The Catholic Encyclopedia, vol. 4, New York, Robert Appleton Company, 1908, New Advent : convocation par Justinien, crise des Trois Chapitres et réception difficile.
33IIᵉ concile de Constantinople, canons 4-8, dans Denzinger – Hünermann, Symboles et définitions de la foi catholique, Paris, Cerf, 1996, DS 424-430 : union selon l'hypostase (union du Verbe et de la chair dans l'unique personne du Fils), deux natures sans confusion ni division, rejet de ceux qui divisent ou confondent le mystère du Christ.
34 45Paul VI et Shenouda III, déclaration commune, Vatican, 10 mai 1973 : passage sur les différences nées depuis 451, nourries et élargies par des facteurs non théologiques.
36F. J. Schaefer, « Council of Chalcedon », New Advent : première session, 8 octobre 451 — protestation des légats contre la présence de Dioscore, accusations d'Eusèbe de Dorylée, relecture des actes d'Éphèse II.
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