Vigile (Vigilius, né à Rome dans la dernière décennie du Vᵉ siècle — † 7 juin 555) gouverne l'Église romaine du 29 mars 537 au 7 juin 555. Le Saint-Siège le présente comme le 59ᵉ pape de l'Église catholique, né à Rome, entre saint Silvère et Pélage I.[1][2] Son pontificat dure dix-huit ans — moins, par exemple, que les vingt et un ans de saint Silvestre I (314-335).[3] Pourtant, ces dix-huit années sont peut-être les plus déchirantes de l'histoire romaine ancienne.
Vigile devient pape dans la guerre gothique. Il est porté au trône de Pierre après la déposition violente de Silvère, sous la pression du général byzantin Bélisaire et de sa femme Antonina, agissant pour l'impératrice Théodora. Il est ensuite arrêté à Rome — selon le Liber Pontificalis, probablement le 22 novembre 545 —, conduit de force à Constantinople, retenu près de dix ans dans la capitale impériale, contraint d'examiner sous menace l'édit de Justinien condamnant les Trois Chapitres, et meurt à Syracuse en revenant enfin vers Rome.[4][5][6]
Sa figure est, pour la mémoire catholique, l'un des cas les plus durs de l'histoire de la papauté : un pape entré sur le siège dans des conditions très irrégulières, hésitant pendant des années sur la controverse des Trois Chapitres, retirant ses propres décisions, scellant un serment puis le brisant, refusant le concile puis le ratifiant. C'est aussi, pour les théologiens, un cas-école sur la distinction entre l'infaillibilité du Siège et la faillibilité disciplinaire du titulaire.[7][8]
Pourquoi Vigile compte-t-il ?
Le pape de la plus longue crise byzantine
Vigile n'est pas un pape de gouvernement classique. Pendant la quasi-totalité de son pontificat, il est soit en exil forcé, soit sous menace, soit en fuite dans une église byzantine. Le récit chronologique impose une évidence : c'est le pape qui a vécu, au cœur même de Constantinople, le moment où l'empereur essaie de soumettre une question doctrinale au calendrier impérial. La controverse des Trois Chapitres est l'arrière-plan obligé de son pontificat.[9][10]
Cette situation lui interdit la posture d'un saint Agapet qui menace Justinien à Constantinople en 536 et meurt après quelques mois de victoire éclatante.[11] Vigile dure des années. Il faut juger un pape selon son temps : Vigile n'est pas saint Léon écrivant à Flavien.[12] Il est, plus exactement, le pape qui survit à dix-huit ans d'épreuve byzantine sans laisser tomber, finalement, le Siège de Pierre.
Un cas-école d'infaillibilité pontificale
Le dossier Vigile est cité par tous les manuels d'ecclésiologie depuis le XIXᵉ siècle pour discuter l'infaillibilité pontificale. Les adversaires de Vatican I s'en servent comme contre-exemple : Vigile aurait, disent-ils, enseigné officiellement une chose contre Chalcédoine, puis son contraire.[13]
La réponse catholique est précise : aucun document de Vigile n'est une définition ex cathedra au sens où Vatican I définira plus tard ce concept ; ses hésitations portent sur l'opportunité disciplinaire d'une condamnation, non sur le contenu de la foi de Chalcédoine, qu'il a toujours défendu ; sa décision finale, le second Constitutum du 23 février 554, est conforme au concile reçu par toute l'Église.[14][15] L'article reviendra en détail sur ce point.
Un pape qui n'est pas saint
Contrairement à son prédécesseur Silvère et à Agapet I qui le précède, Vigile n'est ni saint ni bienheureux.[16][17] Son successeur Pélage I (556-561) n'est pas canonisé non plus : la Catholic Encyclopedia l'intitule « Pope Pelagius I », sans titre de sainteté.[18] La tradition catholique n'a jamais inscrit son nom au martyrologe[19]. C'est une donnée importante : la papauté reçoit Vigile comme pape légitime à partir du moment où Silvère a renoncé ou est mort ; elle ne reçoit pas son comportement personnel comme exemplaire.
Cette distinction est précieuse pour la suite de l'histoire ecclésiastique. Elle permet à l'Église, plus tard, de juger sévèrement la conduite d'un pape (Honorius, Jean XII, certains pontifes de la Renaissance) sans nier la légitimité de leur succession et sans démolir la primauté romaine elle-même.
Dans ce second Constitutum, Vigile justifie son revirement en invoquant — selon le résumé qu'en donne Hefele — l'exemple de saint Augustin revenant sur ses écrits antérieurs dans ses Rétractations : il n'y aurait pas de honte à reconnaître une erreur passée[20].
Les sources principales
Tableau des témoins
| Source | Date | Ce qu'elle apporte | Prudence |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège | liste actuelle | 59ᵉ pape, Rome, dates 29.III.537 - 7.VI.555 | Notice très brève |
| Liber Pontificalis | VIᵉ siècle, traditions remaniées | Famille, diaconat, accord avec Théodora, déposition de Silvère, voyage à Constantinople, mort à Syracuse, sépulture | Récit hostile à Vigile, à croiser |
| Liberatus de Carthage, Breviarium | vers 560 | Témoignage africain proche de la crise des Trois Chapitres ; promesse de 700 livres d'or à Théodora | Hostile par fidélité africaine à Chalcédoine |
| Victor de Tunnunum, Chronicon | vers 567 | Chronologie ferme des actes de Vigile et de leurs revers ; date de l'arrestation à Rome | Source africaine, sévère envers Vigile |
| Procope, De bello gothico | VIᵉ siècle | Contexte de la guerre gothique et du rôle de Bélisaire | Témoin laïc bien informé |
| Constitutum I et II | 14 mai 553 ; 23 février 554 | Textes de Vigile lui-même : refus initial, ratification finale | Textes essentiels, conservés en latin |
| Lettre à Eutychius | 8 décembre 553 | Acceptation du Vᵉ concile | Acte ecclésial décisif |
| Treccani DBI / Enciclopedia dei Papi | XXᵉ-XXIᵉ siècle | Synthèse moderne critique | Référence universitaire italienne |
| Catholic Encyclopedia | 1912 | Récit catholique classique : famille, déposition de Silvère, Judicatum, Constituta, mort | Synthèse ancienne mais sourcée |
| Britannica | en ligne | Mise au point chronologique | Bonne vue d'ensemble |
| Richard Price, Acts of Constantinople 553 | 2009 | Édition critique anglaise des actes et des Constituta de Vigile | Référence académique majeure |
Le dossier de Vigile est l'un des plus riches de la papauté du VIᵉ siècle. C'est précisément ce qui rend le jugement délicat : à l'abondance des sources s'ajoute leur hostilité fréquente. Les Africains, fidèles à Chalcédoine, ne pardonnent pas à Vigile son Judicatum. Le Liber Pontificalis romain ne lui pardonne pas son entrée sous Théodora et la mort de Silvère.
Le Saint-Siège et la chronologie
La notice officielle du Saint-Siège donne Vigile comme 59ᵉ pape, né à Rome, avec un pontificat commencé le 29 mars 537 et achevé le 7 juin 555.[21] Cette chronologie est confirmée par la Catholic Encyclopedia, par Treccani et par Britannica.[22][23][24]
La date de la mort est précieuse : elle correspond au jour où Vigile, en route vers Rome après la fin de sa rétention byzantine, meurt à Syracuse.[25][26] Son corps est ensuite ramené à Rome et enseveli sur la Via Salaria ; les sources divergent sur l'église exacte (voir § sépulture).[27]
Le Liber Pontificalis : récit dramatique romain
Le Liber Pontificalis présente Vigile comme Romain, fils de Jean, consularis, et frère du sénateur Réparat (préfet de Rome en 527).[28][29] Le texte ne cache pas son ressentiment : Vigile y apparaît comme un homme ambitieux, lié à Théodora, qui aurait promis de l'argent et un infléchissement doctrinal en échange de son élévation à la papauté.[30][31]
Le récit est dur, mais ses points saillants sont confirmés par d'autres sources : Théodora cherche bien à influencer la papauté en faveur des évêques monophysites, et Bélisaire est bien l'instrument militaire de la chute de Silvère.[32][33] L'historien moderne ne reçoit donc pas la dramatisation du Liber, mais il en retient les faits structurants.
Liberatus, Victor de Tunnunum, Procope
Liberatus de Carthage, archidiacre, écrit son Breviarium causae nestorianorum et eutychianorum vers 560. Il est proche des évêques africains qui résistent à la condamnation des Trois Chapitres et donne le détail des manœuvres de Théodora, dont la promesse à Vigile de sept cents livres d'or s'il s'engageait à condamner Chalcédoine.[34]
Victor de Tunnunum, évêque africain exilé pour la même cause, fixe dans son Chronicon la date du 22 novembre 545 pour l'arrestation de Vigile en plein office de sainte Cécile, et la chronologie ferme des actes ultérieurs.[35]
Procope de Césarée, conseiller juridique de Bélisaire, donne dans son De bello gothico le cadre militaire de la guerre d'Italie et le rôle exact du général byzantin.[36] Sa neutralité partielle, son intelligence politique et ses sources de première main en font un témoin précieux du contexte civil.
Les Constituta de Vigile
Les textes de Vigile eux-mêmes sont les sources doctrinales les plus directes : le Judicatum du 11 avril 548 adressé au patriarche Mennas ; le premier Constitutum du 14 mai 553 ; la lettre à Eutychius du 8 décembre 553 ; le second Constitutum du 23 février 554.[37][38][39][40] Ces textes sont conservés dans leur version latine et édités notamment par Richard Price dans son édition critique des actes de Constantinople II.[41]
Ce sont eux qui permettent de répondre à la question apologétique : qu'a réellement enseigné Vigile, et quand ? Aucune lecture sérieuse de la crise ne peut faire l'économie de ces documents.
Avant le pontificat : un diacre dans la tourmente romaine
Une grande famille sénatoriale
Vigile appartient à l'aristocratie sénatoriale romaine. Le Liber Pontificalis nomme son père Jean, consularis, et son frère Réparat est préfet de Rome en 527.[42][43] La famille entretient des correspondances avec Milan, notamment avec le diacre Ennodius.[44]
Cette précision est importante. Vigile n'est pas un religieux issu d'un titre romain modeste. Il appartient au monde sénatorial qui dialogue avec la cour de Ravenne, puis avec Constantinople. Cette origine explique à la fois sa capacité à devenir apocrisiaire dans la capitale impériale et la facilité avec laquelle Théodora le repère.
Désignation de 531 et son annulation
En 531, Boniface II convoque un synode à Saint-Pierre et présente une constitution qui lui attribue le droit de désigner son successeur. Il choisit le diacre Vigile.[45][46] Le geste suscite l'opposition du Sénat romain et d'une partie du clergé. Un troisième synode, la même année, annule la décision : Boniface brûle lui-même publiquement le décret de désignation.[47][48]
L'épisode est instructif. Vigile, dès 531, est déjà perçu comme une figure ambitieuse. Sa désignation n'est pas rejetée pour des raisons doctrinales mais pour un principe canonique fort : un pape ne désigne pas son successeur. Lorsqu'il deviendra effectivement pape, six ans plus tard, ce sera dans des conditions plus violentes, mais avec la même question en arrière-plan : la liberté de l'Église romaine face aux pressions extérieures.
Apocrisiaire à Constantinople
Vigile se rend à Constantinople vers 535-536 et y demeure comme représentant du pape auprès de la cour impériale — le Liber Pontificalis est la seule source à le qualifier d'apocrisiaire, tandis que Liberatus attribue cette charge au diacre Pélage.[49][50] Il y est présent lorsque saint Agapet I vient en personne défendre Chalcédoine contre le patriarche Anthime ; il y reste après la mort d'Agapet à Constantinople le 22 avril 536.[51]
Il observe donc directement ce que peut être un pape ferme face à Justinien — et ce qui peut arriver à un pape isolé loin de Rome. La mémoire de cette double leçon pèsera, pour le meilleur et pour le pire, dans son comportement futur.
Le pacte avec Théodora
C'est à Constantinople que se noue le pacte décisif. L'impératrice Théodora, sensible aux milieux monophysites, cherche à obtenir la réhabilitation d'Anthime déposé par Agapet et la limitation des effets de Chalcédoine. Selon Liberatus, elle promet à Vigile la papauté et 700 livres d'or s'il accepte de soutenir cette politique.[52][53]
« Donne-moi une lettre par laquelle tu promettes de réhabiliter Anthime, et je te ferai pape, et tu recevras sept cents livres d'or. » — Proposition de Théodora à Vigile, rapportée par Liberatus, Breviarium[54]
La lecture moderne ne reçoit pas tous les détails comme rigoureusement historiques, mais l'orientation générale est solide : Vigile s'engage de façon ambiguë auprès de Théodora avant son élection, et cet engagement pèse sur la première période de son pontificat.[55]
Il faut toutefois préciser un point capital. Vigile ne s'engage pas par écrit à condamner Chalcédoine comme dogme — aucun document ne dira jamais cela. Il s'engage à une politique de modération doctrinale vis-à-vis des évêques monophysites et à la réhabilitation d'Anthime. La distinction est mince devant Théodora, mais elle est radicale devant Dieu : Vigile ne franchira jamais la frontière du dogme, même au plus bas de la crise.
L'élection de 537 dans la guerre gothique
La déposition de Silvère
Saint Silvère, fils du pape Hormisdas, avait été imposé comme pape en 536 par le roi ostrogoth Théodat. Lors de la reconquête de Rome par Bélisaire en décembre 536, Silvère est resté à la papauté. Mais il refuse les demandes de Théodora concernant Anthime.[56][57]
En mars 537, Bélisaire, sur instruction d'Antonina et au nom de l'impératrice, accuse Silvère de trahison au profit des Ostrogoths. Le pape est arrêté, dépouillé du pallium et exilé.[58][59] Le 29 mars 537, Vigile est ordonné pape à sa place.[60][61]
Le rôle de Bélisaire et Antonina
Bélisaire est le bras armé. Son épouse Antonina, amie proche de Théodora, agit comme intermédiaire entre la cour impériale et le siège romain. C'est Antonina qui, selon les sources, organise l'accusation contre Silvère et l'arrestation matérielle.[62][63]
Procope confirme, depuis l'intérieur même de l'état-major byzantin, le rôle prépondérant d'Antonina dans la diplomatie romaine de Bélisaire pendant la guerre gothique.[64] Le récit est donc cohérent : Vigile devient pape sous une double pression, militaire (Bélisaire) et diplomatique (Antonina-Théodora).
La mort de Silvère et la question de la légitimité
Silvère exilé est ramené en Italie sur intervention de Justinien, qui veut un nouveau procès. Antonina, craignant un retour, le fait reléguer dans l'île de Palmaria, où Silvère meurt de mauvais traitements le 2 décembre 537.[65][66]
La question de la légitimité de Vigile pendant l'année 537 est donc lourde. Tant que Silvère est vivant et n'a pas validement renoncé, deux papes coexistent. La doctrine catholique sur ce point a évolué après coup : on tient que Vigile, élu sous violence, devient pape certainement valide après la mort de Silvère ; certains canonistes considèrent que les actes des premiers mois sont contestés mais que la suite, ratifiée par l'Église universelle, lève toute ambiguïté.[67][68]
| Acteur | Position en 537 | Sens ecclésial |
|---|---|---|
| Silvère | Pape déposé, exilé, mort à Palmaria le 2 décembre 537 | Pape légitime sans renonciation valide jusqu'à sa mort |
| Vigile | Ordonné le 29 mars 537 sous pression byzantine | Élection irrégulière ; légitimité pleinement reconnue après la mort de Silvère |
| Théodora | Promet Anthime et l'or, attend la réhabilitation | N'obtient jamais ce qu'elle attendait sur le plan dogmatique |
| Justinien | Hésite, soutient l'action de Bélisaire | Récupère un pape utilisable mais pas docile |
La crise des Trois Chapitres
Le piège doctrinal posé par Justinien
Pendant huit ans après son élection, Vigile gouverne Rome dans le contexte tourmenté de la guerre gothique. Il reçoit en 540 une intervention difficile : Justinien lui demande de prendre position sur le monophysisme. Vigile écrit deux lettres adressées à Constantinople — l'une à l'empereur Justinien, l'autre au patriarche Mennas — confirmant son adhésion à Éphèse et à Chalcédoine, sans entrer dans les détails monophysites.[69]
Puis l'empereur conçoit, vers 543-544, son édit contre les Trois Chapitres : condamnation de Théodore de Mopsueste et de ses écrits, de certains écrits de Théodoret de Cyr contre saint Cyrille, et de la lettre attribuée à Ibas d'Édesse à Maris.[70][71] Son but : convaincre les monophysites que Chalcédoine n'autorise pas les positions extrêmes des écoles antiochiennes.
Justinien envoie l'édit aux patriarches orientaux ; tous le signent, certains sous protestation. Il faut alors la signature du pape.[72][73] Le piège est posé : si Vigile signe, l'Occident l'accusera d'avoir abandonné Chalcédoine ; s'il refuse, Justinien le fera arrêter.
L'édit impérial et la pression sur Rome
L'édit impérial heurte Rome de plusieurs façons. Théodoret et Ibas avaient été réintégrés à Chalcédoine en 451 ; les condamner après leur mort, c'est sembler corriger Chalcédoine.[74] Théodore de Mopsueste est mort dans la paix de l'Église ; le condamner sur sa personne touche un principe vivant : l'Église ne condamne pas un défunt qu'elle n'a pas condamné de son vivant.
L'opposition de Vigile est donc d'abord procédurale et chalcédonienne, pas philo-nestorienne. C'est un point capital, souvent oublié dans la polémique anti-papale moderne : Vigile ne défend pas Théodore parce qu'il l'approuve, mais parce qu'il craint que l'autorité de Chalcédoine soit blessée.[75]
L'arrestation du 22 novembre 545
La date du 22 novembre 545, jour de la fête de sainte Cécile, est celle que donne Victor de Tunnunum pour l'arrestation : Vigile célèbre alors la messe dans la basilique du même nom à Rome, quand, sur ordre de Justinien, l'envoyé impérial Anthémios pénètre dans l'église, présente un mandat impérial et fait monter Vigile à bord d'un bateau prêt sur le Tibre. Le peuple romain proteste, jette des cailloux et des malédictions.[76][77] La Catholic Encyclopedia ne reprend cette date que sous condition : « probablement », si le récit du Liber Pontificalis est correct.[78]
« Les Romains crient : "Que la famine te suive, que la peste te suive, que tout le mal te suive — que tu reçoives le mal que tu as fait aux Romains." » — Liber Pontificalis, récit de l'arrestation de Vigile le 22 novembre 545[79]
Le départ du pape de Rome n'a rien d'une diplomatie ordinaire. C'est l'arrestation publique du successeur de Pierre, sous les huées de la ville. Vigile arrive à Catane en Sicile, y séjourne près d'un an avant d'atteindre Constantinople en janvier 547.[80][81]
À Constantinople (547-555)
Le Judicatum du 11 avril 548
Pendant l'année 547, Vigile résiste. Il commence par excommunier le patriarche Mennas[82][83] pour avoir signé l'édit impérial. Puis il se laisse présenter le dossier théologique. Des traductions latines exactes des passages de Théodore lui sont fournies. Il finit par admettre que certaines propositions de Théodore sont à rejeter.
Le 11 avril 548, Vigile publie son Judicatum adressé au patriarche Mennas : il condamne les Trois Chapitres tout en réaffirmant explicitement l'autorité de Chalcédoine.[84][85] La position est doctrinalement défendable, mais elle est politiquement maladroite : elle ne suffit pas à Justinien et elle est intolérable pour les Latins.
| Document | Date | Contenu | Audience visée |
|---|---|---|---|
| Judicatum | 11 avril 548 | Condamnation des Trois Chapitres + sauvegarde explicite de Chalcédoine | Patriarche Mennas, Justinien, Latins |
| Premier Constitutum | 14 mai 553 | Condamnation de propositions de Théodore ; refus de condamner sa personne, Théodoret et Ibas | Justinien, pères conciliaires |
| Lettre à Eutychius | 8 décembre 553 | Acceptation du Vᵉ concile | Patriarche Eutychius, Église universelle |
| Second Constitutum | 23 février 554 | Ratification complète, condamnation des Trois Chapitres | Justinien, Église universelle |
La révolte des Latins
Le Judicatum déclenche une tempête en Occident. Les évêques africains, sous l'autorité de Réparat de Carthage, refusent et excommunient Vigile.[86][87] Facundus d'Hermiane écrit son grand traité Pro defensione trium capitulorum contre la condamnation. L'Italie du Nord et l'Illyricum protestent. Le diacre Rusticus, neveu de Vigile, prend position contre son propre oncle.[88][89]
Devant cette opposition, Vigile retire le Judicatum : il accepte qu'on en suspende l'application, en attendant un concile général.[90][91] La leçon est dure : un texte doctrinalement défendable a été reçu comme une trahison parce que les Latins n'avaient pas été préparés à lire un acte impérial sur des morts du Vᵉ siècle sans y voir une atteinte à Chalcédoine.
Le serment d'août 550
Le 15 août 550, Vigile et Justinien échangent des serments écrits. L'empereur s'engage à laisser la question des Trois Chapitres ouverte jusqu'à un concile ; Vigile s'engage par serment à condamner les Trois Chapitres à l'issue de cette procédure.[92][93]
Ce serment, plus tard exhibé par Justinien contre Vigile au moment où il refusera de siéger au concile, est l'un des points les plus douloureux de la crise. Vigile s'est engagé en privé, par écrit et sous serment, à voter ce qu'il refusera ensuite publiquement de voter en mai 553.[94] C'est ce serment qui rend la position du pape juridiquement vulnérable et qui sert d'argument à Justinien pour le retirer des diptyques.
La fuite à Sainte-Euphémie de Chalcédoine
En décembre 551, sous la pression d'un nouvel édit impérial, Vigile cherche d'abord asile à la basilique Saint-Pierre de Constantinople, puis traverse le Bosphore et se réfugie — le 23 décembre 551, en passant par une fenêtre de sa résidence — à Sainte-Euphémie de Chalcédoine, l'église même où s'était tenu en 451 le concile dont il défend l'intégrité.[95][96][97]
Le symbole est puissant. Vigile, à bout, ne va pas se cacher dans une chapelle anodine : il se met sous la protection de Chalcédoine elle-même. C'est dans ce sanctuaire qu'il publie son encyclique aux fidèles racontant les mauvais traitements reçus à Constantinople.
Une tradition biographique tardive, reprise par l'historiographie populaire à partir de Warren Carroll sans source primaire identifiée, prête à Vigile face à ses geôliers cette réplique : « Vous pouvez me garder en captivité, mais le bienheureux apôtre Pierre ne sera jamais votre captif. » Aucune source contemporaine — ni le Liber Pontificalis, ni la Catholic Encyclopedia, ni les écrits conservés de Vigile édités par Price — ne la rapporte : elle doit donc être tenue pour une légende non vérifiée, non pour une parole attestée.[98]
Le concile et les deux Constituta
Le refus de siéger
Le concile s'ouvre le 5 mai 553 dans la basilique Sainte-Sophie. La présidence revient à Eutychius, nouveau patriarche de Constantinople, successeur de Mennas. L'assemblée est presque entièrement orientale.[99] Vigile, demandant une représentation plus équilibrée Orient-Occident, refuse de siéger.
Cette absence n'est pas une absence indifférente. Elle est, juridiquement, une objection formelle : un concile prétendu œcuménique sans le pape est, pour Vigile, un concile à l'équilibre brisé. Il propose un autre lieu (Italie, Sicile) ou une délégation paritaire. Justinien refuse et ouvre le concile par autorité impériale.[100]
Le premier Constitutum (14 mai 553)
Le 14 mai 553, neuf jours après l'ouverture du concile, Vigile publie son premier Constitutum ad Imperatorem.[101][102] Le texte est précis :
- il condamne soixante propositions extraites de Théodore de Mopsueste ;
- il refuse de condamner Théodore comme personne, parce qu'il est mort dans la paix de l'Église et que Chalcédoine ne l'a pas condamné ;
- il refuse de condamner les écrits de Théodoret au-delà de ce que Chalcédoine a admis ;
- il interdit d'aller plus loin sur la lettre d'Ibas à Maris.
Cette position est l'expression la plus complète de l'attitude que Vigile avait adoptée publiquement en Occident. Elle est doctrinalement défendable : on peut condamner des erreurs sans condamner des personnes que l'Église n'a pas condamnées de leur vivant. C'est aussi exactement la position que Newman, dans son commentaire de la crise honorienne, défendra plus tard : juger des doctrines ne se confond pas avec juger des âmes.[103]
« Il convient de condamner les opinions impies, sans condamner les personnes que la sainte Église catholique n'a pas elle-même condamnées dans leur vie. » — Position de Vigile dans le premier Constitutum, 14 mai 553, telle que résumée par les sources[104]
Le retrait des diptyques (26 mai 553)
Justinien réagit fortement. Il fait parvenir au concile, lors de la septième session du 26 mai 553, un dossier accusateur : le pape aurait promis par écrit, et par serment du 15 août 550, de condamner les Trois Chapitres ; en revenant sur son engagement, il serait, dit l'empereur, un « parjure et un menteur ».[105]
Le concile prend alors une décision soigneusement formulée : le nom de Vigile est retiré des diptyques, sans qu'aucune rupture de communion avec le Siège apostolique soit prononcée.[106] La distinction est essentielle. Les pères orientaux séparent le siège (toujours en communion avec Constantinople) et la personne du titulaire (frappée d'une mesure disciplinaire).
| Question | Décision du concile | Statut juridique |
|---|---|---|
| Communion avec Rome | Maintenue | Le siège n'est pas anathématisé |
| Nom de Vigile aux diptyques | Retiré | Mesure disciplinaire contre la personne |
| Excommunication de Vigile | Non prononcée | L'empereur Justinien lui-même refuse de la demander |
| Condamnation doctrinale de Vigile | Non prononcée | Aucun anathème portant son nom |
Cette précision est précieuse pour l'apologétique catholique : même au plus aigu de la crise, le concile ne déclare pas le pape hérétique. Il sanctionne disciplinairement un individu sans toucher au Siège.
La capitulation (8 décembre 553)
Pendant six mois, Vigile reste à Sainte-Euphémie sous très forte pression. Son entourage est dispersé, son neveu Rusticus exilé, plusieurs Latins qui le soutiennent expulsés ou démis. Le 8 décembre 553, Vigile écrit à Eutychius : il accepte la décision du concile et reconnaît que ses positions précédentes étaient erronées dans la mesure où elles ouvraient la voie à la défense des Trois Chapitres.[107][108]
Le texte est un acte d'autocritique pontificale rare : Vigile invoque explicitement saint Augustin et ses Rétractations pour justifier le droit, pour un évêque même romain, de revenir sur des décisions antérieures lorsqu'une lumière plus complète les rectifie.[109]
Le second Constitutum (23 février 554)
Le 23 février 554 (26 février selon la Catholic Encyclopedia[110]), Vigile publie son second Constitutum, qui ratifie pleinement la doctrine du concile et condamne formellement les Trois Chapitres.[111][112] Le texte reprend point par point la doctrine de Constantinople II : Trinité consubstantielle, deux générations du Verbe, union selon l'hypostase, refus du nestorianisme et du monophysisme, Marie vraiment Mère de Dieu.[113]
C'est ce second Constitutum qui est reçu par l'Église comme l'acte ratifiant le Vᵉ concile œcuménique. La papauté en sortira affaiblie aux yeux des contemporains, mais le dogme chalcédonien aura été défendu et précisé, et le concile recevra plus tard, lentement mais réellement, l'adhésion de l'Occident.[114]
« Suivant les pas des Pères, nous reconnaissons d'une part la sainte mémoire des quatre conciles précédents — Nicée, Constantinople, Éphèse et Chalcédoine —, et nous condamnons d'autre part les Trois Chapitres tels que ce concile les a précisés. » — Résumé doctrinal du second Constitutum de Vigile, 23 février 554[115]
La Pragmatique Sanction et le retour
La reconquête de l'Italie
Pendant le séjour byzantin de Vigile, la guerre gothique s'achève. Narsès écrase Totila en 552 à Tagina, puis Téia en 553 au mont Lactarius. L'Italie redevient impériale. Justinien promulgue le 13 août 554 la Pragmatica Sanctio, intégrant l'Italie à l'administration byzantine.[116][117]
Vigile, libéré, obtient certaines garanties politiques pour Rome et pour le clergé. Il négocie en pape — non en prisonnier, ce qu'il avait été pendant des années. Sa rétention finit donc par produire un effet inattendu : sortir de la crise, c'est aussi pour Rome obtenir un statut administratif clair sous Byzance.
La mort à Syracuse (7 juin 555)
Vigile quitte Constantinople au printemps 555, après dix ans d'éloignement de son siège. Il meurt à Syracuse le 7 juin 555, vraisemblablement d'une crise de calculs dont il souffrait déjà depuis longtemps, sans avoir atteint Rome.[118][119][120]
La mort à Syracuse est un dernier symbole. Le pape arrêté à Rome dix ans plus tôt meurt avant d'avoir pu revoir la ville. Comme un signe : Vigile aura été, jusqu'au bout, le pape exilé.
La sépulture : un lieu discuté de la Via Salaria
Son corps est ramené à Rome et enseveli sur la Via Salaria, mais les sources divergent sur l'église exacte : le Liber Pontificalis (trad. Loomis) indique Saint-Marcel, le dictionnaire des papes d'Oxford retient San Marcello, tandis que la Catholic Encyclopedia (Kirsch, suivant Duchesne) donne la basilique Saint-Sylvestre, au-dessus de la catacombe de Priscille — et Wikipedia (suivant Davis) San Martino ai Monti.[121] En l'état du dossier, le lieu exact de l'inhumation reste donc incertain. Vigile n'est pas inhumé à Saint-Pierre, à la différence de la plupart de ses prédécesseurs. La tradition romaine, qui n'a jamais reconnu Vigile comme saint, ne lui accorde pas non plus la basilique du prince des Apôtres.
Son successeur est Pélage I, ancien diacre qui l'avait accompagné dans la crise et qui poursuivra, dans des conditions plus paisibles, la ratification du concile et le rapatriement progressif des Latins schismatiques.[122]
Vigile et l'infaillibilité pontificale
Le problème théologique
Le dossier Vigile est l'un des trois grands cas (avec Libère, et plus tard Honorius) que toute discussion catholique sérieuse de l'infaillibilité pontificale doit affronter. Le problème, posé crûment, est le suivant : Vigile a-t-il enseigné officiellement, comme pape, deux doctrines incompatibles entre 548 et 554 ?[123]
À première vue, oui. Le Judicatum de 548 condamne les Trois Chapitres. Le premier Constitutum du 14 mai 553 refuse de les condamner intégralement. Le second Constitutum du 23 février 554 ratifie pleinement leur condamnation. Trois actes, trois positions différentes. Comment maintenir que le pape est, dans certaines conditions, infaillible ?
La distinction enseignement définitif / disciplinaire
La réponse catholique distingue plusieurs niveaux. Toutes les déclarations papales ne sont pas des définitions ex cathedra au sens où Vatican I définira l'infaillibilité dans la constitution Pastor Aeternus en 1870.[124] Pour qu'une déclaration soit infaillible, il faut :
- que le pape parle comme pasteur universel ;
- qu'il définisse une doctrine de foi ou de mœurs ;
- qu'il l'impose à l'Église universelle ;
- qu'il engage explicitement sa charge apostolique suprême.
Aucune des trois pièces de Vigile (Judicatum, premier Constitutum, second Constitutum) ne réunit clairement ces quatre conditions. Le Judicatum est une mesure disciplinaire prise en réponse à une demande impériale ; le premier Constitutum est une objection formelle au déroulement du concile ; le second Constitutum est une ratification du concile lui-même, qui en tire son autorité.[125]
La réception catholique : Vigile n'a pas enseigné l'erreur dogmatique
Plus profondément, aucun des trois textes de Vigile ne contient une affirmation hérétique. Les sources catholiques l'établissent point par point :
- Le Judicatum réaffirme expressément Chalcédoine.[126]
- Le premier Constitutum condamne soixante propositions de Théodore ; il refuse seulement la condamnation post mortem d'une personne, et il maintient l'autorité de Chalcédoine.[127]
- Le second Constitutum est conforme au concile reçu.[128]
Vigile a hésité sur une question disciplinaire : faut-il condamner après leur mort des hommes que Chalcédoine avait reçus dans la communion ? Il n'a jamais hésité sur la foi chalcédonienne elle-même. C'est pour cela que la Catholic Encyclopedia précise nettement : l'opposition de Vigile « ne porte pas d'abord sur la doctrine en elle-même, mais sur l'opportunité, la violence impériale et la crainte de nuire à l'autorité de Chalcédoine. »[129]
La leçon ecclésiologique
Vigile démontre, par défaut, ce que la doctrine catholique enseigne par excès. L'infaillibilité du pape n'est pas l'impeccabilité du pape. Elle n'est pas non plus l'infaillibilité de chacune de ses décisions, ni la garantie qu'il ne se contredira jamais administrativement. Elle est la promesse divine que, lorsqu'il parle solennellement comme pasteur universel sur la foi ou les mœurs, l'assistance du Saint-Esprit l'empêchera d'imposer l'erreur à l'Église entière.[130]
La crise des Trois Chapitres confirme cette promesse. Au point le plus bas de la papauté ancienne, Vigile n'a jamais imposé l'hérésie. Il a hésité, retardé, négocié, échoué, mais il n'a pas enseigné officiellement le contraire de Chalcédoine. La doctrine catholique sortie de Vatican I se trouve, paradoxalement, confirmée par le pire cas de la papauté du VIᵉ siècle.
Comment juger Vigile ?
Le pape de la faiblesse
Il faut le dire franchement : Vigile n'a pas la fermeté d'Agapet. Il accepte une élection scandaleuse. Il s'engage par écrit auprès de Théodora. Il prête un serment qu'il rompt ensuite. Il publie un acte qu'il retire. Il refuse un concile qu'il finit par ratifier. Ce n'est pas un pape exemplaire.
Le mot juste, employé par presque toutes les sources critiques, est faiblesse — pas hérésie, pas trahison de Pierre, mais une faiblesse longue, mêlée d'ambition initiale, de désir d'être aimé de l'empereur, de souci d'éviter le pire pour sa personne.[131][132]
Mais pas le pape de l'hérésie
Cette faiblesse ne fait pas de Vigile un hérétique. Il maintient Chalcédoine, toujours. Il refuse les exigences les plus extrêmes de Théodora. Il finit par ratifier le Vᵉ concile. Son comportement personnel est blâmable ; sa fonction doctrinale est sauvegardée.
C'est exactement la distinction que l'apologétique catholique a toujours faite. Un pape peut être un mauvais homme et un pape valide. Un pape peut être pusillanime et défendre néanmoins la vérité de Pierre. La promesse du Christ à Pierre — « je prierai pour toi afin que ta foi ne défaille pas » (Lc 22, 32) — ne porte pas sur la sainteté personnelle de Pierre mais sur la stabilité de la foi confessée.[133]
Une primauté qui survit à son titulaire
Le dossier le plus important du pontificat de Vigile, du point de vue de la doctrine catholique, n'est paradoxalement ni le Judicatum, ni les Constituta. C'est le comportement du concile lui-même envers le pape.
À la septième session du 26 mai 553, le concile retire le nom de Vigile des diptyques. Il n'excommunie pas le pape, et il ne rompt pas avec le Siège apostolique. C'est Justinien qui formule lui-même cette distinction : il y a une chaire de Pierre, et il y a un homme qui l'occupe. La chaire reste ; l'homme peut être disciplinairement sanctionné.[134]
Cette distinction, posée au cœur de la pire crise byzantine, anticipe par fait ce que Vatican I définira par doctrine : la primauté romaine est attachée au Siège, non à la qualité personnelle du titulaire. C'est par Vigile, c'est-à-dire malgré Vigile, que cette intuition s'est imposée dans l'histoire conciliaire.
Questions et objections
Vigile a-t-il été simoniaque ?
Liberatus rapporte la promesse de 700 livres d'or de Théodora à Vigile. Si l'argent a été effectivement transmis, l'élection serait entachée d'un acte de simonie. La Catholic Encyclopedia est prudente : la promesse est probable, le versement effectif est moins documenté.[135][136] Quoi qu'il en soit, la simonie de l'élection ne fait pas perdre la légitimité une fois que le pape est universellement reçu et que la mort de Silvère a levé l'ambiguïté.
Vigile a-t-il enseigné l'hérésie en condamnant les Trois Chapitres ?
Non. La condamnation des Trois Chapitres n'est pas hérétique — Constantinople II est un concile œcuménique reçu. La question de fond n'est pas dogmatique, mais disciplinaire et historique : condamner des écrits problématiques après la mort de leurs auteurs.[137]
Vigile a-t-il enseigné l'hérésie en refusant de condamner les Trois Chapitres ?
Non plus. Refuser une mesure disciplinaire douteuse n'est pas enseigner une erreur dogmatique. Vigile n'a jamais affirmé que Théodore avait raison, ni qu'Éphèse et Chalcédoine étaient à corriger. Il a affirmé une chose précise et limitée : on ne condamne pas après leur mort des hommes que l'Église n'a pas condamnés de leur vivant.[138]
Vatican I a-t-il discuté le cas Vigile ?
Oui. Lors des débats préparatoires de la constitution Pastor Aeternus en 1869-1870, plusieurs Pères évoquent Vigile, Honorius et Libère comme cas-tests. La rédaction finale de l'infaillibilité tient compte de ces cas : elle limite l'infaillibilité à des conditions très précises (parler ex cathedra, comme pasteur universel, en matière de foi ou de mœurs, en engageant explicitement l'autorité apostolique suprême).[139]
Vigile était-il un pape légitime ?
Oui, indubitablement après la mort de Silvère le 2 décembre 537. Avant cette date, son élection est juridiquement irrégulière. La doctrine catholique reçoit traditionnellement Vigile comme le 59ᵉ pape, sans interruption de la succession apostolique.[140]
Pourquoi Vigile n'est-il pas saint ?
Parce que la sainteté n'est pas la légitimité. La tradition catholique distingue ces deux registres. Vigile a exercé validement la primauté ; il n'a pas vécu de façon héroïquement sainte. L'Église canonise pour la sainteté, non pour la fonction.
Synthèse
Vigile est un pape difficile à raconter. Il entre sur le siège par un complot. Il s'engage envers Théodora. Il hésite des années sur les Trois Chapitres. Il publie un acte qu'il retire. Il prête un serment qu'il rompt. Il refuse un concile qu'il ratifie. Il meurt loin de Rome, sans être saint.
Et pourtant, dans cette même histoire, plusieurs choses tiennent. Il maintient Chalcédoine. Il ne fait jamais la concession dogmatique attendue par Théodora. Il publie un premier Constitutum qui est juridiquement défendable. Il ratifie en fin de compte le concile reçu par toute l'Église. Son siège est sanctionné disciplinairement mais jamais reconnu hérétique. La primauté romaine survit à sa faiblesse.
C'est précisément pour cela que Vigile est, pour le théologien catholique, un dossier irremplaçable. Il prouve, par contre-exemple, que l'autorité de Pierre ne dépend pas de la qualité personnelle de Pierre. Le Christ n'a pas promis à l'apôtre que son successeur serait toujours saint ou toujours brave ; il a promis que les portes de l'enfer ne prévaudraient pas sur l'Église (Mt 16, 18). Vigile aura été l'un de ces moments où la promesse est éprouvée — et tenue.
Pour aller plus loin
- Pape saint Silvère — prédécesseur déposé sous Vigile, mort à Palmaria le 2 décembre 537.
- Pape Pélage I — successeur de Vigile, ancien apocrisiaire, ratifie à son tour le concile en Occident.
- Pape saint Agapet I — modèle inverse : pape ferme face à Justinien à Constantinople en 536.
- Concile de Constantinople II — Vᵉ concile œcuménique, controverse des Trois Chapitres, ratifié par Vigile.
- Concile de Chalcédoine — concile dont Vigile défendra toujours l'autorité, même au plus bas de la crise.
- Pape Boniface II — pape qui avait tenté de désigner Vigile comme successeur en 531.
Notes et sources
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "Vigile" : 59ᵉ pape de l'Église catholique, début du pontificat 29.III.537, fin 7.VI.555, naissance à Rome. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/fr/holy-father/vigilio.html.
1 21 60 140Claire Sotinel, « Vigilio », Enciclopedia dei Papi (dir. Massimo Bray), Istituto dell'Enciclopedia Italiana, Rome, 2000 : origine sénatoriale romaine, père Jean consularis, frère Réparat préfet de Rome en 527, diaconat dès 530, désignation de 531, apocrisiariat à Constantinople, accord avec Théodora, élection du 29 mars 537, Judicatum du 11 avril 548, refus de siéger au concile, ratification de 553-554, mort à Syracuse le 7 juin 555. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/vigilio_%28Enciclopedia-dei-Papi%29/.
2 5 17 23 29 33 43 44 49 55 61 68 81 97 120 132Catholic Encyclopedia, « Pope St. Sylvester I (314-335) » : évêque de Rome du 31 janvier 314 au 31 décembre 335, il « occupied this position twenty-one years » — soit trois ans de plus que les dix-huit ans de Vigile (29 mars 537 – 7 juin 555). URL : https://en.wikisource.org/wiki/Catholic_Encyclopedia_(1913)/Pope_St._Sylvester_I.
3Johann Peter Kirsch, "Pope Vigilius", The Catholic Encyclopedia, vol. 15, Robert Appleton Company, New York, 1912 : famille, désignation par Boniface II en 531, apocrisiariat à Constantinople, accord avec Théodora, déposition de Silvère par Bélisaire, ordination le 29 mars 537, arrestation du 22 novembre 545, arrivée à Constantinople en janvier 547, Judicatum de 548, fuite à Sainte-Euphémie de Chalcédoine, refus de siéger au concile, retrait des diptyques, ratification, mort à Syracuse le 7 juin 555. Sur la date du départ de Rome, Kirsch ne retient le 22 novembre 545 que sous condition : « If the story related by the Liber pontificalis is essentially correct, the pope probably left Rome on 22 November, 545 ». L'article est intitulé « Pope Vigilius », sans titre de sainteté. URL : https://www.newadvent.org/cathen/15427b.htm.
4 16 22 25 32 53 57 58 63 66 67 69 73 78 80 82 86 88 90 93 95 108 118 136Liber Pontificalis, notice "Vigilius (537-555)", dans Louise Ropes Loomis trad., The Book of the Popes (Liber Pontificalis), Columbia University Press, New York, 1916, p. 147-156 : famille de Vigile, accord avec Théodora, déposition de Silvère, arrestation du 22 novembre 545, départ pour Constantinople, paroles du peuple romain, séjour byzantin, mort à Syracuse, sépulture à Saint-Marcel. PDF domaine public : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/The_book_of_the_popes_%28Liber_pontificalis%29_I-_%28IA_cu31924006163897%29.pdf.
6 28 30 42 50 59 62 77 79Pedro Gabriel (analyste), Was Pope Vigilius a Heretic?, Where Peter Is, analyse des Constituta de Vigile et de la doctrine de l'infaillibilité au regard de la crise des Trois Chapitres : distinction enseignement définitif / disciplinaire, références aux Rétractations d'Augustin, conformité du second Constitutum avec le concile reçu. URL : https://wherepeteris.com/was-pope-vigilius-a-heretic/.
7 13 15 123 125Henry Wace, "Vigilius, bp. of Rome", Dictionary of Christian Biography and Literature to the End of the Sixth Century, Londres, 1911 : biographie critique, étapes du conflit avec Justinien, refus de condamner Théodore après sa mort, fuite à Sainte-Euphémie de Chalcédoine, jugement nuancé sur la faiblesse personnelle de Vigile. URL : https://www.ccel.org/ccel/wace/biodict.html?term=Vigilius,+bp.+of+Rome.
8 89 96 102 103 131Thomas Shahan, "Second Council of Constantinople", The Catholic Encyclopedia, vol. 4, Robert Appleton Company, New York, 1908 : dates 5 mai-2 juin 553, convocation par Justinien, majorité orientale, présidence d'Eutychius et huit sessions ; rôle de Vigile, Judicatum, refus de siéger, Constituta, ratification finale. URL : https://www.newadvent.org/cathen/04308a.htm.
9 70 99Francis Joseph Bacchus, "Three Chapters", The Catholic Encyclopedia, vol. 14, Robert Appleton Company, New York, 1912 : les Trois Chapitres désignent Théodore de Mopsueste et ses écrits, certains écrits de Théodoret, et la lettre d'Ibas à Maris. URL : https://www.newadvent.org/cathen/14707b.htm.
10 71Voir l'article Ignispedia Pape saint Agapet I : mission de 536 à Constantinople, dépose Anthime, consacre Ménas, défense de Chalcédoine, mort le 22 avril 536.
11 51Pape saint Léon le Grand, Tome à Flavien, 13 juin 449, Denzinger §§290-295 : confession des deux natures du Christ, reçue à Chalcédoine en 451 comme expression de la foi de Pierre. Référence à comparer avec la posture plus fragile de Vigile au VIᵉ siècle.
12Pape Vigile, second Constitutum, ratification complète du Vᵉ concile et condamnation formelle des Trois Chapitres. Date retenue ici : 23 février 554, selon l'édition critique de R. Price, The Acts of the Council of Constantinople of 553, Liverpool University Press, 2009, ISBN 978-1-84631-178-9 (corroborée par H. Wace, Dictionary of Christian Biography : « dated Feb. 23, 554 », et par Chapman, « February 23rd, 554 », cité in P. Gabriel, Was Pope Vigilius a Heretic?, Where Peter Is) ; variante : la Catholic Encyclopedia (J. P. Kirsch, « Pope Vigilius ») date ce second Constitutum du 26 février 554, date reprise par Wikipedia EN. Discussion dans Denzinger §§415-420 ; texte conservé en latin.
14 40 110 111 115 128Johann Peter Kirsch, "Pope Pelagius I", The Catholic Encyclopedia, vol. 11, Robert Appleton Company, New York, 1911 : ancien apocrisiaire, accompagnateur de Vigile à Constantinople, élection en 556, ratification publique du Vᵉ concile, rapatriement progressif des Latins schismatiques. URL : https://www.newadvent.org/cathen/11602a.htm.
18 122Martyrologium Romanum, édition typique 2004 (trad. anglaise, Boston Catholic Journal) : au 7 juin, jour de la mort de Vigile, les entrées sont Colman de Dromore, les martyrs de Cordoue, Robert de Newminster, Anne de Saint-Barthélemy, Antoine-Marie Gianelli et Marie-Thérèse Soubiran — aucun pape Vigile. Dans tout le volume de juin, les deux seules occurrences de « Vigilius » concernent saint Vigile de Trente, évêque, et une nomination faite par le pape Vigile.
19Pape Vigile, second Constitutum (février 554) : justification du revirement par l'exemple des Rétractations de saint Augustin, d'après Mgr Hefele, History of the Councils of the Church, vol. IV, Édimbourg, T. & T. Clark, 1895, p. 347-348 (« There is no shame in confessing and recalling a previous error ; this had been done by Augustine in his Retractations ») ; repris par Pedro Gabriel, Was Pope Vigilius a Heretic?, Where Peter Is. Le corps de l'article n'en donne qu'une paraphrase : le latin exact du Constitutum II (Mansi IX ; R. Price, The Acts of the Council of Constantinople of 553, 2009) reste à collationner avant toute citation directe en français.
20 109Encyclopaedia Britannica, "Vigilius" : pape de 537 à 555 ; Judicatum de 548 condamnant les Trois Chapitres "avec réserves" ; premier Constitutum du 24 mai 553 (date alternative attestée) refusant la ratification ; second Constitutum du 23 février 554 ratifiant le concile ; mort le 7 juin 555 à Syracuse. URL : https://www.britannica.com/biography/Vigilius.
24 26 112 119Lieu de sépulture discuté. Liber Pontificalis, notice « Vigilius », trad. Loomis, p. 147-156 : sépulture à Saint-Marcel ; même lecture au dictionnaire des papes d'Oxford (Kelly) : San Marcello, Via Salaria. Contre : J. P. Kirsch, « Pope Vigilius », Catholic Encyclopedia : corps ramené à Rome et enseveli « in the Basilica of Sylvester over the Catacomb of Priscilla on the Via Salaria ». Wikipedia EN, « Pope Vigilius », section « Burial » : San Martino ai Monti au-dessus de la catacombe de Priscille, Via Salaria, d'après R. Davis, The Book of Pontiffs (Liber Pontificalis), 1989, p. 56. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Vigilius.
27 121Liberatus de Carthage, Breviarium causae nestorianorum et eutychianorum, vers 560, chap. 22 : promesse de Théodora à Vigile de la papauté et de 700 livres d'or contre la réhabilitation d'Anthime ; témoignage africain proche des événements. Édition Patrologia Latina LXVIII, col. 969-1052. Voir aussi la traduction partielle dans Henry Wace, Dictionary of Christian Biography, article "Vigilius", URL : https://www.ccel.org/ccel/wace/biodict.html?term=Vigilius,+bp.+of+Rome.
31 34 52 54 135Victor de Tunnunum, Chronicon, ed. Mommsen, Monumenta Germaniae Historica, Auctores Antiquissimi, vol. XI/2, Berlin, 1894, p. 178-206 : chronologie des actes de Vigile, date du 22 novembre 545 pour l'arrestation à Rome durant la fête de sainte Cécile.
35 76Procope de Césarée, Histoire de la guerre contre les Goths (De bello gothico), livres V-VIII, éd. Loeb Classical Library, Procopius, History of the Wars, vol. III-V, trad. H. B. Dewing, Harvard University Press, 1914-1928 : siège de Rome par Vitigès, reprise de Rome par Bélisaire, rôle d'Antonina, Pragmatica Sanctio. Texte grec et trad. en libre accès sur LacusCurtius.
36 64 116Pape Vigile, Judicatum adressé au patriarche Mennas, 11 avril 548, condamnant les Trois Chapitres tout en maintenant l'autorité de Chalcédoine. Texte conservé en latin ; résumé et discussion dans T. Shahan, "Second Council of Constantinople", Catholic Encyclopedia, URL : https://www.newadvent.org/cathen/04308a.htm.
37 84Pape Vigile, premier Constitutum ad Imperatorem, 14 mai 553, condamne soixante propositions de Théodore de Mopsueste, refuse de condamner sa personne, limite la condamnation de Théodoret et d'Ibas. Texte conservé en latin ; édition dans R. Price, The Acts of the Council of Constantinople of 553, Liverpool, 2009 ; résumé dans T. Shahan, "Second Council of Constantinople", Catholic Encyclopedia.
38 101 104 127 138Pape Vigile, lettre à Eutychius du 8 décembre 553 acceptant la décision du concile ; second Constitutum du 23 février 554 (26 février selon J. P. Kirsch, « Pope Vigilius », Catholic Encyclopedia) ratifiant la condamnation des Trois Chapitres ; résumé dans T. Shahan, "Second Council of Constantinople", Catholic Encyclopedia. Voir aussi Britannica, "Vigilius", URL : https://www.britannica.com/biography/Vigilius.
39 107Concile de Constantinople II, The Acts of the Council of Constantinople of 553: With Related Texts on the Three Chapters Controversy, trad. et introduction Richard Price, Translated Texts for Historians 51, 2 vol., Liverpool University Press, 2009, ISBN 978-1-84631-178-9 : actes du concile, Constituta I et II de Vigile, dossier d'Origène, contexte des Trois Chapitres.
41Johann Peter Kirsch, "Pope Boniface II", The Catholic Encyclopedia, vol. 2, Robert Appleton Company, New York, 1907 : tentative de désignation de Vigile en 531, annulation, contexte préparatoire de l'élection ultérieure de Vigile. URL : https://www.newadvent.org/cathen/02660a.htm.
45 47Liber Pontificalis, notice "Boniface II (530-532)", éd. Loomis, p. 140-142 : synode sur la désignation de Vigile et décret brûlé devant le clergé et le Sénat.
46Voir l'article Ignispedia Pape Boniface II : tentative de désigner Vigile en 531, décret brûlé sous pression du Sénat et du clergé.
48Liber Pontificalis, notice "Silverius (536-537)", éd. Loomis, p. 146-147 : ordination de Silvère sous pression ostrogothe, refus opposé à Théodora concernant Anthime, déposition par Bélisaire en mars 537, exil en Lycie, retour en Italie sur intervention de Justinien, relégation à Palmaria sur initiative d'Antonina, mort le 2 décembre 537 ; à compléter dans l'article voisin Pape saint Silvère.
56 65F. J. Bacchus, "Three Chapters", Catholic Encyclopedia : but de Justinien — faciliter le retour des monophysites en retirant l'accusation de nestorianisme portée contre Chalcédoine.
72F. J. Bacchus, "Three Chapters", Catholic Encyclopedia : difficulté de condamner des hommes morts dans la paix de l'Église et inquiétude latine de voir un coup indirect porté à Chalcédoine.
74T. Shahan, "Second Council of Constantinople", Catholic Encyclopedia : l'opposition de Vigile porte sur la méthode, l'opportunité et la crainte de nuire à Chalcédoine, non sur la doctrine de fond. URL : https://www.newadvent.org/cathen/04308a.htm.
75 129 137F. J. Bacchus, "Three Chapters", Catholic Encyclopedia : itinéraire de Vigile dans la controverse, excommunication initiale de Mennas, Judicatum, retrait du Judicatum, encyclique aux fidèles, ratification finale. URL : https://www.newadvent.org/cathen/14707b.htm.
83 87 91T. Shahan, "Second Council of Constantinople", Catholic Encyclopedia : Vigile est à Constantinople à partir de janvier 547, publie le Judicatum le 11 avril 548 et maintient l'autorité de Chalcédoine.
85 126Concile de Constantinople II, session 7 du 26 mai 553, traduction et présentation sur EWTN : dossier de Justinien contre Vigile, « signed statement made on oath, August 15, 550 », accusation de « perjured liar », retrait du nom de Vigile des diptyques, conservation de la communion avec le Siège apostolique. URL : https://www.ewtn.com/catholicism/library/constantinople-ii-553-10319.
92 94 105 106 134Réplique prêtée à Vigile durant sa rétention à Constantinople (« Vous pouvez me garder en captivité, mais le bienheureux apôtre Pierre ne sera jamais votre captif ») : on la trouve chez Warren H. Carroll, The Building of Christendom, Christendom College Press, 1987, reprise par Wikipedia EN (« Pope Vigilius »), sans page ni pièce précises. En revanche, la Catholic Encyclopedia (Kirsch) ne contient pas cette formule, et aucun écrit conservé de Vigile (Judicatum, Constituta, lettres, éd. Price) n'en donne le lieu exact : elle est donc présentée ici comme une légende tardive non vérifiée, non comme une parole attestée.
98T. Shahan, "Second Council of Constantinople", Catholic Encyclopedia : Vigile propose l'Italie ou la Sicile, puis refuse de participer au concile à cause de la disproportion orientale et de la pression impériale.
100Pape Vigile, second Constitutum, 23 février 554, dans Denzinger, Enchiridion Symbolorum, éd. française 1957, §§415-420 : ratification de l'union hypostatique, refus du nestorianisme et de la confusion monophysite, confession de Marie Mère de Dieu en vérité.
113T. Shahan, "Second Council of Constantinople", Catholic Encyclopedia : Milan et Aquilée rompent avec Rome après la ratification de Constantinople II par Vigile ; Milan revient vers la fin du VIᵉ siècle, Aquilée-Grado vers 700.
114Wikipedia EN, "Pragmatic Sanction of 554" : décret de Justinien du 13 août 554 réintégrant l'Italie dans l'administration byzantine après la défaite des Ostrogoths. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pragmatic_Sanction_of_554.
117Concile Vatican I, constitution dogmatique Pastor Aeternus, 18 juillet 1870, chap. 4, Denzinger §§3073-3075 : définition de l'infaillibilité pontificale lorsque le pape parle ex cathedra, comme pasteur de tous les chrétiens, en matière de foi ou de mœurs, à l'Église universelle, et engageant son autorité apostolique suprême. Texte officiel sur vatican.va.
124 130 139Saint Luc, Évangile selon Luc, chap. 22, verset 32 : « J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » — Bible de Jérusalem, éd. Cerf 1998. Verset traditionnellement invoqué pour la doctrine catholique de la stabilité de la foi de Pierre.
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