Pape saint Sylvère (536-537)

Pape de 536 à 537, saint Sylvère refuse de réhabiliter Anthime, est déposé pendant la guerre gothique, exilé par les Byzantins et meurt aux îles Pontines.

Ignispedia

Pape saint Sylvère (Silverius, Silverio) est le 58e pape de l'Église catholique, élu le 8 juin 536 dans une Rome prise entre les Ostrogoths et l'Empire byzantin.[1][2] Son pontificat dure moins d'un an dans les faits, mais il concentre un drame très rare : un pape choisi dans un contexte de pression politique, accusé de trahison pendant le siège de Rome, dépouillé de ses insignes, exilé, rappelé par Justinien pour enquête, puis remis à ses adversaires et mort aux îles Pontines — de privations selon le Liber et Liberatus, assassiné à l'instigation d'Antonina selon Procope.[3][4][5]

Sylvère est aussi le fils d'un pape, saint Hormisdas, né avant l'entrée de celui-ci dans les ordres majeurs.[6][7] Ce détail, souvent cité pour l'anecdote, ne doit pas faire oublier l'essentiel : il hérite de la ligne chalcédonienne d'Hormisdas et d'Agapet. Sa faute, aux yeux de Théodora, est de ne pas réhabiliter Anthime de Constantinople, condamné par Agapet pour ses positions antichalcédoniennes.[8][9]

Son histoire oblige à tenir ensemble deux vérités. D'un côté, les sources anciennes sont fortement orientées et parfois contradictoires : le Liber Pontificalis a probablement deux couches, l'une hostile au pape élu sous pression gothique, l'autre favorable au témoin persécuté.[10] De l'autre, le noyau historique est très ferme : accusation de collaboration avec les Goths, déposition sous Belisarius, exil, retour avorté, mort en captivité ou sous garde liée à Vigile.[11][12]

« Dame Augusta, jamais je ne ferai cela : rappeler un hérétique condamné dans son iniquité. » — Saint Sylvère, réponse rapportée par le Liber Pontificalis[13]

Pourquoi saint Sylvère compte-t-il ?

Le pape écrasé entre deux empires

Sylvère n'est pas simplement un pape victime d'une querelle de cour. Il gouverne Rome au moment où l'Italie cesse d'être un espace relativement stabilisé sous les Ostrogoths pour devenir le champ de bataille de la reconquête justinienne. En 536, Théodat veut un pape qui ne livre pas Rome à Constantinople ; Théodora veut un pape capable de rouvrir le dossier d'Anthime ; Belisarius veut tenir militairement une ville immense avec peu d'hommes ; le clergé romain veut préserver l'unité de l'Église.[14][15]

Cette situation donne à son pontificat une valeur de cas-limite. La papauté ne se trouve pas face à un seul pouvoir hostile, mais face à deux protecteurs dangereux : les Goths, qui peuvent imposer un candidat, et les Byzantins, qui peuvent déposer un pape au nom de la sécurité militaire et de la politique impériale.

Un témoin de Chalcédoine après Agapet I

L'enjeu doctrinal vient directement du pontificat précédent. Agapet, à Constantinople, avait refusé Anthime et consacré Ménas, confirmant la foi du concile de Chalcédoine.[16] Théodora, favorable aux milieux anti-chalcédoniens, cherche ensuite à placer Vigile sur le siège romain, avec la promesse qu'il réhabiliterait Anthime, Théodose d'Alexandrie et Sévère d'Antioche.[17]

Dans ce contexte, Sylvère n'est pas persécuté pour une spiritualité privée. Il est visé parce qu'un pape romain, même faible politiquement, reste un obstacle doctrinal quand il refuse de transformer la communion ecclésiale en monnaie d'échange. Le dossier est donc un prolongement direct d'Agapet.

Une leçon sur la légitimité et la violence

Son élection est irrégulière dans son contexte, mais elle est ensuite acceptée par le clergé romain "pour l'unité de l'Église et de la foi" selon le Liber Pontificalis.[18] Ce point est important : Sylvère n'est pas un antipape dans la mémoire catholique. Il est un pape légitime dont l'élévation a été abîmée par l'intervention de Théodat.

Son cas évite deux simplifications. Il ne faut pas idéaliser les conditions de son élection ; elles furent probablement marquées par la contrainte gothique. Mais il ne faut pas non plus transformer cette contrainte en nullité automatique : la réception par le clergé et la liste officielle du Saint-Siège le maintiennent comme 58e pape.[19][20]

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siègeliste actuelle58e pape, début le 8.VI.536, fin en 537, naissance à FrosinoneNotice très brève
Liber PontificalisVIe-VIIe s., couches distinctesÉlection sous Théodat, réception par le clergé, refus d'Anthime, accusation, déposition, mort et tombe miraculeuseRécit double : première partie hostile, seconde agiographique
Liberatus de Carthagevers 560Intrigue Théodora-Vigile, fausses lettres, Patara, intervention de l'évêque local, mort d'inanition à PalmariaTrès hostile à Vigile et engagé dans la controverse des Trois Chapitres
Procope, Guerre gothiqueVIe s.Version militaire : suspicion de trahison, exil par Belisarius, installation de VigileTrès bref, ignore presque tout l'arrière-plan doctrinal
Procope, Histoire secrèteVIe s.Accusation plus noire contre Antonina et l'entourage de BelisariusPamphlet violent, à manier avec prudence
Treccani DBI2018Synthèse critique récente, confrontation des sources, bibliographie universitaireSource secondaire, mais très utile pour les contradictions
New Advent1912Synthèse catholique classique, claire sur Théodora, Vigile, Patara et PalmariaPlus ancienne, à croiser avec Treccani

Le dossier est plus difficile que celui de certains papes voisins, non parce qu'il manque de sources, mais parce que les sources se répondent en polémique. Le Liber Pontificalis veut sauver à la fois la mémoire d'un pape persécuté et, partiellement, la figure de Belisarius ; Liberatus noircit Vigile ; Procope réduit l'affaire à un problème de sécurité pendant le siège ; Treccani souligne que toutes les versions sont orientées.[21]

Le Saint-Siège et la chronologie minimale

La fiche officielle du Saint-Siège donne Sylvère comme 58e pape, né à Frosinone, avec un pontificat commencé le 8 juin 536 et achevé en 537.[22] Treccani, à partir de Liberatus et des éditions critiques, confirme l'élévation au pontificat le 8 juin 536, après la mort d'Agapet à Constantinople le 22 avril.[23]

La date de mort est plus délicate. Le Liber Pontificalis donne le 20 juin comme jour de la sépulture (« buried in that place, June 20 », Loomis p. 152), non comme date établie du décès ; Treccani retient la mort d'inanition le 20 juin 537 dans l'île de Palmarola ou de Ponza, tout en signalant les difficultés de localisation et de reconstruction.[24][25] Mais l'année reste discutée, au-delà même de « 537 ou 538 » : la Catholic Encyclopedia de 1912 tient l'année de la mort pour inconnue[26], tandis que la tradition hagiographique reprise par Butler donne le 20 juin 538[27].

Le Liber Pontificalis : deux regards sur le même pape

La notice du Liber Pontificalis est particulièrement précieuse parce qu'elle laisse voir la fracture de la mémoire romaine. Sa première partie insiste sur l'intervention de Théodat : Sylvère, subdiacre et fils d'Hormisdas, aurait été imposé par peur, puis accepté par les prêtres seulement après l'ordination pour préserver l'unité.[28]

La seconde partie change de ton. Elle montre Sylvère recevant Belisarius, refusant la réhabilitation d'Anthime, tombant dans un piège, dépouillé du pallium, revêtu d'un habit monastique et envoyé en exil.[29] Duchesne, repris dans les notes de Loomis, y voyait deux sources ou deux rédactions : l'une contemporaine, hostile au pape "créature" de Théodat ; l'autre plus favorable, centrée sur la persécution.[30]

« Maintenant je sais que cette affaire a mis fin à ma vie. » — Sylvère, lisant la demande de réhabiliter Anthime selon le Liber Pontificalis[31]

Liberatus : la version ecclésiologique

Liberatus de Carthage raconte le dossier dans le cadre des controverses nestorienne, eutychienne et chalcédonienne. Chez lui, le centre de gravité n'est pas la guerre gothique, mais la tentative de Théodora d'obtenir un pape plus favorable aux adversaires de Chalcédoine.[32]

Son récit donne des détails absents ou moins nets ailleurs : le nom de deux auteurs supposés des fausses lettres, Marc le scholastique et Julien le prétorien ; la fuite de Sylvère à Sainte-Sabine ; les convocations successives au palais ; l'exil à Patara ; l'intervention de l'évêque de Patara auprès de Justinien ; enfin la remise de Sylvère à des hommes de Vigile, puis sa mort d'inanition à Palmaria.[33][34]

Procope : la version militaire

Procope, dans la Guerre gothique, donne une version sèche. Pendant le siège, une suspicion naît contre Sylvère, "grand prêtre de la ville", accusé de négocier avec les Goths ; Belisarius l'envoie en Grèce et installe ensuite Vigile.[35]

Cette brièveté est instructive. Procope écrit en historien des guerres de Justinien, proche du terrain militaire. Il ne développe ni la question d'Anthime, ni la promesse de Vigile, ni le rôle de Théodora. Son silence ne réfute pas Liberatus ; il montre seulement que, pour un observateur militaire, l'affaire pouvait être présentée comme une mesure de sûreté.

Avant le pontificat : fils d'Hormisdas, subdiacre de Rome

Une naissance dans le Latium méridional

Le Saint-Siège indique Frosinone comme lieu de naissance.[36] Treccani nuance en parlant probablement de Fondi ou du bas Latium, peut-être dans un milieu lié aux Cecilii, et note que l'on ne peut pas établir avec certitude tous les liens familiaux.[37]

Ce détail géographique compte peu en lui-même, mais il inscrit Sylvère dans une papauté encore très italienne, enracinée dans les familles du Latium et dans un clergé romain où l'ascension passe par des charges concrètes : notaires, diacres, subdiacres, administrateurs.

Le fils d'un pape

Sylvère est fils du pape Hormisdas, mais cela ne signifie pas qu'un pape ait eu un enfant après son ordination. New Advent précise que Hormisdas avait été marié avant de devenir membre du haut clergé.[38] Le point est important pour éviter un anachronisme : dans l'Antiquité tardive, plusieurs clercs ont une histoire familiale antérieure à leur entrée dans les ordres majeurs.

Treccani rapporte que Sylvère composa l'épitaphe de son père, où il résumait les grandes étapes du pontificat d'Hormisdas.[39] La filiation n'est donc pas seulement biologique. Sylvère appartient à la mémoire romaine de la fin du schisme acacien et de la Formule d'Hormisdas.

Un subdiacre devenu pape

Au moment de la mort d'Agapet, Sylvère est seulement subdiacre.[40][41] Son élévation directe au siège romain surprend les sources. New Advent souligne que le choix d'un subdiacre comme évêque de Rome était inhabituel ; les notes de Loomis jugent probable une pression extérieure en faveur d'un candidat que Théodat pouvait croire plus sûr.[42][43]

La faiblesse hiérarchique initiale de Sylvère ne dit pourtant pas tout de l'homme. Son refus d'Anthime montre qu'il n'est pas seulement un candidat manipulable. Théodat espérait peut-être un pape anti-byzantin ; Théodora voulait un pape anti-Agapet ; Sylvère finit par n'être utile ni à l'un ni à l'autre.

L'élection de juin 536

Agapet meurt loin de Rome

Agapet meurt à Constantinople le 22 avril 536, après avoir refusé Anthime et consacré Ménas.[44] Rome doit donc élire un pape pendant que la guerre gothique commence et que l'ambassade d'Agapet a échoué politiquement. La situation est mauvaise : Justinien poursuit sa reconquête, Théodat a perdu l'initiative, et le clergé romain sait que l'élection sera lue comme un signal diplomatique.

Liberatus dit simplement que la ville de Rome choisit Sylvère, subdiacre et fils d'Hormisdas.[45] Le Liber Pontificalis ajoute une version plus dure : Théodat, corrompu par des présents, aurait terrorisé le clergé et imposé l'ordination.[46] Treccani refuse de trancher brutalement : l'intervention gothique est vraisemblable, mais les détails de corruption restent difficiles à établir.[47]

L'acceptation par le clergé

Le passage le plus décisif du Liber Pontificalis n'est pas l'accusation de pression, mais la conclusion : après l'ordination, les prêtres acceptent Sylvère pour l'unité de l'Église et de la foi.[48]

Cette réception explique pourquoi Sylvère demeure dans la liste des papes. L'élection est politiquement blessée, mais elle n'est pas rejetée comme schismatique. Le clergé romain préfère reconnaître un pape contestable dans ses conditions d'élévation plutôt que livrer l'Église à une rupture au moment où Rome est menacée par la guerre.

Théodat, un protecteur déjà perdu

Théodat ne profite guère de son intervention. Quelques mois après l'élection, il est renversé ; les Goths se regroupent sous Vitigès.[49] Sylvère perd alors le protecteur politique qui, selon la version hostile du Liber, avait facilité son élection. Il se retrouve face à une réalité nouvelle : les Byzantins entrent en Italie, et Rome doit décider comment éviter le sort sanglant de Naples.

ActeurCe qu'il veut en 536Ce que Sylvère représente pour lui
ThéodatRetarder ou contenir l'offensive byzantineUn pape non lié à Constantinople
ThéodoraRéhabiliter Anthime et peser sur RomeUn obstacle si Sylvère reste fidèle à Agapet
VigileObtenir le siège romain avec l'appui impérialUn rival à écarter
BelisariusTenir Rome contre les GothsUn allié utile, puis un risque politique
Clergé romainÉviter le schisme et préserver la foiUn pape reçu pour l'unité malgré la pression

Rome entre Naples, Belisarius et Vitigès

Le choc de Naples

La reconquête byzantine passe par la Sicile puis par Naples. Le Liber Pontificalis décrit la prise de Naples comme un massacre brutal, avec pillage et profanation.[50] Ses notes rappellent que Procope attribue surtout les excès aux Massagètes de l'armée byzantine, tout en indiquant que Belisarius chercha à les retenir.[51]

Ce souvenir pèse sur Rome. Lorsque Belisarius approche, la ville sait qu'une résistance prolongée peut coûter très cher. Treccani indique que l'intervention de Sylvère favorisa la reddition de la ville et l'ouverture des portes aux Byzantins le 9 décembre 536.[52]

L'entrée de Belisarius

Le Liber Pontificalis dit que Belisarius entra à Rome le 10 décembre et que les Goths quittèrent la ville dans la nuit.[53] Procope précise que Belisarius entra par la porte Asinaria tandis que les Goths sortaient par la porte Flaminia.[54] Variante à signaler : Treccani, suivant Procope, donne l'ouverture des portes aux Byzantins le 9 décembre 536, quand le Liber donne l'entrée de Belisarius le 10 décembre — un écart d'un jour entre deux traditions, sans conséquence historique.[55][56]

Sylvère reçoit Belisarius avec courtoisie.[57] À ce moment, il n'agit pas comme un agent gothique. Il participe au passage de Rome dans l'orbite impériale pour éviter à la ville un désastre. C'est précisément ce qui rend l'accusation ultérieure de trahison plus difficile à recevoir sans prudence.

Le siège de 537

Vitigès revient avec une grande armée et commence le siège de Rome en février 537.[58] Procope décrit une ville sous tension, où Belisarius organise rationnement, garde des murs, évacuations et contrôles de sécurité.[59] C'est dans ce climat que l'accusation contre Sylvère devient militairement exploitable.

Une lettre prétendument adressée aux Goths l'aurait invité à venir à la porte Asinaria près du Latran, avec promesse de livrer la ville et Belisarius.[60] Liberatus attribue ces lettres à Marc le scholastique et Julien le prétorien.[61]

Le refus d'Anthime

Pourquoi Anthime revient au centre

Anthime de Constantinople avait été écarté par Agapet parce qu'il occupait irrégulièrement le siège de Constantinople et parce qu'il refusait de donner les garanties doctrinales nécessaires sur Chalcédoine.[62] Pour Théodora, sa réhabilitation reste un objectif politique et théologique. Elle ne veut pas seulement un changement de personne à Rome ; elle veut infléchir la ligne romaine.

Le Liber Pontificalis rapporte qu'une lettre demande à Sylvère de venir ou de rétablir Anthime dans sa place.[63] Le récit est peut-être dramatisé, et Liberatus ne mentionne pas exactement la même correspondance. Mais les deux traditions convergent : on attend de Sylvère qu'il cède sur la question d'Anthime ; il ne cède pas.

Une phrase qui résume le pontificat

Le refus rapporté par le Liber Pontificalis est bref et fort — celui cité en exergue de cet article : Sylvère ne rappellera pas un hérétique déjà condamné.[64] L'article n'a pas besoin d'en faire une scène romanesque. Le sens suffit : le pape peut être politiquement fragile, mais il ne peut pas défaire par opportunité la condamnation doctrinale de son prédécesseur.

« Le pape avait confiance en Dieu et en le bienheureux apôtre Pierre. » — Liber Pontificalis, au moment du refus d'Anthime[65]

Le lien avec Chalcédoine

Liberatus dit que Théodora demanda à Vigile, s'il devenait pape, d'annuler le synode où les deux natures du Christ avaient été maintenues et d'écrire à Théodose, Anthime et Sévère pour confirmer leur foi.[66] Même si le détail de la promesse de Vigile doit être lu dans une source polémique, il montre la perception catholique du dossier : la déposition de Sylvère n'est pas seulement un épisode de guerre ; elle touche la fidélité de Rome à Chalcédoine.

La déposition au palais du Pincio

Les convocations

Treccani souligne que les sources divergent sur le nombre et la forme des convocations de Sylvère auprès de Belisarius.[67] Le Liber Pontificalis donne surtout la scène décisive : Sylvère est appelé au palais du Pincio, le clergé reste aux portes, le pape entre seul avec Vigile ; Antonina, épouse de Belisarius, l'accuse de vouloir trahir les Romains aux Goths.[68]

Liberatus ajoute une première phase : Sylvère se serait retiré à Sainte-Sabine, jugée plus sûre que le Latran trop proche des murs ; Photius, fils d'Antonina, l'aurait convaincu de venir au palais sous serment de sûreté.[69]

Le dépouillement du pape

Le Liber Pontificalis raconte alors le geste symbolique : Jean, subdiacre de la première région, retire le pallium du cou de Sylvère, le dépouille de ses vêtements pontificaux, lui met un habit monastique et le cache ; puis Xystus, subdiacre de la sixième région, annonce au clergé que le pape a été déposé et est devenu moine.[70]

La violence n'est pas seulement physique. On tente de transformer le pape en moine pour donner à la déposition l'apparence d'un changement d'état. La procédure est théologiquement et canoniquement douteuse : un évêque de Rome ne cesse pas d'être pape parce qu'un subdiacre lui enlève son pallium dans une pièce du palais.

Vigile installé

Le lendemain, selon Liberatus, Belisarius convoque prêtres, diacres et clercs et leur demande d'élire un autre pape ; malgré l'hésitation et la résistance de certains, Vigile est ordonné avec la faveur de Belisarius.[71] New Advent résume l'affaire de façon nette : Sylvère est arrêté en mars 537, revêtu d'un habit de moine, envoyé en exil, et Vigile consacré à sa place.[72]

La situation canonique est donc trouble jusqu'à la mort de Sylvère. Vigile occupe Rome, mais son prédécesseur vit encore et conteste implicitement la déposition. C'est une des raisons pour lesquelles le destin final de Sylvère devient indispensable à la reconnaissance paisible du pontificat de Vigile.

Patara, Justinien et le retour manqué

L'exil en Lycie

Contrairement à une version simplifiée qui ferait passer directement Sylvère de Rome aux îles Pontines, Liberatus et New Advent indiquent un premier exil à Patara, en Lycie.[73][74] Le Liber Pontificalis lui-même, dans les notes de Loomis/Duchesne, reconnaît que ces détails des derniers jours ont été omis par sa notice principale.[75]

À Patara, l'évêque local prend la défense du pape. Liberatus lui prête un argument fort : il y a beaucoup de rois dans le monde, mais aucun n'est unique comme le pape, qui gouverne l'Église du monde entier et a été chassé de son siège.[76]

« Il y a beaucoup de rois dans ce monde, mais il n'y en a pas un comme ce pape, au-dessus de l'Église du monde entier, chassé de son siège. » — Évêque de Patara, selon Liberatus[77]

Justinien ordonne une enquête

Justinien, selon Liberatus, ordonne que Sylvère soit rappelé à Rome et que les lettres soient examinées. Si elles sont authentiques, Sylvère sera placé comme évêque dans une autre cité ; si elles sont fausses, il sera rendu à son siège.[78]

Cette décision impériale est capitale. Elle montre que même dans le récit anti-byzantin, Justinien n'est pas présenté comme l'instigateur conscient de toute l'affaire. Treccani note que l'empereur aurait affirmé ignorer ce qui s'était passé et qu'il ordonna une enquête malgré l'opposition des milieux proches de Théodora.[79]

Le retour qui effraie Vigile

Le retour de Sylvère en Italie effraie Vigile. Liberatus met dans sa bouche une formule brutale adressée à Belisarius : remettre Sylvère à Vigile, sinon il ne pourra pas accomplir ce qu'on exige de lui.[80]

Cette phrase, si elle reflète bien le fond de l'affaire, dévoile le mécanisme politique : Sylvère vivant et libre rend impossible la stabilisation de Vigile. Le procès voulu par Justinien ne va donc pas jusqu'au bout. Le pape déposé est transféré sous la garde d'hommes liés à Vigile.

Palmarola, Ponza et la mort

Une localisation discutée

Les sources parlent des îles Pontines, mais les noms varient : Pontiae, Palmaria, Palmarola ou Ponza selon les traditions et les corrections modernes.[81][82] New Advent rappelle que le Liber Pontificalis vise plutôt Palmarola, plus petite et plus désolée que Ponza.[83]

Il faut donc éviter une précision trop assurée. Le plus juste est de dire : Sylvère meurt aux îles Pontines, probablement dans l'orbite de Palmarola/Ponza, sous la garde ou la responsabilité des partisans de Vigile.

Mort aux îles Pontines : deux versions

Le Liber Pontificalis dit que Vigile nourrit Sylvère du "pain de tribulation" et de "l'eau d'amertume", qu'il tomba malade et mourut confesseur.[84] Liberatus est plus direct : amené à Palmaria sous la garde de deux défenseurs et serviteurs de Vigile, Sylvère y mourut d'inanition — en latin, « sub eorum custodia defecit inedia ».[85]

Mais Procope, dans l'Histoire secrète, donne une version concurrente : le pontife aurait été tué par une personne de l'entourage d'Antonina, l'épouse de Belisarius, nommée Eugenia par Butler (Eugenes dans l'édition Dewing suivie par Verardi).[86] Butler juxtapose les deux traditions sans trancher : selon Liberatus, qui écrit par ouï-dire, Sylvère serait mort de faim ; selon Procope, témoin vivant, il aurait été assassiné à l'instigation d'Antonina.[87]

Les degrés ne sont pas égaux : Procope est un contemporain proche de l'entourage de Belisarius, mais l'Histoire secrète est un pamphlet violent contre Justinien et son cercle ; Liberatus écrit vers 560, de seconde main, dans une source ouvertement hostile à Vigile. Treccani enregistre les deux versions et retient, avec prudence, la mort d'inanition le 20 juin 537.[88]

La tradition catholique a retenu cette mort comme un martyre ou une confession de la foi. New Advent note qu'il fut ensuite vénéré comme saint, sa fête étant enregistrée au Martyrologe romain le 20 juin.[89]

Tombe et miracles

Le Liber Pontificalis affirme qu'une multitude de malades vinrent à son tombeau et furent guéris.[90] New Advent ajoute que ses restes ne furent jamais transférés de l'île.[91] La mémoire de Sylvère reste donc moins romaine que pontine : il ne rentre pas triomphalement à Saint-Pierre comme Agapet ; il demeure dans le lieu de son humiliation.

Cette différence est spirituellement forte. L'Église garde la mémoire d'un pape qui n'a pas reconquis son siège, n'a pas obtenu réparation visible, n'a pas laissé de grand texte doctrinal, mais dont la fidélité dans l'échec est devenue un lieu de vénération.

Ce que l'on peut affirmer avec prudence

Noyau historique solide

PointDegré de certitudeSources principales
Sylvère est 58e pape, début du pontificat le 8 juin 536Très sûrSaint-Siège, Treccani
Il est fils du pape Hormisdas et subdiacre avant son électionTrès sûrTreccani, New Advent, Liberatus
Son élection se fait sous pression gothique probableProbableLiber Pontificalis, Treccani
Il refuse la réhabilitation d'AnthimeTrès important, surtout tradition romaine/LiberatusLiber Pontificalis, Liberatus, New Advent
Il facilite l'entrée de Belisarius à RomeTrès probableTreccani, Procope via notes du Liber
Il est accusé de trahison pendant le siègeTrès sûrProcope, Treccani, New Advent
Les lettres de trahison sont fausses selon LiberatusPlausible, mais dépend d'une source engagéeLiberatus, Treccani
Il est déposé et remplacé par Vigile en mars 537Très sûrProcope, Liberatus, New Advent
Il passe par Patara avant son dernier exilFort, surtout Liberatus/New AdventLiberatus, New Advent
Il meurt aux îles Pontines ; privations selon le Liber et Liberatus, assassinat selon Procope (Histoire secrète)Mort certaine, cause discutéeLiber Pontificalis, Liberatus, Procope, Butler, Treccani

Cette grille protège contre deux excès. Le premier serait d'écrire comme si tout le récit du Liber Pontificalis était un procès-verbal. Le second serait de dissoudre Sylvère dans le scepticisme : l'accusation, la déposition, l'exil et la mort sont des faits convergents, non une légende tardive.

Belisarius : coupable, prudent ou instrumentalisé ?

Le portrait de Belisarius varie selon les sources. Procope le montre comme général prenant une mesure de sûreté.[92] Le Liber Pontificalis lui prête une forme de crainte morale : il obéit, mais celui qui renverse Sylvère devra rendre compte au Christ.[93] Liberatus l'implique plus franchement dans l'opération, notamment par les promesses financières de Vigile.[94]

La synthèse la plus juste est de ne pas isoler Belisarius. Il agit dans un réseau : Théodora, Antonina, Vigile, fausses lettres, urgence du siège et peur d'une trahison. Sa responsabilité existe, mais le récit catholique voit surtout une machination où le général devient l'exécutant d'intérêts ecclésiastiques et impériaux mêlés.

Vigile : de l'intrigue au pontificat reçu

L'article sur Sylvère ne doit pas régler tout le cas de Vigile, mais il doit dire clairement le problème. Vigile arrive à Rome avec l'appui de Théodora ; il est installé pendant que Sylvère vit encore ; Liberatus lui attribue un rôle décisif dans le dernier exil.[95] Pourtant, après la mort de Sylvère, Vigile sera reçu comme pape dans la succession officielle.

Ce point rappelle une distinction catholique importante : la validité finale d'un pontificat ne canonise pas tous les moyens humains qui l'ont précédé. L'Esprit Saint protège l'Église de la destruction ; il ne transforme pas chaque élection en scène pure.

Héritage spirituel

Un saint sans victoire visible

Sylvère ne laisse ni grand concile, ni corpus de lettres, ni réforme durable. Son héritage tient dans une fidélité négative : il ne rappelle pas Anthime, il ne cède pas à la pression, il ne rentre pas dans le jeu d'une paix doctrinale mensongère. Beaucoup de saints sont connus par ce qu'ils ont construit ; Sylvère est connu par ce qu'il a refusé.

Cette sainteté est dure à raconter parce qu'elle n'a pas le relief d'une œuvre. Elle est pourtant très évangélique : perdre sa place, son vêtement, sa réputation et sa vie plutôt que de signer une réconciliation fausse.

La liberté de Pierre face aux protecteurs

Le pontificat de Sylvère donne une leçon actuelle sur les "protecteurs" de l'Église. Théodat protège Rome contre Byzance, mais veut choisir le pape. Justinien protège la foi impériale, mais son entourage veut peser sur la communion romaine. Belisarius protège militairement Rome, mais peut déposer le pape au nom de la sécurité.

Le successeur de Pierre peut recevoir une protection politique ; il ne peut pas devenir la propriété d'un protecteur. C'est précisément cette ligne que Sylvère révèle dans l'échec.

Une fidélité dans la confusion

Les sources sont confuses, les dates discutées, les responsabilités mêlées. Mais la sainteté n'exige pas toujours une scène historiquement simple. Elle peut apparaître dans la confusion même : un homme faible, élu dans de mauvaises conditions, devient témoin parce qu'au moment décisif il refuse de livrer la foi.

« Il pria, recommanda sa cause au Seigneur, sortit et vint au palais ; entré seul, il ne fut plus vu par les siens. » — Liberatus de Carthage, sur la dernière convocation de Sylvère[96]

Questions et objections

Sylvère était-il vraiment pape si son élection fut imposée ?

Oui. Les conditions de son élection furent probablement marquées par la pression de Théodat, mais le clergé romain finit par l'accepter pour l'unité de l'Église.[97] Le Saint-Siège le liste comme 58e pape.[98] Une élection politiquement blessée n'est pas automatiquement inexistante.

A-t-il réellement trahi Rome aux Goths ?

Les sources byzantines militaires mentionnent une suspicion, mais Liberatus et le Liber Pontificalis parlent de fausses lettres et de prétexte.[99][100][101] Le fait que Justinien ait ordonné une enquête et un possible rétablissement de Sylvère si les lettres étaient fausses renforce la prudence envers l'accusation.[102]

Pourquoi Théodora voulait-elle sa chute ?

Parce que Sylvère ne donnait pas les garanties attendues sur Anthime et les milieux anti-chalcédoniens. Liberatus rapporte que Théodora avait obtenu de Vigile une promesse favorable à Anthime, Théodose et Sévère.[103] Le Liber Pontificalis met dans la bouche de Sylvère un refus explicite de rappeler Anthime.[104]

Sylvère est-il martyr ?

La tradition le vénère comme saint et souvent comme martyr ou confesseur. New Advent indique que sa fête est au Martyrologe romain le 20 juin et que sa vénération est attestée plus tardivement.[105] Historiquement, il meurt en captivité aux îles Pontines après une déposition liée à son refus doctrinal et à des accusations politiques — de privations selon le Liber et Liberatus, assassiné à l'instigation d'Antonina selon Procope.[106]

Synthèse

Saint Sylvère est l'un des papes les plus tragiques du VIe siècle. Fils d'Hormisdas, élu subdiacre dans une Rome soumise aux pressions de Théodat, il est d'abord suspect parce que son élection semble gothique. Pourtant, il facilite l'entrée de Belisarius dans Rome et refuse surtout de défaire l'œuvre doctrinale d'Agapet contre Anthime.

Son pontificat montre la papauté à nu : sans armée propre, sans sécurité juridique, sans garantie contre les intrigues, mais avec une responsabilité que ni Théodat, ni Théodora, ni Belisarius, ni Vigile ne peuvent absorber. La sainteté de Sylvère n'est pas d'avoir triomphé ; elle est d'être resté témoin dans une situation où tout triomphe visible lui fut retiré.

Pour aller plus loin

  • Pape saint Hormisdas — père de Sylvère et pape de la réconciliation avec Constantinople en 519.
  • Pape saint Agapet I — prédécesseur de Sylvère, défenseur de Chalcédoine contre Anthime.
  • Pape Vigile — successeur de Sylvère, installé dans des conditions très contestées.
  • Concile de Chalcédoine — définition doctrinale au cœur du conflit Anthime-Théodora-Agapet-Sylvère.
  • Pape saint Jean I — autre pape pris dans la tension entre pouvoir gothique et Constantinople.
  • Pape saint Gélase I — référence doctrinale sur la distinction entre autorité sacerdotale et pouvoir royal.

Notes et sources

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle "Silvère" : 58e pape de l'Église catholique, début du pontificat 8.VI.536, fin en 537, naissance à Frosinone. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/fr/holy-father/silverio.html.

    1 19 22 36 98
  2. Andrea Antonio Verardi, "SILVERIO, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 92, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 2018 : famille, origine, élection du 8 juin 536, pression gothique, Théodora, Vigile, Belisarius, accusations, Patara, retour, mort aux îles Pontines. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-silverio_%28Dizionario-Biografico%29/.

    2 7
  3. Liber Pontificalis, notice "Silverius (536-537)", dans Louise Ropes Loomis trad., The Book of the Popes (Liber Pontificalis), Columbia University Press, New York, 1916, p. 146-152 : élection, guerre gothique, Belisarius, refus d'Anthime, accusation, déposition, exil, mort et miracles au tombeau. PDF domaine public : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/The_book_of_the_popes_%28Liber_pontificalis%29_I-_%28IA_cu31924006163897%29.pdf.

    3 8
  4. Liberatus de Carthage, Breviarium causae Nestorianorum et Eutychianorum, ch. 22, texte latin sur Wikisource : élection de Sylvère, promesses de Vigile à Théodora, fausses lettres, Patara, intervention de l'évêque local, rappel par Justinien, remise à Vigile et mort d'inanition à Palmaria. URL : https://la.wikisource.org/wiki/Breviarium_causae_Nestorianorum_et_Eutychianorum.

    4 12
  5. Alban Butler, The Lives of the Fathers, Martyrs, and Other Principal Saints, notice du 20 juin, « St. Silverius, Pope, M. » : « Liberatus, from hearsay, tells us of hunger; but Procopius, a living witness, says he was murdered, at the instigation of Antonina, by one Eugenia, a woman devoted to their service. » URL : https://www.bartleby.com/lit-hub/lives-of-the-saints/volume-vi-june/st-silverius-pope-and-martyr/ (texte vérifié en session le 4 octobre 2026).

    5 87 106
  6. Johann Peter Kirsch, "Pope St. Silverius", The Catholic Encyclopedia, vol. 13, Robert Appleton Company, New York, 1912 : fils d'Hormisdas, subdiacre à Rome, élection sous Théodat, pression de Théodora, refus d'Anthime, déposition, Patara, Palmaria, culte du 20 juin. URL : https://www.newadvent.org/cathen/13793a.htm.

    6 38 41 42
  7. Liberatus, Breviarium, ch. 21 : Agapet refuse Anthime, demande profession de foi et retour au siège de Trébizonde, consacre Ménas à Constantinople après l'éloignement d'Anthime.

    9 16 62
  8. A. A. Verardi, "SILVERIO, papa", DBI 92, 2018 : difficulté de reconstruire une biographie cohérente en raison de l'orientation idéologique des sources ; double tonalité de la notice du Liber Pontificalis.

    10 21
  9. Procope de Césarée, History of the Wars, V, 25, 13-14, trad. H. B. Dewing, Loeb Classical Library, reproduite par LacusCurtius : suspicion contre Sylvère, exil par Belisarius, installation de Vigile ; URL : https://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Procopius/Wars/5D%2A.html.

    11 35 59 92 99
  10. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 150 : lettre demandant à Sylvère de restaurer Anthime (« Be not slow to come to us or else fail not to restore Anthemius to his place »). Texte latin collationné le 4 octobre 2026 (L. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. I, 1886, p. 292, via archive.org) : « Modo scio quia hanc causam finem vitae meae adduxit » (Loomis : « Now I know that this affair has put an end to my life ») ; « Sed beatissimus Silverius fiduciam habens in Deo et beato Petro apostolo rescripsit Augustae » (Loomis : « the most blessed Silverius had trust in God and in blessed Peter, the apostle ») ; « Domina Augusta, ego rem istam facturus numquam ero, ut revocem hominem hereticum in sua nequitia damnatum » (Loomis : « Lady Augusta, I will never do this thing, to recall a heretic condemned in his iniquity »). Les citations françaises de l'article en sont la traduction fidèle.

    13 31 63 64 65 104
  11. A. A. Verardi, "SILVERIO, papa", DBI 92, 2018 : Sylvère subdiacre, élu le 8 juin 536 ; Liberatus attribue l'élection aux Romains, le Liber Pontificalis à la violence gothique ; acceptation finale par amour de l'Église.

    14 20 23 40 47
  12. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 146-147 : Sylvère Campanien, fils d'Hormisdas, imposé par Théodat selon la notice, prêtres d'abord réticents puis acceptant son ordination pour l'unité de l'Église et de la foi ; notes de Loomis/Duchesne sur la pression gothique probable.

    15 18 28 43 46 48 97
  13. Liberatus, Breviarium, ch. 22 : Théodora demande secrètement à Vigile de s'engager, s'il devient pape, à renverser la position chalcédonienne et à écrire à Théodose, Anthime et Sévère ; promesse d'un ordre à Belisarius et d'une somme importante.

    17 32 66 94 103
  14. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 152 : Sylvère remis à Vigile, envoyé à Pontiae, nourri du pain de tribulation et de l'eau d'amertume, mort confesseur, sépulture le 20 juin, guérisons au tombeau.

    24 81 84 90
  15. A. A. Verardi, "SILVERIO, papa", DBI 92, 2018 : exil à Patara, intervention de l'évêque local auprès de Justinien, ordre d'enquête, retour en Italie, crainte de Vigile, exil final à Palmarola/Ponza et mort d'inanition le 20 juin 537.

    25 79 82 88
  16. J. P. Kirsch, "Pope St. Silverius", The Catholic Encyclopedia, vol. 13, Robert Appleton Company, New York, 1912 : « The year of his death is unknown, but he probably did not live long after reaching Palmaria. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/13793a.htm.

    26
  17. Alban Butler, The Lives of the Fathers, Martyrs, and Other Principal Saints, notice du 20 juin, « St. Silverius, Pope, M. » : « The death of pope Silverius happened on the 20th of June, 538. » URL : https://www.bartleby.com/lit-hub/lives-of-the-saints/volume-vi-june/st-silverius-pope-and-martyr/.

    27
  18. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 151-152 : scène du palais du Pincio, Antonina, retrait du pallium, habit monastique, proclamation de la déposition, prise en charge par Vigile.

    29 68 70 93
  19. Louise Ropes Loomis, The Book of the Popes (Liber Pontificalis), 1916, note ad p. 150 : « With this sentence, in the judgment of Duchesne, begins a later account by a new writer » ; le récit antérieur serait celui d'un contemporain, hostile à Sylvère comme « créature » de Théodat, la suite celui d'un biographe plus favorable, centré sur la persécution. Renvoi donné par Loomis : L. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. I, 1886, p. xxxix-xl et p. 294, n. 15 ; Mommsen y voit plutôt deux sources compilées (Lib. Pont., p. xvii).

    30
  20. Liberatus, Breviarium, ch. 22 : Marc le scholastique et Julien le prétorien auraient composé de fausses lettres au nom de Sylvère adressées au roi des Goths.

    33 61 100
  21. Liberatus, Breviarium, ch. 22 : exil de Sylvère à Patara, intervention de l'évêque de Patara auprès de Justinien, ordre d'enquête et de retour, remise finale de Sylvère aux hommes de Vigile, mort d'inanition à Palmaria. Texte latin de l'intervention vérifié le 4 octobre 2026 sur Wikisource (Breviarium ch. 22) : « multos esse dicens in hoc mundo reges, et non esse unum, sicut ille papa est super Ecclesiam mundi totius, a sua sede expulsus » (Loomis, p. 152 : « there were many kings in the world but not one who was unique like the pope, who ruled the church of all the world and had been driven from his see »). La citation française de l'article en est la traduction fidèle.

    34 73 76 77 78 80 85 95 102
  22. A. A. Verardi, "SILVERIO, papa", DBI 92, 2018 : naissance probable dans le bas Latium, fils d'Hormisdas, épitaphe du père composée par Sylvère, mentions épigraphiques de Gerontius.

    37 39
  23. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 146 : mort d'Agapet à Constantinople le 22 avril 536, corps rapporté à Rome ; vacance d'un mois et vingt-huit jours avant Sylvère.

    44
  24. Liberatus, Breviarium, ch. 22 : après la mort d'Agapet à Constantinople, Rome choisit Sylvère, subdiacre, fils de l'ancien pape Hormisdas.

    45
  25. A. A. Verardi, "SILVERIO, papa", DBI 92, 2018 : déposition de Théodat, regroupement goth sous Vitigès, discours à Rome, garnison de 1000 hommes.

    49
  26. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 147 : récit de la prise de Naples par Belisarius et violences contre habitants, clercs et lieux saints.

    50
  27. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 147, note : Procope attribue surtout le pillage et les sacrilèges aux Massagètes et rapporte que Belisarius tenta de les retenir.

    51
  28. A. A. Verardi, "SILVERIO, papa", DBI 92, 2018 : intervention de Sylvère favorisant la reddition de Rome et l'ouverture des portes aux Byzantins le 9 décembre 536.

    52 55
  29. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 148 : entrée de Belisarius à Rome en décembre, fuite des Goths, ouverture des portes.

    53 56
  30. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 148, note : Procope dit que Belisarius entra par la porte Asinaria tandis que les Goths sortirent par la porte Flaminia.

    54
  31. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 150 : Belisarius revient à Rome et est reçu gracieusement par Sylvère ; début de la seconde couche narrative selon Duchesne.

    57
  32. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 148-149 : Vitigès assiège Rome, destructions, famine, violences autour de la ville et des sanctuaires.

    58
  33. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 151 : faux témoins accusant Sylvère d'avoir écrit aux Goths pour livrer la porte Asinaria et Belisarius.

    60 101
  34. A. A. Verardi, "SILVERIO, papa", DBI 92, 2018 : divergences entre Procope, le Liber Pontificalis et Liberatus sur le nombre des convocations, les lieux d'exil et les circonstances de la mort.

    67
  35. Liberatus, Breviarium, ch. 22 : Sylvère se retire à Sainte-Sabine, Photius fils d'Antonina l'attire au palais sous serment, il prie et recommande sa cause au Seigneur avant la dernière convocation. Texte latin vérifié en session (Wikisource, Breviarium ch. 22 ; cf. Migne, PL 68, col. 1039-1040) : « Sed postea orans, et causam suam Domino commendans, exiit et ad palatium venit: qui solus ingressus, a suis ulterius non est visus. » — la citation française de l'article en est la traduction fidèle, non une condensation.

    69 96
  36. Liberatus, Breviarium, ch. 22 : Belisarius convoque le clergé et ordonne d'élire un autre pape ; malgré les hésitations, Vigile est ordonné avec son appui.

    71
  37. J. P. Kirsch, "Pope St. Silverius", Catholic Encyclopedia, 1912 : arrestation en mars 537, dépouillement des vêtements épiscopaux, habit monastique, exil et consécration de Vigile.

    72
  38. J. P. Kirsch, "Pope St. Silverius", Catholic Encyclopedia, 1912 : séjour à Patara, défense par l'évêque local, ordre impérial de réexaminer les lettres et possibilité de restitution.

    74
  39. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 152, note : détails omis dans la notice principale, Patara en Lycie, intervention de l'évêque local, retour ordonné par Justinien, transfert final vers Palmaria.

    75
  40. J. P. Kirsch, "Pope St. Silverius", Catholic Encyclopedia, 1912, note éditoriale : selon le Liber Pontificalis, l'exil final vise Palmarola, île plus petite et plus désolée près de Ponza, plutôt que Palmaria.

    83
  41. Procope de Césarée, Histoire secrète (Anecdota), 27, 24, éd. H. B. Dewing, Loeb Classical Library, Londres-Cambridge, 1960, p. 324 : le pontife tué par un serviteur de l'épouse de Belisarius, nommé Eugenes (Eugenia chez Butler). Référence identifiée via A. A. Verardi, « SILVERIO, papa », DBI 92, 2018, qui signale les deux versions procopiennes (exil en Grèce dans la Guerre gothique I, 25 ; meurtre dans les Anecdota). URL Treccani : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-silverio_%28Dizionario-Biografico%29/ (page chargée et vérifiée en session le 4 octobre 2026).

    86
  42. J. P. Kirsch, "Pope St. Silverius", Catholic Encyclopedia, 1912 : sépulture dans l'île, vénération ultérieure comme saint, mention dans une liste de saints du XIe siècle et fête du Martyrologe romain le 20 juin.

    89 91 105