Pape Pélage I (556-561)

Pape de 556 à 561, Pélage I gouverne Rome après la guerre gothique, défend la réception de Constantinople II et affronte le schisme des Trois Chapitres.

Ignispedia

Pape Pélage I (Pelagius I) est le 60e pape de l'Église catholique, né à Rome et mort à Rome le 4 mars 561 selon la liste officielle du Saint-Siège[1] — la Catholic Encyclopedia donne le 3 mars[2] — après un pontificat commencé le 16 avril 556. Son nom reste attaché à l'une des crises les plus difficiles de l'Antiquité chrétienne : la réception occidentale du deuxième concile de Constantinople (553), qui condamna les Trois Chapitres pour écarter les équivoques nestoriennes sans renier le concile de Chalcédoine.[3]

Avant d'être pape, Pélage fut diacre romain, apocrisiaire à Constantinople, représentant de Rome pendant la famine et les sièges de la guerre gothique, puis défenseur des Trois Chapitres contre la pression de Justinien. Devenu pape après la mort de Vigile, il adopta finalement la réception romaine du concile de 553, ce qui lui valut une hostilité violente en Occident : plusieurs clercs, moines et fidèles romains refusèrent d'abord sa communion, tandis qu'Aquilée, Milan, l'Istrie et une partie de la Dalmatie entrèrent ou restèrent dans le schisme.[4][5]

Son pontificat ne peut donc être lu ni comme une simple soumission à l'empereur, ni comme une page honteuse à effacer. Pélage gouverne une Église romaine matériellement ruinée par près de vingt ans de guerre gothique (535-554), presque dépourvue d'évêques disponibles pour son ordination, soupçonnée par l'Occident et dépendante de l'armée byzantine. Dans ce désordre, il cherche à maintenir trois biens à la fois : l'unité de la foi, la continuité de Chalcédoine et la survie concrète de Rome.[6][7]

« Que celui qui mérite promotion dans la sainte Église, depuis le portier jusqu'à l'évêque, accepte l'avancement, mais non pour de l'or ni pour des promesses : vous savez tous que cela est simonie. » — Pélage I, discours rapporté par le Liber Pontificalis[8]

Pourquoi Pélage I compte-t-il ?

Le pape d'une crise doctrinale mal comprise

La controverse des Trois Chapitres est difficile parce qu'elle ne se réduit pas à une opposition simple entre orthodoxes et hérétiques. Les textes visés concernent Théodore de Mopsueste, certains écrits de Théodoret de Cyr et la lettre attribuée à Ibas d'Édesse à Maris.[9] En Orient, Justinien veut condamner ces textes pour rassurer les milieux antinestoriens et tenter de ramener les anti-chalcédoniens. En Occident, beaucoup craignent que cette condamnation ne revienne à désavouer Chalcédoine, qui avait reçu Théodoret et Ibas après leur réconciliation.[10]

Pélage se trouve au centre de cette tension. Comme diacre, il résiste d'abord à la condamnation ; comme pape, il doit ensuite expliquer que la foi de Chalcédoine n'est pas trahie par la condamnation d'écrits réellement suspects ou erronés. Son cas montre que l'histoire doctrinale avance parfois à travers des formulations blessantes, des malentendus politiques et des corrections successives, sans que la foi elle-même change de substance.

Le témoin de Rome ruinée par la guerre gothique

Pélage est aussi un acteur civil de premier ordre dans une Rome affamée. Quand Vigile part pour Constantinople, il reste dans la ville comme représentant romain au moment où Totila bloque puis prend Rome. New Advent rapporte qu'il distribue sa fortune personnelle aux affamés et qu'il obtient du roi goth de ménager les habitants lors de la prise de décembre 546.[11] Les notes du Liber Pontificalis résument le souvenir antique : revenu à Rome, il joue le rôle de premier citoyen et négocie avec Totila pour éviter meurtre et outrages.[12]

Cette dimension est essentielle. Pélage n'est pas seulement un polémiste de chancellerie. C'est un diacre qui porte le poids d'une ville brisée, dans laquelle la papauté doit devenir à la fois autorité doctrinale, service social, médiation politique et administration des biens ecclésiastiques.

Un pontificat qui annonce le gouvernement temporel de la papauté

Après son élection, Pélage utilise les possibilités ouvertes par la Pragmatique Sanction de Justinien (554) pour remettre de l'ordre dans les biens de l'Église, les tribunaux ecclésiastiques, les nominations et la discipline du clergé.[13] La correspondance conservée en latin montre un pape qui écrit à Narsès, aux rois francs, aux évêques et aux administrateurs, non seulement pour définir la foi, mais aussi pour faire restituer des biens, secourir les pauvres, corriger des clercs abusifs et contraindre les schismatiques.[14]

L'édition 1972 de l'Encyclopaedia Britannica (article « Papacy ») résume cet aspect en disant de Pélage qu'il fit un usage résolu de ses droits nouveaux et organisa le gouvernement temporel du territoire sur lequel il était effectivement souverain, mettant ainsi la papauté sur la voie du pouvoir politique.[15] La formule doit être comprise sans anachronisme : Pélage ne fonde pas encore les États pontificaux. Mais il gouverne déjà une Rome où l'évêque devient l'un des rares pouvoirs stables capables de nourrir, juger, restaurer et négocier.

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siègeliste actuelle60e pape, dates 16.IV.556 - 4.III.561, origine romaine (variante : 3.III.561 selon la Catholic Encyclopedia)Notice très brève
Liber PontificalisVIe-VIIe s.Ordination difficile, hostilité romaine, serment à Saint-Pierre, condamnation de la simonie, restaurationsRécit romain, parfois schématique, avec notes critiques nécessaires
Lettres de Pélage I556-561Politique contre les schismes, rapport à Narsès, discipline, appel au roi ChildebertLatin de chancellerie, contexte polémique fort
Actes de Constantinople II553Définition conciliaire, condamnation des Trois Chapitres, place de VigileConcile tenu sans participation effective du pape à la définition finale
New Advent / Catholic Encyclopedia1911Synthèse catholique classique : carrière, Totila, Vigile, élection, schisme, administrationAncienne, mais très utile et sourcée
Treccani2011Synthèse italienne courte : opposition initiale, emprisonnement, choix par Justinien, schisme d'AquiléeNotice concise
Britannica 1972, article « Papacy »1972Pélage organise le gouvernement temporel du territoire pontifical et met la papauté sur la voie du pouvoir politiqueFormule à ne pas confondre avec la notice courte actuelle « Pelagius I »

Les sources anciennes ne donnent pas un portrait confortable. Le Liber Pontificalis insiste sur l'hostilité romaine et la purgation publique ; les lettres de Pélage montrent parfois un recours dur au bras séculier ; les sources occidentales hostiles au concile de 553 soupçonnent sa volte-face ; les notices modernes reconnaissent en même temps son énergie administrative et sa charité romaine.[16]

Le Saint-Siège et la chronologie minimale

La fiche officielle du Saint-Siège donne Pélage I comme 60e pape, d'origine romaine, avec un pontificat du 16 avril 556 au 4 mars 561.[17] Cette chronologie doit être préférée dans l'infobox. Il existe toutefois une variante d'un jour : la Catholic Encyclopedia donne la mort au 3 mars[18], et le dictionnaire biographique FIU des cardinaux donne « 3 ou 4 mars »[19], tandis que le Liber Pontificalis donne la mort au 2 mars avec une durée de quatre ans, dix mois et dix-huit jours.[20]

La différence vient probablement de traditions de computation et de copie. Pour l'article, le plus sûr est de distinguer : début officiel du pontificat selon le Saint-Siège, mort donnée au 4 mars par la liste officielle (3 mars selon la Catholic Encyclopedia), et notice du Liber conservant une date de sépulture ou de décès au 2 mars.

Le Liber Pontificalis : une scène romaine décisive

La notice du Liber Pontificalis est brève, mais elle possède une force rare. Elle montre une Rome où les moines, les clercs et les fidèles refusent Pélage parce qu'ils le soupçonnent d'avoir participé à la mort de Vigile.[21] La note de Loomis, suivant Duchesne, juge cette accusation difficile à soutenir : Pélage avait lui-même souffert en Orient avec Vigile et se trouvait encore en difficulté dans la crise des Trois Chapitres.[22]

Le plus important est peut-être la correction donnée par la note critique : le serment public ne répondait pas seulement à l'accusation d'homicide, mais aux soupçons d'hérésie et de trahison de la foi des Pères. Pélage publie alors une profession destinée à enlever le soupçon, affirme recevoir les quatre premiers conciles, les canons apostoliques, et condamner ou approuver ceux que ses prédécesseurs ont condamnés ou approuvés.[23]

« Tenant les Évangiles et la croix du Seigneur au-dessus de sa tête, il monta à l'ambon et satisfit ainsi tout le peuple : il n'avait fait aucun mal à Vigile. » — Liber Pontificalis, notice de Pélage I[24]

Les lettres : un pape qui gouverne par correspondance

Les lettres conservées dans la Patrologia Latina montrent un style très différent du récit narratif. Pélage écrit à Narsès, patrice et général en Italie, pour lui demander d'aider les légats romains à corriger des évêques perturbateurs.[25] Il y affirme que la séparation d'avec l'unité de l'Église n'est pas un désordre privé, mais une blessure publique.

Dans la lettre suivante, il défend l'usage de l'autorité civile contre les fauteurs de schisme. La formule est dure pour une sensibilité moderne, mais elle doit être replacée dans une société où l'unité religieuse est aussi un lien politique et juridique. Pour Pélage, réprimer le schisme n'est pas persécuter la foi, mais empêcher la lacération du corps ecclésial.

« Ne persécute que celui qui contraint au mal. Celui qui punit le mal déjà fait ou empêche qu'il ne se fasse, celui-là ne persécute pas, il aime. » — Pélage I, lettre à Narsès, PL 69, col. 394D-395A[26]

Cette phrase ne doit pas être isolée comme une maxime intemporelle de coercition. Elle exprime la logique d'un pape du VIe siècle, dans une Italie morcelée, où le schisme d'Aquilée menace la communion et la stabilité de provinces entières.

Avant le pontificat : diacre romain et diplomate

Une origine romaine et aristocratique

Le Liber Pontificalis présente Pélage comme Romain, fils de Jean le vicaire.[27] New Advent précise que son père semble avoir été vicaire d'une des deux grandes circonscriptions civiles italiennes.[28] La note de Loomis va dans le même sens : le terme vicarianus peut indiquer un haut office civil ; Pélage vient probablement d'un milieu aristocratique.[29]

Cette origine explique deux traits de sa carrière. Il possède une fortune personnelle, qu'il peut distribuer aux pauvres pendant la famine ; et il sait parler à la fois le langage du droit, de l'administration impériale et de la diplomatie romaine.

L'apocrisiaire d'Agapet à Constantinople

En 536, Agapet I se rend à Constantinople pour traiter avec Justinien. Pélage l'accompagne et, peu avant sa mort, Agapet le désigne comme apocrisiaire ou représentant permanent de l'Église romaine à la cour impériale.[30] Ce poste est stratégique : l'apocrisiaire doit défendre Rome auprès de l'empereur, suivre les controverses orientales, intervenir dans les nominations et transmettre la ligne doctrinale du Siège apostolique.

Le même contexte l'insère dans les dossiers d'Alexandrie et d'Antioche. New Advent rapporte qu'il choisit l'orthodoxe Paul pour Alexandrie en 540, puis doit le déposer deux ans plus tard, et qu'il intervient encore dans les affaires d'Origène.[31] Pélage est donc déjà un homme de gouvernement ecclésial avant de devenir pape.

L'ombre du dossier Sylvère

Le cas de saint Sylvère est plus délicat. La tradition hostile à Vigile et à l'impératrice Théodora — qui fit déposer Sylvère par Bélisaire pour imposer Vigile, dont elle espérait faire son instrument — soupçonne Pélage d'avoir participé aux intrigues qui empêchèrent le retour de Sylvère après sa déposition.[32] Les notes du Liber Pontificalis rappellent même qu'il aurait été envoyé à Constantinople avec Vigile comme apocrisiaire et qu'il aurait favorisé l'accession de Vigile contre Sylvère.[33]

Il faut rester prudent. Les sources sont polémiques, et l'article sur Sylvère montre combien les traditions se superposent. Mais ce point explique la réputation ambiguë de Pélage : avant même la crise des Trois Chapitres, il est associé à une papauté byzantine, à Théodora, à Vigile et aux jeux d'influence impériaux.

Rome, Totila et la guerre gothique

Vigile part, Pélage reste

Quand Vigile est convoqué à Constantinople en novembre 545, Pélage reste à Rome comme représentant du pape.[34] La ville est alors prise dans la seconde phase de la guerre gothique. Totila bloque Rome ; les routes sont coupées ; les élites fuient ; la population manque de nourriture.

Dans ce contexte, Pélage agit moins comme un théologien que comme un protecteur civique. Il utilise sa fortune pour les affamés, tente d'obtenir une trêve et négocie avec Totila. New Advent souligne qu'il n'obtient pas d'abord la trêve, mais qu'il parvient ensuite à faire épargner les habitants lors de la prise de la ville en décembre 546.[35]

Un diacre face au roi goth

L'épisode révèle la fonction concrète de l'Église romaine dans l'effondrement des cadres civils. Le sénat est affaibli, l'armée byzantine ne contrôle pas durablement la ville, les Goths reviennent, et l'évêque de Rome est absent. Le diacre Pélage devient donc l'interlocuteur le plus visible entre la population romaine et le pouvoir militaire.

Procope, dans sa Guerre gothique (III, 16), le décrit comme déjà notable parmi tous les Italiens avant le siège, puis comblé d'une renommée encore plus grande pour sa philanthropie après avoir distribué une grande part de sa fortune aux affamés.[36] La formule « l'homme le plus illustre d'Italie » est une glose de la note critique Loomis, non une citation littérale de Procope : le prestige de Pélage ne vient pas seulement de sa proximité avec Constantinople ; il vient aussi de son service public pendant une famine.

De Rome à Constantinople

Totila, impressionné, envoie Pélage à Constantinople pour traiter une paix avec Justinien.[37] L'empereur refuse de négocier directement et renvoie la décision à Belisarius. Pélage revient ensuite en Orient pour soutenir Vigile dans la crise des Trois Chapitres.

Cette trajectoire est paradoxale : celui que les Romains soupçonneront plus tard d'être l'homme de Justinien a été aussi le défenseur de Rome affamée contre la violence de la guerre, puis le compagnon de Vigile contre l'empereur dans la première phase du conflit doctrinal.

La controverse des Trois Chapitres

Ce que sont les Trois Chapitres

Les Trois Chapitres ne sont pas trois chapitres d'un livre. L'expression désigne trois dossiers doctrinaux : la personne et les écrits de Théodore de Mopsueste ; certains écrits de Théodoret de Cyr contre saint Cyrille et Éphèse ; et la lettre attribuée à Ibas d'Édesse à Maris.[38] Les condamner revenait à toucher des figures liées, de près ou de loin, à la réception de Chalcédoine.

L'enjeu est donc double. Du côté oriental, Justinien veut montrer que Chalcédoine n'est pas nestorienne. Du côté occidental, beaucoup redoutent qu'en condamnant des hommes ou des écrits reçus ou tolérés à Chalcédoine, on donne raison aux adversaires de ce concile. La crise naît de cette collision entre une correction doctrinale utile et une mémoire conciliaire blessée.

Vigile et Pélage résistent d'abord

New Advent rapporte que Pélage écrit à Ferrand de Carthage pour recueillir son avis après le décret impérial d'environ 544, puis qu'il soutient Vigile dans sa résistance à Justinien.[39] En 551, encouragé par Pélage, Vigile oppose une résistance plus ferme et publie son premier Constitutum en mai 553, avant de céder après le concile.[40]

Pélage, jeté en prison avec d'autres soutiens du pape, ne se soumet pas immédiatement. Il écrit contre les adversaires des Trois Chapitres et reproche à Vigile sa docilité envers l'empereur.[41] Ce détail est capital : Pélage n'est pas d'abord le champion de la ligne impériale. Il le devient après un retournement qu'il justifie par l'unité de l'Église, et que ses adversaires attribuent à l'ambition.

Constantinople II : condamner sans renier Chalcédoine

Le deuxième concile de Constantinople, tenu en 553, affirme recevoir les quatre premiers conciles et condamne les hérésies christologiques anciennes, notamment Nestorius et Eutychès.[42] Sa sentence contre les Trois Chapitres vise à montrer que certains textes peuvent être rejetés sans que la foi définie à Chalcédoine soit abandonnée.

Le passage le plus utile pour comprendre la logique du concile est le suivant : l'Église reçoit la foi de l'Écriture, des Pères et des quatre saints synodes, puis rejette ceux qui justifient les Trois Chapitres et persistent dans leur erreur.[43] Autrement dit, le concile ne dit pas : "Chalcédoine s'est trompé." Il dit : "Chalcédoine ne doit pas servir de bouclier à des textes qui favorisent Nestorius."

Le retournement de Pélage

Après la mort de Vigile à Syracuse le 7 juin 555, Pélage finit par accepter la ligne romaine de réception du concile.[44] Le Liber Pontificalis note que Justinien propose alors Pélage comme successeur possible, mais la note de Duchesne juge suspecte l'idée que l'empereur l'ait soutenu précisément au moment où il avait résisté à la condamnation.[45]

La vérité historique est probablement plus sobre. Pélage devient acceptable pour Justinien parce qu'il s'est rallié ; il reste suspect pour une partie de l'Occident parce qu'il s'est rallié trop vite ou trop complètement. Cette position explique toute la suite de son pontificat.

L'élection de 556

Une vacance longue et un candidat imposé par les circonstances

Vigile meurt en Sicile sur le chemin du retour. Son corps est ramené à Rome et enterré à Saint-Marcel sur la Via Salaria.[46] La vacance dure plusieurs mois, car l'Église romaine manque d'évêques disponibles et le nom de Pélage divise profondément.

Le Liber Pontificalis rapporte que seuls deux évêques, Jean de Pérouse et Bonus de Ferentino, avec André, prêtre d'Ostie, sont trouvés pour l'ordonner pontife.[47] Les notes expliquent que la guerre a désorganisé les ordinations suburbicaires : plusieurs évêques sont morts, absents ou empêchés ; mais l'hostilité envers Pélage joue aussi un rôle.[48]

Le serment à Saint-Pancrace et Saint-Pierre

Pour dissiper les accusations, Pélage se rend avec Narsès à Saint-Pancrace, puis en procession à Saint-Pierre. Le choix de Saint-Pancrace n'est pas neutre : le Liber en fait le point de départ solennel de la procession du serment vers Saint-Pierre. Le pape tient les Évangiles et la croix au-dessus de sa tête, monte à l'ambon et affirme n'avoir fait aucun mal à Vigile.[49]

La scène est spectaculaire, mais elle n'est pas théâtrale au sens moderne. Dans une société sacrale, elle a une fonction juridique, politique et ecclésiale : rendre publiquement possible la communion avec un homme que beaucoup soupçonnent.

Le discours contre la simonie

Le même passage du Liber Pontificalis enchaîne sur une exhortation contre la simonie. Pélage demande que les promotions ecclésiastiques soient acceptées par les hommes dignes, "mais non pour de l'or ni pour des promesses".[50] Cette parole correspond aux désordres d'une Église ruinée : la guerre a déplacé les personnes, confisqué les biens, créé des vacances et ouvert la voie aux trafics de charges.

Le pontificat de Pélage commence donc par deux actes de restauration : restaurer sa propre crédibilité devant Rome, puis restaurer la discipline des promotions ecclésiastiques.

Gouverner après la guerre gothique

Restaurer les églises et les biens

New Advent souligne que Pélage regagne peu à peu la confiance des Romains en employant sa fortune et son autorité à leur avantage : réparation des églises, renouvellement du mobilier sacré, remise en ordre des possessions et des revenus ecclésiastiques désorganisés par la guerre gothique et l'absence prolongée des papes.[51]

Le Liber Pontificalis confirme qu'il nomme Valentinus comme notaire, fait restituer les vases d'or et d'argent et les vêtements dans toutes les églises, puis commence la basilique des apôtres Philippe et Jacques.[52] Cette basilique deviendra plus tard la basilique des Saints-Apôtres, associée dans la tradition romaine à la présence byzantine et à la reconstruction de la ville chrétienne.

Réorganiser l'administration ecclésiastique

Les fragments de lettres découverts et cités par New Advent montrent un Pélage organisant des tribunaux ecclésiastiques, réprimant des abus de clercs, restructurant les patrimoines et faisant venir argent et vêtements pour les pauvres depuis la Gaule et des pays lointains.[53] Cette action est moins connue que la controverse des Trois Chapitres, mais elle est peut-être plus importante pour Rome.

La papauté sort ici d'une fonction seulement liturgique ou doctrinale. Elle devient une institution de gestion, capable de faire tenir ensemble culte, charité, droit, propriété, réseau diplomatique et sécurité matérielle.

Un père des pauvres ?

New Advent conclut sa notice en appelant Pélage "Father of the poor and of his country".[54] La formule est forte, mais elle est cohérente avec le dossier. Pélage a donné son patrimoine pendant la famine, restauré les ressources ecclésiastiques, organisé des secours et replacé l'Église romaine dans son rôle de mère des pauvres.

Ce point donne une lecture spirituelle de son pontificat. Son nom reste marqué par une crise doctrinale ; mais sa sainteté pastorale, si l'on peut employer le terme sans canonisation liturgique, se manifeste dans la charité concrète envers une ville qui avait connu famine, sièges, violences et ruines.

Le schisme des Trois Chapitres en Occident

Aquilée, Milan, Istrie, Dalmatie

Pélage réussit mieux à regagner Rome qu'à convaincre l'Italie du Nord. New Advent indique que le schisme né de la condamnation des Trois Chapitres prit particulièrement racine dans le Nord de l'Italie ; Paulin Iᵉʳ d'Aquilée (557-569), successeur de Macedonius (535-556), en synode, rompt la communion avec Rome et excommunie même Narsès.[55][56] Treccani rappelle que l'opposition toucha des évêques africains, illyriens et dalmates, et que le schisme d'Aquilée dura jusqu'autour de l'an 700.[57]

Il faut comprendre la logique de ces évêques. Beaucoup ne défendent pas Nestorius. Ils pensent défendre Chalcédoine contre une manipulation impériale. Leur erreur n'est donc pas nécessairement une hérésie christologique directe ; elle est un refus de reconnaître que l'Église peut condamner des écrits ambigus sans renier le concile qui avait reçu certaines personnes.

L'appel au bras séculier

Pélage devient impatient. Dans ses lettres, il demande à Narsès d'employer l'autorité publique contre les perturbateurs de l'unité.[58] Il écrit que celui qui se sépare des sièges apostoliques est dans le schisme et tente d'élever un autel contre l'Église universelle.[59]

« Quiconque est séparé des sièges apostoliques, il n'est pas douteux qu'il soit dans le schisme, et il tente d'élever un autel contre l'Église universelle. » — Pélage I, lettre à Narsès, PL 69, col. 395A-B[60]

Cette phrase porte la conscience romaine de la communion. Mais elle montre aussi une limite historique : dans le VIe siècle justinien, l'unité de l'Église et l'ordre public sont si liés que le recours à la contrainte civile paraît normal. Un article catholique doit reconnaître à la fois la vérité de l'unité ecclésiale et la difficulté morale de certains moyens employés.

Le cas de la Gaule et Childebert

Pélage réussit mieux en Gaule. New Advent rapporte qu'en réponse au roi franc Childebert I, il envoie une profession de foi affirmant son accord avec la doctrine de Léon le Grand et espérant qu'aucune calomnie ne provoquera de schisme en Gaule.[61] Il accorde aussi le pallium à Sapaudus d'Arles et le constitue vicaire sur les Églises de Gaule, selon l'usage de ses prédécesseurs.[62]

La méthode est différente de celle employée envers l'Italie du Nord. Avec les Francs, Pélage agit par profession doctrinale, diplomatie et reconnaissance du rôle d'Arles. Cela empêche une extension gallicane du schisme.

Doctrine : continuité avec Chalcédoine

La vraie question : Chalcédoine est-il trahi ?

Le point doctrinal décisif est celui-ci : la condamnation des Trois Chapitres détruit-elle Chalcédoine ? Pélage répond non. New Advent résume son argument : les différences entre Chalcédoine et Constantinople II sont superficielles, non réelles ; même si les circonstances rendaient discutable l'opportunité de condamner certains écrits, ceux-ci étant de fait hérétiques, il n'y a pas de mal à le déclarer officiellement.[63]

Cette réponse n'efface pas les maladresses politiques de Justinien. Elle distingue l'instrument impérial, souvent brutal, de la vérité doctrinale finalement reconnue par l'Église. La foi catholique ne dépend pas de la pureté des motivations de l'empereur.

Les quatre conciles et la réception du cinquième

Dans sa profession destinée à lever les soupçons, Pélage affirme recevoir les quatre premiers conciles et les canons apostoliques.[64] Cette insistance s'explique : les opposants craignent précisément que le cinquième concile abolisse les quatre précédents. En commençant par Nicée, Constantinople I, Éphèse et Chalcédoine, Pélage veut montrer que sa réception de Constantinople II est une continuation, non une rupture.

Le concile de 553 lui-même reçoit les quatre synodes antérieurs et fonde sa condamnation dans l'Écriture, les Pères et la tradition catholique.[65] La cohérence catholique se joue ici : défendre Chalcédoine ne signifie pas défendre tout ce que certains auteurs liés à son histoire ont écrit.

Une leçon pour les crises de réception

La crise de Pélage I montre que la réception d'un concile peut être longue, douloureuse et mêlée de facteurs politiques. L'Église catholique ne prétend pas que chaque étape administrative soit claire immédiatement ; elle affirme que la foi définie, une fois reçue par l'Église, ne contredit pas la foi antérieure.

Cette leçon vaut au-delà du VIe siècle. Les crises de réception naissent souvent quand un texte doctrinal vrai est porté par un contexte politique mauvais, ou quand une formule légitime paraît menacer une mémoire antérieure. Le rôle du pape est alors de purifier l'interprétation, tenir la continuité et empêcher que la blessure ne devienne schisme.

Mort et héritage

La mort à Rome

Pélage meurt à Rome le 4 mars 561 selon la liste officielle du Saint-Siège[66] (avec la variante d'un jour signalée plus haut : 3 mars pour la Catholic Encyclopedia[67]). Le Liber Pontificalis (éd. Loomis, p. 162) donne une sépulture à Saint-Pierre et note une vacance de deux mois et vingt-cinq jours ; le détail "devant la sacristie" vient de la notice Mann, qui résume ici le Liber (Duchesne, t. I).[68] Son successeur, Jean III, héritera d'une Italie encore instable et d'un schisme non résolu.

Un héritage ambivalent mais réel

L'héritage de Pélage est ambivalent. Il n'a pas réussi à pacifier l'Italie du Nord ; ses appels à la contrainte civile choquent aujourd'hui ; son ralliement après sa résistance initiale a durablement nourri les soupçons. Mais il a maintenu la communion romaine avec le cinquième concile, empêché la Gaule d'entrer dans le schisme, restauré une partie des biens de l'Église et secouru Rome.

Dans l'histoire de la papauté, il appartient à la même génération dramatique qu'Agapet, Sylvère et Vigile : papes ou serviteurs de papes pris entre Ostrogoths, Justinien, Théodora, Chalcédoine et la misère romaine. Son pontificat rappelle que la papauté n'avance pas seulement par les grands saints visibles ; elle avance aussi par des hommes discutés, capables de porter un fardeau doctrinal et administratif dans un monde effondré.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche "Pelagius I", liste officielle des papes : 60e pape, pontificat du 16 avril 556 au 4 mars 561, origine romaine. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/pelagio-i.html. Page ouverte et vérifiée le 4 octobre 2026 : « Pelagius I — 60th Pope of the Catholic Church — Beginning Pontificate 16.IV.556 — End Pontificate 4.III.561 — Birth Rome ».

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  2. Horace K. Mann, "Pope Pelagius I", The Catholic Encyclopedia, vol. 11, Robert Appleton Company, New York, 1911, première ligne : "died 3 March, 561". URL : https://www.newadvent.org/cathen/11602a.htm.

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  3. Second Council of Constantinople (553), texte anglais public domain repris par New Advent, introduction et sentence contre les Trois Chapitres : réception des quatre synodes, condamnation de Théodore de Mopsueste, de certains écrits de Théodoret et de la lettre d'Ibas à Maris. URL : https://www.newadvent.org/fathers/3812.htm.

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  4. Liber Pontificalis, éd. L. R. Loomis, The Book of the Popes, Columbia University Press, New York, 1916, p. 161 : moines, clercs et fidèles refusant la communion avec Pélage en raison de l'accusation liée à la mort de Vigile.

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  5. Horace K. Mann, "Pope Pelagius I", The Catholic Encyclopedia, vol. 11, Robert Appleton Company, New York, 1911 : opposition occidentale à Pélage, schisme en Italie du Nord, difficulté à faire recevoir Constantinople II. URL : https://www.newadvent.org/cathen/11602a.htm.

    5
  6. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 160-161 : Pélage ordonné par Jean de Pérouse, Bonus de Ferentino et André prêtre d'Ostie, faute d'évêques disponibles.

    6 47
  7. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : réparation et réameublement des églises, réorganisation des possessions et revenus de l'Église romaine après la guerre gothique.

    7 51
  8. Liber Pontificalis, Vita Pelagii, éd. Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. I, Paris, E. Thorin, 1886, p. 303-304 : « Peto enim ut petitionem meam confirmetis, ut si quis ille est qui promovendus est in sancta ecclesia, ab hostiario usque ad grados episcopatus, ut neque per aurum neque per aliquas promissiones proficiat : vos omnes scitis quia simoniacum est... » ; trad. angl. L. R. Loomis, The Book of the Popes, Columbia University Press, New York, 1916, p. 161-162 : "from a doorkeeper even to a bishop, should accept advancement, though not for gold nor any promises ; you all know that that is simony" ; traduction française du corps d'après ces textes.

    8 50
  9. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : décret de Justinien sur les Trois Chapitres, nature des trois dossiers et réaction occidentale.

    10
  10. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : Pélage distribuant sa fortune pendant la famine, démarches auprès de Totila, obtention de la vie sauve pour les habitants lors de la prise de Rome en décembre 546.

    11 35 37
  11. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 160, note 4 : carrière de Pélage avant l'accession, apocrisiaire, rôle de premier citoyen, négociation avec Totila, résistance initiale à la condamnation des Trois Chapitres ; la note renvoie pour Procope à De Bello Gothico, III, 16-21 (éd. Haury, t. II, p. 362-393). Passage de Procope rouvert et contrôlé le 4 octobre 2026 (éd. Loeb, History of the Wars, vol. IV, trad. Dewing, III.16.5-6, via LacusCurtius) : « though he had been a notable person even before that time, among all the Italians, now quite naturally he won still greater renown for philanthropy » — d'où la gradation dans le corps : pas de « plus illustre » littéral chez Procope.

    12 33 36
  12. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : usage par Pélage de la Pragmatique Sanction d'août 554 pour remédier aux désordres de l'Italie.

    13
  13. Pélage I, Epistolae, PL 69, col. 393C-394C, lettre I à Narsès : envoi de Pierre prêtre et Projectus notaire, demande d'aide contre Thracius et Maximilianus, évêques perturbateurs ; texte latin sur Wikisource, d'après Migne. URL : https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_(Pelagius_I). Page rouverte et contrôlée le 4 octobre 2026 : contenu et colonnes confirmés.

    14 25
  14. Encyclopaedia Britannica, 15e éd., 1972, article « Papacy », vol. 17, p. 244 : « [Pelagius I succeeded Vigilius as pope, and he] made resolute use of the pope's new rights, organizing the temporal government of the territory over which he was actually sovereign and setting the papacy on the road to real political power ». Référence exacte reprise et vérifiée le 4 octobre 2026 via sa citation dans la chronologie « Chronology of Papal Growth in Temporal Power » (Beauties of the Truth, août 1981) ; l'édition 1972 n'est pas consultable en ligne en direct. À ne pas attribuer à la notice courte actuelle « Pelagius I » (https://www.britannica.com/biography/Pelagius-I, page protégée par anti-robot, non vérifiable en direct le 4 octobre 2026), dont le contenu porte sur l'échec face au schisme de Milan et d'Istrie après le ralliement à Constantinople II.

    15
  15. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911, section "Sources" : Liber Pontificalis, Liberatus, Victor de Tunnuna, Procope, Facundus, lettres de Pélage en PL 69, MGH Epistolae III, Jaffé.

    16
  16. Salvador Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church — Biographical Dictionary, Florida International University, notice "Pelagius" : "Death. March 3 or 4, 561, of old age, Rome." URL : http://cardinals.fiu.edu/bios544.htm.

    19
  17. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 160 et p. 162 : durée du siège de Pélage et date de mort/sépulture selon la notice.

    20
  18. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 161, note 1 : Duchesne juge difficile de faire porter à Pélage la responsabilité de la mort de Vigile puisqu'il avait été compagnon de souffrance en Orient. Contrôle page-exact du 4 octobre 2026 sur le texte Loomis 1916 : "It is certainly difficult to see how he could have been blamed in any way for Vigilius' death, when he was left by Vigilius in confinement in the East and had been for so long a fellow sufferer with him."

    22
  19. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 161-162, note 2 : profession de Pélage pour enlever les soupçons, réception des quatre premiers conciles et des canons apostoliques, condamnation de ceux que ses prédécesseurs ont condamnés. Contrôle page-exact du 4 octobre 2026 sur le texte Loomis 1916 : "He declares solemnly that he accepts the statutes of the « four councils » (i.e. the four first councils, excluding the one called by Justinian) and the apostolic canons and that « he holds in condemnation all those whom they (his predecessors) condemned »."

    23 64
  20. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 161 : procession de Saint-Pancrace à Saint-Pierre, Pélage tenant les Évangiles et la croix au-dessus de sa tête et déclarant n'avoir fait aucun mal à Vigile.

    24 49
  21. Pélage I, Epistolae, PL 69, col. 394D-395A, lettre II à Narsès : « Non persequitur, nisi qui ad malum cogit. Qui vero malum vel factum jam punit, vel prohibet ne fiat ; non persequitur iste, sed diligit » ; traduction française dans le corps de l'article, fidèle au latin. Texte latin rouvert et contrôlé le 4 octobre 2026 sur https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_(Pelagius_I) (d'après Migne) : verbatim et colonnes confirmés.

    26 58
  22. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 160 : "Pelagius, by nationality a Roman, son of John, the vicar".

    27
  23. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : Pélage, Romain de famille noble, fils de Jean, probablement vicaire d'une circonscription civile italienne.

    28
  24. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 160, note 4 : explication du terme vicarianus et hypothèse d'origine aristocratique. Contrôle page-exact du 4 octobre 2026 sur le texte Loomis 1916 : "The word is « vicarianus. » Pelagius came apparently of aristocratic family. His father may have held the office of vicar in one of the two Italian dioceses."

    29
  25. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : Pélage accompagne Agapet I à Constantinople et devient apocrisiaire de l'Église romaine.

    30
  26. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : choix de Paul pour Alexandrie en 540, déposition deux ans plus tard, rôle dans la condamnation d'Origène.

    31
  27. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : tradition de Liberatus sur le voyage de Pélage pour empêcher le retour de Sylvère.

    32
  28. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : Vigile part à Constantinople en novembre 545, Pélage reste comme représentant à Rome.

    34
  29. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : Pélage écrit à Ferrand après le décret de Justinien sur les Trois Chapitres.

    39
  30. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : Pélage encourage Vigile dans la résistance à Justinien en 551 et autour du premier Constitutum de mai 553.

    40
  31. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : Pélage emprisonné après Constantinople II, résistance prolongée, écrits contre les adversaires des Trois Chapitres et reproches à Vigile.

    41
  32. Second Council of Constantinople (553), New Advent, sentence contre les Trois Chapitres : foi reçue de l'Écriture, des Pères et des quatre saints synodes ; condamnation de ceux qui justifient les Trois Chapitres. Page ouverte et vérifiée le 4 octobre 2026 (newadvent.org/fathers/3812) : "we again confess that we receive the four holy Synods... We therefore anathematize the Three Chapters before-mentioned... and their defenders, and those who have written or do write in defense of them".

    43
  33. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : Vigile meurt à Syracuse le 7 juin 555, Pélage élu et consacré l'année suivante le 16 avril 556.

    44
  34. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 159-160 et note 3 : récit de Justinien proposant Pélage comme successeur et réserve de Duchesne sur la vraisemblance de cette présentation.

    45
  35. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 160 : mort de Vigile à Syracuse et sépulture à Saint-Marcel sur la Via Salaria.

    46
  36. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 161, note 1 : désordre des ordinations suburbicaires après la guerre et hostilité générale envers Pélage. Contrôle page-exact du 4 octobre 2026 sur le texte Loomis 1916 : "It is probable that the scarcity of bishops was not the only reason why Pelagius had but three at his ordination" (l'hostilité générale envers Pélage joue aussi un rôle).

    48
  37. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 162 : nomination de Valentinus comme notaire, restitution des vases et vêtements, début de la basilique des apôtres Philippe et Jacques.

    52
  38. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : fragments de lettres récemment mis en lumière, tribunaux ecclésiastiques, abus cléricaux, patrimoines, secours aux pauvres.

    53
  39. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : conclusion de la notice appelant Pélage "Father of the poor and of his country" et sépulture à Saint-Pierre.

    54
  40. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : Paulin d'Aquilée renonce en synode à la communion avec Rome et excommunie Narsès.

    55
  41. Treccani, "Paolino I patriarca di Aquileia", Enciclopedia on line : "Successore (m. Grado 569) di Macedonio nel 557 circa, esponente dello scisma dei Tre Capitoli, resisté ai tentativi di Pelagio I" — épiscopat contemporain du pontificat de Pélage I (556-561), donc sans anachronisme. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/paolino-i-patriarca-di-aquileia/.

    56
  42. Treccani, "Pelagio I", Dizionario di Storia, 2011 : opposition de Pélage, emprisonnement, choix par Justinien, résistance occidentale, schisme d'Aquilée jusqu'à environ 700. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/pelagio-i_%28Dizionario-di-Storia%29/. Verbatim relu à l'exemplaire le 4 octobre 2026 : « La controversia dei Tre capitoli suscitò una violenta opposizione di vescovi africani, dell'Illirico e della Dalmazia, e lo scisma di Aquileia, che durò fino all'anno 700. »

    57
  43. Pélage I, Epistolae, PL 69, col. 395A, lettre II à Narsès : « Quisquis ergo ab apostolicis divisus est sedibus, in schismate eum esse non dubium est, et contra universalem Ecclesiam altare conatur erigere » ; traduction française dans le corps de l'article, fidèle au latin. Texte latin rouvert et contrôlé le 4 octobre 2026 sur https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_(Pelagius_I) (d'après Migne) : la phrase suit immédiatement le marqueur de col. 395A, verbatim confirmé.

    59 60
  44. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : réponse à Childebert I et profession de foi en accord avec saint Léon pour éviter un schisme en Gaule.

    61
  45. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : pallium accordé à Sapaudus d'Arles et vicariat sur les Églises de Gaule.

    62
  46. H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, 1911 : argument de Pélage sur l'absence d'opposition réelle entre Chalcédoine et Constantinople II.

    63
  47. Liber Pontificalis, éd. Loomis, p. 162 : mort de Pélage pendant la construction de la basilique des apôtres Philippe et Jacques ("March 2"), sépulture à Saint-Pierre et vacance de deux mois vingt-cinq jours ; texte latin, éd. Duchesne, t. I, Paris, 1886, p. 304 : « sepultus est in basilica beati Petri apostoli... Depositus die II mens. mart. » ; le lieu précis « in front of the sacristy » est donné par H. K. Mann, "Pope Pelagius I", Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911 : "was buried in St. Peter's the day after his death, in front of the sacristy", dont les sources citées sont : Liber Pontificalis, éd. Duchesne, I (Paris, 1886), Vit. Vigilii et Pelagii. Page New Advent rouverte et vérifiée le 4 octobre 2026 : verbatim Mann et ses sources confirmés ; attribution du lieu précis corrigée en ce sens dans l'infobox et le corps.

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