Pape saint Agapet I (Agapitus, Agapetus) gouverne l'Église de Rome du 13 mai 535 au 22 avril 536. Le Saint-Siège le présente comme le 57e pape de l'Église catholique, né à Rome, entre Jean II et saint Silvère.[1] Son pontificat dure à peine plus de onze mois, mais il concentre plusieurs dossiers décisifs : la fin des crises électorales romaines après Dioscore, le début de la guerre entre Ostrogoths et Byzantins, la défense du concile de Chalcédoine à Constantinople, et l'exercice concret de la primauté romaine au cœur même de la capitale impériale.[2][3]
Agapet est envoyé à Constantinople par le roi ostrogoth Théodat, qui veut arrêter l'offensive de Justinien après le meurtre d'Amalasonthe. La mission politique échoue : Justinien ne renonce pas à son intervention en Italie. Mais la mission ecclésiale réussit d'une manière éclatante. À Constantinople, Agapet refuse de reconnaître Anthime, ancien évêque de Trébizonde transféré irrégulièrement au patriarcat et soupçonné de sympathies monophysites ; il obtient son éloignement et consacre lui-même Ménas patriarche le 13 mars 536.[4][5][6]
Sa grandeur tient à cette ligne très simple : Agapet ne confond jamais paix politique et compromis doctrinal. Il cherche la paix, accepte une ambassade pénible, engage les biens de l'Église romaine pour voyager, mais refuse qu'un patriarche de Constantinople puisse tenir le siège impérial contre les canons et contre la confession des deux natures dans l'unique Christ.[7][8][9]
« Pécheur que je suis, j'ai désiré venir auprès du très chrétien empereur Justinien ; or j'ai trouvé Dioclétien, et je ne crains pas tes menaces. » — Pape saint Agapet I, réponse rapportée par le Liber Pontificalis[10]
Pourquoi Agapet I compte-t-il ?
Le pape qui referme la crise Boniface-Dioscore
Le premier acte significatif d'Agapet concerne Rome elle-même. Cinq ans avant son élection, Boniface II avait dû affronter le schisme de Dioscore. La mort rapide de Dioscore avait éteint le conflit, mais Boniface avait imposé aux partisans du défunt une rétractation humiliante et avait déposé dans les archives l'anathème porté contre lui.[11]
Agapet brûle solennellement ce texte après son élection. Treccani y voit un acte clair contre l'institution de la désignation du successeur par le pape vivant : Boniface avait condamné Dioscore pour avoir résisté à la désignation faite par Félix IV ; Agapet déclare que cette condamnation avait été extorquée contre les canons.[12] Le geste ne fait pas de Dioscore un pape légitime dans les listes romaines, mais il purifie la mémoire ecclésiale d'une mesure excessive née de la crise.
Le pape de Chalcédoine à Constantinople
L'acte le plus célèbre d'Agapet est oriental. En 535, l'impératrice Théodora favorise Anthime, ancien évêque de Trébizonde, installé à Constantinople avec l'appui de courants favorables au monophysisme.[13][14] Pour l'Église catholique, l'enjeu n'est pas un détail byzantin : depuis Chalcédoine, la foi confesse un seul et même Christ, vrai Dieu et vrai homme, en deux natures, sans confusion ni séparation.
Le Liber Pontificalis résume la confrontation dans une formule doctrinale nette : Agapet expose l'enseignement apostolique sur Jésus-Christ, Dieu et homme, "de deux natures dans un seul Christ".[15] Anthime refuse de satisfaire aux exigences romaines ; Agapet refuse alors sa communion et soutient la consécration de Ménas.
Un cas très fort de primauté romaine au VIe siècle
Treccani souligne que les actes accomplis par Agapet à Constantinople attestent publiquement l'exercice concret du primat juridictionnel du Siège de Pierre — c'est-à-dire son pouvoir réel de juger et de trancher, pas un simple titre d'honneur — dans la capitale même de l'Empire.[16] L'épisode est d'autant plus fort qu'il ne s'agit pas d'une théorie abstraite : un pape romain, venu comme ambassadeur politique d'un roi barbare, juge un dossier patriarcal oriental, refuse un patriarche irrégulier, reçoit une profession de foi impériale[17][18] et consacre son successeur.
Cette scène ne doit pas être lue comme une victoire durable sans lendemain. Après la mort d'Agapet, Justinien reprendra rapidement une politique où l'empereur veut commander à l'Église comme un chef religieux — ce qu'on appelle le césaropapisme, l'idée du souverain « roi et prêtre » —, et le successeur Silvère sera traité avec une brutalité toute différente.[19] Mais précisément : la brièveté du succès ne l'annule pas. Elle montre ce qu'un pape ferme pouvait obtenir, quelques semaines durant, lorsque l'empereur avait besoin de Rome et ne voulait pas paraître favoriser l'hérésie.
Les sources principales
Tableau des témoins
| Source | Date | Ce qu'elle apporte | Prudence |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège | liste actuelle | 57e pape, Rome, dates 13.V.535 - 22.IV.536 | Notice chronologique très brève |
| Liber Pontificalis | VIe siècle, traditions remaniées | Père Gordien, ambassade à Constantinople, dialogue avec Justinien, Anthime, Ménas, mort et sépulture | Récit très dramatique, à croiser avec Liberatus et Treccani |
| Lettres d'Agapet | 535-536 | Réponse à Justinien, Afrique, Césaire d'Arles, Contumeliosus, lettre aux Orientaux | Texte latin transmis par collections canoniques et PL 66 |
| Treccani DBI | 1960 | Synthèse critique détaillée : famille, politique romaine, Théodat, Chalcédoine, primauté, bibliothèque | Source moderne majeure, en italien |
| Catholic Encyclopedia | 1907 | Récit catholique classique : Anthime, Menas, Justinien, Carthage, Contumeliosus | Synthèse ancienne, utile mais moins critique |
| Cassiodore, Institutiones | VIe siècle | Projet d'école chrétienne à Rome avec Agapet | Témoignage direct, postérieur aux événements |
Le dossier d'Agapet est plus riche que celui de beaucoup de papes antiques. On possède une notice narrative, des lettres, des témoignages orientaux et une synthèse moderne solide. Le danger n'est donc pas le manque de matière, mais l'excès de simplification : réduire Agapet à "un pape envoyé par Théodat" ferait disparaître sa portée doctrinale ; le réduire à "un champion de la primauté" ferait oublier l'échec politique et la fragilité de son œuvre.
Le Saint-Siège et la chronologie
La fiche officielle du Saint-Siège donne Agapet comme 57e pape, né à Rome, avec un pontificat commencé le 13 mai 535 et achevé le 22 avril 536.[20] Ces dates sont cohérentes avec le récit général : Jean II meurt le 8 mai 535 ; Agapet est consacré cinq jours plus tard ; il meurt à Constantinople le 22 avril suivant.[21][22]
La tradition liturgique explique une triple mémoire, qu'il faut distinguer : le 22 avril, jour de sa mort à Constantinople (dies natalis), retenu par le Martyrologe romain actuel ; le 20 septembre, jour de l'ensevelissement de son corps à Saint-Pierre après son retour à Rome dans un cercueil de plomb — date qui fut l'ancienne fête romaine (jour de la déposition) ; et le 17 avril, jour où la liturgie grecque honore son nom d'après le Synaxaire de l'Église de Constantinople.[23][24][25][26]
Le Liber Pontificalis : récit dramatique, noyau solide
Le Liber Pontificalis présente Agapet comme Romain, fils du prêtre Gordien — lequel desservait le titre des saints Jean-et-Paul —, lui-même archidiacre de l'Église romaine.[27][28] La note de Loomis rappelle que Gordien avait signé au synode romain de 499 et qu'il perdit la vie durant les troubles du pontificat de Symmaque ; Agapet appartient donc à une famille déjà marquée par la violence de la crise laurentienne.[29]
Le même texte donne la scène fameuse devant Justinien : menace d'exil, réponse d'Agapet, examen d'Anthime, confession des deux natures, déposition du patriarche et consécration de Ménas.[30] La mise en scène est colorée, mais les points majeurs sont confirmés par les autres sources : Anthime est écarté, Ménas devient patriarche le 13 mars 536, et Agapet meurt avant le concile qui prolongera cette condamnation.[31][32]
Les lettres : un pape plus juriste que tribun
Les lettres conservées montrent un Agapet moins théâtral que le récit hagiographique, mais plus précis. À Justinien, il accepte de confirmer ce qui est conforme à la foi des Pères, tout en refusant d'accorder à un laïc une autorité de prédication doctrinale.[33]
« Nous louons, nous accueillons : non parce que nous admettons chez les laïcs l'autorité de prêcher, mais parce que nous confirmons et fortifions le zèle de votre foi, conforme aux règles de nos Pères. » — Agapet I, réponse à Justinien[34]
Cette phrase est capitale. Agapet ne méprise pas l'empereur ; il se réjouit de sa foi catholique. Mais il garde la distinction des pouvoirs : l'empereur peut professer et défendre la foi, il ne devient pas pour autant maître doctrinal de l'Église.
Avant le pontificat : une famille romaine blessée par le schisme
Le fils du prêtre Gordien
Agapet appartient à une famille de l'aristocratie sénatoriale romaine, sans qu'il faille l'identifier trop vite à la grande famille des Anicii.[35] Son père Gordien est prêtre du titre des saints Jean-et-Paul, sur le Cælius. Cette précision est importante, car le Cælius et le complexe des saints Jean-et-Paul formeront aussi le lieu de la bibliothèque voulue par Agapet.
Treccani rapporte que Gordien fut l'un des prêtres tués par les partisans de Laurent en septembre 502, lorsque ceux-ci attaquèrent Symmaque et son cortège pour l'empêcher d'atteindre la basilique Sessorienne où devait se tenir le concile ordonné par Théodoric.[36] Agapet grandit donc dans une mémoire familiale où la question de l'élection pontificale n'est pas abstraite : elle a déjà coûté du sang.
Une Rome encore marquée par Théodoric
Le début du VIe siècle romain est dominé par l'équilibre instable entre le clergé catholique, le Sénat romain, les rois ostrogoths ariens et l'empereur de Constantinople. Jean I meurt en prison après une ambassade imposée par Théodoric ; Félix IV est choisi dans un contexte de forte pression royale ; Boniface II hérite d'une succession contestée avec Dioscore.[37][38]
Agapet n'arrive donc pas comme un administrateur paisible. Il arrive après trente ans de crises où chaque élection papale peut devenir un dossier politique. Son premier geste contre l'anathème de Dioscore prend ici tout son poids : il refuse que la paix de Rome soit fondée sur une archive injuste.
La bibliothèque du Cælius
Avant même son pontificat, Agapet fonde une riche bibliothèque d'œuvres des Pères, près du palais familial du Cælius. Treccani mentionne l'inscription transmise par la sylloge d'Einsiedeln : les œuvres y exprimaient "des mots dissonants, mais une seule foi", c'est-à-dire la même orthodoxie dans des langues différentes.[39]
Cette bibliothèque n'est pas un détail culturel. Dans une époque où les controverses christologiques se jouent souvent en grec, Agapet comprend que Rome doit connaître les Pères grecs autant que les latins. Il ne veut pas seulement gouverner ; il veut armer intellectuellement l'Église romaine.
« Des mots différents, mais pourtant une seule foi. » — Inscription de la bibliothèque d'Agapet, citée par Treccani[40]
Le projet d'école chrétienne avec Cassiodore
Un témoignage direct de Cassiodore
Cassiodore donne un témoignage précieux dans la préface de ses Institutiones. Il explique qu'il a essayé, avec le bienheureux Agapet, pape de Rome, de réunir les moyens nécessaires pour établir à Rome des maîtres salariés dans une école chrétienne, sur le modèle d'Alexandrie et de Nisibe.[41]
« J'ai fait effort avec le bienheureux Agapet, pape de la ville de Rome, pour qu'à frais communs la ville de Rome reçoive plutôt des maîtres professant dans une école chrétienne. » — Cassiodore, Institutiones, préface[42]
Ce projet est exceptionnel. Il montre qu'Agapet ne répond pas seulement aux hérésies par des condamnations. Il pense une infrastructure durable : livres, maîtres, traduction, culture théologique, formation de l'intelligence chrétienne.
Pourquoi le projet échoue
Cassiodore explique lui-même la cause de l'échec : les guerres et les troubles du royaume d'Italie empêchent l'accomplissement d'une œuvre de paix.[43] La guerre gothique commence précisément au moment où Agapet part à Constantinople. La mort du pape, l'effondrement de l'équilibre ostrogoth et les campagnes de Bélisaire rendent impossible la naissance d'une école chrétienne romaine à ce moment.
Le projet ne disparaît pourtant pas sans fruit. Cassiodore transformera plus tard cette ambition dans le cadre monastique du Vivarium, où la copie, l'étude et l'organisation des textes sacrés deviendront un service essentiel de la culture chrétienne occidentale.
L'élection de mai 535
Un consensus rapide
Jean II meurt le 8 mai 535. Agapet est élu et consacré le 13 mai.[44][45] Treccani juge significatif que le consensus du clergé et du laïcat romains se soit formé si vite autour de lui, alors que les élections précédentes avaient été marquées par la division.[46]
Ce consensus s'explique probablement par son profil : romain, lié à une famille anti-laurentienne, critique de la désignation pontificale du successeur, mais aussi suffisamment inséré dans les milieux sénatoriaux et cultivés pour dialoguer avec Cassiodore et les autorités civiles.
Brûler l'anathème de Dioscore
Le geste inaugural d'Agapet est à la fois pastoral et canonique. Il brûle dans l'église le texte de l'anathème contre Dioscore, parce qu'il le juge extorqué contre les canons.[47] Cela revient à dire que l'Église romaine ne doit pas prolonger indéfiniment une guerre d'archives après une crise déjà close.
Le geste est important pour l'article voisin sur Boniface II : Boniface reste pape légitime, mais Agapet corrige une mesure injuste de son pontificat. L'histoire de la papauté gagne à être racontée ainsi : sans effacer les fautes de gouvernement, sans nier la légitimité de la succession, sans transformer chaque correction disciplinaire en crise doctrinale.
| Dossier romain | Décision d'Agapet | Sens ecclésial |
|---|---|---|
| Anathème contre Dioscore | Texte brûlé publiquement | Fin d'une humiliation canonique excessive |
| Désignation du successeur | Rejet implicite de la méthode Félix IV-Boniface II | Défense de la liberté normale des élections |
| Mémoire de Boniface II | Correction sans damnation du pape précédent | Distinction entre légitimité pontificale et prudence disciplinaire |
L'Afrique après les Vandales
Le concile de Carthage et les ariens convertis
Après la reconquête de l'Afrique vandale par Bélisaire, les évêques catholiques africains se réunissent à Carthage, sous la présidence de Réparat. Treccani parle de deux cent vingt évêques (chiffre rond ; Hefele en recense 217) demandant le jugement du Siège apostolique sur plusieurs mesures disciplinaires.[48][49]
Le problème est concret : que faire des clercs passés par l'arianisme, ou d'ariens convertis qui demanderaient l'accès aux ordres ? Agapet confirme la décision africaine : ceux qui viennent de l'arianisme ne doivent pas être réadmis aux fonctions ecclésiastiques ; ceux qui ont déjà reçu des ordres dans ce cadre ne sont admis qu'à la communion laïque.[50][51]
La discipline des évêques africains
Agapet confirme aussi que les évêques et clercs africains ne doivent pas abandonner leurs sièges, même pour venir à Rome, sans permission de leurs supérieurs ecclésiastiques.[52] La mesure peut sembler administrative. Elle répond à un contexte de reconstruction : après persécution, exils, conversions forcées et domination vandale, l'Afrique a besoin de pasteurs présents.
Dans une lettre à Réparat, Agapet parle de ce que la principalité du Siège apostolique a prescrit selon les canons.[53] L'expression montre une primauté qui ne détruit pas les Églises locales, mais qui sert leur remise en ordre.
« Que nul ne puisse s'excuser en prétendant ignorer ce que la principalité du Siège apostolique a prescrit selon la considération des canons. » — Agapet I, lettre à Réparat de Carthage[54]
Césaire d'Arles et l'affaire Contumeliosus
Refuser d'aliéner les biens de l'Église
Saint Césaire d'Arles demande à Agapet des subsides pour les pauvres. Agapet répond avec bienveillance, mais refuse d'aliéner des biens ecclésiastiques, parce que les constitutions des Pères l'interdisent.[55] Le ton est très instructif : Agapet ne refuse pas par dureté envers les pauvres, mais par crainte du jugement divin et respect des canons.
« Ce n'est pas par attachement à la possession ni pour une utilité séculière que nous agissons ainsi ; mais, en considération du jugement divin, il nous est nécessaire de garder inviolablement ce que la sainte autorité synodale a décrété. » — Agapet I, lettre à Césaire d'Arles[56]
La même logique se retrouvera dans le voyage à Constantinople : la trésorerie romaine est pauvre, les biens sacrés ne doivent pas être traités comme une caisse ordinaire, et l'engagement des vases liturgiques comme garantie apparaît justement comme une mesure douloureuse, imposée par la pression de Théodat.[57]
L'appel de Contumeliosus de Riez
Contumeliosus, évêque de Riez, avait été condamné par un concile à Marseille pour des accusations graves. Il fait appel à Rome. Agapet ne l'absout pas à distance, mais ordonne une nouvelle instruction par des juges délégués ; en attendant, il lui rend ses biens privés tout en le maintenant exclu de l'administration des biens de l'Église et de la célébration de la messe.[58][59]
Cette affaire montre un pape attentif à deux exigences : protéger l'honneur de l'épiscopat et ne pas écraser un accusé avant que l'appel soit examiné. La justice ecclésiastique n'est pas un automatisme punitif ; elle demande enquête, mesure et respect des canons.
La mission imposée par Théodat
Amalasonthe, Justinien et le début de la guerre gothique
Le contexte politique est explosif. Amalasonthe, fille de Théodoric, avait placé Théodat sur le trône ostrogoth ; elle est ensuite tuée, ce qui fournit à Justinien un motif puissant d'intervention en Italie.[60][61] Les armées impériales envahissent la Dalmatie et la Sicile ; la guerre gothique commence.
Théodat réagit en ordonnant au pape et au Sénat romain d'intervenir auprès de Justinien pour faire rappeler les troupes. Selon la note de Loomis sur le Liber Pontificalis, il menace de passer au fil de l'épée les sénateurs, leurs femmes et leurs enfants si l'ambassade échoue.[62]
Un voyage politique, une intention doctrinale
Agapet accepte la mission à la fin de 535. Treccani insiste cependant sur un point décisif : il accepte aussi parce que la rencontre avec Justinien peut lui permettre d'agir directement contre le glissement de la cour impériale vers les milieux monophysites protégés par Théodora.[63]
L'ambassade a donc deux plans. Sur le plan politique, Agapet parle pour Théodat et le Sénat. Sur le plan ecclésial, il agit comme pape catholique face à un patriarche suspect et à un empereur qui veut apparaître orthodoxe.
Les vases sacrés engagés
Le voyage est coûteux et l'Église romaine manque de liquidités. Treccani rapporte qu'Agapet dut donner des vases sacrés en garantie aux caissiers de la préfecture du prétoire d'Italie, l'or étant avancé par le trésor royal ; Cassiodore, alors préfet du prétoire et ami d'Agapet, fit ensuite restituer les vases en considérant la dette éteinte.[64]
Ce détail rend la scène moins abstraite. Le pape ne part pas dans le confort d'une diplomatie impériale. Il part en hiver, sous pression gothique, avec une Église romaine financièrement affaiblie, pour une mission dont l'objectif politique est presque impossible.
Constantinople : Anthime, Justinien et Ménas
Le problème Anthime
Anthime avait quitté Trébizonde pour devenir patriarche de Constantinople. La difficulté est double : transfert canonique irrégulier et suspicion doctrinale. Les clercs orthodoxes orientaux accusent Anthime d'être un intrus et un hérétique ; Agapet lui demande une profession de foi écrite et le retour à son ancien siège.[65][66]
La lettre synodale conservée dans la tradition d'Agapet dit que le siège de Constantinople avait été occupé contre l'honnêteté des canons par Anthime, évêque de Trébizonde, et que celui-ci avait refusé de revenir à la voie de la vérité en persistant dans l'erreur d'Eutychès.[67]
« Nous avons trouvé le siège de l'Église de Constantinople occupé contre toute honnêteté canonique par Anthime, évêque de l'Église de Trébizonde. » — Lettre synodale liée à Agapet I[68]
Justinien menace, puis cède
Le Liber Pontificalis dramatise le dialogue : Justinien menace Agapet d'exil s'il ne se range pas à sa position ; Agapet répond qu'il cherchait un empereur chrétien et trouve un Dioclétien.[69] La Catholic Encyclopedia reprend cette scène et souligne qu'elle fit réfléchir Justinien, finalement convaincu du défaut doctrinal d'Anthime.[70]
Il faut garder la proportion. Justinien ne devient pas soudain un disciple docile de Rome dans tous les domaines. Mais, en mars 536, il accepte que le pape exerce une autorité décisive dans l'affaire patriarcale. La raison est sans doute spirituelle et politique à la fois : Justinien ne veut pas être publiquement rangé du côté des monophysites au moment où il prétend restaurer l'unité impériale.
Ménas consacré le 13 mars 536
Le 13 mars 536, Agapet consacre Ménas patriarche de Constantinople.[71][72] Treccani note qu'Agapet présentera ce fait au patriarche de Jérusalem comme sans précédent depuis saint Pierre : un évêque oriental reçu par imposition des mains du Siège romain.[73]
La portée de l'acte est claire. La primauté romaine ne se limite pas à des formules honorifiques ; elle intervient dans une crise concrète de foi et de discipline. Agapet n'ajoute pas un pouvoir étranger à l'Église orientale : il sert, à Constantinople même, la foi commune de Chalcédoine.
| Question | Anthime | Agapet |
|---|---|---|
| Siège d'origine | Trébizonde | Rome |
| Problème canonique | Transfert à Constantinople contesté | Refus de reconnaître une translation irrégulière |
| Problème doctrinal | Soupçon de monophysisme/eutychianisme | Confession des deux natures dans l'unique Christ |
| Issue | Écarté de la communion et du siège | Consacre Ménas le 13 mars 536 |
La confession de Justinien et la distinction des pouvoirs
La profession impériale
Pour écarter tout soupçon d'hérésie, Justinien remet à Agapet une profession de foi.[74] Les lettres conservées montrent que l'empereur s'adresse au pape comme à l'archevêque de Rome et patriarche, et renvoie les causes de foi au jugement du Siège apostolique.[75]
Le texte est utile pour mesurer l'équilibre. Agapet ne méprise pas l'intervention de l'empereur, surtout lorsque celui-ci professe la foi des Pères. Mais il encadre cette intervention : la foi impériale doit être confirmée par l'autorité de l'Église, non l'inverse.
Une ligne gelasienne
Agapet se situe dans la tradition de Gélase I : l'empereur chrétien peut défendre l'Église, mais il ne devient pas évêque. Sa réponse à Justinien l'exprime avec finesse : il loue le zèle de l'empereur, non parce qu'un laïc aurait autorité pour prêcher, mais parce que ce zèle s'accorde aux règles des Pères.[76]
Cette phrase a une valeur durable. Elle évite deux erreurs : l'hostilité anti-impériale, comme si un souverain chrétien ne devait jamais servir la foi ; et le césaropapisme, comme si la puissance politique pouvait définir la foi.
Une victoire brève, mais réelle
Treccani nuance fortement le bilan. Agapet obtient à Constantinople des succès impressionnants, mais sa mort rapide empêche de mesurer ce qu'il aurait pu construire durablement. Après lui, Justinien insistera davantage sur l'idée orientale du souverain "roi et prêtre", et la crise des Trois Chapitres montrera combien l'équilibre restera fragile.[77]
La bonne conclusion n'est donc ni triomphaliste ni sceptique. Agapet n'a pas transformé l'Empire byzantin. Mais il a montré, dans une fenêtre historique très courte, la force d'un pape qui sait conjuguer clarté doctrinale, courage personnel et prudence canonique.
Mort, sépulture et mémoire de sainteté
Mort à Constantinople
Agapet tombe malade peu après la consécration de Ménas et meurt à Constantinople le 22 avril 536.[78][79] Treccani signale que l'on ignore son âge et la nature exacte du mal ; des rumeurs attribuèrent sa mort aux intrigues de Théodora, mais elles ne peuvent être établies.[80]
Cette prudence est nécessaire. La mort d'Agapet sert parfois une lecture dramatique commode : le pape aurait été éliminé par les partisans d'Anthime. Les sources permettent d'affirmer une mort à Constantinople après la crise, non un assassinat démontré.
Le retour du corps à Saint-Pierre
Le corps est placé dans un cercueil de plomb, ramené à Rome et enseveli à Saint-Pierre le 20 septembre 536.[81][82] Cette date du 20 septembre fut l'ancienne mémoire romaine (fête de la déposition), tandis que le 22 avril, jour de sa mort, est la date retenue par le Martyrologe romain actuel.[83]
Le Liber Pontificalis ajoute que le siège resta vacant un mois et vingt-huit jours.[84] Son successeur, Silvère, sera élu dans des conditions à nouveau marquées par la pression de Théodat, preuve que la correction inaugurale d'Agapet n'a pas suffi à pacifier durablement les élections romaines.[85]
Saint en Orient et en Occident
La Catholic Encyclopedia note que l'exercice mémorable de la prérogative pontificale d'Agapet ne fut pas oublié par les Orientaux, qui le vénèrent comme saint avec les Latins.[86] Ce point est précieux : Agapet n'est pas seulement une figure de polémique romaine contre l'Orient. Il est un pape reconnu pour avoir défendu la foi orthodoxe à Constantinople même. Treccani, d'après le Synaxaire de l'Église de Constantinople (rédigé au Xe siècle au plus tôt), signale pour sa part le 17 avril comme jour où la liturgie grecque honore son nom, là où la Catholic Encyclopedia (1907) donne le 22 avril, jour de sa mort.[87][88]
Sa sainteté n'est pas celle d'un long gouvernement pastoral. Elle est celle d'une concentration : quelques mois pour réconcilier une mémoire romaine, répondre à l'Afrique, juger une affaire gauloise, défendre les biens de l'Église, partir sous menace, affronter l'empereur, déposer Anthime, consacrer Ménas, mourir loin de Rome.
Comment juger Agapet I ?
Un pape de transition devenu pape décisif
Agapet aurait pu rester un pape de transition entre Jean II et Silvère. Les dates y invitaient : moins d'un an, aucune grande œuvre législative longue, aucune réforme administrative achevée. Pourtant, la densité de son pontificat contredit cette impression.
Il agit dans trois espaces à la fois : Rome, avec la mémoire de Dioscore ; l'Occident latin, avec l'Afrique et la Gaule ; l'Orient impérial, avec Anthime et Ménas. Peu de pontificats aussi courts offrent une telle concentration de dossiers.
Le courage doctrinal sans brutalité inutile
Agapet est ferme, mais pas brutal. Il brûle l'anathème de Dioscore au lieu d'entretenir une victoire de parti. Il refuse d'aliéner les biens ecclésiastiques tout en affirmant son désir d'aider les pauvres. Il ne condamne pas Contumeliosus sans examen, mais il maintient une suspension prudente. Il refuse Anthime, mais parce que foi et canons sont en jeu.
Cette combinaison est rare : force doctrinale, sens des procédures, charité envers les faibles, prudence envers les biens de l'Église, courage devant le pouvoir.
Une leçon actuelle sur la vraie paix
Agapet montre que la paix de l'Église ne se construit pas en évitant les sujets doctrinaux. À Rome, il apaise en corrigeant une injustice. En Afrique, il reconstruit en confirmant une discipline exigeante. À Constantinople, il sert l'unité en refusant une communion fausse avec Anthime.
La paix catholique n'est donc pas le silence devant l'erreur. Elle est l'ordre de la vérité : canons respectés, foi confessée, faibles protégés, pouvoir politique remis à sa place.
Questions et objections
Agapet a-t-il réussi sa mission auprès de Justinien ?
Sur le plan politique, non. Il ne convainc pas Justinien de rappeler ses troupes d'Italie, et la guerre gothique continue.[89][90] Sur le plan ecclésial, oui : il obtient l'éloignement d'Anthime, consacre Ménas et reçoit une profession de foi impériale.
Agapet a-t-il déposé Anthime à lui seul ?
Les sources attribuent à Agapet un rôle décisif dans le refus de communion et l'écartement d'Anthime ; le concile de Constantinople de 536, tenu après sa mort sous Ménas, prolonge et formalise la condamnation.[91][92] Il faut donc dire : Agapet provoque et accomplit l'acte décisif initial ; la réception synodale orientale suivra.
Son geste contre Dioscore rend-il Dioscore légitime ?
Non. La liste pontificale reçoit Boniface II comme pape. Mais Agapet juge que l'anathème imposé contre Dioscore avait été extorqué contre les canons.[93] Il corrige une mesure disciplinaire sans réécrire toute la succession.
Pourquoi parle-t-on de primauté romaine dans cet article ?
Parce que le dossier ne se limite pas à une déclaration honorifique. Agapet intervient dans plusieurs Églises : Afrique, Gaule, Illyricum et vicariat de Thessalonique (lettre à Justinien du 15 octobre 535, sur les droits romains et l'appel d'Étienne de Larissa[94]), Constantinople. Treccani résume ce faisceau comme des cas concrets où le Siège de Pierre juge et tranche vraiment : c'est cela, le primat juridictionnel.[95]
Synthèse
Agapet I est un pape bref, mais d'une densité exceptionnelle. En moins d'un an, il corrige une blessure de la mémoire romaine, confirme des décisions africaines après la fin du royaume vandale, traite l'appel d'un évêque gaulois, défend les biens de l'Église, tente avec Cassiodore une œuvre de culture chrétienne et se rend à Constantinople sous la pression de Théodat.
Son héritage le plus durable reste la scène de 536 : devant Justinien et Anthime, Agapet refuse que la politique impériale impose à l'Église une ambiguïté christologique. Il défend Chalcédoine, consacre Ménas et rappelle que le zèle religieux de l'empereur n'est bon que s'il demeure conforme à la foi des Pères et soumis au jugement de l'Église.
Pour aller plus loin
- Pape Boniface II — prédécesseur indirect dont Agapet corrige l'anathème contre Dioscore.
- Pape saint Jean I — autre pape envoyé à Constantinople sous pression ostrogothe.
- Pape saint Silvère — successeur d'Agapet, élu dans la crise gothique et byzantine.
- Pape saint Gélase I — référence majeure pour la distinction entre pouvoir sacerdotal et pouvoir impérial.
- Concile de Chalcédoine — définition christologique défendue par Agapet contre Anthime.
- Pape saint Hormisdas — pape de la formule romaine de 519, reprise dans le contexte justinien.
Notes et sources
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "Agapet Ier" (page ouverte et vérifiée le 4 octobre 2026) : 57e pape de l'Église catholique selon la liste officielle, début du pontificat 13.V.535, fin 22.IV.536, naissance à Rome. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/fr/holy-father/agapito-i.html.
1 20 44 78Ottorino Bertolini, "AGAPITO I, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 1, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 1960 : famille romaine, père Gordien, crise Dioscore-Boniface II, élection du 13 mai 535, contexte Théodat-Justinien, vases sacrés engagés, Anthime, consécration de Ménas le 13 mars 536, lettres à Justinien, Afrique, Césaire d'Arles, Contumeliosus, bibliothèque du Cælius, projet d'école avec Cassiodore, mort du 22 avril 536 et sépulture du 20 septembre. Page ouverte et vérifiée le 4 octobre 2026 ; formule exacte sur Ménas : « quale senza precedenti dai tempi di S. Pietro, di un vescovo orientale consacrato per mano di un vescovo di Roma » ; sur la mémoire grecque : « il culto che la liturgia greca dedica al suo nome nelle funzioni religiose del 17 aprile » (d'après le Synaxaire de Constantinople) ; sur le 20 septembre : « giorno in cui la liturgia romana ne celebra il nome ». URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-agapito-i_%28Dizionario-Biografico%29/.
2 6 8 12 13 16 19 21 25 31 35 36 39 40 45 46 47 48 51 52 57 59 61 63 64 71 73 77 80 82 87 90 93 94 95Liber Pontificalis, notice "Agapitus (535-536)", dans Louise Ropes Loomis trad., The Book of the Popes (Liber Pontificalis), Columbia University Press, New York, 1916, p. 144-146 : Agapet Romain, fils du prêtre Gordien, ambassade de Théodat auprès de Justinien, menace d'exil, confession des deux natures dans le Christ, refus d'Anthime, consécration de Ménas, mort à Constantinople le 22 avril, corps ramené à Saint-Pierre le 20 septembre ; notes de Loomis/Duchesne p. 144-146. Le dialogue avec Justinien se lit p. 145 (PDF vérifié page-exacte le 4 octobre 2026) : « I indeed am a sinner, yet I have desired to come unto the most Christian emperor, Justinian; now, however, I have found Diocletian; nevertheless, I fear not your threats ». La citation française de l'article est une traduction de ce texte anglais (traduction d'une traduction, à lire comme telle) ; cf. la version italienne de Treccani : « Io desideravo venire da un Giustiniano imperatore cristiano; trovo invece un Diocleziano, ma io non temo le tue minacce » ; édition latine de référence : Duchesne, vol. I, p. 287-289. PDF domaine public : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/The_book_of_the_popes_%28Liber_pontificalis%29_I-_%28IA_cu31924006163897%29.pdf.
3 4 7 10 15 22 24 27 29 30 60 62 69 72 79 81 84 89C. F. Wemyss Brown, "Pope St. Agapetus I", The Catholic Encyclopedia, vol. 1, Robert Appleton Company, New York, 1907 : règne 535-536, Carthage, Contumeliosus, ambassade auprès de Justinien, engagement des vases sacrés, Anthime, menace d'exil, consécration de Ménas, profession de foi de Justinien, mort à Constantinople. URL : https://www.newadvent.org/cathen/01202c.htm.
5 14 17 50 65 70 74 86 88Lettre synodale sur Anthime (texte grec et Interpretatio latine transmis dans les Epistolae, PL 66, coll. 35-80 pour l'ensemble du recueil), texte latin repris par Wikisource (passage vérifié le 4 octobre 2026) : « invenimus sedem Constantinopolitanae Ecclesiae, contra omnem canonum honestatem, ab Anthimo Ecclesiae Trapezuntiorum episcopo inconvenienter usurpatam » ; Anthime persiste dans l'erreur d'Eutychès, Ménas est reçu par le clergé et le peuple. URL : https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_%28Agapetus_I%29.
9 66 67 68 92Voir l'article Ignispedia Pape Boniface II, qui traite le schisme Dioscore, l'anathème imposé aux partisans du défunt et la tentative de désignation de Vigile.
11 38Justinien, profession de foi adressée à Agapet (copie de sa lettre du 8 juin 533 à Jean II, transmise le 14 mars 536), section « EPISTOLA JUSTINIANI AD AGAPETUM » dans Agapet I, Epistolae, PL 66 (coll. 35-80 pour l'ensemble du recueil, cf. Treccani), texte latin repris par Wikisource (page ouverte et vérifiée le 4 octobre 2026) : Justinien dit renvoyer les causes de foi au jugement du Siège apostolique. URL : https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_%28Agapetus_I%29.
18 75Martyrologium Romanum, édition 2004, au 22 avril (texte anglais vérifié le 4 octobre 2026) : « At Constantinople, the heavenly birth [natalis] of Saint Agapitus the First, pope, who acted firmly that the Roman bishop be freely elected by the clergy of the City [...] then, sent by Theodatus, king of the Goths, to Constantinople to the emperor Justinian, he strengthened the orthodox faith, ordained Mennas bishop of that city, and rested there in peace ». Le 20 septembre fut l'ancienne fête romaine (jour de la déposition, cf. Catholic Encyclopedia 1907) ; le calendrier général actuel ne lui réserve pas de fête propre. URL : http://www.boston-catholic-journal.com/2004-roman-martyrology-pdf-files/roman-martyrology-2004-in-english-entire-all-months.pdf.
23 83Enciclopedia dei Papi, "AGAPITO I, santo", Treccani : synthèse sur les actes de Constantinople, la portée de la primauté romaine, le récit dramatique du Liber Pontificalis, les lettres et la réception orientale. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/santo-agapito-i_%28Enciclopedia-dei-Papi%29/.
26Treccani, Enciclopedia Italiana (1929), "AGAPITO I Papa, Santo" : « Arcidiacono della chiesa romana, figlio di Giordano prete dei SS. Giovanni e Paolo (il titulus Pammachii) », successeur de Jean II mort le 8 mai 535, consacré le 13. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/agapito-i-papa-sant_%28Enciclopedia-Italiana%29/.
28Adrian Fortescue, "Mennas", The Catholic Encyclopedia, vol. 10, Robert Appleton Company, New York, 1911 : Agapet dépose Anthime et consacre Ménas patriarche ; actes du synode de Constantinople de 536 dans Hardouin II et Mansi VIII. URL : https://www.newadvent.org/cathen/10190a.htm.
32 91Agapet I, Epistola I à Justinien, réponse confirmant le libellus de foi impérial (Constantinople, mars 536 ; réponse datée du 18 mars selon Treccani), dans Epistolae, PL 66 (coll. 35-80 pour l'ensemble du recueil), texte latin repris par Wikisource (passage vérifié le 4 octobre 2026) : « laudamus, amplectimur : non quia laicis auctoritatem praedicationis admittimus, sed quia studium fidei vestrae patrum nostrorum regulis conveniens confirmamus atque roboramus ». URL : https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_%28Agapetus_I%29.
33 34 76Voir l'article Ignispedia Pape saint Jean I, notamment sur l'ambassade imposée par Théodoric, Constantinople et la mort en prison à Ravenne.
37Cassiodore, Institutiones divinarum et humanarum litterarum, I, préface, éd. R. A. B. Mynors : projet avec le bienheureux Agapet de fonder à Rome une école chrétienne salariant des maîtres, sur le modèle d'Alexandrie et de Nisibe ; échec à cause des guerres et troubles du royaume d'Italie. Texte latin sur Wikisource : https://la.wikisource.org/wiki/Institutiones_%28Cassiodorus%29.
41 42 43Karl Joseph von Hefele, A History of the Councils of the Church, vol. 4 (trad. anglaise William R. Clark, T. & T. Clark, Édimbourg), p. 188 (§ 248, « Synod at Carthage, A.D. 535 » ; page ouverte et vérifiée le 4 octobre 2026) : 217 évêques africains réunis en 535 à Carthage sous Réparat (basilique Faustus) ; confirmé par la Catholic Encyclopedia (page ouverte et vérifiée le 4 octobre 2026), art. « Liberatus of Carthage » : « a great African national synod of two hundred and seventeen bishops » envoyant Liberatus en légation auprès du pape Agapet I (Hardouin II, 1154 ; Mansi VIII, 808). Le « deux cent vingt » de Treccani est donc un chiffre rond. URL : https://archive.org/details/historyofcouncils_201907 ; https://newadvent.org/cathen/09215b.htm.
49Agapet I, Epistola III à Réparat de Carthage (9 septembre 535 : « Data V idus Septembris post consulatum Paulini »), rendant à Réparat le rang de métropolite, dans Epistolae, PL 66 (coll. 35-80 pour l'ensemble du recueil), texte latin repris par Wikisource (passage vérifié le 4 octobre 2026) : « ne quis se excusabiliter asserat ignorare quod sedis apostolicae principalitas canonum consideratione perscripsit ». URL : https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_%28Agapetus_I%29.
53 54Agapet I, Epistola VI à Césaire d'Arles (18 juillet 535 : « Data XV calendas Augustas post consulatum Paulini junioris »), sur l'inaliénabilité des biens ecclésiastiques même pour une demande d'aumône, dans Epistolae, PL 66 (coll. 35-80 pour l'ensemble du recueil), texte latin repris par Wikisource (passage vérifié le 4 octobre 2026) : « Nec tenacitatis studio, aut saecularis utilitatis causa hoc facere nos credatis, sed divini consideratione judicii necesse nobis est quidquid sancta synodalis decrevit auctoritas inviolabiliter custodire ». URL : https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_%28Agapetus_I%29.
55 56Agapet I, Epistola VII à Césaire d'Arles sur Contumeliosus de Riez (18 juillet 535 : « Data decimo quinto calendas Augusti post consulatum Paulini junioris »), dans Epistolae, PL 66 (coll. 35-80 pour l'ensemble du recueil), texte latin repris par Wikisource (passage vérifié le 4 octobre 2026) : appel au Siège apostolique, nouvelle instruction par juges délégués, restitution des biens privés, suspension de l'administration ecclésiastique et de la célébration de la messe. URL : https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_%28Agapetus_I%29.
58Liber Pontificalis, notice "Silverius (536-537)", éd. Loomis, p. 146-147 : Silvère ordonné sous pression de Théodat, avec acceptation ultérieure par les prêtres pour l'unité de l'Église ; à traiter dans l'article voisin Pape saint Silvère.
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