Pape saint Félix IV

Pape de 526 à 530, saint Félix IV gouverne Rome après la mort de Jean I, soutient Orange 529 sur la grâce, transforme le Forum par Saints-Côme-et-Damien et provoque malgré lui la crise de succession Boniface-Dioscore.

Ignispedia

Pape saint Félix IV (Felix IV, parfois numéroté Félix III dans la numérotation corrigée qui exclut l'antipape Félix II (les listes anciennes qui le comptaient donnent bien Félix IV)) gouverne l'Église de Rome du 12 juillet 526 au 20 ou 22 septembre 530. Le Saint-Siège le présente comme le 54e pape de l'Église catholique, originaire du Samnium, immédiatement après saint Jean I et avant Boniface II.[1]

Son pontificat naît dans une situation lourde. Jean I vient de mourir en prison à Ravenne, victime de la défiance de Théodoric après son ambassade à Constantinople. Le roi ostrogoth, arien et vieillissant, intervient alors dans l'élection romaine et impose le diacre Félix, homme du clergé romain mais candidat acceptable pour Ravenne.[2][3] Le Liber Pontificalis résume ce point par une formule brutale : Félix fut ordonné par ordre du roi Théodoric.

« ordinatus est iusso Theoderici regis » — les abrégés anciens du Liber Pontificalis (dits feliciano et cononiano), cités par Treccani : « il fut ordonné par ordre du roi Théodoric ».[4]

Il serait pourtant faux de réduire Félix IV à un pape de cour. En quatre ans, il obtient d'Athalaric et d'Amalasonthe une confirmation forte des privilèges judiciaires du clergé romain, transforme des bâtiments du Forum en la basilique Saints-Côme-et-Damien, intervient dans les affaires de Ravenne, et surtout donne à saint Césaire d'Arles les capitula qui serviront de base au second concile d'Orange de 529 contre le semi-pélagianisme.[5][6][7]

Son drame final est d'avoir voulu éviter un nouveau conflit romain en désignant de son vivant l'archidiacre Boniface comme successeur. L'intention était la paix ; le résultat fut le contraire. À sa mort, la majorité des presbytres romains et une partie du Sénat élut Dioscore contre Boniface II, ouvrant un schisme bref mais révélateur des tensions entre liberté élective romaine, influence gothique et partis favorables à Constantinople.[8][9]

Pourquoi Félix IV compte-t-il ?

Le pape imposé après un martyre

Félix IV succède à un pape mort captif. Jean I avait été envoyé à Constantinople par Théodoric pour demander à l'empereur Justin I un adoucissement des mesures contre les ariens. Reçu avec honneur en Orient, il revient en Italie dans un climat de soupçon et meurt en prison à Ravenne le 18 mai 526.[10][11]

La vacance dure près de deux mois. Treccani explique que l'élection fut probablement disputée, qu'un candidat ou élu fut écarté sur ordre de Théodoric, et que le diacre Félix fut finalement choisi parce qu'il bénéficiait de la confiance du pouvoir gothique.[12] Cette origine fragile marque tout son pontificat : il doit gouverner une Église romaine blessée, traversée par des factions, tout en évitant une rupture ouverte avec Ravenne.

Le pape romain du second concile d'Orange

Le nom de Félix IV reste attaché au second concile d'Orange du 3 juillet 529, l'une des décisions doctrinales majeures de l'Occident latin sur la grâce. Saint Césaire d'Arles demande l'appui de Rome contre le semi-pélagianisme, qui accordait trop à l'initiative humaine dans le commencement de la foi. Félix ou son entourage romain transmettent des chapitres tirés de l'Écriture, de saint Augustin et de Prosper d'Aquitaine ; ils deviennent la base des canons d'Orange.[13][14][15]

Le concile rejette à la fois l'autosuffisance de l'homme sans la grâce et une prédestination au mal. Sa ligne est catholique : le premier mouvement vers Dieu est grâce prévenante, mais l'homme n'est pas une pierre inerte. Dieu guérit, attire, libère et fait coopérer.

« Si quelqu'un dit que le commencement de la foi [...] nous appartient par nature et non par un don de la grâce, il se montre opposé à l'enseignement des Apôtres. » — Second concile d'Orange, canon 5[16]

Le pape du Forum christianisé

Félix IV transforme deux édifices antiques du Forum romain en l'église Saints-Côme-et-Damien. Le geste est architectural, politique et spirituel : dans le cœur monumental de la Rome païenne et impériale, un pape du VIe siècle inscrit le culte de deux martyrs médecins orientaux, très vénérés aussi à Constantinople.[17][18]

La basilique existe encore. Son mosaïque absidiale, l'une des plus célèbres de la Rome paléochrétienne, montre le Christ venant dans les nuées, encadré par Pierre, Paul, Côme, Damien, Théodore et Félix. Même si la figure de Félix a été restaurée plus tard, l'ensemble demeure l'un des témoignages visuels les plus puissants de son pontificat.[19][20]

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Saint-Siègeliste actuelle54e pape, dates 12.VII.526 - 20 ou 22.IX.530, origine SamniumNotice chronologique brève
Liber PontificalisVIe siècle, traditions remaniéesSamnium, père Castorius, basilique Saints-Côme-et-Damien, Saint-Saturnin, ordination par Théodoric, sépultureDates partiellement corrigées par Duchesne/Loomis
Cassiodore, VariaeVIe siècleLettre d'Athalaric au Sénat sur l'élection de Félix ; rescrit sur les privilèges du clergéTexte politique de chancellerie gothique
Treccani DBI1996Synthèse critique : élection, clergé romain, Ravenne, Orange, succession Boniface/DioscoreSource moderne majeure
Catholic Encyclopedia1909Lecture catholique : gouvernement, privilèges cléricaux, Orange, basilique, successionÀ croiser avec Treccani
Canons d'Orange529Doctrine sur grâce, libre arbitre, initiative divine et coopération humaineApprobation finale donnée par Boniface II en 531
Notices sur DioscoremodernesCompréhension du schisme de 530 et du refus du praeceptum (ordre écrit) de FélixDioscore fut longtemps appelé antipape, mais le dossier est historiquement complexe

Saint-Siège, Liber Pontificalis et Treccani

La fiche officielle du Saint-Siège donne Félix IV comme 54e pape, avec un pontificat commençant le 12 juillet 526 et se terminant le 20 ou 22 septembre 530.[21] Le Liber Pontificalis le dit Samnite, fils de Castorius, et lui attribue quatre ans, deux mois et treize jours de pontificat — leçon du texte restitué par Duchesne (d'autres témoins portent douze jours).[22]

Treccani affine le dossier. Jean-Marie Sansterre souligne que Félix faisait partie du clergé romain et peut probablement être identifié avec le diacre qui participa en 519-520 à la légation envoyée à Byzance par le pape Hormisdas pour mettre fin au schisme acacien.[23] Cette identification donne un relief important : Félix n'est pas seulement un compromis imposé par Théodoric ; il est probablement un homme déjà expérimenté dans les affaires orientales.

Cassiodore et la chancellerie gothique

La lettre d'Athalaric au Sénat de Rome, rédigée par Cassiodore après la mort de Théodoric, confirme l'intervention gothique. Le jeune roi se réjouit que le Sénat ait suivi le jugement de son grand-père dans l'élection épiscopale, et affirme que Théodoric, bien qu'étranger à la foi catholique, avait choisi un pontife dont personne d'honnête ne devait se plaindre.[24][25]

« Après sage délibération et bien que de religion différente, il sut choisir pour le Siège romain un pontife tel que personne ne doit à bon droit s'en plaindre. » — Cassiodore, Variae VIII, 15, lettre d'Athalaric au Sénat (traduction vérifiée sur le latin cité par Treccani)[26]

Cette phrase est politiquement calculée. Elle apaise les Romains après une élection imposée. Mais elle montre aussi que la cour de Ravenne sait que l'intervention de Théodoric a besoin d'être justifiée. Félix commence donc son pontificat sous le signe d'une légitimité réelle mais contestée.

Orange 529 : source doctrinale

Les actes d'Orange ne sont pas seulement une affaire de Gaule. Les sources modernes concordent : Césaire d'Arles avait sollicité Rome, et les capitula reçus de Félix IV ou élaborés à Rome ont servi de base au texte conciliaire.[27][28][29]

La ratification pontificale définitive arrive en 531, sous Boniface II, parce que Félix meurt avant l'achèvement du processus.[30] Cela n'enlève rien à son rôle. Orange est préparé dans son pontificat et par son appui. Dans l'histoire du dogme, Félix IV est ainsi le pape qui transmet à la Gaule méridionale une solution romaine, augustinienne et catholique à une crise durable de la doctrine de la grâce.

Avant le pontificat : un clerc romain dans le monde d'Hormisdas

Samnium et silence biographique

Le Liber Pontificalis se contente de dire que Félix est originaire du Samnium, fils de Castorius.[31] On ignore sa date de naissance, sa formation exacte, son entrée dans le clergé romain. Comme pour beaucoup de papes antiques, l'homme privé disparaît derrière les actes de gouvernement.

Ce silence ne rend pas le portrait vide. Le Samnium, région intérieure de l'Italie centrale et méridionale, appartient alors à une Italie gouvernée par les Ostrogoths mais encore très fortement romaine par sa langue, son clergé et ses structures sénatoriales. Félix arrive à Rome dans une Église formée par les crises de Symmaque, d'Hormisdas et de Jean I.

Probable légat d'Hormisdas

Treccani juge probable l'identification de Félix avec le diacre envoyé à Constantinople en 519-520 par Hormisdas pour conclure la fin du schisme acacien.[32] Si cette identification est juste, Félix a déjà servi Rome dans une mission décisive : faire signer aux Orientaux la formule romaine d'union après trente-cinq ans de rupture.

Cette hypothèse explique peut-être pourquoi Théodoric pouvait le juger acceptable. Félix était romain, mais connaissait les dossiers orientaux ; il n'était pas un inconnu du gouvernement ecclésiastique ; il pouvait rassurer une partie du clergé sans paraître hostile à Ravenne.

L'élection de 526

La mort de Jean I et le soupçon de Théodoric

Jean I meurt en prison à Ravenne le 18 mai 526. Les funérailles manifestent une vénération populaire immédiate ; selon Treccani, la foule arrache des morceaux de ses vêtements pour les garder comme reliques, signe qu'il apparaît déjà à beaucoup comme un martyr de la foi.[33] Pour Théodoric, cette démonstration aggrave le soupçon contre les catholiques romains.

La situation est explosive : Rome honore un pape victime du pouvoir gothique ; le Sénat et le clergé sont divisés ; l'Orient catholique est redevenu proche de Rome ; Théodoric craint les sympathies byzantines. Dans ce contexte, l'élection pontificale devient une affaire politique.

Une vacance de près de deux mois

Félix est consacré le 12 juillet 526, près de deux mois après la mort de Jean I.[34][35] Cette durée, longue pour une transition antique, s'explique probablement par des rivalités internes. Athalaric parle plus tard d'une persona summota, une personne écartée par l'intervention de Théodoric.[36]

Certains historiens ont proposé d'identifier cette personne à Dioscore, le diacre alexandrin qui sera élu contre Boniface II après la mort de Félix. L'hypothèse est séduisante, car elle donnerait au schisme de 530 une racine ancienne ; mais elle n'est pas démontrable avec certitude.[37][38]

Théodoric meurt sept semaines plus tard

Le paradoxe est frappant : Félix est imposé par Théodoric, mais Théodoric meurt le 30 août 526, sept semaines après son installation. Le pontificat de Félix se déroule donc surtout sous Athalaric, enfant-roi ostrogoth, et sous la régence de sa mère Amalasonthe.[39][40]

Ce changement de règne ouvre un temps d'apaisement. Amalasonthe, cultivée et favorable à une politique de conciliation avec les Romains, permet une reprise de bonnes relations entre Ravenne et l'Église de Rome. Félix en tire des avantages concrets pour le clergé, la juridiction ecclésiastique et les bâtiments romains.

Gouverner Rome sous Athalaric et Amalasonthe

Les privilèges judiciaires du clergé

Vers 527, un rescrit d'Athalaric adressé au clergé romain confirme ou élargit un ancien privilège : toute accusation civile ou criminelle portée par un laïc contre un clerc doit être soumise au pape ou à un tribunal ecclésiastique nommé par lui.[41][42]

La Catholic Encyclopedia précise que la violation de cette règle entraîne une amende de dix livres d'or, dont le produit doit être distribué aux pauvres par le pape.[43] Ce détail n'est pas anecdotique. Il montre que l'exemption judiciaire sert à la fois la liberté du clergé et la charité publique.

Décision d'AthalaricEffet concretSens ecclésial
Les plaintes contre les clercs relèvent du pape ou d'un tribunal ecclésiastiqueLe clergé romain échappe davantage aux tribunaux séculiersProtection de l'ordre sacré contre les pressions civiles
Amende de dix livres d'or en cas de violationSanction financière lourdeLa règle n'est pas un simple souhait
Distribution de l'amende aux pauvres par le papeL'autorité ecclésiale devient service des pauvresLa juridiction n'est pas séparée de la charité
Mesure probablement demandée par FélixRenforcement du rôle de l'évêque de RomeLe pape devient juge de première instance du clergé urbain

L'arbitrage de Ravenne

L'amélioration des relations avec Ravenne permet aussi à Félix d'arbitrer un conflit entre une partie du clergé de Ravenne et son archevêque Ecclesius.[44] Le constitutum feliciano met fin au différend par un compromis : Félix donne raison aux clercs sur la répartition des revenus de l'Église de Ravenne, mais appuie Ecclesius sur les questions administratives et disciplinaires.[45]

Ce dossier révèle une méthode de gouvernement : ne pas écraser une partie par principe, mais distinguer les plans. Les clercs peuvent être lésés matériellement ; l'évêque peut avoir raison disciplinairement. Le pape tranche pour restaurer la paix sans annuler l'autorité de l'archevêque.

Ordinations nombreuses à Rome

Treccani note que le nombre de prêtres ordonnés pendant les quatre années de Félix fut anormalement élevé : cinquante-deux ou cinquante-cinq, selon les versions du Liber Pontificalis.[46] L'interprétation reste prudente, mais ce chiffre peut indiquer une recomposition du clergé romain après les divisions de 526.

Félix n'a pas seulement occupé le Siège de Pierre. Il a visiblement cherché à gouverner, à stabiliser, à reconstituer un clergé capable de tenir Rome dans une période où les factions sénatoriales, les sympathies byzantines et les intérêts gothiques se mêlent dangereusement.

Saints-Côme-et-Damien : le Forum devient église

Un don d'Amalasonthe

La tradition attribue à Amalasonthe le don à l'Église de Rome de deux structures publiques situées au bord du Forum : une grande salle et un édifice adjacent sur la Via Sacra.[47][48] Félix les transforme en une église dédiée aux saints Côme et Damien, deux frères médecins et martyrs de Cilicie, particulièrement vénérés en Orient.

Le choix est remarquable. Après les tensions entre Théodoric, Rome et Constantinople, Félix choisit deux saints orientaux dans le cœur monumental de Rome. Treccani y voit peut-être un signe du meilleur climat entre Ravenne et Byzance pendant la régence d'Amalasonthe.[49]

Le mosaïque absidiale

Le Liber Pontificalis mentionne la construction de la basilique près du temple de la ville de Rome.[50] Loomis précise que l'édifice est l'actuelle Santi Cosma e Damiano, installé dans une salle païenne où se trouvait autrefois le plan de marbre de Rome, et orné par Félix d'un mosaïque représentant le Christ dans les nuées, accompagné des saints et des apôtres.[51]

« Il bâtit la basilique des saints Côme et Damien dans la ville de Rome, dans la région appelée Via Sacra. » — Liber Pontificalis, notice de Félix IV[52]

La figure de Félix dans le mosaïque, détruite à la fin du XVIe siècle, a été refaite lors de la restauration exécutée sous le pontificat d'Alexandre VII, mais le programme iconographique demeure.[53] Le pape apparaît comme donateur, portant l'église vers le Christ. L'image dit en silence ce que le pontificat accomplit : la Rome antique n'est pas seulement abandonnée ; elle est convertie.

Saint-Saturnin sur la Via Salaria

Le Liber Pontificalis ajoute que Félix reconstruisit, après un incendie, la basilique du martyr Saturnin sur la Via Salaria.[54] Loomis identifie ce sanctuaire comme une basilique cimétériale au-dessus de la catacombe de Thrason, aujourd'hui disparue.[55]

Le pontificat a donc deux axes romains : le Forum et les cimetières martyrs. Félix christianise le centre civique antique et restaure la mémoire des témoins dans le suburbium. L'un sans l'autre serait incomplet : l'Église habite la ville visible, mais elle garde ses racines dans les tombeaux des martyrs.

Orange 529 : la grâce avant le premier pas

Le problème semi-pélagien

Le semi-pélagianisme naît surtout en Gaule méridionale au Ve siècle. Il ne nie pas la grâce comme le pélagianisme strict, mais il veut réserver à l'homme le premier mouvement vers Dieu : le commencement de la foi, le désir de croire, l'initiative première de conversion.[56][57]

La réponse catholique est plus radicale et plus douce à la fois. Plus radicale, parce qu'elle affirme que même le commencement de la foi est grâce. Plus douce, parce qu'elle ne réduit pas l'homme à une marionnette : la grâce prévient, guérit, appelle, mais elle restaure aussi la liberté pour qu'elle coopère.

Césaire d'Arles et l'appui romain

Saint Césaire d'Arles, métropolitain et figure majeure de la Gaule chrétienne, sollicite Rome. Selon Treccani, un document romain composé d'abord de huit canons contre le semi-pélagianisme et de propositions positives sur la grâce, tirées notamment de Prosper d'Aquitaine, fut envoyé en Gaule et retravaillé par Césaire pour devenir les vingt-cinq capitula du concile d'Orange.[58]

Le lexique spécialisé des conciles résume le mécanisme : Césaire demande l'appui de Félix IV ; Rome répond par des capitula qui fondent les actes d'Orange ; les huit premiers canons rejettent les erreurs, les dix-sept propositions suivantes affirment positivement la grâce prévenante.[59]

Ce qu'Orange affirme

Orange enseigne que le péché d'Adam a blessé l'homme entier ; que le commencement de la foi ne vient pas de la nature intacte, mais de la grâce ; que la prière elle-même est précédée par la grâce qui nous fait prier ; que tout bien salutaire est don de Dieu ; et que Dieu ne prédestine personne au mal.[60]

Point doctrinalFormulation d'OrangeErreur visée
Péché originelLa chute d'Adam atteint l'homme entierMinimiser la blessure de la nature
Commencement de la foiLe désir de croire est déjà don de grâceFaire du premier pas une initiative purement humaine
PrièreLa grâce nous fait demander la grâceImaginer que la prière salutaire précède toute grâce
CoopérationDieu agit en nous et avec nousOpposer grâce et liberté restaurée
PrédestinationPersonne n'est prédestiné au mal par DieuDurcir Augustin en fatalisme

« Toutes les fois que nous faisons le bien, Dieu opère en nous et avec nous pour que nous opérions. » — Second concile d'Orange, canon 9[61]

Pourquoi ce dossier est majeur

Orange est parfois présenté comme un simple concile provincial. C'est insuffisant. Il devient, avec l'approbation pontificale, l'une des références doctrinales majeures de l'Occident sur la grâce, reprise dans les discussions ultérieures jusqu'à l'époque de la Réforme.[62][63]

Félix IV meurt avant la ratification formelle donnée par Boniface II en 531.[64] Mais l'acte doctrinal appartient bien à son pontificat : Césaire se tourne vers lui, Rome répond sous lui, et les capitula romains structurent la réponse conciliaire. La gloire discrète de Félix est d'avoir servi la précision catholique au moment où l'Occident avait besoin de tenir ensemble Augustin, la liberté et l'espérance.

La succession de 530 : paix cherchée, schisme obtenu

Le praeceptum de Félix

En septembre 530, gravement malade, Félix désigne l'archidiacre Boniface comme successeur. Treccani rapporte qu'il le fait dans une cérémonie solennelle, devant des membres du clergé romain et du Sénat, en lui imposant son pallium, avec la précision que celui-ci devrait lui être rendu si la santé du pape s'améliorait.[65]

Le praeceptum est affiché publiquement dans les églises de Rome et adressé au clergé, au Sénat et au peuple.[66] Félix veut éviter les manœuvres électorales, les dépenses et les divisions. Il invoque la paix de l'Église et la situation financière difficile du Siège apostolique, qui l'a obligé à contracter des dettes pour les distributions traditionnelles aux clercs et aux pauvres.[67]

« J'ai voulu sauvegarder votre repos et la paix de l'Église. » — Félix IV, intention résumée du praeceptum de succession[68]

Une pratique connue, mais poussée trop loin

La désignation d'un successeur par un pape vivant n'était pas totalement inconnue à Rome. Le synode romain de 499 avait admis une forme de désignation dans certaines circonstances.[69] Mais Félix franchit un seuil : il ne se contente pas d'indiquer un nom ; il donne à son choix l'allure d'une investiture, avec pallium, publicité et menace d'excommunication contre les opposants.

Le geste révèle la peur de la division, mais il heurte une conviction romaine forte : l'évêque doit être choisi par le clergé, avec le peuple et les notables de la ville. Même si le pontife cherche la paix, il semble limiter trop fortement la liberté élective.

Boniface contre Dioscore

À la mort de Félix, le plan échoue. Boniface II est ordonné d'un côté ; Dioscore, soutenu par la majorité des presbytres romains et une partie du Sénat, est ordonné de l'autre.[70][71] Le schisme dure peu : Dioscore meurt le 14 octobre 530. Boniface reste seul reconnu, mais l'épisode laisse une trace profonde.

Treccani souligne que les électeurs de Dioscore voulaient probablement réaffirmer la liberté de choix per clerum et populum contre la désignation imposée par le praeceptum de Félix.[72] Le dossier n'est donc pas seulement une lutte personnelle. Il touche à la nature même de l'élection pontificale dans une Rome où se croisent Sénat, clergé, peuple, Ravenne et Constantinople.

ActeurPosition probableEnjeu
Félix IVDésigner Boniface pour éviter le chaosPaix de l'Église et continuité avec Ravenne
BonifaceRecevoir le pallium et le choix du pape maladeSuccession préparée, mais contestée
DioscoreCandidat soutenu par une grande partie du clergéLiberté élective et possible orientation pro-byzantine
Sénat romainDiviséÉviter les troubles, mais défendre ses prérogatives
Cour de RavenneFavorable à BonifaceMaintenir un interlocuteur romain stable

Le jugement historique

Il faut juger Félix avec équité. Son geste est canoniquement problématique par son caractère quasi investiture ; l'échec l'a prouvé. Mais son intention n'est pas celle d'un tyran. Il connaît les divisions de 526, il voit l'Église romaine appauvrie, il sait que chaque vacance peut rouvrir les factions.

Sa faute pratique est d'avoir voulu empêcher un conflit par un acte qui blessait précisément le principe que beaucoup voulaient défendre. L'histoire de la papauté retiendra la leçon : la paix de l'Église ne peut pas être obtenue durablement en comprimant excessivement la forme régulière de l'élection.

Sainteté et mémoire

Un saint sans légende spectaculaire

Félix IV n'est pas entouré d'une grande légende de miracles. Sa sainteté est celle d'un gouvernement exercé dans un temps de tension : recevoir un siège blessé, protéger le clergé, servir les pauvres par les ressources de la juridiction, soutenir la doctrine de la grâce, transformer la ville, mourir en cherchant maladroitement la paix.

Le Liber Pontificalis conserve son épitaphe. Les derniers vers, cités par Loomis d'après Duchesne, soulignent une piété humble, une simplicité de cœur, une générosité envers les pauvres et un accroissement des biens du Siège apostolique.[73]

« Il fut généreux envers les pauvres, il consola les malheureux, il augmenta la richesse du Siège apostolique. » — Épitaphe de Félix IV, citée par Duchesne et Loomis[74]

La date de la fête

La Catholic Encyclopedia indique une fête au 30 janvier et reconnaît que le jour exact de sa mort est incertain, probablement vers la fin septembre 530.[75] Treccani précise que la commémoration au 30 janvier, insérée en 1586, ne repose pas sur une tradition antique, et qu'elle fut transférée au 22 septembre dans l'édition de 1922 du Martyrologe romain.[76]

Le 22 septembre était donc la date de l'édition de 1922, et le 30 janvier une étape tardive sans fondement antique. Mais le Martyrologe romain en vigueur (édition 2004) commémore Félix IV au 12 octobre : « Romae, sancti Felicis papae Quarti, qui templa duo in foro romano in ecclesiam convertit in honorem sanctorum Cosmae et Damiani et pro fide catholica plurimum adlaboravit » (« À Rome, saint Félix IV, pape, qui convertit deux temples du Forum romain en une église en l'honneur des saints Côme et Damien et travailla beaucoup pour la foi catholique »).[77] Le même 12 octobre porte aussi, dans une notice distincte, les martyrs africains Félix et Cyprien, évêques, et leurs compagnons († 483), mis à mort sous le roi vandale Hunéric : il ne faut pas confondre cette entrée avec celle du pape.[78] Sa sainteté reste réelle dans la réception historique, mais sa tradition hagiographique est moins ancienne et moins riche que celle de plusieurs papes martyrs.

Ce que Félix IV laisse à l'Église

Félix IV laisse trois héritages durables. Le premier est doctrinal : par Orange, il aide l'Occident à confesser que la grâce précède même le commencement de la foi. Le deuxième est romain : par Saints-Côme-et-Damien, il inscrit le Christ dans les ruines vivantes du Forum. Le troisième est institutionnel : par l'échec de son praeceptum, il montre les limites d'une succession pontificale préparée de manière trop autoritaire.

Son pontificat est donc un mélange instructif de réussite et d'avertissement. Il rappelle que l'Église avance parfois par des papes modestes, pris dans des contraintes politiques fortes, mais capables de laisser une trace décisive dans la doctrine, la liturgie et le droit.

Questions et objections

Félix IV était-il un pape illégitime parce que Théodoric l'a imposé ?

Non. L'intervention de Théodoric fut grave et contraire à la liberté normale de l'élection, mais les sources indiquent que le clergé et les laïcs romains finirent par choisir Félix et qu'il fut consacré évêque de Rome.[79][80] Une élection influencée politiquement peut être canoniquement blessée sans être pour autant nulle, surtout dans un contexte antique où les pouvoirs civils intervenaient souvent dans les nominations ecclésiastiques.

Pourquoi un pape choisi par un roi arien peut-il défendre la foi ?

Parce que la sainteté et la charge pontificale ne dépendent pas de la pureté des circonstances politiques. Félix est arrivé au Siège par une voie troublée ; il n'a pas pour autant prêché l'arianisme. Au contraire, son pontificat sert la doctrine catholique sur la grâce, protège la juridiction ecclésiastique et dédie au Christ une basilique dans le Forum.

Orange 529 a-t-il été approuvé par Félix ou par Boniface II ?

Les deux noms doivent être distingués. Félix IV joue le rôle préparatoire décisif : Césaire d'Arles sollicite Rome sous son pontificat, et les capitula romains forment la base du concile. Mais la ratification pontificale formelle arrive en 531, sous Boniface II, après la mort de Félix.[81][82]

La désignation de Boniface II était-elle une bonne idée ?

L'intention était compréhensible : éviter une nouvelle guerre électorale. La méthode était dangereuse : elle transformait presque une recommandation en investiture et heurtait la liberté du clergé romain. Le schisme de 530 montre que Félix a mal évalué la résistance de Rome à ce procédé.[83][84]

Synthèse

Félix IV n'est pas un pape spectaculaire. Il ne meurt pas martyr comme Jean I, n'écrit pas comme Léon le Grand, ne fonde pas un grand tournant politique comme Grégoire le Grand. Mais son pontificat concentre un moment décisif du VIe siècle : l'Italie gothique après Théodoric, la reconstruction de la relation entre Rome et Ravenne, la clarification occidentale sur la grâce, et la christianisation visible du Forum.

Pour aller plus loin

  • Pape saint Jean I — prédécesseur mort en prison à Ravenne, arrière-plan immédiat de l'élection de Félix.
  • Pape saint Hormisdas — pape de la fin du schisme acacien, probable cadre de la première carrière de Félix.
  • Pape saint Symmaque — précédent majeur des élections pontificales disputées sous influence ostrogothe.
  • Pape saint Gélase I — pape de la distinction entre autorité sacerdotale et pouvoir royal.
  • Saint Augustin — source doctrinale majeure derrière Orange 529.
  • Les grandes hérésies des premiers siècles — pour situer pélagianisme, semi-pélagianisme et arianisme.

Notes et sources

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle "Felice IV" : 54e pape de l'Église catholique, début du pontificat 12.VII.526, fin 20 ou 22.IX.530, naissance Sannio. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/it/holy-father/felice-iv.html.

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  2. Jean-Marie Sansterre, "FELICE IV, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 46, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 1996 : origine, probable participation à la légation d'Hormisdas, élection imposée par Théodoric, lettre d'Athalaric, rescrit sur le clergé, Ravenne, Saints-Côme-et-Damien, Orange 529, praeceptum de succession, mort le 20 ou 22 septembre 530. Sur la mosaïque absidiale de Saints-Côme-et-Damien : la figure de Félix IV, détruite à la fin du XVIe siècle, fut refaite lors de la restauration exécutée sous le pontificat d'Alexandre VII, sur commande de Francesco Barberini. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-felice-iv_%28Dizionario-Biografico%29/.

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  3. Liber Pontificalis, notice "Felix IV (526-530)" : texte latin éd. L. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. I, notice LVI, p. 279 s. (« FELIX, natione Samnium, ex patre Castorio, sedit ann. IIII m. II d. XIII » ; le ms. B6 porte douze jours) ; trad. anglaise Louise Ropes Loomis, The Book of the Popes (Liber Pontificalis), Columbia University Press, New York, 1916, p. 138-140 (collationnée : Samnite, fils de Castorius, 4 ans 2 mois 13 jours, basilique Saints-Côme-et-Damien Via Sacra, Saint-Saturnin, sépulture Saint-Pierre). La formule d'ordination par Théodoric ne figure pas dans le texte principal restitué par Duchesne (qui porte « ordinatus est cum quiete ») : la première rédaction portait « ex iussu Theoderici regis », attestée par l'abrégé K (Duchesne, n. 5), tandis que les abrégés dits feliciano et cononiano portent « ordinatus est iusso Theoderici regis » (sans ex), d'après Treccani — c'est cette leçon que Loomis rend p. 139 : « He was ordained by order of King Theodoric ». Loomis (p. 138, n.) signale que les dates internes du Liber (12 juillet – 12 octobre) résultent d'une erreur de copiste (cf. Duchesne, n. 2 : Boniface II ordonné le 22 septembre ; mort de Félix le 20 ou le 22 septembre, n. 8). Épitaphe : latin chez Duchesne, t. I, p. 280, n. 7, d'après De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 126 : « Praelatus multis humili pietate superbis / promeruit celsum simplicitate locum. / Pauperibus largus, miseris solacia praestans / sedis apostolicae crescere fecit opes » ; trad. anglaise Loomis (p. 139) des quatre derniers vers : « For his humble piety he was preferred to many of the proud / And by singleness of heart he won a lofty place ; / He was bountiful to the poor, he comforted the wretched, / He increased the wealth of the apostolic see. » PDF public domain (Loomis) : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/The_book_of_the_popes_%28Liber_pontificalis%29_I-_%28IA_cu31924006163897%29.pdf ; texte Duchesne (archive.org, « duchesne01 »).

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  4. Johann Peter Kirsch, "Pope St. Felix IV", The Catholic Encyclopedia, vol. 6, Robert Appleton Company, New York, 1909 ; transcription New Advent : élection sous influence de Théodoric, privilèges judiciaires du clergé romain, don d'Amalasonthe, Saints-Côme-et-Damien, capitula sur la grâce, succession Boniface II, fête au 30 janvier. URL : https://www.newadvent.org/cathen/06031a.htm.

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  5. Konziliengeschichte, notice "Arausicanum / Orange" : concile provincial de 529 sous Césaire d'Arles, quatorze évêques, présence de notables, demande d'appui à Félix IV, capitula romains comme base des actes, huit canons contre les erreurs et dix-sept propositions positives tirées notamment de Prosper d'Aquitaine. URL : https://www.konziliengeschichte.org/site/de/publikationen/lexikon/database/665.html.

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  6. Treccani, notices "DIOSCORO, papa" et "DIOSCORO, antipapa" : rôle de Dioscore dans la fin du schisme acacien, hypothèse de la personne écartée en 526, élection contre Boniface II en 530, majorité du clergé supérieur romain favorable à Dioscore, défense de la liberté élective per clerum et populum. URLs : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-dioscoro_%28Dizionario-Biografico%29/ et https://www.treccani.it/enciclopedia/antipapa-dioscoro_%28Enciclopedia-dei-Papi%29/.

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  7. Voir l'article Ignispedia Pape saint Jean I, qui traite l'ambassade forcée à Constantinople, la réception par Justin I, le retour à Ravenne et la mort en prison le 18 mai 526.

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  8. Second concile d'Orange (3 juillet 529), canons 5 et 9 : « Si quis, sicut augmentum, ita etiam initium fidei, ipsumque credulitatis affectum [...] non per gratiae donum [...] sed naturaliter nobis inesse dicit ; apostolicis dogmatibus adversarius approbatur » (can. 5) ; « ... quoties enim bona agimus, Deus in nobis atque nobiscum ut operemur operatur » (can. 9). Références : Denzinger, Enchiridion symbolorum, nn. 178 (can. 5) et 182 (can. 9) ; édition critique : C. de Clercq, Concilia Galliae a. 511 – a. 695 (CCSL, CXLVIIIA, 1963), pp. 53-69 ; texte latin aussi dans les collections conciliaires (cf. Mansi, t. VIII) et l'édition Bright, Canons of the Second Council of Orange. Traduction anglaise : The Canons of the Second Council of Orange (529), CRI/Voice. URL : https://www.crivoice.org/creedorange.html. Les citations françaises du corps condensent le latin, coupes signalées par [...] : au can. 5 sont omis « quo in eum credimus, qui justificat impium, et ad regenerationem sacri baptismatis pervenimus » et « id est per inspirationem Spiritus Sancti corrigentem voluntatem nostram ab infidelitate ad fidem, ab impietate ad pietatem ».

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  9. Cassiodore, Variae, VIII, 15, lettre d'Athalaric au Sénat de Rome sur l'élection de Félix IV (rédigée par Cassiodore). Texte complet du passage, repris chez Duchesne, t. I, n. 6 : « Gratissimum nostro profitemur animo quod gloriosi domni avi nostri respondistis in episcopatus electione iudicio. Oportebat enim arbitrio boni principis oboediri, qui sapienti deliberatione pertractans, quamvis in aliena religione, talem visus est pontificem delegisse ut nulli merito debeat displicere [...] Nullus adhuc pristina contentione teneatur : pudorem non habet victi cuius votum contingit a principe superari [...] Nam etsi persona submota sit, nihil tamen a fidelibus amittitur, cum optatum sacerdotium possidetur. » Éditions critiques : Th. Mommsen, MGH, Auctores antiquissimi, XII, Berlin, 1894, VIII, 15 et 24, pp. 246 et 255 ; CCSL, XCVI (éd. Å. J. Fridh, 1973), pp. 318 s. et 330-332 (références données par Treccani). Traduction anglaise Thomas Hodgkin, Letters of Cassiodorus, p. 360-361 : Théodoric, « although of a different faith », prit soin de choisir un pontife satisfaisant pour tout honnête homme (cité par Loomis, p. 139, n. 2). Traduction française du corps vérifiée sur le latin et sur ces deux témoins.

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  10. Martyrologium Romanum ex decreto sacrosancti oecumenici Concilii Vaticani II instauratum, editio altera, 2004 : die 12 octobris, n. 5 : « Romae, sancti Felicis papae Quarti, qui templa duo in foro romano in ecclesiam convertit in honorem sanctorum Cosmae et Damiani et pro fide catholica plurimum adlaboravit » ; index : « Felix Pp IV, 12 oct., 5 (530) ». Aucune entrée pour un pape Félix aux 22 septembre et 30 janvier, ni ailleurs dans l'index. La traduction anglaise du Martyrologe 2004 (Boston Catholic Journal) rend ainsi l'entrée : « At Rome, Saint Felix IV, pope, who converted two temples in the Roman Forum into a church in honor of Saints Cosmas and Damian and labored greatly for the Catholic faith » ; la même recension du 12 octobre porte aussi l'entrée distincte « Among them were Cyprian and Felix, bishops... ». Voir aussi CatholicSaints.Info, « Pope Saint Felix IV », Memorial : « 12 October (Roman Martyrology) ; 22 September (Benevento, Italy) ; formerly 30 January ». URL : https://catholicsaints.info/pope-saint-felix-iv/.

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  11. Au 12 octobre, le Martyrologe (éd. 2004) porte deux notices distinctes : le pape Félix IV († 530) et les martyrs africains Félix et Cyprien, évêques, et leurs compagnons († 483). Recension du 12 octobre : « St. Felix IV, Pope (†530) » puis « St. Felix and Cyprian, bishops, and companions, martyrs (†483). Put to death along with approximately five thousand faithful Catholics by the Arian Vandal king, Hunneric ». URL : https://catholicmagazine.news/october-12-5/.

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