Pape saint Symmaque (498-514)

Pape de 498 à 514, saint Symmaque traverse une double élection, le schisme laurentien et les tensions avec Constantinople, tout en défendant la liberté de l'Église romaine.

Ignispedia

Pape saint Symmaque (Symmachus, en italien Simmaco) gouverne l'Église de Rome du 22 novembre 498 au 19 juillet 514. Le Saint-Siège le présente comme le 51e pape de l'Église catholique, originaire de Sardaigne, successeur d'Anastase II et prédécesseur de saint Hormisdas.[2] Son pontificat est l'un des plus décisifs de l'Antiquité tardive, non parce qu'il aurait laissé un grand traité, mais parce qu'il traverse une crise où Rome doit défendre à la fois la succession de Pierre, son indépendance face au pouvoir civil et l'unité catholique contre les pressions orientales.

Symmaque est élu le même jour que son rival Laurent, soutenu par un parti romain plus favorable à Constantinople. L'affaire devient vite un schisme intérieur : clergé, peuple, Sénat, roi ostrogoth, évêques d'Italie et Églises de Gaule s'y trouvent mêlés.[3][4] Le dossier est donc plus large qu'une rivalité personnelle. Il montre comment une élection pontificale peut devenir le miroir d'une fracture doctrinale, politique et sociale.

La crise symmachienne a aussi produit une littérature gênante : des partisans du pape ont composé les faux symmachiens, documents apocryphes destinés à fournir des précédents antiques à la thèse selon laquelle le siège romain ne peut pas être jugé par un tribunal d'évêques inférieurs.[5] Il faut les rejeter comme faux, sans pour autant réduire la primauté romaine à ces fabrications. Le vrai dossier de Symmaque est plus solide : synodes romains, interventions d'Avit de Vienne, défense d'orthodoxes persécutés, charité envers l'Afrique vandale et oeuvre romaine de reconstruction.

« Si le pape de Rome est mis en doute, ce n'est plus un évêque seulement qui paraît chanceler, mais l'épiscopat lui-même. » — Saint Avit de Vienne, lettre aux sénateurs Faustus et Symmaque en faveur du pape Symmaque[6]

Pourquoi Symmaque compte-t-il ?

Le pape d'une crise de légitimité

Symmaque compte d'abord parce que son élection met à nu un problème institutionnel : que faire quand deux groupes romains élisent deux évêques le même jour ? Le 22 novembre 498, la majorité du clergé élit Symmaque au Latran ; une minorité, appuyée par une partie du Sénat et par le courant favorable à Constantinople, élit Laurent à Sainte-Marie-Majeure.[7][8]

La crise est aggravée par le contexte oriental. Depuis 484, le schisme acacien sépare Rome et Constantinople autour de l'Henotikon, texte impérial qui cherche à pacifier l'Orient en laissant Chalcédoine dans l'ombre.[9] Chalcédoine, c'est le concile de 451 qui confesse Jésus Christ vrai Dieu et vrai homme ; le schisme acacien est la rupture entre Rome et Constantinople, ouverte depuis 484, autour de ce concile. Les partisans de Laurent espèrent une ligne plus conciliante envers l'empereur Anastase I ; les partisans de Symmaque défendent une ligne plus ferme, héritée de Félix III et de Gélase I.

Le pape face au pouvoir de Théodoric

Le roi ostrogoth Théodoric, arien mais maître politique de l'Italie, est appelé à trancher. New Advent rapporte qu'il se prononce pour Symmaque parce que celui-ci a été élu le premier et par la majorité du clergé.[10] Treccani nuance : les sources favorables à Symmaque invoquent ces critères, tandis que les laurentiens parlent d'or et de pression ; mais le résultat pratique reste le même, Symmaque est reconnu.[11]

Cette intervention est ambiguë. Elle met fin à la première phase de la double élection, mais elle introduit le roi dans un dossier ecclésiastique. Tout le pontificat devra donc tenir une ligne difficile : accepter l'ordre civil quand il protège la paix publique, mais refuser que le pouvoir temporel devienne juge doctrinal ou juge du pontife.

Le pape que les faux ne doivent pas discréditer

Le dossier Symmaque a souvent mauvaise réputation à cause des faux symmachiens. Ces pièces apocryphes prétendent montrer, par des exemples anciens, que les papes ne peuvent pas être jugés par des évêques ou des tribunaux ordinaires.[12] Elles appartiennent à la lutte polémique du début du VIe siècle et ne doivent pas être utilisées comme sources historiques.

Mais l'existence de faux ne suffit pas à invalider toute la cause. Les crises produisent souvent de mauvais documents autour de vraies questions. Ici, la vraie question est grave : comment protéger le siège apostolique contre des accusations instrumentalisées, sans nier que le pape devra rendre compte devant Dieu ? Le catholicisme n'a pas besoin de faux pour confesser que l'Église de Rome possède une place unique ; il doit au contraire distinguer le faux document de la doctrine qui mûrira légitimement dans la tradition canonique, c'est-à-dire dans les règles de l'Église transmises et rassemblées peu à peu dans son droit.

Les sources principales

Le Saint-Siège et les repères chronologiques

La fiche officielle du Saint-Siège donne la base : Symmachus, 51e pape, début du pontificat le 22 novembre 498, fin le 19 juillet 514, origine sarde.[13] Ces repères corrigent les flottements de certaines notices anciennes qui donnent surtout la durée du pontificat.

Le Liber Pontificalis ajoute le nom du père, Fortunatus, et présente Symmaque comme Sarde. Treccani précise que sa famille était probablement d'origine païenne et que Symmaque affirme lui-même avoir été baptisé après son arrivée à Rome.[14] Cette donnée est remarquable : un homme venu de Sardaigne, converti et intégré au clergé romain, devient en 498 l'évêque de la capitale apostolique.

New Advent et Treccani

La notice de Johann Peter Kirsch dans la Catholic Encyclopedia reste utile par sa richesse narrative : double élection, arbitrage de Théodoric, synodes de 499 et 502, violences romaines, rôle de Laurent, soutien d'Avit de Vienne, défense de l'orthodoxie orientale, action caritative et constructions.[15] Elle donne un récit continu, mais encore marqué par une lecture très favorable à Symmaque.

Treccani, plus récent, insiste davantage sur la pluralité des biographies anciennes. Andrea Antonio Verardi rappelle que quatre biographies de Symmaque nous sont parvenues entre 514 et 535 : trois favorables, liées à la tradition du Liber Pontificalis, et une favorable à Laurent, le fragment véronais ou laurentien (un récit ancien rédigé par les partisans de Laurent, son rival).[16] Cette pluralité oblige à ne pas écrire l'histoire comme si une seule partie avait parlé.

Le Liber Pontificalis

Le Liber Pontificalis est précieux pour l'oeuvre romaine de Symmaque : églises, oratoires, travaux autour de Saint-Pierre, logements pour les pauvres près des grandes basiliques, aide aux évêques exilés, rachat de captifs.[17][18][19] Mais la source est favorable au pape et doit être lue avec filtre, surtout quand elle touche au schisme.

Son intérêt principal est de montrer que Symmaque n'est pas seulement le pape d'un procès. Il est aussi un bâtisseur et un pasteur social. Les dernières années de son pontificat, plus apaisées sous Théodoric, permettent une oeuvre visible dans la Rome chrétienne.

La double élection de 498

Latran contre Sainte-Marie-Majeure

Le jour même de la mort d'Anastase II ou immédiatement après, deux pôles romains s'organisent. La majorité élit Symmaque au Latran ; la minorité élit l'archiprêtre Laurent à Sainte-Marie-Majeure.[20] Les lieux ne sont pas neutres. Le Latran est le centre épiscopal de Rome ; Sainte-Marie-Majeure est une grande basilique urbaine, liée à des réseaux sénatoriaux puissants.

Treccani résume l'enjeu : la double élection résulte de sentiments opposés et de manières différentes de penser l'Église et Rome, dans le présent vécu et le futur à construire.[21] La formule est forte : il ne s'agit pas seulement de deux ambitions. C'est un conflit sur l'orientation de Rome entre Occident gothique, aristocratie sénatoriale et Empire d'Orient.

Festus, Probinus et le parti oriental

Les sources nomment surtout Festus et Probinus, sénateurs influents, comme chefs du parti hostile à Symmaque.[22] Théodore le Lecteur, cité par New Advent, affirme que Festus espérait obtenir de Laurent une souscription à l'Henotikon.[23] L'information n'est pas isolément suffisante pour expliquer toute la crise, mais elle cadre avec la ligne politique du parti laurentien.

Le conflit est donc un mélange instable : discipline électorale, rivalités de clercs, politique sénatoriale, pressions impériales, mémoire d'Anastase II et schisme acacien. Une encyclopédie catholique doit refuser de l'aplatir en "bon pape contre mauvais ambitieux". Laurent n'est pas un simple figurant ; il représente une option romaine réelle. Mais cette option, trop liée à Constantinople et au compromis acacien, finit par fracturer l'Église de Rome.

Le jugement de Théodoric

Les deux partis se tournent vers Théodoric à Ravenne. Le roi tranche en faveur de Symmaque. New Advent donne deux critères : priorité de l'élection et majorité du clergé.[24] Ce choix permet la reconnaissance immédiate du pape et la soumission provisoire de Laurent.

CritèreSymmaqueLaurentConséquence
Lieu d'électionLatranSainte-Marie-MajeureDeux centres romains rivaux
Soutien cléricalMajorité du clergéMinorité du clergéAvantage canonique à Symmaque
Soutien politiqueParti plus occidentalParti sénatorial pro-orientalCrise entre Rome, Ravenne et Constantinople
Décision de ThéodoricReconnut SymmaqueLaurent se soumit d'abordPaix provisoire en 499

Le synode romain de 499

Pacifier l'élection pontificale

Le 1er mars 499, Symmaque réunit un synode à Rome. Laurent est alors reconnu comme évêque de Nocera en Campanie, solution qui l'éloigne de Rome tout en lui évitant une humiliation définitive.[25] Le synode règle aussi une question explosive : les manoeuvres électorales du vivant du pape.

New Advent rapporte que tout clerc romain cherchant à obtenir des voix pour un successeur pendant la vie du pape, ou tenant des consultations à cette fin, devait être déposé.[26] Treccani ajoute que le synode clarifie la succession : si le pape n'a pas désigné de successeur, la décision revient à la majorité du clergé, et non plus à l'unanimité.[27]

Une réforme intéressée, mais nécessaire

Treccani note que les résolutions furent pilotées par Symmaque à son avantage.[28] Il faut le dire. Un pape sorti d'une double élection encadre les élections futures d'une manière qui sécurise son camp. Mais l'intérêt immédiat ne rend pas la réforme inutile : l'élection de 498 a montré qu'une unanimité impossible pouvait livrer Rome aux factions.

La règle de majorité n'est pas une solution parfaite ; elle réduit néanmoins la capacité d'une minorité organisée à créer un second évêque. Dans une ville où clergé, peuple et aristocratie ne parlent plus d'une seule voix, ce changement disciplinaire compte.

Les biens de l'Église

Un autre dossier concerne les biens ecclésiastiques. New Advent rapporte qu'une session du 6 novembre 502 invalide l'édit du préfet Basilius de 483 et que Symmaque émet une nouvelle règle sur l'administration et la vente des biens de l'Église.[29] Treccani souligne le fond du problème : les familles sénatoriales qui avaient fondé ou doté des titres romains pouvaient exercer une influence économique sur ces églises.[30]

Le schisme laurentien n'est donc pas seulement doctrinal. Il touche l'argent, les bâtiments, les titres, les fondations aristocratiques et le contrôle concret du patrimoine chrétien de Rome.

La crise de 501-502

L'affaire de Pâques

En 501, les adversaires de Symmaque trouvent un angle d'attaque : il célèbre Pâques le 25 mars selon l'ancien cycle romain, tandis que d'autres, notamment dans l'orbite byzantine, la célèbrent le 22 avril selon un calcul différent.[31] La querelle pascale devient le prétexte d'accusations plus graves.

Les adversaires saisissent Théodoric. Symmaque part vers le roi, puis apprend à Rimini le contenu de l'accusation. Refusant de reconnaître le roi comme juge de son pontificat, il revient à Rome.[32] Ce refus est central : Symmaque ne nie pas le rôle civil du roi, mais il ne reconnaît pas à un souverain arien le pouvoir de juger l'évêque de Rome.

Le visiteur Pierre d'Altinum

Les adversaires demandent alors la convocation d'un synode et la nomination d'un visiteur pour administrer l'Église romaine pendant l'enquête. Théodoric envoie Pierre d'Altinum. Symmaque accepte l'idée d'un synode, mais conteste la présence d'un administrateur substitué à lui.[33]

La décision est politiquement dangereuse. Nommer un visiteur revient pratiquement à suspendre l'autorité pontificale avant jugement. Pierre d'Altinum, selon New Advent, se laisse gagner par les partisans de Laurent, ce qui renforce la défiance de Symmaque.[34]

Violence contre le pape

Lors d'une session du synode de 502, Symmaque tente d'aller de Saint-Pierre vers la basilique sessorienne, mais il est attaqué par ses adversaires. New Advent rapporte qu'il est maltraité, échappe difficilement, et que plusieurs prêtres qui l'accompagnaient sont tués ou gravement blessés.[35]

Ce détail change le ton du dossier. On n'est plus seulement dans une dispute juridique. Rome est en violence ouverte. Le pape se replie près de Saint-Pierre, tandis que le Latran et plusieurs églises passent sous influence laurentienne.

La Synodus Palmaris

Le 23 octobre 502

La session décisive se tient le 23 octobre 502 et porte le nom de Synodus Palmaris. New Advent explique que le nom peut venir du lieu, ad Palmata, ou du caractère principal, "palmaire", de la session.[36] Les évêques refusent finalement de juger Symmaque comme un accusé ordinaire.

La décision est prudente et théologique : les accusations ne sont pas reçues comme établies ; Symmaque est réputé libre des crimes imputés ; l'exercice complet de sa charge doit lui revenir ; ceux qui reviennent à son obéissance ne seront pas punis, mais exercer des fonctions ecclésiastiques à Rome sans permission pontificale sera tenu pour schismatique.[37]

Réserver le jugement à Dieu

La formule la plus célèbre est que la décision ultime doit être laissée au jugement de Dieu.[38] Elle ne signifie pas que le pape serait irresponsable. Elle signifie que, dans ce cas précis, un synode d'évêques italiens convoqué sous pression royale et factionnelle ne peut pas se constituer en tribunal supérieur du siège romain.

Avit de Vienne le comprend ainsi. Dans sa lettre aux sénateurs romains, il écrit que le synode a plus sûrement réservé l'affaire au jugement divin, tout en notant que ni lui ni Théodoric n'avaient trouvé de substance aux accusations.[39]

« Le vénérable synode a plus sûrement réservé cette cause à l'examen divin, en indiquant toutefois que ni lui ni le très glorieux roi Théodoric n'avaient découvert ce qu'on reprochait au pape. » — Saint Avit de Vienne, lettre aux sénateurs Faustus et Symmaque (traduction)[40]

Un principe à purifier

Les partisans de Symmaque vont plus loin avec les faux symmachiens. Ils fabriquent des précédents pour appuyer la thèse que le pape ne peut pas être jugé par un tribunal d'évêques.[41] Ces textes doivent être écartés. Mais la crise a bien contribué à formuler un principe qui deviendra central en droit canonique : la première chaire n'est jugée par personne.

La bonne formulation catholique est donc double. Historiquement : les faux sont faux. Théologiquement : la primauté romaine ne repose pas sur eux ; elle se déploie à partir de l'Évangile, de la succession pétrinienne, de la pratique romaine ancienne et de la réception canonique ultérieure. Symmaque est un moment de cristallisation, non une preuve apocryphe à utiliser sans examen.

Quatre ans de schisme laurentien

Laurent au Latran, Symmaque près de Saint-Pierre

Après 502, Théodoric ne fait pas immédiatement appliquer les décisions du synode. Laurent revient à Rome, occupe le Latran et plusieurs églises, tandis que Symmaque conserve l'episcopium près de Saint-Pierre.[42] Cette géographie est parlante : le pape reconnu est comme refoulé vers le Vatican, hors du centre urbain traditionnel, pendant que le rival contrôle une partie de la ville ecclésiastique.

Le schisme dure environ quatre ans. New Advent parle d'une querelle violente, avec des églises occupées et même le portrait de Laurent ajouté à la série des papes de Saint-Paul-hors-les-Murs.[43] Ce geste iconographique est très fort : le parti laurentien ne veut pas seulement un compromis, il veut écrire Laurent dans la succession.

Avit de Vienne et la Gaule

Les évêques de Gaule interviennent en faveur de Symmaque. Avit de Vienne écrit aux sénateurs romains pour défendre la restauration de l'unité. Sa lettre montre que la crise romaine n'est pas perçue comme une affaire locale. Si la tête est frappée, l'équilibre de tout l'épiscopat paraît menacé.[44]

« Aimez le siège de Pierre dans votre Église autant que, dans la cité, vous aimez le sommet du monde. » — Saint Avit de Vienne, lettre aux sénateurs romains (traduction)[45]

Cette parole est précieuse spirituellement. Avit ne demande pas aux sénateurs de mépriser Rome civile. Il leur demande de comprendre que la grandeur chrétienne de Rome est plus profonde que son prestige politique.

Dioscore d'Alexandrie et la fin pratique du schisme

La guérison pratique du schisme vient aussi par le diacre Dioscore d'Alexandrie. New Advent rapporte que Symmaque l'envoie auprès de Théodoric ; Dioscore obtient du roi une décision favorable, et celui-ci ordonne à Festus de rendre toutes les églises romaines à Symmaque.[46]

Laurent perd alors ses soutiens, quitte Rome et se retire sur une propriété de Festus. Une petite minorité reste attachée à lui, mais elle sera finalement réconciliée sous Hormisdas.[47] La paix est donc progressive : Symmaque récupère les églises, mais la blessure dure au-delà de sa mort.

Symmaque et l'Orient

Continuité avec Félix III et Gélase I

Symmaque hérite du schisme acacien. Félix III a condamné Acace en 484 ; Gélase I a défendu la distinction des deux pouvoirs ; Anastase II a tenté une ouverture diplomatique prudente. Symmaque revient à une ligne ferme, sans renoncer à la charité envers les orientaux orthodoxes.

New Advent rapporte qu'il défend les adversaires de l'Henotikon dans une lettre à l'empereur Anastase I, sans succès.[48] Des évêques orientaux persécutés lui adressent ensuite une confession de foi.[49] Le pape n'est donc pas seulement tourné vers la crise romaine : son pontificat reste inséré dans la lutte pour Chalcédoine.

La réponse à l'empereur Anastase

Vers 506, l'empereur Anastase envoie à Symmaque une lettre injurieuse ; le pape répond fermement en défendant les droits et la liberté de l'Église.[50] La lettre s'inscrit dans la continuité de Gélase : l'empereur a une charge politique réelle, mais il ne possède pas la foi comme un domaine administratif.

Cette ligne est capitale pour l'histoire catholique. Le pape accusé à Rome par ses adversaires tient en même temps devant l'empereur oriental une position de liberté ecclésiale. La crise intérieure ne l'empêche pas de défendre l'orthodoxie.

L'Illyrie et la communion

Selon Kirsch (1912), le 8 octobre 512, Symmaque écrit aux évêques d'Illyrie pour les avertir de ne pas communier avec les hérétiques.[51] Cette intervention est un signe de juridiction et de vigilance. L'Illyrie est une zone charnière, entre Occident latin et Orient impérial ; la communion y a un poids stratégique.

La leçon est simple : pour Symmaque, la paix n'est pas l'indifférence. L'unité catholique ne se reconstruit pas en laissant chacun communier avec des positions contradictoires sur le Christ.

La Gaule, Césaire d'Arles et le pallium

Arles contre Vienne

Symmaque intervient aussi dans la querelle entre les archevêques d'Arles et de Vienne sur leurs droits métropolitains. New Advent rapporte qu'il annule d'abord l'édit d'Anastase II favorable à Vienne, puis confirme le 6 novembre 513 les droits de Césaire d'Arles tels qu'ils avaient été fixés par Léon I.[52]

Cette intervention montre que la primauté romaine ne se limite pas aux crises dogmatiques. Elle arbitre aussi des conflits de juridiction régionale, quand ceux-ci touchent l'ordre ecclésial.

Le premier pallium connu hors d'Italie

Symmaque accorde à Césaire le privilège de porter le pallium. New Advent souligne que c'est le premier cas connu d'un tel don par le Saint-Siège à un évêque hors d'Italie, don confirmé par la recherche récente.[53] Ce détail est important pour l'histoire des institutions : un signe liturgique devient aussi un signe de communion et de délégation.

Selon Kirsch (1912), le 11 juin 514, Symmaque charge Césaire de représenter les intérêts de l'Église en Gaule et en Espagne, de tenir des synodes dans certains cas, de donner des lettres de recommandation aux clercs voyageant vers Rome, et de renvoyer les affaires plus importantes au Saint-Siège.[54]

Acte de SymmaqueDatePortée ecclésiale
Synode électoral romain499Discipline de l'élection pontificale
Synodus Palmaris502Refus de juger le pape sous pression factionnelle
Lettre contre l'Henotikondébut VIe siècleDéfense de Chalcédoine et de la liberté de l'Église
Lettre aux évêques d'Illyrie512Refus de la communion avec les hérétiques
Confirmation de Césaire d'Arles513Arbitrage romain en Gaule
Pallium et vicariat pratique514Premier pallium connu hors d'Italie et représentation de Rome en Gaule/Espagne

Pasteur de Rome, bâtisseur et père des pauvres

Saint-Pierre comme refuge et centre

La crise laurentienne a déplacé Symmaque vers Saint-Pierre. Le Liber Pontificalis rapporte qu'il bâtit des maisons épiscopales à droite et à gauche du parvis de la basilique.[55] New Advent y voit des bâtiments liés à sa résidence près de Saint-Pierre pendant les troubles.[56]

Ce déplacement a une valeur symbolique. Rejeté du Latran par les factions, le pape s'enracine auprès du tombeau de Pierre. Le Vatican devient alors non seulement un sanctuaire apostolique, mais un lieu de gouvernement et de survie institutionnelle.

Églises, oratoires et mémoire des martyrs

Le Liber Pontificalis attribue à Symmaque plusieurs travaux : basilique de Saint-André près de Saint-Pierre, basilique de Sainte-Agathe sur la voie Aurélienne et enrichissements de Saint-Pierre[57], reconstruction ou restauration de Saints-Sylvestre-et-Martin et oratoire des saints Côme et Damien[58], aménagement du cimetière des Jordani pour saint Alexandre[59].

Toutes les identifications topographiques ne sont pas simples. Mais l'ensemble montre une Rome chrétienne en consolidation. Après les violences du schisme, Symmaque répare, bâtit, orne et organise. Son pontificat ne se réduit pas au contentieux ; il laisse aussi une géographie de prière.

Pauvres, exilés et captifs

Le Liber Pontificalis rapporte que Symmaque fait construire des logements pour les pauvres près de Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Laurent.[60] Il envoie chaque année argent et vêtements aux évêques exilés d'Afrique et de Sardaigne, victimes des Vandales ariens, et rachète des captifs en Ligurie, à Milan et dans diverses provinces.[61]

Ces détails sont essentiels. Dans un article sur les querelles pontificales, on pourrait oublier la charité. Or Symmaque agit comme un pape concret : il soutient les évêques orthodoxes chassés, secourt les pauvres aux portes des grandes basiliques et rachète des prisonniers.

« Il envoyait chaque année de l'argent et des vêtements aux évêques chassés en exil à travers l'Afrique et la Sardaigne. » — Liber Pontificalis, notice de Symmaque[62]

Les faux symmachiens

Ce qu'ils sont

Les faux symmachiens sont quatre écrits apocryphes composés pendant la crise : les Gesta synodi Sinuessanae de Marcellino, le Constitutum Silvestri, les Gesta Liberii et les Gesta de purgatione Xysti et Polychronii accusatione.[63] Leur but est clair : fournir des précédents prétendument anciens pour soutenir la procédure favorable à Symmaque.

Le plus connu est le faux concile de Sinuessa, déjà rencontré dans l'article sur saint Marcellin. Il met en scène un pape ancien que personne ne pourrait juger. Historiquement, le récit ne tient pas. Il appartient au laboratoire polémique du VIe siècle.

Pourquoi ils sont dangereux

Ces faux sont dangereux parce qu'ils offrent une défense trop facile. Un catholique pressé pourrait les utiliser pour prouver la primauté romaine ; un adversaire pourrait ensuite montrer qu'ils sont faux et prétendre que toute la primauté est fausse. Les deux démarches sont mauvaises.

La méthode catholique est plus exigeante : reconnaître les fabrications, les dater, expliquer leur fonction, puis reconstruire la doctrine sur des bases authentiques. Les faux symmachiens témoignent d'une crise de l'autorité ; ils ne sont pas l'autorité.

Ce qu'ils révèlent malgré tout

Un faux peut être historiquement faux et sociologiquement instructif. Les faux symmachiens révèlent qu'au début du VIe siècle, la question de la justice du pape, du jugement épiscopal et de la liberté du siège romain est devenue brûlante. Ils montrent que les partisans de Symmaque cherchent à donner une profondeur ancienne à un principe qu'ils estiment vital.

Leur place est celle d'un symptôme : la primauté romaine est assez importante pour que ses défenseurs maladroits aient voulu la surprotéger par de mauvais dossiers.

Mort et héritage

Le 19 juillet 514

Symmaque meurt le 19 juillet 514. Le Saint-Siège donne cette date comme fin de pontificat ; le Liber Pontificalis rapporte qu'il fut enterré dans la basilique du bienheureux Pierre et qu'il "s'endormit en paix comme confesseur".[64][65]

Le siège reste vacant sept jours selon le Liber Pontificalis.[66] Son successeur Hormisdas héritera encore des restes du schisme laurentien et, surtout, achèvera en 519 la réconciliation avec Constantinople par la formule qui porte son nom.

Un saint controversé mais fécond

Symmaque n'est pas un saint d'image lisse. Son pontificat a connu des violences, des accusations, des manipulations et des faux. Mais l'Église ne vénère pas une fiction de pureté administrative ; elle honore un pasteur qui a tenu dans une crise terrible, défendu la liberté de l'Église, soutenu Chalcédoine, secouru les exilés et maintenu la succession romaine.

Son héritage se lit dans trois directions : discipline électorale, primauté romaine, charité institutionnelle. Il a voulu empêcher les élections pontificales d'être capturées par les factions ; il a refusé que le pape soit livré au jugement politique ; il a fait de Rome un centre d'aide pour les pauvres, les captifs et les évêques persécutés.

Ce qu'il faut retenir

PointDegré de certitudeSource principale
Symmaque est le 51e pape, originaire de SardaigneTrès sûrSaint-Siège, Liber Pontificalis
Il est élu le 22 novembre 498Très sûrSaint-Siège, New Advent, Treccani
Laurent est élu le même jour par un parti rivalTrès sûrNew Advent, Treccani
Théodoric reconnaît SymmaqueTrès sûrNew Advent, Treccani
Les synodes de 499-502 structurent la criseTrès sûrActes synodaux via New Advent/Treccani
Faux symmachiens : faux avéré — à ne jamais utiliser comme source historiqueÉtabliCritique moderne, New Advent
Symmaque soutient les orthodoxes contre l'HenotikonSolideNew Advent
Il accorde le pallium à Césaire d'ArlesSolide et institutionnellement importantNew Advent
Il est enterré à Saint-Pierre le 19 juillet 514Très solideSaint-Siège, Liber Pontificalis
« La première chaire n'est jugée par personne »Discipline de 502, réception ultérieure — non un dogmeSynodus Palmaris, droit canonique

Synthèse

Saint Symmaque est le pape d'une Rome déchirée. Son pontificat commence par une double élection, traverse une guerre de factions, subit l'intervention de Théodoric, voit naître des faux embarrassants, puis se termine par une restauration progressive de l'unité. Mais l'essentiel n'est pas la polémique. Symmaque défend une conviction catholique durable : l'Église ne peut pas être gouvernée comme un simple département de l'ordre civil ou de la diplomatie impériale.

Sa grandeur tient à cette fidélité dans un temps brouillé. Il n'a pas tout maîtrisé ; ses partisans n'ont pas toujours servi sa cause avec des moyens purs. Mais il a maintenu la ligne romaine dans le schisme acacien, soutenu les évêques orthodoxes, consolidé la discipline des élections, donné à la Gaule un lien romain plus structuré par Césaire d'Arles, et inscrit la charité dans la pierre autour des basiliques apostoliques.

Pour aller plus loin

  • Pape Anastase II — prédécesseur immédiat de Symmaque, au seuil de la fracture entre parti romain et parti pro-oriental.
  • Pape saint Gélase I — défenseur de la distinction entre autorité sacerdotale et pouvoir royal.
  • Pape saint Hormisdas — successeur de Symmaque, artisan de la fin du schisme acacien en 519.
  • Pape saint Marcellin — dossier du faux concile de Sinuessa, réutilisé dans les faux symmachiens.
  • Pape saint Sylvestre I — autre figure utilisée par les fabrications disciplinaires du temps de Symmaque.
  • Concile de Chalcédoine — arrière-plan doctrinal du schisme acacien.

Notes et références

  1. Martyrologium Romanum, édition typique 2004, au 19 juillet, n° 5 : « At Rome near Saint Peter's, Saint Symmachus, pope, who, long harassed by the faction of schismatics, at last, as a confessor of the faith, rested in peace » (traduction anglaise de l'édition 2004, Boston Catholic Journal).

    1
  2. Saint-Siège, fiche officielle "Symmachus" : 51e pape de l'Église catholique, début du pontificat 22.XI.498, fin 19.VII.514, naissance en Sardaigne. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/simmaco.html.

    2 13 64
  3. Johann Peter Kirsch, "Pope St. Symmachus (498-514)", The Catholic Encyclopedia, vol. 14, Robert Appleton Company, New York, 1912 : origine sarde, baptême à Rome, double élection de 498, Théodoric, synodes de 499-502, schisme laurentien, Avit de Vienne, Dioscore d'Alexandrie, Illyrie, Césaire d'Arles, constructions et charité. La médiation de Dioscore d'Alexandrie auprès de Théodoric est corroborée par la note de Loomis, éd. 1916, p. 118 (« Dioscorus, a young deacon from Alexandria, was able to persuade Theodoric... »). URL : https://www.newadvent.org/cathen/14377a.htm.

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  4. Andrea Antonio Verardi, "SIMMACO, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 92, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 2018 — passages vérifiés sur la page : « Nacque in Sardegna [...] da una famiglia di origine pagana (ep. 10, in Epistolae romanorum pontificum genuinae, a cura di A. Thiel, I, 1867, p. 702) ; il padre si chiamava Fortunato. È lui stesso a informarci di essere stato battezzato solo dopo il suo arrivo a Roma [...] (Publizistische Sammlungen zum acacianischen Schisma, a cura di E. Schwartz, 1934, pp. 153-157) » ; « Di Simmaco ci sono pervenute quattro diverse biografie redatte tra il 514 e il 535 », dont trois favorables (tradition du Liber pontificalis) et une quatrième, « il cosiddetto Frammento Veronese o Laurenziano, un testo animato da un orientamento favorevole al suo antagonista Lorenzo » (Verardi, 2016, pp. 265-269) ; sur la double élection : « La doppia elezione era frutto di opposti sentimenti e modi di pensare la Chiesa e Roma stessa, nel presente vissuto e nel futuro da costruirsi » (d'après Le Liber pontificalis, éd. Duchesne, I, 1886, p. 260 ; Frammento Laurenziano, pp. 43-46). URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-simmaco_%28Dizionario-Biografico%29/.

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  5. J. P. Kirsch, "Pope St. Symmachus", Catholic Encyclopedia, vol. 14, 1912 : liste des quatre faux symmachiens et explication de leur but, fournir des précédents anciens à la procédure favorable à Symmaque, notamment sur l'impossibilité de juger le pontife romain par un tribunal d'évêques inférieurs. URL : https://www.newadvent.org/cathen/14377a.htm.

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  6. Saint Avit de Vienne, lettre aux sénateurs Faustus et Symmaque, Ep. 34 de l'édition Peiper (31 de l'édition Sirmond), dans Alcimi Ecdicii Aviti Viennensis episcopi opera quae supersunt, éd. Rudolf Peiper, MGH AA 6/2, Berlin, 1883, p. 64-65 (toute la lettre : p. 64-65) ; texte latin vérifié sur l'édition Peiper et reproduit avec traduction sur Roman Letters, lettre 2001 (texte source MGH). Passages cités : "At si papa urbis vocatur in dubium, episcopatus iam videbitur, non episcopus, vacillare" ; "nec minus diligatis ecclesiae vestrae sedem Petri, quam in civitate apicem mundi" ; "Quod synodus ipsa venerabilis... divino tutius servavit examini... nihil vel sibi vel gloriosissimo viro Theoderico regi de his, quae papae dicebantur obiecta, patuisse". URL : https://romanletters.org/letters/avitus_vienne/2001/. Latin contrôlé en direct le 4 octobre 2026 sur cette page (texte source MGH) : les trois passages ci-dessus y figurent verbatim ; les versions françaises de l'article sont des traductions.

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  7. Encyclopaedia Britannica, "Acacian Schism" : schisme de 484 à 519, Henotikon de Zénon, rôle d'Acace, condamnation par Félix III et résolution sous Hormisdas. URL : https://www.britannica.com/event/Acacian-Schism. Page non lisible en direct le 4 octobre 2026 (403, protection anti-robot) ; faits recoupés en live par Kirsch, notice citée (désordres du schisme acacien, Henotikon de Zénon), et concordants avec le contenu indexé Britannica (Acace excommunié en 484 par Félix III pour l'Henotikon ; schisme de 35 ans résolu en 519 sous Hormisdas).

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  8. Liber Pontificalis, notice "Symmachus", dans Louise Ropes Loomis trad., The Book of the Popes (Liber Pontificalis), Columbia University Press, New York, 1916, p. 121 : église Saint-André près de Saint-Pierre, basilique de la martyre Agathe sur la voie Aurélienne (et non Agnès : le latin porte "sanctae martyris Agathae, uia Aurelia"), travaux de l'atrium de Saint-Pierre, maisons épiscopales de part et d'autre du parvis. PDF public domain : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/The_book_of_the_popes_%28Liber_pontificalis%29_I-_%28IA_cu31924006163897%29.pdf.

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  9. Liber Pontificalis, notice "Symmachus", éd. Loomis, 1916, p. 122 : basilique Saints-Sylvestre-et-Martin, oratoire des saints Côme et Damien, logements pour les pauvres près de Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Laurent.

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  10. Liber Pontificalis, notice "Symmachus", éd. Loomis, 1916, p. 123 : cimetière des Jordani aménagé pour le corps de saint Alexandre ; envoi annuel d'argent et de vêtements aux évêques exilés d'Afrique et de Sardaigne ; rachat de captifs en Ligurie, à Milan et dans diverses provinces ; sépulture dans la basilique de Saint-Pierre le 19 juillet, vacance du siège de sept jours, formule "he slept in peace as a confessor". Texte original anglais : "He every year sent relief of money and garments to the bishops who had been driven into exile throughout Africa and Sardinia."

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  11. J. P. Kirsch, notice citée, passage « At a synod held at Rome on 1 March, 499 » : Symmaque, désormais universellement reconnu, attribue à Laurent le diocèse de Nocera en Campanie ; le synode ordonne la déposition de tout clerc romain qui sollicite des voix pour un successeur du vivant du pape. URL : https://www.newadvent.org/cathen/14377a.htm.

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  12. J. P. Kirsch, notice citée, passage « fifth session under the presidency of Symmachus on 6 November, 502 » : l'édit du préfet Basilius (483) sur l'administration des biens de l'Église est déclaré invalide et Symmaque promulgue un nouvel édit, notamment sur la vente de ces biens. Corroboré par la note de Loomis, éd. 1916, p. 118 : en novembre 502, Symmaque convoque de sa propre initiative un synode qui annule le décret irrégulier interdisant au pape d'aliéner les biens de l'Église. URL : https://www.newadvent.org/cathen/14377a.htm.

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  13. J. P. Kirsch, notice citée, passage « Pope Symmachus celebrated Easter on 25 March, following the old Roman cycle, while the Byzantines and others observed the feast on 22 April » (année 501). Corroboré par la note de Loomis, éd. 1916, p. 117 : Symmaque célèbre en 501 le 25 mars selon l'ancien calendrier romain, ses adversaires invoquant le comput grec (22 avril). URL : https://www.newadvent.org/cathen/14377a.htm.

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  14. J. P. Kirsch, notice citée, passage « In a letter of 8 October, 512, addressed to the bishops of Illyria, the pope warned the clergy of that province not to hold communion with heretics ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/14377a.htm.

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  15. J. P. Kirsch, notice citée, trois passages : « later (6 November, 513) confirmed the metropolitan rights of archbishop Caesarius of Arles, as these had been fixed by Leo I » ; « he granted Caesarius the privilege of wearing the pallium, the first-known instance of such a grant by the Holy See to a bishop outside of Italy » ; « In a letter of 11 June, 514, he appointed Caesarius to represent the interests of the Church both in Gaul and Spain ». Corroboration récente : Andrea Antonio Verardi, « SIMMACO, papa », DBI, vol. 92, 2018 : la primauté d'Arles est rendue visible par la concession à son évêque d'une « insegna appartenuta sino a quel momento al solo vescovo di Roma, il pallium ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/14377a.htm.

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