L'Église est-elle contre la science ?

Le mythe du conflit entre Église catholique et science naît au XIXe siècle. Universités médiévales, Galilée, Mendel, Lemaître et Vatican II montrent une histoire plus complexe : tensions réelles, mais aucune hostilité doctrinale aux sciences.

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L'Église est-elle contre la science ?

Pourquoi accuse-t-on si souvent l'Église d'être contre la science ? Cet article explique d'où vient cette idée, ce qui la rend convaincante et ce que l'histoire permet réellement d'affirmer. Il montre aussi pourquoi une découverte scientifique ne répond pas à toutes les questions humaines.

L'accusation mérite d'être prise au sérieux. Ses défenseurs rappellent que des autorités religieuses ont interdit des livres et condamné Galilée. Ils craignent qu'une institution persuadée de posséder la vérité refuse les découvertes qui la dérangent. Leur demande est compréhensible : un chercheur doit pouvoir examiner les faits sans recevoir d'avance la réponse autorisée.

Commençons donc par ce que personne n'a besoin de nier. La condamnation de Galilée a réellement eu lieu. Des interdictions ont causé des dommages intellectuels. Mais les universités, les communautés religieuses et les papes ont aussi soutenu des recherches importantes. Ces deux aspects appartiennent à la même histoire.

La science cherche à connaître le monde naturel par l'observation, le raisonnement et la mise à l'épreuve des explications. Une affirmation ne devient pas scientifique parce qu'une personne célèbre la prononce. Elle doit pouvoir être confrontée aux faits. Cette exigence protège la recherche contre les préférences du chercheur lui-même.

La question précise est donc celle-ci : les erreurs commises montrent-elles que la foi catholique empêche nécessairement la recherche ? Pour répondre, il faut regarder les institutions, les découvertes et les enseignements. Un procès célèbre compte beaucoup. Il ne raconte cependant pas, à lui seul, toute une histoire.

1. D'où vient le récit d'une guerre permanente ?

L'idée d'un affrontement continu entre l'Église et la science a surtout été popularisée au XIXe siècle. Deux auteurs y ont joué un rôle majeur : John William Draper et Andrew Dickson White. Leurs livres ont donné une forme simple et frappante à une histoire beaucoup plus compliquée.

Draper publie son ouvrage en 1874. Il présente les progrès de la connaissance comme une lutte contre la religion, particulièrement contre le catholicisme. White développe son propre récit, notamment dans un grand ouvrage publié en 1896. Il défend aussi son projet d'université contre des critiques religieuses.

Leur manière de raconter est efficace. D'un côté, des savants courageux cherchent la vérité. De l'autre, des autorités religieuses défendent leurs habitudes et leur pouvoir. Certains événements entrent bien dans ce tableau. Mais beaucoup d'autres doivent être oubliés ou déformés pour que l'ensemble paraisse cohérent.

Depuis les années 1970, des historiens ont précisément repris ces dossiers. David Lindberg, Ronald Numbers et Peter Harrison montrent que les relations réelles comportent des collaborations, des soutiens et des tensions. Le livre collectif dirigé par Lindberg et Numbers en 1986 rend particulièrement visible cette diversité.[1]

Plusieurs idées reçues résistent mal à cet examen. Les savants chrétiens du Moyen Âge connaissaient la forme ronde de la Terre. Les universités pratiquaient aussi des dissections. Une dissection consiste à ouvrir un corps pour en étudier l'organisation. Présenter leur interdiction comme une politique générale de l'Église est donc trompeur.[2]

L'historien John Heilbron a, de son côté, étudié le soutien de l'Église à l'astronomie. L'astronomie étudie les astres et leurs mouvements. Selon John Heilbron, pendant plus de six siècles, aucune autre institution n'a davantage soutenu l'astronomie. Ce soutien était financier et social. Un tel engagement ne cadre pas avec une hostilité permanente.[3]

Peter Harrison ajoute une autre difficulté : nos façons actuelles de séparer science et religion ne correspondent pas exactement aux catégories anciennes. Un savant médiéval ne se représentait pas forcément deux camps ennemis. Lui prêter nos débats peut fausser son histoire, comme on comprendrait mal une conversation en changeant le sens des mots.

2. Des universités où l'on apprend à discuter

Une recherche durable demande davantage que des personnes intelligentes. Elle a besoin de lieux pour enseigner, conserver des textes et examiner les objections. Les premières universités européennes se développent dans un monde chrétien. Des autorités religieuses participent à leur organisation et à la protection de leur liberté.

Une université réunit des maîtres et des étudiants autour d'études organisées. Au Moyen Âge, ces études ne se limitent pas aux questions religieuses. On y travaille aussi les nombres, les figures, les astres, la médecine et les raisonnements. Comprendre le monde naturel appartient donc à leur activité ordinaire.

Un maître enseigne devant des étudiants dans une université médiévale. Wikimedia Commons.

L'exemple de Paris permet de comprendre ce rôle concret. L'université reçoit une charte royale en 1200. Des règles organisent ensuite les études en 1215. En 1231, le pape Grégoire IX renforce son autonomie par un texte officiel. Il ne s'agit donc pas simplement de tolérer quelques savants isolés.

Cette autonomie donne à l'université une protection pour son travail. Comme une école qui possède des règles reconnues, elle dépend moins des décisions changeantes de chaque autorité locale. L'appui du pape contribue ainsi à son indépendance. L'histoire est plus surprenante que l'image d'un pouvoir religieux occupé seulement à interdire.

Les étudiants apprennent aussi à présenter une objection avant d'y répondre. Ils doivent distinguer les idées et justifier leurs conclusions. Cette pratique ne remplace pas les expériences scientifiques modernes. Elle forme cependant des habitudes précieuses : écouter un argument, repérer une contradiction et ne pas confondre une affirmation avec sa preuve.

La liberté avait des limites. La théologie occupait une place importante dans ces institutions. La théologie cherche à comprendre Dieu et ce que la foi enseigne. Des désaccords pouvaient conduire à des procédures contre des professeurs. Reconnaître cette réalité évite de remplacer une légende noire par une histoire sans aucun problème.

Une hérésie est une position qui contredit une vérité de foi définie par l'Église. Manfred Lütz recense environ cinquante tentatives de procès pour hérésie contre des professeurs pendant le Moyen Âge. La plupart n'ont abouti à rien.[4] Le tableau général reste celui d'institutions où l'on enseigne, raisonne et discute, avec des tensions réelles et une activité intellectuelle féconde.

L'Académie pontificale des sciences est une institution scientifique liée au pape. Elle s'inscrit dans une histoire commencée avec l'Académie des Lincei en 1603. Pie XI lui donne sa forme actuelle en 1936. Ses quatre-vingts membres sont choisis pour leurs travaux scientifiques, sans devoir être catholiques. Au Vatican, la compétence scientifique ne dépend donc pas de l'appartenance religieuse.

3. Des religieux qui cherchent dans la nature

La présence de savants catholiques ne constitue pas, à elle seule, une preuve que toutes les autorités ont toujours bien agi. Elle répond néanmoins à une question importante. La foi et la recherche pouvaient-elles habiter la même vie ? Plusieurs travaux fondateurs montrent concrètement que oui.

Roger Bacon est un religieux qui étudie notamment la lumière et les mathématiques. Il écrit de grands ouvrages à la demande du pape Clément IV. Pour lui, le raisonnement a besoin de l'expérience. Une explication peut sembler convaincante et pourtant mal décrire ce que l'on observe.

« Sans expérience, rien ne peut être connu de manière adéquate. »

Roger Bacon, Opus Maius, vers 1267-1268.[5]

Cette phrase exprime une exigence simple. Pour connaître la nature, il ne suffit pas de répéter une autorité ou d'enchaîner des idées. Il faut aussi regarder comment les choses se passent réellement. Bacon fait partie des penseurs qui ont contribué au développement de cette démarche.

Six savants catholiques et leurs recherches : infographie originale Ignispedia créée par IA.

Albert le Grand, lui aussi religieux catholique, consacre de nombreux ouvrages à la nature. Il étudie les plantes, les animaux, les minéraux et les astres. Son travail contribue à faire reconnaître cette recherche comme une activité légitime dans la vie chrétienne. Observer la création peut être une manière de prendre au sérieux ce que Dieu a fait.

Nicolas Copernic exerce une fonction religieuse auprès d'une église. Il défend une hypothèse appelée héliocentrisme. Une hypothèse est une explication proposée, que l'on doit encore examiner et mettre à l'épreuve. L'héliocentrisme place la Terre parmi les planètes qui tournent autour du Soleil.

Copernic dédie son grand livre au pape Paul III. Des responsables religieux l'ont encouragé à publier, et il n'est pas inquiété de son vivant. Son ouvrage paraît en 1543. En 1616, pendant l'affaire Galilée, sa diffusion est suspendue dans l'attente de corrections.[6] Ces deux moments distincts comptent pour comprendre l'accueil de ses idées.

Le livre de Copernic publié en 1543, avec une dédicace au pape Paul III. Wikimedia Commons.

Nicolas Steno participe à la naissance de la géologie. La géologie étudie les roches et l'organisation de la Terre. Ses recherches portent notamment sur les couches de terrain et leur disposition. Il devient ensuite prêtre. Son parcours rappelle que l'étude attentive du sol ne lui paraissait pas incompatible avec sa foi.

Gregor Mendel travaille dans le jardin de son monastère. Entre 1856 et 1863, il réalise des expériences sur des milliers de plants de petits pois. Il étudie l'hérédité. Ce mot désigne la transmission de caractères des parents à leurs descendants, par exemple certains traits observables chez les plantes.

Ses résultats fondent la génétique. Cette science cherche à comprendre cette transmission. Mendel publie ses travaux en 1866, mais leur importance n'est reconnue qu'en 1900. L'exemple est parlant : un jardin de monastère a servi de lieu à une recherche dont les conséquences dépassaient largement ses murs.[7]

Gregor Mendel, moine et fondateur de la génétique. Wikimedia Commons.

Lazzaro Spallanzani, prêtre lui aussi, mène des expériences sur des bouillons préparés pour éliminer les êtres vivants qu'ils contiennent. Ses expériences réfutent l'idée que de petits organismes apparaîtraient spontanément dans ces bouillons.[8] Sa démarche associe une question précise, des manipulations et l'examen des résultats.

Les jésuites sont les religieux de la Compagnie de Jésus. Plusieurs ont travaillé sur les astres et le calendrier. Christopher Clavius joue un rôle majeur dans la réforme du calendrier en 1582. Henri Breuil, autre prêtre savant, étudie les peintures anciennes des grottes. Ces parcours montrent une recherche présente dans plusieurs domaines, au sein même de la vie religieuse.

4. Galilée : une faute réelle, une légende à corriger

Le cas Galilée reste l'objection la plus forte. En 1633, un tribunal d'Église condamne un savant qui défend le mouvement de la Terre. Ce fait ne doit être ni caché ni transformé en détail sans importance. Pour le comprendre, distinguons cependant ce qui s'est passé des images ajoutées ensuite.

En 1616, Galilée reçoit l'ordre de ne pas soutenir ni enseigner l'héliocentrisme. En 1632, il publie son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Le livre présente un débat, mais favorise clairement le système de Copernic. Les autorités considèrent qu'il a enfreint l'interdiction reçue.

Une dimension personnelle aggrave le conflit. Le pape Urbain VIII avait été son protecteur. Dans le livre, certaines idées défendues par le pape sont associées à un personnage peu convaincant. La cour pontificale y voit une attaque. Cette blessure contribue à durcir une affaire qui dépasse déjà la seule discussion scientifique.

L'interprétation de la Bible occupe aussi une place centrale. Galilée cherche à montrer que le mouvement de la Terre peut s'accorder avec l'Écriture. Des théologiens pensent au contraire que certains passages imposent une Terre immobile. Ils traitent alors une question sur le fonctionnement des astres comme si la foi en fixait nécessairement la réponse.

En 1633, Galilée ne dispose pas encore d'une preuve physique décisive du mouvement de la Terre. Galilée a raison sur le mouvement terrestre, mais son explication des marées est erronée.[9] Certains de ses arguments peuvent donc être discutés de bonne foi. Cette situation explique une partie des hésitations scientifiques de l'époque. Elle ne justifie pas sa condamnation.

En 1633, Galilée est déclaré fortement suspect d'hérésie. Le tribunal lui reproche ici d'avoir soutenu la doctrine interdite. La décision montre précisément comment une question scientifique avait été mêlée à un jugement religieux.

Galilée n'est pourtant pas torturé. Il subit une menace de torture, ce qui demeure grave, mais cette menace n'est pas exécutée. Il ne termine pas davantage sa vie dans un cachot.

Il vit en résidence surveillée, notamment dans sa maison d'Arcetri. Il doit rester dans une résidence imposée et ne peut pas se déplacer librement. Cette peine limite sa liberté, tout en lui permettant de poursuivre des travaux et de recevoir des visiteurs.[10]

La formule « Et pourtant, elle tourne », attribuée à Galilée après le procès, n'est pas attestée dans les témoignages contemporains.[11] Sa célébrité ne suffit pas à la rendre authentique. Enlever ces ajouts ne revient pas à défendre le jugement. Cela permet de critiquer une injustice réelle, sans avoir besoin d'en inventer d'autres.

Galilée avait lui-même formulé la distinction essentielle entre le texte biblique et la manière humaine de le comprendre :

« Si l'Écriture ne peut errer, certains de ses interprètes et commentateurs le peuvent et de plusieurs façons. »

Galileo Galilei, lettre à Benedetto Castelli, 1613, citée par Jean-Paul II.[12]

Le 31 octobre 1992, Jean-Paul II reconnaît l'erreur des théologiens dans cette affaire. Ils avaient confondu l'Écriture avec leur propre interprétation. Ils avaient aussi fait entrer dans l'enseignement de la foi une question qui relevait de la recherche scientifique. La reconnaissance porte donc sur une faute précise, pas sur une opposition nécessaire entre foi et intelligence.

La leçon reste utile. Une autorité religieuse ne devient pas compétente en astronomie parce qu'elle enseigne la foi. Inversement, reconnaître son erreur ne prouve pas que toute la foi est fausse. Comme dans une discussion ordinaire, on doit examiner ce qui a été affirmé, par qui, avec quels arguments et dans quel domaine.

5. Les sorcières : distinguer les peurs et les tribunaux

La chasse aux sorcières fournit une autre image souvent associée à une Église ennemie de la raison. Des personnes ont réellement été persécutées et tuées. Mais pour comprendre les responsabilités, il faut distinguer les croyances populaires, les autorités civiles et les institutions religieuses. Elles n'ont pas toujours agi dans le même sens.

Bien avant les grandes vagues de procès, un texte religieux appelé Canon episcopi traitait certains récits de sorcellerie comme des illusions. Il contestait notamment la réalité de chevauchées nocturnes extraordinaires. Cette réserve compte : des autorités chrétiennes pouvaient mettre en doute ce que la population tenait pour certain.[13]

Cela n'a pas empêché toutes les violences. Des peurs locales ont conduit à des accusations et parfois à des attaques populaires. Des responsables catholiques ont aussi participé à certaines poursuites. Dire que l'Église entière les aurait toujours rejetées serait donc aussi faux que lui attribuer toutes les persécutions.

Une édition du Malleus Maleficarum, traité sur les sorcières. Wikimedia Commons.

Le Malleus Maleficarum, écrit par Heinrich Kramer, appartient à cette histoire inquiétante. Mais ce traité privé ne résume pas l'enseignement de toute l'Église. Même l'authenticité de la lettre d'approbation universitaire qu'il présente reste discutée entre historiens.[14] On ne peut donc pas traiter cet ouvrage comme une décision collective de toutes les autorités catholiques.

L'Inquisition espagnole offre un exemple particulièrement révélateur. Après avoir participé à des poursuites, elle commence à freiner cette répression dès 1526. Les travaux historiques rapportés par Manfred Lütz montrent ici un tribunal religieux plus réservé que d'autres juridictions.[15][16] Le dossier sur l'Inquisition espagnole développe cette différence.

Combien y eut-il de victimes ? L'estimation de Gustav Henningsen, rapportée par Lütz, est d'environ 50 000 pour l'ensemble de l'Europe. Environ 25 000 concernent l'Allemagne et les régions voisines. Ce sont des estimations historiques, pas un comptage parfait. Elles restent très éloignées des millions parfois annoncés.[17]

Ces morts demeurent une tragédie, quel que soit leur nombre exact. Les persécutions ont touché des territoires catholiques et protestants. Dans le tableau présenté par Lütz, la pression venait surtout des peurs populaires et des tribunaux civils. Les tribunaux religieux et les facultés de théologie étaient souvent plus réservés.[18] Cela n'efface pas la participation de responsables catholiques à certaines poursuites.

6. Georges Lemaître : chercher en prêtre et en savant

Georges Lemaître est un prêtre catholique belge, ordonné en 1923. Il devient aussi un chercheur majeur dans l'étude de l'Univers. Sa vie donne une réponse très concrète à l'idée qu'il faudrait choisir entre croire et réfléchir. Il prend au sérieux les exigences de chacune de ses deux démarches.

En 1927, il publie un travail sur l'éloignement des galaxies. Les galaxies sont de grands ensembles d'étoiles. Lemaître établit une relation entre leur distance et leur vitesse d'éloignement. Ce travail contribue à comprendre que l'Univers se développe à grande échelle : les distances entre les galaxies augmentent.

Robert Millikan, Georges Lemaître et Albert Einstein en 1933. Wikimedia Commons.

En 1931, Lemaître propose ensuite l'hypothèse de l'atome primitif. Il donne ce nom à l'état initial dont l'Univers se serait développé. Cette proposition est l'ancêtre du modèle appelé Big Bang. Ce modèle cherche à décrire l'évolution physique de l'Univers depuis un état initial très concentré.

Le point décisif, pour notre sujet, dépasse pourtant cette découverte. Lemaître refuse de transformer immédiatement son modèle scientifique en preuve religieuse. Il se méfie du concordisme. Le concordisme consiste ici à faire correspondre directement une théorie scientifique avec un enseignement religieux, comme si l'une établissait nécessairement l'autre.

En 1951, Pie XII rapproche les connaissances scientifiques sur l'Univers de la création enseignée par la foi. Lemaître craint que ce rapprochement ne fasse porter à la science une conclusion qu'elle ne peut pas établir seule. Il fait connaître ses réserves en 1952. Le discours pontifical suivant sur le sujet ne reprend plus l'atome primitif.

Pourquoi cette réserve chez un prêtre ? Une explication physique décrit des états du monde et leurs changements. La création pose la question de l'existence même du monde. Confondre ces questions ferait dépendre un argument religieux d'un modèle scientifique qui pourrait être révisé. Lemaître veut protéger à la fois la recherche et la justesse du raisonnement religieux.

Sa foi n'est pas pour autant rangée dans un coin de sa vie, sans rapport avec son intelligence. Il cherche la vérité par deux voies, en respectant les exigences de chacune :

« Il y avait deux voies pour arriver à la vérité. J'ai décidé de les suivre toutes les deux. »

Georges Lemaître, entretien rapporté par Duncan Aikman, 1933.[19]

Cette attitude évite deux erreurs. Elle ne demande pas au chercheur de confirmer d'avance une lecture religieuse. Elle ne lui demande pas non plus d'abandonner la foi pour travailler sérieusement. Lemaître devient président de l'Académie pontificale des sciences en 1960. Son parcours associe donc recherche, vie sacerdotale et responsabilité scientifique au Vatican.

Les questions sur le réglage précis des lois de l'Univers demandent la même attention. Observer l'éloignement des galaxies, proposer un modèle de l'Univers et réfléchir à la création sont des démarches distinctes. On peut les faire dialoguer. Leur dialogue devient plus solide quand on ne présente pas une conclusion philosophique comme le simple résultat d'un calcul.

7. Ce que l'Église enseigne sur la recherche

L'exemple de Lemaître aide à comprendre les textes de l'Église. Ceux-ci reconnaissent que les chercheurs doivent étudier le monde selon les méthodes adaptées à leur sujet. Pour examiner une plante ou calculer le mouvement d'un astre, ils n'ont pas besoin de tirer chaque réponse d'un passage biblique.

Le concile Vatican II est une assemblée d'évêques qui a formulé des enseignements pour l'Église. En 1965, son texte Gaudium et Spes reconnaît l'autonomie légitime de la recherche. Cette autonomie signifie que les réalités naturelles ont leurs lois propres, que les chercheurs peuvent découvrir par leur travail.

Procession lors du concile Vatican II, en octobre 1962. Wikimedia Commons.

Une comparaison aide à comprendre. Connaître l'auteur d'un ouvrage ne dispense pas d'en lire les pages. De même, croire que Dieu a créé le monde ne dispense pas d'étudier ce monde. L'existence d'un Créateur ne supprime pas les mécanismes naturels. Elle donne au croyant une raison supplémentaire de les prendre au sérieux.

Cette autonomie ne veut pas dire que le monde existerait indépendamment de Dieu. Elle ne place pas non plus la recherche au-dessus de toute question morale. Elle reconnaît un domaine de travail propre. Le même texte déplore les attitudes chrétiennes qui ont méconnu cette liberté légitime.[20]

La question de l'évolution permet de voir comment cette distinction fonctionne. Dans ce débat, l'évolution désigne notamment l'explication qui fait venir le corps humain de formes vivantes antérieures. En 1950, Pie XII autorise l'examen de cette question dans Humani Generis.[21] Autoriser une enquête ne signifie pas déclarer sa conclusion définitivement acquise.

Le pape maintient aussi un enseignement sur l'âme humaine. L'âme est spirituelle : elle ne se réduit pas aux éléments matériels qui composent notre corps. Pour la foi catholique, elle est créée directement par Dieu. Une recherche sur l'origine du corps ne suffit donc pas à expliquer tout ce qu'est une personne.

Pie XII refuse aussi l'idée de plusieurs couples originels indépendants. Le péché originel est la faute des premiers parents, dont les conséquences concernent toute l'humanité. Tous les hommes descendent des mêmes premiers parents. Cette origine commune permet de comprendre la transmission des conséquences de leur faute à tous leurs descendants.[22]

En 1996, Jean-Paul II juge les arguments en faveur de l'évolution plus forts qu'à l'époque de Pie XII. Il le fait dans un message écrit à l'Académie pontificale des sciences.[23] Ce document est authentique, mais ce n'est pas une encyclique. Une encyclique est une lettre d'enseignement du pape. Ce message ne définit aucun nouvel enseignement de foi.

Le même message maintient la création directe de l'âme et rejette les lectures matérialistes de l'homme. Une lecture matérialiste prétend expliquer toute la réalité humaine par la matière seule. Le texte ne permet donc pas de conclure que l'Église aurait adopté toutes les interprétations de l'évolution. Le dossier sur les limites de la théorie de l'évolution développe ces distinctions.

Jean-Paul II résume plus largement le rapport entre foi et raison dans Fides et Ratio, publié en 1998. La raison est notre capacité à réfléchir, comparer des arguments et chercher ce qui est vrai. La foi ne demande pas de renoncer à cette capacité :

« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. »

Jean-Paul II, Fides et Ratio, prologue.[24]

L'image associe deux moyens différents dans un même mouvement. La foi ne remplace pas l'examen des raisons. La raison ne se limite pas aux expériences de laboratoire.

En 2006, Benoît XVI reprend cette idée dans un discours à Ratisbonne. Il reconnaît la valeur de la science. Mais la pensée humaine ne se limite pas à la méthode scientifique.[25]

8. Quand on demande à la science de tout décider

Pour comprendre le désaccord de fond, un mot est nécessaire : scientisme. Le scientisme affirme que seules les sciences expérimentales peuvent nous donner une connaissance vraie. Ces sciences confrontent leurs explications à des observations et à des expériences. Il va donc beaucoup plus loin que le respect des découvertes scientifiques. Il décide d'avance que les autres chemins de connaissance ne peuvent pas atteindre la vérité.

On comprend ce qui peut rendre cette position séduisante. Les sciences produisent des résultats contrôlables et des réalisations techniques impressionnantes. À côté, les discussions morales ou religieuses semblent parfois interminables. Pourquoi ne pas réserver notre confiance à ce qui peut être observé et mesuré ? La question mérite une véritable réponse.

Le premier problème est simple. Quelle expérience permet de prouver que seules les expériences donnent accès au vrai ? On peut tester une explication sur un phénomène naturel. Mais l'affirmation du scientisme ne peut pas être prouvée de cette manière.

L'affirmation du scientisme est donc philosophique. La philosophie examine, par le raisonnement, des questions sur la connaissance, la réalité et la conduite humaine. Le scientisme emploie lui-même cette démarche pour décider de la valeur de toutes les démarches. Il accorde ainsi à sa propre affirmation une autorité qu'il refuse aux autres affirmations philosophiques.

Le biologiste Jacques Monod aide à comprendre une autre distinction. Dans Le Hasard et la Nécessité, il explique que la méthode scientifique écarte la recherche d'un projet comme explication des phénomènes naturels. Il reconnaît aussi qu'aucune expérience ne peut démontrer l'absence de tout projet dans la nature.[26]

Cette règle peut guider le travail du chercheur sans devenir une conclusion sur toute la réalité. Un instrument est construit pour détecter certaines choses. Son silence sur autre chose ne suffit pas à prouver que cette autre chose n'existe pas. De même, une méthode ne peut pas transformer automatiquement ses limites en frontières de tout ce qui est vrai.

Karl Popper propose une autre distinction utile. Une explication scientifique doit pouvoir rencontrer des faits qui lui donneraient tort. Mais une affirmation qui ne relève pas de ce type d'épreuve n'est pas forcément dépourvue de sens. La frontière de la recherche expérimentale n'est pas, à elle seule, la frontière de toute pensée raisonnable.[27]

Même à l'intérieur de la recherche scientifique, les conditions d'une méthode comptent. Le dossier sur les limites de la datation au carbone 14 en fournit un exemple. Une méthode de datation cherche à déterminer l'âge d'un objet. Comprendre ce qu'elle permet d'affirmer demande aussi de comprendre ses conditions d'utilisation.

L'Église ne demande donc pas de diminuer la confiance dans les expériences bien conduites. Elle conteste le passage d'une méthode efficace à une explication obligatoire de toute existence. Une science rigoureuse sait préciser ses questions. Elle gagne à distinguer ses résultats des conclusions supplémentaires qu'un chercheur peut proposer en son propre nom.

9. Les questions qu'une mesure ne tranche pas

La science décrit des mécanismes, établit des relations et permet des prévisions. Ces connaissances peuvent transformer notre vie. Mais connaître le fonctionnement d'une chose ne dit pas encore tout de sa valeur. Calculer l'énergie d'une explosion ne décide pas, à lui seul, si provoquer cette explosion serait juste.

Le philosophe Ludwig Wittgenstein exprime cette différence avec force :

« Nous sentons que, à supposer même que toutes les questions scientifiques possibles soient résolues, les problèmes de notre vie demeurent encore intacts. »

Ludwig Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus, § 6.52.[28]

Le philosophe Ludwig Wittgenstein. Wikimedia Commons.

Il ne s'agit pas de dévaloriser les découvertes. Il s'agit de reconnaître la question que chacune résout. Une description de nos mécanismes physiques ne suffit pas à décider comment traiter une personne. La responsabilité, la liberté et la relation avec autrui demandent une réflexion qui ne se résume pas à la mesure.

Le philosophe Jürgen Habermas met lui aussi en garde contre cette réduction de l'être humain. Dans l'analyse rapportée par Manfred Lütz, il ne conteste pas les sciences naturelles. Il conteste leur extension à la totalité de notre expérience. Une description physique ne dit pas, à elle seule, si nous sommes responsables de nos actes.[29]

Une autre question apparaît quand on considère l'Univers entier. Même si nous décrivions parfaitement ses lois, pourquoi existerait-il un monde auquel ces lois s'appliquent ? Le physicien Stephen Hawking pose cette question dans une formule frappante :

« Qu'est-ce qui insuffle le feu aux équations et fait exister un univers pour elles à décrire ? »

Stephen Hawking, A Brief History of Time, chapitre 11.[30]

Une équation exprime une relation mathématique. Elle aide à décrire ce qui existe et la manière dont cela fonctionne. Mais écrire une description ne fait pas exister la réalité décrite. La question de l'existence du monde dépasse donc celle de son fonctionnement. Le dossier sur la raison pour laquelle le monde existe approfondit ce raisonnement.

Thomas d'Aquin distingue ici les causes secondes et la cause première. Les causes secondes sont les mécanismes naturels qui produisent des effets dans le monde. La cause première désigne Dieu, qui donne l'existence au monde et à ces mécanismes. Ces deux explications ne se disputent donc pas la même place.[31]

Dieu ne sert pas à remplir les blancs d'une connaissance scientifique encore incomplète. Sinon, chaque découverte ferait disparaître un morceau de l'argument religieux. La question est plus profonde : pourquoi les mécanismes, les régularités et le monde existent-ils ? Les décrire toujours mieux ne supprime pas cette interrogation.

Pour la foi catholique, le monde vient d'un Créateur qui agit avec raison. L'intelligence humaine peut donc chercher à comprendre ce monde. Cette confiance a aussi joué un rôle historique.

Le sociologue Max Weber, dans l'analyse rapportée par Lütz, souligne l'importance des habitudes de vie et de réflexion développées dans le christianisme occidental. Cela ne signifie pas que l'Église aurait tout inventé seule. Cela montre qu'elle a contribué à certaines conditions favorables à la recherche.[32]

10. Reconnaître les erreurs sans fausser l'ensemble

Une réponse convaincante ne peut pas demander au lecteur d'oublier ce qui dérange. L'affaire Galilée reste une erreur réelle. Les livres interdits appartiennent aussi à l'histoire. L'Index était une liste d'ouvrages dont l'Église interdisait la lecture. Créé en 1559, il a été aboli en 1966.

Certaines de ses interdictions ont touché des œuvres qui ne méritaient pas cette condamnation. Le contrôle des livres a donc pu produire de véritables dommages intellectuels. Reconnaître ces faits aide à comprendre les limites des décisions humaines. Cela évite aussi de confondre la vérité de la foi avec chaque jugement porté par une autorité religieuse.

Page de titre d'une édition de l'Index de 1564. Cette liste témoigne d'un contrôle réel des livres.

La science a également corrigé certaines interprétations religieuses populaires. Manfred Lütz prend l'exemple du paratonnerre. La compréhension et la maîtrise de la foudre ont déplacé l'idée qu'elle manifesterait toujours, directement, une punition divine. Une croyance répandue pouvait ainsi être corrigée sans qu'un enseignement de foi soit réfuté.[33]

D'autres tensions locales ont existé autour de l'étude des corps, des roches ou des vestiges anciens. Les effacer rendrait l'histoire fausse. Mais les transformer en politique générale rendrait l'histoire fausse également. Une institution peut soutenir une activité tout en comptant des responsables qui, à certains moments, la comprennent mal.

Pour juger l'ensemble, regardons donc les deux séries de faits. Il y a des condamnations et des interdictions. Il y a aussi des universités, des académies, des financements et des découvertes. Une explication qui ne conserve qu'une seule série ne rend pas compte de ce qui s'est réellement passé.

La réponse à la question de départ est alors claire. L'Église a pu entraver des chercheurs et doit reconnaître ces erreurs. Mais ni son enseignement ni l'ensemble de son histoire ne font d'elle une ennemie de la science. Sa conviction centrale est que chercher honnêtement la vérité ne peut pas conduire à un conflit réel avec Dieu.

Ce qu'il faut retenir

  • Le récit d'une guerre permanente a été popularisé au XIXe siècle.
  • L'Église a largement contribué aux institutions et aux travaux scientifiques.
  • La condamnation de Galilée est une erreur réelle, reconnue par Jean-Paul II.
  • Les chercheurs ont une liberté légitime dans l'étude du monde naturel.
  • Une théorie scientifique ne devient pas automatiquement un enseignement de foi.
  • Le scientisme ajoute à la science une affirmation philosophique qu'aucune expérience ne démontre.
  • Les questions de valeur, de sens et d'existence demandent aussi l'usage de la raison.

La foi catholique ne demande pas de fermer les yeux sur le monde. Elle invite à le regarder avec confiance. Ce monde peut être étudié, discuté et mieux compris. Reconnaître Dieu comme Créateur ne dispense d'aucune recherche sérieuse et ne transforme aucune erreur humaine en vérité obligatoire.

Le croyant peut donc accueillir une découverte sans craindre que toute sa foi s'écroule. Il peut aussi interroger une interprétation scientifique sans mépriser le travail des chercheurs. Cette histoire invite à chercher la vérité avec curiosité et liberté. Elle demande aussi l'humilité de reconnaître ses erreurs.

Notes et références

  1. David C. Lindberg et Ronald L. Numbers (dir.), God and Nature: Historical Essays on the Encounter Between Christianity and Science, University of California Press, Berkeley / Los Angeles / London, 1986, introduction générale, p. 5.

    1
  2. Ronald L. Numbers (dir.), Galileo Goes to Jail and Other Myths about Science and Religion, Harvard University Press, Cambridge / London, 2009. Sur Galilée, chapitre 8, par Maurice A. Finocchiaro.

    2 10
  3. John L. Heilbron, The Sun in the Church: Cathedrals as Solar Observatories, Harvard University Press, Cambridge / London, 1999, p. 1. Comparaison paraphrasée, comme dans l'article complet. Elle porte sur le soutien financier et social à l'astronomie pendant plus de six siècles, pas sur toutes les sciences.

    3
  4. Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 93. Le chiffre concerne les tentatives de procès pour hérésie contre des professeurs pendant le Moyen Âge.

    4
  5. Roger Bacon, Opus Maius, pars VI, De Scientia Experimentali, chapitre 1, envoyé au pape Clément IV vers 1267-1268. Texte latin : « Sine experientia nihil sufficienter sciri potest. » Édition anglaise : Robert Belle Burke, The Opus Majus of Roger Bacon, University of Pennsylvania Press, Philadelphia, 1928.

    5
  6. Owen Gingerich, The Book Nobody Read: Chasing the Revolutions of Nicolaus Copernicus, Walker & Co., New York, 2004, p. 56-75. Mise à l'Index en mars 1616 dans l'attente de corrections, selon la formule donec corrigatur. La source précise que dix phrases de l'édition de 1543 étaient à corriger.

    6
  7. Gregor Mendel, « Versuche über Pflanzenhybriden », Verhandlungen des naturforschenden Vereines in Brünn, 4, 1866, p. 3-47.

    7
  8. Lazzaro Spallanzani, Saggio di osservazioni microscopiche concernenti il sistema della generazione de' signori di Needham e Buffon, Modène, 1765, sur les expériences réfutant la génération spontanée ; Opuscoli di fisica animale e vegetabile, Modène, 1776.

    8
  9. Alexandre Koyré, Études galiléennes, Hermann, Paris, 1939, trois volumes. Référence donnée par la source sur l'absence de preuve physique décisive en 1633 et sur l'erreur de l'argument des marées.

    9
  10. Antonio Favaro (dir.), Opere di Galileo Galilei, vol. XIX, Barbèra, Florence, 1907, p. 374, note critique. La formule attribuée à Galilée n'apparaît qu'en 1757 dans un ouvrage de Giuseppe Baretti, plus d'un siècle après le procès.

    11
  11. Jean-Paul II, Discours à l'Académie pontificale des sciences sur la conclusion des travaux de la commission Galilée, 31 octobre 1992. La citation de Galilée provient de sa Lettera a Benedetto Castelli, 1613, citée dans ce discours. Texte français : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1992/october/documents/hf_jp-ii_spe_19921031_accademia-scienze.html

    12
  12. Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 151-152, sur le Canon episcopi et le scepticisme théologique médiéval envers l'efficacité de la magie.

    13
  13. Sur l'authenticité discutée de la lettre d'approbation universitaire imprimée en tête du Malleus Maleficarum : Joseph Hansen soutient une falsification partielle par Kramer ; Christopher S. Mackay conteste cette thèse. Voir Mackay (éd. et trad.), The Hammer of Witches: A Complete Translation of the Malleus Maleficarum, Cambridge University Press, Cambridge, 2009, introduction, et Jan Machielsen, Journal of the Oxford University History Society, 2009, sur la position de Mackay. La source ne tranche pas ce débat.

    14
  14. Paraphrase d'après Wolfgang Behringer, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 147. Le relais de Lütz est conservé ; il ne s'agit pas d'une citation vérifiée directement dans l'ouvrage de Behringer.

    15
  15. Paraphrase d'après Henry Kamen, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 154. Voir aussi Henry Kamen, The Spanish Inquisition: A Historical Revision, Weidenfeld & Nicolson, London, 1997. Formulation exacte non vérifiée au primaire : présentée comme paraphrase via Lütz.

    16
  16. Estimation de Gustav Henningsen, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 157. La source complète précise que la page exacte de cette estimation n'a pas été retrouvée dans les travaux de Henningsen : le relais de Lütz est conservé explicitement.

    17
  17. Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 154, sur les peurs populaires, les juridictions civiles et les réserves des théologiens et tribunaux ecclésiastiques.

    18
  18. Duncan Aikman, « Lemaître Follows Two Paths to Truth », The New York Times Magazine, 19 février 1933, p. 18. Entretien avec Georges Lemaître. Traduction conservée de l'article complet. Original : « There were two ways of arriving at the truth. I decided to follow them both. »

    19
  19. Concile Vatican II, Gaudium et Spes, 7 décembre 1965, § 36. Texte français : https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html

    20
  20. Pie XII, Encyclique Humani Generis, 12 août 1950, § 36. Texte français : https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr/encyclicals/documents/hf_p-xii_enc_12081950_humani-generis.html

    21
  21. Pie XII, Humani Generis, § 37, sur les origines communes de l'humanité et la doctrine du péché originel. Texte français : https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr/encyclicals/documents/hf_p-xii_enc_12081950_humani-generis.html

    22
  22. Jean-Paul II, Message à l'Académie pontificale des sciences, 22 octobre 1996, §§ 4-6. Texte français : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/messages/pont_messages/1996/documents/hf_jp-ii_mes_19961022_pont-accad-scienze.html

    23
  23. Jean-Paul II, Fides et Ratio, 14 septembre 1998, prologue. Texte français : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091998_fides-et-ratio.html

    24
  24. Benoît XVI, « Foi, Raison et Université : souvenirs et réflexions », Discours à l'Université de Ratisbonne, 12 septembre 2006. Texte français : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2006/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20060912_university-regensburg.html

    25
  25. Jacques Monod, Le Hasard et la Nécessité. Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Éditions du Seuil, Paris, 1970, chapitre 1, p. 32-33. Passage paraphrasé, sans citation directe.

    26
  26. Karl Popper, Logik der Forschung, 1934, traduction française La Logique de la découverte scientifique, Payot, Paris, 1973. Le critère distingue ce qui relève de la science expérimentale ; il ne décide pas de la signification de toute affirmation.

    27
  27. Ludwig Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus, 1921, § 6.52, traduction Gilles Gaston Granger, Gallimard, Paris, 1993. Traduction conservée mot pour mot de l'article complet.

    28
  28. Paraphrase de la mise en garde de Jürgen Habermas contre la réduction de l'expérience humaine à une description naturelle, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 282. Formulation exacte non vérifiée au primaire : présentée comme paraphrase, pas comme citation.

    29
  29. Stephen Hawking, A Brief History of Time: From the Big Bang to Black Holes, Bantam Books, New York, 1988, chapitre 11, « Conclusion », p. 174. Traduction conservée de l'article complet. Original : « What is it that breathes fire into the equations and makes a universe for them to describe? »

    30
  30. Thomas d'Aquin, Summa contra Gentiles, livre III, chapitre 70, sur les causes premières et secondes. Également : Summa Theologiae, Ia, question 22, article 3. Édition numérique : www.corpusthomisticum.org.

    31
  31. Paraphrase de l'analyse de Max Weber sur le moine occidental et les habitudes chrétiennes de réflexion méthodique, rapportée par Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 177. Voir aussi Max Weber, L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, 1904-1905, traduction Jacques Chavy, Plon, Paris, 1964. Formulation exacte non vérifiée au primaire : présentée comme paraphrase via Lütz.

    32
  32. Manfred Lütz, Le christianisme en procès, Éditions Emmanuel, Paris, 2019, p. 176.

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