Le Collège des cardinaux

Le Collège des cardinaux réunit les plus proches collaborateurs du pape, chargés d'élire son successeur en conclave depuis le XIIIe siècle et de l'assister dans le gouvernement quotidien de l'Église catholique.

Ignispedia

Le Collège des cardinaux — appelé aussi, jusqu'en 1983, le Sacré Collège — est le corps des plus proches collaborateurs du pape à Rome et dans le monde entier. Sa fonction la plus connue est d'élire le successeur de Pierre, réuni en conclave, mais son rôle ne s'y réduit pas, comme le définit le Code de droit canonique lui-même :

« Les Cardinaux de la Sainte Église Romaine constituent un Collège particulier auquel il revient de pourvoir à l'élection du Pontife Romain selon le droit particulier ; les Cardinaux assistent également le Pontife Romain en agissant collégialement quand ils sont convoqués en corps pour traiter de questions de grande importance, ou individuellement, à savoir par les divers offices qu'ils remplissent en apportant leur concours au Pontife Romain surtout dans le soin quotidien de l'Église tout entière. » — Code de droit canonique, can. 349[1]

Contrairement à l'épiscopat, au presbytérat ou au diaconat, le cardinalat n'est pas un ordre sacré conféré par une ordination : c'est une dignité de pur droit ecclésiastique, instituée par l'Église et modifiable par elle. Ses origines remontent au clergé de la ville de Rome dans l'Antiquité tardive — diacres chargés des sept régions de la ville, prêtres responsables des plus anciennes églises romaines (les tituli), évêques des sièges voisins de Rome dits « suburbicaires ». Ce n'est qu'au XIᵉ siècle, avec la réforme grégorienne, que ce clergé local devient un collège électoral doté d'un monopole sur le choix du pape ; ce n'est qu'en 1150, sous Eugène III, qu'il se structure en « Sacré Collège » ; ce n'est qu'en 1586, sous Sixte V, que son effectif est fixé une première fois à soixante-dix membres.

Aujourd'hui, le Collège compte environ 250 cardinaux de par le monde, dont un maximum de 120 électeurs habilités à entrer en conclave — plafond porté ponctuellement au-delà par les derniers pontificats. Le présent article retrace l'histoire de cette institution, sa structure juridique en trois ordres, les modalités de création d'un cardinal, son rôle de gouvernement de l'Église entre deux pontificats, et la procédure du conclave qu'elle met en œuvre depuis le XIIIᵉ siècle. Il ne reprend pas l'histoire diplomatique du Vatican ni celle de l'État de la Cité du Vatican, propres à d'autres articles Ignispedia, ni le détail institutionnel du Saint-Siège, de la Curie romaine et de la Secrétairerie d'État, auxquels le Collège des cardinaux est étroitement lié mais dont il se distingue juridiquement.

Le Collège des cardinaux en quelques dates

  1. Vers 250
    Les sept diacres régionnaires de Rome

    Le pape Fabien divise Rome en sept régions et confie à un diacre le soin des pauvres et l'archivage des actes des martyrs dans chacune d'elles — origine lointaine des cardinaux-diacres.[2]

  2. Vers 500-700
    Les prêtres des titres romains

    Les prêtres responsables des principales églises de quartier de Rome, les tituli, deviennent les presbyteri cardinales — origine des cardinaux-prêtres.[3]

  3. 1059
    In Nomine Domini

    Le pape Nicolas II réserve l'élection pontificale aux cardinaux-évêques, avec l'accord des cardinaux-prêtres et diacres — première étape du monopole électoral cardinalice.[4]

  4. 1150
    La formation du Sacré Collège

    Sous le pontificat d'Eugène III, les cardinaux se structurent pour la première fois en un « Sacré Collège » (Sacrum Collegium).[5]

  5. 1179
    Latran III et la majorité des deux tiers

    Le concile de Latran III, par la constitution Licet de vitanda d'Alexandre III, étend le droit de vote aux trois ordres et exige une majorité des deux tiers.[6]

  6. 1274
    Ubi periculum et le conclave

    Le pape Grégoire X institue le conclave au deuxième concile de Lyon, après la vacance de près de trois ans qui avait précédé sa propre élection à Viterbe.[7]

  7. 3 décembre 1586
    Sixte V fixe le nombre à soixante-dix

    La bulle Postquam verus fixe le Collège à soixante-dix membres — six cardinaux-évêques, cinquante cardinaux-prêtres, quatorze cardinaux-diacres.[8]

  8. 1621-1622
    Le vote secret de Grégoire XV

    Les bulles Aeterni Patris Filius et Decet Romanum Pontificem imposent le scrutin secret et codifient les trois modes d'élection.[9]

  9. 20 janvier 1904
    Pie X abolit le droit de veto

    La constitution Commissum Nobis interdit sous peine d'excommunication l'exercice du jus exclusivae, le veto que certains monarques catholiques prétendaient exercer sur l'élection.[10]

  10. 15 décembre 1958
    Jean XXIII dépasse soixante-dix cardinaux

    Jean XXIII rompt pour la première fois depuis 1586 le plafond fixé par Sixte V, ouvrant la voie à l'expansion moderne du Collège.[11]

  11. 15 avril 1962
    Cum gravissima : la consécration épiscopale pour tous les cardinaux

    Jean XXIII impose la consécration épiscopale à tous les cardinaux, quel que soit leur ordre.[12]

  12. 21 novembre 1970
    Ingravescentem aetatem

    Paul VI retire aux cardinaux de quatre-vingts ans révolus le droit de voter en conclave.[13]

  13. 1975
    Le plafond de cent vingt électeurs

    Paul VI, par Romano Pontifici Eligendo, fixe à cent vingt le nombre maximum de cardinaux électeurs.[14]

  14. 22 février 1996
    Universi Dominici Gregis

    Jean-Paul II codifie l'ensemble de la procédure de conclave moderne, confirmant le plafond de cent vingt électeurs et le logement à la Domus Sanctae Marthae.[15]

  15. 7-8 décembre 2024
    Le dixième consistoire de François

    François crée vingt et un nouveaux cardinaux, portant le Collège à deux cent cinquante-trois membres dont cent quarante électeurs — un record.[16]

  16. 8 mai 2025
    L'élection de Léon XIV

    Réuni en conclave après la mort du pape François, le Collège élit le cardinal Robert Francis Prevost, qui prend le nom de Léon XIV.[17]

  17. 7-8 janvier 2026
    Premier consistoire de Léon XIV

    Léon XIV convoque son premier consistoire extraordinaire, réunissant l'ensemble du Collège pour un temps de réflexion fraternelle et synodale.[18]

Une institution de pur droit ecclésiastique

L'étymologie : cardo, la charnière

Du gond de la porte au lien stable avec une église de Rome. Infographie IGNISPEDIA.

Le mot cardinal vient du latin cardo, cardinis, qui désigne le gond ou la charnière sur laquelle une porte tourne. Appliqué au clergé, ce terme signifie un clerc incardiné de façon stable et essentielle à une église déterminée — par opposition au clergé itinérant ou surnuméraire[19]. Dès l'Antiquité tardive, l'adjectif cardinalis désigne ainsi les clercs de Rome attachés durablement, par incardination, à une église titulaire, une diaconie régionnaire ou un siège suburbicain précis — les « portes » sur lesquelles tournait, au sens propre, le gouvernement quotidien de l'évêque de Rome. Cette image de la charnière annonce déjà, avant toute évolution institutionnelle, la fonction que les cardinaux exerceront durant deux millénaires : rester le point d'appui stable autour duquel s'articule le gouvernement de l'Église romaine, y compris — et surtout — lorsque le siège de Pierre est vacant.

Le cardinalat, distinct des ordres sacrés

Le canon 351 du Code de droit canonique de 1983 précise que sont choisis comme cardinaux « des hommes qui ont été au moins ordonnés prêtres, éminents par leur doctrine, leurs mœurs, leur piété et leur prudence dans l'action »[20]. Depuis le motu proprio Cum gravissima de Jean XXIII, en 1962, tous les cardinaux — quel que soit l'ordre auquel ils appartiennent dans le Collège — doivent en outre avoir reçu la consécration épiscopale, sauf dispense expresse du pape[21]. Mais cette condition ne fait pas du cardinalat un quatrième degré du sacrement de l'ordre : à la différence de l'épiscopat, du presbytérat et du diaconat, qui remontent à l'institution apostolique et sont conférés par une ordination sacramentelle, le titre de cardinal est une charge ecclésiastique instituée par l'Église elle-même, qu'elle peut modifier, étendre ou réorganiser selon les besoins de son gouvernement — ce qu'elle n'a cessé de faire depuis mille ans.

Des origines dans le clergé de Rome antique

Les diacres régionnaires et le soin des pauvres

Saint Laurent distribuant les aumônes, chapelle Nicoline, vers 1448-1450 : une évocation du diaconat antique peinte au XVe siècle. Fra Angelico / The Yorck Project — domaine public.

Vers le milieu du IIIᵉ siècle, le pape Fabien (236-250) divise Rome en sept régions administratives et confie à un diacre la charge de chacune d'elles : secours aux pauvres, entretien des cimetières, conservation des actes des martyrs[22]. Le Liber Pontificalis, principale source biographique sur les premiers papes, rapporte que Fabien « divisa les régions entre les diacres »[23]. Ce système des sept diaconies régionnaires perdure des siècles : à ces sept diacres s'ajoutent plus tard des diacres « palatins » attachés au service liturgique direct du pape, portant leur nombre total à dix-huit au haut Moyen Âge[24]. Ces diacres, en raison de leur proximité constante avec l'évêque de Rome et de leur charge de représentation charitable, acquièrent au fil des siècles une influence disproportionnée à leur rang hiérarchique dans l'Église — influence qui explique pourquoi, aujourd'hui encore, l'annonce solennelle de l'élection d'un nouveau pape revient traditionnellement au doyen des cardinaux-diacres, le protodiacre.

Les prêtres des titres romains

Parallèlement, les prêtres responsables des principales églises de quartier de Rome — appelées tituli parce qu'elles portaient, gravé sur une plaque, le nom (titulus) de leur fondateur ou de leur propriétaire d'origine — forment le second noyau du futur Collège. Le Liber Pontificalis attribue au pape Marcel (308-309) l'organisation de vingt-cinq titres dans Rome, « comme autant de diocèses, pour le baptême et la pénitence »[25]. Seul le prêtre le plus ancien de chaque titre, l'archipresbyter, porte le qualificatif de cardinalis : il assure la célébration régulière, la garde des reliques, l'administration des sacrements dans son secteur de la ville, sous l'autorité directe de l'évêque de Rome. Ces prêtres cardinaux des titres constituent l'embryon du futur ordre presbytéral du Collège, celui qui aujourd'hui rassemble la grande majorité des cardinaux du monde entier — la quasi-totalité des archevêques de grands diocèses créés cardinaux reçoivent, encore aujourd'hui, le titre d'une de ces églises romaines antiques ou médiévales.

Les évêques suburbicaires

Les sept sièges suburbicaires : schéma de rattachement, sans échelle géographique. Les noms sont ceux employés aujourd’hui. Infographie IGNISPEDIA.

Le troisième groupe est le plus tardif à s'agréger : les évêques des sièges épiscopaux les plus proches de Rome — dits suburbicaires, parce que situés « sous » (sub) la ville — prennent l'habitude, dès le VIIIᵉ siècle, d'assister le pape dans la célébration liturgique et de participer à ses conseils[26]. Sept sièges suburbicaires sont ainsi rattachés historiquement au collège cardinalice : Ostie, Porto-Sainte-Rufine, Albano, Frascati (Tusculum), Palestrina (Préneste), Sabine-Poggio Mirteto et Velletri-Segni[27]. L'évêque d'Ostie, port antique de Rome sur le Tibre, occupe parmi eux un rang particulier : c'est traditionnellement lui qui, depuis le haut Moyen Âge, consacre le nouveau pape lorsque celui-ci n'est pas déjà évêque au moment de son élection — fonction que le canon 355 du Code de 1983 attribue aujourd'hui au doyen du Collège, systématiquement titulaire du siège d'Ostie depuis une réforme de 1914[28].

Ces trois groupes — diacres régionnaires, prêtres des titres, évêques suburbicaires — demeurent longtemps de simples collaborateurs liturgiques et administratifs de l'évêque de Rome, sans fonction électorale propre : jusqu'au XIᵉ siècle, l'élection du pape reste, en théorie, l'affaire du clergé et du peuple de Rome tout entiers, sous l'influence croissante, en pratique, de l'empereur ou des grandes familles aristocratiques romaines. C'est la crise de simonie et d'ingérence laïque du XIᵉ siècle qui va transformer ce clergé local en collège électoral au sens strict.

Du clergé romain au collège électoral du pape

1059 : In Nomine Domini réserve l'élection aux cardinaux

Au milieu du XIᵉ siècle, la papauté traverse une crise profonde : les grandes familles romaines et l'empereur germanique interfèrent régulièrement dans le choix du pape, favorisant la simonie — l'achat des charges ecclésiastiques — et l'ingérence laïque dans le gouvernement spirituel de l'Église. Sous l'influence du moine Hildebrand, futur pape Grégoire VII, le pape Nicolas II promulgue le 13 avril 1059 le décret In Nomine Domini, qui place pour la première fois l'élection pontificale entre les seules mains des cardinaux[29]. Le texte prescrit que les cardinaux-évêques, collaborateurs les plus directs du pontife, se concertent d'abord sur le nom à retenir, puis communiquent leur choix aux cardinaux-prêtres et cardinaux-diacres pour obtenir leur assentiment, avant de présenter ce nom au reste du clergé et au peuple romain[30]. Le décret, confirmé par le synode de Melfi tenu du 3 au 23 août 1059, valide rétroactivement l'élection de Nicolas II lui-même, contestée par une partie de l'aristocratie romaine, tout en fixant pour l'avenir une procédure destinée à écarter la simonie et la pression impériale[31].

1150 : la formation du Sacré Collège sous Eugène III

C'est sous le pontificat d'Eugène III (1145-1153), disciple de saint Bernard de Clairvaux, que les cardinaux se structurent pour la première fois, vers 1150, en un corps institutionnel désigné comme le Sacrum Collegium — le « Sacré Collège »[32]. Cette appellation, qui restera en usage jusqu'à la réforme du droit canonique de 1983, marque le passage d'un simple clergé de proximité à une véritable institution corporative dotée de prérogatives propres, de préséances internes et d'une conscience collective de son rôle dans le gouvernement de l'Église.

1179 : Latran III et la majorité des deux tiers

Saint-Jean-de-Latran en 2012. La façade actuelle est postérieure au concile de 1179. Martin Falbisoner — CC BY-SA 3.0.

Un siècle plus tôt, l'élection réservée aux seuls cardinaux-évêques par Nicolas II avait failli provoquer un nouveau schisme : à la mort d'Adrien IV en 1159, une partie du Collège élit Alexandre III tandis qu'une minorité, soutenue par l'empereur Frédéric Barberousse, élit un antipape[33]. La paix de Venise de 1177 met fin à ce schisme et reconnaît définitivement Alexandre III comme pape légitime. Deux ans plus tard, réuni au troisième concile du Latran (1179), Alexandre III promulgue la constitution Licet de vitanda, qui étend le droit de vote aux trois ordres du Collège — évêques, prêtres et diacres confondus — mais exige désormais, pour la validité de l'élection, une majorité des deux tiers des suffrages[34]. Cette règle des deux tiers, conçue pour donner au pape élu une légitimité incontestable même en l'absence de tous les cardinaux, demeure aujourd'hui encore la règle de majorité qualifiée exigée dans tout conclave[35].

1274 : Ubi periculum et l'institution du conclave

La mort de Clément IV en 1268 ouvre une vacance du Siège apostolique qui va durer près de trois ans : réunis à Viterbe, les cardinaux, divisés entre factions françaises et italiennes, ne parviennent pas à s'accorder sur un nom. Exaspérés par cette paralysie, les autorités municipales de Viterbe font démonter le toit du palais où siègent les cardinaux et réduisent leur ravitaillement, dans l'espoir de précipiter une décision[36]. L'élection de Grégoire X, en septembre 1271, met fin à cette crise inédite ; devenu pape, celui-ci tire aussitôt les leçons de cet épisode. Réuni au deuxième concile de Lyon, il promulgue le 7 juillet 1274 la constitution Ubi periculum, qui institue pour l'avenir le conclave — du latin cum clave, « sous clef » — comme procédure obligatoire d'élection pontificale[37].

Le texte impose l'enfermement strict des cardinaux dans un même lieu clos, sans communication avec l'extérieur, et prévoit des sanctions progressives destinées à accélérer leur décision : au-delà de trois jours sans élection, les repas des cardinaux sont réduits à un seul plat ; après huit jours, ils ne reçoivent plus que du pain, de l'eau et un peu de vin, et leurs revenus ecclésiastiques sont suspendus jusqu'à l'élection d'un nouveau pape[38]. Cette discipline, d'une sévérité toute médiévale, connaîtra des assouplissements successifs au fil des siècles, mais le principe même de l'enfermement collectif, littéralement « sous clef », demeure la matrice de la procédure encore appliquée aujourd'hui dans la chapelle Sixtine.

Les trois ordres du Collège aujourd'hui

Le canon 350 du Code de droit canonique de 1983 confirme la répartition héritée de l'Antiquité romaine : « Le Collège des cardinaux se divise en trois ordres : l'ordre épiscopal, auquel appartiennent les cardinaux à qui le Pontife Romain attribue le titre d'une Église suburbicaire, ainsi que les patriarches orientaux admis dans le Collège des cardinaux ; l'ordre presbytéral ; et l'ordre diaconal »[39]. Cette hiérarchie interne, purement protocolaire depuis la réforme de 1962 qui a fait de tous les cardinaux des évêques, continue néanmoins de structurer les préséances, les titres romains attribués et certaines fonctions cérémonielles précises.

OrdreOrigine historiqueAttribution actuelleFonction distinctive
Cardinaux-évêquesÉvêques suburbicaires de Rome (dès le VIIIᵉ siècle)Un des sept sièges suburbicains, ou statut de patriarche oriental depuis 1965Le doyen ordonne le pape élu s'il n'est pas déjà évêque
Cardinaux-prêtresPrêtres des titres romains (dès le IVᵉ siècle)Titre d'une église romaine, ancienne ou moderneOrdre le plus nombreux ; rassemble la plupart des archevêques du monde
Cardinaux-diacresDiacres des sept régions de Rome (dès le IIIᵉ siècle)Diaconie romaine, souvent liée à une fonction curialeLe protodiacre annonce l'élection du nouveau pape
Les trois ordres du Collège, leurs titres et leurs fonctions distinctives. Infographie IGNISPEDIA.

Depuis le motu proprio Ad Purpuratorum Patrum Collegium de Paul VI, promulgué le 11 février 1965, les patriarches des Églises catholiques orientales élevés au cardinalat sont intégrés à l'ordre épiscopal, tout en conservant leur siège patriarcal propre plutôt qu'un diocèse suburbicain romain[40]. Cette réforme reconnaît la spécificité des grandes Églises orientales unies à Rome — melkite, maronite, syriaque, chaldéenne, arménienne — sans les assimiler purement et simplement au modèle latin des sièges suburbicaires.

Chaque cardinal-prêtre ou cardinal-diacre reçoit, au moment de sa création, un titre ou une diaconie romaine — c'est-à-dire qu'il devient officiellement, de façon purement symbolique, le titulaire d'une église précise de la ville de Rome[41]. Ce lien, hérité directement de l'incardination antique des prêtres de Rome à leur titulus, rappelle que le cardinalat reste, dans son essence juridique, un rattachement au clergé de l'évêque de Rome : un cardinal africain, asiatique ou américain demeure, au sens canonique le plus strict, un clerc « incardiné » dans l'Église de Rome pour la durée de sa charge. Quelques semaines ou quelques mois après sa création, le nouveau cardinal se rend dans « son » église romaine pour une cérémonie de prise de possession : le curé de la paroisse y lit la bulle pontificale de nomination, et le cardinal y préside une messe solennelle[42].

Sixte V et la fixation à soixante-dix membres

Sixte V, gravure de 1585. Metropolitan Museum of Art, inv. 2003.529. Pietro Facchetti / The Met — CC0.

Jusqu'à la fin du XVIᵉ siècle, l'effectif du Collège des cardinaux fluctue librement au gré des créations pontificales, atteignant parfois des dizaines de membres et suscitant des critiques récurrentes sur l'inflation des titres cardinalices. Le pape Sixte V (1585-1590), réformateur énergique de la Curie romaine, tranche cette question par la bulle Postquam verus, promulguée le 3 décembre 1586 : il fixe désormais le nombre de cardinaux à soixante-dix exactement — six cardinaux-évêques, cinquante cardinaux-prêtres et quatorze cardinaux-diacres — et déclare nulles et non avenues toute nomination excédant ce plafond[43].

Sixte V justifie explicitement ce chiffre par une référence scripturaire : le nombre soixante-dix reprend celui des anciens d'Israël choisis par Moïse pour partager avec lui le gouvernement du peuple hébreu, sur l'ordre de Dieu lui-même[44].

« Rassemble-moi soixante-dix hommes des anciens d'Israël [...]. Je prendrai de l'esprit qui est sur toi et je le mettrai sur eux ; ils porteront avec toi la charge de ce peuple, et tu ne la porteras plus toi seul. » — Livre des Nombres, 11, 16-17

Cette référence biblique, loin d'être une simple coquetterie littéraire, inscrit le Collège des cardinaux dans une longue tradition théologique du gouvernement partagé : de même que Moïse, chef unique du peuple élu, reçoit l'aide de soixante-dix collaborateurs choisis pour porter avec lui le poids de sa charge, le pape, chef unique du peuple de Dieu, s'entoure d'un collège de conseillers appelés à partager son fardeau pastoral sans jamais se substituer à son autorité propre. Le chiffre de soixante-dix, symboliquement chargé, demeurera la norme canonique du Collège pendant près de quatre siècles, jusqu'à ce que Jean XXIII rompe délibérément ce plafond en 1958.

De soixante-dix à cent quarante : l'expansion moderne

Jean XXIII et la rupture de 1958

Effectif du Collège et plafond des seuls électeurs : deux mesures distinctes. Le dernier repère est daté de décembre 2024. Infographie IGNISPEDIA.

Le plafond fixé par Sixte V, repris tel quel par le premier Code de droit canonique de 1917, tient jusqu'au milieu du XXᵉ siècle. Au consistoire du 15 décembre 1958, le pape Jean XXIII, fraîchement élu, rompt délibérément la règle des soixante-dix membres établie depuis 1586, estimant que la croissance de l'Église catholique dans le monde exige un collège plus large et plus représentatif[45]. Quelques années plus tard, le 15 avril 1962, le même pape promulgue le motu proprio Cum gravissima, dont l'incipit latin — « Cum gravissima sint munera Sacro Cardinalium Collegio concredita », c'est-à-dire « puisque les charges confiées au Sacré Collège des cardinaux sont d'une extrême gravité » — impose que tous les cardinaux, sans exception d'ordre, reçoivent désormais la consécration épiscopale[46]. Avant cette réforme, seuls les cardinaux-évêques et, depuis 1917, les cardinaux ayant reçu au moins l'ordination presbytérale étaient exigés ; les douze cardinaux non encore évêques au moment de la promulgation sont consacrés en hâte, le 19 avril 1962, pour se conformer à la nouvelle norme[47].

Paul VI : l'âge limite et le plafond de cent vingt électeurs

Paul VI photographié le 23 décembre 1967. National Archives, NAID 192507. Yoichi Okamoto — domaine public, gouvernement des États-Unis.

Le successeur de Jean XXIII, Paul VI, poursuit et amplifie cette réforme structurelle du Collège. Par le motu proprio Ingravescentem Aetatem, daté du 21 novembre 1970, il fixe à quatre-vingts ans révolus l'âge auquel un cardinal cesse d'appartenir aux dicastères de la Curie romaine et, surtout, perd le droit d'entrer en conclave pour élire le pape[48]. Cette réforme, motivée par le souci de confier une responsabilité aussi lourde à des hommes en pleine capacité d'exercice, marque une rupture nette avec la tradition antérieure, où l'ancienneté cardinalice ne connaissait aucune limite d'âge fonctionnelle. Cinq ans plus tard, par la constitution apostolique Romano Pontifici Eligendo de 1975, Paul VI fixe en outre à cent vingt le nombre maximum de cardinaux électeurs habilités à participer à un conclave — plafond qui ne concerne, on le note bien, que les électeurs de moins de quatre-vingts ans, non l'ensemble du Collège, dont l'effectif total peut dépasser très largement ce chiffre[49].

Jean-Paul II et Universi Dominici Gregis

Le 22 février 1996, le pape Jean-Paul II promulgue la constitution apostolique Universi Dominici Gregis, qui reprend, codifie et actualise l'ensemble de la législation antérieure sur la vacance du Siège apostolique et l'élection du pape, abrogeant Romano Pontifici Eligendo tout en en confirmant les principes essentiels[50]. Le texte confirme explicitement que « le nombre maximum de Cardinaux électeurs ne doit pas dépasser cent vingt »[51], réaffirme la règle des deux tiers pour la validité de l'élection[52], et innove en prévoyant le logement de l'ensemble des cardinaux électeurs à la Domus Sanctae Marthae, résidence construite à cet effet dans la Cité du Vatican, où ils demeurent isolés du monde extérieur durant toute la durée du conclave[53].

François et l'expansion géographique du Collège

Les pontificats les plus récents ont vu le nombre total de cardinaux, électeurs et non-électeurs confondus, croître très au-delà du seul plafond de cent vingt électeurs, ce plafond n'ayant jamais concerné que ceux habilités à voter. Au consistoire du 7-8 décembre 2024, dixième et dernier consistoire de création du pape François, celui-ci élève vingt et un nouveaux cardinaux, portant le Collège à deux cent cinquante-trois membres, dont cent quarante électeurs — un record historique, jamais atteint depuis la réforme de Paul VI[54]. Ce consistoire illustre la diversification géographique voulue par François : la Serbie reçoit alors son premier cardinal dans l'histoire, en la personne de l'archevêque de Belgrade Mgr Ladislav Nemet[55], et l'archevêque de Téhéran-Ispahan Mgr Dominique Mathieu devient le premier cardinal à résider en Iran à l'époque moderne[56]. L'archevêque d'Alger, Mgr Jean-Paul Vesco, seul Français de la promotion, siège dans la lignée du cardinal Duval, archevêque d'Alger créé cardinal en 1965[57]. Le plus jeune cardinal de cette création, Mykola Bychok, archevêque ukrainien de Melbourne, avait alors quarante-quatre ans ; le plus âgé, l'Italien Angelo Acerbi, quatre-vingt-dix-neuf ans[58]. Cette politique de créations nombreuses et géographiquement diversifiées, engagée dès le début du pontificat de François en 2013, a délibérément réduit le poids relatif du continent européen dans le Collège : le 22 février 2014, l'Europe perd pour la première fois de son histoire la majorité absolue des cardinaux électeurs[59].

RéformePapeDateEffet sur le nombre de cardinaux
Postquam verusSixte V3 décembre 1586Plafond fixe de 70 cardinaux (6 évêques, 50 prêtres, 14 diacres)
Consistoire du 15 décembre 1958Jean XXIII15 décembre 1958Premier dépassement du plafond de 70 depuis 1586
Ingravescentem AetatemPaul VI21 novembre 1970Perte du droit de vote en conclave à 80 ans révolus
Romano Pontifici EligendoPaul VI1975Plafond de 120 cardinaux électeurs (hors non-électeurs)
Universi Dominici GregisJean-Paul II22 février 1996Confirmation du plafond de 120 électeurs, codification du conclave moderne
Dixième consistoireFrançois7-8 décembre 2024253 cardinaux au total, 140 électeurs — record historique

Devenir cardinal : création, consistoire et symboles

Les conditions requises

Robert Francis Prevost au consistoire du 30 septembre 2023. Ricardo Perna (AIIC) — domaine public.

Le canon 351 du Code de droit canonique dispose que « le Pontife romain choisit librement des hommes qui ont été au moins ordonnés prêtres, éminents par leur doctrine, leurs mœurs, leur piété et leur prudence dans l'action » ; s'ils ne sont pas déjà évêques, ils doivent recevoir la consécration épiscopale[60]. Le pape n'est tenu par aucune règle de nationalité, de fonction ou de curriculum : si la grande majorité des cardinaux sont archevêques de grands diocèses ou responsables de dicastères romains, l'histoire connaît aussi des théologiens, des religieux ou de simples prêtres âgés élevés au cardinalat pour leurs mérites personnels, sans charge de gouvernement particulière. Le canon 351 §3 prévoit en outre la possibilité, exceptionnelle, de créer un cardinal in pectore — littéralement « dans la poitrine », c'est-à-dire dont le nom est réservé secrètement par le pape et non publié[61]. Un cardinal ainsi créé n'exerce aucun droit ni obligation tant que son nom demeure secret ; si le pape ne le révèle pas avant sa propre mort, la création devient caduque[62]. Le procédé, attesté depuis le XVIᵉ siècle, sert le plus souvent à protéger un évêque exerçant son ministère dans un pays hostile au christianisme : Jean-Paul II y recourut par exemple au consistoire de février 1998 pour deux archevêques d'Europe de l'Est, dont les noms ne furent révélés qu'en 2001[63].

Le consistoire de création

Un cardinal est « créé », selon le vocabulaire canonique traditionnel, par un décret du pape rendu public lors d'un consistoire ordinaire public — l'une des rares occasions où siègent ensemble, aux côtés des cardinaux, des prélats invités et des représentants des sociétés civiles[64]. Le canon 353 distingue précisément les types de consistoires :

« Les Cardinaux apportent leur aide au Pasteur Suprême de l'Église par une action collégiale surtout dans les Consistoires où ils sont réunis sur l'ordre et sous la présidence du Pontife Romain ; les Consistoires sont ordinaires ou extraordinaires. Au Consistoire ordinaire sont convoqués tous les Cardinaux, du moins ceux qui se trouvent à Rome [...]. Au Consistoire extraordinaire [...] tous les Cardinaux sont convoqués. Seul le Consistoire ordinaire où sont célébrées certaines solennités peut être public. » — Code de droit canonique, can. 353[65]

Lors du consistoire de création, le nouveau cardinal reçoit du pape la barrette rouge et l'anneau — symboles de sa dignité et de son union au siège de Pierre. Jusqu'en 1969, la cérémonie comportait également l'imposition du galero, large chapeau rouge à glands, dernière fois remis solennellement par Paul VI au consistoire du 26 juin 1967[66]. L'instruction Ut sive sollicite, approuvée par Paul VI et publiée le 31 mars 1969, supprime cette cérémonie du chapeau rouge, désormais réduite à une pièce héraldique purement symbolique figurant sur les armoiries des cardinaux[67].

L'obligation de résidence et de coopération

Le canon 356 impose aux cardinaux un devoir de disponibilité constante envers le pape :

« Les Cardinaux sont tenus par l'obligation de coopérer étroitement avec le Pontife Romain ; aussi, les Cardinaux qui exercent tout office que ce soit dans la Curie et qui ne sont pas Évêques diocésains sont-ils tenus par l'obligation de résider à Rome ; les Cardinaux qui ont la charge d'un diocèse comme Évêques diocésains se rendront à Rome chaque fois qu'ils seront convoqués par le Pontife Romain. » — Code de droit canonique, can. 356[68]

Cette double obligation — résidence stricte pour les cardinaux de Curie, disponibilité permanente pour les cardinaux-archevêques en poste dans leurs diocèses — traduit juridiquement le lien d'incardination symbolique évoqué plus haut : quel que soit son lieu d'exercice réel, un cardinal demeure, par vocation, un collaborateur du pape convocable à tout moment.

Le camerlingue et les charges du Collège

Parmi les cardinaux, certaines charges sont propres au fonctionnement collégial de l'institution. Le camerlingue de la Sainte Église romaine préside la Chambre apostolique, chargée de l'administration des biens temporels du Saint-Siège durant la vacance du Siège apostolique ; le camerlingue actuel, le cardinal irlando-américain Kevin Farrell, a été nommé à cette charge par François le 14 février 2019[69]. C'est lui qui, en avril 2025, a constaté officiellement la mort du pape François, scellé son appartement privé et brisé l'anneau du Pêcheur, symbole traditionnel de la vacance du siège pontifical[70]. Le camerlingue ne dispose toutefois d'aucun pouvoir de gouvernement spirituel : son rôle se limite à la gestion administrative et à la préparation matérielle du conclave, sous l'autorité collégiale de l'ensemble des cardinaux réunis en congrégations.

Le gouvernement de l'Église entre deux papes

Des pouvoirs strictement limités durant la vacance

Entre deux papes : affaires courantes, préparation de l’élection et limites des compétences du Collège. Infographie IGNISPEDIA.

Durant la période de vacance du Siège apostolique — entre la mort ou la renonciation d'un pape et l'élection de son successeur —, le gouvernement de l'Église est confié au Collège des cardinaux réuni en congrégations générales, mais dans des limites très strictement définies par le droit canonique et par Universi Dominici Gregis. Le canon 335 et la constitution de 1996 précisent que le Collège ne peut expédier que les affaires courantes ou urgentes, sans jamais empiéter sur les prérogatives réservées au seul pontife romain lui-même, ni modifier les normes de l'élection à venir[71]. Sont notamment exclues de sa compétence, durant cette période, toute décision doctrinale nouvelle, toute nomination épiscopale définitive, toute canonisation, et plus généralement tout acte qui engagerait l'Église pour l'avenir au-delà de la simple administration ordinaire.

Cette limitation délibérée manifeste une conviction théologique profonde : le Collège des cardinaux, aussi étendu que soit son rôle consultatif et électoral, n'est jamais un substitut du pape. Il n'existe, structurellement, que pour préparer et accomplir l'élection d'un nouveau successeur de Pierre, non pour exercer à sa place le charisme propre de la primauté pontificale. C'est dans ce cadre restreint que se déroulent les congrégations générales — réunions quotidiennes de l'ensemble des cardinaux, électeurs et non-électeurs confondus, où sont réglées les affaires courantes de l'Église et arrêtées les modalités pratiques du conclave à venir — et les congrégations particulières, formées du camerlingue et de trois cardinaux assistants tirés au sort, renouvelés tous les trois jours, chargés des décisions les plus urgentes entre deux réunions générales.

Le conclave : élire le successeur de Pierre

L'héritage médiéval de l'enfermement

La chapelle Sixtine photographiée en 2010, hors conclave. Dennis G. Jarvis — CC BY-SA 2.0.

La procédure du conclave moderne, pour solennelle et codifiée qu'elle soit devenue, reste l'héritière directe de la discipline d'urgence instituée par Grégoire X en 1274 : l'enfermement collectif des cardinaux électeurs, coupés de toute communication avec l'extérieur, jusqu'à ce qu'une majorité qualifiée se dégage sur un nom. Si les sanctions alimentaires prévues par Ubi periculum ont depuis longtemps disparu, le principe même du huis clos — aujourd'hui dans la chapelle Sixtine, sous les fresques de Michel-Ange — demeure la garantie de la liberté de vote des cardinaux, à l'abri de toute pression extérieure, politique ou médiatique.

Le vote secret institué par Grégoire XV

Au début du XVIIᵉ siècle, les conclaves demeurent le théâtre de manœuvres de couloir, de votes publics influençables et d'ingérences des grandes puissances catholiques. Le pape Grégoire XV y met bon ordre par deux textes successifs : la bulle Aeterni Patris Filius, du 15 novembre 1621, qui n'autorise plus que trois modes d'élection — le scrutin secret, le compromis et la « quasi-inspiration » — et impose que chaque cardinal électeur vote par bulletin secret pour un seul nom, sans pouvoir voter pour lui-même[72] ; puis la bulle Decet Romanum Pontificem, du 12 mars 1622, qui détaille méticuleusement le cérémonial de ces trois modes de scrutin[73]. Ces deux textes formeront, pendant près de trois siècles, l'ossature juridique de toute élection pontificale.

Le veto des monarques et son abolition en 1904

Pie X en 1904, année de l’interdiction du veto des puissances civiles. Underwood & Underwood — domaine public.

Du XVIᵉ au début du XXᵉ siècle, plusieurs monarchies catholiques — la France, l'Espagne et l'Empire d'Autriche — revendiquent un droit de véto informel, le jus exclusivae, leur permettant d'écarter par avance un candidat jugé indésirable. Le cas le plus retentissant survient lors du conclave de 1903 : le cardinal autrichien Jan Puzyna de Kosielsko, au nom de l'empereur François-Joseph, oppose son veto au cardinal secrétaire d'État Mariano Rampolla del Tindaro, alors favori du conclave, ouvrant la voie à l'élection du cardinal Giuseppe Sarto, qui prend le nom de Pie X[74]. À peine six mois après son élection, Pie X met fin, par la constitution apostolique Commissum Nobis du 20 janvier 1904, à cette pratique jamais reconnue par l'Église : le texte interdit non seulement l'exercice du veto, mais jusqu'à sa simple expression comme « souhait », sous peine d'excommunication automatique pour quiconque, cardinal ou laïc, s'y risquerait[75].

La procédure actuelle

Le déroulement du conclave : secret, scrutin, majorité requise, acceptation et annonce. Infographie IGNISPEDIA.

Aujourd'hui, seuls les cardinaux électeurs de moins de quatre-vingts ans, dans la limite de cent vingt — plafond ponctuellement dépassé lors des dernières créations —, participent au conclave. Chaque cardinal électeur prête un serment solennel avant l'entrée en conclave :

« [...] garder avec la plus grande fidélité [...] le secret sur tout ce qui concerne d'une manière quelconque l'élection [...]. » — Jean-Paul II, Universi Dominici Gregis, 22 février 1996, formule du serment des cardinaux électeurs[76]

Ce secret demeure obligatoire même après l'élection, sauf autorisation explicite du nouveau pontife. Le vote se déroule au moyen de bulletins imprimés portant la formule latine Eligo in Summum Pontificem (« J'élis comme Souverain Pontife »), et l'élection n'est valide qu'à la majorité qualifiée des deux tiers des suffrages exprimés[77], héritière directe de la règle fixée par Latran III en 1179. À l'issue de chaque tour de scrutin infructueux, les bulletins sont brûlés avec un additif chimique produisant une fumée noire ; lorsqu'un nom recueille la majorité requise, la fumée devient blanche, annonçant au monde entier — depuis 2005, accompagnée d'une sonnerie de cloches — qu'un nouveau pape vient d'être élu.

Le doyen, le protodiacre et les charges permanentes

Le doyen : présider sans gouverner

Giovanni Battista Re à Oropa, le 29 août 2021. Version recadrée publiée sur Commons. Lorenzo Iorfino — CC BY-SA 4.0.

Le doyen du Collège des cardinaux, élu par les seuls cardinaux titulaires des sièges suburbicains et confirmé par le pape, préside les réunions du Collège sans disposer d'aucun pouvoir de gouvernement propre sur ses membres[78]. Depuis une réforme de 1914, sous le pontificat de Pie X, le doyen reçoit systématiquement le siège suburbicain d'Ostie, qu'il cumule avec le diocèse qu'il détenait déjà au moment de son élection comme doyen[79]. Le canon 355 lui attribue une fonction cérémonielle décisive : c'est à lui, ou à défaut au vice-doyen, qu'il revient d'ordonner évêque le pape nouvellement élu, si celui-ci ne l'était pas déjà au moment de son élection[80]. Le cardinal italien Giovanni Battista Re, âgé de plus de quatre-vingts ans, occupe cette charge depuis 2020 ; en raison de son âge, il n'a pu, comme son vice-doyen le cardinal Leonardo Sandri, participer lui-même au conclave d'avril-mai 2025 qui a élu Léon XIV[81].

Le protodiacre et l'annonce de l'élection

Le cardinal protodiacre, doyen de l'ordre diaconal, exerce une fonction symétrique mais publique : le canon 355 §2 lui confie l'annonce solennelle, depuis la loggia des bénédictions de la basilique Saint-Pierre, du nom du nouveau pape élu[82]. C'est lui qui prononce la formule latine traditionnelle qui clôt chaque conclave depuis le Moyen Âge :

« Annuntio vobis gaudium magnum : habemus Papam ! » — « Je vous annonce une grande joie : nous avons un pape ! » — Formule rituelle du protodiacre, Ordo Rituum Conclavis, art. 74[83]

Cette annonce est suivie du nom de baptême du cardinal élu, de son nom de famille et du nom pontifical qu'il a choisi. Attestée dès l'élection de Martin V en 1417 et employée sans interruption depuis celle d'Innocent VIII en 1484, elle s'inspire en partie de l'annonce faite par l'ange aux bergers dans l'évangile de Luc — rapprochement volontaire entre la « grande joie » de la Nativité et celle de l'élection d'un nouveau successeur de Pierre[84]. C'est en revanche le maître des célébrations liturgiques pontificales qui, une fois le serment prêté par le dernier des cardinaux électeurs, prononce dans la chapelle Sixtine le fameux commandement Extra omnes — « Dehors, tous » — par lequel toute personne étrangère au collège électoral est invitée à sortir avant la fermeture des portes[85].

Le Collège des cardinaux aujourd'hui

Au sortir du dixième et dernier consistoire de création de François, le 8 décembre 2024, le Collège des cardinaux comptait 253 membres au total, dont 140 électeurs de moins de quatre-vingts ans et 113 non-électeurs[86]. Cette proportion évolue mécaniquement au fil des mois : chaque cardinal électeur qui franchit le seuil des quatre-vingts ans bascule automatiquement dans la catégorie des non-électeurs, sans qu'aucune nouvelle création vienne compenser cette attrition tant que le pape régnant ne convoque pas de nouveau consistoire ordinaire public. Élu le 8 mai 2025 à la suite de la mort du pape François, le pape Léon XIV n'avait, à la mi-2026, convoqué que des consistoires extraordinaires — le 7-8 janvier 2026, puis les 26-27 juin 2026 — consacrés à la réflexion collégiale et à l'écoute synodale des cardinaux, sans création de nouveaux membres du Collège[87].

IndicateurValeur (7-8 décembre 2024)Source
Total des cardinaux253Consistoire du 7-8 décembre 2024
Cardinaux électeurs (moins de 80 ans)140Consistoire du 7-8 décembre 2024
Cardinaux non-électeurs (80 ans et plus)113Consistoire du 7-8 décembre 2024
Nationalités représentées parmi les nouveaux cardinaux18, dont 5 pays inéditsAlgérie, Australie, Équateur, Iran, Serbie
Plafond légal des électeurs120Romano Pontifici Eligendo (1975), confirmé par Universi Dominici Gregis (1996)
La diversification géographique du Collège et son ancrage romain. Schéma qualitatif, sans effectifs continentaux. Infographie IGNISPEDIA.

Cette évolution démographique traduit une politique délibérée, engagée par Jean-Paul II et amplifiée par François, de diversification géographique du Collège : alors que l'Europe conservait encore, au tournant des années 2010, la majorité absolue des cardinaux électeurs, elle l'a perdue de façon irréversible le 22 février 2014[88]. Le Collège des cardinaux du XXIᵉ siècle reflète ainsi, bien mieux que celui des siècles précédents, la répartition mondiale réelle des fidèles catholiques — Afrique, Asie et Amérique latine y occupant une place croissante, conformément à la vocation universelle que l'Église catholique revendique depuis les Actes des Apôtres.

Le Collège des cardinaux dans la théologie catholique

Au-delà de sa seule fonction électorale, le Collège des cardinaux exprime, dans sa structure même, une conviction théologique constante de l'Église catholique : le gouvernement suprême de l'Église, bien que confié en dernier ressort à un seul homme — le successeur de Pierre —, s'exerce normalement en communion avec un corps de conseillers étroitement associés à sa charge. Cette intuition, déjà présente dans le choix des soixante-dix anciens par Moïse repris par Sixte V, trouve un écho ancien dans la figure de saint Pierre Damien (1007-1072), moine camaldule devenu cardinal-évêque d'Ostie sous le pape Étienne IX en 1057 et l'une des grandes figures de la réforme grégorienne qui allait précisément conduire, deux ans plus tard, au décret In Nomine Domini de 1059[89]. Canonisé par la vénération populaire et déclaré docteur de l'Église en 1828, Pierre Damien incarne, dans l'histoire même du Collège naissant, l'articulation entre sainteté personnelle, rigueur canonique et service désintéressé du siège de Pierre — modèle constamment rappelé aux cardinaux successifs, dont le canon 351 exige, aujourd'hui encore, qu'ils soient « éminents par leur doctrine, leurs mœurs, leur piété et leur prudence dans l'action »[90].

Le lien concret que chaque cardinal conserve avec une église précise de Rome — titre, diaconie ou siège suburbicain — n'est donc pas un simple archaïsme protocolaire : il rappelle en permanence que le gouvernement universel de l'Église catholique demeure enraciné, depuis les origines, dans l'Église particulière de Rome, où l'apôtre Pierre a donné sa vie et où ses successeurs continuent, vingt siècles plus tard, de « confirmer leurs frères dans la foi » (cf. Lc 22, 32) entourés d'un collège de collaborateurs choisis pour porter avec eux, selon le mot même de l'Écriture appliqué par Sixte V, « la charge du peuple ».

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Code de droit canonique (1983), can. 349, texte français officiel disponible sur vatican.va et droitcanonique.fr. Texte cité : « Les Cardinaux de la Sainte Église Romaine constituent un Collège particulier auquel il revient de pourvoir à l'élection du Pontife Romain selon le droit particulier ; les Cardinaux assistent également le Pontife Romain en agissant collégialement quand ils sont convoqués en corps pour traiter de questions de grande importance, ou individuellement, à savoir par les divers offices qu'ils remplissent en apportant leur concours au Pontife Romain surtout dans le soin quotidien de l'Église tout entière. »

    1
  2. Catholic Encyclopedia (1908), article Cardinal, newadvent.org/cathen/03333b.htm. Origine des diacres régionnaires sous le pape Fabien (236-250), des vingt-cinq titres presbytéraux sous le pape Marcel (308-309) selon le Liber Pontificalis, et de l'agrégation progressive des évêques suburbicains dès le VIIIᵉ siècle.

    2 3 19 22 23 24 25 26
  3. Wikipédia, In nomine Domini, en.wikipedia.org/wiki/In_nomine_Domini ; voir aussi Choix du pape avant 1059 et Nicolas II (pape), fr.wikipedia.org. Décret promulgué le 13 avril 1059 sous l'influence du moine Hildebrand, futur Grégoire VII, confirmé par le synode de Melfi (3-23 août 1059).

    4 29 30 31
  4. Wikipédia, Collège des cardinaux, fr.wikipedia.org/wiki/Collège_des_cardinaux. Formation du Sacré Collège vers 1150 sous Eugène III ; perte de la majorité européenne parmi les cardinaux électeurs le 22 février 2014.

    5 32 59 88
  5. Foi Catholique, Le Concile de Latran III (1179) : réforme de l'élection papale, foicatholique.com/2024/09/concile-du-latran-iii.html ; voir aussi Alexandre III (pape), fr.wikipedia.org. Constitution Licet de vitanda d'Alexandre III, extension du vote aux trois ordres et règle de majorité des deux tiers.

    6 33 34 35
  6. Wikipedia (en), Ubi periculum, en.wikipedia.org/wiki/Ubi_periculum. Constitution promulguée le 7 juillet 1274 par Grégoire X au deuxième concile de Lyon, après la vacance de près de trois ans (1268-1271) qui avait précédé sa propre élection à Viterbe.

    7 36 37
  7. Catholic Encyclopedia (1912), article Pope Sixtus V, newadvent.org/cathen/14033a.htm ; voir aussi The Cardinals of the Holy Roman Church, Postquam Verus, cardinals.fiu.edu/postquam.htm. Bulle Postquam verus du 3 décembre 1586 fixant le Collège à soixante-dix membres (six cardinaux-évêques, cinquante cardinaux-prêtres, quatorze cardinaux-diacres).

    8 43
  8. Wikipedia (en), Aeterni Patris Filius, en.wikipedia.org/wiki/Aeterni_Patris_Filius ; voir aussi 1621 Papal conclave. Bulle du 15 novembre 1621 limitant l'élection à trois modes (scrutin, compromis, quasi-inspiration) et imposant le vote secret ; bulle Decet Romanum Pontificem du 12 mars 1622 réglant le cérémonial correspondant.

    9 72 73
  9. Wikipedia (en), Jus exclusivae, en.wikipedia.org/wiki/Jus_exclusivae ; voir aussi 1903 papal conclave et Catholic Encyclopedia, Right of Exclusion, newadvent.org/cathen/05677b.htm. Veto du cardinal autrichien Jan Puzyna de Kosielsko contre le cardinal Mariano Rampolla del Tindaro au conclave de 1903, au nom de l'empereur François-Joseph ; abolition du droit d'exclusion sous peine d'excommunication automatique par la constitution Commissum Nobis de Pie X, 20 janvier 1904.

    10 74 75
  10. Jean XXIII, motu proprio Cum gravissima, signé le 15 avril 1962 (Datum Romae, apud S. Petrum, die XV mensis Aprilis, anno MDCCCCLXII), texte latin sur vatican.va, imposant la consécration épiscopale à tous les cardinaux ; voir aussi Wikipédia, Cum gravissima, fr.wikipedia.org/wiki/Cum_gravissima et ACI Stampa, Concistori, Giovanni XXIII impone ai cardinali di essere consacrati vescovi, acistampa.com/story/20465. Les douze cardinaux non encore évêques sont nommés à des sièges titulaires le 5 avril 1962, puis consacrés évêques par Jean XXIII le 19 avril 1962 : Catholic-Hierarchy, Year 1962, April, Bishop Events, catholic-hierarchy.org/events/b1962d.html ; dépassement du plafond de soixante-dix cardinaux par Jean XXIII au consistoire du 15 décembre 1958. Incipit latin cité : « Cum gravissima sint munera Sacro Cardinalium Collegio concredita ».

    11 12 21 45 46 47
  11. Paul VI, motu proprio Ingravescentem Aetatem, 21 novembre 1970 ; voir La Porte Latine, laportelatine.org/formation/magistere/ingravescentem-aetatem-1970-age-cardinaux-en-relation-avec-office. Perte, à quatre-vingts ans révolus, du droit de siéger dans les dicastères romains et du droit de voter en conclave.

    13 48
  12. Jean-Paul II, constitution apostolique Universi Dominici Gregis, 22 février 1996, texte français intégral sur vatican.va. Plafond de cent vingt cardinaux électeurs (confirmant Romano Pontifici Eligendo de Paul VI, 1975) ; règle des deux tiers des suffrages pour la validité de l'élection ; logement obligatoire à la Domus Sanctae Marthae ; serment de secret sur le déroulement de l'élection.

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  13. KTO, Consistoire du 7 décembre 2024 : 21 nouveaux cardinaux créés par le Pape, ktotv.com/article/consistoire-21-nouveaux-cardinaux-2024. Dixième consistoire ordinaire public de François, portant le Collège à 253 membres dont 140 électeurs et 113 non-électeurs — record historique.

    16 54 86
  14. Wikipédia, Léon XIV, fr.wikipedia.org/wiki/Léon_XIV. Élection du cardinal Robert Francis Prevost comme pape sous le nom de Léon XIV le 8 mai 2025, succédant au pape François, mort le 21 avril 2025.

    17
  15. Diocèse de Laval / Cath.ch, Léon XIV convoque un consistoire extraordinaire en janvier 2026, diocesedelaval.fr/leon-xiv-convoque-un-consistoire-extraordinaire-en-janvier-2026 ; voir aussi Aleteia, La gouvernance de Léon XIV prend forme avec un deuxième consistoire, 25 juin 2026, fr.aleteia.org/2026/06/25. Premier consistoire extraordinaire de Léon XIV tenu les 7-8 janvier 2026 ; second consistoire extraordinaire tenu les 26-27 juin 2026, réunissant 241 cardinaux électeurs et non-électeurs, consacré à la réflexion collégiale sans création de nouveaux cardinaux.

    18 87
  16. Code de droit canonique (1983), can. 351, texte officiel sur vatican.va et droitcanonique.fr. Conditions requises pour être créé cardinal : au moins prêtre, éminent par sa doctrine, ses mœurs, sa piété et sa prudence.

    20 60 90
  17. Église catholique en France, Les cardinaux dans l'Église catholique, eglise.catholique.fr/vatican/les-cardinaux-dans-leglise-catholique. Liste des sept diocèses suburbicaires actuels : Ostie, Porto-Sainte-Rufine, Albano, Frascati, Palestrina, Sabine-Poggio Mirteto, Velletri-Segni.

    27
  18. Wikipédia, Doyen du Collège des cardinaux, fr.wikipedia.org/wiki/Doyen_du_Collège_des_cardinaux ; voir aussi Diocèse suburbicaire d'Ostie. Réforme de Pie X en 1914 séparant les sièges de Velletri et d'Ostie, et attribuant ce dernier au doyen du Collège en cumul avec son siège d'origine.

    28 79
  19. RCF, Le Conclave de Viterbe, le plus long de l'histoire, rcf.fr/articles/vie-spirituelle/le-conclave-de-viterbe-le-plus-long-de-lhistoire. Démontage du toit du palais épiscopal de Viterbe et réduction du ravitaillement des cardinaux par les autorités municipales ; dispositif de restriction alimentaire progressive prévu par Ubi periculum (un plat après trois jours, pain et eau après huit jours, suspension des revenus).

    38
  20. Code de droit canonique (1983), can. 350 §1, texte officiel sur vatican.va. Répartition du Collège en trois ordres : épiscopal (cardinaux titulaires d'un siège suburbicaire et patriarches orientaux), presbytéral et diaconal.

    39
  21. Paul VI, motu proprio Ad Purpuratorum Patrum Collegium, 11 février 1965, texte sur vatican.va. Intégration des patriarches orientaux catholiques élevés au cardinalat dans l'ordre épiscopal, avec conservation de leur siège patriarcal propre.

    40
  22. Wikipédia, Titre cardinalice, fr.wikipedia.org/wiki/Titre_cardinalice. Attribution d'un titre ou d'une diaconie romaine à chaque cardinal-prêtre ou cardinal-diacre le jour de sa création, lien symbolique avec l'Église de Rome.

    41
  23. ZENIT, Attribution des titres et diaconies aux nouveaux cardinaux, 2 octobre 2023, fr.zenit.org/2023/10/02/attribution-des-titres-et-diaconies-aux-nouveaux-cardinaux. Description de la cérémonie de prise de possession d'un titre ou d'une diaconie romaine par un nouveau cardinal.

    42
  24. EWTN, The College of Cardinals, ewtn.com/catholicism/library/college-of-cardinals-1582. Référence explicite de Sixte V aux soixante-dix anciens choisis par Moïse (Nombres 11) pour justifier le chiffre retenu dans Postquam verus. Texte original anglais rapporté : « in imitation of the seventy elders of Moses ».

    44
  25. National Catholic Register, Consistory 2024, and 3 Geopolitical Cases to Watch, décembre 2024. L'archevêque de Belgrade Ladislav Nemet, premier cardinal de Serbie, renforce le dialogue avec l'Église orthodoxe serbe.

    55
  26. Iran Times, Cardinal From Iran Votes For New Pope, mai 2025. Dominique Joseph Mathieu, archevêque de Téhéran-Ispahan depuis 2021, créé cardinal au consistoire du 7 décembre 2024 : premier cardinal à résider en Iran à l'époque moderne.lie) ; plus âgé Angelo Acerbi (99 ans, Italie) ; seul Français, Mgr Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger.

    56
  27. Ambassade de France près le Saint-Siège, Liste des 21 cardinaux du consistoire du 8 décembre 2024, va.ambafrance.org/Liste-des-21-cardinaux-du-consistoire-du-8-decembre-2024. Dix-huit nationalités représentées ; Mgr Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger, seul Français de la promotion ; plus jeune cardinal Mykola Bychok (44 ans, archevêque ukrainien de Melbourne) ; plus âgé Angelo Acerbi (99 ans).

    57 58
  28. Wikipédia, Cardinal in pectore, fr.wikipedia.org/wiki/Cardinal_in_pectore ; voir aussi ZENIT, Un cardinal « in pectore », signification et précédents, 28 septembre 2003, fr.zenit.org/2003/09/28. Régime juridique du can. 351 §3 ; création in pectore par Jean-Paul II au consistoire de février 1998 (Marian Jaworski et Janis Pujats), noms révélés en 2001.

    61 62 63
  29. Code de droit canonique (1983), can. 353, texte officiel sur droitcanonique.fr. Texte cité (§1-§4) : « Les Cardinaux apportent leur aide au Pasteur Suprême de l'Église par une action collégiale surtout dans les Consistoires où ils sont réunis sur l'ordre et sous la présidence du Pontife Romain ; les Consistoires sont ordinaires ou extraordinaires. Au Consistoire ordinaire sont convoqués tous les Cardinaux, du moins ceux qui se trouvent à Rome [...]. Au Consistoire extraordinaire [...] tous les Cardinaux sont convoqués. Seul le Consistoire ordinaire où sont célébrées certaines solennités peut être public. »

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  30. Wikipedia (en), Pontificalis Domus, en.wikipedia.org/wiki/Pontificalis_Domus ; voir aussi le texte du motu proprio Pontificalis Domus, 28 mars 1968, sur vatican.va. Dernière remise solennelle du galero par Paul VI au consistoire du 26 juin 1967 ; suppression de la cérémonie par l'instruction Ut sive sollicite, approuvée par Paul VI et publiée le 31 mars 1969.

    66 67
  31. Code de droit canonique (1983), can. 356, texte officiel sur droitcanonique.fr. Texte cité : « Les Cardinaux sont tenus par l'obligation de coopérer étroitement avec le Pontife Romain ; aussi, les Cardinaux qui exercent tout office que ce soit dans la Curie et qui ne sont pas Évêques diocésains sont-ils tenus par l'obligation de résider à Rome ; les Cardinaux qui ont la charge d'un diocèse comme Évêques diocésains se rendront à Rome chaque fois qu'ils seront convoqués par le Pontife Romain. »

    68
  32. Wikipédia, Camerlingue de la Sainte Église romaine, fr.wikipedia.org/wiki/Camerlingue_de_la_Sainte_Église_romaine ; voir aussi Camerlingue, fr.wikipedia.org. Nomination du cardinal Kevin Farrell comme camerlingue par François le 14 février 2019 ; pouvoirs du Collège des cardinaux strictement limités à l'expédition des affaires courantes durant la vacance du Siège apostolique.

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  33. Euronews, Chi è Kevin Farrell, il camerlengo che guida il Vaticano, 22 avril 2025, euronews.com/2025/04/22/who-is-kevin-farrell-the-cardinal-running-the-vatican-until-the-next-pope-is-chosen. Constat officiel de la mort du pape François le 21 avril 2025 par le camerlingue Kevin Farrell, scellement de l'appartement pontifical, bris de l'anneau du Pêcheur.

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  34. Code de droit canonique (1983), can. 352, texte officiel sur vatican.va. Élection du doyen par les cardinaux titulaires d'Églises suburbicaires, sans pouvoir de gouvernement sur les autres membres du Collège.

    78
  35. Code de droit canonique (1983), can. 355, texte officiel sur droitcanonique.fr. Texte cité (§1-§2) : « Il revient au Cardinal Doyen d'ordonner Évêque le Pontife Romain élu, si l'élu a besoin d'être ordonné. Si le Doyen est empêché, ce droit revient au Vice-Doyen [...]. Le Cardinal Proto-diacre annonce au peuple le nom du nouveau Pontife Suprême élu ; de même, c'est lui qui à la place du Pontife Romain impose le pallium aux Métropolitains. »

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  36. Portail catholique suisse (cath.ch), Le cardinal Giovanni Battista Re est le nouveau doyen du Sacré Collège, cath.ch/newsf/le-cardinal-giovanni-battista-re-est-le-nouveau-doyen-du-sacre-college ; voir aussi Time, Who Leads the Catholic Church Between Popes?, avril 2025, time.com/7279296. Cardinal Giovanni Battista Re, doyen depuis 2020, titulaire du siège suburbicaire d'Ostie ; ni lui ni le vice-doyen Leonardo Sandri, tous deux âgés de plus de quatre-vingts ans, n'ont pu participer au conclave d'avril-mai 2025.

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  37. Vatican News, De l'« Extra Omnes » à l'« Habemus Papam » : le latin au cœur de l'élection du Pape, mai 2025, vaticannews.va/fr/pape/news/2025-05/latin-election-pape-conclave.html ; voir aussi Ordo Rituum Conclavis, art. 74. Fonction du protodiacre annonçant l'élection depuis la loggia des bénédictions ; formule attestée dès l'élection de Martin V (1417) et en usage continu depuis celle d'Innocent VIII (1484) ; rapprochement avec l'annonce angélique de Luc 2.

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  38. Encyclopædia Universalis, Pierre Damien, universalis.fr/encyclopedie/pierre-damien ; voir aussi Nominis, Saint Pierre Damien, nominis.cef.fr/contenus/saint/681/Saint-Pierre-Damien.html. Élévation au cardinalat-évêché d'Ostie par le pape Étienne IX en 1057 ou 1058 ; rôle central dans la réforme grégorienne ; déclaré docteur de l'Église par Léon XII en 1828.

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