Pape Étienne IX (1057-1058)

Frédéric de Lorraine, légat du schisme de 1054 et abbé du Mont-Cassin, gouverne l'Église huit mois en 1057-1058 et prolonge la réforme grégorienne avant Grégoire VII.

Ignispedia

Étienne IX, de son nom civil Frédéric de Lorraine, est un pape réformateur du XIe siècle, dont le pontificat très bref — du 2-3 août 1057 au 29 mars 1058 — n'a duré qu'un peu moins de huit mois. La fiche officielle du Saint-Siège le compte comme 154e pape, sous le nom de Frédéric, duc de Lorraine.[1]

Son importance ne tient pas à la durée, mais à la densité de sa trajectoire. Avant de monter sur le trône de Pierre, Frédéric avait été chancelier et bibliothécaire de l'Église romaine sous son parent Léon IX, puis l'un des trois légats envoyés à Constantinople en 1054 — l'ambassade restée comme le symbole de la rupture entre l'Orient grec et l'Occident latin. Devenu moine puis abbé du Mont-Cassin, il est élu pape sans attendre l'aval de la cour impériale, signe d'une émancipation que la réforme grégorienne mènera bientôt à son terme.[2][3]

Étienne IX appartient à la chaîne des grands papes réformateurs qui, de Léon IX à Grégoire VII, purifient l'Église des trois plaies du siècle : la simonie (achat des charges), le nicolaïsme (concubinage des clercs) et la mainmise des laïcs sur les évêchés. Il s'entoure de Pierre Damien, d'Humbert de Silva Candida et du jeune Hildebrand, le futur Grégoire VII, dont il commande, en mourant, d'attendre le retour avant d'élire son successeur.[4]

Frère du puissant Godefroi le Barbu, duc de Lorraine devenu marquis de Toscane, Étienne IX est aussi le dernier pape à porter le nom d'Étienne, et l'un des derniers pontifes issus des terres germaniques de l'Empire avant l'époque moderne. Mort à Florence dans des circonstances qui nourriront une rumeur d'empoisonnement, il laisse une œuvre courte mais décisive : il a tenu le siège de Pierre au moment exact où la papauté apprenait à se choisir elle-même.[5][6]

Pourquoi le pontificat d'Étienne IX compte-t-il ?

Huit mois qui prolongent la réforme de Léon IX

Un pontificat de huit mois pourrait sembler négligeable. Étienne IX n'a laissé ni grande encyclique, ni concile œcuménique, ni corpus doctrinal — moins de vingt bulles lui sont attribuées.[7] Pourtant, la New Catholic Encyclopedia le range, aux côtés de Léon IX et de Nicolas II, parmi les personnalités décisives des débuts de la réforme grégorienne.

« Il compte, avec Léon IX et Nicolas II, parmi les personnalités décisives des premières étapes de la réforme grégorienne. » — J. Gilchrist et U.-R. Blumenthal, New Catholic Encyclopedia, notice « Stephen IX (X), Pope »[8]

Cette place s'explique par le moment qu'il occupe. Entre la mort de Victor II en juillet 1057 et l'élection de Nicolas II en 1058-1059, l'Église romaine traverse une charnière : c'est précisément dans ces mois que mûrit l'idée d'une élection pontificale soustraite à la fois aux factions romaines et à la tutelle impériale. Étienne IX est le pont entre la réforme impériale de Léon IX et la réforme proprement grégorienne.

Le dernier pape de la maison de Lorraine, légat du schisme de 1054

Frédéric de Lorraine n'est pas un inconnu propulsé par hasard. Il a vu de près l'événement le plus lourd du siècle pour l'unité chrétienne : la rupture avec Byzance. En 1054, il fait partie de la légation romaine à Constantinople, aux côtés du cardinal Humbert de Silva Candida et de l'archevêque Pierre d'Amalfi.[9]

« Il fut envoyé par Léon IX dans la fameuse ambassade à Constantinople (1054) qui se termina par la séparation définitive des Églises d'Orient et d'Occident. » — Horace K. Mann, The Catholic Encyclopedia, article « Pope Stephen (IX) X »[10]

Formule d'époque, à lire comme telle : les excommunications de juillet 1054 sont personnelles et de portée discutée — Léon IX étant déjà mort —, et la séparation des Églises s'est approfondie ensuite progressivement.[11][12]

Porter ensuite la tiare, c'est confier le gouvernement de l'Église latine à un homme qui a personnellement éprouvé combien la chrétienté était fragile et divisée. Cette expérience marque sa politique : ouverture prudente vers Byzance contre les Normands, fermeté sur la discipline, défense de la liturgie romaine.

Un abbé du Mont-Cassin sur le siège de Pierre

Enfin, Étienne IX est le premier des trois moines du célèbre monastère du Mont-Cassin portés sur le siège de Pierre en l'espace de soixante ans — avant Victor III (1086-1087) et Gélase II (1118-1119) ; lui-même et Victor III en furent aussi abbés, tandis que Gélase II y fut simple moine sans en devenir abbé.[13] Élu pape, il conserve l'abbaye, signe que la réforme du XIe siècle s'enracine dans le monachisme bénédictin réformé autant que dans la cour pontificale. Le Mont-Cassin, gardien d'une immense bibliothèque et d'un prestige spirituel sans égal en Italie, devient ainsi l'un des laboratoires de la réforme.

Frédéric de Lorraine avant le pontificat

Un fils de la maison ducale de Lorraine

Infographie originale Ignispedia créée par IA — La maison ducale de Lorraine : le duc Gozelon, son fils Godefroi le Barbu, et son autre fils Frédéric, futur pape Étienne IX.

Frédéric naît vers 1020, dans l'une des plus grandes familles princières de l'Empire. Il est fils de Gozelon, duc de Basse-Lotharingie, et frère cadet de Godefroi le Barbu, duc de Lorraine.[14][15] La maison appartient à la lignée des comtes des Ardennes, que les notices anciennes rattachent même aux Carolingiens par Louis le Bègue.[16]

Sur l'ascendance maternelle, il faut rester prudent. La Catholic Encyclopedia nomme une mère « Junca, fille de Béranger II, roi d'Italie », mais la notice savante de Treccani laisse la mère anonyme.[17][18] L'historien honnête retiendra le certain — un grand prince lotharingien, frère du futur marquis de Toscane — et signalera le débattu plutôt que de broder une généalogie maternelle invérifiable.

Chanoine et archidiacre de Liège

Destiné très jeune à l'Église, Frédéric reçoit sa formation à Liège, l'un des grands foyers intellectuels de l'Empire. Il y devient chanoine, puis archidiacre du chapitre cathédral de Saint-Lambert, sous l'épiscopat du célèbre évêque Wazon, mort en 1048.[19]

Liège n'est pas un détail. L'école liégeoise forme alors une élite de clercs cultivés, rompus au droit, à l'Écriture et à la théologie. Frédéric n'arrive donc pas à Rome comme un courtisan, mais comme un archidiacre instruit, déjà rodé au gouvernement ecclésiastique d'un grand diocèse impérial. Cette formation liégeoise vaudra d'ailleurs à Frédéric la première monographie savante jamais consacrée à ce pontificat : l'archiviste-paléographe Ulysse Robert, ancien élève de l'École des chartes, publie en 1876 une première étude puis, en 1892 à Bruxelles, une Histoire du pape Étienne X qu'il intitule significativement Un pape belge — hommage à ces origines liégeoises, quand bien même la Belgique elle-même n'existera comme État que huit siècles plus tard.[20] L'historiographie belge y reviendra un siècle plus tard : l'historien Georges Despy consacre en 1953 à ces mêmes années lotharingiennes une étude d'archives plus étroitement ciblée.[21]

Chancelier et bibliothécaire de l'Église romaine

Vers 1050-1051, son parent Léon IX, premier grand pape réformateur du siècle, le remarque et l'attire à Rome. Il en fait bibliothécaire et chancelier de l'Église romaine — la plus haute charge de la chancellerie pontificale.[22][23] Les actes pontificaux le montrent en charge dès avant le 12 mars 1051.[24]

Cette fonction le place au cœur de la machine réformatrice. Il accompagne Léon IX dans ses voyages apostoliques à travers l'Europe, ses synodes itinérants contre la simonie, sa lutte pour la discipline du clergé. C'est là, dans l'entourage immédiat du pape lorrain, que Frédéric se forme à la cause qu'il défendra toute sa vie.

Légat à Constantinople en 1054

Au début de 1054, Léon IX désigne Frédéric comme l'un des trois légats chargés d'une mission à Constantinople : régler le différend qui oppose Rome au patriarche Michel Cérulaire, sur fond de querelles liturgiques (le pain azyme, le Filioque, la discipline) et de tensions politiques en Italie du Sud. La délégation réunit le cardinal Humbert de Silva Candida, théologien intransigeant, l'archevêque Pierre d'Amalfi, et Frédéric, le chancelier.[25]

La mission tourne au drame. Le 16 juillet 1054, Humbert dépose sur l'autel de Sainte-Sophie une bulle d'excommunication contre le patriarche, qui réplique par un anathème. Léon IX étant mort entre-temps, la valeur canonique de l'acte est discutée, mais l'événement consacre une rupture durable entre les deux Églises.[26] Le rôle personnel de Frédéric dans la légation reste, lui, moins documenté que celui d'Humbert ; les sources le placent dans la délégation sans détailler son action propre.[27]

Moine, puis abbé du Mont-Cassin

De retour d'Orient, Frédéric est dépouillé en route par un comte des Abruzzes — la Catholic Encyclopedia parle du comte de Chieti.[28] Surtout, la mort de Léon IX (1054) le prive de son protecteur. Pour échapper aux soupçons de l'empereur Henri III, qui se méfie d'un grand prince lorrain frère du turbulent Godefroi, Frédéric se retire au Mont-Cassin et y devient moine vers la fin de 1055.[29][30]

Après la mort d'Henri III (1056), la voie se dégage. Au printemps 1057, la communauté l'élit abbé du Mont-Cassin — la date du 23 mai 1057 est avancée pour son élection abbatiale — et le pape Victor II le crée cardinal-prêtre de San Crisogono en juin 1057.[31][32] En quelques semaines, Frédéric passe ainsi du cloître au Sacré Collège, puis bientôt au trône de Pierre.

L'élection d'août 1057

Une élection romaine sans l'aval impérial

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Le bref pontificat d'Étienne IX (1057-1058) s'inscrit dans la décennie qui va de la réforme de Léon IX au décret de 1059 sur l'élection pontificale.

Victor II meurt à Arezzo le 28 juillet 1057.[33] Quelques jours plus tard, à Rome, les électeurs portent leur choix sur l'abbé du Mont-Cassin. Le point capital est la procédure : pour la première fois depuis longtemps, le pape est choisi sans solliciter l'accord préalable de la cour impériale.[34][35] La scène elle-même est restée célèbre : par égard pour les convenances, Frédéric avait d'abord mis en avant le nom d'Hildebrand, alors absent de Rome ; mais nobles, clergé et peuple, impatients, se portèrent en masse sur le Palatin dès le 2 août et exigèrent l'abbé du Mont-Cassin lui-même, qui fut élu sur l'heure et conduit en triomphe au Latran avant d'être ordonné le lendemain.[36]

Le contexte rend ce geste possible. Henri III est mort en 1056, laissant l'Empire à son fils Henri IV, un enfant placé sous la régence de l'impératrice Agnès. La minorité impériale affaiblit la tutelle germanique sur Rome, et le frère du nouvel élu, Godefroi le Barbu, désormais maître de la Toscane, offre une protection de poids. Rome elle-même accueillit la nouvelle avec enthousiasme ; la cour impériale, elle, reçut la nouvelle de cette élection libre avec déplaisir.[37]

Il faut toutefois nuancer la portée du geste. Frédéric envoya presque aussitôt le diacre Hildebrand solliciter, auprès de la régente Agnès, la reconnaissance de son élection — reconnaissance qui fut effectivement accordée par la suite.[38] Selon Gilchrist et Blumenthal, lire dans cet épisode une première étape délibérément dirigée vers l'affranchissement de la papauté serait donc exagéré : le souci immédiat était sans doute moins de défier l'Empire que d'écarter l'ingérence de la noblesse romaine et de s'assurer la protection militaire de Godefroi.[39] L'élection d'Étienne IX n'en demeure pas moins un précédent de fait, dont le décret de 1059 réservant l'élection aux cardinaux tirera les conséquences institutionnelles.

Le choix du nom d'Étienne

Élu le 2 août et consacré le 3 août 1057, Frédéric prend le nom d'Étienne, en hommage au saint fêté ce jour-là — le pape saint Étienne Ier (martyr du IIIe siècle), commémoré le 2 août.[40][41] Le choix n'est pas anodin : un prince lorrain devenu abbé italien s'inscrit dans la mémoire des papes martyrs romains, manière de revendiquer la continuité du siège apostolique.

Étienne IX ou Étienne X ?

Le lecteur rencontrera ce pape sous deux numéros : Étienne IX ou Étienne X. La divergence vient d'un autre Étienne, élu en 752 mais mort avant sa consécration épiscopale, qui fut un temps compté dans la liste, puis retiré. Selon qu'on l'inclut ou non, le nôtre devient le neuvième ou le dixième Étienne.

Aujourd'hui, le Saint-Siège retient officiellement Étienne IX, tout en mentionnant l'ancienne numérotation entre parenthèses (« Étienne IX/X »).[42] Les ouvrages antérieurs aux années 1960 le nomment le plus souvent Étienne X. Détail piquant : il demeure, à ce jour, le dernier pape à avoir porté le nom d'Étienne.

Le gouvernement réformateur

La lutte contre la simonie et le nicolaïsme

Devenu pape, Étienne IX poursuit sans rupture l'œuvre de Léon IX.[43][44] Il réunit plusieurs synodes contre les trois maux du temps : la simonie, le nicolaïsme (mariage ou concubinage des clercs) et les unions consanguines.[45] Les notices insistent sur son zèle à renforcer la discipline du célibat ecclésiastique.[46]

Cette fermeté n'est pas un détail moral isolé. Pour les réformateurs du XIe siècle, un clergé acheté et marié est un clergé asservi aux pouvoirs laïcs et aux intérêts de famille. Restaurer le célibat et combattre la simonie, c'est rendre l'Église à sa liberté. Étienne IX inscrit son court pontificat dans cette logique.

Pierre Damien, cardinal-évêque d'Ostie

L'acte de gouvernement le plus marquant d'Étienne IX est sans doute la promotion de Pierre Damien. À l'automne 1057, le pape impose à l'ermite de Fonte Avellana — l'un des plus grands maîtres spirituels et l'un des plus rudes pourfendeurs de la corruption cléricale du siècle — la charge de cardinal-évêque d'Ostie, premier des cardinaux-évêques.[47][48]

Pierre Damien, qui aspirait à la solitude, n'accepte qu'à contrecœur, contraint par l'obéissance — la Catholic Encyclopedia précise qu'il fallut la menace de l'excommunication pour le décider.[49] En plaçant un tel homme au sommet de la hiérarchie cardinalice, Étienne IX donne à la réforme l'une de ses plus fortes voix. Pierre Damien sera, sous les pontificats suivants, l'un des piliers doctrinaux de la cause grégorienne.

Hildebrand, Humbert et le cercle réformateur

Autour d'Étienne IX gravite le cercle qui fera la réforme grégorienne. On y trouve le cardinal Humbert de Silva Candida, compagnon de la légation de 1054 ; Anselme de Lucques ; et surtout l'archidiacre Hildebrand, le futur Grégoire VII, que le pape emploie dans les missions les plus délicates.[50][51]

« Le pape et son plus proche conseiller entendaient poursuivre l'œuvre de réforme inaugurée par Léon IX, qu'ils avaient tous deux soutenue, de concert avec Pierre Damien et Anselme de Lucques. » — Enciclopedia dei Papi, notice « Stefano IX »[52]

Le lien d'Étienne IX et d'Hildebrand est si étroit qu'il commandera, en mourant, qu'aucun successeur ne soit élu avant le retour du futur Grégoire VII. Le bref pontificat de 1057-1058 est, en ce sens, une répétition générale de la grande réforme à venir.

La défense de la liturgie romaine au Mont-Cassin

Gardien du Mont-Cassin qu'il continue d'administrer, Étienne IX veille aussi à l'unité liturgique. La tradition rapporte qu'il fit prévaloir le chant romano-grégorien sur le chant bénéventain dans l'abbaye, marque de son souci de rattacher fermement le grand monastère bénédictin à l'usage de Rome.[53]

Ce souci de la liturgie romaine prolonge la logique de toute son action : centrer la vie de l'Église sur le siège de Pierre, contre les particularismes que les pouvoirs locaux aiment à entretenir.

La question normande et l'ouverture vers Byzance

Sur le plan politique, Étienne IX hérite du grand problème de Léon IX : les Normands qui taillent en pièces l'Italie du Sud, et dont Léon IX avait subi la défaite et la captivité à Civitate (1053). Le nouveau pape reprend le projet de les chasser de l'Italie méridionale.[54][55]

Pour cela, il envisage une alliance appuyée sur la puissance toscane de son frère et, peut-être, sur un rapprochement avec Byzance — l'Empire grec ayant le même intérêt à contenir les Normands. Il dépêche vers Constantinople, comme légat, Didier, le futur abbé du Mont-Cassin et futur pape Victor III ; mais la mission, parvenue à Bari, est interrompue par la nouvelle de la mort du pape.[56] Le projet anti-normand restera inachevé.

Le pape et son frère : la maison de Lorraine et l'Empire

Godefroi le Barbu, duc et marquis de Toscane

Illustration originale Ignispedia créée par IA — Godefroi le Barbu, frère du pape, duc de Lorraine devenu marquis de Toscane par son mariage avec Béatrice de Canossa.

On ne comprend pas Étienne IX sans son frère. Godefroi le Barbu, l'un des plus grands feudataires de l'Empire, longtemps en révolte contre Henri III, avait épousé en avril 1054 Béatrice de Lorraine, veuve du marquis Boniface de Toscane.[57] Par ce mariage, Godefroi devient le maître de la Toscane et de l'immense patrimoine des Canossa — celui-là même d'où sortira, une génération plus tard, la fameuse Mathilde de Canossa, belle-fille de Godefroi.

Cette alliance fait de la maison de Lorraine la première puissance d'Italie centrale. Quand Frédéric devient pape, c'est donc tout un réseau princier qui se déploie derrière le siège de Pierre : un frère marquis de Toscane, un patrimoine considérable, et la capacité de protéger Rome contre les factions et contre les Normands.

Un projet impérial ?

Plusieurs sources prêtent à Étienne IX un dessein audacieux : faire de son frère Godefroi un empereur, voire conférer la couronne impériale à la maison de Lorraine, profitant de la minorité d'Henri IV.[58][59] Au début de 1058, le pape se dirige d'ailleurs vers la Toscane, et certaines notices évoquent un projet de couronnement fraternel. L'hypothèse s'appuie notamment sur un fait daté : dans la foulée de l'élection, le marquis de Toscane annexe Spolète et Camerino, réunissant sous son autorité presque tout le territoire allant de Mantoue et Ferrare jusqu'aux terres romaines. « Quoi de plus naturel, écrit l'historien Ferdinand Gregorovius, que de penser que le nouveau pape destinait la couronne impériale à son frère — qu'il n'avait été fait pape que dans ce dessein ? »[60]

Il faut traiter ce point avec mesure. La réalité d'un véritable « plan impérial » est débattue par les historiens : on ignore jusqu'où le pape était prêt à aller, et la mort prématurée a tout figé dans l'hypothèse. Ce qui est sûr, c'est que la frontière entre réforme spirituelle et ambition dynastique était, à cette époque, étroite — et que la papauté réformatrice devra précisément apprendre à se déprendre des intérêts de famille pour gagner sa liberté.

La mort à Florence (mars 1058)

Le trésor du Mont-Cassin

En mars 1058, un épisode révélateur précède la mort du pape. Étienne IX ordonne au prévôt du Mont-Cassin d'envoyer à Rome l'or et l'argent de l'abbaye — sans doute pour financer ses projets politiques et militaires. Mais les Romains s'y opposent et s'emparent du trésor par la force ; pris de scrupule ou cédant à la pression, le pape finit par le restituer au monastère.[61][62]

L'anecdote, transmise par la chronique du Mont-Cassin, montre les tensions du moment : un pape réformateur qui mobilise les ressources de son abbaye, et une cité romaine jalouse de ses propres intérêts. Elle éclaire aussi la fragilité matérielle d'une papauté encore loin d'être pleinement souveraine.

Le serment imposé aux Romains sur Hildebrand

Avant de quitter Rome pour la Toscane, Étienne IX, déjà malade, prend une précaution capitale pour l'avenir de la réforme. Il fait jurer au clergé et au peuple romains qu'en cas de sa mort, on n'élirait aucun successeur avant le retour d'Hildebrand, alors en légation auprès de la cour allemande.[63]

« Il avait demandé qu'après sa disparition, on ne procède pas à l'élection du nouveau pape avant le retour d'Hildebrand. » — Enciclopedia dei Papi, notice « Stefano IX »[64]

Ce serment dit tout de la confiance du pape mourant dans le futur Grégoire VII — et de sa crainte de voir les factions romaines reprendre la main. La suite lui donnera raison : à peine mort, l'aristocratie tusculane fera élire l'antipape Benoît X, avant que les réformateurs ne rétablissent l'ordre avec Nicolas II.[65]

Maladie, rumeur de poison, et la fin à Florence

Frappé par une grave maladie dont il ne se remet que partiellement, Étienne IX gagne Florence, auprès de son frère Godefroi. Il y meurt le 29 mars 1058, après moins de huit mois de pontificat.[66][67] La tradition rapporte qu'il fut assisté à son lit de mort par Hugues de Cluny, le grand abbé clunisien.[68] Le chroniqueur allemand contemporain Lambert de Hersfeld regretta que cette mort précoce ait déçu tous ceux qui, depuis des années, n'avaient vu personne prendre en main le gouvernement de l'Église romaine avec une satisfaction plus générale, ni au milieu d'une attente plus unanime d'un règne glorieux.[69]

Comme souvent pour les papes de cette période agitée, une rumeur d'empoisonnement a couru — mais elle mérite d'être précisément située. Les notices modernes n'en retiennent rien : Treccani parle d'un pape tombé soudainement malade, les autres relatent une mort à Florence, sans poison.[70][71][72] Le récit vient des Annales Romani, chronique hostile aux réformateurs, et brouille l'épisode — bien réel, lui — du trésor du Mont-Cassin réclamé quelques jours plus tôt.[73][74] Il faut donc tenir la rumeur de poison pour une calomnie sans valeur probante ; l'hypothèse d'une maladie reste la plus sobre et la plus probable.

Une sépulture retrouvée lors des travaux de 1357

Étienne IX est enseveli dans la cathédrale de Florence d'alors, l'église Santa Reparata.[75][76] Près de trois siècles plus tard, en août 1357, des fouilles menées pour l'édification du nouveau Duomo — l'actuelle Santa Maria del Fiore — mettent au jour, près de l'autel de saint Zanobi, un tombeau que l'inscription funéraire permet d'identifier sans peine comme celui du pape Étienne. Le chroniqueur florentin Matteo Villani rapporte que le corps portait encore le fermail pontifical orné de pierreries, une mitre sur la tête et un anneau au doigt ; les reliques furent alors confiées aux chanoines pour une sépulture honorable, sans qu'on sache si elle eut jamais lieu.[77]

Qu'on y voie un simple fait d'archéologie funéraire ou une trace de la mémoire pieuse attachée à ce pape, l'épisode dit la mémoire durable laissée par ce pontife de passage : un prince lorrain, abbé italien, mort loin de Rome, et dont les insignes pontificaux reposèrent, trois siècles durant, au cœur de Florence.

Que révèle ce bref pontificat ?

La réforme grégorienne avant Grégoire VII

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Après la mort d'Étienne IX, la succession de 1058 révèle pourquoi la réforme devait protéger l'élection pontificale des factions romaines.

Le premier enseignement est que la réforme grégorienne ne commence pas avec Grégoire VII. Elle est déjà tout entière en germe sous Étienne IX : lutte contre la simonie et le nicolaïsme, promotion des grandes figures réformatrices (Pierre Damien, Humbert, Hildebrand), défense de la liturgie romaine, volonté de liberté à l'égard des pouvoirs laïcs. Étienne IX n'invente pas la réforme — Léon IX l'a lancée —, mais il en assure la continuité au moment le plus fragile, celui d'une vacance impériale.

L'émancipation du Siège apostolique

Le second enseignement est institutionnel. En se faisant élire sans l'aval de la cour impériale, puis en organisant sa succession autour du serment sur Hildebrand, Étienne IX pose un jalon vers l'autonomie électorale de la papauté. Le décret de Nicolas II en 1059, qui réservera l'élection du pape aux cardinaux, ne fera que codifier ce que le pontificat d'Étienne IX avait amorcé dans les faits.[78]

Ce pape de huit mois est donc moins un accident qu'un maillon décisif. Il tient le siège de Pierre exactement là où l'Église apprend à se choisir elle-même, à se déprendre des familles romaines comme de la tutelle germanique, et à préparer le grand combat de la liberté de l'Église qu'incarnera la querelle des Investitures.

Chronologie

  1. vers 1020
    Naissance de Frédéric de Lorraine
    Maison ducale de Lorraine

    Fils du duc Gozelon, frère cadet de Godefroi le Barbu, dans l'une des plus grandes familles princières de l'Empire.

  2. avant 1048
    Archidiacre de Liège
    Chapitre de Saint-Lambert

    Formé à Liège, il y devient chanoine puis archidiacre sous l'évêque Wazon.

  3. 1051
    Chancelier de l'Église romaine
    Auprès de Léon IX

    Son parent Léon IX le fait bibliothécaire et chancelier ; il est en charge dès avant le 12 mars 1051.[79]

  4. 16 juillet 1054
    Légation à Constantinople
    Schisme d'Orient

    Avec Humbert de Silva Candida et Pierre d'Amalfi ; l'ambassade aboutit aux excommunications réciproques.

  5. fin 1055
    Moine au Mont-Cassin
    Retrait monastique

    Après la mort de Léon IX, il se retire au Mont-Cassin pour échapper aux soupçons d'Henri III.

  6. printemps 1057
    Abbé du Mont-Cassin et cardinal
    San Crisogono

    Élu abbé, il est créé cardinal-prêtre de San Crisogono par Victor II.

  7. 2-3 août 1057
    Élection et consécration
    Sans l'aval impérial

    Après la mort de Victor II, il est élu pape et prend le nom d'Étienne, saint fêté ce jour-là.

  8. automne 1057
    Pierre Damien cardinal-évêque d'Ostie
    Renforcement de la réforme

    Le pape impose à l'ermite réformateur la première des charges cardinalices.

  9. mars 1058
    Le serment sur Hildebrand
    Avant le départ pour la Toscane

    Le pape malade fait jurer aux Romains d'attendre le retour d'Hildebrand avant toute élection.

  10. 29 mars 1058
    Mort à Florence
    Santa Reparata

    Étienne IX meurt chez son frère Godefroi ; l'antipape Benoît X est aussitôt élu à Rome, avant le rétablissement par Nicolas II.

Pour aller plus loin

  • Pape saint Léon IX — Le parent et protecteur de Frédéric, premier grand pape de la réforme.
  • Pape Victor II — Le prédécesseur immédiat, dernier pape de l'orbite directe d'Henri III.
  • Pape Nicolas II — Le successeur légitime, auteur du décret de 1059 sur l'élection pontificale.
  • Pape saint Grégoire VII — L'Hildebrand dont Étienne IX, mourant, fit attendre le retour.
  • Réforme grégorienne — Le grand mouvement de purification de l'Église dont ce pontificat est un maillon.
  • Querelle des Investitures — Le conflit où l'Église défendra sa liberté de nommer ses pasteurs.

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle « Stephan IX. (X.) » : 154e pape de l'Église catholique, nom civil Friedrich, Herzog von Lothringen (Frédéric, duc de Lorraine), pontificat du 2-3.VIII.1057 au 29.III.1058. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/de/holy-father/stefano-ix--x.html.

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  2. Horace K. Mann, « Pope Stephen (IX) X », The Catholic Encyclopedia, vol. 14, Robert Appleton Company, New York, 1912 (article signé Horace K. Mann ; notice p. 334 du scan du vol. 14 sur Wikisource), repris par New Advent : Frédéric, fils de Gozelon duc de Basse-Lotharingie, chanoine de Liège, chancelier et bibliothécaire de l'Église romaine sous Léon IX (vers 1051), légation à Constantinople en 1054, retraite au Mont-Cassin (1055) puis abbatiat (1057), cardinal-prêtre de San Crisogono, élection libre et consécration le 3 août 1057, mort à Florence le 29 mars 1058, sépulture à Santa Reparata. Texte original : « sent by him on the famous embassy to Constantinople (1054) which terminated in the final separation of the Eastern and Western Churches ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/14290c.htm.

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  3. « Stefano IX », Enciclopedia dei Papi, Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani : origine de la maison des comtes des Ardennes, frère de Goffredo il Barbuto, chancellerie sous Léon IX, abbé du Mont-Cassin (23 mai 1057), élection le 2 août et consécration le 3 août 1057 « in assoluta libertà » sans en avertir la cour impériale, envoi du diacre Ildebrando en légat auprès de l'impératrice Agnès pour faire reconnaître son élection, synodes contre simonie, nicolaïsme et consanguinité, collaboration avec Pierre Damien et Anselme de Lucques, légation de Didier vers Constantinople interrompue à Bari, serment sur Hildebrand, mort à Florence le 29 mars 1058, sépulture dans cette ville. Textes originaux : « Il papa e il suo consigliere più stretto intendevano proseguire l'opera di riforma avviata da Leone IX, che avevano entrambi affiancato, lavorando di concerto con altri due personaggi di spicco come Pier Damiani e Anselmo di Lucca » ; « vedendo avvicinarsi la morte, chiese che dopo la sua scomparsa non si procedesse all'elezione del nuovo papa prima del ritorno di Ildebrando » ; sur la liturgie : « Il papa difese la liturgia romana e proibì il rito beneventano. » ; sur le corpus conservé : « S. non ebbe il tempo di estendere la propria azione all'intera cristianità; di lui si conservano meno di venti bolle e il motto del suo sigillo in piombo : « Ipse est pax nostra ». » (Treccani ne donne aucun chiffre plus précis que ce « meno di venti bolle »). URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/stefano-ix_(Enciclopedia-dei-Papi)/.

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  4. J. Gilchrist et Uta-Renate Blumenthal, « Stephen IX (X), Pope », New Catholic Encyclopedia, 2e éd., Gale/Catholic University of America, Detroit-Washington, 2003, repris par Encyclopedia.com : pontificat du 3 août 1057 au 29 mars 1058, fils du duc Gozelon, frère de Godefroi III le Barbu, chanoine et archidiacre de Saint-Lambert de Liège, chancelier de l'Église romaine avant le 12 mars 1051, membre de la légation de 1054 à Constantinople, abbé du Mont-Cassin (élu le 23 mai 1057) et cardinal-prêtre de San Crisogono (14 juin), élection sans accord préalable de l'Empire — approbation impériale néanmoins obtenue par la suite —, promotion de Pierre Damien et d'Humbert, recours à Hildebrand, projets anti-normands, rang parmi les personnalités décisives des débuts de la réforme grégorienne. Les auteurs jugent « exagérée » la lecture de l'élection de 1057 comme volonté délibérée d'affranchir la papauté de l'Empire. Texte original : « Despite his brief pontificate he may be accounted with Leo IX and Nicholas II as one of the decisive personalities in the early stages of the gregorian reform. ». URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/stephen-ix-x-pope.

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  5. Ulysse Robert, Un pape belge : histoire du pape Étienne X, Société belge de librairie, Bruxelles, 1892 — reprise étendue de sa première étude, Le pape Étienne X, Victor Palmé, Paris, 1876. Ouvrage désigné comme la monographie de référence sur ce pontificat par Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. VI, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., Londres, 1910, chap. « Stephen (IX.) X. », p. 207, et par la New Catholic Encyclopedia (art. « Stephen IX (X), Pope »).

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  6. Georges Despy, « La carrière lotharingienne du pape Étienne IX », Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 31, 1953, p. 955-972 — étude de référence sur les années lotharingiennes de Frédéric, avant son passage au Mont-Cassin et à Rome ; signalée par la New Catholic Encyclopedia (art. « Stephen IX (X), Pope ») dans son état de la question sur ce pontificat.

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  7. « Pope Stephen IX (X) (Frédéric de Lorraine) », Catholic-Hierarchy.org : chronologie des événements — abbé du Mont-Cassin (23 mai 1057), cardinal-prêtre de San Crisogono (14 juin 1057), élu pape le 2 août 1057, ordonné évêque le 3 août 1057, mort le 29 mars 1058 ; consécrateur : le cardinal Humbert de Silva Candida ; il consacre Pierre Damien. URL : https://www.catholic-hierarchy.org/bishop/blorraf.html.

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  8. Ferdinand Gregorovius, History of the City of Rome in the Middle Ages, vol. IV, part I (traduit de la 4e édition allemande par Annie Hamilton), Londres, George Bell & Sons, 1896, Book VII, chap. III, pp. 100-101 (élection du 2-3 août 1057, réaction impériale, annexion de Spolète et Camerino) et p. 111 (mort à Florence, serment sur Hildebrand). Texte original : « The German court received the news of Victor's death with sorrow, the tidings of the free election of Stephen with displeasure. » et « What more natural than the thought that the new Pope intended the imperial crown for his brother: that Frederick had been made Pope solely with this object? ».

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  9. « St. Peter Damian », The Catholic Encyclopedia, Robert Appleton Company, New York, 1913, repris en transcription sur Wikisource : à l'automne 1057, Étienne IX décide de faire Damien cardinal ; celui-ci résiste longtemps à l'offre, puis est contraint d'accepter, et est consacré cardinal-évêque d'Ostie le 30 novembre 1057. Texte original : « For a long time he resisted the offer, but was finally forced, under threat of excommunication, to accept, and was consecrated Cardinal-Bishop of Ostia on 30 Nov., 1057. ». URL : https://en.wikisource.org/wiki/Catholic_Encyclopedia_(1913)/St._Peter_Damian.

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  10. Léon Marsicanus (Léon d'Ostie), Chronica monasterii Casinensis (Chronique du Mont-Cassin), II, c. 100, source primaire de l'abbaye pour l'abbatiat de Frédéric/Étienne IX : épisode du trésor de l'abbaye réclamé à Rome en mars 1058 puis restitué. Donnée reprise et discutée par les notices encyclopédiques modernes (Catholic Encyclopedia ; Enciclopedia dei Papi) et par Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. VI, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., Londres, 1910, p. 223.

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  11. Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. VI, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., Londres, 1910, pp. 223-224 : le lit de mort du pape à Florence fut assisté par saint Hugues, le grand abbé de Cluny, qu'Étienne avait toujours estimé et aimé ; le pape expira dans les bras de l'abbé le 29 mars 1058. Textes originaux : « His deathbed at Florence was attended by St. Hugh, the great abbot of Cluny, a man whom Stephen had ever esteemed and loved » ; « expired in the abbot's arms. He breathed his last on March 29, 1058 ». Mann renvoie aux Vies du saint (Hildebert du Mans, c. 2) et à la bulle du 6 mars 1058 confirmant les possessions de Cluny.

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  12. Lambert de Hersfeld, Annales, année 1057, cité et traduit en anglais par Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. VI, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., Londres, 1910, p. 225. Texte original (traduction de Mann) : « for many years back no one had assumed the government of the Roman Church with greater satisfaction to all men, and amid more universal expectation of a glorious reign ».

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  13. Récit d'empoisonnement rapporté par les Annales Romani (éd. Liber Pontificalis, t. II, p. 334, L. Duchesne, Paris, 1892), chronique hostile aux réformateurs — Horace K. Mann parle d'un auteur « antipapal » (The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. VI, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., Londres, 1910, chap. « Stephen (IX.) X »). Aucune des notices modernes (CE, Treccani, NCE) ne retient ce récit.

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  14. Le chroniqueur florentin Matteo Villani (m. 1363), Istorie, VII, 91 (ap. Rerum Italicarum Scriptores, t. XIV), rapporte la découverte du tombeau du pape Étienne IX lors des fouilles d'août 1357 menées pour l'édification de Santa Maria del Fiore : fermail pontifical orné de pierreries, mitre et anneau retrouvés sur le corps, identification par l'inscription funéraire, relique confiée aux chanoines. Épisode cité et discuté par Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. VI, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., Londres, 1910, p. 224.

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