Pape Victor II (Victor II), de son nom de baptême Gebhard de Dollnstein-Hirschberg, est le 153e pape de l'Église catholique selon la liste officielle du Saint-Siège.[1] Évêque d'Eichstätt et premier conseiller de l'empereur Henri III avant son élection, il gouverne l'Église du 13 avril 1055 au 28 juillet 1057.[2][3] Il est le dernier des quatre papes germaniques réformateurs voulus par Henri III, après Clément II, Damase II et saint Léon IX.[4][5][6]
Son pontificat tient en deux faces inséparables. D'un côté, le réformateur : au grand synode de Florence du 4 juin 1055, tenu en présence de l'empereur et d'environ cent vingt évêques, il confirme les décrets de Léon IX contre la simonie (le trafic des charges spirituelles), le nicolaïsme (l'incontinence des clercs) et l'aliénation des biens d'Église.[7][8] De l'autre, l'homme d'État : à la mort soudaine d'Henri III, le 5 octobre 1056, l'empereur lui confie son fils mineur, le futur Henri IV. Victor II devient alors, de fait, le régent de l'Empire, assure la couronne de l'enfant-roi et maintient la paix entre les grands.[9][10]
Aucun pape, avant lui, n'avait cumulé une telle puissance : pape, évêque d'Eichstätt, duc de Spolète, marquis de Fermo, vicaire impérial pour l'Italie, puis tuteur de l'empereur d'Occident.[11][12] Sa figure est le point culminant de la symbiose entre l'Empire et la papauté réformatrice — et, parce qu'il meurt jeune, deux ans à peine après son élection, le dernier moment où cette symbiose tient avant que la réforme grégorienne n'arrache l'élection pontificale à la tutelle impériale.
Sa mort, à Arezzo le 28 juillet 1057, ouvre une dernière énigme : son escorte voulait le ramener dans sa cathédrale d'Eichstätt, mais les habitants de Ravenne s'emparèrent du corps et l'inhumèrent dans la Santa Maria Rotonda, l'antique mausolée de Théodoric le Grand.[13][14] Victor II est ainsi resté le dernier pape de naissance allemande pendant près de neuf siècles, jusqu'à l'élection de Benoît XVI en 2005.[15]
Pourquoi Victor II compte-t-il ?
Le dernier pape de l'Empire d'Henri III
La papauté du milieu du XIe siècle ne se comprend pas sans l'empereur Henri III le Salique. C'est lui qui, au synode de Sutri de décembre 1046, met fin au scandale des trois papes rivaux et impose une réforme par le haut, en nommant successivement quatre évêques allemands sur le Siège de Pierre.[16][17] Clément II ouvre la série, Damase II la prolonge brièvement, Léon IX la rend spectaculaire en parcourant l'Europe et en tenant des synodes partout — et Victor II la referme.
Or Victor II n'est pas un comparse. Au moment de son élection, il est déjà, selon deux sources indépendantes, l'homme le plus puissant de l'Empire après l'empereur lui-même.[18] Sa désignation n'est donc pas le choix d'un évêque docile, mais l'élévation du principal ministre du Reich à la tête de l'Église romaine. C'est ce qui fait à la fois sa force — un pape qui peut gouverner l'Italie et l'Allemagne — et la fragilité structurelle de sa position : que la réforme soit portée par le bras droit de l'empereur pose, à terme, la question même que la réforme grégorienne tranchera contre l'Empire.
Un réformateur dans la stricte continuité de Léon IX
On réduit parfois Victor II à un administrateur impérial. C'est une erreur. Son grand acte public — le synode de Florence — reprend point par point le programme de Léon IX : guerre à la simonie, guerre au nicolaïsme, défense du patrimoine de l'Église.[19][20] Il maintient à son service le moine Hildebrand, le futur saint Grégoire VII, qu'il renvoie en Gaule poursuivre la lutte contre les abus.[21][22] La continuité du personnel réformateur entre Léon IX, Victor II, Étienne IX et la génération grégorienne est l'un des fils les plus solides de l'histoire de l'Église au XIe siècle.
Le pape qui sauva une succession impériale
Le fait le plus frappant du pontificat est politique. Quand Henri III meurt à trente-neuf ans, son héritier Henri IV n'a que six ans. Dans un empire où la minorité d'un roi ouvre presque toujours une guerre civile, c'est le pape Victor II qui tient l'édifice : il fait jurer fidélité au jeune roi, le fait introniser à Aix-la-Chapelle, confie la régence à l'impératrice Agnès de Poitou et négocie la paix avec les ennemis de la couronne.[23][24] L'histoire retient rarement qu'un pape ait, pendant quelques mois, gouverné de fait l'Occident chrétien.
« Il exerça un pouvoir énorme, qu'il employa avec tact pour maintenir la paix. » — Encyclopædia Britannica, article "Victor II", traduction française[25]
Gebhard avant Rome : l'évêque le plus puissant du Reich
Une famille comtale souabe-bavaroise
Gebhard naît vers 1018, dans une famille comtale du sud du Saint-Empire, à la frontière de la Souabe et de la Bavière.[26][27] Les sources allemandes nomment ses parents Hartwig et Biliza ; la famille, apparentée de loin à la dynastie salienne régnante, est généralement rattachée à la lignée des comtes de Dollnstein-Hirschberg.[28][29] Son frère Gotebold deviendra patriarche d'Aquilée (1048-1063), preuve que la maison place ses fils aux sommets de l'Église impériale.[30]
L'identification précise de la famille reste débattue : d'anciennes notices le rattachent aux comtes de Calw en Souabe, tandis que l'historiographie allemande moderne privilégie l'ascendance de Dollnstein-Hirschberg.[31][32] Le rédacteur honnête doit signaler ce débat plutôt que trancher : ce qui est certain, c'est l'appartenance à la haute aristocratie d'Empire et la proximité avec la maison royale, deux clés de toute la carrière de Gebhard.
Évêque d'Eichstätt à vingt-quatre ans (1042)
Gebhard est apparenté à Gebhard III, évêque de Ratisbonne et oncle d'Henri III. C'est ce parent puissant qui, au Noël 1042, lors de la diète tenue à Goslar, le présente à l'empereur comme candidat au siège épiscopal vacant d'Eichstätt, en Bavière.[33][34] Henri III hésite d'abord : le candidat n'a pas trente ans, en dessous de l'âge canonique requis. L'appui de l'archevêque Bardon de Mayence emporte la décision, et Gebhard est investi évêque d'Eichstätt à Noël 1042.[35][36]
Eichstätt n'est pas un siège secondaire : c'est un évêché du cœur de la Bavière, riche et stratégique. Comme évêque, Gebhard se révèle un administrateur et un homme d'État de premier ordre, plus qu'un théologien — profil typique des évêques saliens formés pour servir à la fois l'Église et l'Empire.[37]
Le bras droit d'Henri III
En 1046-1047, le jeune évêque accompagne Henri III en Italie ; il assiste aux dépositions de Sutri et au couronnement impérial qui ouvrent l'ère des papes allemands.[38] Vers 1050, Gebhard entre dans le cercle le plus intime des conseillers de l'empereur ; les chroniqueurs le décrivent comme le confident absolument fiable du souverain pour les affaires politiques, juridiques et ecclésiastiques.[39][40] Il joue un rôle dans le gouvernement de la Bavière pendant la minorité du duc, et son influence dépasse celle de tout autre prélat du royaume.
« Deux sources indépendantes le désignent comme l'homme le plus puissant après le souverain. » — Enciclopedia dei Papi (Treccani), article "Vittore II", traduction française[41]
Un évêque réformateur et un homme d'État
Cette puissance n'est pas une simple ambition de cour. Gebhard partage la sensibilité réformatrice de son époque : il connaît les abus de la simonie et du mariage des clercs, et il a vu de près, à Sutri, ce qu'une papauté livrée aux familles romaines avait produit. Quand l'heure viendra de lui confier Rome, ce ne sera donc pas pour neutraliser la réforme, mais pour lui donner un chef capable de la mener avec l'appui entier de l'Empire.
La mort de Léon IX et la longue vacance (1054-1055)
Pourquoi Rome se tourne vers Gebhard
Saint Léon IX meurt à Rome le 19 avril 1054, épuisé par la défaite de Civitate face aux Normands et par la rupture avec Constantinople.[42] Le Siège apostolique reste vacant près d'un an — une vacance exceptionnellement longue qui dit la difficulté du choix. Les réformateurs romains, conduits par le moine Hildebrand, savent qu'ils ont besoin d'un pape assez fort pour protéger Rome des Normands au sud et des factions romaines au-dedans, donc d'un homme soutenu par l'Empire.
L'ambassade d'Hildebrand à la cour impériale
Une délégation du clergé et du peuple romains, conduite par Hildebrand, gagne la cour d'Henri III — d'abord à Mayence, puis à la diète — pour demander la désignation de Gebhard d'Eichstätt.[43][44] Le détail est lourd de sens : c'est le futur Grégoire VII en personne qui va chercher, auprès de l'empereur, le ministre impérial pour en faire un pape. Rien ne montre mieux à quel point, en 1054, la réforme et l'Empire marchent encore ensemble.
Une résistance existe pourtant à Rome : on craint qu'un homme aussi lié à la cour ne soit un pape trop impérial.[45] La désignation se fait néanmoins, dès septembre 1054, par l'usage du droit impérial de présentation.[46][47]
La condition de Gebhard : restituer les biens de l'Église
Gebhard, lui, hésite longtemps. Il connaît trop bien le pouvoir pour ignorer ce que vaut l'indépendance. À la diète de Ratisbonne, en mars 1055, il pose enfin sa condition : il n'acceptera la papauté que si l'empereur restitue au Siège apostolique tous les biens qui lui ont été enlevés.[48][49] Henri III accepte.
« Il n'accepta la papauté qu'à la condition que l'empereur restitue au Siège apostolique tous les biens qui lui avaient été enlevés. » — James Loughlin, Catholic Encyclopedia, 1908, traduction française[50]
La condition n'est pas un détail comptable. Elle révèle un homme qui, même créature de l'Empire, entend défendre le patrimoine de Pierre contre l'Empire lui-même. C'est, en germe, toute l'ambiguïté féconde de son pontificat : servir l'alliance impériale sans abandonner la cause propre de l'Église.
Élection et intronisation (13 avril 1055)
Gebhard gagne Rome. Le Jeudi saint 13 avril 1055, il est formellement élu par le clergé, acclamé par le peuple et intronisé à la basilique Saint-Pierre, prenant le nom de Victor II.[51][52][53] Le choix du nom évoque la victoire et renvoie au pape africain Victor Ier ; il s'inscrit dans la tonalité combative de la réforme.
Comme ses prédécesseurs allemands, et selon l'usage de l'Église impériale, Victor II conserve son siège d'Eichstätt tout en devenant évêque de Rome.[54][55] Ce cumul — papa qui et episcopus, « pape qui est aussi évêque » — appartient à un monde que la réforme grégorienne ultérieure jugera incompatible avec la pleine régularité ; mais nul, à l'époque, ne conteste pour cela la légitimité de Victor II.
Le synode de Florence (4 juin 1055)
Trois fronts : simonie, nicolaïsme, biens d'Église
À peine intronisé, Victor II rejoint l'empereur à Florence pour le dimanche de la Pentecôte, 4 juin 1055. Là se tient le grand acte de son pontificat : un synode réunissant, selon les sources, environ cent vingt évêques d'Italie et d'au-delà des Alpes, en présence d'Henri III.[56][57] Le synode confirme et durcit les décrets de Léon IX sur les trois plaies de l'Église du XIe siècle.
| Front de la réforme | Mal visé | Décision de Florence |
|---|---|---|
| Simonie | Achat et vente des charges et des sacrements | Confirmation de l'excommunication des coupables |
| Nicolaïsme | Mariage et concubinage des clercs (incontinentia) | Renouvellement des peines contre les clercs incontinents |
| Biens d'Église | Aliénation du patrimoine ecclésiastique aux laïcs | Défense de restituer et de protéger les biens de l'Église |
« Les anciens décrets contre la simonie et l'incontinence y furent confirmés. » — James Loughlin, Catholic Encyclopedia, 1908, traduction française[58]
Pourquoi ces trois mots reviennent sans cesse
Pour le lecteur d'aujourd'hui, ces mots sont techniques. L'image la plus simple est celle d'une Église qu'il faut désintoxiquer de l'argent et du pouvoir local. La simonie — du nom de Simon le Magicien, qui voulut acheter le don de l'Esprit (Actes 8, 18-20) — c'est traiter une charge sacrée comme une marchandise. Le nicolaïsme — terme tiré d'Apocalypse 2, 6 — désigne l'incontinence des clercs, mariés ou concubins, qui transmettent souvent leurs bénéfices à leurs fils comme un héritage. L'aliénation des biens enfin livre les terres de l'Église à des seigneurs laïcs qui en font ce qu'ils veulent. Les trois maux se tiennent : ils transforment l'Église en propriété de familles. La réforme veut rendre l'Église à elle-même — c'est exactement le sens de Florence.
La réforme par légats : Hildebrand et la Gaule
Victor II ne légifère pas seulement en synode ; il gouverne par légats. Au début de 1056, il renvoie Hildebrand en Gaule pour y reprendre la lutte contre la simonie et le concubinage.[59][60] Il nomme légats pontificaux pour le midi de la France les archevêques Raimbaud d'Arles et Pons d'Aix, chargés de combattre les mêmes vices.[61] Des synodes réformateurs se tiennent ainsi dans le royaume — la tradition mentionne Lyon (1055) et Toulouse (1056) — sous l'autorité de ses délégués.[62] L'autorité romaine s'exerce désormais jusqu'aux confins de la chrétienté latine, par un réseau de légats — méthode que Grégoire VII portera à son sommet.
Le pape et l'empereur : un pouvoir sans équivalent
Duc de Spolète, marquis de Fermo, vicaire impérial
Pendant son séjour italien, et avant de regagner l'Allemagne en novembre 1055, Henri III confère à Victor II le gouvernement du duché de Spolète et de la marche de Fermo — certaines sources parlent aussi de Camerino — faisant du pape, dans ces terres, un prince temporel et un vicaire impérial pour l'Italie.[63][64][65] Jamais un pape réformateur n'avait reçu un tel relais de la puissance impériale au cœur de la péninsule.
Le cumul des charges
Récapitulons ce que tient Victor II à l'automne 1055 : il est pape et évêque de Rome ; il reste évêque d'Eichstätt ; il est duc de Spolète et marquis de Fermo ; il est vicaire impérial pour l'Italie ; il demeure le premier conseiller de l'empereur. Cette concentration de fonctions spirituelles et temporelles est sans équivalent dans l'histoire de la papauté médiévale.[66][67][68]
Le rédacteur catholique ne doit ni s'en scandaliser ni le célébrer naïvement. Ce cumul est le fruit d'un monde — celui de l'Église d'Empire (la Reichskirche), où l'évêque est aussi un agent du pouvoir royal. La réforme grégorienne dénouera précisément ce nœud, en distinguant le spirituel du temporel et en interdisant l'investiture laïque. Victor II est, à cet égard, le dernier grand représentant du modèle ancien, juste avant qu'il ne se brise.
Une symbiose au sommet
« Victor II incarne l'apogée de la coopération impériale et pontificale sous Henri III. » — Enciclopedia dei Papi (Treccani), article "Vittore II", traduction française[69]
Tant qu'Henri III vit, l'équilibre tient : l'empereur protège la réforme, le pape soutient l'Empire, et les deux frappent ensemble la simonie. Mais cet équilibre repose sur deux hommes — un empereur fort et un pape qui est son ami. La mort de l'un, puis bientôt de l'autre, va tout déséquilibrer.
La mort d'Henri III et la régence (octobre 1056)
Bodfeld, 5 octobre 1056 : l'empereur confie son fils au pape
À l'automne 1056, Victor II repasse les Alpes pour retrouver Henri III, malade. L'empereur meurt le 5 octobre 1056 au pavillon de chasse de Bodfeld, dans le Harz, à trente-neuf ans.[70][71][72] Sur son lit de mort, il confie au pape son fils mineur, le futur Henri IV, âgé de six ans, ainsi que l'impératrice Agnès de Poitou.[73][74] Le geste est immense : l'empereur d'Occident remet la garde de l'Empire entre les mains du pape.
Victor II conduit d'abord l'inhumation impériale. Le corps d'Henri III est porté à Spire, la nécropole salienne, où il est enseveli le 28 octobre 1056, jour de l'anniversaire du défunt.[75]
Assurer la couronne d'Henri IV
Le danger est connu : la minorité d'un roi appelle la révolte des grands. Victor II agit vite et avec autorité. Il fait reconnaître et jurer fidélité au jeune Henri IV, déjà élu roi du vivant de son père, et le fait solennellement introniser à Aix-la-Chapelle, sur le trône de Charlemagne, symbole de la légitimité carolingienne.[76][77] Il confie la régence à l'impératrice Agnès, mère du roi, dont il devient le conseiller.[78][79]
La paix de Cologne avec la Flandre et la Lotharingie
Restait à neutraliser les ennemis de la couronne. À une diète tenue à Cologne, Victor II négocie la paix avec les principaux adversaires de la monarchie salienne : le comte Baudouin V de Flandre et Godefroy III le Barbu, duc de Basse-Lotharingie.[80][81] En quelques mois, le pape a éteint l'incendie : l'Empire passe la minorité de son roi sans guerre civile.
« Sur son lit de mort, l'empereur recommanda son fils mineur, le futur Henri IV, à la protection du pape Victor. » — Encyclopedia.com, d'après la New Catholic Encyclopedia, traduction française[82]
C'est ici que se mesure la singularité de Victor II. Non par une doctrine — il n'en a laissé aucune — mais par ce moment unique où un pape gouverne effectivement l'Occident, au nom d'un enfant et d'une veuve, pour la paix de la chrétienté.
Le dernier acte (1057)
Le retour à Rome et les privilèges
Au début de 1057 — la tradition situe son retour en février — Victor II regagne l'Italie et Rome.[83] Il multiplie alors les bulles et privilèges en faveur d'établissements français, anglais, allemands et italiens, signe d'une chancellerie active et d'une autorité reconnue dans toute la chrétienté.[84][85]
Frédéric de Lorraine au Mont-Cassin : le futur Étienne IX
Un acte de 1057 pèsera lourd sur la suite. Victor II obtient la démission de l'abbé Pierre du Mont-Cassin et y impose Frédéric de Lorraine, chancelier de l'Église romaine et frère de Godefroy le Barbu.[86] Ce Frédéric, fait abbé puis cardinal, sera élu pape dès la mort de Victor II, sous le nom d'Étienne IX. La transition vers la génération grégorienne se prépare ainsi dans l'ombre du dernier pape impérial.
Le synode près d'Arezzo (23 juillet 1057)
Victor II gagne ensuite la Toscane. Le 23 juillet 1057, il tient un synode au palais de Saint-Donat, près d'Arezzo, pour trancher un vieux conflit de juridiction entre les évêques d'Arezzo et de Sienne.[87][88] C'est l'un de ses derniers actes connus : un pape réformateur jusqu'au bout, occupé à remettre de l'ordre dans les diocèses.
La mort à Arezzo (28 juillet 1057)
Cinq jours plus tard, terrassé par une fièvre — vraisemblablement la malaria, endémique dans l'Italie centrale et fatale à plusieurs papes du siècle —, Victor II meurt à Arezzo le 28 juillet 1057, à trente-neuf ans environ.[89][90][91] Son pontificat aura duré deux ans, trois mois et quinze jours.
Le tombeau dérobé de Ravenne
Eichstätt espérait son évêque
Victor II était resté, jusqu'à sa mort, évêque d'Eichstätt. Son escorte voulut donc ramener sa dépouille en Bavière pour l'ensevelir dans sa cathédrale, comme Clément II l'avait été à Bamberg — l'unique tombeau papal au nord des Alpes.[92] Le destin en décida autrement.
Le rapt du corps par les Ravennates
Avant que le cortège n'atteigne l'Allemagne, les habitants de Ravenne s'emparèrent de force du corps et l'inhumèrent dans leur ville.[93][94] Plusieurs récits ajoutent que le cortège fut trompé près de Ravenne, et que la translation vers Eichstätt fut ainsi rendue impossible.[95]
« Avant qu'ils n'atteignent la ville, les restes leur furent arrachés de force par des habitants de Ravenne, et ensevelis là, dans l'église Santa Maria Rotonda, lieu de sépulture de Théodoric le Grand. » — James Loughlin, Catholic Encyclopedia, 1908, traduction française[96]
Santa Maria Rotonda, le mausolée de Théodoric
Le lieu est saisissant. La Santa Maria Rotonda de Ravenne n'est autre que l'ancien mausolée de Théodoric le Grand, le roi ostrogoth d'Italie († 526), monument unique coiffé d'une coupole monolithe, christianisé au Moyen Âge.[97][98] Le dernier pape impérial allemand fut donc enseveli dans le tombeau d'un roi germanique d'Italie — symétrie historique frappante entre deux figures du pouvoir germanique au sud des Alpes.
Un sarcophage vide
L'histoire a une fin incertaine. Le sarcophage de la Rotonde de Ravenne est aujourd'hui vide, et le sort définitif des restes de Victor II reste inconnu des historiens.[99] Le dernier des papes allemands d'Henri III est ainsi le seul à n'avoir ni tombeau romain, ni tombeau allemand identifié — une disparition à la mesure de sa figure singulière.
Après Victor II : la fin de la papauté impériale
Une régence affaiblie
La mort de Victor II, le 28 juillet 1057, laisse un vide immense. La régence d'Agnès de Poitou, privée du conseiller qui la soutenait, se révèle faible. L'autorité impériale sur Rome, déjà tenue à bout de bras, se relâche brutalement.[100][101] Pour la première fois depuis Sutri, la papauté va se choisir sans attendre l'aval de l'Empire.
Du décret de 1059 à Grégoire VII
Les réformateurs romains agissent immédiatement : Frédéric de Lorraine, l'homme placé par Victor II au Mont-Cassin, est élu pape sous le nom d'Étienne IX dès août 1057, sans consultation préalable de la cour impériale. Deux ans plus tard, en 1059, le décret In nomine Domini de Nicolas II réserve l'élection pontificale aux cardinaux-évêques, soustrayant en droit la désignation du pape à l'Empire comme aux familles romaines. La voie est ouverte à Grégoire VII (1073) et à la querelle des Investitures, qui opposera frontalement la papauté et le successeur même qu'avait protégé Victor II — l'empereur Henri IV.
L'ironie de l'histoire est complète : le pape qui sauva l'enfant Henri IV prépara, sans le vouloir, l'émancipation de la papauté qui se dressera contre l'Henri IV adulte. La mort prématurée de Victor II est, à cet égard, l'un des grands tournants discrets du XIe siècle.
Forme impériale et liberté de l'Église
Le cas Victor II prolonge la leçon déjà donnée par Clément II. Son élection est canoniquement irrégulière au regard des critères grégoriens ultérieurs : présentation impériale, candidat ministre de l'empereur, cumul de l'évêché d'Eichstätt avec le Siège romain. Et pourtant, sa réception ecclésiale est pleine : aucun successeur n'a jamais contesté sa légitimité, son nom figure dans toutes les listes officielles, son œuvre réformatrice est continuée par ses propres collaborateurs.[102][103]
C'est cette distinction — entre la forme parfois défectueuse d'une élection et la réception durable de l'élu par l'Église — qui permet au catholique de regarder en face l'histoire mouvementée de la papauté médiévale, sans la lecture sédévacantiste qui invaliderait un pape parce que telle étape humaine de son élévation paraît irrégulière. L'Église a toujours laissé à la réception ecclésiale, plus qu'à l'inspection ponctuelle des procédures, le soin de stabiliser la mémoire pontificale.
Statut, mémoire et culte
Un bienheureux sans canonisation formelle
Victor II n'a jamais fait l'objet d'une canonisation formelle par l'Église universelle.[104] Certaines anciennes notices et listes le qualifient de Beatus, « bienheureux », par respect pour sa figure réformatrice et son rôle pieux, mais aucun culte universel reconnu ne lui est attaché, et il ne figure pas au calendrier romain général.[105][106] Le rédacteur honnête doit dire exactement cela : ni saint canonisé, ni figure suspecte, mais un pape réformateur dont la mémoire est restée respectée sans dévotion officielle.
Le pape d'Eichstätt dans la mémoire bavaroise
C'est surtout à Eichstätt, son diocèse, que sa mémoire est demeurée vive : le « pape d'Eichstätt » y est célébré comme le plus illustre de ses évêques, le seul à être monté sur le Siège de Pierre.[107] Cette mémoire locale, sobre et fière, est l'exact pendant de celle de Bamberg pour Clément II : deux diocèses bavarois gardant le souvenir d'un des leurs devenu pape de la réforme.
Sources : ce qu'on sait, ce qu'on peut dire, ce qu'on ne sait pas
Le noyau sûr
Les sources principales se répartissent en quatre familles : fiches officielles (Vatican.va, Britannica), encyclopédies catholiques (Catholic Encyclopedia 1908, New Catholic Encyclopedia), encyclopédie italienne savante (Treccani — Enciclopedia dei Papi) et biographie allemande de référence (Neue Deutsche Biographie).[108][109][110][111][112]
| Point historique | Degré de certitude | Sources principales |
|---|---|---|
| Naissance souabe-bavaroise, vers 1018 | Fort | Vatican ; NDB ; Treccani |
| Famille comtale (Dollnstein-Hirschberg / débat Calw) | Moyen | NDB ; New Catholic Encyclopedia |
| Évêque d'Eichstätt, Noël 1042 à Goslar | Très fort | Loughlin ; NDB ; Treccani |
| Premier conseiller d'Henri III vers 1050 | Très fort | Treccani ; NDB |
| Désignation en septembre 1054 | Fort | NDB ; New Catholic Encyclopedia |
| Condition de restitution des biens (Ratisbonne, mars 1055) | Fort | Loughlin ; Treccani |
| Élection et intronisation le 13 avril 1055 | Très fort | Vatican ; Loughlin ; NDB |
| Synode de Florence, 4 juin 1055, ~120 évêques | Très fort | Loughlin ; Gresser |
| Duché de Spolète et marche de Fermo | Fort | Treccani ; New Catholic Encyclopedia |
| Mort d'Henri III à Bodfeld, 5 octobre 1056 | Très fort | Loughlin ; Treccani |
| Régence assurée pour Henri IV et Agnès | Très fort | Loughlin ; Britannica ; Treccani |
| Synode près d'Arezzo, 23 juillet 1057 | Fort | Loughlin ; Treccani |
| Mort à Arezzo, 28 juillet 1057 | Très fort | Vatican ; NDB ; Treccani |
| Corps saisi par Ravenne, Santa Maria Rotonda | Fort | Loughlin ; Treccani |
| Sarcophage aujourd'hui vide | Moyen | Treccani |
Sources primaires médiévales
Les principales sources médiévales pour Victor II et son temps sont :
- Berthold de Reichenau, Annales (continuation de la chronique d'Hermann Contractus), couvrant les années 1054-1080 — éd. dans les MGH Scriptores.
- Lampert de Hersfeld, Annales, vers 1077-1079 — récit allemand majeur de la mort d'Henri III et de la minorité d'Henri IV ; éd. dans les MGH Scriptores rerum Germanicarum.
- Bonizo de Sutri, Liber ad amicum, vers 1085-1086 — chronique grégorienne partisane, à utiliser avec prudence.
- Léon d'Ostie (Leo Marsicanus), Chronica monasterii Casinensis — pour l'épisode du Mont-Cassin et l'installation de Frédéric de Lorraine ; éd. dans les MGH Scriptores XXXIV.
- Liber Pontificalis — éd. Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. II, Paris, 1892.
- Philipp Jaffé, Regesta Pontificum Romanorum — recensement des actes pontificaux conservés sous le nom de Victor II.[113]
Sources savantes modernes
| Auteur / Référence | Apport |
|---|---|
| Saint-Siège, fiche officielle "Vittore II" | 153e pape, dates et identité officielles |
| James Loughlin, Catholic Encyclopedia, 1908 | Notice catholique classique de référence |
| New Catholic Encyclopedia (via encyclopedia.com) | Synthèse anglophone, statut et famille |
| Enciclopedia dei Papi, Treccani, Roma, 2000 | Notice italienne savante complète |
| Neue Deutsche Biographie, art. "Victor II." | Biographie allemande, prosopographie |
| J. N. D. Kelly et M. J. Walsh, Oxford Dictionary of Popes, 2010 | Notice anglophone synthétique |
| Philippe Levillain, Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, 1994 | Notice française de référence |
| Georg Gresser, Die Synoden und Konzilien in der Zeit des Reformpapsttums, Paderborn, 2006 | Étude des synodes réformateurs, dont Florence 1055 |
| Diözese Eichstätt, dossier "Viktor II., der Eichstätter Papst" | Mémoire locale et état des recherches |
Ce qu'on ne sait pas
On ne possède aucun portrait spirituel de Victor II : ni journal, ni traité, ni correspondance personnelle dévoilant sa prière ou ses lectures. Les sources s'intéressent à sa fonction politique et réformatrice, non à son intériorité. Sa famille exacte reste discutée (Dollnstein-Hirschberg ou Calw), et le sort définitif de ses restes, après Ravenne, est perdu. Comme Clément II, Victor II demeure une figure historiquement décisive mais personnellement pâle — un homme presque entièrement absorbé par la fonction qu'il a servie.
Chronologie
| Date | Événement | Portée |
|---|---|---|
| vers 1018 | Naissance de Gebhard en Souabe | Famille comtale d'Empire |
| Noël 1042 | Investi évêque d'Eichstätt à Goslar | Évêque à moins de trente ans |
| 1046-1047 | Accompagne Henri III en Italie | Témoin de Sutri |
| vers 1050 | Entre dans le cercle intime d'Henri III | Homme le plus puissant après l'empereur |
| 19 avril 1054 | Mort de saint Léon IX | Ouverture d'une longue vacance |
| septembre 1054 | Désigné pape par Henri III | Ambassade d'Hildebrand |
| mars 1055 | Diète de Ratisbonne, condition de restitution des biens | Accord d'Henri III |
| 13 avril 1055 | Élection et intronisation, nom de Victor II | 153e pape |
| 4 juin 1055 | Synode de Florence | Simonie, nicolaïsme, biens d'Église |
| automne 1055 | Duc de Spolète et marquis de Fermo | Vicaire impérial pour l'Italie |
| début 1056 | Hildebrand légat en Gaule | Réforme par légats |
| 5 octobre 1056 | Mort d'Henri III à Bodfeld | Le pape devient régent de fait |
| 28 octobre 1056 | Inhumation d'Henri III à Spire | Anniversaire de l'empereur |
| fin 1056 | Intronisation d'Henri IV à Aix, paix de Cologne | Succession impériale assurée |
| 1057 | Frédéric de Lorraine abbé du Mont-Cassin | Le futur Étienne IX |
| 23 juillet 1057 | Synode près d'Arezzo | Conflit Arezzo-Sienne tranché |
| 28 juillet 1057 | Mort à Arezzo, d'une fièvre | Fin de la papauté impériale d'Henri III |
| août 1057 | Élection d'Étienne IX sans la cour impériale | Émancipation de la papauté |
| 1059 | Décret In nomine Domini de Nicolas II | Élection réservée aux cardinaux-évêques |
Pour aller plus loin
- Saint Léon IX (1049-1054) — prédécesseur direct, vrai inaugurateur de la réforme militante.
- Pape Clément II (1046-1047) — premier pape allemand de la série, seul pape inhumé au nord des Alpes.
- Pape Damase II (1048) — second pape allemand, pontificat très bref.
- Pape Étienne IX (1057-1058) — successeur immédiat, placé par Victor II au Mont-Cassin.
- Saint Grégoire VII — l'ancien Hildebrand, légat de Victor II, futur adversaire d'Henri IV.
- Pape Benoît IX — figure de la papauté tusculane à laquelle la réforme met fin.
- Le synode de Sutri (1046) — point de départ de la série des papes allemands.
- La réforme grégorienne — mouvement de fond que Victor II prolonge et que sa mort libère.
- La querelle des Investitures — conflit ultérieur entre la papauté et Henri IV, l'enfant que Victor II avait protégé.
- Saint Pierre Damien — grande voix spirituelle et réformatrice du même temps.
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "Vittore II" : 153e pape de l'Église catholique, nom civil Gebhard of Dollnstein-Hirschberg, origine Souabe, début du pontificat 13.IV.1055, fin 28.VII.1057. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/vittore-ii.html.
1 2 26 51 102 108James Loughlin, "Pope Victor II", The Catholic Encyclopedia, vol. 15, Robert Appleton Company, New York, 1912, repris par New Advent : Gebhard neveu de l'évêque Gebhard III de Ratisbonne, présenté à Henri III à Goslar le jour de Noël 1042, évêque d'Eichstätt, conseiller impérial, diète de Ratisbonne de mars 1055 (condition de restitution des biens), élection et intronisation le 13 avril 1055, synode de Florence du 4 juin 1055 (120 évêques, décrets contre simonie et incontinence confirmés), Hildebrand renvoyé en Gaule, mort d'Henri III le 5 octobre 1056 et recommandation d'Henri IV au pape, intronisation d'Henri IV à Aix-la-Chapelle, paix avec Baudouin V de Flandre et Godefroy, synode près d'Arezzo, mort le 28 juillet 1057, corps saisi par des habitants de Ravenne et enseveli à Santa Maria Rotonda, sépulture de Théodoric le Grand. URL : https://www.newadvent.org/cathen/15409a.htm.
3 7 13 19 21 33 43 48 50 52 56 58 59 70 73 78 80 87 89 92 93 96 97 109Treccani, "Vittore II", Enciclopedia dei Papi, dir. Massimo Bray, Istituto della Enciclopedia Italiana, Roma, vol. II, 2000 : notice biographique savante de référence — origine de Dollnstein-Hirschberg, parents Hartwig et Biliza, frère Gotebold patriarche d'Aquilée, évêque d'Eichstätt 1042, homme le plus puissant après l'empereur, désignation de 1054, élection du 13 avril 1055, synode de Florence, duché de Spolète et marche de Fermo, régence pour Henri IV et Agnès, inhumation d'Henri III à Spire, retour à Rome, Mont-Cassin et Frédéric de Lorraine, synode près d'Arezzo, mort le 28 juillet 1057, corps détourné vers Ravenne et inhumé à Santa Maria Rotonda (mausolée de Théodoric), sarcophage aujourd'hui vide. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/vittore-ii_(Enciclopedia-dei-Papi)/.
4 10 11 14 16 18 23 29 36 37 38 40 41 42 45 49 55 63 66 69 71 75 76 81 83 84 86 88 91 94 95 98 99 100 103 111New Catholic Encyclopedia, "Victor II, Pope, Bl.", repris par Encyclopedia.com : famille souabe (lignée d'où descendront les comtes de Calw), parenté avec la dynastie salienne, évêque d'Eichstätt 1042, conseiller en chef d'Henri III, désignation pontificale en 1054, intronisation le 13 avril 1055, synode de Florence (juin 1055), administration du duché de Spolète et de la marche de Fermo, régence assurée pour Agnès et couronnement d'Henri IV après la mort d'Henri III, mort le 28 juillet 1057, corps saisi par le peuple de Ravenne et inhumé à Santa Maria Rotonda ; pas de culte universel reconnu. URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/victor-ii-pope-bl.
5 12 17 31 47 65 67 77 82 101 104 105 110J. N. D. Kelly et Michael J. Walsh, The Oxford Dictionary of Popes, 2ᵉ éd., Oxford University Press, Oxford, 2010, s.v. « Victor II » — notice de référence recensant les 266 papes reconnus, de saint Pierre à Benoît XVI, dont Victor II comme dernier des quatre papes allemands imposés par Henri III.
6Georg Gresser, Die Synoden und Konzilien in der Zeit des Reformpapsttums in Deutschland und Italien von Leo IX. bis Calixt II. (1049-1123), Ferdinand Schöningh, Paderborn, 2006 : étude de référence sur les synodes réformateurs du XIe siècle, incluant le synode de Florence de 1055 tenu par Victor II en présence d'Henri III (confirmation des décrets contre la simonie et l'incontinence cléricale, défense des biens d'Église).
8 20 57Encyclopædia Britannica, "Victor II, Pope" : Gebhard de Dollnstein-Hirschberg, né vers 1018 en Souabe, évêque d'Eichstätt en 1042, conseiller principal d'Henri III, pape de 1055 à 1057, synode de Florence (juin 1055) contre le mariage des clercs et la simonie, tuteur d'Henri IV et conseiller de l'impératrice régente Agnès après la mort d'Henri III (5 octobre 1056), pouvoir énorme employé avec tact pour maintenir la paix, mort le 28 juillet 1057 à Arezzo. Texte original : « wielded enormous power, which he employed tactfully to maintain peace ». URL : https://www.britannica.com/biography/Victor-II.
9 24 25 62 74 79Wikipedia (anglais), "Pope Victor II" : synthèse biographique, délégation romaine conduite par Hildebrand jusqu'à Mayence, intronisation le 13 avril 1055, synode de Florence de juin 1055, régence pour Henri IV et Agnès, mort le 28 juillet 1057, corps saisi par des citoyens de Ravenne et inhumé à Santa Maria Rotonda ; Victor II présenté comme le dernier pape d'origine allemande avant l'élection de Benoît XVI 948 ans plus tard. Texte original : « the last pope of German origin until Pope Benedict XVI was elected 948 years later ». URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Victor_II.
15 22 44 60Neue Deutsche Biographie, art. "Victor II. (bis 1055 Gebhard)" : parents Hartwig et Biliza, maison noble alémanique apparentée de loin à la dynastie salienne, frère Gotebold futur patriarche d'Aquilée, proposé pour Eichstätt fin 1042 par Gebhard III de Ratisbonne, investi à Goslar à Noël 1042 malgré sa jeunesse grâce à l'appui de l'archevêque Bardon de Mayence, conseiller le plus fiable d'Henri III, désigné pape en septembre 1054, accepte à la diète de Ratisbonne de mars 1055, intronisé le 13 avril 1055, conserve son siège d'Eichstätt comme pape, poursuit la réforme (simonie, nicolaïsme, biens d'Église), mort le 28 juillet 1057 à Arezzo d'une fièvre, probablement la malaria. URL : https://www.deutsche-biographie.de/sfz83735.html.
27 28 30 32 34 35 39 46 53 54 90 106 112Catholic Answers, "Pope Victor II" (encyclopédie en ligne, d'après la Catholic Encyclopedia) : Hildebrand renvoyé en France au début de 1056 contre la simonie et le concubinage ; nomination des archevêques Raimbaud d'Arles et Pons d'Aix comme légats pontificaux pour le midi de la France ; transfert au pape des duchés de Spolète et de Camerino par l'empereur. URL : https://www.catholic.com/encyclopedia/pope-victor-ii.
61 64Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, Paris, 1994, s.v. « Victor II » — notice de référence française (ouvrage de 1776 p. et 912 entrées couvrant chaque pontificat) sur le cumul des charges spirituelles et temporelles de Victor II.
68Regesta Imperii III, 5, 2 (Papstregesten 1046-1058), n° 1267, 5 octobre 1056, Bodfeld — Akademie der Wissenschaften und der Literatur, Mayence : régeste consacré à la mort d'Henri III à Bodfeld et à la recommandation de son fils au pape Victor II. URL : https://www.regesta-imperii.de/regesten/3-5-2-papstregesten/nr/1056-10-05_4_0_3_5_2_939_1267.html.
72Philipp Jaffé, Regesta Pontificum Romanorum, 2ᵉ éd. revue par S. Loewenfeld, F. Kaltenbrunner et P. Ewald, Veit, Leipzig, 1885-1888 : recensement chronologique des actes et privilèges conservés sous le nom de Victor II.
85 113Diözese Eichstätt, dossier et notices "Viktor II., der Eichstätter Papst" : mémoire diocésaine de Gebhard, évêque d'Eichstätt devenu pape, le plus illustre des évêques du diocèse ; rappels biographiques et état des recherches. URL : https://www.bistum-eichstaett.de/.
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