Pape Damase II (1048)

Pape bavarois issu de Brixen, Damase II ne gouverne Rome que vingt-trois jours en 1048, entre le retour de Benoît IX et la réforme de saint Léon IX.

Ignispedia

Damase II, né Poppo ou Poppone, est un pape très bref du XIe siècle : il gouverne l'Église romaine du 17 juillet au 9 août 1048. La fiche officielle du Saint-Siège le donne comme 151e pape, de nom civil Poppo de Brixen, originaire du Tyrol, avec un pontificat commencé le 17 juillet et achevé le 9 août 1048.[1]

Son importance ne vient pas d'une œuvre doctrinale conservée, mais du moment exact où il se trouve placé : après le synode de Sutri (1046), après la déposition des prétendants romains, après la mort de Clément II, et juste avant le pontificat réformateur de saint Léon IX. Damase II est le pape qui montre, en vingt-trois jours, la fragilité de la réforme impériale d'Henri III : l'empereur peut arracher Rome aux Tusculani, mais il ne peut pas encore garantir une liberté ecclésiale durable.[2][3]

La tradition ancienne lui attribue une mort rapide à Palestrina. Les notices modernes parlent généralement d'une fièvre, probablement la malaria, tandis qu'une tradition polémique plus tardive évoque le poison et l'entourage de Benoît IX. Le point sûr est plus sobre : Damase II meurt presque aussitôt après son intronisation, sans laisser de gouvernement pontifical développé.[4][5]

Pourquoi Damase II compte-t-il ?

Un pontificat de vingt-trois jours dans une crise d'un siècle

Damase II pourrait sembler une simple ligne dans la liste des papes. Il n'a ni grand concile, ni corpus de lettres, ni réforme personnelle identifiable. La Neue Deutsche Biographie le dit franchement : on ne connaît rien de son activité propre pendant ces trois semaines.[6]

Mais son cas est instructif parce qu'il relie trois dossiers majeurs : la fin de la domination tusculane sur Rome, l'intervention d'Henri III dans les élections pontificales, et la naissance immédiate de la réforme grégorienne. Il est le pape placé entre le vieux désordre romain de Benoît IX et la réforme beaucoup plus structurée de Léon IX.

Le deuxième pape allemand de la réforme impériale

Damase II appartient au groupe des papes promus dans l'orbite d'Henri III : Clément II, Damase II, puis Léon IX et Victor II. Ce ne sont pas encore les papes de la réforme grégorienne au sens strict, mais ils créent les conditions politiques d'un déplacement décisif : Rome ne sera plus seulement l'affaire des familles romaines.

La Catholic Encyclopedia le présente comme un Bavarois, troisième Allemand élevé au Siège de Pierre selon sa chronologie, et insiste sur le fait qu'il était déjà évêque de Brixen quand Henri III le désigna.[7] Treccani, plus précis sur la carrière de Poppo, montre un évêque de cour, très lié au souverain, présent dans les grands synodes de 1046-1047 et détenteur d'un siège alpin stratégiquement important.[8]

Un cas-limite de nomination impériale

Damase II pose une question délicate : quand les Romains demandent au patricien des Romains de leur donner un pasteur, s'agit-il d'un secours ordonné dans une crise ou d'une captation du droit d'élection ? La réponse doit être nuancée. En 1047, les Romains eux-mêmes envoient une ambassade à Henri III pour obtenir un successeur à Clément II ; mais la décision concrète vient de l'empereur, non d'une élection romaine libre au sens que défendra bientôt la réforme.

« Le peuple romain, réuni en un seul corps, envoya au roi Henri des légats avec des lettres, le suppliant comme des serviteurs leur seigneur et comme des fils leur père, afin qu'il leur envoyât un pasteur chaste, bienveillant, orné de bonnes moeurs, pour la sainte Église romaine et pour tout l'univers. » — Annales Romani, année 1047, traduction française[9]

Cette demande montre le paradoxe : Rome réclame un pape digne précisément parce que Rome n'arrive plus à se donner seule un pape stable.

Les sources disponibles

Un noyau sûr et très mince

Le noyau documentaire est court. Les grandes notices modernes convergent sur quelques faits : Poppo est évêque de Brixen avant 1048 ; il accompagne Henri III en Italie ; il est désigné après la mort de Clément II ; Benoît IX occupe de nouveau Rome ; Boniface de Toscane bloque d'abord l'entrée du candidat impérial ; Henri III menace Boniface ; Poppo entre à Rome le 16 ou 17 juillet ; il prend le nom de Damase II ; il meurt le 9 août à Palestrina ; il est enterré à Saint-Laurent-hors-les-Murs.[10][11][12]

PointDegré de certitudeSources principales
Poppo est évêque de Brixen avant RomeTrès fortTreccani, NDB, ADB
Première attestation comme évêque le 16 janvier 1040FortNDB, Treccani
Présence aux synodes de Pavia, Sutri et RomeTrès fortNDB, Treccani
Désignation par Henri III à Noël 1047FortNew Advent, NDB, ADB
Obstacle de Benoît IX et Boniface de ToscaneTrès fortNew Advent, ADB, Treccani
Intronisation le 17 juillet 1048Très fortSaint-Siège, New Advent, NDB
Mort à Palestrina le 9 août 1048Très fortSaint-Siège, New Advent, NDB
Cause exacte de la mortIncertaineMalaria probable ; poison non prouvé

Treccani : la carrière de Brixen

La notice longue de Treccani est la plus utile pour comprendre Poppo avant son élection. Elle situe sa succession à l'évêché de Brixen-Sabiona entre le 30 janvier 1039 et le début de 1040, puis relève les diplômes d'Henri III du 16 janvier 1040 en faveur de Poppo et de son Église.[13]

Brixen n'est pas un siège quelconque. Il contrôle des routes alpines, des immunités, des biens dans les vallées de l'Isarco, de l'Inn, de l'Adige, et jusque dans la Carniole. Treccani parle d'un des complexes féodaux les plus remarquables du royaume par son importance stratégique.[14] Poppo arrive donc à Rome non comme un inconnu, mais comme un évêque impérial placé sur un verrou alpin.

Les notices allemandes : un homme connu par fragments

La Neue Deutsche Biographie et l'ancienne Allgemeine Deutsche Biographie confirment la pauvreté du dossier personnel. La NDB résume : Poppo est issu de la noblesse bavaroise, famille inconnue, attesté comme évêque de Brixen le 16 janvier 1040, présent aux synodes de 1046-1047, désigné par Henri III probablement à la demande d'une ambassade romaine, consacré pape le 17 juillet, mort de fièvre probablement malaria le 9 août.[15]

L'ADB ajoute une remarque utile : la mort rapide a naturellement frappé les contemporains et rendu compréhensible la naissance d'une rumeur de poison, mais les preuves manquent. Elle souligne aussi que Damase II est une apparition trop éphémère pour livrer un portrait personnel solide.[16]

Avant Rome : Poppo de Brixen

Une origine bavaroise ou tyrolienne

Les sources ne donnent pas une généalogie complète. La NDB parle d'une origine dans la noblesse bavaroise, famille inconnue ; le Saint-Siège indique simplement le Tyrol ; la tradition locale et les notices modernes emploient le nom Poppo von Brixen ou Poppone.[17][18][19]

Il faut donc éviter les reconstructions trop assurées. Certains récits modernes le rattachent à Pildenau ou à une famille bavaroise précise, mais l'article doit rester sur le terrain documenté : Poppo est historiquement saisi à partir de son épiscopat de Brixen, non à partir d'une enfance bien connue.

Évêque de Brixen-Sabiona

Poppo apparaît comme évêque de Brixen au plus tard le 16 janvier 1040. À cette date, Henri III confirme et augmente les biens de l'Église de Brixen-Sabiona par plusieurs diplômes : droits, forêts, biens en Carniole, immunités et possessions alpines. Ces actes montrent une relation déjà forte entre le souverain et l'évêque.[20]

Le siège de Brixen a une valeur politique évidente. Il se trouve dans un espace de passage entre monde germanique et Italie, au coeur de routes que tout roi des Romains doit maîtriser pour descendre vers Rome. Un évêque fidèle y est donc un agent ecclésial et politique. Poppo appartient à ce système : il n'est pas un moine réformateur isolé, mais un évêque du royaume, inséré dans la cour.

Aux synodes de la réforme impériale

En octobre 1046, Poppo accompagne Henri III dans sa descente italienne. Treccani le signale au synode de Pavia, où la simonie est discutée et condamnée ; puis à Sutri, moment décisif qui élimine les prétendants concurrents ; enfin à Rome, en janvier 1047, au synode de Clément II qui promulgue un décret contre les simoniaques.[21][22]

Cette présence est capitale. Avant d'être pape, Poppo a vu de près la crise romaine, la déposition de Grégoire VI, l'effacement de Benoît IX et la première tentative d'Henri III pour purifier la papauté par l'autorité impériale. Il appartient au cercle de ceux qui pensent que Rome doit être sauvée de ses factions par un pouvoir extérieur plus stable.

La crise de 1047-1048

La mort de Clément II

Infographie originale IA — La brève apparition de Damase II se comprend dans une séquence plus large : sortie du chaos romain, papes germaniques d'Henri III, puis réforme du mode d'élection pontificale.

Clément II, ancien évêque de Bamberg nommé Suidger, meurt le 9 octobre 1047. Sa disparition ouvre immédiatement un vide. La réforme impériale n'a pas encore installé un mécanisme durable d'élection pontificale ; elle dépend largement de la personne d'Henri III et de la capacité militaire de ses alliés italiens.[23][24]

Dans ce vide, Benoît IX réapparaît. Membre des Tusculani, déjà déposé puis restauré à plusieurs reprises, il reprend possession de Rome avec l'aide du marquis Boniface de Toscane ou, du moins, grâce à son refus initial de soutenir le candidat impérial.[25][26]

L'ambassade romaine à Pöhlde

Le jour de Noël 1047, ou autour de cette date, une ambassade romaine rejoint Henri III à Pöhlde, en Saxe. Elle annonce la mort de Clément II et demande au roi, comme patricien des Romains, de fournir un pape. Les envoyés proposent d'abord Halinard, archevêque de Lyon, apprécié à Rome et capable, selon sa Vita, de s'adresser à chacun dans sa langue vernaculaire.[27][28]

Henri ne retient pas ce choix. Mann rapporte, d'après la Vita Wazonis, qu'il consulte Wazon de Liège, évêque réputé indépendant, qui aurait conseillé de renvoyer à Rome Grégoire VI — avis arrivé trop tard, Poppo étant déjà choisi. Henri finit par désigner Poppo de Brixen, plus proche de son entourage et plus sûrement contrôlable dans le cadre impérial.[29]

Benoît IX reprend Rome

Pendant que les envoyés sont absents, Benoît IX occupe de nouveau le trône pontifical. Le cas est typique du désordre romain des années 1030-1040 : une famille aristocratique peut encore exploiter l'absence d'un candidat fort pour réinstaller son homme.

La Catholic Encyclopedia parle sans détour d'une restauration de la faction tusculane et d'une nouvelle prise de possession par Benoît IX, avec l'aide secrète de Boniface de Toscane. Elle juge sévèrement Benoît, qu'elle présente comme une créature indigne continuant à déshonorer la papauté.[30]

Boniface de Toscane entre deux fidélités

Boniface de Toscane est l'homme-clé. Sans lui, Poppo ne peut pas entrer à Rome. Il refuse d'abord, en prétextant que Benoît IX a été installé. Henri III répond par une menace directe : si Boniface ne se corrige pas, l'empereur viendra lui-même.[31][32]

Selon le récit de Mann, Henri III adresse alors à Boniface une lettre énergique lui ordonnant d'expulser Benoît IX et d'installer son successeur : il reproche au marquis d'avoir restauré un pape canoniquement déposé et méprisé ses ordres par amour du gain, et le menace de venir lui-même s'il ne s'amende pas. Ce n'est pas une parole textuelle de l'empereur, mais le contenu de la lettre tel que Mann le rapporte en anglais.[33]

Boniface cède. Benoît IX est expulsé. Poppo peut entrer à Rome avec l'appui toscan, c'est-à-dire par une solution impériale armée plus que par une élection paisible.

Le pontificat de Damase II

L'entrée à Rome et le choix du nom

Poppo entre à Rome le 16 juillet 1048 selon la NDB, puis reçoit la consécration ou l'intronisation pontificale le 17 juillet — au Latran selon la Catholic Encyclopedia, à Saint-Pierre selon Mann et Treccani (Paschini, 1931). Il prend le nom de Damase II, en référence lointaine au pape saint Damase I, grand pape de la fin du IVe siècle, ami de saint Jérôme et défenseur de la mémoire des martyrs.[34][35][36][37]

Le choix du nom est peut-être volontairement romain. Un évêque germanique de Brixen devient Damase : il s'inscrit symboliquement dans une mémoire pontificale latine et urbaine. Mais les sources ne donnent aucune explication contemporaine ; il faut donc rester prudent.

Aucun acte pontifical conservé

Le fait le plus frappant est l'absence d'actes. Les vingt-trois jours de Damase II ne permettent pas de reconstruire une politique. La NDB dit qu'on ne sait rien de l'activité de ces trois semaines ; l'ADB ajoute qu'il n'existe pas de biographie particulière et que les informations reposent sur des données dispersées, romaines et allemandes.[38][39]

Cette pauvreté documentaire n'est pas un échec de recherche : elle appartient au sujet. Un bon article sur Damase II doit donc expliquer le contexte plutôt que fabriquer une "oeuvre" pontificale inexistante.

Une place dans la chaîne des papes réformateurs

Damase II est pourtant plus qu'un nom. Sa présence confirme que la papauté de 1046-1057 dépend désormais du vivier épiscopal germanique : Bamberg avec Clément II, Brixen avec Damase II, Toul avec Léon IX, Eichstätt avec Victor II. Henri III cherche des évêques formés, non des aristocrates romains.

Cette solution aura un effet paradoxal. Elle libère partiellement Rome des Tusculani, mais elle soumet aussi le choix du pape au souverain. La réforme grégorienne devra donc purifier deux dépendances à la fois : la domination des familles romaines et l'emprise impériale.

PapeOrigine avant RomeLien avec Henri IIIDurée du pontificatEnjeu
Clément IISuidger de BambergChoisi à Sutri/Rome en 10461046-1047Restaurer une papauté unique après trois prétendants
Damase IIPoppo de BrixenDésigné à Noël 104717 juillet-9 août 1048Remplacer Clément II face au retour de Benoît IX
Léon IXBrunon de ToulChoisi par Henri, accepté à Rome1049-1054Donner à la réforme une ampleur européenne
Victor IIGebhard d'EichstättProche conseiller impérial1055-1057Dernier grand pape de l'orbite directe d'Henri III

Damase II n'est pas le grand réformateur de la période, mais le maillon fragile entre le règlement impérial de Sutri et l'organisation plus durable qui mûrira sous Léon IX, Victor II et Nicolas II.

La mort à Palestrina

Fuir la chaleur de Rome

Damase II meurt à Palestrina le 9 août 1048. La Catholic Encyclopedia explique qu'il s'y était retiré pour échapper à la chaleur de l'été romain et qu'il mourut après seulement vingt-trois jours de pontificat, victime de la malaria.[40] La NDB parle de fièvre, probablement malaria.[41]

L'explication est plausible. Rome et ses environs étaient redoutés en été ; les fièvres paludéennes frappaient souvent les visiteurs et les hommes venus des régions alpines pouvaient y être particulièrement vulnérables. Mais les sources contemporaines ne permettent pas de diagnostiquer médicalement avec certitude.

La rumeur de poison

Une tradition polémique attribue sa mort au poison. Le nom de Gerhard Brazutus apparaît dans des sources anti-grégoriennes tardives, où il est présenté comme un empoisonneur lié à Benoît IX et à plusieurs morts pontificales. Cette tradition a nourri des récits dramatiques, mais elle est fragile : elle vient de textes de combat, postérieurs, hostiles à la réforme grégorienne, et ne fournit pas une preuve historique solide.[42][43]

Il faut donc tenir une position nette : le poison est une rumeur, la malaria ou une fièvre estivale est l'hypothèse moderne la plus raisonnable, la cause exacte reste non démontrable.

« Que l'opinion se soit formée que Damase II avait été empoisonné est compréhensible ; les preuves manquent toutefois. » — Allgemeine Deutsche Biographie, traduction française[44]

La sépulture à Saint-Laurent-hors-les-Murs

Damase II est enterré à Saint-Laurent-hors-les-Murs. New Advent reprend cette tradition ; la NDB indique aussi Rome, basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs ; GCatholic mentionne le sarcophage dans la même basilique.[45][46][47]

La tradition funéraire est intéressante parce qu'elle donne à ce pape étranger une inscription romaine concrète. Même si son pontificat fut presque inexistant en actes, son corps repose dans l'une des grandes basiliques martyriales de Rome.

Que révèle ce pontificat ?

Rome demande un pasteur parce qu'elle ne peut plus se donner la paix

Le premier enseignement est institutionnel. Quand les Romains écrivent à Henri III, ils ne demandent pas seulement un arbitrage politique ; ils demandent un pasteur "chaste", "bon" et "orné de bonnes moeurs". La crise morale de la papauté n'est donc pas seulement un diagnostic d'historiens modernes : elle est ressentie par les contemporains.[48]

Cette demande explique pourquoi une intervention impériale peut être accueillie comme un remède. Le danger est que le remède devienne une dépendance.

Henri III corrige un abus par un autre déséquilibre

Henri III rend un service réel : il empêche Benoît IX de s'installer durablement après la mort de Clément II. Mais il agit en patricien et souverain, non comme un simple protecteur extérieur. Il choisit, impose, menace, fait escorter, obtient l'intronisation. La papauté est délivrée d'une faction par une autre puissance.

Ce paradoxe prépare directement le décret de 1059 sur l'élection pontificale, puis la querelle des Investitures. La réforme ne pourra pas s'arrêter à "mettre de bons hommes" sur le siège de Pierre ; elle devra aussi définir qui choisit le pape et selon quelle liberté.

Une transition vers Léon IX

Le successeur de Damase II, Léon IX, donnera à la réforme un visage beaucoup plus actif : synodes itinérants, lutte anti-simoniaque, discipline du clergé, centralité romaine renouvelée. Damase II, par contraste, est le pontificat manqué : le candidat de réforme meurt avant d'agir.

Cette brièveté rend son article modeste, mais non inutile. Damase II est comme un trait d'union : assez bref pour ne presque rien faire, assez situé pour faire comprendre pourquoi l'Église du XIe siècle devra reconstruire profondément sa manière de choisir et de protéger le Siège apostolique.

Chronologie

  1. 16 janvier 1040
    Poppo attesté évêque de Brixen
    Brixen-Sabiona

    Les premiers documents connus le qualifient déjà d'évêque de Brixen-Sabiona.

  2. 25 octobre 1046
    Synode de Pavia
    Henri III en Italie

    Poppo accompagne Henri III ; la simonie est discutée et condamnée.

  3. 20 décembre 1046
    Synode de Sutri
    Crise des trois prétendants

    Henri III fait déposer ou écarter les prétendants romains et prépare l'élection de Clément II.

  4. 5 janvier 1047
    Synode romain de Clément II
    Décret contre les simoniaques

    Poppo participe au premier effort disciplinaire de la réforme impériale.

  5. 9 octobre 1047
    Mort de Clément II
    Vacance et retour de Benoît IX

    La disparition du pape impérial permet à Benoît IX de reprendre Rome.

  6. Noël 1047
    Ambassade romaine à Henri III
    Pöhlde, Saxe

    Les Romains demandent au roi, patricien des Romains, de leur donner un pasteur.

  7. Janvier 1048
    Henri désigne Poppo
    Brixen vers Rome

    Le choix impérial se porte sur l'évêque de Brixen plutôt que sur Halinard de Lyon.

  8. 16-17 juillet 1048
    Entrée et intronisation à Rome
    Rome

    Benoît IX est expulsé ; Poppo prend le nom de Damase II.

  9. 9 août 1048
    Mort à Palestrina
    Pontificat de vingt-trois jours

    Damase II meurt de fièvre probablement paludéenne ; la rumeur de poison demeure non prouvée.

Pour aller plus loin

  • Pape Benoît IX — Le pape tusculan dont les restaurations successives dominent la crise.
  • Pape Clément II — Le prédécesseur choisi après Sutri et mort le 9 octobre 1047.
  • Pape saint Léon IX — Le successeur qui donnera une vraie ampleur à la réforme.
  • Réforme grégorienne — Le mouvement qui répondra aux abus de simonie, de nicolaïsme et d'investiture laïque.
  • Querelle des Investitures — Le conflit dans lequel l'Église défendra la liberté de nommer ses pasteurs.
  • Infaillibilité pontificale — Pour distinguer la sainteté personnelle d'un pape, sa légitimité et la protection doctrinale du Siège de Pierre.

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle "Damasus II" (page en allemand consultée en direct) : « 151. Papst der Katholischen Kirche », « Pontifikatsbeginn 17.VII.1048 », fin 9.VIII.1048, nom civil Poppo von Brixen, origine Tirol. Le rang de 151e pape suit le comptage du Saint-Siège, qui compte les pontificats répétés de Benoît IX. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/de/holy-father/damaso-ii.html.

    1 17
  2. Thomas Oestereich, "Pope Damasus II", The Catholic Encyclopedia, vol. 4, Robert Appleton Company, New York, 1908, repris par New Advent : Poppo, natif de Bavière, évêque de Brixen, désignation par Henri III, rôle de Boniface de Toscane, expulsion de Benoît IX, intronisation le 17 juillet 1048, mort à Palestrina après vingt-trois jours, sépulture à Saint-Laurent-hors-les-Murs. URL : https://www.newadvent.org/cathen/04614a.htm.

    2 7 10 25 27 30 31 35 40 45
  3. Reinhard Elze, "Damasus II. (Poppo)", Neue Deutsche Biographie, vol. 3, Berlin, 1957, p. 498, version en ligne Deutsche Biographie : origine noble bavaroise, famille inconnue, évêque de Brixen attesté le 16 janvier 1040, présence à Pavia, Sutri et Rome, désignation à Noël 1047, entrée à Rome le 16 juillet 1048, consécration le 17 juillet, mort de fièvre probablement malaria le 9 août, absence d'activité pontificale connue. URL : https://www.deutsche-biographie.de/pnd119526077.html#ndbcontent.

    3 4 6 11 15 18 22 34 38 41 46
  4. V. Gellhaus, "Damasus II, Pope", New Catholic Encyclopedia, repris par Encyclopedia.com : pontificat du 17 juillet au 9 août 1048, Poppo bavarois, évêque de Brixen par Henri III, présence dans les synodes réformateurs de 1046, retour de Benoît IX après la mort de Clément II, Boniface de Toscane, mort de malaria dans les vingt-trois jours. URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/damasus-ii-pope.

    5 24
  5. Paolo Golinelli, "Damaso II", Enciclopedia dei Papi, Istituto della Enciclopedia Italiana Treccani : succession de Poppo à Brixen-Sabiona entre 1039 et 1040, diplômes d'Henri III du 16 janvier 1040, biens et immunités de Brixen, importance stratégique du complexe féodal, participation au synode de Pavia du 25 octobre 1046, à Sutri et à Rome, présence au synode de Clément II du 5 janvier 1047. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/damaso-ii_%28Enciclopedia-dei-Papi%29/.

    8 13 14 20 21
  6. Annales Romani, année 1047, dans Monumenta Germaniae Historica, Scriptores, cité par Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. V, part 2, London, Kegan Paul, 1910, p. 286 : "tunc Romanorum plebs in unum collecta, ad regem Heinricum legatos cum litteris miserunt, precantes et obsecrantes, ut servi dominum et ut filii patrem, ut eis dirigeret pudicum benignum ornatum bonis moribus sanctae Romanae ecclesiae et universo orbi pastorem."

    9 48
  7. Pio Paschini, "Damaso II, papa", Enciclopedia Italiana, Treccani, 1931 (notice consultée en direct : « Poppo fu incoronato in S. Pietro il 17 luglio 1048 ») : Poppo évêque de Bressanone, désigné par Henri III après la mort de Clément II, entrée retardée par le retour de Benoît IX et l'appui de Boniface de Toscane, couronnement à Saint-Pierre le 17 juillet 1048, mort à Palestrina le 9 août, sépulture à Saint-Laurent au Verano. Le lieu (Saint-Pierre) diffère de la Catholic Encyclopedia (Latran) ; les deux attributions sont signalées dans le corps. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-damaso-ii_%28Enciclopedia-Italiana%29/.

    12 23 37
  8. E. Steindorff, "Damasus II.", Allgemeine Deutsche Biographie, vol. 4, Leipzig, 1876, p. 714-715, version en ligne Deutsche Biographie : Poppo de Brixen, rôle dans le voyage italien d'Henri III, obstacle de Benoît IX et Boniface de Toscane, menace d'Henri, intronisation du 17 juillet, mort à Préneste/Palestrina, rumeur de poison compréhensible mais sans preuve, absence de biographie autonome. URL : https://www.deutsche-biographie.de/pnd119526077.html#adbcontent.

    16 19 32 39 43 44
  9. Encyclopaedia Britannica, "Damasus II" : Poppo, évêque de Brixen, nommé en décembre 1047 par Henri III pour succéder à Clément II, rivalité de Benoît IX, prise de fonction du 17 juillet au 9 août 1048, mort de malaria après vingt-trois jours. URL : https://www.britannica.com/biography/Damasus-II.

    26
  10. Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. V, part 2, The Popes in the Days of Feudal Anarchy, from Formosus to Damasus II, London, Kegan Paul, 1910, p. 286-291 (texte de l'édition 1910 vérifié en direct) : ambassade romaine à Henri III, proposition d'Halinard, consultation de Wazon de Liège (d'après la Vita Wazonis d'Anselme, c. 27 : Wazon conseille de renvoyer Grégoire VI, avis arrivé trop tard), choix de Poppo, obstruction de Boniface, contenu de la lettre d'Henri (« Learn, you who have restored a Pope who was canonically deposed, and who have been led by love of lucre to despise my commands, learn that, if you do not amend your ways, I will soon come and make you » — texte anglais de Mann, paraphrasé dans le corps, non cité comme parole directe), expulsion de Benoît IX, intronisation « in St. Peter's on July 17, 1048 », discussion de la rumeur de poison et de l'hypothèse paludéenne. Halinard y est décrit d'après sa Vita (c. 7 : « Ita enim proferebat vernaculum sonum loquelae uniuscujusque gentis »), parlant à chacun dans sa langue vernaculaire.

    28 29 33 36
  11. Benno de Sant'Andrea, Gesta Romanae Ecclesiae contra Hildebrandum, éd. K. Francke, dans MGH, Libelli de lite imperatorum et pontificum saec. XI et XII conscripti, II, Hanovre, 1892, p. 378 : source polémique anti-grégorienne mentionnant Gerhard Brazutus et l'accusation d'empoisonnements pontificaux ; tradition reprise par Baronio mais tenue avec prudence par Mann et l'historiographie moderne.

    42
  12. GCatholic, "Pope Damasus II" (page consultée en direct) : évêque de Brixen, installé le 17 juillet 1048, mort le 9 août 1048 à Palestrina, sépulture à la basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs. Le nom de famille « de' Curagnoni » et la naissance « vers 1000 » que cette seule page avance (avec un point d'interrogation) ne sont repris par aucune autre source et ne sont pas retenus dans le corps. URL : https://gcatholic.org/hierarchy/pope/DM2.

    47