Pape saint Damase I (Damasus) est l'évêque de Rome qui gouverne l'Église du 1er octobre 366 au 11 décembre 384. Le Saint-Siège le présente comme le 37e pape de l'Église catholique, né à Rome[1] — lieu toutefois débattu, le Liber Pontificalis le disant natione Hispanus[2] —, successeur de Libère et prédécesseur de saint Sirice.
Son pontificat est l'un des plus décisifs du IVe siècle latin. Il commence dans le sang, avec l'élection rivale d'Ursin et des violences romaines qui scandalisent même les observateurs païens. Il s'achève avec une Église romaine plus forte : Nicée défendue contre les hérésies, primauté du siège apostolique mieux formulée, saint Jérôme lancé dans la révision latine des Évangiles, et tombeaux des martyrs restaurés par des inscriptions qui transforment les catacombes en catéchèse de pierre.[3][4]
Damase n'est donc pas seulement un pape de transition entre Libère et Sirice. Il est le pape qui relie trois mondes : l'Église blessée par les querelles post-nicéennes, l'Église devenue religion publiquement reconnue par l'Empire sous Théodose, et l'Église des martyrs dont il refuse que la mémoire disparaisse sous la nouvelle grandeur chrétienne.
« Rome a plutôt mérité de les défendre comme ses citoyens. » — Saint Damase I, épigramme sur Pierre et Paul à la basilique Saint-Sébastien (traduction de travail Ignispedia)[5]
Pourquoi Damase compte-t-il ?
Le pape d'une Rome catholique qui devient visible
Damase arrive après une génération de crises. Son prédécesseur Libère a connu l'exil sous Constance II, l'intrusion de Félix II, le retour controversé et une mémoire latine difficile.[6] À la mort de Libère, les fractures romaines ne sont pas refermées : deux groupes élisent deux évêques, Damase et Ursin, et l'affrontement déborde rapidement dans les basiliques.
Cette entrée violente ne doit pas masquer le résultat historique. Sous Damase, Rome cesse d'être seulement l'ancienne capitale impériale où les chrétiens possèdent des lieux de culte. Elle devient plus clairement la Rome apostolique : la ville de Pierre et Paul, la ville des martyrs, le siège qui parle au nom de Nicée, et le centre où Jérôme travaille à une Bible latine plus sûre.
Le pape de Jérôme et de la Vulgate
L'acte le plus durable de Damase est probablement d'avoir poussé saint Jérôme à réviser les anciennes traductions latines de la Bible. En 382, Jérôme est à Rome ; il devient conseiller, secrétaire et ami de Damase. La tradition de la Vulgate commence concrètement par la révision des Évangiles, demandée par le pape à un lettré capable de comparer les versions latines au texte grec.[7][8]
Jérôme ne présente pas son travail comme une initiative personnelle confortable. Dans sa préface aux Évangiles adressée à Damase, il écrit que le pape le force à faire une oeuvre nouvelle à partir d'une ancienne, au milieu de manuscrits divergents dispersés dans tout le monde chrétien.[9]
« Tu me forces à faire une oeuvre nouvelle à partir de l'ancienne. » — Saint Jérôme à Damase, préface aux Évangiles (traduction de travail Ignispedia)[10]
Le pape qui donne une mémoire aux martyrs
Damase a aussi une importance presque archéologique. Il recherche les tombes des martyrs, restaure des lieux funéraires, fait graver des poèmes par le calligraphe Furius Dionysius Filocalus, et fixe dans la pierre une mémoire romaine que les persécutions, les déplacements de corps et l'oubli pouvaient disperser.[11][12]
Ce travail n'est pas décoratif. Dans une Église désormais honorée par l'Empire, Damase rappelle que Rome chrétienne ne repose pas sur la faveur impériale, mais sur les apôtres et les témoins qui ont donné leur sang. Les catacombes deviennent une école : on y lit les noms, les lieux, les vertus, les conflits, les espérances.
Les sources anciennes
Tableau des témoins principaux
| Source | Date approximative | Ce qu'elle apporte | Prudence requise |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège, liste officielle | état actuel | 37e pape, dates 1.X.366 - 11.XII.384, naissance à Rome | Repère officiel très bref |
| Ammien Marcellin, Res gestae | fin IVe siècle | Regard païen sur les violences urbaines autour de l'élection | Source extérieure, parfois ironique envers le clergé |
| Faustinus et Marcellinus, Libellus precum | 383/384 | Version hostile à Damase dans le conflit ursinien | Texte partisan luciférien, à filtrer |
| Jérôme, lettres et préfaces | 376-384 | Relation avec Damase, questions doctrinales, début de la révision biblique | Témoignage proche, mais lié à son patron romain |
| Épigrammes de Damase | 366-384, copies et fragments | Mémoire des martyrs, Pierre et Paul, Sixte II, Marcel, Eusèbe, Tarcisius | Textes poétiques, non chroniques complètes |
| Liber Pontificalis | première rédaction VIe siècle | Origine familiale, ordinations, églises, sépulture, traditions romaines | Mélange de mémoire ancienne et de détails tardifs |
| Catholic Encyclopedia | 1908 | Synthèse critique : schisme, synodes, Jérôme, primauté, martyrs | Source secondaire ancienne mais utile comme index |
| Britannica | contemporain | Synthèse courte : Vulgate, catacombes, primauté, religion impériale | Vulgarisation encyclopédique |
La méthode doit rester hiérarchisée. Les dates de pontificat sont sûres ; le conflit avec Ursin est certain mais raconté par des témoins partisans ; la relation avec Jérôme est très solide ; le détail du canon biblique romain de 382 est important mais débattu dans sa transmission ; les épigrammes sont des sources primaires sur la mémoire des martyrs, non un journal du pontificat.
Le Saint-Siège et la chronologie de base
La liste officielle du Saint-Siège donne à Damase un pontificat commencé le 1er octobre 366 et terminé le 11 décembre 384.[13] Ces deux dates structurent le dossier. Elles placent Damase immédiatement après la mort de Libère, dans une Église romaine encore divisée par les conséquences de l'affaire Félix II, et juste avant Sirice, à qui l'on rattache souvent la forme plus classique des décrétales pontificales — ces lettres par lesquelles le pape tranche des questions de discipline ecclésiastique et qui font autorité dans toute l'Église.
La Catholic Encyclopedia précise que Damase avait déjà été diacre dans l'Église de son père, puis prêtre à Rome, avant son élection.[14] Le Liber Pontificalis le dit natione Hispanus (« by nationality a Spaniard », trad. Loomis)[15], tandis que la Catholic Encyclopedia estime qu'il semble né à Rome, où il grandit en tout cas au service de l'église du martyr saint Laurent[16]. Sa famille est probablement hispanique par son père Antonius, mais Damase lui-même appartient pleinement à la Rome chrétienne.
Ammien et les violences de l'élection
Le témoignage d'Ammien Marcellin est précieux parce qu'il n'est pas chrétien. Historien païen, il regarde les luttes romaines avec une distance sévère. Il constate que la charge épiscopale de Rome attire honneurs, richesses et influence ; il comprend donc pourquoi l'élection de 366 a pu devenir un combat urbain.[17]
Il ne faut pas transformer Ammien en juge absolu de l'Église. Il voit surtout l'extérieur : cortèges, factions, basilique prise, morts, prestige social. Mais son regard rappelle une vérité inconfortable : la victoire publique du christianisme expose aussi le clergé à la tentation de la grandeur mondaine.
Les sources partisanes du schisme ursinien
Le Libellus precum de Faustinus et Marcellinus, deux prêtres lucifériens — c'est-à-dire partisans de Lucifer de Cagliari, qui refusaient toute réconciliation avec les évêques revenus de l'arianisme —, accuse Damase avec une violence extrême et présente Ursin comme le vrai élu.[18] La notice ancienne sur Ursin dans le Dictionary of Christian Biography résume le problème : Jérôme, Rufin, Socrate et Sozomène placent l'élection régulière du côté de Damase ; Faustinus et Marcellinus défendent au contraire la version ursinienne.[19]
La conclusion prudente est la suivante : il y eut bien violences, morts et interventions civiles ; l'élection de Damase fut reconnue par les autorités ecclésiastiques et civiles ; les accusations des partisans d'Ursin doivent être lues comme un dossier de faction, non comme un verdict neutre.
L'élection de 366 : une blessure romaine
Deux groupes hérités de Libère et de Félix
Le conflit de 366 ne sort pas de rien. Sous Libère, une partie du clergé et du peuple avait accepté ou soutenu Félix II, installé pendant l'exil du pape légitime. Après le retour de Libère, la communion visible est rétablie, mais les fidélités de crise demeurent. Damase est souvent rattaché au groupe qui avait fini par reconnaître Félix, tandis qu'Ursin s'appuie sur une partie des anciens partisans de Libère.[20]
Cette origine explique la violence de l'élection. Ce n'est pas seulement une compétition personnelle. C'est la reprise d'une fracture ouverte par l'arianisme, l'exil, les fidélités de quartier et la mémoire douloureuse du pontificat précédent.
Ursin, rival et antipape
Ursin, ou Ursicinus, est élu par ses partisans en opposition à Damase. Les notices anciennes rapportent qu'il obtient l'ordination dans une église appelée Sicininus ou Sicinus, tandis que Damase est reconnu ailleurs par la majorité.[21] Les affrontements se déplacent ensuite vers plusieurs lieux romains, dont la basilique de Sicininus et Sainte-Marie-Majeure selon certaines reconstructions.
Le pouvoir civil finit par bannir Ursin. Un synode romain tenu plus tard, puis le concile d'Aquilée de 381 où saint Ambroise joue un rôle important, reconnaissent Damase et dénoncent Ursin comme usurpateur.[22]
L'accusation d'adultère et l'exonération de Damase
Les adversaires de Damase ne s'arrêtent pas au schisme. En 378, une accusation d'adultère est portée contre lui devant l'autorité impériale. La Catholic Encyclopedia rapporte que l'empereur Gratien l'exonère, puis qu'un synode romain de quarante-quatre évêques l'innocente et excommunie les accusateurs.[23]
Ce point mérite d'être mentionné sans voyeurisme. Il montre que la contestation ursinienne a continué à empoisonner le pontificat. Mais il montre aussi que Damase ne reste pas un chef de parti contesté dans l'ombre : il est confirmé juridiquement, puis ecclésialement, dans son siège.
Ce que l'affaire révèle
Le début de Damase est l'un des rappels les plus rudes de l'histoire papale : la sainteté d'un pape ne signifie pas que son élection ait été entourée de paix, ni que ses partisans aient tous agi saintement. L'Église ne canonise pas des circonstances ; elle juge une vie et un ministère dans leur ensemble.
Dans le cas de Damase, la suite du pontificat donne le vrai poids du personnage. Le pape qui entre par une crise violente devient un défenseur de Nicée, un protecteur de Jérôme, un poète des martyrs et un organisateur de la mémoire romaine.
Défendre Nicée dans un Empire encore troublé
Après Nicée et Constantinople
Damase règne après Nicée I mais avant que la réception nicéenne soit définitivement stabilisée. L'arianisme, le macédonianisme et l'apollinarisme divisent l'Orient ; l'Occident doit défendre la foi au Fils consubstantiel au Père et la divinité du Saint-Esprit.[24] Concrètement, l'apollinarisme niait que le Christ ait assumé une âme humaine complète, tandis que le macédonianisme niait la pleine divinité du Saint-Esprit.
La Catholic Encyclopedia indique que Damase condamne l'apollinarisme et le macédonianisme dans deux synodes romains de 368 et 369.[25] Suivant une historiographie ancienne, elle ajoute qu'il aurait envoyé des légats au concile de Constantinople de 381, convoqué contre ces hérésies ; mais ce concile fut d'abord seulement oriental, et les arguments avancés pour y voir une convocation par Damase sont jugés invalides : Rome n'y est pas présente, même si Damase s'associe ensuite à son symbole selon le témoignage rapporté par Photius.[26] Même si Rome ne domine pas toutes les discussions orientales, elle participe à la défense de l'orthodoxie nicéenne.
Auxence de Milan et l'arrivée d'Ambroise
Le synode romain de 369 ou 370 condamne aussi Auxence, évêque arien de Milan.[27] Celui-ci reste pourtant en place jusqu'à sa mort en 374. C'est alors qu'Ambroise, gouverneur civil encore catéchumène, est acclamé évêque de Milan.
Damase et Ambroise appartiennent donc au même moment ecclésial : celui où l'Occident latin sort peu à peu des ambiguïtés post-nicéennes et voit émerger une génération de grands défenseurs doctrinaux. Ambroise agira ensuite fortement contre Ursin et en faveur de la reconnaissance de Damase.[28]
Priscillien : l'appel refusé
Le cas de Priscillien, condamné au concile de Saragosse en 380, montre un autre aspect du pontificat. Priscillien fait appel à Damase, mais sans succès.[29] La suite du dossier, avec son exécution sous Maxime en 385, dépasse le pontificat de Damase et posera une question dramatique : jusqu'où le pouvoir civil doit-il intervenir dans les affaires d'hérésie ?
Pour Damase, l'épisode confirme surtout que Rome est déjà perçue comme un lieu d'appel doctrinal. Même un condamné espagnol cherche une issue auprès du pape.
L'édit de Thessalonique : la foi de Damase devient repère impérial
Le 27 février 380, les empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose promulguent l'édit Cunctos populos. Le texte ordonne aux peuples de l'Empire de suivre la religion transmise aux Romains par l'apôtre Pierre, celle que suit le pontife Damase et Pierre d'Alexandrie.[30]
« Nous voulons que tous les peuples demeurent dans cette religion que le divin apôtre Pierre a transmise aux Romains, religion jusqu'à ce jour manifestée depuis lui, et que suivent clairement le pontife Damase et Pierre, évêque d'Alexandrie. » — Édit de Thessalonique, 27 février 380 (traduction de travail Ignispedia)[31]
Cet édit ne crée pas la foi catholique. Il ne fait pas de l'empereur la source de l'orthodoxie. Il reconnaît politiquement une norme ecclésiale : la foi trinitaire de Nicée, professée par Rome et Alexandrie, devient la référence publique de l'Empire.
Jérôme, Damase et la naissance de la Vulgate
Pourquoi réviser les Évangiles latins ?
Avant Jérôme, les Églises latines utilisent plusieurs versions de la Bible, souvent regroupées sous le nom de Vetus Latina. Ces traductions sont précieuses, mais divergentes. Pour la liturgie, la prédication et la controverse doctrinale, cette pluralité devient un problème : quels mots lire ? quelle version citer ? comment corriger les variantes ?
Damase demande donc à Jérôme de réviser les Évangiles à partir du grec. Britannica résume la séquence : en 382, Damase commande à Jérôme une version latine acceptable ; la révision des Évangiles paraît vers 383 ; plus tard, Jérôme traduira l'Ancien Testament depuis l'hébreu et terminera ce processus vers 405.[32]
La préface aux Évangiles : un texte programmatique
La préface de Jérôme à Damase est capitale parce qu'elle explique le problème textuel en termes simples. Les manuscrits latins sont dispersés, différents les uns des autres ; Jérôme doit juger lesquels s'accordent avec la vérité grecque.[33]
« Si l'on doit accorder foi aux exemplaires latins, qu'ils répondent : auxquels ? Il y a presque autant de formes que de manuscrits. » — Saint Jérôme, préface aux Évangiles (traduction de travail Ignispedia)[34]
La phrase montre que la Vulgate n'est pas née d'un caprice esthétique. Elle naît d'un besoin ecclésial : donner à l'Occident latin un texte plus stable, plus fidèle aux sources, plus apte à nourrir l'Église.
Damasus, conseiller biblique plus que traducteur
Damase ne traduit pas la Bible. Il discerne l'homme capable de le faire et lui donne l'autorité d'entreprendre le travail. Les lettres de Jérôme montrent aussi que Damase lui pose des questions exégétiques précises : le sens d'Hosanna, l'explication de la parabole du fils prodigue, et d'autres demandes où le pape apparaît comme lecteur attentif de l'Écriture.[35]
Cette relation est spirituellement belle. Le pape ne confisque pas le savoir ; il l'appelle. Jérôme, qui est parfois rude, met son génie philologique au service de l'Église romaine. Damase donne l'impulsion ; Jérôme donne la compétence ; l'Église latine recevra pendant des siècles le fruit de cette rencontre.
La Vulgate n'est pas immédiatement unifiée
Il faut toutefois éviter une simplification. La « Vulgate » comme Bible latine commune ne sort pas toute faite du bureau de Damase. Jérôme révise d'abord les Évangiles ; l'Ancien Testament depuis l'hébreu viendra plus tard ; l'acceptation sera progressive ; au Moyen Âge seulement, la Bible latine commune portera pleinement ce nom.[36]
L'héritage de Damase reste pourtant décisif : sans sa demande de 382, le mouvement n'aurait pas pris la même forme. Le pape est à l'origine institutionnelle de la grande stabilisation biblique latine.
Le synode de Rome de 382 et le canon biblique
Un dossier important, mais à formuler avec précision
Le synode de Rome de 382 sous Damase est traditionnellement lié à une liste canonique des livres bibliques, transmise dans le dossier connu sous le nom de Decretum Gelasianum ou « Décret de Damase ».[37] Cette liste correspond substantiellement au canon catholique reçu ensuite par Hippone, Carthage, Florence et Trente.
Mais le dossier de transmission est discuté. Le texte conservé du Decretum Gelasianum contient des couches postérieures et a longtemps été associé au pape Gélase. Des historiens modernes débattent de ce qui remonte exactement au synode damasien de 382.[38]
La formulation prudente est donc : un synode romain tenu sous Damase en 382 a joué un rôle majeur dans la tradition latine du canon ; la liste canonique transmise sous le nom damasien est très importante, mais sa forme conservée doit être lue avec les précautions de la critique textuelle.
Le lien avec Jérôme
La question du canon et la révision des Évangiles ne sont pas deux dossiers séparés. À Rome, autour de Damase, l'Église latine se demande quels livres lire comme Écriture et sous quelle forme textuelle les lire. Jérôme est présent dans ce climat, même s'il ne cite pas toujours les décisions romaines de la manière qu'un historien moderne souhaiterait.[39][40]
Ce lien explique pourquoi Damase est souvent invoqué dans les débats catholiques sur la Bible. Il n'a pas « inventé » le canon ; il reçoit, ordonne et défend une tradition ecclésiale qui sera confirmée progressivement.
La leçon catholique
Le dossier Damase-canon rappelle une vérité simple : la Bible de l'Église ne tombe pas du ciel sous forme de table des matières imprimée. Elle est reçue, lue, discernée, transmise, défendue dans la communion de l'Église. L'autorité romaine ne remplace pas l'Écriture ; elle sert la reconnaissance de l'Écriture.
Cette leçon reste décisive face à la sola scriptura. Si l'Écriture doit être lue comme Parole de Dieu, encore faut-il savoir quels livres appartiennent à l'Écriture. L'histoire du canon montre que cette reconnaissance passe par la Tradition et par l'autorité ecclésiale.
La primauté romaine sous Damase
Rome, siège apostolique
Damase développe fortement le langage de la Sedes Apostolica, le siège apostolique — l'expression par laquelle l'Église de Rome se désigne comme fondée sur l'apôtre Pierre. La Catholic Encyclopedia rapporte une affirmation attribuée au dossier damasien : la suprématie ecclésiastique de l'Église romaine ne repose pas sur des décrets conciliaires, mais sur les paroles mêmes du Christ à Pierre en Matthieu 16, 18.[41]
La formule est importante parce qu'elle place la primauté romaine dans son fondement théologique : non l'importance politique de Rome, non le souvenir impérial, non une simple préséance honorifique, mais la confession de Pierre et la parole du Christ.
Le Tomus Damasi et les condamnations doctrinales
Le nom de Damase est aussi lié à un ensemble d'anathèmes doctrinaux — des condamnations solennelles d'erreurs précises — souvent appelé Tomus Damasi, transmis dans les collections conciliaires. Ces textes condamnent diverses erreurs trinitaires et christologiques du IVe siècle.[42]
Leur intérêt est de montrer une Rome doctrinale. Damase n'est pas seulement un administrateur ou un mécène des catacombes ; il intervient dans le vocabulaire de la foi : Père, Fils, Esprit Saint, incarnation, unité du Christ, orthodoxie nicéenne.
La profession appelée Fides Damasi
Le Catéchisme de l'Église catholique cite une formule ancienne souvent rattachée à la Fides Damasi : « Dieu est unique mais non pas solitaire ».[43] Cette formule résume admirablement l'équilibre trinitaire : un seul Dieu, non pas une monade isolée, mais communion du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
« Dieu est unique mais non pas solitaire. » — Fides Damasi, citée par le Catéchisme de l'Église catholique[44]
Même si les attributions exactes des textes damasiens doivent être vérifiées pièce par pièce, la réception doctrinale est claire : le nom de Damase appartient à la grande consolidation latine de la foi trinitaire.
Les martyrs, les catacombes et les épigrammes
Filocalus : une écriture pour la mémoire sacrée
Damase fait graver ses poèmes par Furius Dionysius Filocalus, calligraphe fameux qui avait aussi travaillé sur le Chronographe de 354. L'écriture filocalienne, monumentale et élégante, donne aux inscriptions damasiennes une unité visuelle reconnaissable.[45][46]
Ce choix est théologique. Une mémoire mal gravée peut disparaître ; une mémoire belle attire le pèlerin, rend lisible le tombeau, enseigne la foi aux yeux. Damase comprend que l'Église visible a besoin d'une pédagogie des lieux.
Pierre et Paul à Saint-Sébastien
L'une des épigrammes les plus célèbres concerne la mémoire de Pierre et Paul à la basilique Saint-Sébastien, sur la voie Appienne, où une tradition rattachait le transfert temporaire des corps des apôtres au temps de Valérien.[47][48]
Damase y affirme que l'Orient a envoyé les disciples, mais que Rome a mérité de les garder comme citoyens à cause de leur sang. La formule dit tout : Pierre et Paul ne sont pas des trophées politiques ; ils deviennent romains par le martyre. Voici l'épigramme entière (traduction de travail Ignispedia) :
« Sache que les saints ont d'abord habité ici, toi qui cherches à la fois les noms de Pierre et de Paul. L'Orient a envoyé leurs disciples, nous le reconnaissons volontiers : mais c'est Rome qui a plutôt mérité de défendre comme ses citoyens ceux qui, par le mérite de leur sang — ayant suivi le Christ à travers les astres, ils ont gagné les demeures éthérées et le royaume des justes. Que Damase redise vos louanges, astres nouveaux. » — Saint Damase I, épigramme XIX, sur Pierre et Paul (traduction de travail Ignispedia)[49]
Sixte II, Marcel, Eusèbe, Tarcisius
Plusieurs articles Ignispedia voisins utilisent déjà Damase comme source majeure : l'épitaphe de Sixte II montre le pasteur saisi par les soldats ; celle de Marcel I décrit la crise des lapsi ; celle de Eusèbe nomme Héraclius et la division violente du peuple ; celle de Tarcisius célèbre le jeune défenseur de l'Eucharistie : « Tarcisius le saint portait les sacrements du Christ ; pressé par une troupe en délire qui voulait les livrer aux profanes, il préféra, frappé à mort, rendre son âme plutôt que de livrer aux chiens enragés les membres célestes (traduction de travail Ignispedia). »[50][51][52][53]
Damase est donc un historien liturgique avant l'heure. Sans lui, une partie de la mémoire romaine des papes martyrs et des confesseurs serait beaucoup plus pauvre.
Patron des archéologues ?
Les notices modernes de saints le présentent comme patron des archéologues.[54] Ce patronage est un usage postérieur, non un titre du IVe siècle : il vient logiquement de son action — rechercher, identifier, restaurer, inscrire. Mais il faut préciser qu'il ne fait pas de l'archéologie au sens scientifique contemporain. Il fait mieux pour son époque : il sauve la mémoire chrétienne avec les moyens liturgiques, poétiques et topographiques du IVe siècle.
Rome, grandeur extérieure et réforme morale
Une Église désormais prestigieuse
Le pontificat de Damase se déroule au moment où l'Église romaine devient socialement prestigieuse. La Catholic Encyclopedia note que cette grandeur extérieure eut aussi des effets négatifs : certains membres du clergé recherchaient les faveurs et les héritages de veuves ou d'orphelins, au point que l'empereur Valentinien adresse le 30 juillet 370 une loi à Damase[55] interdisant aux ecclésiastiques et moines de poursuivre ces dons.[56]
Damase la fait observer strictement.[57] Ce point mérite d'être gardé : le même pape qui défend la primauté romaine sait aussi que le clergé romain peut être tenté par l'argent. La grandeur de l'Église appelle une discipline plus ferme, non une indulgence mondaine.
Jérôme, témoin sévère des moeurs romaines
Jérôme, proche de Damase, est aussi un critique impitoyable de certains milieux chrétiens romains. Dans ses lettres, il dénonce la vanité, la recherche du luxe, les faux ascètes et les clercs mondains. Cette sévérité ne contredit pas son lien avec Damase ; elle explique plutôt pourquoi le pape avait besoin d'hommes de cette trempe.
La Rome de Damase n'est pas un âge d'or naïf. C'est une ville où la foi catholique triomphe publiquement, mais où l'argent, l'honneur et les factions menacent la pureté de l'Église.
Restaurer San Lorenzo in Damaso et les archives
Damase restaure son église, l'actuelle San Lorenzo in Damaso, et organise un meilleur logement des archives de l'Église romaine.[58] Ce geste complète celui des catacombes. Damase veut conserver les mémoires : celles des martyrs, celles des documents, celles de la succession.
Une Église sans archives devient amnésique. Une Église sans tombeaux devient abstraite. Damase travaille sur les deux fronts.
Mort, sépulture et culte
Le 11 décembre 384
Damase meurt le 11 décembre 384, date donnée par le Saint-Siège et conservée comme sa mémoire liturgique.[59] Il a gouverné environ dix-huit ans, depuis l'élection déchirée de 366 jusqu'au moment où la foi nicéenne est devenue la norme impériale.
Sa mort laisse à Sirice une papauté plus structurée, mais aussi un héritage exigeant : défendre Rome sans mondanité, gouverner avec des décrétales, tenir l'orthodoxie, répondre aux appels, organiser l'Église latine.
Une sépulture liée à sa famille
La tradition du Liber Pontificalis et la Catholic Encyclopedia rapportent que Damase fut enterré dans une basilique ou un oratoire qu'il avait construit sur la voie Ardéatine, près des cimetières de Calliste et de Domitille, avec sa mère et sa soeur.[60][61] Il ne choisit donc pas seulement les grands sanctuaires apostoliques ; il inscrit aussi sa propre mémoire dans la topographie funéraire chrétienne qu'il avait tant aimée.
Un saint de la mémoire
Damase est saint non parce que son pontificat aurait été sans ombre, mais parce qu'il a servi l'Église dans une heure où la paix extérieure pouvait faire oublier les martyrs, où les querelles doctrinales pouvaient diluer Nicée, et où la richesse de Rome pouvait corrompre le clergé.
Sa sainteté est celle d'un pape de mémoire : mémoire de Pierre, mémoire de Paul, mémoire des martyrs, mémoire des textes bibliques, mémoire de la foi trinitaire.
Questions et objections
« Damase a-t-il été élu dans la violence ? »
Oui, son élection est entourée de violences graves. Les sources convergent sur l'existence de combats, de morts et d'interventions civiles.[62][63] Mais elles divergent sur les responsabilités exactes. Les adversaires lucifériens de Damase l'accusent directement ; plusieurs autres sources reconnaissent au contraire sa légitimité et font d'Ursin l'usurpateur.
La bonne conclusion est donc double : ne pas blanchir le climat romain, ne pas adopter sans critique la propagande ursinienne.
« Damase a-t-il créé la Vulgate ? »
Non, il ne l'a pas traduite. Il a demandé à Jérôme de réviser les textes latins, d'abord les Évangiles, en les confrontant au grec.[64][65] Cette initiative est le commencement institutionnel de ce qui deviendra la Vulgate. Jérôme reste le traducteur ; Damase est le pape commanditaire et protecteur.
« Le canon biblique de 382 est-il absolument certain dans sa forme conservée ? »
Le synode romain de 382 est un repère majeur, mais la transmission du Decretum Gelasianum est complexe.[66] Un article catholique rigoureux doit éviter deux excès : parler comme si aucun lien damasien n'existait, ou présenter la forme conservée du décret comme un procès-verbal intact et indiscutable du synode.
Ce qui demeure solide : Rome, sous Damase, joue un rôle central dans la tradition latine du canon et dans la stabilisation biblique autour de Jérôme.
« Pourquoi parle-t-on de Damase comme patron des archéologues ? »
Parce qu'il a cherché, restauré et marqué les tombes des martyrs par des inscriptions monumentales.[67][68] Le titre est moderne dans sa formulation, mais juste dans son intuition : Damase a sauvé des lieux et des noms que l'histoire aurait pu perdre.
Ce qu'il faut retenir
Les faits les plus sûrs
| Point | Degré de certitude | Source principale |
|---|---|---|
| Damase est le 37e pape de l'Église catholique | Très sûr | Saint-Siège |
| Son pontificat va du 1er octobre 366 au 11 décembre 384 | Très sûr | Saint-Siège |
| Son élection est contestée par Ursin | Très sûr | Sources anciennes, notices critiques |
| Les violences de 366 sont graves | Très sûr | Ammien, dossiers ursiniens, synthèses |
| Damase est reconnu comme pape légitime | Très sûr | Autorités civiles, synodes, tradition catholique |
| Il condamne plusieurs hérésies post-nicéennes | Très solide | Synodes romains, Catholic Encyclopedia |
| Il commande à Jérôme la révision latine des Évangiles | Très sûr | Préface de Jérôme, tradition Vulgate |
| Le synode de Rome de 382 est lié à la tradition du canon biblique | Important mais à nuancer | Dossier du Decretum Gelasianum |
| Il restaure les tombeaux des martyrs et compose des épigrammes | Très sûr | Épigrammes, Catholic Encyclopedia |
| Il affirme fortement la primauté romaine | Très solide | Dossier damasien, réception catholique |
La formule de synthèse
Saint Damase I est le pape de la mémoire catholique au IVe siècle. Il commence son pontificat dans une Rome divisée et violente ; il le termine dans une Église où la foi nicéenne, la Bible latine, les tombeaux des martyrs et la primauté romaine ont reçu une impulsion durable. Sa grandeur ne tient pas à une légende sans ombre, mais à une oeuvre : défendre la foi, appeler Jérôme, inscrire les martyrs, et rappeler que Rome est apostolique parce qu'elle garde Pierre, Paul et la confession du Christ.
Pour aller plus loin
- Pape Libère (352-366) — prédécesseur de Damase, exilé sous Constance II et lié à l'origine des divisions romaines.
- Pape saint Jules I — défenseur d'Athanase et de Nicée avant Libère.
- Concile de Nicée I — définition de la foi au Fils consubstantiel au Père.
- La Bible — pour le canon biblique et la Vulgate de saint Jérôme.
- Les catacombes chrétiennes de Rome — contexte des inscriptions damasiennes.
- Pape saint Sixte II — martyr dont la mémoire est transmise en partie par Damase.
- Pape saint Marcel I et Pape saint Eusèbe — deux papes dont Damase a fixé l'épitaphe.
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle « Damasus I » : 37e pape de l'Église catholique, début du pontificat le 1.X.366, fin le 11.XII.384, naissance à Rome. Page consultée le 4 octobre 2026 (HTTP 200 vérifié) : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/damaso-i.html.
1 13 59Liber Pontificalis, notice « Damasus », dans Louise Ropes Loomis trad., The Book of the Popes (Liber Pontificalis), Columbia University Press, New York, 1916, p. 78-80 : origine familiale, pontificat, ordinations, constructions, sépulture et traditions romaines. PDF public domain : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/The_book_of_the_popes_%28Liber_pontificalis%29_I-_%28IA_cu31924006163897%29.pdf.
2 15 61Francis Mershman, « Pope St. Damasus I », The Catholic Encyclopedia, vol. 4, New York, Robert Appleton Company, 1908 ; texte repris sur New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/04613a.htm.
3 11 14 16 23 24 25 27 29 41 45 47 56 57 58 60 63 68Henry Wace, Dictionary of Christian Biography and Literature to the End of the Sixth Century, notice « Ursinus (2) (Ursicinus), antipope » : synthèse des sources sur l'élection de 366, Damase, Ursin, les violences, l'arbitrage civil et les synodes de reconnaissance. Texte public domain sur Wikisource : https://en.wikisource.org/wiki/Dictionary_of_Christian_Biography_and_Literature_to_the_End_of_the_Sixth_Century/Ursinus,_antipope.
4 19 20 21 22 28 62Saint Damase I, Epigrammata, XIX, inscription sur la mémoire de Pierre et Paul à Saint-Sébastien, v. 1-7 : « Hic habitasse prius sanctos cognoscere debes, / nomina quisque Petri pariter Paulique requiris. / Discipulos oriens misit, quod sponte fatemur : / sanguinis ob meritum (Christumque per astra secuti / aetherios petiere sinus regnaque piorum) / Roma suos potius meruit defendere cives. / Haec Damasus vestras referat nova sidera laudes. » Texte latin sur Wikisource : https://la.wikisource.org/wiki/Epigrammata_(Damasus) ; édition critique Antonio Ferrua, Epigrammata Damasiana, Cité du Vatican, 1942, n° XIX ; voir aussi Dennis Trout, Damasus of Rome : The Epigraphic Poetry, Oxford, 2015.
5 48 49Voir l'article Ignispedia Pape Libère (352-366), qui détaille l'exil sous Constance II, l'intrusion de Félix II, le retour controversé et les fractures romaines précédant l'élection de Damase.
6Saint Jérôme, Letters and Select Works, trad. W. H. Fremantle, G. Lewis et W. G. Martley, dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2e série, vol. 6, Buffalo, Christian Literature Publishing, 1893 : lettres à Damase, notamment lettres XV-XXI, questions sur Antioche, Hosanna et l'exégèse biblique. PDF public : https://research.whdl.org/sites/default/files/resource/7387091/The%20Letters%20of%20St.%20Jerome.pdf.
7 35 39Encyclopaedia Britannica, « Vulgate » : Damase commande à Jérôme en 382 une version latine acceptable ; révision des Évangiles vers 383 ; traduction ultérieure de l'Ancien Testament depuis l'hébreu, achevée vers 405. URL : https://www.britannica.com/topic/Vulgate.
8 32 36 65Saint Jérôme, préface aux quatre Évangiles adressée à Damase, incipit Novum opus facere me cogis ex veteri ; texte latin et traduction anglaise : https://www.tertullian.org/fathers/jerome_preface_gospels.htm.
9 10 33 34 64Saint Damase I, Epigrammata, recueil des inscriptions poétiques conservées par fragments ou copies médiévales ; texte latin sur Wikisource : https://la.wikisource.org/wiki/Epigrammata_(Damasus). Pour la critique moderne, voir Antonio Ferrua, Epigrammata Damasiana, Città del Vaticano, 1942.
12 46Ammien Marcellin, Res gestae, XXVII, 3, 12-15 : regard païen sur les violences entre factions romaines et sur le prestige social de l'épiscopat de Rome après l'élection de Damase.
17Faustinus et Marcellinus, Libellus precum adressé aux empereurs Valentinien II, Théodose et Arcadius, 383/384 : pétition luciférienne hostile à Damase, source précieuse mais partisane sur les violences du schisme ursinien. Édition dans CSEL 35.
18Catholic Encyclopedia, « First Council of Constantinople », New Advent : concile d'abord seulement oriental, convoqué par Théodose ; les arguments de Baronius pour une convocation par le pape Damase sont invalides (Hefele-Leclercq) ; selon Photius (Mansi, III, 596), Damase en approuva le symbole. URL : https://www.newadvent.org/cathen/04308a.htm.
26Code Théodosien, XVI, 1, 2, édit Cunctos populos, Thessalonique, 27 février 380 : la religion transmise par Pierre aux Romains, suivie par le pontife Damase et par Pierre d'Alexandrie, est donnée comme norme trinitaire de l'Empire. Texte latin et traduction anglaise : https://andrewjacobs.org/rs91/cucntos.html.
30 31Decretum Gelasianum / Decretum Damasi, dossier du synode romain de 382 : tradition attribuant au temps de Damase une liste canonique des livres bibliques ; transmission discutée en raison des couches gélasiennes et postérieures. Texte et traduction anglaise du Decretum (qui s'ouvre sur le concile romain sous Damase) : https://roger-pearse.com/tertullian/decretum_eng.htm ; édition critique Ernst von Dobschütz, Das Decretum Gelasianum, Leipzig, 1912 ; C. H. Turner, « Latin Lists of the Canonical Books : I. The Roman Council under Damasus, A.D. 382 », Journal of Theological Studies 1 (1900), p. 554-560. Voir aussi l'article Ignispedia La Bible, section « Concile de Rome (382) sous Damase Ier ».
37 38 40 66Tomus Damasi, anathèmes doctrinaux associés au synode romain et transmis dans les collections conciliaires, notamment Mansi, Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio, t. III et VIII ; source du dossier latin anti-apollinariste et anti-macédonien.
42Catéchisme de l'Église catholique, n° 253, Mame/Plon, 1992 : « Les Personnes divines sont réellement distinctes entre elles. "Dieu est unique mais non pas solitaire" (Fides Damasi, DS 71). »
43 44Voir l'article Ignispedia Pape saint Sixte II, qui utilise l'épitaphe damasienne de la crypte des papes pour la mémoire du martyre de Sixte et de ses compagnons.
50Voir l'article Ignispedia Pape saint Marcel I, qui cite l'épitaphe de Damase sur la crise des lapsi, les troubles et l'exil sous Maxence.
51Voir l'article Ignispedia Pape saint Eusèbe, qui cite l'épitaphe de Damase sur Héraclius, la pénitence des tombés et l'exil en Sicile.
52Saint Damase I, Epigrammata, XIII, épitaphe de saint Tarcisius (« Tarsicium sanctum Christi sacramenta gerentem... ») : mémoire du jeune martyr protégeant les mystères du Christ contre la profanation. Texte latin sur Wikisource : https://la.wikisource.org/wiki/Epigrammata_(Damasus).
53Diocèse de Nashville, « St. Damasus I, the Bible Pope » : « He is the patron saint of archeologists and against fever » : https://www.nashvillecatholic.org/news/posts/st-damasus-i-the-bible-pope. Voir aussi EWTN — Daily Saint, « Pope St. Damasus I » : « Patron Saint of archaeologists, against fever » (page vérifiée le 5 octobre 2026, HTTP 200, titre « Pope St. Damasus I | EWTN Mission ») : https://ewtnmission.com/dailysaint/pope-st-damasus-i/ ; et le National Catholic Register (groupe EWTN), « Pope St. Damasus, Pray For Us » : « He is the patron of archaeologists » : https://www.ncregister.com/blog/jim-graves-pope-damasus?amp.
54 67Code Théodosien, XVI, 2, 20 : loi des empereurs Valentinien, Valens et Gratien adressée ad Damasum episcopum urbis Romae, souscrite Dat. III kal. Aug. Valentiniano et Valente III AA. conss., soit le 30 juillet 370 (les III calendes d'août en comput romain inclusif). La doctrine récente confirme cette lecture : l'édit fut lu dans les églises le 30 juillet 370.
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