La course aux armements désigne la dynamique par laquelle des nations rivales accumulent et perfectionnent sans cesse leurs armements, chacune cherchant à égaler ou dépasser l'autre, dans une spirale qui se nourrit elle-même. Ce n'est pas, pour l'Église, une simple question de stratégie militaire : c'est un problème moral et social majeur, qui touche à la paix, au bien commun des nations, à la destination universelle des biens et à la dignité des peuples privés du nécessaire. Le concile Vatican II l'a jugée d'une formule restée célèbre : « La course aux armements est une plaie extrêmement grave de l'humanité et lèse les pauvres d'une manière intolérable »[1].
La doctrine sociale ne se contente pas de déplorer la guerre : elle analyse les mécanismes de paix armée qui la préparent. Accumuler des armes pour n'avoir pas à s'en servir — telle est la promesse de la dissuasion. Mais l'Église refuse de tenir cet « équilibre de la terreur » pour une paix véritable. Elle y voit au contraire une logique de peur, ruineuse et instable, qui « loin d'éliminer les causes de guerre, […] risque de les aggraver »[2].
Cet article traite la course aux armements en tant que question de la doctrine sociale et morale de l'Église : sa définition, le verdict conciliaire de Gaudium et Spes, le développement du magistère social de Jean XXIII à François, l'enseignement du Catéchisme et du Compendium, le cas particulier de l'arme nucléaire (de la dissuasion tolérée à la condamnation de la possession), les objections sérieuses et leur discernement, enfin la racine spirituelle du désarmement. Les sujets connexes — la paix, la guerre juste, la bien commun, la destination universelle des biens, la solidarité, la mondialisation ou le totalitarisme — sont renvoyés à leurs articles propres.
Qu'est-ce que la course aux armements ?
La course aux armements n'est pas le simple fait de posséder des armes. Tout État a le droit et le devoir d'assurer sa légitime défense, et donc de disposer des moyens proportionnés à sa sécurité. Ce que désigne l'expression, c'est une dynamique : la croissance indéfinie, réciproque et compétitive des arsenaux, où chaque progrès d'un camp justifie le surarmement de l'autre.
Une spirale qui se nourrit d'elle-même
Le ressort de la course aux armements est la peur réciproque. La nation qui s'arme prétend le faire pour se défendre ; mais son voisin perçoit cet armement comme une menace, et s'arme à son tour ; le premier, voyant l'autre s'armer, se croit confirmé dans sa crainte et accélère encore. C'est une spirale sans sommet naturel : aucun niveau d'armement n'est jamais « assez », puisque la sécurité est toujours mesurée relativement à l'autre. Jean XXIII décrivait déjà cette mécanique dans Pacem in Terris : on a coutume de justifier les armements par l'idée que la paix n'est assurée que par l'équilibre des forces armées, mais « toute augmentation du potentiel militaire en quelque endroit provoque de la part des autres États un redoublement d'efforts dans le même sens », dans une émulation qui n'a pas de terme[3].
Cette dynamique a un coût qui ne se mesure pas seulement en risque de guerre, mais en ressources englouties. Les sommes consacrées à « la préparation d'armes toujours nouvelles » sont autant de richesses soustraites aux besoins réels des peuples — un point sur lequel tout le magistère social insistera, de Pie XII à François.
L'« équilibre de la terreur » et la dissuasion
La justification classique de la course aux armements est la dissuasion : on accumule des armes — en particulier les plus terribles — non pour les employer, mais pour décourager l'adversaire d'attaquer, par la perspective de représailles insupportables. Pendant la guerre froide, cette logique a porté un nom resté célèbre : l'« équilibre de la terreur », où deux blocs nucléaires se tenaient en respect par la certitude d'une destruction mutuelle.
Le Catéchisme reconnaît la sincérité de cette intention — beaucoup y voient « le plus efficace des moyens susceptibles d'assurer la paix entre les nations » — mais il la soumet aussitôt à un jugement sévère :
« L'accumulation des armes apparaît à beaucoup comme une manière paradoxale de détourner de la guerre des adversaires éventuels. […] Ce procédé de dissuasion appelle de sévères réserves morales. La course aux armements n'assure pas la paix. Loin d'éliminer les causes de guerre, elle risque de les aggraver. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2315[4]
L'expression « équilibre de la terreur » dit déjà l'ambiguïté de la chose : c'est un équilibre, donc une forme d'ordre apparent ; mais c'est un équilibre de la terreur, fondé sur la menace réciproque de l'anéantissement. Pour l'Église, une paix qui ne tient que par la peur n'est pas la « tranquillité de l'ordre » qu'est la vraie paix : c'est, au mieux, une guerre suspendue.
Une question de doctrine sociale, et non seulement de stratégie
On pourrait croire que la course aux armements relève des seuls spécialistes de la défense. L'Église affirme le contraire : parce qu'elle engage la vie des peuples, l'usage des biens et l'ordre international, elle relève pleinement de la doctrine sociale. Le Catéchisme le souligne en rappelant que « la production et le commerce des armes touchent le bien commun des nations et de la communauté internationale », et qu'à ce titre « les autorités publiques ont le droit et le devoir de les réglementer »[5].
La course aux armements croise ainsi plusieurs principes permanents de la doctrine sociale : le bien commun (qu'elle compromet), la destination universelle des biens (qu'elle viole en détournant les ressources), la solidarité entre les nations (qu'elle remplace par la défiance), et la paix elle-même (qu'elle prétend servir mais qu'elle mine). C'est pourquoi le magistère social l'a traitée comme l'un de ses grands thèmes du XXᵉ siècle.
Le verdict du concile : « une plaie extrêmement grave » (Gaudium et Spes 81)
Le texte de référence est le numéro 81 de la constitution pastorale Gaudium et Spes (1965), intitulé précisément « La course aux armements ». En pleine guerre froide, à l'ombre de la menace nucléaire, le concile y porte un jugement d'une fermeté peu commune.
Le contexte : Vatican II face à la bombe
Gaudium et Spes est promulguée le 7 décembre 1965, vingt ans après Hiroshima et Nagasaki, au cœur de la confrontation entre les deux blocs. Le concile ne se réfugie pas dans des généralités : il regarde en face l'arme de destruction massive et l'accumulation des arsenaux. Le numéro 80 condamne d'abord « la guerre totale » — « tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l'homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation »[6]. Le numéro 81 examine ensuite la paix armée qui prétend conjurer cette guerre.
Pourquoi la course aux armements n'apporte pas la paix
Le concile concède le mobile : beaucoup tiennent l'équilibre des forces pour le moyen le plus sûr d'écarter la guerre. Mais il refuse cette confiance. La course aux armements, écrit-il, « ne constitue pas une voie sûre pour le ferme maintien de la paix », et l'équilibre qui en résulte « n'est ni une paix stable, ni une paix véritable ». Bien plus, loin d'éliminer les causes de guerre, elle « risque au contraire de les aggraver »[7]. Le raisonnement, repris ensuite par le Catéchisme, est double : la dissuasion ne supprime pas les motifs de conflit (elle les gèle sous la menace), et le surarmement lui-même devient un facteur d'instabilité : il « multiplie les raisons de conflits et augmente le risque de la contagion »[8].
Le scandale des pauvres lésés
À cette critique stratégique, le concile ajoute un argument proprement social, qui sera le fil rouge de tout le magistère :
« La course aux armements est une plaie extrêmement grave de l'humanité et lèse les pauvres d'une manière intolérable. » — Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n° 81[9]
Les « richesses fabuleuses » dépensées dans la préparation d'armes nouvelles sont, dans le même temps, refusées aux misères présentes du monde[10]. Le scandale n'est donc pas seulement le risque de mort future : c'est le vol présent infligé aux affamés, aux malades, aux peuples sans écoles ni hôpitaux. La course aux armements tue déjà, avant tout coup de feu, par le détournement des ressources qui sauveraient des vies. Ce lien entre armement et pauvreté est si essentiel que le Catéchisme en a fait sa formule de synthèse sur le sujet (§ 2329), citation textuelle de Gaudium et Spes 81.
Le développement du magistère social : de Jean XXIII à François
Le rejet de la course aux armements n'est pas une opinion isolée : c'est un enseignement constant et cumulatif des papes du XXᵉ siècle, chacun recevant et précisant celui de ses prédécesseurs.
Pie XII : la peur de la guerre atomique
Dès l'aube de l'ère nucléaire, Pie XII met en garde contre une guerre devenue capable de tout détruire. Pacem in Terris reprendra son avertissement lancé en pleine Seconde Guerre mondiale : « Il faut empêcher à tout prix que la guerre mondiale, avec ses ruines économiques et sociales, ses aberrations et ses désordres moraux, déferle une troisième fois sur l'humanité. »[11] La papauté entre ainsi, avant même le concile, dans une vigilance critique à l'égard de la paix par la terreur.
Jean XXIII : Pacem in Terris et la confiance mutuelle
L'encyclique Pacem in Terris (11 avril 1963), publiée quelques mois après la crise des missiles de Cuba, donne au sujet sa formulation la plus dense. Jean XXIII y demande explicitement « qu'on arrête la course aux armements », par une réduction concertée et contrôlée :
« La justice, la sagesse, le sens de l'humanité réclament par conséquent qu'on arrête la course aux armements ; elles réclament la réduction parallèle et simultanée de l'armement existant dans les divers pays, la proscription de l'arme atomique et enfin le désarmement dûment effectué d'un commun accord et accompagné de contrôles efficaces. » — Saint Jean XXIII, Pacem in Terris, n° 112[12]
Surtout, le pape touche la racine : aucun désarmement durable n'est possible sans un désarmement « qui atteigne aussi les âmes ». Il faut renverser le principe même qui fonde la course aux armements :
« À l'axiome qui veut que la paix résulte de l'équilibre des armements, on substitue le principe que la vraie paix ne peut s'édifier que dans la confiance mutuelle. » — Saint Jean XXIII, Pacem in Terris, n° 113[13]
Cette substitution — de l'équilibre des armes à la confiance mutuelle — est le cœur de la position catholique. Tant que la sécurité repose sur la menace, la course continue ; elle ne peut s'arrêter que par un changement d'ordre moral, fondé sur la confiance et la justice.
Paul VI : « un scandale intolérable »
Paul VI porte le sujet sur la scène mondiale. Le 4 octobre 1965, devant l'Assemblée générale de l'ONU, il lance son cri resté célèbre — « Jamais plus les uns contre les autres, jamais, plus jamais ! » — et somme les nations de désarmer leurs mains et leurs cœurs :
« Si vous voulez être frères, laissez tomber les armes de vos mains. On ne peut pas aimer avec des armes offensives dans les mains. » — Saint Paul VI, discours à l'ONU, 4 octobre 1965[14]
Deux ans plus tard, dans Populorum Progressio (1967), il relie indissolublement armement et développement, en une formule cinglante :
« Quand tant de peuples ont faim, quand tant de foyers souffrent de la misère, […] toute course épuisante aux armements devient un scandale intolérable. Nous Nous devons de le dénoncer. » — Saint Paul VI, Populorum Progressio, n° 53[15]
Jean-Paul II : la dissuasion comme « étape » provisoire
Jean-Paul II affronte la question au plus fort de la confrontation nucléaire. Dans son message à la deuxième session extraordinaire de l'ONU sur le désarmement (7 juin 1982), il formule un jugement nuancé, qui restera la référence pour deux générations : la dissuasion peut être tolérée, mais seulement comme une étape vers le désarmement, jamais comme un état acceptable.
« Dans les conditions actuelles, une dissuasion basée sur l'équilibre, non certes comme une fin en soi mais comme une étape sur la voie d'un désarmement progressif, peut encore être jugée comme moralement acceptable. » — Saint Jean-Paul II, message à l'ONU sur le désarmement, 7 juin 1982[16]
Cette tolérance est conditionnelle et transitoire : elle ne vaut que comme chemin vers le désarmement, et tombe si la dissuasion devient une fin en soi ou un alibi pour perpétuer la course. Après la chute du bloc soviétique, le pape dénonce d'ailleurs rétrospectivement « une course folle aux armements [qui] absorbe les ressources nécessaires au développement des économies internes et à l'aide aux nations les plus défavorisées »[17].
François : de l'usage à la possession
François franchit un pas décisif. Le 10 novembre 2017, devant une conférence internationale tenue au Vatican, il condamne non seulement la menace ou l'emploi des armes nucléaires, mais leur possession même :
« Il faut condamner fermement la menace de leur usage, ainsi que leur possession, précisément parce que leur existence est liée à une logique de peur qui ne concerne pas seulement les parties en conflit, mais tout le genre humain. » — Pape François, discours sur le désarmement intégral, 10 novembre 2017[18]
À Hiroshima, le 24 novembre 2019, il confirme et solennise ce jugement : « L'utilisation de l'énergie atomique à des fins militaires est immorale, de même que la possession des armes atomiques »[19]. À Nagasaki le même jour, il dénonce « l'argent dépensé et les fortunes gagnées dans la fabrication, la modernisation, l'entretien et la vente d'armes toujours plus destructrices » comme « un outrage continuel qui crie vers le ciel »[20]. Dans Fratelli Tutti (2020), il propose enfin de convertir les sommes consacrées aux armes en un « Fonds mondial » contre la faim[21].
- 11 avril 1963Pacem in Terris — Jean XXIII
Demande d'arrêter la course aux armements ; substitution de la « confiance mutuelle » à « l'équilibre des armements » (nn. 112-113).
- 4 octobre 1965Paul VI à l'ONU
« Jamais plus les uns contre les autres, jamais, plus jamais ! » ; « laissez tomber les armes de vos mains ».
- 7 décembre 1965Gaudium et Spes — Vatican II
Le concile : la course aux armements est « une plaie extrêmement grave de l'humanité et lèse les pauvres d'une manière intolérable » (n° 81).
- 26 mars 1967Populorum Progressio — Paul VI
« Toute course épuisante aux armements devient un scandale intolérable » (n° 53) : armement contre développement.
- 7 juin 1982Message à l'ONU — Jean-Paul II
La dissuasion « peut encore être jugée moralement acceptable », mais seulement comme « étape » provisoire vers le désarmement.
- 1992Catéchisme de l'Église catholique
Synthèse doctrinale : §§ 2315-2316 (réserves morales, régulation du commerce) et § 2329 (citation de GS 81).
- 2004Compendium de la doctrine sociale
Objectif d'un « désarmement général, équilibré et contrôlé » ; principe de suffisance ; armes de masse, mines, armes légères (nn. 508-512).
- 10 nov. 2017 — 24 nov. 2019François : un pas de plus
Condamnation de la possession même des armes nucléaires (Vatican 2017 ; Hiroshima et Nagasaki 2019).
Ce que dit le Catéchisme : réserves morales et devoir de régulation
Le Catéchisme de l'Église catholique (1992) condense cet enseignement en deux paragraphes (§§ 2315-2316), au sein de sa section sur la sauvegarde de la paix.
L'accumulation des armes, une « manière paradoxale »
Le § 2315 — déjà cité plus haut — qualifie la dissuasion de « manière paradoxale de détourner de la guerre des adversaires éventuels » et lui oppose quatre objections enchaînées : la course aux armements n'assure pas la paix ; elle risque d'aggraver les causes de guerre ; elle empêche de porter remède aux populations indigentes et entrave le développement des peuples ; enfin le surarmement « multiplie les raisons de conflits et augmente le risque de la contagion »[22]. Aucune de ces objections n'est négligeable, et leur accumulation forme un réquisitoire complet.
Production et commerce des armes : un devoir de réglementer
Le § 2316 déplace le regard de la stratégie vers l'économie. La fabrication et le négoce des armes ne sont pas des affaires privées indifférentes : ils « touchent le bien commun des nations », et donc relèvent de l'autorité publique.
« La recherche d'intérêts privés ou collectifs à court terme ne peut légitimer des entreprises qui attisent la violence et les conflits entre les nations, et qui compromettent l'ordre juridique international. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2316[23]
Le commerce des armes met ainsi en jeu la destination des biens et la responsabilité morale des producteurs et des marchands. Vendre des armes à qui « attise la violence » n'est pas un acte économiquement neutre : c'est une coopération à un mal qui « crie vers le ciel », selon le mot de François.
| Aspect | Jugement de l'Église | Référence |
|---|---|---|
| Légitime défense d'un État | Droit et devoir : moyens proportionnés autorisés | CEC 2308-2310 ; Compendium 500-502 |
| Dissuasion par accumulation d'armes | « Sévères réserves morales » ; n'assure pas la paix | CEC 2315 |
| Dissuasion nucléaire | Tolérée comme « étape » provisoire (1982) ; possession condamnée (2017-2019) | JP II 1982 ; François 2017-2019 |
| Production et commerce d'armes | À réglementer ; intérêts à court terme ne légitiment pas | CEC 2316 ; Compendium 508, 511 |
| Armes de destruction massive | « Menace particulièrement grave » ; non-prolifération et désarmement | Compendium 509 |
| Mines antipersonnel | À interdire : frappent « aveuglément », longtemps après les combats | Compendium 510 |
Les analyses du Compendium : vers un désarmement « général, équilibré et contrôlé »
Le Compendium de la doctrine sociale de l'Église (Conseil pontifical Justice et Paix, 2004) rassemble et systématise cet enseignement dans sa section sur le désarmement (nn. 508-512).
Le principe de suffisance
Le Compendium fixe l'objectif : un « désarmement général, équilibré et contrôlé »[24]. Il énonce surtout un critère moral clair, le principe de suffisance : un État ne peut posséder « uniquement les moyens nécessaires à sa légitime défense ». Toute accumulation qui dépasse ce seuil, ou tout commerce généralisé d'armes, « n'est pas moralement justifiable ». Et il ajoute une mise en garde décisive : « Les armes ne doivent jamais être considérées de la même façon que d'autres biens échangés au niveau mondial ou sur les marchés intérieurs »[25]. L'arme n'est pas une marchandise comme une autre.
Les armes de destruction massive
Pour les armes nucléaires, biologiques et chimiques, le Compendium parle d'une « menace particulièrement grave » et engage la responsabilité de ceux qui les détiennent « devant Dieu et devant l'humanité tout entière ». Il pose comme objectifs liés et urgents la non-prolifération, le désarmement nucléaire et l'interdiction des essais, sous « des contrôles efficaces au niveau international »[26].
Mines antipersonnel, armes légères, enfants-soldats
Le Compendium descend ensuite vers les armes qui tuent au quotidien. Il demande l'interdiction des mines antipersonnel, « inhumainement insidieu[ses] » parce qu'elles « continuent à causer des dommages même longtemps après la fin des hostilités »[27]. Il réclame le contrôle de la production et du trafic des armes légères, « celles qui tuent davantage et qui sont le plus utilisées dans les conflits » internes[28]. Il dénonce enfin comme « un crime intolérable » l'utilisation d'enfants et d'adolescents comme soldats[29]. La course aux armements n'est donc pas seulement l'affaire des grandes puissances nucléaires : elle se prolonge dans le commerce diffus qui alimente les guerres oubliées.
La question nucléaire : un développement doctrinal
Le cas de l'arme nucléaire mérite une attention particulière, car c'est là que l'enseignement a le plus visiblement progressé au cours des dernières décennies — non par rupture, mais par approfondissement.
La dissuasion tolérée comme « étape »
Pendant la guerre froide, le magistère a toléré la dissuasion nucléaire, mais à des conditions strictes. Jean-Paul II en 1982 la dit « moralement acceptable » seulement « comme une étape sur la voie d'un désarmement progressif », et « non certes comme une fin en soi »[30]. Trois conditions implicites encadraient cette tolérance : que la dissuasion serve réellement à éviter la guerre, qu'elle reste un moyen transitoire, et qu'elle s'accompagne d'efforts effectifs de désarmement. Le Compendium précisera que « les politiques de dissuasion nucléaire, typiques de la période de la guerre froide, doivent être remplacées par des mesures concrètes de désarmement, basées sur le dialogue et sur les négociations multilatérales »[31].
Le tournant de François
François constate que ces conditions ne sont plus tenues : la dissuasion s'est installée comme un état permanent, les arsenaux se modernisent au lieu de décroître, et la simple existence de ces armes maintient l'humanité entière sous une « logique de peur ». Il en tire la conséquence : la possession même de l'arme nucléaire est désormais condamnée[32]. Ce jugement a accompagné l'adoption, en 2017, du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires, que le Saint-Siège a signé et ratifié parmi les premiers.
Continuité ou rupture ?
Faut-il voir là une contradiction avec Jean-Paul II ? Non : c'est un développement homogène, dans l'herméneutique de la continuité. Le principe permanent n'a jamais changé : la dissuasion ne vaut que comme étape vers le désarmement, jamais comme fin. Jean-Paul II tolérait la dissuasion *parce qu'*on la croyait orientée vers le désarmement ; François la condamne *parce qu'*elle ne l'est manifestement plus et s'est figée en équilibre de la terreur permanent. La condition posée en 1982 n'étant plus remplie, la conclusion change — non le principe. C'est l'application d'une même doctrine à une situation transformée, comme le magistère social l'a toujours fait[33].
Objections et discernement
L'enseignement de l'Église sur la course aux armements suscite des objections sérieuses, qu'il ne faut pas esquiver.
« Désarmer, n'est-ce pas livrer les faibles à l'agresseur ? »
L'objection est grave : un désarmement naïf pourrait laisser un peuple sans défense face à un tyran. L'Église ne l'ignore pas. Elle maintient fermement le droit de légitime défense : « Aussi longtemps que le risque de guerre subsistera […], on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifique, le droit de légitime défense », enseigne Gaudium et Spes (n° 79)[34]. La condamnation porte sur la course aux armements — l'accumulation indéfinie et compétitive —, non sur la possession de moyens proportionnés à la défense. Le critère est le principe de suffisance du Compendium : ce qui excède la légitime défense, et entre dans la spirale, est ce qui est condamné.
« Le désarmement unilatéral est-il exigé ? »
Non. Le magistère ne réclame pas qu'une nation se désarme seule en laissant les autres armées : il appelle à un désarmement « général, équilibré et contrôlé », « d'un commun accord et accompagné de contrôles efficaces »[35]. Le désarmement catholique est concerté, réciproque et vérifiable — non une capitulation morale, mais une œuvre commune de confiance. C'est précisément ce caractère mutuel qui répond à l'objection précédente : on ne demande à personne de s'exposer seul.
Réalisme chrétien contre fausse paix
L'Église n'est ni belliciste ni pacifiste au sens d'un désarmement désarmé et angélique. Elle refuse les deux fausses paix : celle de l'équilibre de la terreur, qui n'est qu'une guerre suspendue, et celle d'un pacifisme qui livrerait l'innocent à l'agresseur. Sa voie est exigeante : construire une paix réelle par la justice, la confiance mutuelle, le droit international et le désarmement concerté. C'est plus difficile que d'accumuler des armes — mais c'est la seule paix qui mérite ce nom.
Désarmer aussi les cœurs : la racine spirituelle
La doctrine sociale ne s'arrête pas aux traités. Jean XXIII l'avait dit : le désarmement extérieur restera « irréalisable ou presque » sans un désarmement « qui atteigne aussi les âmes »[36]. La course aux armements a une racine intérieure : la peur, la défiance, l'orgueil des nations, l'avidité des marchands. On ne désarme pas durablement les arsenaux sans désarmer ces passions.
La prophétie d'Isaïe : des épées aux socs de charrue
L'espérance biblique donne à ce désarmement son image définitive — celle d'un monde où les instruments de mort deviennent instruments de vie :
« De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l'épée ; ils n'apprendront plus la guerre. » — Isaïe 2, 4 (repris en Michée 4, 3)[37]
Cette prophétie messianique n'est pas une utopie politique : c'est le fruit du règne de Dieu, où la paix vient de la conversion des cœurs et de la justice rétablie. Elle inspire la statue Let Us Beat Swords into Plowshares offerte aux Nations unies, mais elle dit d'abord une vérité spirituelle : la paix véritable n'est pas un équilibre des forces, c'est un don à recevoir et une œuvre de conversion.
La paix, fruit de la justice et de la charité
La course aux armements est, au fond, le symptôme d'un défaut de paix intérieure entre les peuples — défaut de justice, défaut de solidarité, défaut de confiance. C'est pourquoi l'Église ne sépare jamais la question des armes de celle du développement : « le développement est le nouveau nom de la paix », disait Paul VI. Tant que des nations vivront dans l'injustice et la peur, elles s'armeront ; la vraie voie du désarmement passe par la justice, le partage et la fraternité.
Désarmer l'amour-propre : la lumière de la Divine Volonté
La spiritualité de la Divine Volonté transmise à Luisa Piccarreta (1865-1947) éclaire cette racine intérieure. La guerre extérieure naît de la guerre intime de la volonté humaine contre la Volonté de Dieu ; la paix du monde suppose que les âmes rendent à Dieu son règne en elles. Celui qui vit dans le Fiat divin dépose ses propres « armes » — l'amour-propre, la revendication, la défiance — pour laisser régner la Volonté de paix de Dieu, et appelle ce règne sur toute la création[38]. Le désarmement le plus profond commence là : dans le cœur qui cesse de faire la guerre à Dieu.
Pour aller plus loin
- La paix — la valeur positive que la course aux armements prétend servir et qu'elle mine en réalité.
- La guerre juste — le cadre du droit de légitime défense, qui distingue l'armement proportionné de la course aux armements.
- La destination universelle des biens — l'arrière-plan du « scandale » des ressources détournées des pauvres.
- Le bien commun — que « la production et le commerce des armes » touchent directement (CEC 2316).
- La solidarité — « Opus solidaritatis pax » : la paix, fruit de la solidarité entre les nations.
- La mondialisation — le cadre de l'interdépendance où se joue aujourd'hui le commerce des armes.
- Le totalitarisme — le régime qui transforme l'armement en instrument de domination.
Notes et références
Concile Vatican II, constitution pastorale Gaudium et Spes, n° 81, 7 décembre 1965 : « La course aux armements est une plaie extrêmement grave de l'humanité et lèse les pauvres d'une manière intolérable. » Formule reprise textuellement par le Catéchisme de l'Église catholique, § 2329 (avec la référence « GS 81, § 3 »). Texte officiel français sur vatican.va.
1Catéchisme de l'Église catholique, § 2315 : « La course aux armements n'assure pas la paix. Loin d'éliminer les causes de guerre, elle risque de les aggraver. » Édition officielle française, Mame/Plon, 1992 ; texte sur vatican.va.
2Saint Jean XXIII, Pacem in Terris, 11 avril 1963, n° 110 : « On a coutume de justifier les armements en répétant que dans les conjonctures du moment la paix n'est assurée que moyennant l'équilibre des forces armées. Alors, toute augmentation du potentiel militaire en quelque endroit provoque de la part des autres États un redoublement d'efforts dans le même sens. » Texte officiel français, vatican.va.
3Catéchisme de l'Église catholique, § 2315 (texte intégral) : « L'accumulation des armes apparaît à beaucoup comme une manière paradoxale de détourner de la guerre des adversaires éventuels. […] Ce procédé de dissuasion appelle de sévères réserves morales. La course aux armements n'assure pas la paix. »
4Catéchisme de l'Église catholique, § 2316 : « La production et le commerce des armes touchent le bien commun des nations et de la communauté internationale. Dès lors les autorités publiques ont le droit et le devoir de les réglementer. »
5Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n° 80 (« La guerre totale ») : « Tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l'homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation. » Passage repris par le Compendium de la doctrine sociale, n° 509, et cité par le CEC, § 2314.
6Concile Vatican II, constitution pastorale Gaudium et Spes, n° 81, 7 décembre 1965 : la course aux armements « ne constitue pas une voie sûre pour le ferme maintien de la paix », et l'équilibre qui en résulte « n'est ni une paix stable, ni une paix véritable » ; « on risque au contraire de les aggraver peu à peu ». Texte officiel français, vatican.va — citation vérifiée mot à mot sur le texte intégral du numéro 81.
7Catéchisme de l'Église catholique, § 2315 : « Le surarmement multiplie les raisons de conflits et augmente le risque de la contagion. »
8Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n° 81, 7 décembre 1965. Voir note [^gs-81-phare].
9Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n° 81 : « Tandis qu'on dépense des richesses fabuleuses dans la préparation d'armes toujours nouvelles, il devient impossible de porter suffisamment remède à tant de misères présentes de l'univers. » Texte officiel français, vatican.va. Idée reprise au CEC, § 2315 (« La dépense de richesses fabuleuses dans la préparation d'armes toujours nouvelles empêche de porter remède aux populations indigentes »).
10Vénérable Pie XII, radiomessage de Noël, 24 décembre 1941 (AAS XXXIV, 1942, p. 17), cité par Saint Jean XXIII, Pacem in Terris, 11 avril 1963, n° 112 : « Il faut empêcher à tout prix que la guerre mondiale, avec ses ruines économiques et sociales, ses aberrations et ses désordres moraux, déferle une troisième fois sur l'humanité. » Texte officiel français, vatican.va.
11Saint Jean XXIII, Pacem in Terris, n° 112, 11 avril 1963 : « La justice, la sagesse, le sens de l'humanité réclament par conséquent qu'on arrête la course aux armements ; elles réclament la réduction parallèle et simultanée de l'armement existant dans les divers pays, la proscription de l'arme atomique et enfin le désarmement dûment effectué d'un commun accord et accompagné de contrôles efficaces. » Texte officiel français, vatican.va.
12Saint Jean XXIII, Pacem in Terris, n° 113 : « À l'axiome qui veut que la paix résulte de l'équilibre des armements, on substitue le principe que la vraie paix ne peut s'édifier que dans la confiance mutuelle. » Texte officiel français, vatican.va.
13Saint Paul VI, discours à l'Assemblée générale de l'ONU, New York, 4 octobre 1965, n° 5 : « Jamais plus les uns contre les autres, jamais, plus jamais ! […] Si vous voulez être frères, laissez tomber les armes de vos mains. On ne peut pas aimer avec des armes offensives dans les mains. » Texte officiel français, vatican.va.
14Saint Paul VI, Populorum Progressio, 26 mars 1967, n° 53 : « Quand tant de peuples ont faim, quand tant de foyers souffrent de la misère, […] toute course épuisante aux armements devient un scandale intolérable. Nous Nous devons de le dénoncer. » Texte officiel français, vatican.va. Numéro cité par le CEC, § 2315 (« PP 53 »).
15Saint Jean-Paul II, message à la IIᵉ session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU consacrée au désarmement, 7 juin 1982, § 8 : « Dans les conditions actuelles, une dissuasion basée sur l'équilibre, non certes comme une fin en soi mais comme une étape sur la voie d'un désarmement progressif, peut encore être jugée comme moralement acceptable. » Texte officiel français, vatican.va.
16Saint Jean-Paul II, Centesimus Annus, 1ᵉʳ mai 1991, n° 18 : « Une course folle aux armements absorbe les ressources nécessaires au développement des économies internes et à l'aide aux nations les plus défavorisées. » Texte officiel français, vatican.va.
17Pape François, discours aux participants à la conférence internationale « Pour un monde libéré des armes nucléaires et pour un désarmement intégral », Vatican, 10 novembre 2017 : « Il faut condamner fermement la menace de leur usage, ainsi que leur possession, précisément parce que leur existence est liée à une logique de peur. » Texte officiel français, vatican.va.
18Pape François, message au Mémorial de la paix d'Hiroshima, 24 novembre 2019 : « L'utilisation de l'énergie atomique à des fins militaires est immorale, de même que la possession des armes atomiques. » Texte officiel français, vatican.va.
19Pape François, discours sur les armes nucléaires, Nagasaki, 24 novembre 2019 : « L'argent dépensé et les fortunes gagnées dans la fabrication, la modernisation, l'entretien et la vente d'armes toujours plus destructrices sont un outrage continuel qui crie vers le ciel. » Texte officiel français, vatican.va.
20Pape François, lettre encyclique Fratelli Tutti, 3 octobre 2020, n° 262 : « Avec les ressources financières consacrées aux armes ainsi qu'à d'autres dépenses militaires, créons un Fonds mondial, en vue d'éradiquer une bonne fois pour toutes la faim et pour le développement des pays les plus pauvres. » Texte officiel français, vatican.va — citation vérifiée.
21Catéchisme de l'Église catholique, § 2315. Synthèse des quatre objections enchaînées contre la course aux armements (n'assure pas la paix ; aggrave les causes de guerre ; empêche le secours des indigents et le développement ; multiplie les conflits).
22Catéchisme de l'Église catholique, § 2316 : « La recherche d'intérêts privés ou collectifs à court terme ne peut légitimer des entreprises qui attisent la violence et les conflits entre les nations, et qui compromettent l'ordre juridique international. »
23Conseil pontifical Justice et Paix, Compendium de la doctrine sociale de l'Église, Libreria Editrice Vaticana, 2004, n° 508 : « L'objectif que propose la doctrine sociale est celui d'un "désarmement général, équilibré et contrôlé". »
24Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 508 : principe de suffisance (« un État peut posséder uniquement les moyens nécessaires à sa légitime défense ») ; « Toute accumulation excessive d'armes, ou leur commerce généralisé, n'est pas moralement justifiable » ; « Les armes ne doivent jamais être considérées de la même façon que d'autres biens échangés. »
25Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 509 : les armes de destruction de masse — biologiques, chimiques et nucléaires — « représentent une menace particulièrement grave » ; non-prolifération, désarmement nucléaire et interdiction des essais « doivent être atteints le plus rapidement possible grâce à des contrôles efficaces au niveau international ».
26Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 510 : interdiction des mines antipersonnel, engins « inhumainement insidieux, car ils continuent à causer des dommages même longtemps après la fin des hostilités ».
27Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 511 : contrôle de la production et du trafic des armes légères et individuelles, « celles qui tuent davantage et qui sont le plus utilisées dans les conflits non internationaux ».
28Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 512 : l'utilisation d'enfants et d'adolescents comme soldats dans les conflits armés « constitue un crime intolérable » et « doit cesser ».
29Saint Jean-Paul II, message à l'ONU sur le désarmement, 7 juin 1982, § 8. Voir note [^jp2-1982]. La tolérance de la dissuasion y est expressément conditionnelle (« non certes comme une fin en soi ») et transitoire (« comme une étape sur la voie d'un désarmement progressif »).
30Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n° 508 : « Les politiques de dissuasion nucléaire, typiques de la période de la guerre froide, doivent être remplacées par des mesures concrètes de désarmement, basées sur le dialogue et sur les négociations multilatérales. »
31Pape François, discours du 10 novembre 2017. Voir note [^fr-2017]. La condamnation porte sur la possession même de l'arme nucléaire, et non seulement sur son usage ou la menace de son usage.
32Sur le développement homogène de la doctrine : un même principe permanent (la dissuasion n'est tolérable que comme étape vers le désarmement) appliqué à des situations différentes produit des conclusions différentes sans contradiction — c'est le schéma classique du développement doctrinal dans l'herméneutique de la continuité (cf. Vincent de Lérins, Commonitorium, 434 : eodem sensu eademque sententia ; J. H. Newman, An Essay on the Development of Christian Doctrine, 1845). La tolérance conditionnelle de Jean-Paul II (1982) supposait une orientation effective vers le désarmement ; le jugement de François (2017-2019) constate que cette condition n'est plus remplie : le principe n'a pas changé, c'est la situation jugée qui n'est plus la même.
33Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n° 79, § 4 : « Aussi longtemps que le risque de guerre subsistera, qu'il n'y aura pas d'autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifique, le droit de légitime défense. » Texte officiel français, vatican.va.
34Saint Jean XXIII, Pacem in Terris, n° 112. Voir note [^pt-112] : le désarmement demandé est « parallèle et simultané », « d'un commun accord et accompagné de contrôles efficaces » — donc concerté et vérifiable, jamais unilatéral.
35Saint Jean XXIII, Pacem in Terris, n° 113 : l'arrêt de la course aux armements et leur suppression sont « irréalisables ou presque sans un désarmement intégral qui atteigne aussi les âmes ».
36Isaïe 2, 4, traduction liturgique officielle (AELF) : « De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l'épée ; ils n'apprendront plus la guerre. » Le même oracle est repris en Michée 4, 3 (formulation identique en AELF).
37Synthèse théologique portant sur l'ensemble du corpus de la spiritualité de la Divine Volonté transmise à Luisa Piccarreta (1865-1947) — Le Livre du Ciel (éditions Centro Studi Piccarreta) — plutôt que citation d'un passage unique : la guerre extérieure y est comprise comme le fruit de la résistance de la volonté humaine à la Volonté divine, et la paix comme le fruit du règne du Fiat dans les âmes.
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