La théologie de l'icône

Pourquoi l'Église vénère-t-elle les images sacrées ? La théologie de l'icône, fondée sur le mystère de l'Incarnation : du Dieu invisible devenu visible en Jésus-Christ à la querelle iconoclaste, au concile de Nicée II (787) et à la distinction entre vénérer une image et adorer Dieu.

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Une icône n'est pas un tableau religieux comme un autre. Pour la tradition chrétienne, surtout orientale, elle est une confession de foi peinte : devant elle, on ne contemple pas seulement une œuvre d'art, on touche au cœur du dogme chrétien — le Dieu invisible est devenu visible en Jésus-Christ. C'est pourquoi, au VIIIe siècle, l'Église a versé son sang non pour défendre un style de peinture, mais pour défendre une vérité : si l'on peut représenter le Christ, c'est que Dieu s'est vraiment fait homme. Nier l'icône revenait, aux yeux des Pères, à nier l'Incarnation elle-même.[1][2]

Cet article traite de la théologie de l'icône : ses raisons, son fondement dogmatique, la grande crise iconoclaste qui l'a forgée, la définition du IIe concile de Nicée (787), la distinction décisive entre vénérer une image et adorer Dieu, puis le sens spirituel de l'image sacrée comme « théologie en couleurs ». Il ne s'agit pas ici de parcourir l'histoire de l'art byzantin ni de décrire telle ou telle icône célèbre : ces sujets relèvent de dossiers distincts, vers lesquels on renvoie.[3]

« Autrefois, Dieu, l'incorporel et le sans-forme, n'était jamais représenté ; mais maintenant que Dieu a été vu dans la chair et a vécu parmi les hommes, je représente ce qui est visible de Dieu. » — Saint Jean Damascène, Discours sur les images, I[4]

L'enjeu est donc immense : l'icône est le lieu où la foi en l'Incarnation se rend visible, où la matière elle-même — bois, couleur, or — est associée au salut. Comprendre la théologie de l'icône, c'est comprendre pourquoi le christianisme, contre toute une tradition de méfiance envers les images, a osé peindre le visage de Dieu.

Qu'est-ce qu'une icône, au sens théologique ?

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Le mot vient du grec eikôn, « image ». Mais une icône, dans la tradition, n'est pas une simple illustration pieuse : c'est une image liturgique, c'est-à-dire une image qui a sa place dans le culte, qui « représente principalement le Christ » et, à travers lui, la Mère de Dieu, les anges et les saints.[5][6]

Une image sacrée, non une décoration

L'icône se distingue de l'image purement décorative par sa fonction : elle est faite pour la prière, non pour l'ornement. Le Catéchisme de l'Église catholique le formule avec netteté : « L'iconographie chrétienne transcrit par l'image le message évangélique que l'Écriture transmet par la parole. Image et parole s'éclairent mutuellement. »[7] L'icône est donc un véhicule de la Révélation, au même titre que la prédication ou la lecture biblique : elle annonce le même Évangile par d'autres moyens.

« Écrire » une icône plutôt que la peindre

Dans la tradition orientale, on dit volontiers que l'on « écrit » une icône, et non qu'on la peint. Cette manière de parler, qui tient en partie à l'usage du grec et du slavon où le même verbe désigne l'écriture et la peinture, traduit une intuition théologique : l'iconographe ne produit pas une œuvre originale au sens du peintre moderne ; il transmet un contenu reçu, comme un copiste transmet un texte. L'icône relève d'une tradition réglée, non de l'invention personnelle.[8]

Icône, idole, statue : trois choses distinctes

La grande objection contre les images est l'accusation d'idolâtrie, fondée sur le commandement du Décalogue : « Tu ne te feras aucune image sculptée » (Ex 20, 4).[9] La réponse de l'Église distingue soigneusement trois réalités. L'idole est une image que l'on adore pour elle-même, comme si elle était un dieu : c'est cela qui est interdit. L'icône, au contraire, ne retient pas sur elle le regard et l'honneur : elle les renvoie au prototype, à la personne représentée. Quant à la statue et au relief, abondants dans l'art occidental, ils relèvent de la même logique théologique que l'image plane : le support change, le principe demeure. Sur cette distinction entre adorer et vénérer, voir la différence entre adoration et vénération.

Le fondement dogmatique : l'Incarnation

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Toute la théologie de l'icône repose sur un seul mystère : l'Incarnation. C'est là le centre, et tout le reste en découle.

Le Dieu que nul n'a jamais vu

L'Ancien Testament interdit de représenter Dieu, et pour une raison juste : Dieu est invisible, incorporel, sans forme ; toute image prétendant le saisir serait un mensonge et une idole.[10] « Dieu, personne ne l'a jamais vu », rappelle saint Jean (Jn 1, 18). Le judaïsme et, après lui, l'islam tireront de là un refus radical de l'image religieuse. Le christianisme aurait pu faire de même — et les iconoclastes voulurent précisément l'y ramener.

« Le Verbe s'est fait chair »

Mais quelque chose d'inouï est advenu. « Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). En Jésus-Christ, le Dieu invisible s'est rendu visible : on a pu le voir, l'entendre, le toucher (cf. 1 Jn 1, 1). Il est « l'image du Dieu invisible » (Col 1, 15). Dès lors, représenter le Christ n'est plus une transgression : c'est au contraire confesser qu'il a réellement pris chair. C'est l'argument-massue de saint Jean Damascène, le grand docteur de l'icône, au cœur de la crise du VIIIe siècle :

« Je ne vénère pas la matière, je vénère le Dieu de la matière, qui s'est fait matière pour moi, qui a daigné habiter la matière et qui, par la matière, a opéré mon salut. » — Saint Jean Damascène, Discours sur les images, I[11]

La matière n'est pas méprisable : Dieu l'a assumée. Refuser l'image au nom de la dignité de Dieu, c'est, selon le Damascène, retomber dans une forme de mépris manichéen de la chair et de la création — exactement ce que l'Incarnation vient récuser.[12]

L'icône, preuve visible de l'Incarnation

De ce raisonnement, le Catéchisme tire sa formule la plus dense : l'image sacrée « ne peut représenter le Dieu invisible et incompréhensible, mais l'incarnation du Fils de Dieu a inauguré une nouvelle "économie" des images. »[13] Autrement dit, l'icône est un fruit de l'Incarnation : elle n'existe que parce que Dieu, le premier, s'est donné une image en se faisant homme. C'est pourquoi le IIe concile de Nicée justifiera la vénération des images « en se fondant sur le mystère du Verbe incarné ».[14] L'icône devient ainsi une sorte de profession de foi : qui peint le Christ confesse qu'il est vraiment homme ; qui le refuse, soupçonne sa chair.

La querelle iconoclaste (VIIIe-IXe siècles)

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La théologie de l'icône ne s'est pas élaborée dans le calme des écoles, mais dans une crise qui a déchiré l'Empire byzantin pendant plus d'un siècle : l'iconoclasme (du grec eikôn, image, et klastês, briseur), la « brisure des images ».

Les origines : Léon III et Constantin V

Vers 726-730, l'empereur Léon III l'Isaurien lance une politique de destruction des images sacrées, peut-être sous l'influence de courants hostiles à l'image et de la pression de l'islam conquérant.[15] Son fils Constantin V (741-775) radicalise la persécution et lui donne une base doctrinale en réunissant, en 754, le concile de Hiéria, qui se présente comme œcuménique et condamne le culte des images comme idolâtrie.[16] Moines et défenseurs des icônes — les iconodoules — sont persécutés, exilés, parfois martyrisés.

Les arguments des iconoclastes

Les iconoclastes ne sont pas des barbares incultes : ils avancent des arguments théologiques sérieux. Le premier est scripturaire : le Décalogue interdit les images.[17] Le second est christologique et plus redoutable : Dieu étant infini et incirconscriptible (qu'aucune limite ne peut enserrer), vouloir le « circonscrire » dans une image, c'est ou bien ne peindre que son humanité — et donc séparer ses deux natures (nestorianisme) — ou bien prétendre enfermer sa divinité dans la matière — et donc confondre les natures (monophysisme).[18] L'icône, disaient-ils, est piégée dans une hérésie christologique.

Les défenseurs : Jean Damascène et Théodore Studite

À ces arguments, deux géants répondent. Saint Jean Damascène (vers 675-749), moine près de Jérusalem — donc hors d'atteinte de l'empereur byzantin, en terre déjà musulmane —, écrit ses trois Discours sur les images (vers 726-730), qui fondent toute la défense sur l'Incarnation et sur la distinction entre vénération et adoration.[19] Un siècle plus tard, lors du second iconoclasme, saint Théodore Studite (759-826), abbé du monastère du Stoudios à Constantinople, affine la réponse christologique avec une rigueur nouvelle.[20] On y reviendra plus bas, car c'est l'argument décisif.

Le second iconoclasme et le Triomphe de l'Orthodoxie (843)

Triomphe de l’Orthodoxie, anonyme, vers 1400, British Museum. Wikimedia Commons, domaine public.

Le concile de Nicée II (787) rétablit les images, mais la paix est fragile. Un second iconoclasme éclate en 815 sous l'empereur Léon V l'Arménien et dure jusqu'en 843.[21] C'est l'impératrice Théodora, régente, qui y met fin : le 11 mars 843, premier dimanche du Carême, les images sont solennellement rétablies. Cet événement, célébré chaque année par les Églises orientales comme le « Triomphe de l'Orthodoxie », scelle la victoire de la foi sur l'iconoclasme.[22] Depuis, le premier dimanche du Carême reste, en Orient, la fête de la restauration des saintes images.

  1. ≈ 726-730
    Début de l'iconoclasme

    L'empereur Léon III l'Isaurien lance la destruction des images sacrées. Jean Damascène rédige ses trois Discours sur les images pour les défendre.

  2. 754
    Concile iconoclaste de Hiéria

    Réuni par Constantin V, ce concile condamne le culte des images comme idolâtrie et se prétend œcuménique. Persécution des moines iconodoules.

  3. 787
    IIe concile de Nicée

    Septième concile œcuménique : il rétablit la vénération des images et fixe la doctrine, en distinguant vénération (proskynèsis) et adoration (latreia).

  4. 815-843
    Second iconoclasme

    Léon V relance la persécution. Théodore Studite défend les icônes par un argument christologique affiné, et subit l'exil.

  5. 11 mars 843
    Le Triomphe de l'Orthodoxie

    L'impératrice Théodora rétablit définitivement les images. L'événement est commémoré chaque premier dimanche de Carême en Orient.

Le concile de Nicée II (787) : la doctrine de l'Église

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Le IIe concile de Nicée, réuni en 787 dans la ville de Bithynie où s'était tenu le premier concile œcuménique de 325, est le septième concile œcuménique, reconnu comme tel par les catholiques et les orthodoxes. Convoqué par l'impératrice Irène et le patriarche Taraise, il rassemble environ trois cent cinquante Pères et a pour mission de réparer le dommage doctrinal causé par le conciliabule iconoclaste de Hiéria.[23]

Le horos : ce que le concile définit

Le 13 octobre 787, lors de sa septième session, le concile promulgue sa définition de foi (le horos). Il y déclare légitime — et même obligatoire — de placer dans les églises les images sacrées du Christ, de la Mère de Dieu, des anges et des saints, et de leur rendre un culte de vénération. Le texte précise aussitôt la nature de ce culte :

« Plus on les contemple [ces images], plus ceux qui les regardent sont portés au souvenir et au désir des modèles originaux, et à leur rendre, en les baisant, le respect d'une vénération honorifique, non pas la véritable adoration de notre foi, qui ne convient qu'à la seule nature divine. » — IIe concile de Nicée, définition de foi, 787[24]

Vénération (proskynèsis) et adoration (latreia) : la distinction-clé

Tout tient dans deux mots grecs que le concile prend soin de ne pas confondre. La latreia (« adoration ») est le culte absolu, dû à Dieu seul, en raison de sa nature divine. La proskynèsis (« vénération », littéralement « prosternation ») est un honneur relatif, que l'on peut rendre à ce qui est saint sans en faire un dieu : la Croix, le livre des Évangiles, les reliques, les saints — et les images.[25][26] L'icône reçoit donc une proskynèsis honorifique, jamais la latreia. La nuance n'est pas un détail d'érudition : c'est elle qui sépare le culte chrétien des images de l'idolâtrie.

CritèreVénération (proskynèsis)Adoration (latreia)
DestinataireImages, Croix, Évangiles, reliques, saintsDieu seul (Père, Fils, Esprit)
Nature du culteRelatif, honorifiqueAbsolu
Vers qui va l'honneurVers le prototype représentéVers Dieu lui-même
Refus possible ?On peut s'en abstenir sans pécherRefusé à Dieu = idolâtrie ou impiété
Rendre à une créatureLégitimeIdolâtrie

« L'honneur rendu à l'image remonte au prototype »

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Pour justifier que l'on puisse honorer une image sans tomber dans l'idolâtrie, le concile reprend une formule de saint Basile de Césarée, écrite quatre siècles plus tôt dans son traité Sur le Saint-Esprit : « L'honneur rendu à l'image remonte au prototype. »[27] Le geste de vénération ne s'arrête pas au bois et à la couleur : il traverse l'image pour atteindre la personne qu'elle représente. Le concile le dit explicitement : « celui qui vénère l'image vénère la personne (l'hypostase) qui y est représentée. »[28] L'image est transparente : elle ne capte pas l'hommage, elle le transmet. C'est ce principe que reprendra l'Occident, du concile de Trente jusqu'au Catéchisme.[29]

La réponse christologique de saint Théodore Studite

L'argument scripturaire et celui de l'Incarnation suffisaient à fonder l'image. Mais l'objection iconoclaste la plus fine était christologique — et c'est saint Théodore Studite, lors du second iconoclasme, qui lui porte le coup décisif.

Circonscrire l'incirconscriptible

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Les iconoclastes disaient : Dieu est incirconscriptible, on ne peut donc pas le peindre. Théodore répond en distinguant la nature et la personne. Certes, la nature divine comme telle ne peut être circonscrite ni représentée. Mais ce que l'icône représente, ce n'est pas la nature divine en général : c'est la personne du Verbe incarné, le Christ, qui, par son humanité réelle, a un visage, une taille, des traits — donc est circonscriptible.[30] L'Incarnation a rendu le Fils de Dieu représentable sans cesser d'être Dieu.

Le dilemme adressé aux iconoclastes

Théodore retourne alors l'objection en un dilemme redoutable. Si l'on prétend que le Christ ne peut absolument pas être représenté, c'est, ou bien qu'il n'a pas de vraie nature humaine — et l'on retombe dans le docétisme, qui réduit le corps du Christ à une apparence —, ou bien que son humanité est absorbée dans sa divinité — et l'on retombe dans le monophysisme.[31] Refuser l'image du Christ, ce n'est donc pas protéger sa divinité : c'est, en réalité, nier la réalité de son humanité, donc nier le salut, qui passe par cette humanité. L'iconoclaste, croyant honorer Dieu, sape l'Incarnation.

L'image atteint la personne, non la nature

Théodore précise enfin un point capital pour la prière : l'image ne représente jamais une nature (on ne peint pas « l'humanité » en général), mais toujours une hypostase, une personne concrète — celle du Christ, de Marie, de tel saint.[32] C'est pourquoi l'honneur rendu à l'icône atteint réellement la personne vivante qu'elle figure. L'icône n'est pas un portrait du passé : elle met en présence d'un vivant.

L'icône comme « théologie en couleurs »

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Une fois fondée en droit, l'icône a développé un langage propre, réglé, théologique jusque dans ses moindres procédés. On a pu dire qu'elle est une « théologie en couleurs » : tout, dans une icône traditionnelle, veut dire quelque chose.[33]

Plus qu'une « Bible des illettrés »

En Occident, on a souvent justifié les images par leur utilité pédagogique : elles seraient la « Bible des illettrés ». La formule remonte au pape saint Grégoire le Grand qui, vers 600, reprochait à l'évêque Serenus de Marseille d'avoir brisé les images de son église, en lui rappelant que « ce que l'écriture offre à ceux qui lisent, la peinture l'offre aux illettrés qui la regardent ».[34] Cette fonction catéchétique est réelle. Mais la théologie orientale va plus loin : l'icône n'est pas seulement un moyen d'enseigner, elle est un lieu de présence et un chemin de contemplation. Elle ne supplée pas à l'ignorance ; elle ouvre à la prière.

Le canon iconographique : transmettre, non inventer

L'iconographe travaille selon un canon, un ensemble de règles transmises : types fixés du visage du Christ, gestes, couleurs symboliques, inscriptions. Cette fidélité n'est pas de la routine : elle garantit que l'icône reste vraie, conforme à la foi de l'Église, et non le produit de l'imagination d'un individu. L'art occidental, surtout depuis la Renaissance, valorisera au contraire l'invention du génie personnel — d'où une autre conception de l'image sacrée, que l'on retrouve par exemple chez Raphaël ou dans l'Annonciation de Fra Angelico.

La perspective inversée

Le trait le plus déroutant de l'icône est sa perspective inversée : au lieu de fuir vers un point de l'horizon comme dans la peinture occidentale classique, les lignes semblent converger vers le spectateur. Ce n'est pas une maladresse technique : c'est un choix théologique. Le point de fuite n'est pas dans le tableau, mais dans celui qui prie : ce n'est pas nous qui regardons l'icône comme une scène lointaine, c'est le mystère qui s'ouvre vers nous et nous inclut.[35] L'icône refuse la profondeur illusionniste pour signifier qu'elle n'est pas une fenêtre sur un monde imaginaire, mais un seuil vers le Royaume.

La lumière incréée : l'or, le nimbe, la lumière du Thabor

La Transfiguration, attribuée à Théophane le Grec, début du XVe siècle, galerie Tretiakov. Wikimedia Commons, domaine public.

Dans une icône, la lumière ne vient pas du dehors : il n'y a ni source lumineuse, ni ombre portée naturelle. Les visages et les vêtements semblent rayonner de l'intérieur. Le fond d'or ne représente pas un décor doré, mais la lumière même de Dieu, son éternité présente partout. Le nimbe (l'auréole) signifie la sainteté, la présence de l'Esprit dans le corps glorifié.[36] Cette esthétique trouve son fondement théologique dans la doctrine de la lumière incréée, développée en Orient par saint Grégoire Palamas (XIVe siècle) : la lumière qui transfigure le Christ sur le mont Thabor n'est pas une lumière créée, mais le rayonnement des énergies divines, par lesquelles Dieu se rend réellement participable sans que son essence cesse d'être inaccessible.[37] L'icône cherche à montrer non l'apparence physique, mais l'homme transfiguré par la grâce.

L'icône dans la prière : la vénération vécue

La théologie de l'icône n'est pas une abstraction : elle se vit dans des gestes. C'est dans la prière que se vérifie ce que les conciles ont défini.

Les gestes de la vénération

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Le fidèle incline la tête devant l'icône, la baise, allume une lampe ou un cierge, l'honore d'encens. Le concile de Nicée énumère précisément ces marques d'honneur — « encens et lumières » — et les rapporte aussitôt au modèle.[38] Aucun de ces gestes n'est une adoration : ce sont les égards que l'on rend à un être aimé et saint, comme on baise la photographie d'un proche. L'honneur passe à travers l'image. Pour le détail de cette distinction si souvent mal comprise, voir adoration et vénération et, sur une question voisine, la vénération des reliques.

L'icône, fenêtre vers le ciel

On a souvent appelé l'icône une « fenêtre vers le ciel » ou une « porte entre la terre et le Royaume ». L'expression dit bien sa fonction : non pas retenir le regard sur elle-même, mais le faire passer vers la personne sainte qu'elle rend présente par l'Esprit.[39] Prier devant une icône, ce n'est pas regarder un objet ; c'est se tenir devant un vivant, dans une relation réelle.

L'icône et la transfiguration de l'homme

Enfin, l'icône a une dimension eschatologique : en représentant les saints transfigurés, baignés de lumière incréée, elle montre par avance ce que l'homme est appelé à devenir. Le visage du saint dans l'icône est un visage déifié, participant à la gloire de Dieu — ce que la tradition orientale nomme la théosis, la divinisation. L'icône est ainsi le portrait de notre vocation : devenir, par grâce, image vivante de Dieu, comme le Christ est son image parfaite (Col 1, 15).[40]

L'Occident et l'image sacrée

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La théologie de l'icône est née en Orient, mais l'Occident catholique l'a reçue, défendue et prolongée — non sans malentendus au départ.

Les Livres carolins : un malentendu de traduction

Lorsque les actes du concile de Nicée II parvinrent à la cour de Charlemagne, ils avaient été mal traduits en latin : le grec proskynèsis (vénération) avait été rendu par adoratio (adoration).[41] Les théologiens carolingiens crurent donc, à tort, que le concile ordonnait d'adorer les images, et ils rédigèrent vers 790 les Libri Carolini (« Livres carolins ») pour s'y opposer. Ce fut un quiproquo linguistique : l'Occident et l'Orient disaient au fond la même chose, mais un mot mal traduit les opposa un temps. L'épisode illustre combien la distinction proskynèsis/latreia est centrale : tout le différend tenait à elle.

Le concile de Trente (1563)

Face à l'iconoclasme des réformateurs protestants, qui détruisirent quantité d'images dans l'Europe du XVIe siècle, le concile de Trente réaffirma solennellement, lors de sa vingt-cinquième session (3-4 décembre 1563), la légitimité du culte des images. Il reprit exactement la doctrine de Nicée II : on doit garder et vénérer les images du Christ et des saints, « non parce qu'on croit qu'il y a en elles quelque divinité ou vertu », mais parce que l'honneur qu'on leur rend se rapporte aux prototypes qu'elles représentent.[42] L'Occident faisait ainsi sienne, mot pour mot, la formule de saint Basile et du septième concile.

Vatican II et Jean-Paul II

Jean-Paul II, 2 juin 1984. Photo : SPC 5 Vincent R. Kitts, NARA 6398757 ; recadrage Stv26. Wikimedia Commons, domaine public américain (gouvernement fédéral).

Le concile Vatican II a confirmé cet enseignement, demandant de maintenir « fermement » l'usage des images sacrées dans les églises et de les offrir à la vénération des fidèles (Sacrosanctum Concilium, n° 125).[43] Mais c'est surtout saint Jean-Paul II qui a relancé une véritable théologie de l'icône. À l'occasion du douzième centenaire de Nicée II, il publia en 1987 la lettre apostolique Duodecimum Saeculum, où il rappelle que voir représenté « le visage humain du Fils de Dieu, "image du Dieu invisible", c'est voir le Verbe fait chair » et que la vénération de l'icône s'adresse « à la personne (l'hypostase) qui y est représentée ».[44] Il y voyait une invitation à redécouvrir, en Occident aussi, la valeur spirituelle de l'image sacrée. Il prolongea cette réflexion dans sa célèbre Lettre aux artistes (1999), appelant les créateurs à servir la beauté qui ouvre à Dieu.[45]

« L'icône n'est pas seulement la représentation, dans les couleurs, des traits humains du Verbe incarné : elle invite à entrer dans le mystère, à se laisser saisir par celui qu'elle représente. » — d'après Jean-Paul II, Duodecimum Saeculum, 1987[46]

Pourquoi l'icône, aujourd'hui ?

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La théologie de l'icône n'est pas une curiosité d'histoire byzantine. Elle dit quelque chose de permanent sur la foi chrétienne : que Dieu s'est rendu visible, que la matière n'est pas méprisable mais peut porter le sacré, que la beauté est un chemin vers Dieu. Dans un temps qui produit des images à l'infini mais les vide souvent de tout sens, l'icône rappelle qu'une image peut être un lieu de vérité et de présence, et non un simple flux qui passe.

Elle reste aussi un rempart contre une nouvelle iconoclasme, plus diffuse : celle qui, par méfiance du corps, du sensible et de la tradition, voudrait réduire la foi à une pure intériorité sans visage. Contre cela, l'icône maintient la grande affirmation des Pères : parce que « le Verbe s'est fait chair », on peut, on doit, et il est bon de regarder le visage de Dieu, et de s'y laisser transformer. C'est tout le sens du geste, vieux de douze siècles, par lequel un chrétien s'incline devant une image et y rencontre, non du bois et de l'or, mais un vivant.

Pour aller plus loin

Articles Ignispedia connexes

Sources principales

  • Saint Jean Damascène, Discours sur les images (Contre ceux qui rejettent les saintes images), trois traités (vers 726-730) — le fondement de la défense de l'icône sur l'Incarnation et la matière.
  • Saint Théodore Studite, Réfutations des iconoclastes (Antirrhetici) — l'argument christologique de la circonscription et de l'hypostase.
  • IIe concile de Nicée (787), définition de foi (horos) — Denzinger 600-601 ; distinction vénération/adoration.
  • Catéchisme de l'Église catholique, n° 1159-1162 et 2129-2132 — la synthèse catholique de la doctrine des images.
  • Concile de Trente, session XXV (1563), décret sur l'invocation, la vénération et les reliques des saints et les saintes images.
  • Jean-Paul II, lettre apostolique Duodecimum Saeculum (1987) et Lettre aux artistes (1999).

Notes et références

  1. Catéchisme de l'Église catholique (CEC), n° 1159 : l'image sacrée, l'icône liturgique, représente principalement le Christ ; elle ne peut représenter le Dieu invisible et incompréhensible, mais l'incarnation du Fils de Dieu a inauguré une nouvelle « économie » des images. Texte de référence : éd. Mame/Plon, 1992 ; texte latin typique de 1997.

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  2. Saint Jean Damascène, Trois Discours sur les images, I, 16 : « Autrefois Dieu, l'incorporel et le sans-forme, n'était nullement représenté ; mais maintenant que Dieu a été vu dans la chair et a vécu parmi les hommes, je représente ce qui est visible de Dieu. » (Texte original : Of old, God the incorporeal and formless was never depicted, but now that God has been seen in the flesh and has associated with humankind, I depict what I have seen of God.) Même édition Louth, 2003.

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  3. Pour l'histoire et l'art de l'icône byzantine comme telle, voir Les icônes byzantines ; pour des icônes particulières, Le Christ Pantocrator et La Vierge de Vladimir. Le présent article se concentre sur la théologie de l'image sacrée, non sur le catalogue des œuvres.

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  4. CEC n° 1161 : toutes les images des saints dans les églises rendent visible la « nuée de témoins » (He 12, 1) qui continuent de participer au salut du monde ; à travers leurs icônes, c'est l'homme « à l'image de Dieu », enfin transfiguré à sa ressemblance, qui se révèle à notre contemplation.

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  5. CEC n° 1160 : « L'iconographie chrétienne transcrit par l'image le message évangélique que l'Écriture transmet par la parole. Image et parole s'éclairent mutuellement. »

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  6. Sur le langage théologique de l'icône — « écriture » plutôt que peinture, canon iconographique, perspective inversée, lumière sans source et fond d'or comme signes des énergies divines, icône comme « fenêtre » vers le Royaume — voir la synthèse The Theology of the Icon, St Andrews Encyclopaedia of Theology (saet.ac.uk), et la tradition issue de L. Ouspensky, Théologie de l'icône dans l'Église orthodoxe.

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  7. CEC n° 2129 : l'interdit divin de l'Ancien Testament (Ex 20, 4 : « Tu ne te feras aucune image sculptée ») visait à interdire toute représentation de Dieu par la main de l'homme, Dieu étant absolument transcendant ; sur la base de Dt 4, 15-16.

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  8. Saint Jean Damascène, Trois Discours apologétiques contre ceux qui rejettent les saintes images, I, 16 (vers 726-730). Texte original grec ; trad. de référence : A. Louth, St John of Damascus, Three Treatises on the Divine Images, St Vladimir's Seminary Press (Popular Patristics Series), 2003. Passage : « Je ne vénère pas la matière, je vénère le Dieu de la matière, qui s'est fait matière pour moi… » Le Damascène y dénonce un mépris quasi manichéen de la matière chez les iconoclastes.

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  9. CEC n° 2131 : « En se fondant sur le mystère du Verbe incarné, le septième concile œcuménique, à Nicée (787), a justifié contre les iconoclastes la vénération des icônes : du Christ, mais aussi de la Mère de Dieu, des anges et de tous les saints. »

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  10. L'iconoclasme byzantin est lancé par l'empereur Léon III l'Isaurien vers 726-730 et durci par son fils Constantin V (741-775). Les historiens discutent l'influence d'un climat hostile à l'image (judaïsme, islam conquérant) et de motifs politiques internes à l'Empire. Cf. Second Council of Nicaea et Byzantine Iconoclasm, syntheses encyclopédiques de référence.

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  11. Le concile de Hiéria (754), réuni par Constantin V, condamne le culte des images comme idolâtrie et se présente comme septième concile œcuménique. Il sera désavoué et explicitement condamné par le véritable concile œcuménique de Nicée II (787), qui lui dénie tout caractère œcuménique faute de représentation des patriarcats et du siège de Rome.

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  12. Saint Théodore Studite (759-826), abbé du Stoudios, Réfutations des iconoclastes (Antirrhetici I-III), rédigées durant le second iconoclasme (815-843). Trad. de référence : C. P. Roth, St Theodore the Studite, On the Holy Icons, SVS Press, 1981. Argument central : l'icône représente non la nature (incirconscriptible) mais l'hypostase (la personne) du Verbe incarné, réellement circonscriptible par son humanité ; refuser l'image du Christ revient au docétisme ou au monophysisme.

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  13. Les trois Discours apologétiques de Jean Damascène (vers 726-730) constituent la première grande défense systématique des images : argument de l'Incarnation, dignité de la matière assumée par Dieu, et distinction entre la vénération relative des images et l'adoration (latreia) due à Dieu seul. Cf. A. Louth (éd.), Three Treatises on the Divine Images, SVS Press, 2003.

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  14. La restauration définitive des images par l'impératrice Théodora, le 11 mars 843 (premier dimanche du Carême), est commémorée chaque année par les Églises orthodoxes comme le « Triomphe de l'Orthodoxie ». Elle clôt le second iconoclasme et le différend christologique sur l'image.

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  15. IIe concile de Nicée (787), septième concile œcuménique, septième session du 13 octobre 787 : définition de foi (horos). Denzinger-Hünermann 600-601. Le concile distingue la « vénération honorifique » (timētikē proskynēsis) due aux images, à la Croix, aux Évangiles et aux reliques, de la « véritable adoration » (alēthinē latreia) due à la seule nature divine, et déclare que l'honneur rendu à l'image « passe au prototype » et que « celui qui vénère l'image vénère la personne (hypostase) qui y est représentée ». Le texte mentionne l'encens et les lumières parmi les marques de vénération.

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  16. CEC n° 2132 : le culte chrétien des images n'est pas contraire au premier commandement ; « l'honneur rendu à une image remonte au modèle » (saint Basile, Sur le Saint-Esprit, 18, 45 : PG 32, 149 C ; cf. concile de Nicée II : DS 601) ; « celui qui vénère une image, vénère en elle la personne qui y est dépeinte ». La vénération des images (proskynèsis honorifique) se distingue de l'adoration (latreia) due à Dieu seul.

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  17. Saint Basile de Césarée, Sur le Saint-Esprit (De Spiritu Sancto), ch. 18, 45 (PG 32, 149 C) : « L'honneur rendu à l'image passe au prototype. » Formule reprise par Nicée II (DS 601) et par le CEC 2132. Dans son contexte, Basile parle du Fils comme image du Père, mais la tradition conciliaire en a légitimement étendu le principe à la vénération des images.

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  18. Saint Grégoire le Grand, Lettres, à Serenus, évêque de Marseille (vers 599-600), Reg. IX, 209 et XI, 10 : la peinture tient lieu de lecture à ceux qui ne savent pas lire — « ce que l'écriture offre à ceux qui lisent, la peinture l'offre aux illettrés qui la regardent ». Grégoire blâme la destruction des images tout en mettant en garde contre leur adoration.

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  19. Saint Grégoire Palamas (1296-1359) distingue l'essence divine, inaccessible, et les énergies divines, par lesquelles Dieu se communique réellement. La lumière de la Transfiguration au Thabor est, selon lui, cette lumière incréée. Doctrine confirmée par les conciles de Constantinople de 1341 et 1351. C'est le fondement théologique du traitement de la lumière dans l'icône (absence d'ombre, rayonnement intérieur, fond d'or).

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  20. Les Livres carolins (Libri Carolini / Opus Caroli regis contra synodum, vers 790-793), rédigés à la cour de Charlemagne (attribués pour l'essentiel à Théodulfe d'Orléans), critiquent Nicée II sur la base d'une traduction latine défectueuse des actes, où le grec proskynèsis (vénération) avait été rendu par adoratio (adoration). Le différend reposait largement sur ce contresens lexical.

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  21. Concile de Trente, session XXV (3-4 décembre 1563), Décret sur l'invocation, la vénération et les reliques des saints, et sur les saintes images : les images du Christ, de la Vierge et des saints doivent être gardées dans les églises et honorées, « non parce qu'on croit qu'il y a en elles quelque divinité ou vertu pour laquelle on doive les vénérer… mais parce que l'honneur qu'on leur rend se rapporte aux prototypes qu'elles représentent ». Reprise explicite de la doctrine de Nicée II et de saint Basile.

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  22. Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium sur la sainte liturgie (1963), n° 125 : « On maintiendra fermement l'usage d'exposer dans les églises des images sacrées à la vénération des fidèles », tout en veillant à leur nombre et à leur juste disposition pour ne pas susciter d'étonnement ni favoriser une dévotion peu correcte.

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  23. Jean-Paul II, lettre apostolique Duodecimum Saeculum (4 décembre 1987), pour le 1200e anniversaire du IIe concile de Nicée, n° 9 : voir représenté « le visage humain du Fils de Dieu, "image du Dieu invisible", c'est voir le Verbe fait chair » ; le concile a réaffirmé la distinction traditionnelle entre « la véritable adoration (latreia)… rendue à l'unique nature divine » et « la prosternation d'honneur (timetike proskynesis) » rendue aux icônes, car « celui qui se prosterne devant l'icône se prosterne devant la personne (hypostase) qui y est représentée ». Texte sur vatican.va.

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  24. Jean-Paul II, Lettre aux artistes (4 avril 1999) : appel aux artistes à servir la beauté qui ouvre le cœur au mystère de Dieu, dans le prolongement de la théologie de l'image issue de l'Incarnation. Texte sur vatican.va.

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