Saint Nicéphore (vers 758 – 2 juin 828) est l'un des grands patriarches confesseurs de Constantinople, l'homme qui mena le second combat des saintes images et le paya de treize années d'exil. Successeur de saint Tarasios, il fut, comme lui, un haut fonctionnaire laïc tiré de l'administration impériale pour être placé sur le siège patriarcal. Mais là où Tarasios avait restauré la vénération des images au concile de Nicée II (787), Nicéphore dut la défendre une seconde fois, contre l'empereur Léon V l'Arménien qui relança la persécution. Refusant de livrer la foi à César, il fut déposé, arrêté de nuit et banni dans le monastère qu'il avait lui-même fondé, où il mourut sans avoir revu son Église. Confesseur, mais aussi l'un des plus grands théologiens de l'icône après Jean Damascène et l'un des historiens précieux de Byzance, il laisse l'image d'un pasteur cultivé, charitable et inflexible sur l'essentiel.
Réponse attribuée à Saint Nicéphore par la tradition synaxariste : sommé de comparaître devant les évêques iconoclastes assemblés au palais impérial pour lui signifier sa déposition, il en contesta l'autorité et déclara ne vouloir répondre que devant un autre patriarche[1]
Cet article présente l'homme et le saint : le fils de confesseur devenu confesseur à son tour, le secrétaire élevé au patriarcat, le défenseur des images au prix de l'exil, le théologien et l'historien. Pour la doctrine de l'icône elle-même — l'argument christologique, la distinction entre adoration et vénération — et pour la crise iconoclaste comme épisode, on renvoie aux dossiers Ignispedia La théologie de l'icône, La querelle des images et Le concile de Nicée II (787), que cet article ne redouble pas.
Pourquoi saint Nicéphore compte-t-il autant ?
Le patriarche du second combat des images
Le nom de Nicéphore reste attaché à une vérité décisive : la victoire de Nicée II (787) ne fut pas définitive. Un demi-siècle plus tard, l'empire byzantin replongea dans l'iconoclasme sous Léon V l'Arménien. Il fallut alors un second combat — et Nicéphore en fut le chef pour l'épiscopat. Là où Tarasios avait eu pour lui le pouvoir impérial d'Irène, Nicéphore eut le pouvoir contre lui. Sa grandeur n'est pas celle d'un vainqueur couronné, mais celle d'un vaincu fidèle : déposé, exilé, jamais rétabli de son vivant, il préféra perdre son siège plutôt que la foi. Pour l'histoire de cette crise, voir La querelle des images.
Le confesseur déposé pour la foi
Dans le vocabulaire de l'Église, un confesseur est celui qui a souffert pour la foi sans aller jusqu'au martyre sanglant. Nicéphore est de ceux-là. Arrêté au milieu de la nuit en mars 815[2], conduit de force d'un cloître à l'autre, sommé de se taire par deux empereurs successifs, il refusa toujours de monnayer la vérité contre la tranquillité. Treize ans durant, depuis sa cellule d'exil, il continua « par la parole et par l'écrit à défendre la vénération des images »[3]. C'est cette constance que l'Église a canonisée.
Le théologien et l'historien
Nicéphore ne fut pas seulement un courage : il fut une intelligence. Pendant la persécution, il composa contre l'iconoclasme une œuvre théologique massive — l'Apologétique, les trois Antirrhétiques (« Réfutations »), la grande Réfutation du concile iconoclaste de 815 —, un corpus que la synthèse de référence sur l'iconoclasme byzantin compte, avec ceux de Jean Damascène et de Théodore Studite, parmi les sources théologiques majeures des iconodules[4] ; la monographie de Paul J. Alexander (1958) confirme cette place centrale, Nicéphore restant la source presque unique des pièces du second iconoclasme[5]. Mais il fut aussi historien : son Breviarium et son Chronographikon syntomon comptent parmi les sources que les byzantinistes utilisent encore aujourd'hui pour reconstituer le VIIᵉ et le VIIIᵉ siècle[6]. Un saint qui pense, écrit et transmet.
Du secrétariat impérial au monastère
Un fils de confesseur
Nicéphore naît vers 758 à Constantinople, en pleine fureur iconoclaste. Son berceau est déjà un témoignage : son père, Théodore, est secrétaire impérial — il sert dans la chancellerie de l'empereur Constantin V Copronyme (741-775), le plus acharné des persécuteurs des images. Or Théodore est resté fidèle aux icônes. Pour ce refus, il est flagellé puis banni à Nicée par l'empereur qu'il servait[7][8]. Le châtiment fut en réalité double : une première fois exilé vers le Pont, Théodore fut ensuite banni une seconde fois à Nicée, où il mourut après six années de bannissement, sans avoir revu les siens[9]. La mère de Nicéphore, Eudoxie, est elle aussi « une stricte fille de l'Église »[10] ; elle choisira plus tard elle-même la vie monastique[11]. L'enfant grandit donc dans une famille où l'on a déjà payé de sa chair la fidélité aux images : sa fermeté future n'est pas une improvisation, mais un héritage.
« Son père Théodore avait été banni par l'empereur Constantin Copronyme à cause de son soutien constant à l'enseignement de l'Église concernant les images. » — Catholic Encyclopedia, « St. Nicephorus »[12]
Secrétaire de l'empire et commissaire à Nicée II (787)
Quand l'impératrice Irène et son fils Constantin VI entreprennent de restaurer la vénération des images, la famille longtemps persécutée revient en grâce. Le jeune Nicéphore est placé dans l'ancien poste de son père : il devient à son tour secrétaire impérial (asēkrētis)[13]. À ce titre, et parce qu'il était déjà réputé pour son savoir et sa piété, il représente l'impératrice Irène au concile de Nicée II en 787 — le septième concile œcuménique, qui condamna l'iconoclasme et rétablit le culte des images[14][15] ; les notices anglophones, françaises et orthodoxes le qualifient à ce titre de commissaire impérial (imperial commissioner)[16][17][18][19], l'OrthodoxWiki parlant plus modestement de secrétaire du concile[20]. Les deux futurs patriarches se connaissaient déjà : Nicéphore avait travaillé aux côtés de Tarasios lorsque celui-ci occupait la charge de protasecrétis, chef de la chancellerie impériale, et il remplit à Nicée II des missions diplomatiques concrètes, dont la présentation à l'assemblée du vieil évêque Grégoire de Néocésarée, un ancien iconoclaste rallié à l'orthodoxie[21]. Comme Tarasios qui présida le concile, Nicéphore est donc, dès l'origine, un laïc mêlé de près à la grande affaire de l'icône — non un théologien de cabinet, mais un homme de gouvernement qui a vu de ses yeux l'Église trancher.
La retraite au monastère et l'hospice des pauvres
Après le concile, la carrière de Nicéphore prend un tour inattendu. Il quitte les honneurs et cherche la solitude sur le Bosphore de Thrace, où il fonde un monastère[22][23]. Là, il se livre « aux pratiques ascétiques et à l'étude, des lettres profanes comme des Écritures »[24]. Sans prononcer encore de vœux, il vit en moine. Mais sa réputation le rattrape : vers 802, on lui confie la direction du plus grand hospice des indigents de Constantinople — un ptōchotropheion, maison d'accueil des pauvres et des malades[25]. Voilà l'homme que l'empire ira chercher : un ancien haut fonctionnaire devenu ascète, savant et serviteur des pauvres.
L'élévation au patriarcat (806)
Le choix d'un laïc pour succéder à Tarasios
À la mort de saint Tarasios, le 25 février 806, l'empire cherche un successeur à la hauteur. L'empereur Nicéphore Iᵉʳ (homonyme du futur patriarche, mais autre personne) porte son choix sur l'ancien secrétaire devenu directeur de l'hospice : « nul ne fut trouvé plus digne de lui succéder que Nicéphore »[26]. Le scénario rappelle exactement celui de Tarasios vingt-deux ans plus tôt : un laïc, homme de l'administration impériale, élevé d'un coup au sommet de l'Église. Encore laïc, Nicéphore est consacré évêque le dimanche de Pâques, 12 avril 806[27][28].
L'ordination éclair et l'opposition des Stoudites
Comme pour Tarasios, cette promotion fulgurante d'un laïc heurte les canons et scandalise le parti rigoriste. Les moines du Stoudion, conduits par l'abbé Platon et son neveu saint Théodore Studite, voyaient d'un mauvais œil qu'on tirât les patriarches du palais plutôt que du clergé[29]. Leur grief n'était d'ailleurs pas unique : l'historiographie moderne relève que les Stoudites contestaient à la fois l'irrégularité canonique de son élévation, sa position déjà pressentie comme trop conciliante — elle se confirmera dans l'affaire du prêtre Joseph — et, plus largement, une théologie qu'ils jugeaient trop accommodante[30]. La tradition rapporte un geste qui dit tout de l'homme : à sa consécration, Nicéphore tenait dans sa main « un traité qu'il avait écrit pour la défense des saintes images »[31]. On élevait un laïc, mais un laïc qui montait au siège l'orthodoxie à la main.
L'affaire « moéchienne » et le prêtre Joseph
Le premier orage du patriarcat vint d'une vieille blessure. En 795, le prêtre Joseph avait béni le remariage adultère de l'empereur Constantin VI avec sa maîtresse Théodote, du vivant de sa première épouse Marie — l'affaire dite « moéchienne » (du grec moicheia, « adultère ») qui avait déjà éprouvé Tarasios[32]. Pour apaiser l'Église et complaire à l'empereur, Nicéphore choisit la voie de l'économie : il pardonne à Joseph et le rétablit dans sa charge en 806[33]. Les Stoudites s'indignent : pour eux, on ne réhabilite pas un prêtre coupable d'avoir cautionné un adultère impérial. Le conflit éclate au grand jour en 808, puis un synode réuni en 809 condamne les opposants : Platon, Théodore et leurs moines sont bannis dans des îles voisines[34]. C'est le second acte de la querelle moéchienne — la rigueur monastique contre l'économie patriarcale, exactement comme sous Tarasios. L'Église, là encore, canonisera les deux camps.
Le second iconoclasme : la grande épreuve
Léon V l'Arménien et le retour à la guerre des images
Tout bascule le 11 juillet 813, quand Léon V l'Arménien monte sur le trône[35]. D'abord prudent, il dissimule ses sympathies iconoclastes ; mais, persuadé que les défaites militaires de l'empire sont un châtiment du culte des images, il décide de relancer la persécution. En décembre 814, Nicéphore a « un long entretien avec l'empereur sur la vénération des images, sans qu'aucun accord soit trouvé »[36]. Le patriarche comprend que l'épreuve de 787 va recommencer. Pour la doctrine en jeu dans ce conflit, voir La théologie de l'icône.
La nuit de prière et le serment des évêques
Face à la menace, Nicéphore ne reste pas passif. Il rassemble autour de lui évêques et abbés, et leur fait jurer de maintenir la vénération des images quoi qu'il arrive[37]. La tradition rapporte des nuits de veille et de prière dans Sainte-Sophie, l'Église se serrant autour de son patriarche pour le combat qui vient. Nicéphore ne se contente pas de résister seul : il organise la résistance de tout l'épiscopat fidèle.
Le face-à-face avec l'empereur (814-815)
L'affrontement devient public. Nicéphore excommunie l'évêque parjure Anthony de Sylaeum, rallié à l'iconoclasme[38]. Au début de 815, l'empereur convoque les deux partis au Grand Palais : d'un côté les iconoclastes, de l'autre les défenseurs des images, parmi lesquels Théodore Studite et son frère Joseph[39][40]. Léon propose un « débat » qui n'est qu'un piège pour légitimer sa politique ; les iconodules refusent de discuter une foi déjà définie par un concile œcuménique. Sommé de comparaître devant un synode d'évêques acquis à l'iconoclasme, Nicéphore refuse de le reconnaître. C'est dans ce contexte que, selon la tradition synaxariste, il aurait contesté l'autorité des prélats venus le déposer, refusant de comparaître ailleurs que devant un autre patriarche[41]
L'union retrouvée avec Théodore Studite
C'est l'un des plus beaux traits de cette histoire. Naguère adversaires dans l'affaire du prêtre Joseph, Nicéphore et Théodore Studite se retrouvent côte à côte contre l'ennemi commun. Le rigoriste et le modéré, que la querelle moéchienne avait opposés, font front ensemble pour les images[42][43]. La persécution réconcilie ce que les disputes internes avaient divisé : devant l'iconoclasme impérial, il n'y a plus qu'un seul parti, celui de la foi. L'Église retiendra cette leçon en les canonisant tous deux.
La déposition et l'exil (815-828)
La démission forcée et l'arrestation de nuit (mars 815)
Refusant de reconnaître le synode hostile, Nicéphore notifie à Léon qu'il lui faut résigner le siège patriarcal plutôt que de le tenir d'un pouvoir iconoclaste[44]. La réponse impériale est brutale : le patriarche est arrêté en pleine nuit, en mars 815, et banni au monastère Saint-Théodore, sur le Bosphore — celui-là même qu'il avait fait bâtir[45][46]. Officiellement déposé le 13 mars 815, il est remplacé par Théodote, « un laïc marié, illettré, favorable à l'iconoclasme », consacré le 1ᵉʳ avril 815[47]. Le contraste est cruel : on chasse un savant confesseur pour installer un courtisan docile.
« Il notifia à Léon qu'il lui fallait résigner le siège patriarcal ; il fut arrêté à minuit, en mars 815, et banni au monastère de Saint-Théodore, qu'il avait bâti sur le Bosphore. » — Catholic Encyclopedia, « St. Nicephorus »[48]
Treize ans d'exil au monastère Saint-Théodore
Commence alors un long bannissement. Conduit d'abord au cloître Tou Agathou, puis à celui de Saint-Théodore[49], Nicéphore passe treize années loin de son Église. Il ne s'y résigne pas au silence : c'est en exil qu'il rédige l'essentiel de son œuvre théologique contre l'iconoclasme. La cellule devient un scriptorium de la résistance : privé de sa cathédrale, le patriarche déposé continue d'enseigner la foi par la plume.
Le refus du silence sous Michel II
Quand Léon V est assassiné le 25 décembre 820 et que Michel II le Bègue (Michel l'Amorien) lui succède, une porte s'entrouvre : l'empereur rappelle les exilés à Constantinople, mais sans restaurer Nicéphore — c'est Antoine Iᵉʳ qui reçoit le siège patriarcal en 821 — et à condition de garder le silence sur les images[50][51]. Le patriarche déposé refuse ce compromis. Il préfère mourir banni plutôt que d'acheter son rappel par le silence sur la vérité, et « demeura au monastère de Saint-Théodore, où il continua par la parole et par l'écrit à défendre la vénération des images »[52]. Ce second refus, aussi décisif que le premier, achève de faire de lui un confesseur : il ne s'agit plus de résister à une menace, mais de renoncer à une délivrance pour ne pas trahir.
Repères chronologiques
- ≈ 758Naissance à Constantinople
Nicéphore naît dans une famille de hauts fonctionnaires fidèles aux images. Son père Théodore, secrétaire de Constantin V, avait été flagellé et banni pour les icônes.
- 787Commissaire impérial à Nicée II
Secrétaire impérial comme son père, il représente l'impératrice Irène au septième concile œcuménique, qui restaure la vénération des images.
- ≈ 790-802Moine, fondateur, serviteur des pauvres
Il quitte les honneurs, fonde un monastère sur le Bosphore et vit en ascète ; vers 802, il dirige le grand hospice des indigents de Constantinople.
- 12 avril 806Consacré patriarche
À la mort de Tarasios, encore laïc, il est élevé au patriarcat le dimanche de Pâques, l'orthodoxie « à la main » — au scandale des Stoudites.
- 806-809L'affaire du prêtre Joseph
Il réhabilite par économie le prêtre qui avait béni le remariage adultère de Constantin VI ; le synode de 809 bannit Platon et Théodore Studite, opposés à cette indulgence.
- 813-814Léon V relance l'iconoclasme
Léon V l'Arménien (11 juillet 813) prépare une seconde persécution des images ; en décembre 814, un long entretien avec Nicéphore n'aboutit à aucun accord.
- Mars 815Déposition et exil
Refusant le synode iconoclaste, Nicéphore est arrêté de nuit et banni au monastère Saint-Théodore qu'il avait fondé. Le laïc Théodote est consacré à sa place le 1er avril 815.
- ≈ 820Le refus du silence
Michel II (820) le rappelle à Constantinople sans le restaurer — Antoine Iᵉʳ devient patriarche en 821 — et exige son silence sur les images ; Nicéphore refuse et continue d'écrire.
- 2 juin 828Mort en exil
Il meurt confesseur, sans avoir revu son Église, après treize ans de bannissement.
- 13 mars 847Retour triomphal des reliques
Après le Triomphe de l'Orthodoxie (843), le patriarche Méthode ramène ses reliques à Constantinople (13 mars 847 selon Wikipédia, 846 selon l'OCA) ; elles sont déposées à l'église des Saints-Apôtres.
L'œuvre théologique et historique
Les écrits contre l'iconoclasme
La synthèse de référence sur l'iconoclasme byzantin compte ses écrits, avec ceux de Jean Damascène et de Théodore Studite, parmi les sources théologiques majeures des iconodules[53] — place centrale que confirme la monographie de Paul J. Alexander (1958)[54]. Son œuvre apologétique, composée surtout en exil, comprend :
| Œuvre | Nature | But |
|---|---|---|
| Apologeticus minor (v. 813-814) | Apologie brève | Défendre l'Église contre l'accusation d'idolâtrie au début du nouveau schisme[55] |
| Apologeticus major (817) | Grande apologie en deux parties | Exposer la foi « pure et sans mélange » des chrétiens contre les iconoclastes[56][57] |
| Antirrhetici (« Réfutations », trois livres) | Réfutation polémique | Réfuter point par point un écrit de l'empereur Constantin V Copronyme contre les images[58][59] |
| Réfutation et renversement du concile de 815 | Réfutation conciliaire | Démonter les actes du pseudo-concile iconoclaste de 815[60] |
| Douze chapitres contre les iconomaques | Traité bref, longtemps ignoré | Argumentaire condensé, redécouvert par l'érudit Venance Grumel en 1959 après trois siècles d'oubli[61] |
Ces traités mobilisent aussi l'outillage de la philosophie aristotélicienne — définitions, catégories, syllogismes — mis au service de l'argument christologique[62]. La référence savante moderne pour l'ensemble de ce corpus reste la monographie de Paul J. Alexander, The Patriarch Nicephorus of Constantinople: Ecclesiastical Policy and Image Worship in the Byzantine Empire (Oxford, Clarendon Press, 1958), qui souligne que Nicéphore demeure la source presque unique conservant les pièces documentaires du second iconoclasme[63].
La force de Nicéphore est de répondre sur le terrain christologique : nier qu'on puisse représenter le Christ, c'est nier qu'il s'est vraiment fait homme et qu'il est devenu « circonscriptible » en sa chair.
« Ce culte n'est pas de l'idolâtrie : représenter l'humanité du Christ, c'est confesser la réalité de son Incarnation. » — réponse attribuée à Saint Nicéphore à l'empereur Léon V, selon la tradition hagiographique orthodoxe[64]
Mais pour le détail de cet argument et de la distinction entre adoration (latreia) et vénération (proskynesis), voir La théologie de l'icône : cet article ne le redouble pas.
L'historien de Byzance
Avant la crise, Nicéphore avait composé deux œuvres d'histoire qui font de lui une source de premier ordre pour les byzantinistes :
- le Breviarium (Historia syntomos, « Histoire brève »), récit qui couvre la période 602-769, de l'empereur Phocas au règne de Constantin V — l'une des rares sources narratives byzantines pour ce « siècle obscur »[65] ;
- le Chronographikon syntomon (« Abrégé chronographique »), table chronologique allant des origines à son temps et jusqu'à sa propre mort en 828, longtemps utilisée comme instrument de datation et poursuivie par des continuateurs après lui[66][67][68].
L'édition critique de référence, avec traduction anglaise et commentaire, est celle du byzantiniste Cyril Mango pour Dumbarton Oaks (1990) : elle souligne la valeur unique du Breviarium pour l'histoire de l'Asie Mineure et du Proche-Orient aux VIIᵉ-VIIIᵉ siècles, avec des informations sans équivalent sur les Bulgares, les Avars, les Huns et les Khazars[69]. Qu'un saint persécuté pour la foi ait été en même temps un historien rigoureux dit quelque chose de l'esprit byzantin : la défense de l'orthodoxie n'y était pas séparée de la culture, mais portée par elle.
La spiritualité de saint Nicéphore
L'ascèse et la charité
Avant d'être patriarche, Nicéphore avait choisi librement la pauvreté du moine : retiré dans son monastère du Bosphore, il joignait l'étude à l'ascèse[70]. Et il ne s'était pas contenté de fuir le monde — il avait servi les pauvres, dirigeant le plus grand hospice des indigents de la capitale[71]. Comme Tarasios surnommé « le nouveau Joseph », Nicéphore unit en lui les deux versants de la sainteté byzantine : la prière du solitaire et la miséricorde du serviteur des derniers. L'homme qui tiendra tête à l'empereur s'était d'abord exercé à se faire petit.
Le courage du pasteur : ne pas livrer la foi à César
Le cœur spirituel de Nicéphore est là : un pasteur ne tient pas son autorité de l'empereur, mais de Dieu — et ce qui appartient à Dieu, on ne le rend pas à César. Tout son combat tient dans cette distinction. Quand Léon V veut imposer sa religion par le pouvoir, Nicéphore lui oppose la liberté de l'Église ; quand Michel II lui offre le retour contre le silence, il choisit l'exil. Sa sainteté n'est pas faite d'extases, mais d'un non patiemment tenu treize ans.
Quand Michel II lui offrit le retour d'exil à condition de garder le silence, il refusa : il préféra l'exil au silence plutôt que de recouvrer son siège au prix de la foi qu'il était chargé de garder[72].
Le confesseur, type du chrétien éprouvé
Nicéphore n'a pas versé son sang, mais il a tout donné : son siège, son repos, sa liberté, sa patrie. L'Église l'appelle « confesseur » parce qu'il a confessé — proclamé — la foi sous la persécution, sans reculer. Il enseigne ainsi que la sainteté n'exige pas toujours le martyre éclatant : il suffit parfois de ne pas céder, jour après jour, année après année, quand tout pousse à composer.
Mort, culte et héritage
La mort en exil (2 juin 828)
Après treize ans de bannissement, Nicéphore s'éteint au monastère Saint-Théodore, sur le Bosphore — lieu donné par la Catholic Encyclopedia (1913)[73] et confirmé par le martyrologe romain en vigueur, qui place sa mort « au Bosphore, en Propontide »[74]. La tradition orientale retient le 2 juin 828 comme jour de sa mort[75][76] ; Wikipédia donne le 5 avril 828[77], tandis que la Catholic Encyclopedia (1913) donne le 2 juin 829[78], date reprise par le Larousse[79]. Une notice occidentale plus récente situe même le lieu de sa mort non plus au monastère Saint-Théodore du Bosphore mais « près de Chalcédoine, en Bithynie »[80] ; quant à l'homélie orthodoxe du 13 mars, elle précise que ses reliques furent translatées depuis Prokonnèsos (Prokenesis, mer de Marmara)[81] — provenance des reliques, non lieu de la mort. Il meurt sans avoir revu son Église, l'iconoclasme étant encore officiel — mais il meurt en pasteur fidèle, la plume à la main, ayant tenu jusqu'au bout.
Le retour triomphal des reliques (13 mars 847)
L'histoire lui rendit justice. En 843, l'impératrice sainte Théodora proclama le Triomphe de l'Orthodoxie, mettant fin pour toujours à l'iconoclasme. Peu après, le patriarche Méthode fit ramener solennellement les reliques de Nicéphore à Constantinople — le 13 mars 847 selon Wikipédia[82], le 13 mars 846 selon l'OCA et la tradition synaxariste[83][84][85]. Déposées d'abord à Sainte-Sophie, puis dans l'église des Saints-Apôtres[86][87], elles consacraient le retour triomphal du confesseur exilé dans la ville qui l'avait chassé. Le bannissement s'achevait en gloire.
| Tradition / calendrier | Date de la fête | Remarque |
|---|---|---|
| Calendrier byzantin | 2 juin | Dies natalis — jour de sa mort en exil[88][89] |
| Translation des reliques | 13 mars | Retour des reliques à Constantinople (847 selon Wikipédia, 846 selon l'OCA et le synaxaire) ; fête commune aux grecs et aux latins dans l'ancien martyrologe[90][91][92] |
| Ancien martyrologe romain | 13 mars | Mémoire au jour de la translation, selon la Catholic Encyclopedia (1913)[93] |
| Martyrologe romain en vigueur (édition typique 2004) | 2 juin | Notice au 2 juin : mort « au Bosphore, en Propontide »[94] |
Sa place dans la chaîne des défenseurs des images
Saint Nicéphore est un maillon essentiel de la grande chaîne des témoins byzantins de l'icône. Jean Damascène avait fondé la doctrine ; Tarasios avait gagné la première bataille à Nicée II ; Nicéphore et Théodore Studite tinrent le second front contre Léon V ; et c'est sainte Théodora, aidée du patriarche Méthode, qui scella la victoire finale en 843. Sans la résistance de Nicéphore, l'iconoclasme de Léon V aurait peut-être triomphé. Il fut l'homme du moment le plus sombre, celui où il fallait tenir sans espoir de victoire prochaine.
Pourquoi lire saint Nicéphore aujourd'hui ?
Saint Nicéphore parle à notre temps d'abord par sa fidélité dans la défaite. Toute sa vie publique se solde, humainement, par un échec : déposé, exilé, mort loin de son siège. Pourtant l'Église le tient pour un grand saint. Il rappelle que la fidélité ne se mesure pas au succès visible, et qu'un chrétien peut gagner en perdant, pourvu qu'il garde la foi.
Ensuite, il enseigne la juste distinction des pouvoirs : l'autorité politique n'a pas qualité pour définir la foi, et l'Église doit savoir lui dire non. La contestation qu'il opposa, selon la tradition synaxariste, à l'autorité des prélats du palais venus le déposer[95] vaut chaque fois qu'un pouvoir prétend imposer ses dogmes à la conscience croyante.
Enfin, son double refus — résister à la menace, puis renoncer à la délivrance facile — montre que la sainteté du confesseur se joue dans la durée, non dans l'éclat d'un instant. Treize ans de cellule pour ne pas se taire : voilà une mesure de l'amour de la vérité.
Plutôt l'exil dans la fidélité qu'un siège conservé au prix du silence : c'est le choix que résume toute sa vie de patriarche et de confesseur[96].
Pour aller plus loin
- Saint Tarasios de Constantinople (730-806) — son prédécesseur immédiat, l'artisan du concile de Nicée II, dont Nicéphore reprit et prolongea le combat.
- Saint Théodore Studite (759-826) — d'abord son adversaire dans l'affaire du prêtre Joseph, puis son allié contre Léon V : deux saintetés complémentaires.
- Saint Jean Damascène (675-749) — le Père grec qui avait fondé doctrinalement la défense des icônes, en amont des deux iconoclasmes.
- Sainte Théodora l'Impératrice (815-867) — qui proclama en 843 le Triomphe de l'Orthodoxie et fit ramener les reliques de Nicéphore.
- Saint Méthode (v. 815-885) — le patriarche qui, après 843, transféra solennellement les reliques du confesseur exilé.
- Le concile de Nicée II (787) — le septième concile œcuménique, où Nicéphore représenta l'impératrice Irène (qualifié de commissaire impérial par plusieurs notices).
- La théologie de l'icône — la doctrine que Nicéphore défendit dans ses Antirrhétiques : l'honneur rendu à l'image remonte à son prototype.
- La querelle des images (iconoclasme) — la grande crise byzantine dont Nicéphore combattit la seconde vague.
Notes et références
Mystagogy Resource Center (John Sanidopoulos), « Saint Nikephoros the Confessor, Patriarch of Constantinople (+ 828) » (https://www.johnsanidopoulos.com/2017/06/saint-nikephoros-confessor-patriarch-of.html, 2 juin 2017, d'après la tradition synaxariste) : « Later, the iconoclast bishops assembled in the imperial palace and directed Patriarch Nikephoros to appear before them, to which he responded, "Who gave you this authority?" Further he said he would listen only to one of the other patriarchs. » ; mort en exil « on June 2, 828, in the Monastery of Saint Theodore » ; reliques ramenées « on March 13, 846 » à l'église des Saints-Apôtres ; fêtes le 2 juin et le 13 mars.
1 41 84 95Catholic Encyclopedia (1913), article « St. Nicephorus, Patriarch of Constantinople » (https://www.newadvent.org/cathen/11050a.htm) : né v. 758, d'une famille en vue de Constantinople, fils du secrétaire impérial Theodore (« the imperial secretary ») et d'Eudoxia (« a strict adherent of the Church ») ; Theodore « had been banished by the Emperor Constantine Copronymus (741-75) on account of his steadfast support of the teaching of the Church concerning images » ; Nicéphore secrétaire impérial, « represented the Empress Irene in 787 at the Second Council of Nicaea » ; cherche la solitude sur le Bosphore de Thrace où il avait fondé un monastère, joignant l'ascèse à l'étude des lettres profanes et des Écritures, puis chargé du grand hospice ; à la mort de Tarasios (25 février 806), « still a layman », consacré évêque « on Easter Sunday, 12 April 806 » ; affaire du prêtre Joseph (mariage illicite de Constantin VI avec Théodote, du vivant de Marie), pardonné et rétabli en 806, querelle publique en 808, synode de 809 condamnant les opposants, Platon et Théodore bannis ; Léon V l'Arménien sur le trône le 11 juillet 813 ; longue conférence de décembre 814 sans accord ; excommunication d'Anthony de Sylaeum ; Nicéphore notifie sa résignation, « arrested at midnight in March, 815, and banished to the monastery of St. Theodore, which he had built on the Bosporus » ; Théodote, « a married, illiterate layman who favoured iconoclasm », consacré le 1er avril 815 ; après le meurtre de Léon V (25 décembre 820), Michel l'Amorien lui offre le retour s'il se tait, refus, « he continued by speech and writing to defend the veneration of images » ; mort « 2 June, 829 » ; reliques translatées par le patriarche Méthode et inhumées le 13 mars à l'église des Apôtres ; fête le 13 mars chez les grecs comme chez les latins, les grecs observant aussi le 2 juin (jour de la mort) ; écrits : Apologeticus mineur (813-14) et majeur, Antirrhetici contre Constantin Copronyme, réfutation du synode de 815, Breviarium, Chronographis. (La date de mort « 829 » et la date de translation « 874 » de cet article ancien sont des coquilles ou variantes ; les sources orientales donnent 828 et 846/847.)
2 3 8 10 12 14 22 24 27 32 33 34 35 36 38 44 45 47 48 50 52 55 56 58 66 70 72 73 78 87 90 93 96Wikipedia, article « Byzantine Iconoclasm » (https://en.wikipedia.org/wiki/Byzantine_Iconoclasm, recoupé avec « Theodore the Studite ») : lors du second iconoclasme, le patriarche Nicéphore et Théodore le Stoudite s'opposent ensemble à l'intervention impériale en matière dogmatique ; Nicéphore rassemble évêques et abbés et les engage par serment à maintenir la vénération des images face à la politique de Léon V (à partir de 814) ; parmi les sources théologiques majeures des iconodules figurent « the writings of John of Damascus, Theodore the Studite, and the Patriarch Nikephoros, all of them iconodules ».
4 37 39 42 53Paul J. Alexander, The Patriarch Nicephorus of Constantinople: Ecclesiastical Policy and Image Worship in the Byzantine Empire, Oxford, Clarendon Press, 1958, xiv + 287 p. : monographie de référence de l'historiographie moderne sur Nicéphore, consacrée à sa politique ecclésiastique et à la théologie du culte des images ; l'ouvrage souligne que Nicéphore est resté la source presque unique conservant les pièces documentaires du second iconoclasme, ce qui en fait à la fois un témoin et un acteur central de la controverse.
5 51 54 63Encyclopedia.com, « Nicephorus I, Patriarch of Constantinople, St. » (d'après la New Catholic Encyclopedia), recoupé avec Wikipedia, « Nikephoros I of Constantinople » : outre ses écrits théologiques, Nicéphore a composé deux ouvrages historiques importants — le Breviarium (aussi appelé Historia syntomos, « Histoire brève »), récit couvrant la période 602-769, source narrative précieuse pour le « siècle obscur » byzantin, et le Chronographikon syntomon (« Abrégé chronographique »), table chronologique des origines à son temps. Ces deux œuvres restent utilisées par les byzantinistes.
6 65 67Wikipedia, article « Nikephoros I of Constantinople » (https://en.wikipedia.org/wiki/Nikephoros_I_of_Constantinople) : Nicéphore (v. 758 – 5 avril 828), patriarche de Constantinople du 12 avril 806 au 13 mars 815 ; né à Constantinople, fils de Theodore et Eudokia, d'une famille strictement orthodoxe ayant souffert du premier iconoclasme ; son père Theodore, l'un des secrétaires de Constantin V, « had been scourged and banished to Nicaea for his zealous support of Iconodules » ; Nicéphore devient secrétaire impérial et participe au concile de Nicée II (787) « as imperial commissioner » sous Irène ; se retire dans des monastères qu'il avait fondés sur le Bosphore, voué à l'ascèse et à l'étude ; vers 802 « appointed director of the largest hospital for the destitute in Constantinople » ; consacré patriarche le 12 avril 806 malgré son état de laïc, au scandale du parti clérical strict des Stoudites ; réhabilite le prêtre excommunié Joseph, d'où le conflit avec Théodore Studite ; sous Léon V (décembre 814) « obliged to yield to force, and was taken to one of the cloisters he had founded, Tou Agathou, and later to that called Tou Hagiou Theodorou » ; déposé le 13 mars 815 ; mort le 5 avril 828 ; reliques « solemnly brought back to Constantinople by Methodios I of Constantinople on 13 March 847 » ; fêtes le 13 mars et le 2 juin ; œuvres : Apologeticus minor et major, trois Antirrhetici contre Constantin V, réfutation du concile de 815, Breviarium (602-769), Chronographikon syntomon.
7 15 16 23 25 28 29 46 49 59 60 71 77 82 91Wikipédia (français), article « Nicéphore Ier de Constantinople » : le père de Nicéphore, Théodore, secrétaire impérial de Constantin V, fut exilé deux fois pour son soutien aux images — d'abord vers le Pont, puis à Nicée, où il mourut après six ans de bannissement ; sa mère se nommait Eudocie ; Nicéphore, devenu à son tour asekretis, avait déjà collaboré avec le futur patriarche Tarasios lorsque celui-ci était protasecrétis ; au concile de Nicée II (787), il remplit comme commissaire impérial des missions diplomatiques, dont la présentation à l'assemblée du vieil évêque Grégoire de Néocésarée, ancien iconoclaste rallié à l'orthodoxie ; élévation au patriarcat en 806 sur le modèle de celle de Tarasios ; synode de janvier 809 condamnant Théodore Studite pour « schisme » et l'exilant sur une île ; déposé le 13 mars 815 après avoir refusé de retirer les icônes des églises ; exilé notamment au monastère Saint-Théodore en Bithynie, où il compose des traités théologiques mobilisant la philosophie aristotélicienne ; mort le 5 avril 828 ; canonisé après le rétablissement de l'orthodoxie en 843, reliques transférées à l'église des Saints-Apôtres le 13 mars 847 sous le règne de Théodora ; auteur du Breviarium (602-769) et du Chronographikon, chronologie couvrant les figures bibliques jusqu'en 828, ensuite complétée par des continuateurs.
9 17 21 62 68Foi Orthodoxe, « Saint Père Nicéphore le Confesseur, Patriarche de Constantinople » (vie des saints, 2 juin) : père Théodore secrétaire impérial, mère Eudocie entrée en religion ; secrétaire en chef de Constantin VI et de la régente Irène, commissaire impérial au septième concile œcuménique (787) ; fonde un monastère à Agathos sur le Bosphore, y vit en laïc voué à la prière et à l'étude ; consacré le jour de Pâques 806 après avoir déposé sur l'autel son écrit de défense des saintes icônes ; comme patriarche, réforme la discipline ecclésiastique, affermit le mariage sacramentel et supprime les « doubles monastères » ; à l'empereur Léon l'Arménien qui exige l'abandon du culte des images, il répond que ce culte « n'est pas de l'idolâtrie » et que représenter l'humanité du Christ « confesse la réalité de son Incarnation » ; déposé le 13 mars 815, exilé dans les monastères qu'il avait fondés ; refuse un retour conditionné au silence sur les images et sur Nicée II ; passe quatorze ans en exil à rédiger des défenses philosophiques de la doctrine orthodoxe ; meurt le 2 juin 829 ; corps transféré ensuite à l'église des Saints-Apôtres de Constantinople.
11 18 64OrthodoxWiki, article « Nicephorus I of Constantinople » (https://orthodoxwiki.org/Nicephorus_I_of_Constantinople) : né vers 758 ; père Theodore, secrétaire de l'empereur iconoclaste Constantin V Copronyme, iconodule persécuté pour sa foi ; après la restauration des images par Constantin VI et Irène, Nicéphore « was placed in his father's former position » de secrétaire et fut « secretary to the Seventh Ecumenical Council » (787) ; à la mort de Tarasios (25 février 806), « no one was found more worthy to succeed him than Nicephorus » ; laïc, il tint à sa consécration « a treatise he had written in defense of holy images » ; sous Léon V l'Arménien (813), refus de céder ; déposé et exilé ; fêtes le 2 juin et le 13 mars.
13 20 26 31 76 89Encyclopaedia Britannica, article « Nicephorus I » (patriarche de Constantinople) : né v. 758 à Constantinople, mort le 2 juin 829 près de Chalcédoine, en Bithynie ; sa famille, restée fermement orthodoxe, avait souffert sous les régimes iconoclastes de la dynastie isaurienne (717-820) ; devenu secrétaire impérial, il représenta l'empereur Constantin VI comme commissaire impérial au second concile de Nicée ; encore laïc, nommé patriarche en 806, ce qui souleva l'opposition des moines rigoristes du Stoudion, hostiles à la fois à l'irrégularité de sa succession, à sa position jugée conciliante dans l'affaire du mariage adultère de la cour, et plus largement à une théologie perçue comme trop accommodante ; son opposition ultérieure à la politique iconoclaste de l'empereur Léon V l'Arménien lui vaut ensuite le respect de ces mêmes moines ; déposé et exilé par un synode iconoclaste en 815, il produit alors une série de traités anti-iconoclastes et de chroniques byzantines, dont l'Apologeticus major (817), traité exhaustif sur la légitimité du culte des images.
19 30 57 80Wikipedia, article « Leo V the Armenian » (https://en.wikipedia.org/wiki/Leo_V_the_Armenian) : empereur byzantin (règne 11 juillet 813 – 25 décembre 820), qui attribua les défaites de l'empire au culte des images et relança l'iconoclasme à partir de 814 ; le patriarche Nicéphore réunit évêques et abbés pour leur faire jurer de maintenir la vénération des images ; débat des deux partis devant l'empereur au Grand Palais au début de 815, Théodore Studite et son frère Joseph présents du côté iconodule ; en mars 815 Nicéphore est dépouillé de sa charge et exilé en Bithynie ; Léon V assassiné dans la chapelle du Palais le 25 décembre 820.
40 43Venance Grumel, « Les douze chapitres contre les iconomaques de saint Nicéphore de Constantinople », Revue des études byzantines, t. 17 (1959), p. 127-135 : Grumel signale un court traité de Nicéphore, les Douze chapitres contre les iconomaques, resté ignoré des grandes études du XXe siècle consacrées au patriarche (Blake 1939, Visser 1952, Alexander 1958) malgré son « importance documentaire de premier ordre » pour la connaissance de Nicéphore et du second iconoclasme ; le texte n'était jusque-là connu que par la traduction latine de Turrianus, faite sur un manuscrit du Vatican et publiée voici plus de trois siècles avec d'autres écrits de Nicéphore.
61Cyril Mango (éd., trad. et comm.), Nikephoros, Patriarch of Constantinople: Short History, Corpus Fontium Historiae Byzantinae 13, Washington, Dumbarton Oaks, 1990 : édition critique de référence du Breviarium (« Short History »), avec traduction anglaise et commentaire ; Mango souligne que ce texte bref, fondé sur des sources aujourd'hui perdues, constitue une source majeure pour l'Asie Mineure et le Proche-Orient des VIIe-VIIIe siècles, offrant des informations sans équivalent sur les Bulgares, les Avars, les Huns et les Khazars.
69Martyrologium Romanum, édition typique 2004 (trad. anglaise 2004 Roman Martyrology in English, mois de juin, http://www.boston-catholic-journal.com/2004-roman-martyrology-complete-in-english/roman-martyrology-2004-complete-by-month-in-english/2004-roman-martyrology-june-in-english.pdf) : au 2 juin, « At the Bosphorus in the Propontis, the passing of Saint Nicephorus, bishop of Constantinople, who, a most ardent defender of the traditions of the fathers, opposed the iconoclast emperor Leo the Armenian steadfastly for the veneration of sacred Images; from whom he was driven from his see and long exiled in a monastery, and with a calm spirit migrated to the Lord. »
74 94Orthodox Church in America (OCA), « Saint Nikephoros the Confessor, Patriarch of Constantinople » (https://www.oca.org/saints/lives/2024/06/02/101581-st-nikephoros-the-confessor-patriarch-of-constantinople, Vie du 2 juin) : dignitaire à la cour de l'impératrice Irène (797-802), puis moine réputé pour sa piété ; patriarche en 806, zélé défenseur des saintes icônes ; exilé en 815 par Léon l'Arménien ; « fell asleep in the Lord in 828 » ; trois écrits contre l'iconoclasme ; reliques ramenées en 846, déposées un jour à Sainte-Sophie puis enchâssées à l'église des Saints-Apôtres. (Cette notice OCA, brève, ne rapporte pas le mot « Who gave you this authority? » — voir [^mystagogy].)
75 83 86 88 92Larousse, encyclopédie en ligne, notice « Saint Nicéphore » : patriarche de Constantinople de 806 à 815, déposé « en raison de son opposition à l'iconoclasme » ; auteur de traités théologiques en défense des saintes images et de l'Abrégé de Nicéphore, histoire de l'empire byzantin couvrant la période 602-769 ; mort en exil en 829.
79Homélie orthodoxe du 13 mars (synaxaire, « Saint Nicephorus », http://www.orthodox.net/menaion-march/13-saint-nicephorus.html) : les reliques de saint Nicéphore furent translatées « from Prokenesis to Constantinople in 846 A.D. » ; la fête principale du hiérarque est commémorée le 2 juin, et le 13 mars la translation de ses reliques.
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