Saint Maximilien Kolbe — Rajmund Kolbe (1894-1941) — est le franciscain polonais qui, le 14 août 1941, mourut volontairement à Auschwitz à la place d'un père de famille condamné au bunker de la faim. L'Église ne l'a pas seulement canonisé pour ce geste : elle a reconnu en lui un apôtre de l'Immaculée dont toute la vie, depuis l'enfance, fut tendue vers un don total.[1][2]
Tout commence, dit la tradition familiale, par une vision d'enfance. Réprimandé par sa mère, qui s'inquiète de ce qu'il deviendra, le petit Rajmund court prier à l'église et, devant l'image de la Vierge, reçoit une réponse : Marie lui présente deux couronnes, l'une blanche et l'autre rouge, la pureté et le martyre, et lui demande laquelle il choisit. L'enfant, en substance, répond qu'il les veut toutes les deux.[3] Sa vie entière sera l'accomplissement de ces deux couronnes : la blanche de la sainteté, la rouge du sang.
Fondateur de la Milice de l'Immaculée (1917), bâtisseur de Niepokalanów — la plus grande communauté religieuse du monde à la veille de la guerre —, missionnaire au Japon, théologien original de l'Immaculée Conception, il fut arrêté par la Gestapo en 1941 et déporté comme prisonnier nº 16670. Quand, fin juillet, dix hommes furent désignés pour mourir de faim en représailles d'une évasion, il s'avança pour prendre la place de Franciszek Gajowniczek, qui pleurait sa femme et ses enfants.[4][5]
Béatifié en 1971 par Paul VI comme confesseur, canonisé le 10 octobre 1982 par Jean-Paul II qui le proclama martyr de la charité, il est l'un des grands témoins catholiques du XXᵉ siècle face aux totalitarismes — aux côtés de sainte Édith Stein, morte au même Auschwitz un an plus tard.[6][7] Le présent article traite de l'homme et du saint : ses origines, sa vocation, sa spiritualité mariale, son martyre et sa canonisation.
L'enfant aux deux couronnes (1894-1910)
Une famille d'ouvriers tisserands de Zduńska Wola
Rajmund Kolbe naît le 8 janvier 1894 à Zduńska Wola, petite ville textile du centre de la Pologne, près de Łódź, dans une région alors soumise à l'Empire russe.[8][9] Son père, Juliusz Kolbe, d'ascendance tchèque, et sa mère, Marianna Dąbrowska, mariés en 1891, sont tous deux tertiaires franciscains et ouvriers dans les usines de tissage ; Marianna est aussi sage-femme.[10] Le couple a cinq fils — Franciszek (1892), Rajmund (1894), Józef (1896), Walenty (1897) et Antoni (1900) —, les deux derniers morts en bas âge.[11]
La pauvreté est le climat ordinaire de cette maison de tisserands déplacée au gré du travail. C'est dans ce milieu humble et pieux, marqué par la dévotion franciscaine et mariale, que se forme la sensibilité de l'enfant. Sa mère, frappée par sa turbulence, lui pose un jour la question qui décidera de tout, en substance : que va-t-il devenir ?[12]
La vision des deux couronnes
La réponse, le garçon ne la cherche pas auprès des hommes mais auprès de la Vierge. La biographie franciscaine rapporte qu'après une prière à l'église, l'enfant ressortit transformé, au point que ses parents le crurent malade et le pressèrent de dire la vérité. Il leur raconta alors, en substance, avoir vu la Sainte Vierge lui montrer deux couronnes, l'une rouge et l'autre blanche, en lui demandant laquelle il choisissait, et avoir répondu qu'il les voulait toutes les deux (L'abandon à l'Immaculée, biographie franciscaine[13]).
La couronne blanche signifie la persévérance dans la pureté ; la rouge, le martyre.[14] L'épisode, transmis par la tradition familiale et non par un procès canonique, doit être reçu pour ce qu'il est : non un fait historiquement scellé, mais le récit fondateur d'une vocation. Toute la vie de Kolbe lui donnera rétrospectivement sa cohérence — il obtiendra l'une et l'autre couronne, et l'Église elle-même les distinguera en le béatifiant comme confesseur (la blanche) puis en le canonisant comme martyr (la rouge).[15]
Le franciscain et le docteur (1910-1919)
De Rajmund à frère Maximilien-Marie
En 1907, Rajmund et son frère aîné Franciszek entrent au petit séminaire des franciscains conventuels de Lwów (Lemberg). En 1910, Rajmund prend l'habit et le nom de religion de Maximilien ; à sa profession solennelle, il y ajoutera celui de Marie.[16][17] Le jeune homme, brillant, est envoyé poursuivre ses études à Rome.
Rome : deux doctorats et la maladie
À Rome, Maximilien étudie au Collège séraphique international et aux universités pontificales. Il obtient un doctorat en philosophie (Université grégorienne, 1915), puis un doctorat en théologie (Faculté pontificale Saint-Bonaventure, 1919).[18][19] C'est aussi à Rome qu'il contracte la tuberculose qui ruinera ses poumons et le minera toute sa vie : il vivra, prêchera et bâtira son œuvre missionnaire en homme constamment malade, parfois réduit à un seul poumon valide.[20][21]
Dans ses conférences, il répète à ses frères de ne jamais se déclarer incapables : avec l'Immaculée, tout devient possible.[22]
La fondation de la Milice de l'Immaculée (16 octobre 1917)
Le 16 octobre 1917, dans une cellule du couvent franciscain de Rome, le jeune frère Maximilien réunit six confrères et fonde la Milice de l'Immaculée (Militia Immaculatae) — une association de prière et d'apostolat vouée à la conversion de tous, « y compris des ennemis de l'Église », par la médiation de la Vierge.[23][24] L'événement a lieu trois jours après le miracle du soleil à Fatima (13 octobre 1917) et en pleine effervescence anticléricale romaine — la franc-maçonnerie défilant alors sous les fenêtres du Vatican.[25]
La prière quotidienne du « chevalier » de l'Immaculée résume ce programme d'abandon et de zèle :
« Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous, et pour tous ceux qui n'ont pas recours à vous, en particulier les ennemis de la sainte Église. » — Prière de la Milice de l'Immaculée[26]
Il est ordonné prêtre le 28 avril 1918 à Rome.[27][28] L'année suivante, docteur en théologie, il rentre en Pologne redevenue indépendante, avec une idée fixe : faire de la Milice de l'Immaculée un mouvement de masse.
« Conquérir le monde pour l'Immaculée » : le bâtisseur (1919-1936)
Le Chevalier de l'Immaculée
Malgré la maladie, Maximilien comprend très tôt la puissance de la presse comme instrument d'évangélisation. En janvier 1922, il lance à Cracovie la revue mensuelle Le Chevalier de l'Immaculée (Rycerz Niepokalanej), d'abord tirée à 5 000 exemplaires.[29] À la veille de la guerre, ce tirage aura été multiplié par cent ou davantage : la revue atteint près d'un million d'exemplaires, ce qui en fait l'une des plus grandes publications catholiques d'Europe.[30][31]
| Œuvre de presse de Kolbe | Lancement | Diffusion à la veille de 1939 |
|---|---|---|
| Rycerz Niepokalanej (Le Chevalier de l'Immaculée), Pologne | janvier 1922 | jusqu'à ~1 000 000 d'ex. |
| Mały Dziennik (Le Petit Journal), quotidien | 1935 | l'un des plus forts tirages de Pologne |
| Seibo no Kishi (Le Chevalier de l'Immaculée), Japon | 1930 | dizaines de milliers d'ex. |
Niepokalanów, la Cité de l'Immaculée
En 1927, sur un terrain offert près de Varsovie, Maximilien fonde Niepokalanów — la « Cité de l'Immaculée » —, un couvent-imprimerie entièrement voué à l'apostolat marial.[32][33] L'expérience est unique : des centaines de frères y vivent dans la pauvreté franciscaine la plus stricte, mais entourés de rotatives, d'ateliers et même d'un aérodrome et d'une station radio en projet. À la veille de la guerre, Niepokalanów compte près de 700 religieux — c'est alors la plus grande communauté religieuse du monde catholique.[34][35]
La mission du Japon et Nagasaki (1930-1936)
L'ambition missionnaire de Kolbe ne connaît pas de frontières. En 1930, il part pour le Japon avec quelques frères et fonde, près de Nagasaki, une seconde Cité de l'Immaculée : Mugenzai no Sono (« le Jardin de l'Immaculée »).[36] Sans connaître la langue, il y publie dès le premier mois une édition japonaise du Chevalier de l'Immaculée, Seibo no Kishi.[37]
Un détail prendra plus tard une résonance prophétique : contre l'avis des urbanistes, Maximilien fait bâtir le monastère sur le flanc d'une montagne tourné à l'opposé de la ville. Quand, le 9 août 1945, la bombe atomique rase Nagasaki, Mugenzai no Sono est protégé par la montagne et ne subit que des dégâts mineurs — ses frères se portant alors au secours des victimes.[38] Épuisé par la maladie, Maximilien rentre définitivement en Pologne en 1936, élu supérieur (gardien) de Niepokalanów.[39]
Une théologie de l'Immaculée Conception
La sainteté de Kolbe n'est pas seulement une vie héroïque : c'est une doctrine mariale originale, méditée pendant plus de vingt ans et laissée pour l'essentiel à l'état d'écrits inachevés. Au cœur de tout : le nom que la Vierge s'est donné à Lourdes, le 25 mars 1858 — « Je suis l'Immaculée Conception » —, que Kolbe est peut-être l'homme à avoir médité le plus intensément.[40]
« Qui es-tu, ô Immaculée Conception ? »
Dans la nuit du 17 février 1941, quelques heures avant son arrestation, Maximilien écrit sa dernière méditation, restée inachevée, sur le mystère de ce nom. Il y interroge la Vierge avec une audace toute scolastique :
Dans cette méditation restée inachevée, il passe en revue, en substance, tout ce que Marie n'est pas — ni Dieu, qui n'a pas de commencement, ni un ange, ni Adam, ni Ève, ni le Verbe incarné — pour affirmer qu'elle est, elle seule, l'Immaculée Conception.[41][42]
Pour Kolbe, le nom révélé à Lourdes n'est pas une simple qualité (« la femme conçue immaculée ») mais désigne ce qu'elle est dans son être le plus profond.
L'Immaculée et l'Esprit Saint
De là, sa thèse la plus haute et la plus discutée : il existe une analogie mystérieuse entre l'Immaculée et l'Esprit Saint. Si, au sein de la Trinité, l'Esprit est nommé par les théologiens la « Conception » éternelle — l'amour fruit du Père et du Fils —, alors Marie, « Immaculée Conception » dans l'ordre créé, est unie à l'Esprit Saint d'une union si étroite que Kolbe ose parler d'une quasi-incarnation de l'Esprit en elle.[43][44] L'Esprit agit par l'Immaculée comme par son instrument privilégié dans la distribution de la grâce.
Cette intuition, audacieuse, reste un développement théologique libre — non une définition de l'Église — et doit se lire dans la pleine orthodoxie mariale catholique : Marie n'est jamais divinisée, mais reconnue comme la créature la plus parfaitement remplie de l'Esprit. Kolbe la maintient toujours subordonnée au Christ, médiatrice en lui et vers lui.[45]
L'abandon total à l'Immaculée
La conséquence pratique de cette doctrine est une spiritualité de l'abandon. Se consacrer à l'Immaculée, c'est se laisser posséder par elle pour être conduit, par elle, jusqu'à Dieu :
Il y invite le lecteur, en substance, à ouvrir son cœur à l'Immaculée et à s'abandonner à elle sans mesure et pour toujours — ne serait-ce que par un simple soupir de l'âme.[46]
L'apôtre devient ainsi un pur instrument entre les mains de la Vierge — « chevalier », « propriété et possession » de l'Immaculée. Cette spiritualité, héritière de la consécration mariale de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et nourrie de la médaille miraculeuse, donnera à Kolbe la liberté intérieure qui éclatera à Auschwitz.[47][48]
Auschwitz : la couronne rouge (1939-1941)
Niepokalanów, refuge sous l'occupation
Quand l'Allemagne envahit la Pologne en septembre 1939, Niepokalanów ouvre ses portes : la Cité de l'Immaculée accueille des milliers de réfugiés, dont un grand nombre de Juifs fuyant les persécutions.[49][50] Maximilien est une première fois arrêté le 19 septembre 1939, puis relâché le 8 décembre. Il poursuit, sous surveillance, son œuvre d'accueil et d'édition — ce qui le désigne à la répression.
L'arrestation et le matricule 16670
Le 17 février 1941, la Gestapo arrête de nouveau Maximilien et l'enferme à la prison de Pawiak, à Varsovie, où il est brutalisé pour son habit religieux.[51] Le 28 mai 1941, il est déporté au camp d'Auschwitz et devient le prisonnier nº 16670.[52][53] Affecté aux pires corvées, frappé, épuisé, le prêtre y continue clandestinement son ministère : il confesse, console, partage sa ration.
Le bunker de la faim
Fin juillet 1941, un prisonnier s'évade du bloc de Maximilien. En représailles, le Lagerführer Karl Fritzsch condamne dix hommes du bloc à mourir de faim dans le bunker.[54][55] L'un des désignés, Franciszek Gajowniczek (matricule 5659), s'effondre en sanglotant à la pensée de sa femme et de ses enfants voués à rester seuls[56].
Alors, l'impensable : le Père Maximilien s'avance vers Fritzsch et demande à mourir à la place de ce père de famille, en se désignant comme « prêtre catholique ». Fritzsch accepte l'échange.[57][58] (L'identité de l'évadé et la date exacte de l'évasion restent incertaines selon le Mémorial d'Auschwitz, mais l'échange volontaire de Kolbe est, lui, solidement attesté.)[59]
Le 14 août 1941
Dans le bunker, le prêtre transforme le mouroir en lieu de prière et de chant. Témoin direct, Bruno Borgowiec, l'interprète chargé de relever les corps, racontera que la cellule retentissait de cantiques à la Vierge, et que Maximilien encourageait ses compagnons jusqu'au bout. Après deux semaines, il est l'un des rares encore vivants. Le 14 août 1941, veille de l'Assomption, on l'achève par une injection de phénol dans le cœur :
Bruno Borgowiec, l'interprète chargé de relever les corps, racontera l'avoir trouvé assis contre le mur, les yeux ouverts et la tête penchée, le visage apaisé et comme rayonnant.[60][61]
Son corps est brûlé au four crématoire le lendemain, 15 août, jour de l'Assomption.[62] Le geste bouleverse le camp ; un autre détenu, Józef Stemler, dira que ce choc moral s'est propagé dans tout le camp, en substance comme des ondes à la surface d'un lac, jusqu'à atteindre tous les cœurs.[63]
- 8 janvier 1894Naissance
Rajmund Kolbe naît à Zduńska Wola, dans une famille pauvre de tisserands franciscains.
- 16 octobre 1917Milice de l'Immaculée
À Rome, le jeune frère fonde la Militia Immaculatae avec six confrères.
- 28 avril 1918Ordination sacerdotale
Maximilien est ordonné prêtre à Rome.
- 1927Niepokalanów
Fondation de la « Cité de l'Immaculée », bientôt la plus grande communauté religieuse du monde.
- 1930-1936Mission du Japon
Fondation de Mugenzai no Sono près de Nagasaki, qui survivra à la bombe atomique de 1945.
- 28 mai 1941Auschwitz, matricule 16670
Déporté au camp après l'arrestation du 17 février 1941.
- 14 août 1941Martyre
Il meurt par injection de phénol, après s'être offert à la place de Franciszek Gajowniczek.
Béatification et canonisation : les deux couronnes accomplies
De vénérable à bienheureux (1971)
La réputation de sainteté de Kolbe est immédiate. Sa cause aboutit le 30 janvier 1969 à la reconnaissance de l'héroïcité de ses vertus par Paul VI (titre de vénérable), puis à sa béatification le 17 octobre 1971 — date hautement symbolique, exactement 54 ans après la fondation de la Milice de l'Immaculée.[64][65] Paul VI le proclame alors confesseur de la foi : c'est la couronne blanche de la vision d'enfance.
Le martyr de la charité (1982)
Restait la couronne rouge. Le 10 octobre 1982, place Saint-Pierre, Jean-Paul II — pape polonais qui avait vécu sous la même occupation — canonise Maximilien Kolbe et, par une décision personnelle, le déclare martyr.[66][67] Le débat théologique était réel : Kolbe n'avait pas été tué en haine de la foi au sens classique, mais s'était offert par charité. Jean-Paul II tranche en plaçant sa mort sous la parole du Christ :
« Personne n'a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis » (Jean 15, 13). [...] Maximilien ne mourut pas, mais "donna sa vie [...] pour son frère". » — Jean-Paul II, homélie de canonisation, 10 octobre 1982[68]
Au premier rang de la foule se tenait Franciszek Gajowniczek, l'homme sauvé, qui vécut jusqu'en 1995 et fut enterré à Niepokalanów, à la place réservée à celui qui était mort pour lui.[69]
Le tableau suivant récapitule comment l'Église a reconnu, en deux temps, les deux couronnes entrevues par l'enfant de Zduńska Wola.
| Couronne | Vertu signifiée | Acte de l'Église | Pape | Date |
|---|---|---|---|---|
| Blanche | Pureté, sainteté de vie | Béatification (confesseur de la foi) | Paul VI | 17 octobre 1971 |
| Rouge | Martyre, don de la vie | Canonisation (martyr de la charité) | Jean-Paul II | 10 octobre 1982 |
Le culte et l'héritage de saint Maximilien Kolbe
Patronages et fête du 14 août
Saint Maximilien Kolbe est inscrit au calendrier romain au 14 août, en mémoire obligatoire.[70] L'Église l'a donné comme patron des familles, des prisonniers et détenus, des journalistes et de la presse catholique, du mouvement pro-vie et des personnes dépendantes — figures de ceux que le XXᵉ siècle, dans ses idéologies de mort, a le plus menacés.[71][72]
Une spiritualité toujours vivante
Au-delà de l'icône d'Auschwitz, l'héritage de Kolbe est double. Spirituellement, la Milice de l'Immaculée demeure un mouvement international, et sa doctrine de l'abandon total à l'Immaculée nourrit toujours la dévotion mariale catholique. Historiquement, il incarne la résistance de la charité aux totalitarismes : là où le camp voulait réduire l'homme à un matricule, un prêtre a redonné à un nom — Gajowniczek — toute sa valeur, en mourant pour lui.[73]
C'est tout le sens des deux couronnes : la sainteté d'une vie donnée à l'Immaculée et le sang d'une mort donnée pour un frère ne font, chez Kolbe, qu'un seul amour. L'enfant avait, en substance, choisi les deux : l'Église, en le déclarant à la fois confesseur et martyr, n'a fait que ratifier ce choix.[74]
Pour aller plus loin
- Saint Pie X (1835-1914) — le « pape de l'Eucharistie » qui ouvrit le XXᵉ siècle de la sainteté.
- Sainte Gemma Galgani (1878-1903) — figure de sainteté mystique contemporaine de la jeunesse de Kolbe.
- Sainte Édith Stein (1891-1942) — carmélite juive convertie, morte à Auschwitz un an après Kolbe.
- Saint Paul VI (1897-1978) — le pape qui le déclara vénérable puis bienheureux.
- Saint Jean-Paul II (1920-2005) — le pape polonais qui le canonisa martyr de la charité en 1982.
- La Médaille miraculeuse — la dévotion mariale au cœur de l'apostolat de la Milice de l'Immaculée.
Notes et références
Saint Maximilien-Marie Kolbe, L'abandon à l'Immaculée. Le trésor de sa spiritualité (titre original polonais Oddanie się Niepokalanej), trad. Lilla Danilecka, Éditions des Béatitudes, avril 2022 (ISBN 979-10-306-0417-7). Recueil d'écrits du saint (Conférences K, Œuvres complètes Pisma) précédé d'une biographie de l'édition française. Source de la vision des deux couronnes, de la famille (parents tertiaires franciscains et tisserands ; cinq fils), de la dernière méditation du 17 février 1941 sur le nom de l'Immaculée Conception, des textes d'abandon, du récit de l'arrestation (Pawiak, 17 février – 28 mai 1941), de la supplique de Gajowniczek, du témoignage de Bruno Borgowiec et de la crémation du 15 août. Biographie de référence sous-jacente : Tomasz P. Terlikowski, Maksymilian M. Kolbe. Biografia świętego męczennika, Wydawnictwo Esprit, Cracovie, 2017. Les paroles du saint et les témoignages rapportés dans le corps de l'article sont rendus en paraphrase d'après ce recueil et sa biographie introductive, sans prétention au verbatim (tome, page et n° K/Pisma non établis).
1 3 4 8 10 11 12 13 17 22 28 41 46 47 51 55 56 58 60 62 63 64 69Wikipedia (EN), "Maximilian Kolbe" : en.wikipedia.org. Données encyclopédiques : naissance le 8 janvier 1894 à Zduńska Wola, entrée chez les conventuels, nom de Maximilien (1910) puis Maximilien-Marie, doctorats de philosophie (1915) et de théologie (1919), ordination le 28 avril 1918, fondation de la Milice de l'Immaculée (16 octobre 1917), Rycerz Niepokalanej (1922, jusqu'à ~1 M d'ex.), Niepokalanów (1927, ~700 frères, plus grand couvent du monde), mission du Japon (1930-1936), accueil de réfugiés dont des Juifs, arrestations (1939 puis 17 février 1941), matricule 16670, mort le 14 août 1941, vénérable (1969), béatification (1971) comme confesseur, canonisation (1982) comme martyr, fête au 14 août et patronages.
2 7 9 15 16 18 20 24 27 29 30 32 34 36 37 39 49 53 65 67 71 74Mémorial et Musée d'Auschwitz-Birkenau, "The sacrifice and death of father Maximilian Kolbe" (podcast e-learning) : auschwitz.org. Matricule 16670 ; arrestation du 17 février 1941, déportation fin mai 1941 ; sélection de dix prisonniers par le Lagerführer Karl Fritzsch (et le Rapportführer Gerhard Palitzsch) fin juillet 1941 ; remplacement de Franciszek Gajowniczek (matricule 5659) ; mort le 14 août 1941 par injection de phénol. La source précise que l'identité de l'évadé et la date exacte de l'évasion ne sont pas établies avec certitude.
5 52 54 57 59Vatican News, "St. Maximilian Kolbe: martyr of supreme sacrifice of life" (14 août 2021) : vaticannews.va. Sur la mémoire liturgique du 14 août, le don de la vie à Auschwitz, et la canonisation comme martyr par Jean-Paul II en 1982.
6 66 70 73Renaissance catholique / CRC, "Saint Maximilien Kolbe, martyr de l'Immaculée" : crc-resurrection.org. Sur la vision des deux couronnes (blanche = pureté, rouge = martyre), la spiritualité d'abandon à l'Immaculée et l'apostolat marial.
14 44 48 61Encyclopædia Britannica, "Saint Maksymilian Maria Kolbe" : britannica.com. Notice de référence : doctorats romains, fondation de Niepokalanów, mission du Japon, mort à Auschwitz, fête au 14 août.
19 31 33Franciscan Media, "Maximilian Kolbe: Martyr and Saint" : franciscanmedia.org. Sur la tuberculose chronique, l'ampleur de Niepokalanów, l'accueil de réfugiés et de Juifs, et les patronages.
21 35 50 72Militia Immaculatae, "Origin and timeline of the MI" : m-i.info. Fondation le soir du 16 octobre 1917 à Rome, six confrères réunis autour de Maximilien, contexte de Fatima et de l'agitation maçonnique romaine, prière du chevalier (« Ô Marie conçue sans péché... en particulier les ennemis de la sainte Église »).
23 25 26ACI Digital / ACI Prensa, "A casa de missão de São Maximiliano Kolbe em Nagasaki que sobreviveu à bomba atômica" : acidigital.com. Sur le monastère Mugenzai no Sono bâti à flanc de montagne du côté opposé à Nagasaki, épargné par la bombe atomique du 9 août 1945, et le secours porté aux victimes par les frères.
38Encyclopédie mariale, Marie de Nazareth, "L'Immaculée Conception et l'Esprit Saint (saint Maximilien Kolbe)" : mariedenazareth.com. Sur la méditation kolbienne du nom de Lourdes (« Je suis l'Immaculée Conception »), l'analogie entre l'Immaculée et l'Esprit Saint (« quasi-incarnation de l'Esprit »), et la mission mariale (« remettre à Dieu le monde entier par l'Immaculée »), maintenue dans la subordination au Christ.
40 42 43 45Jean-Paul II, homélie de canonisation de Maximilien Kolbe, place Saint-Pierre, 10 octobre 1982 : vatican.va. Texte original italien : « Nessuno ha un amore più grande di questo: dare la vita per i propri amici » (Gv 15, 13) et « Massimiliano non morì, ma "diede la vita... per il fratello" ». Traduction française dans le corps ; original en footnote.
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