La descente aux enfers est l'article du Symbole des Apôtres par lequel l'Église confesse que Jésus, après sa mort sur la croix, est descendu en son âme au séjour des morts pour y annoncer le salut et en libérer les justes qui l'avaient précédé. Le mot « enfers », au pluriel, ne désigne pas ici l'enfer des damnés : il traduit le latin inferi, le monde d'en bas où séjournaient tous les morts, bons et mauvais, avant l'ouverture du Ciel. C'est pourquoi le Catéchisme précise d'emblée le sens de la formule[1].
« L'expression fréquente selon laquelle Jésus « est ressuscité des morts » présuppose que le Crucifié a séjourné dans le séjour des morts avant sa Résurrection. Ce fut le premier sens que donna la prédication apostolique à la descente de Jésus aux enfers : Jésus a connu la mort comme tous les hommes et il les a rejoints par son âme au séjour des morts. Mais il y est descendu en Sauveur, proclamant la Bonne Nouvelle aux esprits qui y étaient retenus. »
Catéchisme de l'Église catholique, n. 632[2]
L'événement tient dans l'intervalle du Samedi saint, entre la mise au tombeau du soir du vendredi et l'aube de Pâques. Aucun Évangile ne le raconte comme une scène visible : il appartient au versant caché du mystère pascal, celui que la foi confesse sans le voir. Pour la mort qui précède, voir La crucifixion de Jésus ; pour le matin qui suit, Les apparitions du Ressuscité ; pour l'ensemble du récit, La Passion selon les quatre évangiles.
Cet article présente la descente comme Écriture Sainte reçue par l'Église : sa place dans le canon et dans le Symbole, les auteurs et les datations traditionnels des textes qui la fondent, les témoins anciens, le déroulé théologique du Samedi saint, l'usage liturgique latin et oriental, l'iconographie, puis, en fin de parcours, l'examen des objections et des hypothèses modernes.
Ce que confesse l'article du Credo
Le séjour des morts n'est pas l'enfer des damnés
Le français entretient une confusion tenace : « descendre aux enfers » évoque spontanément l'enfer du châtiment éternel. La tradition distingue pourtant quatre réalités que le vocabulaire ancien réunissait parfois sous le même mot latin infernus. Le tableau ci-dessous les sépare nettement : il se lit comme une carte du Samedi saint, avant tout développement.
| Réalité désignée | Qui y est concerné | Rapport à la descente du Christ |
|---|---|---|
| Le séjour des morts en général (shéol, hadès) | Tous les morts de l'ancienne Alliance | Le cadre large de la descente : le Christ mort rejoint les morts |
| Les limbes des Pères | Les justes morts avant le Christ, dans l'attente du Sauveur | Libérés par le Christ et conduits à la vision de Dieu |
| Le purgatoire | Les sauvés morts en état de purification | Touchés par les fruits de la Passion, sans être le but propre de la descente |
| L'enfer des damnés | Ceux qui sont morts en refus définitif de Dieu | Le Christ n'y descend pas pour en délivrer les damnés |
Le Catéchisme tranche la question en une phrase, reprise de toute la tradition médiévale[3] :
« Jésus n'est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés ni pour détruire l'enfer de la damnation, mais pour libérer les justes qui l'avaient précédé. »
Catéchisme de l'Église catholique, n. 633[4]
Cette distinction protège deux vérités jointes. D'un côté, la mort du Christ est réelle et totale : son âme séparée de son corps rejoint véritablement le sort commun des morts, sans passe-droit. De l'autre, cette âme reste unie à la personne du Verbe : elle descend libre, victorieuse et porteuse de la grâce, non captive du séjour où elle entre[5]. Saint Thomas d'Aquin consacre huit articles de la Somme de théologie à ce seul mystère, signe de la place qu'il occupe dans la théologie reçue[6].
La place de la clause dans le Symbole des Apôtres
La formule descendit ad inferos, « il descendit aux enfers », appartient au Symbole dit des Apôtres, le credo baptismal de l'Église romaine, récité encore aujourd'hui au chapelet et admis par le Catéchisme comme « le symbole gardé par l'Église romaine, celle où a siégé Pierre, le premier des Apôtres »[7]. Son histoire textuelle est connue avec précision, et elle mérite d'être dite sans fard, car l'objection de l'invention tardive s'appuie souvent sur elle : nous y répondrons en fin d'article.
Vers 404, Rufin d'Aquilée commente le symbole de son Église locale et signale honnêtement que la clause de la descente ne figure ni dans le texte romain, ni dans les textes orientaux, tout en la tenant pour équivalente, en substance, à la mention de la sépulture[8]. Le fait est donc ancien et avoué : la clause explicite s'est généralisée lentement, entre le IVe et le VIIe siècle, jusqu'à entrer dans le texte reçu du Symbole[9]. Mais l'absence d'une clause dans un formulaire baptismal local ne prouve pas l'absence de la foi qu'elle exprime : les Pères des premiers siècles enseignent la descente bien avant qu'elle ne soit inscrite partout dans le Credo, comme la section des témoins le montrera.
Une vérité de foi reçue, au degré qui est le sien
Au plan des degrés de certitude, la descente du Christ au séjour des morts relève de la foi catholique confessée dans le Symbole et enseignée par le magistère ordinaire : le quatrième concile du Latran, en 1215, professe dans sa constitution Firmiter que le Christ, après sa Passion, « descendit aux enfers, ressuscita des morts et monta au Ciel »[10]. Le Catéchisme la range dans l'article 5 du Credo, entre la mort et la Résurrection, et la présente comme l'accomplissement de l'annonce évangélique du salut[11]. Il ne s'agit ni d'une opinion d'école ni d'une image pieuse : c'est un maillon du récit pascal sans lequel, pour la tradition, le sort des justes de l'Ancien Testament resterait suspendu.
Les fondements dans l'Écriture
L'attente de l'Ancien Testament : le shéol et ses promesses
L'Ancien Testament nomme shéol le séjour indistinct où descendent tous les morts, justes et injustes, dans une ombre d'existence coupée de la louange de Dieu[12]. Jacob refuse d'être consolé et déclare descendre dans le deuil vers son fils au shéol[13] ; le psaume demande qui louera Dieu dans le séjour des morts[14]. Cette obscurité même fait la force des textes qui l'entrebâillent : le Dieu d'Israël y est déjà confessé comme maître de la mort.
« Je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu'au dernier jour il se lèvera sur la poussière ; et après que ma peau aura été détruite, dans ma chair je verrai Dieu. »
Livre de Job, 19, 25-26[15]
Le psaume 16, lu par les apôtres comme une prophétie du Christ, affirme que Dieu n'abandonnera pas l'âme de son fidèle au shéol et ne laissera pas son saint voir la corruption[16]. Osée prête à Dieu une parole de défi à la mort, que saint Paul reprendra au cœur de son hymne à la Résurrection[17] :
« Des griffes du shéol je les rachèterai, de la mort je les délivrerai. Où sont tes fléaux, ô Mort ? Où est ta peste, ô shéol ? »
Livre d'Osée, 13, 14[18]
Zacharie annonce un prisonnier libéré de la fosse sans eau par le sang de l'alliance[19], Isaïe des captifs à qui l'on dira de sortir et des prisonniers sommés de paraître à la lumière[20], Daniel des dormeurs de la poussière qui s'éveilleront[21]. Pris un à un, ces textes décrivent des délivrances historiques ; reçus ensemble dans la lecture de l'Église, ils dessinent l'attente précise à laquelle la descente répond : quelqu'un doit entrer dans le séjour des morts pour en ouvrir la porte de l'intérieur.
Le signe de Jonas et la parole du Christ
Le Christ lui-même a désigné l'événement par une image, et cette auto-interprétation compte au premier chef dans le dossier. Aux scribes et aux pharisiens qui demandent un signe, il répond par le signe de Jonas[22] :
« De même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du monstre marin, ainsi le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits au cœur de la terre. »
Jonas est un fait historique pour le Christ qui s'y réfère, non une parabole commode : le signe engage la réalité des deux termes comparés. Le « cœur de la terre » ne se réduit pas au tombeau de pierre : la tradition y lit le séjour des morts tout entier, où le Christ demeure, mort quant au corps, vivant et agissant quant à l'âme unie au Verbe[24]. Le même Matthieu rapporte, à l'heure de la mort du Christ, l'ouverture des tombeaux et la résurrection de nombreux saints apparus à Jérusalem après la Résurrection[25] : secousse anticipée, dans le récit évangélique, de la libération que la descente opère.
Les auteurs reçus et les témoins anciens des Évangiles
L'Église reçoit les quatre Évangiles comme l'œuvre des évangélistes que la tradition nomme depuis les origines : Matthieu l'apôtre, Marc l'interprète de Pierre, Luc le compagnon de Paul, Jean le disciple bien-aimé. Le témoin le plus ancien de l'ensemble est saint Irénée, disciple de Polycarpe, qui avait connu Jean : vers 180, il énumère les quatre Évangiles et leurs auteurs[26].
« Jean, le disciple du Seigneur, celui qui avait reposé sur sa poitrine, publia lui aussi l'Évangile, lors de son séjour à Éphèse, en Asie. »
La datation traditionnelle reste défendable : Matthieu dans les années 40 à 60, Marc à Rome dans les années 60, Luc vers 60 à 63, Jean à Éphèse dans les années 90 à 100. La Commission Biblique Pontificale a confirmé le 29 mai 1907 qu'il est historiquement certain que l'apôtre Jean est l'auteur du quatrième évangile[28]. Vatican II tient la même ligne pour les quatre récits[29]. Cette assise importe ici : la descente ne repose pas sur un texte tardif ou marginal, mais sur la lecture conjointe des Évangiles, des Actes, de Paul et de Pierre, reçus au cœur du canon fixé par le concile de Trente[30].
Pierre prêche aux morts : les deux textes décisifs
Le texte le plus direct du Nouveau Testament se trouve dans la première lettre de Pierre, écrite par l'apôtre selon la tradition reçue, et dont l'attribution pétrinienne est défendue par l'usage liturgique et les témoins anciens[31]. Pierre y enchaîne la Passion et une démarche du Christ auprès des esprits retenus :
« Le Christ a souffert pour les péchés, une fois pour toutes, lui le juste pour les injustes, afin de vous conduire à Dieu ; mis à mort en sa chair, vivifié en esprit, en lequel aussi il alla prêcher aux esprits en prison, ceux qui, jadis, avaient été incrédules. »
Première lettre de saint Pierre, 3, 18-20[32]
Le verbe employé, kèrussô, signifie proclamer comme un héraut, annoncer officiellement, plutôt que convertir par une longue prédication[33]. La seconde mention, au chapitre 4, élargit l'annonce aux morts sans la limiter aux contemporains de Noé[34] :
« Car c'est pour cela que l'Évangile a été aussi annoncé aux morts, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu en esprit. »
Première lettre de saint Pierre, 4, 6[35]
La lecture catholique traditionnelle, suivie par le Catéchisme, tient les deux passages ensemble : le Christ mort, en son âme vivifiée et unie au Verbe, proclame aux justes retenus l'accomplissement du salut et les en fait sortir[36]. Les lectures alternatives, qui feront l'objet de la section des objections, doivent expliquer pourquoi Pierre place cette proclamation entre la mort et la Résurrection, et pourquoi il la relie au baptême qui sauve[37].
Paul et les Actes : les profondeurs de la terre et le psaume 16
Saint Paul fournit le deuxième pilier du dossier. Dans la lettre aux Éphésiens, il cite le psaume 68, « en montant dans les hauteurs il a emmené des captifs », et commente la descente qui précède l'ascension[38] :
« Or « il est monté », qu'est-ce à dire, sinon qu'il est aussi descendu dans les régions inférieures de la terre ? Celui qui est descendu, c'est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toute chose. »
Lettre aux Éphésiens, 4, 9-10[39]
Le mouvement est complet : descente, puis remontée avec des captifs libérés, image que la tradition rapproche des justes conduits au Ciel[40]. Dans les Actes, Pierre, le jour de la Pentecôte, applique le psaume 16 à la Résurrection en précisant le point qui nous occupe : le Christ n'a pas été abandonné à l'hadès et sa chair n'a pas vu la corruption[41] :
« Dieu l'a ressuscité, le délivrant des douleurs de l'hadès, car il n'était pas possible qu'il fût retenu par lui. »
Actes des Apôtres, 2, 24[42]
Le même discours affirme que David, mort et enseveli, parlait prophétiquement du Christ en disant que son âme ne serait pas abandonnée au séjour des morts[43]. Paul, à Antioche de Pisidie, reprend le même psaume dans le même sens[44]. L'hébreu du psaume dit shéol, le grec des Septante et des Actes dit hadès : dans les deux cas, le lieu des morts d'où le Christ, contrairement à David, n'a pas été laissé prisonnier.
Le tableau suivant rassemble les textes qui fondent l'article du Credo : il sert de carte biblique pour tout l'article.
| Texte | Ce qu'il apporte au dossier de la descente |
|---|---|
| Ps 16, 10 (Ac 2, 27-31) | L'âme du saint de Dieu non abandonnée au shéol, lu comme prophétie du Christ |
| Os 13, 14 ; Za 9, 11 ; Is 49, 9 | Le rachat du shéol et la libération des prisonniers de la fosse |
| Mt 12, 40 | Le signe de Jonas : trois jours et trois nuits au cœur de la terre |
| Mt 27, 52-53 | Les tombeaux ouverts et les saints relevés, prémices de la libération |
| Ac 2, 24-31 | Le Christ non retenu par l'hadès, selon le psaume relu par Pierre |
| Ép 4, 8-10 | La descente dans les régions inférieures, puis l'ascension avec les captifs |
| 1 P 3, 18-20 | La proclamation aux esprits en prison, entre mort et vie en esprit |
| 1 P 4, 6 | L'Évangile annoncé aux morts, pour qu'ils vivent selon Dieu |
| He 2, 14-15 ; Ap 1, 18 | Le pouvoir de la mort brisé, les clés de la mort et de l'hadès au Ressuscité |
Deux textes ferment la carte. La lettre aux Hébreux donne la finalité libératrice de toute l'Incarnation : délivrer ceux que la peur de la mort retenait en esclavage[45]. L'Apocalypse, reçue comme l'œuvre de l'apôtre Jean, met dans la bouche du Ressuscité la revendication des clés conquises :
« Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant ; je fus mort, et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles, et je tiens les clés de la mort et de l'hadès. »
Apocalypse, 1, 17-18[46]
Le Samedi saint : ce que fait l'âme du Christ chez les morts
Le corps au tombeau, l'âme chez les morts, la divinité unie aux deux
La théologie reçue tient trois affirmations jointes pendant le repos du Samedi saint. Le corps du Christ repose au tombeau, sans corruption, comme le confesse l'application du psaume 16[47]. Son âme humaine, séparée du corps par la mort véritable, descend au séjour des morts[48]. La divinité du Verbe, elle, ne se sépare ni du corps ni de l'âme : c'est pourquoi l'Église peut dire que Dieu lui-même a visité les morts, sans que la mort ait dissous la personne du Fils[49]. Saint Thomas en tire la conséquence pour l'adoration du corps au tombeau et pour la présence du Christ tout entier dans le séjour visité[50].
Libérer les justes qui attendaient : les limbes des Pères
Les justes de l'ancienne Alliance, Abraham, Moïse, David, les prophètes et le Précurseur, étaient morts dans la foi et l'attente, mais la porte du Ciel restait fermée par le péché d'Adam tant que le Rédempteur n'avait pas accompli son œuvre[51]. Le Catéchisme nomme leur attente à partir de la parabole du pauvre Lazare reçu dans le sein d'Abraham[52] :
« Les âmes des justes qui attendaient le Rédempteur dans le sein d'Abraham, ce sont elles que le Christ a libérées quand il est descendu aux enfers. »
Catéchisme de l'Église catholique, n. 633, reprenant la catéchèse romaine[53]
Saint Thomas précise la modalité : par la vertu de sa Passion, le Christ délivre les saints Pères de la peine qui les retenait hors de la gloire, sans que le purgatoire soit vidé pour autant, car les âmes qui avaient encore une purification à accomplir selon la justice divine n'étaient pas dans le même état que les Pères déjà purifiés[54]. Il exclut de même toute délivrance des damnés : la descente ne rouvre pas un procès clos par le jugement particulier[55]. Cette fermeté protège le réalisme du jugement, tout en laissant la libération des Pères entière.
Annoncer, juger, conduire : les trois gestes de la descente
La tradition distingue trois gestes dans l'unique visite. Le Christ annonce l'accomplissement aux esprits retenus, selon la proclamation de Pierre[56]. Il manifeste sa victoire aux puissances qui retenaient les morts, selon la logique d'Éphésiens 4 et de l'Apocalypse : les clés changent de main[57]. Il conduit les justes libérés vers la vision de Dieu, ce que la liturgie et l'iconographie figurent par Adam saisi par la main et relevé. Ces trois gestes déploient une même vérité : la mort du Christ n'est pas un temps mort du salut, mais son application rétroactive à toute l'histoire humaine antérieure. Sans la descente, les justes d'Israël auraient attendu un Sauveur qui ne serait jamais venu jusqu'à eux.
Les témoins anciens : des Pères à l'homélie du Samedi saint
La descente attestée dès le IIe siècle
Bien avant l'inscription générale de la clause dans les symboles, l'enseignement est présent chez les plus anciens témoins. Saint Ignace d'Antioche, vers 110, écrit que les prophètes eux-mêmes attendaient le Christ comme leur maître et que, venu, il les a ressuscités des morts[58]. Saint Justin, au milieu du IIe siècle, cite un oracle de Jérémie selon lequel le Seigneur s'est souvenu de ses morts d'Israël endormis dans la terre du sépulcre et est descendu vers eux pour leur annoncer le salut[59]. Saint Irénée, vers 180, enseigne que le Seigneur est descendu dans les régions souterraines pour annoncer sa venue et la rémission des péchés à ceux qui croiraient en lui[60] :
« Le Seigneur descendit dans les régions inférieures de la terre, cherchant sa brebis perdue, qui est l'homme, son ouvrage. »
Saint Irénée, Contre les hérésies, IV, 27, 2, dans le développement sur la récapitulation[61]
La chronologie des attestations, ci-dessous, montre une doctrine qui monte des Pères vers la formulation du Credo, et non une clause de Credo qui aurait inventé sa doctrine après coup.
- vers 110Saint Ignace d'Antioche
Les prophètes, disciples du Christ dans l'attente, sont relevés par lui à sa venue, selon la lettre aux Magnésiens.
- vers 155Saint Justin
Le Dialogue avec Tryphon rapporte la parole de Jérémie : le Seigneur est descendu annoncer le salut à ses morts endormis.
- vers 180Saint Irénée
La descente s'inscrit dans la récapitulation : le Christ visite les morts comme il a visité les vivants.
- vers 210Tertullien et Hippolyte
Le Christ au séjour des morts et la libération des saints deviennent un motif enseigné en Occident comme en Orient.
- vers 404Rufin d'Aquilée
Le commentaire du Symbole signale la clause explicite à Aquilée et son absence des formulaires romain et orientaux, à substance égale.
- Ve siècleSaint Augustin
La lettre 164 à Évode discute la portée de 1 Pierre 3, refuse une délivrance des damnés et maintient la libération des justes.
- 1215Latran IV
La constitution Firmiter professe la descente dans le résumé de la foi de l'Église latine.
- 1553Saint Thomas reçu et le Catéchisme romain
La Somme, question 52, puis le Catéchisme du concile de Trente fixent les distinctions scolaires encore reprises en 1992.
Augustin, la lettre 164 et la question des limites
Saint Augustin a laissé la discussion ancienne la plus honnête des difficultés. Dans sa lettre 164 à Évode, vers 414, il refuse de trancher ce qu'il ne voit pas clairement, écarte l'idée que le Christ aurait vidé l'enfer des damnés, et maintient que des justes ont été délivrés lors de la descente[62]. Sa prudence est précieuse : elle montre que la tradition n'a jamais confondu la libération des Pères, reçue de l'Écriture, avec une seconde chance générale après la mort, qu'elle n'a jamais enseignée. Le même Augustin affirme par ailleurs sans hésiter la réalité de la descente, reçue de la prédication de l'Église[63].
L'homélie ancienne du Samedi saint : Adam relevé par la main
Le texte patristique le plus lu sur la descente est l'homélie ancienne pour le Samedi saint, conservée dans la tradition grecque et reprise chaque année par l'Office des lectures du Samedi saint dans la liturgie romaine[64]. Son auteur reste anonyme ; son autorité tient à son antiquité et à sa réception liturgique continue. Elle met en scène la rencontre du Christ et d'Adam :
« Je te l'ordonne : éveille-toi, ô toi qui dors, je ne t'ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné. Lève-toi d'entre les morts, je suis la vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains, lève-toi, mon image faite à ma ressemblance. »
Homélie ancienne pour le Samedi saint, Office des lectures[65]
« Le Seigneur s'avance, tenant l'arme victorieuse de la croix. Dès qu'il le voit, Adam, notre premier père, se frappant la poitrine par allégresse, s'écrie vers tous : Mon Seigneur avec nous tous ! Et le Christ répond à Adam : Et avec ton esprit. »
Homélie ancienne pour le Samedi saint, Office des lectures[66]
Le geste de la main saisie, au centre de ces lignes, deviendra le motif visuel de toute l'iconographie byzantine de la Résurrection elle-même. Le Catéchisme cite cette homélie au terme de son exposé, comme la voix de la liturgie sur le mystère[67].
L'Évangile de Nicodème : un récit aimé, hors du canon
Au IVe ou Ve siècle, un texte apocryphe, l'Évangile de Nicodème, aussi appelé Actes de Pilate, raconte la descente par le menu : les portes de bronze brisées, Satan enchaîné, Adam, Isaïe et Jean le Baptiste accueillant le Christ, les justes conduits au paradis[68]. Ce récit a nourri la piété, le théâtre médiéval et l'imaginaire de l'Occident, jusqu'à Dante. Son statut doit être dit nettement : il n'appartient pas au canon fixé par l'Église, il n'est pas une source de la foi, et aucun de ses détails narratifs ne peut être cité comme un fait. Sa valeur est celle d'un témoin de réception : il prouve que la descente occupait l'imagination chrétienne ancienne au point d'exiger un récit, et il a transmis à l'art le motif des portes brisées que l'iconographie a retenu[69].
Théologie : une victoire qui rejoint toute l'histoire du salut
Le Christ récapitule les vivants et les morts
Saint Irénée nomme récapitulation le geste par lequel le Christ reprend en lui toute l'humanité, d'Adam au dernier des hommes[70]. La descente est le versant souterrain de cette reprise : le Sauveur ne sauve pas seulement les générations qui le rencontrent dans la chair, il rejoint les générations enfouies qui ne pouvaient que l'attendre. Le psaume cité par Paul, « il a emmené des captifs », trouve ici son accomplissement le plus littéral[71]. C'est pourquoi l'icône orientale de Pâques ne représente pas le tombeau vide, mais précisément cette libération : la Résurrection montrée par ses effets sur les morts.
Adam relevé : le premier et le dernier homme se rencontrent
L'homélie ancienne et l'iconographie convergent sur Adam, et ce choix est une théologie en raccourci. Celui par qui la mort est entrée dans le monde est le premier saisi par la main du nouvel Adam[72]. La chute n'est pas seulement pardonnée à distance : elle est visitée, relevée, emmenée. La tradition spirituelle en tire une conséquence pour chaque mort chrétienne : nul ne descend désormais seul là où le Christ est déjà passé, et le baptême unit le fidèle à cette descente comme à la remontée, selon l'enseignement de Paul sur le baptême dans la mort du Christ[73].
Ce que la descente n'est pas : ni seconde chance, ni enfer vidé
La clarification vaut d'être posée avant les objections, car deux contresens symétriques menacent le dossier. La descente n'est pas une seconde chance offerte après la mort à ceux qui auraient refusé Dieu durant leur vie : la lettre aux Hébreux fixe que les hommes meurent une seule fois, après quoi vient le jugement[74], et Augustin comme Thomas excluent la délivrance des damnés[75]. Elle n'est pas non plus la destruction de l'enfer : le Catéchisme le dit expressément[76]. Elle est l'application de la victoire pascale aux justes qui, morts avant son accomplissement, ne pouvaient en recevoir les fruits que par cette visite. Le jugement particulier de chaque âme à sa mort demeure ; la descente ne le rejoue pas, elle ouvre le Ciel à ceux que la mort avait précédés avant l'heure de la Croix.
L'usage liturgique : le Samedi saint, jour de la descente
Le grand silence de l'Église latine
Le Samedi saint est, dans la liturgie romaine, un jour sans messe jusqu'à la Vigile : l'autel est nu, le tabernacle vide, l'Église veille en silence auprès du Seigneur au tombeau[77]. L'Office des lectures propose l'homélie ancienne comme deuxième lecture : la descente n'est donc pas seulement enseignée, elle est priée chaque année par l'Église entière[78]. Le Catéchisme ouvre son exposé sur ce silence même, en citant l'homélie[79] :
« Aujourd'hui, grand silence sur la terre, grand silence et grande solitude. Grand silence, parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s'est apaisée, parce que Dieu s'est endormi dans la chair et a éveillé ceux qui dormaient depuis des siècles. »
Homélie ancienne pour le Samedi saint, citée au Catéchisme n. 635[80]
La Vigile pascale, le soir venu, déploie ce que la descente a préparé : l'Exsultet chante la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, est remonté victorieux des enfers[81]. La séquence liturgique est elle-même une exégèse : silence du jour, libération cachée, explosion de lumière la nuit.
L'Orient byzantin : l'Anastasis comme icône de Pâques
Dans la tradition byzantine, la descente est le centre visuel de Pâques. L'icône de l'Anastasis, mot grec qui signifie Résurrection et Relèvement, montre le Christ en gloire, debout sur les portes brisées du séjour des morts, saisissant Adam, et souvent Ève, par le poignet pour les tirer des tombeaux ouverts, entouré de David, de Salomon, de Jean le Baptiste et des justes[82]. Les fresques de l'église Saint-Sauveur in Chora, à Constantinople, au XIVe siècle, en donnent la version monumentale la plus célèbre[83]. L'hymnographie du Samedi saint byzantin chante le même mystère : le tombeau gardé contient celui que l'hadès ne peut retenir[84]. Là où l'Occident peint volontiers le Christ sortant du tombeau, l'Orient montre à qui profite d'abord la Résurrection : aux morts. Les deux traditions confessent le même article sous deux images complémentaires.
Le Credo récité et le baptême
La clause vit enfin dans la prière quotidienne : le Symbole des Apôtres ouvre le chapelet et sert de profession baptismale dans le rite romain, où le catéchumène confesse la descente avant de confesser la Résurrection[85]. Pierre relie explicitement sa proclamation aux morts au baptême qui sauve[86] : descendre dans l'eau avec le Christ, c'est déjà participer au mouvement par lequel il est descendu chez les morts pour en remonter. La descente n'est donc pas un article décoratif entre deux articles majeurs : elle nomme le point le plus bas de la trajectoire pascale, sans lequel la remontée n'aurait ni point de départ ni captifs à emmener.
Objections et débat historico-critique
Cette dernière partie expose les objections sous leur forme la plus forte, puis y répond. La méthode historico-critique a rendu de vrais services à la lecture des textes ; elle devient fragile quand une hypothèse de travail est présentée comme un verdict, ou quand un présupposé écarte d'avance ce que les textes affirment.
Objection 1 : « La clause est une invention tardive, absente du Credo primitif »
Réponse : le fait textuel est exact et connu depuis Rufin lui-même : la clause explicite manque dans le formulaire romain ancien et dans les formulaires orientaux, et elle s'est généralisée progressivement[87]. Mais l'inférence « donc la doctrine est tardive » ne suit pas. Ignace, Justin et Irénée enseignent la descente aux Ier et IIe siècles, avant toute inscription symbolique générale[88][89]. L'histoire va de la prédication vers la clause, comme pour d'autres formulations du Credo qui explicitent tardivement une foi ancienne. Confondre l'histoire d'une formule avec l'histoire de la foi qu'elle formule est l'erreur centrale de l'objection.
Objection 2 : « 1 Pierre 3 ne parle pas d'une descente, mais du Christ prêchant par Noé ou aux anges déchus »
Réponse : ces lectures existent et doivent être exposées loyalement. Une partie de l'exégèse contemporaine propose que le Christ, en esprit, a prêché autrefois par Noé aux hommes de sa génération, ou qu'il proclame sa victoire aux anges déchus retenus captifs[90]. Elles achoppent pourtant sur l'enchaînement du texte : Pierre place la démarche entre la mise à mort en la chair et la vie en esprit, la relie au sort des morts et au baptême, puis affirme sans détour, au chapitre suivant, que l'Évangile a été annoncé aux morts[91][92]. La lecture de la tradition, qui y voit la visite du Christ mort aux morts, respecte la séquence narrative de la lettre mieux que des reconstructions qui déplacent la scène hors de l'intervalle pascal. L'ambiguïté philologique réelle d'un verset ne suffit pas à dissoudre la convergence de Pierre, de Paul, des Actes et des Pères.
Objection 3 : « La descente donnerait une seconde chance après la mort »
Réponse : c'est le contresens que la tradition a le plus constamment écarté. Augustin le refuse, Thomas le refuse, le Catéchisme le refuse[93][94][95]. Les libérés sont les justes morts dans l'attente, non des damnés repêchés ni des indifférents reconvertis après leur jugement. L'Écriture tient ensemble les deux bords : les hommes meurent une fois, après quoi vient le jugement[96], et l'Évangile a été annoncé aux morts pour qu'ils vivent selon Dieu[97]. La descente applique la Rédemption à ceux qui l'avaient précédée dans le temps ; elle ne rouvre pas le temps de la décision pour ceux qui l'ont close.
Objection 4 : « Un enfer dont on peut espérer qu'il soit vide rend la descente inutile, ou la contredit »
Réponse : au XXe siècle, Hans Urs von Balthasar a soutenu qu'il est permis d'espérer que tous les hommes soient sauvés, en s'appuyant notamment sur la solidarité du Christ descendu aux enfers[98]. L'espérance pour chaque personne, portée par la prière de l'Église, est légitime et même commandée par la charité. Mais transformer cette espérance en certitude que l'enfer est vide dépasserait ce que l'Église enseigne : elle tient ensemble la volonté salvifique universelle de Dieu et la possibilité réelle du refus définitif, sans jamais déclarer qu'une personne déterminée est damnée[99]. La descente, loin d'être contredite, fonde l'espérance sans la muer en système : le Christ est allé au plus bas, et nul ne peut dire qu'un lieu de mort lui soit resté étranger.
Objection 5 : « Le séjour des morts est une mythologie antique que la foi moderne doit abandonner »
Réponse : le vocabulaire du shéol et de l'hadès appartient bien au monde antique, et l'Église n'a jamais canonisé une cosmographie à étages. Mais la réalité confessée ne se réduit pas à son image : que le Christ soit vraiment mort, que son œuvre rejoigne les morts d'avant lui, et que la mort soit désormais traversée par sa victoire, voilà le contenu que les images anciennes portent et que le Symbole retient[100]. Abandonner l'article au motif de son vocabulaire reviendrait à abandonner du même geste la moitié du langage biblique. La lecture catholique distingue la vérité affirmée de la représentation qui la porte, sans dissoudre la première dans la seconde.
Objection 6 : « Les Évangiles ne racontent aucune descente, donc elle est légendaire »
Réponse : l'argument repose sur le silence d'un genre littéraire qui ne prétend pas tout raconter : les Évangiles racontent la vie publique, la Passion et les apparitions, et laissent dans l'ombre l'intervalle du Samedi saint, à l'exception du signe de Jonas et des tombeaux ouverts[101][102]. Le témoignage vient des lettres apostoliques, c'est-à-dire du même premier siècle et du même cercle des témoins[103][104]. Traiter comme légende tardive un enseignement présent chez Pierre, Paul, Ignace et Irénée suppose de dater les textes au plus bas et de récuser leur attribution reçue : c'est ce cumul d'hypothèses, non la tradition, qui demande alors à être prouvé.
Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites
Une partie de l'exégèse contemporaine propose de dater les lettres de Pierre tardivement et de les tenir pour pseudépigraphiques, de lire la descente comme un mythe de victoire emprunté aux religions voisines, ou de la réduire à une métaphore de la profondeur de la mort du Christ[105]. Ces hypothèses doivent être connues ; elles ne s'imposent pas comme des démonstrations. Leurs fragilités récurrentes sont identifiables : reconstructions hypothétiques présentées comme établies, datations circulaires où le texte est daté par la théorie qu'il sert ensuite à prouver, présupposé qui écarte d'avance la prophétie et le miracle, argument du silence tiré de textes qui ne visaient pas l'exhaustivité, et extrapolation à partir d'indices incomplets[106]. Benoît XVI a mis en garde contre une exégèse qui disséquerait le texte sans jamais rencontrer le Christ vivant qu'il annonce[107]. La position traditionnelle, elle, s'appuie sur des témoins nommés, une réception liturgique ininterrompue et une convergence de textes indépendants : elle reste défendable, et cet article l'a présentée comme telle, sans masquer les questions qu'elle laisse ouvertes.
Pour aller plus loin
- La crucifixion de Jésus : la mort du Vendredi saint, d'où descend l'âme du Christ
- La mise au tombeau de Jésus : le corps au tombeau pendant le repos du Samedi saint
- La Passion selon les quatre évangiles : l'ensemble des récits de la Passion
- Les apparitions du Ressuscité : le matin de Pâques et les rencontres du Ressuscité
- L'Ascension de Jésus : la remontée du Christ descendu, quarante jours après Pâques
- La Cène : l'institution de l'Eucharistie, la veille de la Passion
- L'agonie de Jésus à Gethsémani : la nuit qui précède la Croix
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, nn. 630 à 637, article « Il descendit aux enfers », Librairie éditrice vaticane, 1992 : le séjour des morts distinct de l'enfer de la damnation.
1Catéchisme de l'Église catholique, n. 632 : premier sens de la descente, le Christ mort rejoint les morts en Sauveur.
2 36 40 48 100Catéchisme de l'Église catholique, n. 633 : libération des justes du sein d'Abraham, à la suite du Catéchisme romain du concile de Trente.
3 4 53 76 95Saint Thomas d'Aquin, Somme de théologie, IIIa, q. 52, a. 1 : convenance de la descente, l'âme du Christ unie au Verbe rejoint le séjour des morts.
5 24 49Saint Thomas d'Aquin, Somme de théologie, IIIa pars, question 52, huit articles sur la descente du Christ aux enfers.
6 50Catéchisme de l'Église catholique, n. 194 : le Symbole des Apôtres, symbole de l'Église romaine où a siégé Pierre.
7 85Rufin d'Aquilée, Commentaire du Symbole des Apôtres, vers 404 : la clause de la descente présente à Aquilée, absente des formulaires romain et orientaux.
8 87Histoire des symboles anciens : diffusion progressive de la clause descendit ad inferos entre les IVe et VIIe siècles dans les formulaires occidentaux.
9Quatrième concile du Latran, constitution Firmiter, 1215 : profession de la descente aux enfers entre la Passion et la Résurrection.
10(source introuvable : cec-631)
11Le shéol dans l'Ancien Testament : séjour commun des morts, Gn 37, 35 ; Ps 115, 17 ; Qo 9, 10.
12Livre de la Genèse, 37, 35 : Jacob déclare descendre dans le deuil vers son fils au shéol.
13Livre des Psaumes, 115, 17 : ce ne sont pas les morts qui louent le Seigneur.
14Livre de Job, 19, 25-27 : le Rédempteur vivant et la vision de Dieu dans la chair.
15Livre des Psaumes, 16, 10 : l'âme du fidèle non abandonnée au shéol, relu en Ac 2 et Ac 13.
16Livre d'Osée, 13, 14 : le rachat des griffes du shéol, repris en 1 Co 15, 55.
17 18Livre de Zacharie, 9, 11 : les prisonniers tirés de la fosse sans eau par le sang de l'alliance.
19Livre d'Isaïe, 49, 9 : dire aux captifs de sortir, aux prisonniers de paraître à la lumière.
20Livre de Daniel, 12, 2 : les dormeurs de la poussière s'éveilleront.
21Évangile selon saint Matthieu, 12, 40 : le signe de Jonas, trois jours et trois nuits au cœur de la terre.
22 23 101Évangile selon saint Matthieu, 27, 52-53 : tombeaux ouverts et saints relevés à la mort du Christ.
25 102Saint Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1 : les quatre Évangiles et leurs auteurs, Jean à Éphèse.
26 27Commission Biblique Pontificale, réponse du 29 mai 1907 : authenticité johannique du quatrième évangile.
28Concile Vatican II, constitution Dei Verbum, n. 19 : historicité des quatre Évangiles affirmée sans hésiter.
29Concile de Trente, session IV, 8 avril 1546 : canon des Écritures reçu en entier avec toutes ses parties.
30Attribution traditionnelle de la première lettre à l'apôtre Pierre, 1 P 1, 1 ; 5, 1, et réception liturgique ancienne.
31Première lettre de saint Pierre, 3, 18-21 : mis à mort en la chair, vivifié en esprit, proclamation aux esprits en prison, baptême qui sauve.
32 37 56 86 91 103Le verbe grec kèrussô : proclamer comme un héraut, annoncer officiellement une victoire ou un décret.
33Première lettre de saint Pierre, 4, 6 : l'Évangile annoncé aux morts.
34 35 92 97Lettre aux Éphésiens, 4, 8-10, citant Ps 68, 19 : descendu dans les régions inférieures, monté au-dessus des cieux.
38 39 71 104Actes des Apôtres, 2, 24-31 : le Christ non retenu par l'hadès, le psaume 16 relu par Pierre à la Pentecôte.
41 42 43 47Actes des Apôtres, 13, 35-37 : Paul reprend le psaume 16 à Antioche de Pisidie.
44Lettre aux Hébreux, 2, 14-15 : délivrer ceux que la peur de la mort retenait en esclavage.
45Apocalypse, 1, 17-18 : le Vivant tient les clés de la mort et de l'hadès.
46 57Catéchisme de l'Église catholique, n. 637 : les justes attendaient le Rédempteur, la porte du Ciel fermée depuis Adam.
51Évangile selon saint Luc, 16, 22 : le pauvre Lazare emporté dans le sein d'Abraham.
52Saint Thomas d'Aquin, Somme de théologie, IIIa, q. 52, a. 8 : modalités de la délivrance et question des âmes du purgatoire.
54Saint Thomas d'Aquin, Somme de théologie, IIIa, q. 52, a. 6 : le Christ ne délivre aucun damné lors de la descente.
55 94Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Magnésiens, 9, 2, vers 110 : les prophètes attendaient le Christ et il les a relevés.
58 88Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, 72 : parole de Jérémie sur le Seigneur descendu vers ses morts endormis.
59Saint Irénée, Contre les hérésies, IV, 27, 2 ; V, 31, 1 : la descente et la récapitulation des morts.
60 61 70 89Saint Augustin, Lettre 164 à Évode, vers 414 : portée de 1 Pierre 3, refus d'une délivrance des damnés.
62 63 75 93Homélie ancienne pour le Samedi saint, auteur anonyme, Patrologia Graeca 43 : deuxième lecture de l'Office des lectures du Samedi saint.
64 65 66 72 78Catéchisme de l'Église catholique, n. 635 : citation de l'homélie ancienne du Samedi saint et libération d'Adam.
67 79 80Évangile de Nicodème (Actes de Pilate), seconde partie, IVe ou Ve siècle : récit apocryphe de la descente, hors canon.
68 69Lettre aux Romains, 6, 3-4 : ensevelis avec le Christ par le baptême dans sa mort.
73Lettre aux Hébreux, 9, 27 : les hommes meurent une seule fois, après quoi vient le jugement.
74 96Liturgie romaine du Samedi saint : jour sans messe, autel dépouillé, veille auprès du tombeau jusqu'à la Vigile pascale.
77Exsultet, annonce pascale de la Vigile : le Christ brisant les liens de la mort, remonté victorieux des enfers.
81Iconographie byzantine de l'Anastasis : le Christ en gloire sur les portes brisées, relevant Adam et Ève.
82Fresques de l'Anastasis, église Saint-Sauveur in Chora, Constantinople, XIVe siècle.
83Hymnographie byzantine du Samedi saint : l'hadès incapable de retenir celui qui est au tombeau.
84Lectures alternatives de 1 P 3, 19 : prédication par Noé ou proclamation aux anges déchus, tenues par une partie de l'exégèse contemporaine.
90Hans Urs von Balthasar, Espérer pour tous, 1986 : espérance du salut de tous, à distinguer d'une certitude sur l'enfer vide.
98Catéchisme de l'Église catholique, nn. 1033 à 1037 : l'enfer comme refus définitif, sans déclaration de l'Église sur la damnation d'une personne déterminée.
99Une partie de l'exégèse contemporaine propose des datations tardives et des pseudépigraphies pour les lettres de Pierre : hypothèses de travail, non verdicts établis.
105Fragilités récurrentes : reconstructions hypothétiques, datations circulaires, présupposé anti-miraculeux, argument du silence, extrapolations d'indices incomplets.
106Benoît XVI, exhortation Verbum Domini, 30 septembre 2010 : contre une exégèse qui ne rencontrerait jamais les personnes annoncées par le texte.
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