Américanisme

Opinions réprouvées par Léon XIII dans Testem benevolentiae (22 janvier 1899) : adapter la doctrine au siècle, préférer les vertus actives, mépriser les vœux religieux. L'affaire Hecker et la réponse de Rome.

Ignispedia

L'américanisme est le nom donné à certaines opinions sur la vie chrétienne que Léon XIII a réprouvées par sa lettre apostolique Testem benevolentiae, adressée au cardinal Gibbons le 22 janvier 1899[1]. Il ne s'agit ni d'une Église séparée, ni d'un système complet comme le modernisme, ni du libéralisme catholique du XIXe siècle dont il est le dérivé américain : il s'agit d'un faisceau de thèses précises — adapter la doctrine à l'esprit du temps, préférer les vertus dites actives aux vertus dites passives, mépriser les vœux de religion, déclarer inutile tout guide extérieur pour les âmes[2].

L'affaire naît d'un livre, pas d'un schisme : la biographie du P. Isaac Hecker, fondateur des Paulistes, publiée à New York en 1891 par le P. Walter Elliott, puis traduite en français à Paris en 1897 avec une préface retentissante de l'abbé Félix Klein[3]. La polémique française qui s'ensuit — l'abbé Maignen publie en 1898 Le Père Hecker est-il un saint ? — oblige Rome à trancher[4].

Point capital, que le pape écrit lui-même : ni Hecker, mort en 1888 en règle avec l'Église, ni aucun évêque américain n'est nommément condamné ; ce sont des opinions qui le sont, et les intéressés s'y soumettent aussitôt[5]. La hiérarchie américaine témoigne même que Hecker n'a jamais rien tenu de tel[6]. La cause de béatification du fondateur des Paulistes, ouverte en 2008, suit d'ailleurs son cours[7].

L'affaire : comment une biographie suscite des opinions réprouvées

Isaac Hecker, le prêtre de l'avenir

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Isaac Thomas Hecker naît à New York le 18 décembre 1819 et y meurt le 22 décembre 1888[8]. Converti au catholicisme, ordonné prêtre, il fonde en 1858 la Société des missionnaires de Saint-Paul-Apôtre — les Paulistes — vouée à l'évangélisation de l'Amérique et au dialogue avec l'esprit démocratique du pays[9]. Prédicateur de missions, fondateur de la revue Catholic World, il incarne un catholicisme missionnaire confiant : l'Amérique, terre de liberté religieuse de fait, serait un terrain d'élection pour l'Église[10].

De son vivant, jamais Rome ne lui fait le moindre reproche : il meurt en règle avec l'Église, et ses supérieurs comme ses évêques attestent son orthodoxie[11]. C'est après sa mort que son nom devient, malgré lui, le drapeau d'une controverse qu'il n'a ni voulue ni connue.

La biographie Elliott et la préface Klein

Trois ans après sa mort paraît à New York la biographie du P. Walter Elliott, de la même congrégation : The Life of Father Hecker (1891)[12]. Le livre, hagiographique et ardent, présente Hecker comme le modèle du prêtre des temps nouveaux, façonné par les institutions américaines[13].

L'ouvrage traverse l'Atlantique : une traduction française paraît à Paris en 1897 — Le Père Hecker, fondateur des Paulistes américains — munie d'une longue préface de l'abbé Félix Klein, admirateur déclaré des évêques américains dits libéraux[14]. Klein force le trait : il fait de Hecker le saint de l'avenir et de l'Amérique catholique le modèle que la vieille Europe devrait imiter[15]. C'est cette préface, bien plus que le livre d'Elliott, qui met le feu : en France, où la République anticléricale vient de fermer des écoles et où les monarchistes catholiques se méfient de toute Amérique, le rapprochement sonne comme une provocation[16].

Maignen contre-attaque, et Rome s'en saisit

Réplique cinglante : l'abbé Charles Maignen, lazariste et monarchiste, publie en 1898 ses Études sur l'américanisme sous le titre-choc Le Père Hecker est-il un saint ? (Rome-Paris)[17]. L'ouvrage, muni de l'imprimatur à Rome, démonte la mystique heckérienne point par point et forge le mot qui restera : « américanisme »[18]. D'autres brochures s'en mêlent des deux côtés — Delattre répond à Namur, Coppinger décortique la polémique à Paris[19].

La controverse devient si violente, dans la presse et jusque dans les séminaires, que le pape décide d'examiner le dossier lui-même[20]. C'est cette genèse livresque que la lettre pontificale constate en propres termes :

« Il t'est connu, cher Fils, que la biographie d'Isaac Thomas Hecker, surtout par le fait de ceux qui ont entrepris de la traduire ou de l'interpréter en langue étrangère, a excité une controverse non mince, à raison de certaines opinions avancées touchant la manière de mener la vie chrétienne. »[21] (traduction Ignispedia)

Le contexte américain pèse aussi : depuis la lettre Longinqua oceani du 6 janvier 1895 sur l'Église aux États-Unis, Rome suit de près les divisions de l'épiscopat américain entre « conservateurs » et « libéraux » autour de Mgr Ireland et de Mgr Keane[22]. Le 22 janvier 1899, vingt et unième année de son pontificat, Léon XIII tranche par une lettre adressée nommément au cardinal James Gibbons, archevêque de Baltimore, avec ordre d'en transmettre copie à tous les évêques des États-Unis[23].

Ce que condamne Testem benevolentiae (22 janvier 1899)

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La lettre, intitulée Testem benevolentiae nostrae — « Témoignage de Notre bienveillance » —, s'ouvre sur un rappel : elle est un acte de charité apostolique destiné à éteindre des contentieux nés parmi les Américains « au détriment de la paix de beaucoup d'âmes »[24]. Puis elle énonce le principe des opinions nouvelles, avant d'en dérouler les conclusions une par une.

« Le principe sous-jacent de ces opinions nouvelles, c'est que, pour attirer plus facilement ceux qui diffèrent d'avec elle, l'Église devrait façonner ses enseignements davantage en accord avec l'esprit du temps, relâcher quelque chose de son antique sévérité et faire des concessions aux opinions nouvelles. »[25] (traduction Ignispedia)

Adapter la doctrine à l'esprit du siècle

Première thèse visée : il serait opportun, pour gagner les dissidents, d'omettre certains points de l'enseignement « de moindre importance » et d'atténuer le sens que l'Église y a toujours attaché[26]. Réponse du pape, appuyée sur Vatican I : la doctrine de la foi révélée n'a pas été proposée « comme une invention philosophique à perfectionner par l'ingéniosité humaine », mais confiée comme un dépôt divin à l'Épouse du Christ « pour être fidèlement gardé et infailliblement déclaré »[27].

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« Le sens des dogmes sacrés qui doit être perpétuellement retenu est celui que notre Sainte Mère l'Église a une fois déclaré, et il ne faut jamais s'en écarter sous prétexte ou sous couleur d'une intelligence plus profonde. »[28] (Vatican I, Dei Filius, chap. IV, cité par Testem ; traduction Ignispedia)

Le silence volontaire qui omet ou néglige des principes de la doctrine n'est pas innocent, ajoute Léon XIII : tous les principes viennent du même Auteur, « le Fils unique qui est dans le sein du Père », et le Christ a ordonné d'enseigner aux nations « tout ce que Je vous ai commandé »[29]. Loin d'isoler les catholiques du monde, cette fermeté est la condition du retour des séparés — mais « par nulle autre voie que celle qu'a montrée le Christ »[30].

L'Église, précise aussitôt le pape, sait pourtant s'accommoder aux temps et aux lieux quant à la manière de vivre : elle a toujours su, « son divin Maître la guidant », se faire « tout à tous », selon le mot de saint Paul[31]. Mais c'est à elle de juger de ces accommodements, non aux particuliers « souvent trompés par l'apparence du droit » : Pie VI a déjà condamné, contre le synode de Pistole (proposition 78), la prétention de soumettre la discipline ecclésiastique à révision comme si l'Église pouvait porter des lois inutiles ou trop lourdes pour la liberté humaine[32].

La fausse liberté dans l'Église

Deuxième thèse : puisque le concile du Vatican a défini l'infaillibilité pontificale, les esprits seraient désormais en sécurité et chacun disposerait d'un champ plus large et plus libre, en pensée comme en action[33]. Le raisonnement est « évidemment fautif », tranche le pape : de l'autorité infaillible on devrait conclure l'inverse — que nul ne doit s'en écarter, et que les esprits s'en trouvent mieux gardés de l'erreur privée[34].

Surtout, cette revendication confond l'Église avec une société humaine volontaire : or l'Église est une société divine, et la différence a déjà été exposée dans les lettres sur la constitution des États[35]. La confusion de la licence avec la liberté, la passion de tout discuter et de tout mépriser, le droit supposé de professer n'importe quelle opinion et de la publier : voilà les dangers qui « ont enveloppé les esprits de ténèbres » et rendent le magistère plus nécessaire que jamais[36].

« Nous n'avons nulle pensée de rejeter tout ce que l'industrie et l'étude modernes ont produit ; tant s'en faut que nous accueillions dans le patrimoine de la vérité tout ce qui aide au progrès du savoir et de la vertu. Pourtant tout cela, pour être d'un solide profit, ne peut exister et croître qu'à condition de reconnaître la sagesse et l'autorité de l'Église. »[37] (traduction Ignispedia)

Le guide extérieur déclaré inutile

Vient ensuite la conclusion la plus grave aux yeux du pape : pour les âmes qui tendent à la perfection chrétienne, toute direction extérieure serait superflue, voire inutile — l'Esprit Saint répandrait désormais sur les fidèles des grâces plus riches qu'autrefois et les conduirait sans intermédiaire humain, par une sorte d'instinct caché[38]. Vouloir mesurer ainsi le mode de la communication divine relève d'une « confiance excessive », puisque l'Esprit « souffle où Il veut »[39].

Certes, l'Esprit agit secrètement dans les âmes des justes — le nier serait l'hérésie déjà frappée par le canon 7 du concile d'Orange II[40]. Mais l'expérience montre que ces motions se reçoivent le plus souvent par le moyen d'une autorité doctrinale extérieure : saint Augustin enseigne que l'Esprit « arrose et cultive extérieurement par le ministère extérieur des hommes » tout en donnant Lui-même l'accroissement intérieur[41]. Saint Jean Chrysostome déclare que nous sommes enseignés de Dieu par l'instrument des hommes[42]. Et l'exemple de Saul est décisif : bien qu'il eût entendu la voix du Seigneur Lui-même et demandé « Que veux-Tu que je fasse ? », il lui fut ordonné d'entrer à Damas et d'y chercher Ananie[43].

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« Ceux qui tendent à la perfection, marchant par là même hors des sentiers battus et connus, sont les plus exposés à s'égarer, et ont donc plus besoin que les autres d'un maître et d'un guide. »[44] (traduction Ignispedia)

Rejeter cette conduite éprouvée par tous les sages et les saints serait à la fois téméraire et dangereux[45]. On notera le contraste avec le quiétisme, autre erreur sur la conduite des âmes, mais par l'excès inverse — la passivité intérieure — que cet article ne développe pas[46].

Les vertus naturelles préférées, les « passives » méprisées

Les novateurs, poursuit la lettre, accordent aux vertus naturelles une importance indue, comme si elles répondaient mieux aux mœurs du temps et rendaient l'homme plus prompt à l'action[47]. Or préférer le naturel au surnaturel est incompréhensible chez des chrétiens : la nature blessée par la faute originelle penche au mal, et c'est la grâce qui la relève et la porte « avec une grandeur et une force nouvelles »[48]. Les beaux actes naturels eux-mêmes n'offrent souvent que l'apparence de la vertu ; et la vertu fût-elle réelle, « de quelle utilité serait-elle » sans la grâce divine en vue de la béatitude éternelle ? Saint Augustin l'a dit : admirable est la force et rapide la course, « mais hors du vrai chemin »[49].

De là naît la fameuse division des vertus en actives et passives : aux temps passés les passives, à notre époque les actives[50]. Division intenable, répond le pape avec saint Thomas : il n'existe pas de vertu purement passive, car « la vertu désigne la perfection d'une faculté, dont la fin est un acte »[51]. Le Christ, maître et exemplaire de toute sainteté, « hier et aujourd'hui, le même à jamais », a donné à tous les âges le même précepte — « apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur » — et le même modèle : obéissant jusqu'à la mort[52].

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« Plût à Dieu que de nos jours on pratiquât davantage ces vertus, au degré des saints des temps passés, qui furent puissants “en parole et en œuvre”, par l'humilité, l'obéissance et la mortification — au grand avantage non seulement de la religion, mais de l'État et du bien public. »[53] (traduction Ignispedia)

Les vœux de religion méprisés

Du mépris des vertus dites passives au mépris de la vie religieuse, « le pas est court »[54]. Certains déclarent les vœux étrangers à l'esprit du temps, bornant la liberté humaine, bons pour les esprits faibles, nuisibles à la perfection et au bien de la société[55]. Tout cela est faux, et la pratique comme la doctrine de l'Église le prouvent : elle a toujours tenu en très haute estime la vie religieuse, où des hommes librement appelés ne se contentent pas des préceptes mais, allant aux conseils évangéliques, se montrent « les soldats prêts et vaillants du Christ »[56]. Loin d'y perdre leur liberté, ils jouissent de « cette liberté plus pleine et plus libre, celle par laquelle le Christ nous a rendus libres »[57].

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L'utilité des ordres est sous les yeux, jusque sur le sol américain : n'est-ce pas des familles religieuses que les États-Unis ont reçu « les commencements de la foi comme de la culture » — au point qu'on vient d'élever une statue publique à l'un de ces fils ?[58] Aujourd'hui encore, religieux et religieuses portent l'Évangile en terres lointaines au milieu des dangers, fournissent au monde chrétien prédicateurs, directeurs de conscience, éducateurs de la jeunesse[59]. Et nulle différence de louange entre vie active et vie contemplative : « la prière continuelle du juste » apaise et attire les bénédictions du ciel, surtout jointe à la mortification corporelle[60].

Ceux qui préfèrent se grouper sans obligation de vœux « peuvent suivre cette voie : elle n'est ni nouvelle dans l'Église, ni en rien blâmable »[61]. Qu'ils se gardent seulement de mettre cet état au-dessus des ordres religieux — à une époque portée aux plaisirs, on tiendra en plus haute estime « ceux qui, ayant tout quitté, ont suivi le Christ »[62].

La méthode d'apostolat : fermeté et conférence amicale

Dernière conclusion examinée : la méthode employée jusqu'ici pour ramener les égarés devrait être abandonnée pour une autre[63]. Prudence, répond le pape : ne pas négliger « ce que l'antiquité, par sa longue expérience, a approuvé » et ce qu'enseigne l'autorité apostolique[64]. Les fidèles servent le salut du prochain par leurs devoirs d'état, la droiture de leur conduite, les œuvres de charité et la prière instante ; les clercs, par la prédication éclairée, l'éclat des cérémonies et surtout « l'exposé de cette saine doctrine » que saint Paul inculquait à Tite et à Timothée[65].

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Une nouveauté reste permise, et même louée : porter la parole hors des églises, en lieu convenable, aux non-catholiques, non pour disputer mais pour s'entretenir amicalement[66]. Mais que ces ministres soient désignés par l'autorité des évêques, et choisis pour leur science et leur vertu éprouvées — car beaucoup, en Amérique, sont séparés de la vérité plus par ignorance que par malveillance, et « pourraient être ramenés plus facilement à l'unique bercail du Christ si cette vérité leur était exposée de façon amicale et familière »[67].

Le mot lui-même : ce que le pape ne condamne pas

La lettre se referme sur une distinction capitale : si par « américanisme » on entend les dons d'esprit propres au peuple américain, sa condition politique, ses lois et ses coutumes, « il n'y a aucune raison de s'offusquer du nom »[68]. Mais si l'on entend par là exalter les doctrines réprouvées ci-dessus, alors les évêques d'Amérique seraient les premiers à le répudier « comme très injurieux pour eux-mêmes et pour leur patrie » — car ce serait insinuer qu'il y a parmi eux des hommes qui voudraient « l'Église en Amérique différente de ce qu'elle est dans le reste du monde »[69].

« La vraie Église est une, par l'unité de doctrine comme par l'unité de gouvernement, et elle est catholique aussi. Dieu ayant placé le centre et le fondement de l'unité dans la chaire du bienheureux Pierre, elle est appelée à bon droit l'Église romaine, car “où est Pierre, là est l'Église”. »[70] (traduction Ignispedia)

Et le pape de citer la parole de saint Jérôme à Damase, offerte à tout vrai catholique : « Ne reconnaissant d'autre chef que le Christ, je suis en communion avec Ta Sainteté, c'est-à-dire avec la chaire de Pierre. Je sais que l'Église a été bâtie sur lui comme sur son roc, et que quiconque ne rassemble pas avec toi disperse »[71].

Chronologie de l'affaire

  1. 1819
    Naissance d'Isaac Hecker
    New York, 18 décembre

    Naissance à New York d'Isaac Thomas Hecker, futur fondateur des Paulistes[72].

  2. 1858
    Fondation des Paulistes
    Missionary Society of St. Paul the Apostle

    Hecker fonde avec ses compagnons la congrégation vouée à l'évangélisation de l'Amérique[73].

  3. 1888
    Mort de Hecker
    New York, 22 décembre, en règle avec l'Église

    Le fondateur meurt sans que Rome lui ait jamais adressé le moindre reproche[74].

  4. 1891
    La biographie Elliott
    New York

    Le P. Walter Elliott publie The Life of Father Hecker, qui fait de lui le modèle du prêtre des temps nouveaux[75].

  5. 1895
    Longinqua oceani
    Rome, 6 janvier

    Léon XIII écrit aux évêques américains sur l'Église aux États-Unis, sur fond de divisions de l'épiscopat[76].

  6. 1897
    La traduction Klein
    Paris

    La traduction française paraît avec la préface retentissante de l'abbé Félix Klein : l'étincelle de la polémique[77].

  7. 1898
    Maignen réplique
    Rome-Paris

    L'abbé Maignen publie Le Père Hecker est-il un saint ? et forge le mot « américanisme »[78].

  8. 1899
    Testem benevolentiae
    Rome, 22 janvier

    Léon XIII tranche par lettre au cardinal Gibbons, transmise à tous les évêques américains[79].

  9. 2008
    Hecker Serviteur de Dieu
    New York, janvier

    Ouverture de la cause de béatification du fondateur des Paulistes ; les évêques américains votent son avancement en novembre 2023[80].

Les thèses et la réponse, en un tableau

Opinion réprouvéeRéponse de Testem benevolentiae
Façonner l'enseignement sur l'esprit du temps, omettre des points « moindres »Le dépôt révélé se garde et se déclare, sens une fois déclaré jamais abandonné (Vatican I)[81]
Chacun juge des accommodements au siècleÀ l'Église de juger, non aux particuliers ; condamnation de Pistole rappelée[82]
L'infaillibilité définie ouvre un champ plus libre à chacunConclusion inverse : ne pas s'écarter de l'autorité infaillible[83]
L'Église devrait fonctionner comme une société volontaireL'Église est une société divine, d'une autre nature[84]
L'âme vers la perfection n'a besoin d'aucun guide extérieurGuide nécessaire, surtout hors des sentiers battus ; Saul et Ananie ; Orange II ; Augustin[85]
Vertus naturelles préférées ; actives contre passivesPas de vertu purement passive (saint Thomas) ; Christ modèle immuable ; humilité et obéissance[86]
Vœux étrangers au temps, pour esprits faibles, inutilesVie religieuse hautement approuvée ; liberté plus pleine ; moisson américaine[87]
Abandonner l'ancienne méthode de ramener les égarésGarder l'antique méthode ; conférences amicales permises sous mandat épiscopal[88]

Se repérer entre hérésies modernes

ErreurActe qui la frappeAngle propre — ne pas confondre
Libéralisme catholiqueMirari vos (1832), Syllabus (1864), Immortale Dei (1885), Libertas (1888)La doctrine libérale elle-même : séparation, libertés modernes en droits absolus[89]
Américanisme (cet article)Testem benevolentiae (1899)Le dérivé américain : adapter la doctrine, vertus actives, vœux méprisés, âme sans guide[90]
ModernismeLamentabili et Pascendi (1907)Le système complet : agnosticisme, immanence, évolution du dogme[91]
SillonismeNotre charge apostolique (1910)La démocratie chrétienne dévoyée : cité future sans l'Église[92]
JansénismeUnigenitus (1713), entre autresL'excès inverse : rigorisme, grâce qui écrase la liberté[93]
QuiétismeCoelestis Pastor (1687)L'autre erreur sur la conduite des âmes : la passivité intérieure[94]

Pourquoi Hecker lui-même n'est pas condamné

Cardinal James Gibbons, photographie de 1886. Library of Congress, Wikimedia Commons, domaine public.

La lettre frappe des opinions, pas des hommes : aucun nom propre n'y figure[95]. Et les faits donnent raison à cette prudence. Dès la publication, le cardinal Gibbons, Mgr Ireland, Mgr Keane et l'abbé Klein se soumettent — tout en niant avoir jamais tenu les doctrines réprouvées — et la biographie incriminée est retirée de la vente[96]. Mieux : la hiérarchie des États-Unis, presque unanime, atteste spontanément que Hecker n'a jamais ni dévié ni minimisé aucune doctrine catholique[97].

« À l'occasion de la publication du bref Testem Benevolentiae, la hiérarchie des États-Unis donna presque unanimement le témoignage spontané que le P. Hecker n'avait jamais encouragé aucune déviation ni minimisation des doctrines catholiques. »[98] (The Catholic Encyclopedia, « Isaac Thomas Hecker », 1910 ; traduction Ignispedia)

L'histoire a confirmé ce jugement : la cause de béatification du fondateur des Paulistes a été formellement ouverte dans l'archidiocèse de New York en janvier 2008, lui valant le titre de Serviteur de Dieu[99], et les évêques américains ont voté le 14 novembre 2023 à Baltimore l'avancement de sa cause[100]. L'« hérésie fantôme », comme l'appellent certains historiens, aura donc été condamnée sans hérétique nominatif — cas rare, qui explique que le dossier reste une référence chaque fois que renaît la tentation d'acheter l'audience du siècle au prix de l'intégrité du dépôt[101].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Léon XIII, Testem benevolentiae nostrae, lettre apostolique au cardinal James Gibbons, Rome, Saint-Pierre, 22 janvier 1899, 21e année du pontificat (texte anglais intégral : papalencyclicals.net, rubrique Leo XIII, « Testem Benevolentiae Nostrae »). Le pape y parle d'opinions « appelées par certains, dans leur sens collectif, américanisme ».

    1
  2. Testem benevolentiae, corps de la lettre : adaptation de l'enseignement, liberté accrue dans l'Église, guide extérieur déclaré inutile, vertus naturelles préférées, division actifs/passifs, mépris des vœux, méthode nouvelle d'apostolat.

    2
  3. W. Elliott, The Life of Father Hecker, New York, 1891 (première biographie, posthume) ; trad. française Le Père Hecker, fondateur des « Paulistes » américains, Paris, 1897, avec préface de l'abbé Félix Klein (rééd. 1898). Datation 1897 : guide du fonds John Ireland, Minnesota Historical Society ; mention 1898 : bibliographie de la Catholic Encyclopedia, art. « Testem Benevolentiae ».

    3
  4. Ch. Maignen, Le Père Hecker est-il un saint ? (Études sur l'américanisme), Rome-Paris, 1898, avec imprimatur romain (bibliographie CE, art. « Testem Benevolentiae » ; Catholic Textbook Project, « The Pope Condemns a Phantom Heresy », 1899).

    4 17
  5. Encyclopedia.com, art. « Americanism » : Ireland, Keane et Klein se soumettent aussitôt tout en niant avoir tenu les doctrines réprouvées ; la biographie Hecker est retirée de la vente.

    5 96
  6. The Catholic Encyclopedia, « Isaac Thomas Hecker », t. 7, New York, Robert Appleton, 1910 (via newadvent, cathen/07186a) : témoignage spontané quasi unanime de la hiérarchie américaine en faveur de l'orthodoxie de Hecker.

    6 97
  7. Paulist Fathers, notice « Isaac Hecker » (paulist.org) : cause de béatification formellement ouverte en 2008, titre de Serviteur de Dieu ; Western New York Catholic, 23 novembre 2023 : phase diocésaine ouverte dans l'archidiocèse de New York en janvier 2008.

    7 99
  8. The Catholic Encyclopedia, « Isaac Thomas Hecker », t. 7, 1910 : né à New York le 18 décembre 1819, mort le 22 décembre 1888.

    8
  9. Paulist Fathers, notice « Isaac Hecker » : fondation des Paulistes (Missionary Society of St. Paul the Apostle) en 1858, mission d'évangélisation de l'Amérique et de dialogue avec l'esprit démocratique.

    9
  10. Encyclopedia.com, art. « Isaac Thomas Hecker » : conception missionnaire — l'Église doit servir les besoins des hommes, le catholicisme se répandra dans la mesure où ses actes égaleront ses croyances ; fondateur de la revue Catholic World.

    10
  11. FactMonster, art. « Hecker » : ni Hecker ni aucun prêtre américain nommément accusé par la lettre de 1899 ; The Catholic Encyclopedia, « Isaac Thomas Hecker », t. 7, 1910 (via newadvent) : témoignage spontané quasi unanime de la hiérarchie américaine en faveur de son orthodoxie.

    11
  12. D. O'Brien, recension « Isaac Hecker: An American Catholic » (The Free Library) : première biographie complète depuis The Life of Father Hecker d'Elliott (1891) ; réimpression 1972.

    12
  13. W. Elliott, Life of Father Hecker (extraits reproduits en ligne, freecatholicebooks / 123freebook) : récit de la naissance new-yorkaise (18 décembre 1819) et portrait d'un prêtre « marqué » par les institutions américaines.

    13
  14. Guide du fonds John Ireland, Minnesota Historical Society (m0454.pdf) : traduction française de 1897 avec introduction de l'abbé Félix Klein, « fervent admirateur d'Ireland et de ses vues ».

    14
  15. J. Pedlar, « Americanist Debates » (Tyndale, 2016) : Klein prend des libertés avec le récit déjà hagiographique d'Elliott pour présenter Hecker comme le modèle du prêtre de l'avenir et louer la vie catholique américaine libérale.

    15
  16. Encyclopedia.com, art. « Americanism » : doctrines discutées en France à la suite de la traduction ; le pape exclut expressément de la condamnation l'usage légitime du mot pour les qualités du peuple américain.

    16
  17. Notes « Leo XIII and Americanism » (adventistlaymen, d'après les Acta Sanctae Sedis 31, 1899, p. 470-479) : Maignen publie en 1898 pour dissiper la mystique créée par la Vie de Klein ; le comité romain rend un avis défavorable sur les doctrines dites « américanisme ».

    18
  18. Bibliographie CE, art. « Testem Benevolentiae » (via StudyLight) : Delattre, Un Catholicisme américain (Namur, 1898) ; Coppinger, La Polémique française sur la Vie du père Hecker (Paris, 1898) ; Barry dans la presse catholique de Liverpool (9 décembre 1898).

    19
  19. Catholic Textbook Project, « The Pope Condemns a Phantom Heresy » : la controverse devient si violente, verbalement, que le pape décide d'examiner lui-même le dossier.

    20
  20. Testem benevolentiae, § d'ouverture : « It is known to you, beloved son, that the biography of Isaac Thomas Hecker, especially through the action of those who undertook to translate or interpret it in a foreign language, has excited not a little controversy, on account of certain opinions brought forward concerning the way of leading Christian life » (traduction Ignispedia).

    21
  21. Léon XIII, Longinqua oceani, 6 janvier 1895, aux évêques des États-Unis : sur fond de divisions entre partisans d'Ireland-Keane et conservateurs, Rome suit l'Église américaine de près.

    22
  22. Testem benevolentiae, suscription : « à Notre cher Fils James Gibbons, cardinal-prêtre de Sainte-Marie-au-delà-du-Tibre, archevêque de Baltimore », avec soin de faire parvenir des copies aux évêques des États-Unis.

    23
  23. Testem benevolentiae, exorde : lettre conçue « dans ce même esprit de charité apostolique », pour étouffer des contentieux nés « au détriment de la paix de beaucoup d'âmes » (traduction Ignispedia).

    24
  24. Testem benevolentiae, § du principe : « the underlying principle of these new opinions is that [...] the Church should shape her teachings more in accord with the spirit of the age » (traduction Ignispedia).

    25
  25. Testem benevolentiae : il serait opportun, pour gagner les dissidents, « d'omettre certains points de l'enseignement, de moindre importance, et d'en atténuer le sens » (traduction Ignispedia).

    26
  26. Vatican I, constitution Dei Filius (De fide catholica), chap. IV, 24 avril 1870 : la doctrine révélée « n'a pas été proposée comme une invention philosophique [...] mais confiée comme un dépôt divin à l'Épouse du Christ » (cité par Testem ; traduction Ignispedia).

    27
  27. Vatican I, Dei Filius, chap. IV : « that meaning of the sacred dogmas is perpetually to be retained which our Holy Mother, the Church, has once declared » (cité par Testem ; traduction Ignispedia).

    28
  28. Testem benevolentiae : tous les principes viennent du même Auteur, « the Only Begotten Son, Who is in the bosom of the Father » (Jn 1, 18) ; « Going, therefore, teach ye all nations; teaching them to observe all things whatsoever I have commanded you » (Mt 28, 19) ; Vatican I, chap. III sur la foi divine et catholique.

    29
  29. Testem benevolentiae : « il n'est rien de plus proche de notre cœur que le retour des séparés, mais par nulle autre voie que celle qu'a montrée le Christ » (traduction Ignispedia).

    30
  30. Testem benevolentiae : l'Église, guidée par son divin Maître, a dès l'origine été « ce que saint Paul disait de lui-même : je me suis fait tout à tous pour les sauver tous » (1 Co 9, 22 ; traduction Ignispedia).

    31
  31. Pie VI, Auctorem fidei, 28 août 1794, contre la proposition 78 du synode de Pistole : injurieux pour l'Église de soumettre sa discipline à examen « comme si l'Église pouvait porter un code de lois inutile ou plus lourd que la liberté humaine ne peut porter » (cité par Testem).

    32
  32. Testem benevolentiae : depuis la proclamation du décret du Vatican sur l'infaillible magistère du Pontife romain, « rien ne peut plus donner de souci sur ce point », et un champ plus large et plus libre serait ouvert à chacun (traduction Ignispedia).

    33
  33. Testem benevolentiae : « un tel raisonnement est évidemment fautif » — il faudrait conclure au contraire que nul ne doit s'écarter de l'autorité infaillible, qui met les esprits à l'abri de l'erreur privée (traduction Ignispedia).

    34
  34. Testem benevolentiae : renvoi aux lettres apostoliques sur la constitution des États — différence entre l'Église, société divine, et les organisations sociales humaines qui dépendent du libre choix des hommes.

    35
  35. Testem benevolentiae : confusion de la licence avec la liberté, passion de tout discuter et mépriser, droit supposé de tout professer et publier — maux qui « ont enveloppé les esprits de ténèbres » et rendent le magistère plus nécessaire que jamais (traduction Ignispedia).

    36
  36. Testem benevolentiae : accueil de tout ce qui sert le progrès du savoir et de la vertu dans le patrimoine de la vérité, « à condition de reconnaître la sagesse et l'autorité de l'Église » (traduction Ignispedia).

    37
  37. Testem benevolentiae : pour les âmes tendant à la perfection, toute direction extérieure serait superflue, l'Esprit répandant des grâces plus abondantes qu'autrefois et conduisant par un instinct caché (traduction Ignispedia).

    38
  38. Testem benevolentiae : « The Spirit breatheth where He listeth » (Jn 3, 8) ; « to each one of us grace is given according to the measure of the giving of Christ » (Ep 4, 7).

    39
  39. Concile d'Orange II, canon 7 (cité par Testem) : qui se persuade qu'il peut assentir à la vérité évangélique « sans aucune illumination de l'Esprit Saint [...] est trompé par un esprit hérétique ».

    40
  40. Saint Augustin, De gratia Christi, chap. XIX (cité par Testem) : l'Esprit « coopère au fruit des bons arbres, qu'Il arrose et cultive extérieurement par le ministère extérieur des hommes, tout en donnant Lui-même l'accroissement intérieur » (traduction Ignispedia).

    41
  41. Saint Jean Chrysostome, Homélie I In inscriptionem altaris (cité par Testem) : nous sommes enseignés de Dieu par l'instrument des hommes.

    42
  42. Ac 9 (cité par Testem) : Saul, ayant entendu le Seigneur et demandé « Que veux-Tu que je fasse ? », reçoit l'ordre d'entrer à Damas et d'y chercher Ananie : « entre dans la ville, et là on te dira ce que tu dois faire ».

    43
  43. Testem benevolentiae : ceux qui tendent à la perfection, marchant hors des sentiers battus, « sont les plus exposés à s'égarer, et ont donc plus besoin que les autres d'un maître et d'un guide » (traduction Ignispedia).

    44
  44. Testem benevolentiae : rejeter cette conduite universelle des sages et des saints serait « une croyance à la fois téméraire et dangereuse » (traduction Ignispedia).

    45
  45. Article voisin Quiétisme (condamné par Coelestis Pastor, 1687) : l'erreur inverse sur la vie intérieure — l'inaction de l'âme sous prétexte d'abandon — renvoyée à son article propre.

    46
  46. Testem benevolentiae : importance indue donnée aux vertus naturelles, comme répondant mieux aux mœurs du temps et rendant l'homme plus prompt à l'action (traduction Ignispedia).

    47
  47. Testem benevolentiae : la nature humaine, par la faute originelle, incline au mal ; par la grâce elle est relevée, « portée avec une grandeur et une force nouvelles », et la vertu devient féconde pour la vie éternelle (traduction Ignispedia).

    48
  48. Saint Augustin (cité par Testem) : « Admirable est la force, et rapide la course, mais hors du vrai chemin » — sur les actes naturels sans la grâce.

    49
  49. Testem benevolentiae : division des vertus en actives et passives, les passives aux temps passés, les actives à notre époque (traduction Ignispedia).

    50
  50. Saint Thomas d'Aquin (cité par Testem) : « la vertu désigne la perfection d'une faculté, dont la fin est un acte, et l'acte de vertu n'est autre que le bon usage du libre arbitre » sous la grâce.

    51
  51. Testem benevolentiae : « ceux que Dieu a connus d'avance, Il les a prédestinés à être conformes à l'image de Son Fils » (Rm 8, 29) ; le Christ « hier et aujourd'hui, le même à jamais » (He 13, 8) ; « apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

    52
  52. Testem benevolentiae : vœu que l'on pratique humilité, obéissance et mortification « au degré des saints des temps passés, puissants en parole et en œuvre » — au profit de la religion, de l'État et du bien public (traduction Ignispedia).

    53
  53. Testem benevolentiae : « de ce mépris des vertus angéliques, à tort qualifiées de passives, le pas était court vers un mépris de la vie religieuse » (traduction Ignispedia).

    54
  54. Testem benevolentiae : les vœux seraient étrangers à l'esprit du temps, limitant la liberté, convenant aux esprits faibles plutôt qu'aux forts, nuisibles à la perfection et au bien social (traduction Ignispedia).

    55
  55. Testem benevolentiae : ceux que l'appel divin a librement embrassé cet état, allant aux conseils évangéliques, se sont montrés « les soldats prêts et vaillants du Christ » (traduction Ignispedia).

    56
  56. Testem benevolentiae : les religieux jouissent de « cette liberté plus pleine et plus libre, celle par laquelle le Christ nous a rendus libres » (cf. Ga 4, 31 ; traduction Ignispedia).

    57
  57. Testem benevolentiae : les États-Unis tiennent des familles religieuses « les commencements de la foi comme de la culture » — et viennent d'ériger une statue publique à l'un de ces fils.

    58
  58. Testem benevolentiae : moisson d'œuvres des familles religieuses — missions en terres étrangères au milieu des dangers, prédicateurs, directeurs de conscience, éducateurs, exemples de sainteté (traduction Ignispedia).

    59
  59. Testem benevolentiae : « la prière continuelle du juste » apaise et attire les bénédictions du ciel, surtout jointe à la mortification corporelle (cf. Jc 5, 16 ; traduction Ignispedia).

    60
  60. Testem benevolentiae : former un corps sans obligation de vœux « n'est ni nouveau dans l'Église, ni en rien blâmable » (traduction Ignispedia).

    61
  61. Testem benevolentiae : à une époque portée aux plaisirs, tenir en plus haute estime « ceux qui, ayant tout quitté, ont suivi le Christ » (cf. Mt 19, 27 ; traduction Ignispedia).

    62
  62. Testem benevolentiae : abandon de la voie employée jusqu'ici pour ramener les égarés, au profit d'une autre, à choisir (traduction Ignispedia).

    63
  63. Testem benevolentiae : « il n'appartient pas à la prudence de négliger ce que l'antiquité, par sa longue expérience, a approuvé » et ce qu'enseigne l'autorité apostolique (traduction Ignispedia).

    64
  64. Testem benevolentiae : devoirs d'état, droiture, charité et prière pour les fidèles ; prédication éclairée, splendeur des cérémonies et « exposé de cette saine doctrine » inculquée par saint Paul à Tite et Timothée, pour les clercs.

    65
  65. Testem benevolentiae : prédication hors des églises, en lieu convenable, « sans chercher la controverse, mais en conférence amicale » — méthode « certainement sans faute » (traduction Ignispedia).

    66
  66. Testem benevolentiae : beaucoup, en Amérique, sont séparés de la vérité « plus par ignorance que par malveillance » et pourraient être ramenés « à l'unique bercail » par un exposé amical et familier (traduction Ignispedia).

    67
  67. Testem benevolentiae : si « américanisme » désigne les dons propres au peuple américain, sa condition politique, ses lois et coutumes, « il n'y a aucune raison de s'offusquer du nom » (traduction Ignispedia).

    68
  68. Testem benevolentiae : exalter les doctrines réprouvées ferait soupçonner des hommes voulant « l'Église en Amérique différente de ce qu'elle est dans le reste du monde » — les évêques américains seraient les premiers à le condamner (traduction Ignispedia).

    69
  69. Testem benevolentiae : « where Peter is, there is the church » — l'Église une par la doctrine et le gouvernement, catholique, romaine par la chaire de Pierre (traduction Ignispedia).

    70
  70. Saint Jérôme à Damase (cité par Testem) : « Ne reconnaissant d'autre chef que le Christ, je suis en communion avec Ta Sainteté, c'est-à-dire avec la chaire de Pierre [...] quiconque ne rassemble pas avec toi disperse » (cf. Mt 12, 30).

    71
  71. The Catholic Encyclopedia, « Isaac Thomas Hecker », t. 7, 1910 : naissance à New York, 18 décembre 1819.

    72
  72. Paulist Fathers, notice « Isaac Hecker » : fondation des Paulistes en 1858.

    73
  73. The Catholic Encyclopedia, « Isaac Thomas Hecker », t. 7, 1910 : mort à New York, 22 décembre 1888.

    74
  74. D. O'Brien, « Isaac Hecker: An American Catholic » : The Life of Father Hecker d'Elliott, 1891.

    75
  75. Léon XIII, Longinqua oceani, 6 janvier 1895.

    76
  76. Guide du fonds John Ireland, Minnesota Historical Society : traduction française de 1897 avec préface Klein ; CE, bibliographie « Testem Benevolentiae » : trad. Klein, Paris, 1898.

    77
  77. Ch. Maignen, Le Père Hecker est-il un saint ?, Rome-Paris, 1898.

    78
  78. Testem benevolentiae, datation : « Given at Rome, from St. Peter's, the 22nd day of January, 1899, and the twenty-first of our pontificate ».

    79
  79. Paulist Fathers, notice « Isaac Hecker » : cause ouverte en 2008 ; USCCB, 14 novembre 2023 : vote d'avancement à Baltimore.

    80
  80. Vatican I, Dei Filius, chap. IV, cité par Testem benevolentiae.

    81
  81. Testem benevolentiae : à l'Église de juger des accommodements ; rappel de Pie VI, Auctorem fidei (prop. 78 de Pistole).

    82
  82. Testem benevolentiae : le décret sur l'infaillibilité appelle à ne pas s'écarter de l'autorité, non à s'en émanciper.

    83
  83. Testem benevolentiae : l'Église, société divine, n'est pas une organisation dépendant du libre choix des hommes.

    84
  84. Testem benevolentiae : Orange II, canon 7 ; Augustin, De gratia Christi, XIX ; Ac 9 (Saul et Ananie).

    85
  85. Testem benevolentiae : Thomas d'Aquin sur l'acte de vertu ; Rm 8, 29 ; He 13, 8 ; Mt 11, 29.

    86
  86. Testem benevolentiae : vie religieuse hautement approuvée ; liberté « par laquelle le Christ nous a rendus libres » ; moisson américaine.

    87
  87. Testem benevolentiae : garder l'antique méthode ; conférences amicales hors des églises sous mandat épiscopal.

    88
  88. Article Libéralisme catholique condamné : Mirari vos (1832), Syllabus (1864), Immortale Dei (1885), Libertas (1888).

    89
  89. Testem benevolentiae, 22 janvier 1899 (présent article).

    90
  90. Article Modernisme : Lamentabili et Pascendi (1907), 65 propositions, serment antimoderniste.

    91
  91. Pie X, Notre charge apostolique, 25 août 1910 (article Sillonisme, en cours).

    92
  92. Article Jansénisme : rigorisme sur la grâce et les sacrements, Unigenitus (1713).

    93
  93. Article Quiétisme : passivité de l'âme, Coelestis Pastor (1687).

    94
  94. Testem benevolentiae, lecture intégrale : aucun nom propre d'Américain (Hecker, Gibbons excepté comme destinataire, Ireland, Keane, Klein) ne figure dans les censures ; FactMonster, art. « Hecker » : controverse réglée par la lettre de 1899 « sans que Hecker ni aucun autre prêtre américain ait jamais été nommément accusé ».

    95
  95. The Catholic Encyclopedia, « Isaac Thomas Hecker », t. 7, 1910 (via newadvent) : « on the occasion of the issue [...] of the Brief Testem Benevolentiae, the hierarchy in the United States all but unanimously gave spontaneous testimony that Father Hecker had never countenanced any deviation » (traduction Ignispedia).

    98
  96. USCCB, communiqué du 14 novembre 2023 (usccb.org) et National Catholic Register : les évêques américains votent à Baltimore l'avancement de la cause de béatification du Serviteur de Dieu Isaac Hecker.

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  97. Catholic Textbook Project, « The Pope Condemns a Phantom Heresy » (janvier 1899) : l'expression d'« hérésie fantôme » pour une condamnation sans hérétique nominatif ; G. Weigel, « Catholic Americanism » : la lettre mettait en garde contre des attitudes jugées corruptrices de l'intégrité de la foi.

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