Serviteur de Dieu Marcel Van (1928-1959)

Le Serviteur de Dieu Marcel Van (1928-1959), frère rédemptoriste vietnamien, connaît une enfance de misère avant de recevoir à Noël 1940 la grâce de « changer la souffrance en bonheur ». Guidé par sainte Thérèse de Lisieux qui lui enseigne sa « petite voie », il devient le « petit apôtre de l'amour » et consigne des centaines de feuillets de colloques mystiques avec Jésus, Marie et Thérèse. Arrêté en 1955 puis condamné à quinze ans de rééducation en 1956, il meurt d'épuisement le 10 juillet 1959 dans un camp communiste, à 31 ans. Sa cause de béatification est ouverte depuis 1997.

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Le Serviteur de Dieu Marcel Van (1928-1959) est l'une des figures spirituelles les plus étonnantes du XXᵉ siècle asiatique : un frère rédemptoriste vietnamien, mort à trente et un ans dans un camp de rééducation communiste, et qui laisse derrière lui des centaines de feuillets de colloques mystiques où Jésus, la Vierge Marie et sainte Thérèse de Lisieux conversent familièrement avec lui.[1][2] Enfant meurtri par la misère et les mauvais traitements, il reçoit à douze ans une grâce décisive — « changer la souffrance en bonheur » — qui deviendra la clé de toute sa vie.[3]

Frère coadjuteur d'humble condition, sans culture théologique, Van se voit confier par le Christ une mission d'ampleur : être « le petit apôtre de mon amour » auprès de ses compatriotes vietnamiens, de la France et des prêtres.[4][5] Son directeur spirituel, le Père Antonio Boucher, recueille semaine après semaine les feuillets où le jeune novice met par écrit ces dialogues intérieurs.[6] Arrêté par le régime communiste du Nord-Vietnam, condamné à quinze ans de rééducation, Van meurt d'épuisement et de tuberculose le 10 juillet 1959, après avoir été pour ses codétenus un rayon de paix.[7][8]

Sa cause de béatification, ouverte en 1997 et portée un temps par le cardinal François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, fait de lui un Serviteur de Dieu.[9][10] Cet article appartient à la série Ignispedia consacrée aux vénérables et serviteurs de Dieu, aux côtés du Serviteur de Dieu Jacques Fesch, du vénérable Jérôme Lejeune et de la vénérable Marthe Robin.

Une enfance vietnamienne meurtrie

Naissance à Ngăm Giáo (1928)

Joachim Nguyễn Tân Văn naît le 15 mars 1928 à Ngăm Giáo, dans la province de Bắc Ninh, au Tonkin (Vietnam du Nord), et est baptisé dès le lendemain.[11][12] Il grandit dans une famille « profondément chrétienne » ; très tôt, dit la tradition biographique, l'enfant exprime le désir de devenir saint.[13] Une sœur, Anne-Marie Tê, naît en 1932.[14]

Carte biographique — les lieux décisifs de Marcel Van, de Ngăm Giáo à Yên Bình. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Mais l'enfance de Van bascule vite dans la dureté. Dès 1932, il est confié quelque temps à sa tante Khan, à huit kilomètres du village ; il fait sa première communion et sa confirmation encore très jeune.[15] En mai 1935, sa mère le conduit à la cure de Hữu Bằng et le remet à l'abbé Nha en vue d'une future formation sacerdotale : le petit garçon rêve, comme tant d'enfants pieux, de devenir prêtre.[16][17]

La cure de Hữu Bằng : l'enfant-boy maltraité

La cure de Hữu Bằng se révèle un lieu de souffrance — le cardinal Schönborn parle de « l'expérience douloureuse de la cure de Hữu Bang ».[18] Selon les notices biographiques, un catéchiste du nom de Vinh y aurait durement maltraité l'enfant (coups, privations de nourriture) ; ces détails, rapportés par la seule notice anglophone, restent à recouper sur l'Autobiographie (tome 1 des Œuvres complètes).[19] Puis, vers 1937-1938, des inondations et une famine ruinent la famille de Van, qui ne peut plus payer sa pension. L'enfant, au lieu d'être formé, devient le « boy » — le petit domestique — du curé, et sa formation vers le sacerdoce s'interrompt.[20][21]

Ce dépouillement précoce — la faim, les coups, l'humiliation, le sacerdoce rêvé qui s'éloigne — n'est pas un simple décor misérabiliste. Il forme le terreau de toute la spiritualité de Van : c'est un enfant qui, très jeune, connaît de l'intérieur la souffrance que le Christ lui demandera un jour non de supprimer, mais de transfigurer.

Les fugues d'un enfant blessé

Poussé à bout, le garçon fuit à plusieurs reprises. En 1938, il tente une première fois de quitter la cure de Hữu Bằng ; à l'été 1940, envoyé à Thái Nguyên, il s'échappe à nouveau et rentre chez ses parents, que sa mère ramène pourtant à Hữu Bằng ; une troisième fugue le laisse vagabonder une quinzaine de jours dans la région de Bắc Ninh.[22] En mai 1940, il obtient tout de même son certificat d'études primaires — à douze ans.[23]

Ces errances d'enfant blessé disent la précarité d'une existence sans repère stable. Et pourtant, c'est au cœur même de cette détresse, à l'automne 1940, qu'advient la grâce qui va tout retourner.

La grâce de Noël 1940 : « changer la souffrance en bonheur »

Schéma spirituel — la grâce de Noël 1940 : souffrance, offrande, joie. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

À l'automne 1940, après un séjour chez sa tante et un retour à Ngăm Giáo, Van fait l'expérience d'une illumination intérieure décisive, qu'il rattachera à la période de Noël 1940.[24] Il en donnera plus tard, dans son Autobiographie, un récit d'une simplicité bouleversante :

« J'ai trouvé à ce moment le trésor le plus précieux de ma vie… En un instant mon âme fut transformée. Je n'avais plus peur de la souffrance. Dieu me confiait une mission : celle de changer la souffrance en bonheur. Je n'avais pas à la supprimer, mais à la changer en bonheur. » — Marcel Van, Autobiographie[25]

Tout Van est déjà là. Non pas une fuite de la douleur — il en connaît trop le poids —, mais sa transformation de l'intérieur, par l'amour. Ce programme, il ne le tiendra pas comme une théorie : il l'éprouvera jusque dans un camp de travail. Des années plus tard, il en résumera le secret à sa manière :

« Être saint, tendre à la perfection, je pensais autrefois que c'était une vie pleine de charme, comme un merveilleux printemps… Je pensais que la sainteté c'était la joie perpétuelle, sans l'ombre d'une tristesse. Mais avec le temps, plus j'avance, plus je vois que la sainteté c'est une vie où il faut changer la tristesse en joie. » — Marcel Van, Correspondance, 28 janvier 1951[26]

La rencontre de sainte Thérèse (1942)

« Histoire d'une âme » et la petite voie

En janvier 1942, Van entre au petit séminaire de Lạng Sơn, tenu par des dominicains ; mais l'établissement ferme au bout de quelques mois, à cause de l'occupation militaire japonaise.[27][28] Il est alors accueilli à la cure Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus de Quảng Yên.[29] C'est là, à l'été 1942, qu'il découvre l'Histoire d'une âme de Thérèse de Lisieux — lecture qu'il décrira comme un tournant de sa vie spirituelle.[30]

Van rapporte bien plus qu'une lecture. Selon son témoignage, Thérèse lui apparaît et s'entretient familièrement avec lui : elle devient sa « sœur » du ciel et lui enseigne sa « petite voie » d'enfance spirituelle, de confiance et d'abandon.[31][32] La première rencontre est datée d'octobre 1942.[33] De cette fraternité mystique, Van tirera son surnom : « le petit frère de Thérèse ».

« Prie pour la France »

Parmi les demandes que Van reçoit de Thérèse, l'une frappe : la sainte de Lisieux lui demande de prier pour la France, la patrie du missionnaire — la France pourtant « ennemie » aux yeux d'un Vietnam colonisé.[34] Cette prière pour la France, comme la prière pour les prêtres, dilate d'emblée le cœur de l'adolescent bien au-delà de son village : sa vocation ne sera pas repliée sur lui-même, mais apostolique et universelle.

Dès cette période, Van prononce aussi un vœu de virginité (1941) et fonde avec des camarades une association d'enfants qu'il nomme les « Anges de la résistance » — première ébauche de son zèle apostolique.[35]

Frère rédemptoriste à Hanoi

Aide-jardinier puis novice (1944-1945)

Le sacerdoce lui étant fermé, Van frappe à la porte des Rédemptoristes de Hanoi. Le 2 août 1944, il y est admis comme aide-jardinier ; il entre en communauté le 17 octobre 1944 et reçoit son nom religieux, Marcel.[36][37] Le 8 septembre 1945, il prend l'habit et commence son noviciat ; il prononce ses vœux temporaires le 8 septembre 1946.[38]

Le parcours se poursuit vers le Sud : départ pour le monastère de Saigon en 1950, second noviciat à Đà Lạt en 1952, et vœux perpétuels le 8 septembre 1952.[39] Frère Marcel Van est désormais rédemptoriste pour toujours.

Le sacrifice de ne pas être prêtre

Van avait rêvé de devenir prêtre ; il devra accepter de rester frère coadjuteur, sans accès aux ordres sacrés. Ce renoncement — vécu sur fond des blessures de la cure de Hữu Bằng — n'est pas anecdotique : il donne à sa vocation sa forme propre. Là où il ne pourra pas offrir la messe, il offrira sa vie ; là où il ne prêchera pas, il aimera. Le Christ lui-même, dans les Colloques, situe cette mission à la place des prêtres infidèles :

« Beaucoup de prêtres se servent de mon nom pour conduire à leur perte un grand nombre d'âmes… Prie pour ces prêtres malheureux… Je les aime toujours et je les attends… Mon enfant ! Aime-moi à leur place… » — Jésus à Marcel Van, Colloques, col. 10[40]

Le Père Antonio Boucher, « Jésus barbu »

L'homme providentiel de la vie de Van est le Père Antonio Boucher, rédemptoriste canadien-français, maître des novices à Hanoi et directeur spirituel de Van.[41][42] Le frère, avec sa tendresse coutumière, le surnomme affectueusement « Jésus barbu ».[43] C'est à sa demande que Van rédige son Autobiographie, puis met par écrit ses colloques, sur de petits feuillets remis chaque semaine.

Boucher, prudent, atteste avoir vécu au jour le jour la vie du frère et discerné très tôt l'authenticité de son âme, tout en réservant le jugement final à l'Église :

« Je reconnais humblement que le Frère Marcel m'a appris sur la vie spirituelle beaucoup plus que j'ai pu lui en apprendre moi-même. » — Père Antonio Boucher, C.Ss.R., attestation[44]

Frise de vie — les neuf repères majeurs de Marcel Van, de sa naissance à sa mort au camp de Yên Bình. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Voici les principaux repères de sa vie religieuse et de son procès :

ÉtapeDateLieu
Naissance et baptême15-16 mars 1928Ngăm Giáo (Bắc Ninh)
Grâce « changer la souffrance en bonheur »Noël 1940Ngăm Giáo
Rencontre de sainte Thérèseoctobre 1942Quảng Yên
Admis chez les Rédemptoristes2 août 1944Hanoi
Prise d'habit, début du noviciat8 septembre 1945Hanoi
Vœux perpétuels8 septembre 1952Đà Lạt
Retour au Nord par le dernier avion14 septembre 1954Hanoi
Arrestation7 mai 1955Hanoi
Condamnation à 15 ans de rééducationmai 1956Hanoi
Transfert au camp n° 2 de Yên Bình (selon les notices biographiques)août 1957Yên Bái
Mort10 juillet 1959Yên Bình (Yên Bái)
Ouverture de l'enquête diocésaine26 mars 1997Belley-Ars (France)

Les Colloques : quand Jésus, Marie et Thérèse parlent

Une « dictée du ciel » comme sœur Bénigne Consolata

À partir de 1945, dans le silence du noviciat, Van consigne des colloques : des dialogues intérieurs où le Christ, la Vierge et Thérèse lui parlent, et où il répond. Le premier de ces colloques met en scène l'appel du Christ, qui invite Van à faire comme la religieuse italienne sœur Bénigne Consolata Ferrero (1885-1916), « petite secrétaire » de Jésus :

« Marcel ! Humble enfant de mon amour, écoute les paroles que je t'adresse ici et mets-les par écrit… Je veux que tu serves d'intermédiaire à mon amour auprès de tes compatriotes du Vietnam. » — Jésus à Marcel Van, Colloques, col. 1[45]

Les Colloques — Jésus, Marie, Thérèse et le Père Boucher autour des feuillets de Van. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Van, docile, hésite à accepter avant d'en référer à son directeur — signe de son obéissance et garde-fou contre l'illusion. Le Christ lui-même l'y encourage. Les manuscrits qui subsistent — des centaines de feuillets de mauvais papier, à l'encre turquoise ou violette — seront traduits du vietnamien par le Père Boucher après son retour au Canada.[46]

« Petit apôtre de mon amour »

Le mot que Jésus emploie pour désigner le message confié à Van est « Amour de Jésus » ; et le frère est appelé « petit apôtre de mon amour ».[47][48] Sa mission n'est pas de raisonner, mais de se laisser employer :

« Petit apôtre de mon amour, sois pour moi comme un crayon à mon usage. Que je veuille m'en servir pour écrire ou le laisser dans un coin, cela lui est égal. » — Jésus à Marcel Van, Colloques, col. 20[49]

Cette image du crayon dans la main de Dieu — que Thérèse employait déjà pour elle-même — dit toute l'humilité de Van : il n'est pas l'auteur de son message, seulement l'instrument. Le cardinal Schönborn parlera à ce sujet d'un instrumentum animatum, un instrument vivant qui se prête librement à la main qui l'utilise.[50]

Épouse du Christ et mère des âmes

Deux termes surprenants, chez un jeune religieux, structurent les Colloques : Van est appelé à être « épouse » du Christ et « mère des âmes ».[51] Loin d'une bizarrerie, ces images plongent leurs racines dans toute la tradition spirituelle — la sponsalité de l'âme depuis Origène et les commentaires du Cantique des Cantiques, la maternité spirituelle de saint Paul envers ses communautés.[52] Jésus prend soin de préciser qu'elle vaut pour toute âme, homme ou femme :

« J'ai déjà dit ces choses bien clairement dans l'Évangile. Je n'ai pas parlé spécialement pour les femmes, mais pour toutes les âmes… » — Jésus à Marcel Van, Colloques, col. 638[53]

Cette double vocation — épouse et mère — se paie d'un prix, que le Christ ne cache pas :

« Toute petite épouse de mon amour, veux-tu conduire à mon amour un grand nombre d'âmes ? N'oublie pas que ce sera au prix de grandes souffrances. Je t'ai choisi pour être la mère des âmes ; or, c'est à force de souffrances que la mère parvient à faire de ses enfants des personnes de valeur. » — Jésus à Marcel Van, Colloques, col. 5[54]

Une spiritualité de la confiance et de l'amour

« Jamais on ne peut mesurer mon amour »

Petite voie vietnamienne — pauvreté, confiance et amour dans les Colloques. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le cœur du message de Van est l'amour sans mesure du Christ, révélé à une âme qui se sait pauvre et fragile :

« Petit enfant de mon amour. Jamais on ne peut mesurer mon amour. » — Jésus à Marcel Van, Colloques, col. 40[55]

À Van, qui se décourage de ses faiblesses, Jésus répond dans la ligne exacte de Thérèse :

« Petit frère, souviens-toi toujours que tu es une âme vraiment pauvre et indigente. Ne te trouble pas de tes faiblesses, comme te l'a dit ta sœur Thérèse et comme je te l'ai dit moi-même plusieurs fois. C'est en connaissant ton néant que ta confiance en moi pourra être vraiment ferme. » — Jésus à Marcel Van, Colloques, col. 652[56]

La confiance qui désarme l'enfer

Le thème central des Colloques est la confiance — la même que réclamait Thérèse, et que réclamera au même moment sainte Faustine.[57] Jésus va jusqu'à des paroles d'une audace saisissante sur la puissance de cette confiance :

« Prie pour que les hommes en grand nombre soient animés d'une confiance inébranlable en mon amour. Si, chez un pécheur, je trouve encore le mot confiance, ce pécheur m'appartient déjà. » — Jésus à Marcel Van, Colloques, col. 35[58]

Ces pages ne prêchent pourtant aucune fausse assurance. Le Christ des Colloques rappelle lui-même que de telles paroles ne doivent pas être divulguées sans discernement, « de peur que certaines âmes, sachant cela, ne s'endurcissent dans le mal ».[59] La confiance de Van n'abolit ni la réalité du péché ni celle de l'enfer : elle proclame que rien n'offense l'Amour « si ce n'est le manque de confiance en [cet] Amour », et que Dieu ne se résigne jamais facilement à la perte d'une âme.[60] C'est l'espérance chrétienne portée à son incandescence, non un universalisme naïf.

Prier pour les prêtres et souffrir avec joie

Fidèle à la mission reçue, Van fait de la prière pour les prêtres et de l'offrande de la souffrance le tissu de ses journées. Sa règle intérieure tient dans une phrase que lui souffle le ciel :

« Tout est là, petit frère : continue à accepter la souffrance avec patience. C'est cela aimer ; pourquoi te préoccuper ? » — Jésus à Marcel Van, Colloques, col. 655[61]

Et sa propre prière, adressée à Marie, résume son programme de sainteté :

« Ô Mère, je t'aime, donne-moi de souffrir avec joie. » — Marcel Van à la Vierge Marie, Colloques, col. 695[62]

L'âme victime pour l'Église et pour le Vietnam

Vocation réparatrice — le Vietnam, la France, les prêtres et les âmes dans l'offrande de Marcel Van. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La vocation de Van rejoint la grande tradition catholique des âmes victimes : ces croyants qui, à la suite du Christ, offrent leurs souffrances en union avec la Croix pour le salut des autres.[63] Van s'offre pour ses compatriotes vietnamiens, pour les prêtres, pour la France, pour l'Église tout entière. Dès avril 1946, il offre par avance une mort « dans la souffrance » pour être agréé « comme victime de l'Amour miséricordieux » :

« Je sais que je suis une petite victime offerte à ton Amour et que, pour mourir consumé dans l'Amour, je devrai mourir dans la souffrance. Je n'ai pas peur de souffrir, car si je meurs dans la souffrance, j'aurai la certitude que tu m'as agréé comme victime de l'Amour miséricordieux, à l'exemple de ma sœur, la petite Thérèse… » — Marcel Van à Jésus, Colloques, col. 525 (avril 1946)[64]

Cette théologie de l'offrande, Van la partage avec d'autres figures de la même série Ignispedia — on la retrouve chez le Serviteur de Dieu Jacques Fesch offrant sa mort en cellule — et elle est développée dans l'article Ignispedia sur les âmes victimes. Chez Van, elle prend une couleur toute thérésienne : non la souffrance recherchée pour elle-même, mais la souffrance inévitable changée en amour et en joie.

L'arrestation et le camp de rééducation (1955-1959)

Le choix de rester au Nord (1954)

Après la défaite française de Điện Biên Phủ et les accords de Genève de 1954, le Vietnam est coupé en deux : un Nord communiste, un Sud non communiste. Les rédemptoristes du Sud auraient pu garder Van en sécurité ; mais le 14 septembre 1954, Van repart vers le Nord — vers Hanoi — par « le dernier avion reliant le Sud au Nord ».[65] Ce retour délibéré vers la zone la plus périlleuse est un acte de fidélité à sa mission : rester auprès de ses compatriotes, au risque de tout.

Condamné à quinze ans

1954-1959 — du dernier avion vers le Nord à la mort au camp de Yên Bình. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

À Hanoi, Van est bientôt arrêté par le régime communiste, le 7 mai 1955.[66] En mai 1956, il est jugé et condamné à quinze ans de rééducation ; selon les notices biographiques, son refus de renier sa foi et de dénoncer ses supérieurs pèse lourd dans la sentence.[67][68] Commence alors le long calvaire des camps du Nord-Vietnam.

« Le pasteur » du camp de Yên Bình

Selon les notices biographiques, Frère Marcel est transféré en août 1957 au camp n° 2 de Yên Bình, à environ 150 kilomètres au nord-ouest de Hanoi, dans la province de Yên Bái — point à recouper sur le registre du camp ou un témoignage de codétenu.[69][70] Épuisé, affamé, malade, il continue pourtant d'y rayonner. Les témoins décrivent un homme « rayonnant de foi, de paix et de joie », qui réconforte ses codétenus, partage le peu qu'il a et prie sans relâche.[71] Aleteia le présentera comme « l'étonnant pasteur d'un camp de rééducation ».[72] La grâce de Noël 1940 — changer la souffrance en bonheur — trouve là sa vérification ultime, dans les conditions les plus extrêmes.

La mort, 10 juillet 1959

Le lac de Thác Bà, dans la province de Yên Bái, recouvrirait aujourd'hui, selon la notice anglophone, la zone où reposerait le corps de Marcel Van. Photo Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.

Selon les mêmes notices, miné par la tuberculose, le béribéri et l'épuisement, Frère Marcel Van meurt le 10 juillet 1959 — date confirmée par la chronologie des Œuvres complètes —, à trente et un ans.[73][74][75] Son corps reposerait aujourd'hui sous les eaux du lac de barrage de Thác Bà, dans la province de Yên Bái, la zone ayant été ennoyée par la suite : là encore, seule la notice anglophone l'affirme.[76] Fidèle à ce qu'il écrivait dès avril 1946, il meurt en offrant sa souffrance par amour.[77]

Les écrits posthumes et l'œuvre du Père Boucher

Quatre volumes d'Œuvres complètes

La postérité de Van tient à ses écrits, longtemps demeurés confidentiels. De retour au Canada en 1964, le Père Boucher consacre une grande partie du reste de sa vie à traduire et à établir les manuscrits vietnamiens du frère.[78] Ces textes forment aujourd'hui des Œuvres complètes en quatre volumes, publiées par les Amis de Van Éditions :

  • l'Autobiographie, écrite à la demande du maître des novices ;
  • les Colloques avec Jésus, Marie et Thérèse — dont la présente édition est préfacée par le cardinal Christoph Schönborn, archevêque émérite de Vienne ;
  • la Correspondance (lettres à son directeur, à sa sœur, à ses supérieurs et amis) ;
  • un volume d'autres écrits (poèmes, lettres à Jésus).[79][80]

Ces œuvres ont été traduites en de nombreuses langues — français, anglais, italien, portugais, espagnol, allemand, croate, russe.[81]

« Les Amis de Van »

La diffusion de son message est aujourd'hui portée par l'association « Les Amis de Van » (Amis de Van Éditions, à Versailles), qui œuvre pour faire connaître sa spiritualité et soutenir sa cause.[82] Grâce à elle, un frère mort dans l'anonymat d'un camp communiste est devenu une figure lue et priée sur plusieurs continents.

La cause de béatification

Serviteur de Dieu depuis 1997

Statut canonique — Marcel Van est Serviteur de Dieu depuis l'ouverture de sa cause ; il n'est pas encore vénérable ni bienheureux. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'enquête diocésaine sur la vie et les vertus de Marcel Van est ouverte le 26 mars 1997, dans le diocèse de Belley-Ars, en France — le diocèse du saint Curé d'Ars —, « comme Confesseur de la foi », l'acteur de la cause étant l'association Les Amis de Van.[83] Les notices biographiques donnent comme premier postulateur de la cause le vénérable cardinal François-Xavier Nguyễn Văn Thuận (1928-2002), lui-même figure de la résistance spirituelle à la persécution communiste au Vietnam.[84] Marcel Van reçoit ainsi le titre de Serviteur de Dieu, première étape du chemin qui peut mener à la béatification.

Il faut ici être précis, car la confusion est fréquente : Marcel Van est aujourd'hui Serviteur de Dieu. Il n'est ni « vénérable », ni « bienheureux », ni « saint ». La reconnaissance de l'héroïcité de ses vertus (qui ferait de lui un vénérable), puis d'un miracle (pour la béatification), reste à venir. Son cas mêle deux traditions — celle du mystique et celle du confesseur de la foi mort en détention pour sa fidélité à l'Église.[85]

Le jugement du cardinal Schönborn

Le théologien qui a le plus contribué à faire connaître Van est le cardinal Christoph Schönborn, dominicain et archevêque émérite de Vienne, qui préface ses Colloques. Son jugement, formulé par un des grands théologiens contemporains, écarte l'objection facile — celle d'un simple débordement de piété populaire :

« Le message que nous transmet le petit Van est d'une justesse théologique et spirituelle qui dépasse de loin ses propres connaissances intellectuelles. » — Cardinal Christoph Schönborn, préface des Colloques[86]

Schönborn signe cette préface à Bayeux, le 10 juillet 2001, jour du 42ᵉ anniversaire de la mort de Van — signe de l'attachement personnel d'un prince de l'Église à ce petit frère vietnamien.[87]

Postérité : le petit frère de Thérèse

Marcel Van est aujourd'hui salué comme « le petit frère de Thérèse » et « le petit apôtre de l'amour ». Son témoignage prolonge, au XXᵉ siècle asiatique, la « petite voie » de Lisieux : la sainteté offerte aux plus petits, faite de confiance, d'humilité et d'amour dans les choses les plus ordinaires. Il rejoint aussi la lignée des martyrs de la foi sous les régimes athées, dont l'histoire de l'Église au Vietnam offre tant d'exemples.

Sa mission, il l'avait lui-même située dans l'éternité plus que dans le temps, avec l'humilité qui le caractérise :

« Ô Marie, ma mission à moi, c'est d'être l'apôtre des âmes, et l'apôtre particulier des enfants… Mais ma modeste condition de Frère dans la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur ne me permet pas de remplir immédiatement cette mission. Ce n'est que plus tard, au ciel, que je pourrai la remplir parfaitement. » — Marcel Van, Colloques, col. 347[88]

Petit domestique battu, séminariste refoulé, frère sans grade, prisonnier mort de faim et de fièvre : rien, dans la vie de Van, ne ressemble à une carrière. Et pourtant, de cette vie brisée le ciel a fait, selon le mot de Schönborn, un message d'une justesse rare — la preuve vivante qu'aucune souffrance, offerte dans l'amour, n'est perdue.

Pour aller plus loin

  • Lire le Serviteur de Dieu Jacques Fesch, le vénérable Jérôme Lejeune, la vénérable Marthe Robin et la servante de Dieu Léonie Martin : d'autres figures de la même série Ignispedia des vénérables et serviteurs de Dieu.
  • Approfondir la spiritualité de l'offrande avec l'article Ignispedia sur les âmes victimes, qui éclaire le sens de la « mort consumée par l'amour » revendiquée par Marcel Van.
  • Situer sa vie dans l'histoire de l'Église au Vietnam et de sa persécution.
  • Retenir l'essentiel : Marcel Van (1928-1959), frère rédemptoriste vietnamien, connaît une enfance de misère et de mauvais traitements avant de recevoir à Noël 1940 la grâce de « changer la souffrance en bonheur ». Guidé par sainte Thérèse de Lisieux, qui lui enseigne sa « petite voie », il devient à Hanoi le « petit apôtre de l'amour » et consigne, sous la direction du Père Antonio Boucher, des centaines de feuillets de colloques mystiques avec Jésus, Marie et Thérèse. Resté au Nord par fidélité, arrêté en 1955 puis condamné à quinze ans de rééducation en 1956, il meurt d'épuisement le 10 juillet 1959 à trente et un ans, après avoir rayonné jusque dans son camp. Sa cause de béatification est ouverte en 1997 : il est Serviteur de Dieu.

Notes et références

  1. Wikipédia (FR), « Marcel Van » : fr.wikipedia.org. Notice biographique de référence — nom de baptême Joachim Nguyễn Tân Văn, naissance le 15 mars 1928 à Ngăm Giáo (Bắc Ninh), enfance à la cure de Hữu Bằng, mauvais traitements du catéchiste Vinh, misère familiale et fonction de « boy », entrée chez les Rédemptoristes de Hanoi, rencontre mystique de sainte Thérèse, arrestation et condamnation en 1955, mort le 10 juillet 1959, cause de béatification ouverte en 1997. Utilisé pour le recoupement des dates, noms et faits.

    1 12 16 20
  2. Cardinal Christoph Schönborn, o.p., préface de Marcel Van, Colloques, Amis de Van Éditions, Versailles, 2022, p. 5-11, signée « Bayeux, le 10 juillet 2001, 42ᵉ anniversaire de la mort de Van ». L'archevêque émérite de Vienne analyse le « statut » de ces colloques (révélations privées), la grâce de Noël 1940, l'école de Thérèse, la confiance rapprochée de sainte Faustine, les thèmes d'« épouse du Christ » et de « mère des âmes » (études des PP. Frost et Mimeault), l'image du crayon (instrumentum animatum), et conclut : « Le message que nous transmet le petit Van est d'une justesse théologique et spirituelle qui dépasse de loin ses propres connaissances intellectuelles. » Source primaire éditée.

    2 18 32 50 51 52 57 63 79 86 87
  3. Marcel Van, Autobiographie (Œuvres complètes, t. 1), aut. 439, cité dans la préface du cardinal Schönborn aux Colloques, Amis de Van Éditions, Versailles, 2022, p. 6. Récit de la grâce de Noël 1940 : « J'ai trouvé à ce moment le trésor le plus précieux de ma vie… En un instant mon âme fut transformée. Je n'avais plus peur de la souffrance. Dieu me confiait une mission : celle de changer la souffrance en bonheur. Je n'avais pas à la supprimer, mais à la changer en bonheur. » Texte vérifié tel que cité dans l'édition imprimée ; le tome 1 n'a pas été recollationné page à page.

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  4. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [20] (également cité dans la préface Schönborn, p. 9). « Petit apôtre de mon amour, sois pour moi comme un crayon à mon usage. Que je veuille m'en servir pour écrire ou le laisser dans un coin, cela lui est égal… » Image du crayon reprise par le cardinal Schönborn. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  5. Père Antonio Boucher, C.Ss.R., présentation et attestation, dans Marcel Van, Colloques, Amis de Van Éditions, Versailles, 2022, p. 17-18 et « Avertissement ». Le maître des novices et directeur spirituel de Van atteste avoir recueilli chaque semaine les feuillets du frère, décrit les manuscrits (feuillets de mauvais papier, encre turquoise et violette), rapporte le surnom « Jésus barbu », la mission d'« intermédiaire de l'amour de Jésus auprès des compatriotes vietnamiens », la demande de prier pour la France et les prêtres, et déclare : « Le Frère Marcel m'a appris sur la vie spirituelle beaucoup plus que j'ai pu lui en apprendre moi-même. » Traduction et établissement du texte réalisés après son retour au Canada (1964). Source primaire éditée.

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  6. Aleteia (EN), « Marcel Van, the inspiring "pastor" of a reeducation camp » (30 août 2021) : aleteia.org. Récit du rayonnement de Van au camp de Yên Bình, transfert d'août 1957, réconfort porté aux codétenus.

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  7. UCA News, « Vietnamese Redemptorist bravely sacrificed himself for the Church » : ucanews.com. Dossier sur le sacrifice de Van pour l'Église, sa mort en détention et sa dimension de confesseur de la foi.

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  8. Wikipedia (EN), « Marcel Nguyễn Tân Văn » : en.wikipedia.org. Article encyclopédique anglophone — confirme l'état civil, l'enfance à Hữu Bằng, la découverte de l'Histoire d'une âme et les conversations avec Thérèse à l'été 1942, l'entrée chez les Rédemptoristes, le directeur spirituel Antonio Boucher, l'arrestation du 7 mai 1955, la condamnation à 15 ans, le transfert au camp n° 2 de Yên Bình en août 1957, la mort le 10 juillet 1959 (tuberculose, béribéri, épuisement), le corps sous le lac de Thác Bà, l'ouverture de la cause le 26 mars 1997 (diocèse de Belley-Ars) et le premier postulateur cardinal Nguyễn Văn Thuận. Les précisions sur le catéchiste Vinh, le transfert à Yên Bình, les causes de la mort et le corps sous le lac de Thác Bà ne figurent que dans cette notice : elles restent à recouper sur l'Autobiographie (tome 1), le registre du camp ou un témoignage de codétenu.

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  9. Les Amis de Van (Amis de Van Éditions, Versailles) : amisdevan.org. Association éditrice des Œuvres complètes de Marcel Van et promotrice de sa cause. Source pour l'édition des écrits, la traduction du Père Boucher, le titre de Serviteur de Dieu et l'ouverture de la cause.

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  10. Marcel Van, Colloques (Œuvres complètes, t. 2), trad. P. Antonio Boucher C.Ss.R., Amis de Van Éditions, Versailles, 2022, « Repères chronologiques » (en fin de volume, vérifiés sur l'image de la page imprimée). Chronologie établie par les éditeurs (Les Amis de Van) d'après les écrits de Van : toutes les dates reprises ici y ont été recollationnées — naissance et baptême (15-16 mars 1928), tante Khan (1932-1934), Hữu Bằng (mai 1935), fugues et certificat (1938-1940), Lạng Sơn et Quảng Yên (1942), Rédemptoristes (1944-1952), retour au Nord par le dernier avion (14 septembre 1954), arrestation (7 mai 1955), condamnation à quinze ans (mai 1956), décès (10 juillet 1959). Les archives rédemptoristes n'ont pas été consultées pour un recoupement indépendant.

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  11. Marcel Van, Correspondance, lettre du 28 janvier 1951 (cor. 28/01/1951), citée dans la préface du cardinal Schönborn aux Colloques, Amis de Van Éditions, Versailles, 2022, p. 6. « Être saint, tendre à la perfection… la sainteté c'est une vie où il faut changer la tristesse en joie. » Texte vérifié tel que cité dans l'édition imprimée ; le volume de Correspondance n'a pas été recollationné.

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  12. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [10] (également cité dans la préface Schönborn, p. 8). « Beaucoup de prêtres se servent de mon nom pour conduire à leur perte un grand nombre d'âmes… Prie pour ces prêtres malheureux… Aime-moi à leur place. » Vocation réparatrice pour les prêtres. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  13. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [1] (section « Avant le 7 octobre 1945 »). Appel du Christ à mettre par écrit ses paroles à l'exemple de sœur Bénigne Consolata Ferrero (1885-1916), « pour servir d'intermédiaire à mon amour auprès de tes compatriotes du Vietnam ». Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  14. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [69] (« Jésus : [69] Petit apôtre de mon amour, écris encore aujourd'hui mes paroles… », également cité dans la préface Schönborn, p. 7). Titre de « Petit apôtre de mon amour » donné à Van. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  15. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [638] (également cité dans la préface Schönborn, p. 9). « Je n'ai pas parlé spécialement pour les femmes, mais pour toutes les âmes… » Universalité de la sponsalité de l'âme. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  16. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [5] (également cité dans la préface Schönborn, p. 8). « Toute petite épouse de mon amour… Je t'ai choisi pour être la mère des âmes ; or, c'est à force de souffrances que la mère parvient à faire de ses enfants des personnes de valeur. » Double vocation d'épouse et de mère des âmes. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  17. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [40] (également cité dans la préface Schönborn, p. 7). « Petit enfant de mon amour. Jamais on ne peut mesurer mon amour. » Thème central de l'amour sans mesure. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  18. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillets [651]-[652] (également cité dans la préface Schönborn, p. 7). « Souviens-toi toujours que tu es une âme vraiment pauvre et indigente… C'est en connaissant ton néant que ta confiance en moi pourra être vraiment ferme. » Écho direct de la petite voie de Thérèse. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  19. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [35] (également cité dans la préface Schönborn, p. 7-8). « Prie pour que les hommes en grand nombre soient animés d'une confiance inébranlable en mon amour. Si, chez un pécheur, je trouve encore le mot confiance, ce pécheur m'appartient déjà. » Appel à la « confiance inébranlable en mon amour ». Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  20. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillets [646]-[650] (également cité dans la préface Schönborn, p. 7-8). Long passage sur la confiance : rien n'offense l'Amour « si ce n'est le manque de confiance en mon Amour » ; mais mise en garde : ces paroles « ne doivent pas être manifestées à toutes les âmes indistinctement… de peur que certaines âmes, sachant cela, ne s'endurcissent dans le mal ». Passage retenu avec sa mise en garde pour éviter toute lecture universaliste. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  21. Jésus à Marcel Van, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [655] (table des matières de l'édition ; également cité dans la préface Schönborn, p. 6). « Tout est là, petit frère, continue à accepter la souffrance avec patience. C'est cela aimer ; pourquoi te préoccuper ? » Mise en œuvre de la grâce de Noël 1940. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  22. Marcel Van à la Vierge Marie, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [695] (également cité dans la préface Schönborn, p. 6). « Ô Mère, je t'aime, donne-moi de souffrir avec joie. » Prière-programme de sa sainteté. Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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  23. Marcel Van à Jésus, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [525] (section « Avril 1946 »). « …je suis une petite victime offerte à ton Amour et que, pour mourir consumé dans l'Amour, je devrai mourir dans la souffrance. Je n'ai pas peur de souffrir, car si je meurs dans la souffrance, j'aurai la certitude que tu m'as agréé comme victime de l'Amour miséricordieux, à l'exemple de ma sœur, la petite Thérèse… » Passage recollationné sur l'édition imprimée ; il remplace la citation « Il viendra un jour où je mourrai, mais je mourrai consumé par l'amour » datée de décembre 1949, introuvable dans cette édition.

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  24. Les Amis de Van, notice finale de Marcel Van, Colloques (Œuvres complètes, t. 2), Amis de Van Éditions, Versailles, 2022 : « La cause de béatification de Van a été introduite le 26 mars 1997, dans le diocèse de Belley-Ars, comme Confesseur de la foi » ; acteur de la cause : l'association Les Amis de Van. Aucun décret diocésain ni acte du Dicastère pour les Causes des Saints n'a pu être consulté pour vérifier le statut actuel de la cause.

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  25. Marcel Van à la Vierge Marie, Colloques, éd. Amis de Van, Versailles, 2022, feuillet [347] (également cité dans la préface Schönborn, p. 11). « Ô Marie, ma mission à moi, c'est d'être l'apôtre des âmes, et l'apôtre particulier des enfants… Ce n'est que plus tard, au ciel, que je pourrai la remplir parfaitement. » Passage recollationné sur l'édition imprimée.

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