Depuis la mort de Thérèse Martin au Carmel de Lisieux, le 30 septembre 1897, le fonds d'archives conservé par les carmélites recense plus de 13 500 récits de grâces obtenues par son intercession — guérisons, conversions, protections, secours matériels.[1] Le phénomène porte un nom que la sainte elle-même a choisi, quelques mois avant sa mort, en promettant à sa sœur aînée de continuer d'agir depuis le Ciel : la « pluie de roses ».[2]
Ce n'est pas une légende pieuse vague. Quatre de ces guérisons ont été examinées selon une procédure contradictoire — médecins experts, Promoteur de la foi, avocats défenseurs — avant d'être retenues pour la béatification (1923) puis la canonisation (1925) de Thérèse.[3] Des dizaines d'autres, quoique non soumises à ce même examen canonique, sont documentées par des noms de médecins, des dates précises et des témoins identifiables : le docteur Le Bec pour une religieuse d'Ustaritz, trois oculistes restés anonymes dans le dossier d'archives pour une fillette de Lisieux, un pasteur écossais devenu gardien de la maison natale de Thérèse, un évadé d'une marche de la mort nazie en 1945.
Deux livres entiers ont été consacrés à ce dossier : Pluie de roses, par Camille Burette, archiviste du Carmel de Lisieux, publié en 2023 aux Éditions de l'Emmanuel ; et Les miracles de sainte Thérèse, par Estelle et Michel Pascal, publié en 2003 aux Éditions du Rocher. Le premier reproduit les pièces conservées dans les archives carmélitaines et cite les rapports médicaux ; le second reconstitue en dix récits romancés des cas versés, selon ses auteurs, à l'instruction canonique — les deux ouvrages se complètent, sans avoir le même statut documentaire.[4][5]
Cet article présente l'ampleur du phénomène, la manière dont l'Église distingue un récit archivé d'un miracle canoniquement reconnu, les quatre guérisons retenues pour la cause de Thérèse, et une sélection de cas emblématiques — guérisons, conversions, grâces de guerre, grâces matérielles et phénomènes mystiques — choisis pour leur solidité documentaire.
L'origine d'une promesse : « je ferai pleuvoir des roses »
Deux paroles fondatrices de l'été 1897
Durant les derniers mois de sa vie, rongée par la tuberculose, Thérèse annonce à ses sœurs qu'elle ne cessera pas d'agir après sa mort. Le 9 juin 1897, comme Marie, sa sœur aînée devenue au Carmel Marie du Sacré-Cœur, s'inquiète de la perdre, Thérèse lui répond :
« Oh ! non, vous verrez, ce sera comme une pluie de roses. » — Thérèse de Lisieux, Carnet jaune, 9 juin 1897, cité par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 18[6]
Marie rattachera plus tard cette image à un récit lu sur saint Louis de Gonzague, et déposera au procès ordinaire que Thérèse lui aurait dit : « Moi aussi […] après ma mort, je ferai pleuvoir des roses. » L'expression, empruntée à ce souvenir de lecture, en vient à désigner collectivement l'ensemble des grâces attribuées depuis à l'intercession de Thérèse.
Un mois plus tard, le 17 juillet 1897, Thérèse précise elle-même la finalité de cette activité posthume — un texte qui deviendra l'une des phrases les plus citées de la spiritualité catholique du XXᵉ siècle :
« Je sens surtout que ma mission va commencer, ma mission de faire aimer le bon Dieu comme je l'aime, de donner ma petite voie aux âmes. […] Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre. » — Thérèse de Lisieux, Carnet jaune, 17 juillet 1897, cité par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 18-19[7]
Cette promesse — mission, don de la « petite voie », activité posthume — s'inscrit dans la doctrine spirituelle propre de Thérèse, développée notamment dans le Manuscrit C ; on la trouve exposée en détail dans l'article consacré à sa vie et sa spiritualité. Le présent article se concentre sur ce qui a suivi concrètement cette promesse : l'ampleur documentée du phénomène qu'elle a déclenché.
D'un tirage confidentiel à un mouvement mondial
Rien, en 1897, ne laissait présager une diffusion mondiale. Histoire d'une âme, l'autobiographie de Thérèse composée de ses trois manuscrits, paraît en 1898 à un tirage de 1 000 exemplaires, envoyés notamment aux 121 carmels de France et à 18 carmels étrangers.[8] Un second tirage de 1 000 exemplaires est aussitôt nécessaire ; une deuxième édition paraît dès mai 1899. Sur les conseils de Mgr de Teil, vice-postulateur de la cause, mère Agnès de Jésus — la sœur aînée de Thérèse, devenue prieure — prend l'habitude de conserver systématiquement les lettres de grâces reçues du monde entier. L'édition de 1907 d'Histoire d'une âme en reproduit déjà soixante-six.[9]
Le mouvement s'accélère ensuite très vite :
« En mars 1910 paraît sous le titre Pluie de roses un recueil de 82 pages recensant 167 miracles. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 21[10]
Entre 1913 et 1926, sept tomes de Pluie de roses sont publiés par le Carmel — le cinquième, paru en 1920 après une interruption liée au procès apostolique, rassemble notamment les grâces rapportées pendant la Première Guerre mondiale. Le dispositif éditorial du Carmel comprend aussi des brochures populaires, des partitions et 102 tableaux sur plaques de verre ou de celluloïd, destinés aux projections publiques dans les paroisses.[11]
Cette accélération, condensée en une génération, se lit d'un coup d'œil sur la chronologie suivante :
- 9 juin 1897La promesse de la « pluie de roses »
Thérèse répond à sa sœur Marie qui s'inquiète de sa mort prochaine : « ce sera comme une pluie de roses ».[12]
- 1898Publication d'Histoire d'une âme
Premier tirage de 1 000 exemplaires, envoyés à 121 carmels de France et 18 carmels étrangers.[13]
- Mai 1899Deuxième édition
Un second tirage devient nécessaire dès l'année suivante.[14]
- 1907Soixante-six grâces déjà recensées
L'édition d'Histoire d'une âme de 1907 reproduit soixante-six grâces obtenues par l'intercession de Thérèse.[15]
- Mars 1910Premier recueil Pluie de roses
- 1913-1926Les sept tomes de Pluie de roses
Le cinquième tome (1920) rassemble notamment les grâces rapportées pendant la Première Guerre mondiale.[17]
- 29 avril 1923Béatification
Deux guérisons canoniques sont retenues : sœur Louise de Saint-Germain (1916) et Charles Anne (1906).[18]
- 17 mai 1925Canonisation
Deux guérisons supplémentaires sont retenues : sœur Gabrielle Trimusi et Maria Pellemans (l'une et l'autre guéries en 1923).[19]
- 14 décembre 1927Patronne des missions
Thérèse est proclamée patronne des missions à l'égal de saint François-Xavier, dans un contexte marqué notamment par la mission de Chesterfield Inlet.[20]
Un fonds d'archives hors norme
Plus de 13 500 récits, une catégorie à part
Le chiffre central de ce dossier est donné par l'archiviste elle-même :
« Le carmel de Lisieux conserve dans ses archives plus de 13 500 récits de miracles, de 1899 à nos jours. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 23[21]
Sur la quatrième de couverture — texte de présentation de l'éditeur — un second décompte est avancé : « Parmi les quatorze mille témoignages conservés au carmel de Lisieux ».[22] Les deux décomptes figurent ainsi dans le même ouvrage paru en 2023, sans que celui-ci n'explique leur écart ; l'ordre de grandeur, plus de treize mille récits en un peu plus d'un siècle, reste dans un cas comme dans l'autre sans équivalent pour une carmélite morte inconnue à vingt-quatre ans.
Un point de méthode est décisif pour comprendre ce chiffre : il s'agit de récits archivés, non de treize mille cinq cents miracles canoniquement reconnus par l'Église. Burette emploie elle-même, selon les cas, les mots miracles, grâces, faveurs ou interventions — une prudence de vocabulaire que cet article reprend à son compte.
La typologie des grâces reçues
L'archiviste du Carmel a établi une typologie de ce fonds :
« Les grâces accordées sont très diverses. Si les guérisons en représentent plus de la moitié, on y trouve également des conversions, grâces spirituelles, protections dans les dangers, aides pour la réussite scolaire ou professionnelle, dans la vie familiale, amicale, sociale, dans la vie psychoaffective, aides matérielles et économiques. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 23[23]
À ces catégories s'ajoutent des phénomènes rapportés plus rarement : parfums de roses ou d'encens, apparitions de Thérèse et audition de sa voix — trois manifestations attestées à plusieurs reprises au Carmel même, développées plus loin dans cet article.
Le tableau ci-dessous reprend cette typologie et renvoie, pour chaque catégorie, au cas le plus solidement documenté présenté dans cet article :
| Catégorie de grâce | Poids dans le fonds | Cas de référence présenté ici |
|---|---|---|
| Guérisons | Plus de la moitié des récits | Les quatre guérisons canoniques ; Reine Fauquet ; Antoinette Hébert ; le docteur Aguerre |
| Grâces liées aux enfants | 23 % des récits | Reine Fauquet (1908) ; Josua Catafio (2018) |
| Conversions et grâces spirituelles | Non chiffré dans l'ouvrage | Alexander-James Grant, pasteur écossais |
| Protections dans les dangers | Non chiffré dans l'ouvrage | Roger Lefebvre (1914) ; Théodore Hennequin (1945) |
| Aides matérielles et économiques | Non chiffré dans l'ouvrage | Le carmel de Gallipoli (1910) et sa réplique de Brest (1912) |
| Vie familiale, missionnaire et communautaire | Non chiffré dans l'ouvrage | La mission de Chesterfield Inlet (1916-1917) |
| Phénomènes associés (parfums, apparitions, voix) | Non chiffré dans l'ouvrage | L'exhumation du 6 septembre 1910 ; sœur Marie de la Trinité et le chapelet |
Une catégorie retient particulièrement l'attention par son poids statistique : les enfants.
« Les miracles liés aux enfants représentent 23 % des récits de grâces reçus au carmel. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 136[24]
Distinguer récit archivé et miracle reconnu
Le fonds des 13 500 récits et les quatre miracles retenus pour la cause de Thérèse ne relèvent pas du même régime de preuve. Pour comprendre cette différence, on peut se représenter la procédure canonique comme un procès en bonne et due forme, où le miracle allégué joue le rôle de la preuve à établir : un dossier médical est constitué, des experts l'examinent contradictoirement, une partie chargée de soulever les objections — historiquement appelée le « Promoteur de la foi », et surnommée familièrement « l'avocat du diable » — argumente contre l'explication surnaturelle, et des avocats défenseurs répondent point par point. Seul un dossier qui résiste à cet examen contradictoire est retenu. L'Église distingue ainsi soigneusement le fonds des simples récits archivés et les cas soumis à cette procédure :
« Ils font l'objet d'une "procédure canonique sur la réalité des miracles" pendant laquelle plusieurs cas sont étudiés par des médecins experts, par le Promoteur de la foi, qui présente des objections, et par des avocats défenseurs. Il faut à l'époque deux miracles pour la béatification, et deux autres pour la canonisation. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 22[25]
Cette procédure contradictoire — un examen médical suivi d'un débat argumenté, non un simple constat édifiant — explique pourquoi, sur des milliers de récits recueillis, seuls quatre ont servi de fondement juridique à la reconnaissance officielle de la sainteté de Thérèse. Le reste du fonds documente un phénomène de piété populaire d'une ampleur réelle, mais relève d'un régime de certitude différent : celui du témoignage recueilli et conservé, non celui du miracle juridiquement établi.
Cette distinction structure l'ensemble de cet article, qui suit en réalité trois niveaux de certitude décroissante. Au premier niveau se trouvent les quatre guérisons canoniques de la section suivante, soumises à l'examen contradictoire décrit plus haut : diagnostic préétabli, absence de traitement efficace, guérison rapide et durable, confirmation par plusieurs médecins et parfois par des radiographies successives. Au deuxième niveau se trouvent des dizaines de cas nommés — guérisons, conversions, protections, grâces matérielles — documentés par des médecins identifiés, des certificats ou plusieurs témoins directs, mais jamais soumis à la procédure contradictoire d'une cause de canonisation ; ce sont eux qui composent l'essentiel du corps de cet article. Au troisième niveau, enfin, se trouvent les milliers de lettres conservées au Carmel sans documentation médicale ni témoins extérieurs identifiables : elles composent l'essentiel des 13 500 récits d'archives, mais cet article ne les cite qu'à titre statistique, sans en reprendre le détail individuel — faute, précisément, de pouvoir en vérifier chaque cas avec la même rigueur.
Chaque cas présenté dans les sections suivantes est donc rattaché explicitement à l'un de ces deux premiers niveaux : le lecteur saura toujours s'il lit le compte rendu d'un miracle juridiquement établi par l'Église, ou celui d'une guérison bien documentée mais non instruite canoniquement.
Les quatre guérisons retenues par l'Église
Deux miracles ont fondé la béatification de Thérèse, le 29 avril 1923 ; deux autres, sa canonisation, le 17 mai 1925.[26][27] Dans les deux cas, la procédure a exigé un diagnostic médical solidement établi avant la neuvaine, l'absence de traitement efficace en cours au moment de la guérison, une guérison rapide et complète, et sa persistance dans la durée.
| Guérie | Pathologie | Guérison | Retenue pour |
|---|---|---|---|
| Sœur Louise de Saint-Germain | Ulcère gastro-duodénal hémorragique | 22 septembre 1916 | Béatification (1923) |
| Charles Anne | Phtisie pulmonaire à forme galopante | Août-septembre 1906 | Béatification (1923) |
| Sœur Gabrielle Trimusi | Synovite tuberculeuse du genou et spondylite (mal de Pott) | 24 juin 1923 | Canonisation (1925) |
| Maria Pellemans | Tuberculose intestinale | 22 mars 1923 | Canonisation (1925) |
Les quatre dossiers qui suivent détaillent, pour chaque cas, le diagnostic établi avant la neuvaine, la chronologie de la guérison et le constat médical qui a permis de la retenir.
Sœur Louise de Saint-Germain — un ulcère hémorragique qui disparaît en quelques heures
Marie-Renée Lauroa, en religion sœur Louise de Saint-Germain, Fille de la Croix à Ustaritz, souffre dès son noviciat (1911-1912) d'un ulcère de l'estomac étendu jusqu'au duodénum, accompagné d'hémorragies, d'une anémie profonde, de vomissements et de douleurs aiguës. Le diagnostic devient manifeste en mai 1913 ; son état s'aggrave brutalement le 28 mai 1915, au point qu'une opération est jugée impossible et que les derniers sacrements lui sont administrés à son retour à Ustaritz.[28]
Après trente-deux jours d'épuisement presque total, des apparitions lui sont rapportées les 1ᵉʳ, 2 et 3 juillet 1915, puis une nouvelle promesse de guérison le 10 septembre 1916. Une crise majeure survient du 17 au 21 septembre ; la religieuse s'endort vers 21 heures et se réveille guérie à 5 h 30, le 22 septembre 1916 — reprenant aussitôt des aliments qu'elle ne supportait plus depuis des années, dont du pain, de la viande, du café et du vin. La guérison persiste sans rechute ; sept ans plus tard, aucune radiographie ne montre plus trace de l'ulcère.[29]
L'analyse médicale la plus précieuse de ce dossier est celle du docteur Le Bec :
« Pour que ces aliments du premier jour, comme des jours suivants, aient pu être supportés, il faut que l'ulcère ait complètement disparu […] au maximum dans un délai de six à sept heures. Or, jamais en clinique, on n'a vu les choses marcher avec une telle rapidité. La cicatrisation de l'ulcère s'accomplit toujours avec une extrême lenteur, qui exige en général des mois. » — Dr Le Bec, cité par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 56[30]
Ce cas a été retenu par l'Église sur quatre critères convergents : une maladie avérée par des symptômes concordants sur plusieurs années, l'absence de tout traitement efficace au moment décisif, l'impossibilité médicale d'une cicatrisation naturelle dans un délai aussi court, et la persistance de la guérison confirmée par radiographies et analyses ultérieures.[31]
Charles Anne — une phtisie galopante arrêtée en quelques jours
Charles Anne entre au séminaire du diocèse de Bayeux-Lisieux en octobre 1903, à dix-neuf ans. Un premier crachement de sang survient en juin 1905 ; les médecins La Néele (qui avait soigné Thérèse pendant sa dernière maladie) et Loisnel diagnostiquent une caverne tuberculeuse au sommet du poumon droit, un ramollissement tuberculeux du poumon gauche et des bronches très endommagées — une phtisie pulmonaire à forme galopante. Le 25 août 1906, de nombreux bacilles de Koch sont trouvés dans ses crachats ; du 27 au 31 août, une fièvre constante de 39 à 40 °C s'accompagne de vomissements et de délire, au point que les derniers sacrements sont envisagés.[32]
Une première neuvaine reste sans effet. Une seconde, adressée cette fois uniquement à Thérèse, produit un résultat inverse :
« Dès les premiers jours, il sent un grand changement dans son état. L'oppression cesse, la fièvre disparaît, l'appétit et les forces reviennent. À l'auscultation, les deux médecins constatent que toutes les lésions pulmonaires sont guéries et que les cavernes ont disparu. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 59[33]
Charles Anne est ensuite ordonné prêtre et devient aumônier de l'hospice de Lisieux. Au moment de la béatification, en 1923, sa guérison dure depuis près de vingt ans, sans la moindre rechute.[34] La circonstance que l'un des deux médecins signataires, le docteur La Néele, avait lui-même soigné Thérèse durant sa propre agonie tuberculeuse quelques années plus tôt donne à ce dossier une continuité particulière : le praticien qui n'avait pu sauver la religieuse constate, moins d'une décennie après, la guérison inexpliquée d'un patient atteint d'une pathologie de même nature.
Sœur Gabrielle Trimusi — une spondylite tuberculeuse effacée en une nuit
Fille des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie à Parme, sœur Gabrielle Trimusi souffre dès février 1913 d'une arthrite chronique puis d'une synovite tuberculeuse du genou gauche : plâtres, traitement iodé, vésicatoires et cure thermale restent inefficaces. Une faiblesse des jambes et des douleurs vertébrales s'ajoutent au tableau clinique ; une radiographie du 13 janvier 1922 révèle une spondylite entre la douzième vertèbre dorsale et la première lombaire. Un corset de plâtre, puis un corset de fer, sont nécessaires ; un traitement radiologique du genou reste sans effet, tandis que fièvre et dépérissement s'installent.[35]
Le 24 juin 1923, au terme d'une neuvaine communautaire, elle peut s'agenouiller sans douleur, puis retire son corset. La mère supérieure rapporte le constat médical qui suit :
« D'après les pièces radiologiques, on put établir la disparition du disque compris entre les deux vertèbres et de l'érosion profonde de la vertèbre susdite de l'épine dorsale, ainsi que la guérison de la synovite tuberculeuse au genou gauche de la malade. » — Mère supérieure de sœur Gabrielle Trimusi, citée par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 63[36]
Trois examens radiologiques successifs confirment rapidement cette modification, retenue comme l'un des deux miracles de la canonisation de 1925.[37] Ce dossier se distingue des trois autres guérisons canoniques par la nature de sa preuve : ce n'est pas seulement la disparition d'une douleur ou la reprise d'une fonction qui est constatée, mais la disparition d'une lésion osseuse visible sur cliché, comparée avant et après la neuvaine — un type de preuve que la radiologie, alors relativement récente, rendait possible pour la première fois dans l'histoire des causes de canonisation.
Maria Pellemans — une tuberculose intestinale « incurable » guérie en un instant
Jeune Belge de vingt-trois ans qui entrera ensuite au Carmel de Gand, Maria Pellemans développe une tuberculose pulmonaire en octobre 1919, avec extension à l'estomac et aux intestins. L'ulcération tuberculeuse est déclarée incurable en février 1920 ; en juillet 1922, son alimentation se réduit à quelques gorgées de lait, entrecoupées de vomissements sanguinolents, de crises intestinales et de syncopes.[38]
En pèlerinage à Lisieux en mars 1923, elle traverse une crise sévère dans la chapelle du Carmel, puis une nouvelle crise au cimetière. La douleur disparaît le 22 mars : elle prend un repas complet au restaurant le jour même — après trois années d'alimentation presque impossible — et reste active tout l'après-midi sans fatigue. La guérison persiste ; elle entre au Carmel de Gand peu après.[39] Son médecin note :
« Je ne comprends pas, je vous trouve toute changée, cela ne peut s'expliquer naturellement, car l'estomac et les intestins étaient incurables. Oui, si cette transformation persiste, on pourra dire que c'est un miracle. » — Médecin de Maria Pellemans, cité par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 65[40]
Ce dernier cas illustre un trait commun aux quatre miracles canoniques : la guérison ne se limite jamais à la disparition d'un symptôme isolé, mais rétablit d'un coup l'ensemble d'une fonction organique — ici la digestion normale, après trois ans où l'alimentation ordinaire était devenue impossible — au point de permettre, le jour même, un repas complet suivi d'une activité soutenue sans fatigue.
Des guérisons documentées hors procès canonique
Au-delà des quatre miracles canoniques, les archives du Carmel conservent des centaines de guérisons documentées par des témoins nommés, parfois par des certificats médicaux, sans avoir été soumises à la procédure contradictoire décrite plus haut. La raison en est le plus souvent pratique et non doctrinale : une cause de canonisation ne peut s'appuyer que sur un nombre limité de dossiers, choisis pour leur force probante maximale au moment précis où l'Église en a besoin ; les autres guérisons, parfois tout aussi bien attestées, restent alors dans les archives sans être formellement instruites. Trois cas retiennent l'attention par la qualité de leur documentation.
Reine Fauquet — trois oculistes consultés en vain
Le cas le plus solidement documenté de ce corpus secondaire concerne une fillette de quatre ans et demi, Reine Fauquet, atteinte depuis le 11 janvier 1906 d'une kératite phlycténulaire : paupières collées, cornée tachée, vue jugée perdue — trois oculistes consultés demandent même qu'on ne leur ramène plus l'enfant.[41]
Le récit établi par Camille Burette précise le dénouement :
« Une douzaine de témoins, parmi lesquelles trois religieuses de la Providence de Lisieux, la propriétaire de la famille et des commerçants lexoviens, confirment cette guérison miraculeuse. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 140[42]
La veille, le 25 mai 1908, la mère de Reine s'est rendue sur la tombe de Thérèse puis a demandé une neuvaine au Carmel ; le lendemain 26 mai, tandis que sa mère assiste à la messe de 6 heures, Reine — veillée par sa sœur Marie, âgée de neuf ans — voit Thérèse à son chevet. Marie rapporte dans son témoignage que sa sœur dit avoir ri « à la Petite Thérèse près de son lit », l'avoir « prise par la main », et l'avoir trouvée « belle », avec « un voile » et « tout allumé autour de sa tête ».[43]
Reine annonce alors à sa mère, de retour de la messe :
« Maman, je n'en ai plus besoin, je vois aussi bien que toi à présent. » — Reine Fauquet, témoignage reproduit par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 139[44]
L'enfant est ensuite déclarée complètement guérie par le médecin, sans rechute constatée par la suite.[45] Ce dossier a ceci de rare, pour une guérison non instruite canoniquement, qu'il réunit à la fois un récit de vision décrit par une enfant témoin (la sœur de la bénéficiaire), un constat médical de guérison complète et durable, et une douzaine de témoins nommés par catégorie.
Antoinette Hébert — une jambe raccourcie de quinze centimètres redressée en une nuit
Après une pleurésie en juillet 1908, une infection atteint la jambe d'Antoinette Hébert. Trois ans plus tard, elle a perdu seize kilos ; sa hanche est enflée, son genou ankylosé, son pied retourné, et sa jambe raccourcie de quatorze à quinze centimètres par atrophie. Un chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Beauvais déclare le cas incurable ; seule la morphine soulage la douleur.[46]
Au septième jour d'une neuvaine commencée le 14 mai 1912, elle entend une voix, puis de forts craquements dans sa jambe, et marche dès le matin suivant :
« La guérison est complète : le pied s'est redressé, les os de la hanche se sont remis en place, le genou a repris de sa souplesse et la jambe s'est allongée. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 70[47]
Ce cas frappe par l'ampleur de la déformation corrigée en une seule nuit — un raccourcissement de plusieurs centimètres, installé sur trois années, effacé entre le coucher et le lever d'une même neuvaine — même si, à la différence des quatre guérisons canoniques, aucun rapport radiologique postérieur n'est cité pour en confirmer la persistance à long terme.
Le docteur Aguerre — un radiologue guéri par sa propre relique
Radiologue depuis une vingtaine d'années en 1925, le docteur Aguerre développe une radiodermite de la main gauche, exposition professionnelle oblige. La lésion de son index évolue en un ulcère à caractère épithéliomateux ; les traitements échouent pendant cinq ans, au point que l'amputation de la dernière phalange est envisagée. À la fin de mars 1930, il touche de son doigt malade la grille de la châsse de Thérèse : douleurs et saignement cessent aussitôt ; la plaie est cicatrisée dès le lendemain et ne se rouvrira plus.[48]
Ce dossier a ceci de particulier que le bénéficiaire est lui-même un homme de l'art, familier des lésions radiologiques et de leur évolution clinique habituelle : c'est un radiologue, non un patient profane, qui juge sa propre guérison incompatible avec cinq années d'échec thérapeutique documenté.
La Grande Guerre : une dévotion de masse dans les tranchées
Entre 1914 et 1918, le Carmel de Lisieux reçoit un afflux de témoignages venus du front : protections dans les combats, guérisons de blessures, apparitions rapportées par des soldats, conversions et ex-voto, une diffusion massive de médailles et d'images de Thérèse parmi les combattants.[49] Le cinquième tome de Pluie de roses, publié en 1920, rassemble une large part de ces récits.[50]
Cette diffusion militaire n'a rien d'anecdotique : c'est elle qui a fait connaître Thérèse, encore inconnue du grand public au moment de sa mort en 1897, à toute une génération de Français mobilisés — les soldats se transmettant médailles, images pieuses et exemplaires d'Histoire d'une âme dans les tranchées, et rapportant au Carmel, une fois la paix revenue, le récit de protections attribuées à cette « petite sainte ». C'est en grande partie cette notoriété acquise pendant la guerre qui explique la rapidité, ensuite frappante, du procès de béatification.
Le cas le mieux documenté de cette période concerne Roger Lefebvre, soldat du 224ᵉ régiment d'infanterie. Le 17 septembre 1914 à 16 h 30, il reçoit six éclats d'obus à la tête, au visage, à la cuisse, au pied et au cou. Après avoir invoqué Thérèse, il affirme l'avoir vue le relever par le bras ; le saignement et les douleurs cessent, lui permettant de gagner un poste de secours situé à quatre cents mètres.[51]
« Je souhaiterais que tous ceux qui ne croient pas aient une apparition comme ça ! […] Il y a de quoi vous changer l'esprit. » — Roger Lefebvre, cité par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 31[52]
Roger Lefebvre rencontre mère Agnès de Jésus le 15 juillet 1915 et reste en correspondance avec le Carmel.[53]
Conversions attribuées à l'intercession de Thérèse
Camille Burette consacre à ce type de grâce un chapitre entier de son ouvrage, où elle rassemble des lecteurs protestants, des orthodoxes et des non-pratiquants dont la lecture d'Histoire d'une âme a précédé une conversion ou un retour à la pratique religieuse, ainsi que plusieurs guérisons physiques suivies d'une conversion spirituelle.[54] Le cas le mieux documenté de cette catégorie, appuyé sur deux dépositions officielles aux procès de Thérèse, est celui d'un pasteur écossais.
Alexander-James Grant, pasteur écossais
Pasteur de l'Église libre-unie d'Écosse, né en 1854, Alexander-James Grant lit Histoire d'une âme à Noël 1909. La lecture ébranle son rationalisme et ses préjugés contre la dévotion mariale et la présence réelle eucharistique :
« Je trouvai qu'il m'était tombé entre les mains l'œuvre d'un génie, d'un théologien, aussi bien que d'un poète de premier ordre. […] Je ressentis alors ce qu'éprouverait une personne devant laquelle s'ouvrirait tout à coup le monde invisible. » — Alexander-James Grant, cité par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 83[55]
Ces lignes sont extraites du témoignage de Grant au procès ordinaire, où il déclare : « C'est à la lecture de la vie de sœur Thérèse que je dois ma conversion. » Sa conversion n'est pourtant pas immédiate : alité par l'influenza lors de sa lecture de Noël 1909, il n'est pas encore prêt à renoncer à sa foi protestante et s'éloigne d'abord du catholicisme et de Thérèse.[56]
Ces lignes sont extraites du témoignage de Grant au procès ordinaire, où il déclare : « C'est à la lecture de la vie de sœur Thérèse que je dois ma conversion. » Sa conversion n'est pourtant pas immédiate : alité par l'influenza lors de sa lecture de Noël 1909, il n'est pas encore prêt à renoncer à sa foi protestante et s'éloigne d'abord du catholicisme et de Thérèse.[57]
Estelle et Michel Pascal reconstituent longuement cette crise intérieure — lectures, présence ressentie de Thérèse, lutte contre le rationalisme et le doute — sous forme de scènes dialoguées ; cet article n'en retient que les faits corroborés par les dépositions et par Burette.[58]
Grant abjure le protestantisme le 20 avril 1911, perdant son ministère et son logement ; un secours inespéré lui arrive alors de Glasgow. Il dépose au procès ordinaire de Thérèse le 8 août 1911, puis au procès apostolique le 31 mai 1915 — l'un des rares cas de conversion de ce dossier appuyé sur des dépositions officielles.[59] Installé avec son épouse à Alençon le 3 juin 1912, il devient gardien de la maison natale de Thérèse, une fonction qu'il exerce jusqu'à sa mort le 19 juillet 1917.[60]
Ce cas de conversion s'inscrit dans un mouvement plus large de lecteurs protestants et orthodoxes touchés par Histoire d'une âme ; l'article consacré aux réponses au protestantisme approfondit les questions doctrinales que soulève ce type de conversion.
La mission de Chesterfield Inlet et les baptêmes inuits
Thérèse, qui n'avait jamais quitté son cloître normand, disait pourtant nourrir un désir ardent des missions ; sa prière et son offrande pour deux prêtres missionnaires, ses « frères spirituels », occupent une place centrale dans ses derniers écrits. C'est ce désir inassouvi de son vivant que le Carmel voit se réaliser, après sa mort, à travers des récits de grâces reçus de missions aussi éloignées que la Chine, Madagascar, Malacca, la Mongolie, l'Abyssinie, le Cambodge, l'Afrique australe ou le Canada.[61] Le cas le mieux documenté de cette catégorie missionnaire concerne l'Arctique canadien.
Après environ cinquante ans de présence oblate au Canada arctique et seulement cinq ou six baptêmes, la mission de Chesterfield Inlet est menacée de fermeture. En 1916, le père Arsène Turquetil reçoit anonymement un ouvrage sur la vie de Thérèse accompagné de terre provenant de sa première tombe.[62]
À la suite des prières des missionnaires, plusieurs Inuits se présentent à la messe et acceptent neuf mois de catéchuménat ; quatre familles sont baptisées le 2 juillet 1917. Cet épisode contribue au mouvement qui aboutit, dix ans plus tard, à la proclamation de Thérèse comme patronne des missions, à égalité avec saint François-Xavier, le 14 décembre 1927.[63] L'article sur les missions catholiques en Amérique présente plus largement cet essor missionnaire du XXᵉ siècle.
Le miracle du carmel de Gallipoli et les grâces matérielles
Les guérisons ne représentent pas, on l'a vu, l'unique visage de la « pluie de roses ». Camille Burette situe ses récits de grâces matérielles dans le prolongement d'une charité très concrète, celle que pratiquaient déjà les parents de Thérèse, Louis et Zélie Martin — canonisés ensemble par le pape François le 18 octobre 2015[64] — envers les pauvres de Lisieux.[65] Le cas de grâce matérielle le plus circonstancié du corpus concerne le carmel de Gallipoli, dans les Pouilles italiennes.
Le 25 février 1910, mère Carmela du Sacré-Cœur, prieure du carmel de Gallipoli, écrit au Carmel de Lisieux — lettre conservée aux archives, seule source de cet épisode — pour rapporter une série d'apparitions au cours desquelles de l'argent apparaît à répétition dans une cassette fermée à clé, permettant à la communauté d'éteindre une dette :
« Voilà 500 lires avec lesquels vous paierez la dette de votre communauté. » [...] « Non, je ne suis pas notre sainte Mère, je suis la Servante de Dieu sœur Thérèse de Lisieux. » — Mère Carmela du Sacré-Cœur, lettre du 25 février 1910, citée par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 169[66]
Toujours selon ces lettres, le phénomène se répète à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'un billet de 100 lires, perdu par l'évêque du lieu, Mgr Müller, soit retrouvé dans la même cassette fermée à clé — un détail qui, aux yeux de la communauté, excluait l'hypothèse d'une main humaine.[67] Une réplique de ce type de grâce n'est attestée, deux ans plus tard, en 1912, à l'orphelinat de Brest, que par le témoignage direct de la sœur économe de l'établissement, qui rapporte elle aussi une aide financière inexpliquée survenue au moment où elle en avait le plus grand besoin.[68]
Ces deux récits reposent sur les lettres et témoignages uniques conservés aux archives du Carmel : ils n'ont jamais été soumis à la procédure contradictoire d'une cause de canonisation, et ne se placent donc pas au même plan que les guérisons médicalement documentées présentées plus haut. Le dossier de Gallipoli a cependant laissé d'autres traces que ces lettres : selon le dossier documentaire thereseoflisieux.org (d'après John Beevers, Storm of Glory, p. 128, et Giovanni Ricciardi, « The Miracle of Gallipoli »), il aurait fait l'objet d'une session spéciale du procès diocésain, et l'historienne Antoinette Guise Castelnuovo lui a consacré en 2024 une étude dans la Revue d'histoire du XIXᵉ siècle.[69] Ce cas illustre une catégorie de grâces moins spectaculaire dans son enjeu médical que les guérisons, mais révélatrice d'une piété très concrète : le Carmel a recueilli, sur un siècle, un grand nombre de récits de ce type — secours financiers inattendus, objets perdus retrouvés, aides matérielles ponctuelles — dont Gallipoli reste, par son ampleur et sa double attestation à deux ans d'intervalle, en Italie puis en France, le cas le plus circonstancié.
Grâces diverses, protections et phénomènes mystiques
Le fonds du Carmel ne se limite ni aux guérisons ni aux conversions. Il conserve aussi des pratiques dévotionnelles nées de la dévotion à Thérèse, des protections rapportées dans des circonstances extrêmes, et des phénomènes qui se sont produits au Carmel de Lisieux lui-même — parmi ses propres religieuses, qui avaient connu Thérèse de son vivant et qui se trouvaient donc les mieux placées pour apprécier la continuité entre la carmélite qu'elles avaient côtoyée et les signes attribués, après sa mort, à son intercession.
D'autres protections, moins développées que les deux cas présentés ci-dessous mais consignées par le Carmel, complètent ce tableau : une médaille de Thérèse qui aurait détourné un accident avec une machine industrielle, une électrocution évitée, un bœuf furieux maîtrisé, un incendie survenu à Guayaquil en 1927.[70] Rapportés en règle générale par un seul témoin, sans recoupement médical ou judiciaire, ces récits illustrent moins un dossier probatoire qu'une piété répandue : le réflexe, dans les dangers ordinaires de la vie quotidienne, d'invoquer la « petite sainte » de Lisieux.
La neuvaine à la rose du père Puntigam
Parmi les pratiques dévotionnelles nées de ce dossier de grâces, la neuvaine dite « à la rose », commencée le 3 décembre 1925 par le père jésuite Anton Puntigam — 24 Gloire au Père en l'honneur de la Sainte Trinité, avec demande d'une rose comme signe —, est recommandée par son auteur lui-même à la suite des grâces qu'il dit avoir reçues.[71] Burette rapporte en outre, d'après le biographe Austen Ivereigh, que le pape François connaît cette neuvaine et demande lui aussi une rose comme signe que sa prière a été entendue.[72] L'ouvrage d'Ivereigh n'ayant pu être consulté directement pour les besoins du présent article, ce lien est maintenu comme une citation au second degré. La dévotion personnelle du pape François à Thérèse et à la rose reçue comme signe est en revanche attestée par ses propres paroles publiques : « Quand j'ai un problème, je demande à la sainte non de le résoudre, mais de le prendre dans ses mains et de m'aider à l'accepter, et, comme signe, je reçois presque toujours une rose blanche » (entretien avec Sergio Rubin, 2010 ; traduction de l'article).[73]
L'évasion de Théodore Hennequin (janvier 1945)
Le cas le plus dramatique de ce dossier de protections concerne Théodore Hennequin, arrêté le 3 octobre 1944, déporté à Dachau puis à Auschwitz-Jaworzno. Lors de l'évacuation du camp le 17 janvier 1945 — l'une de ces marches de la mort où les prisonniers épuisés étaient abattus au moindre signe de faiblesse — il parvient à s'évader le 20 janvier. Aucune archive de déportation n'ayant pu être recoupée pour les besoins du présent article, les chiffres qui suivent sont rapportés comme le récit conservé au Carmel — seule source de cet épisode — les donne :
« Sur les 4 000 prisonniers du départ, seuls sept ont survécu, Théodore inclus. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 202[74]
Toujours selon ce seul récit, son frère, d'abord réticent puis convaincu, ne le suit finalement pas au moment décisif ; il périt avec le reste de la colonne dans le massacre général survenu deux kilomètres et demi plus loin.[75]
Le phénomène des odeurs mystiques
Un phénomène récurrent, documenté sur plusieurs carmélites avec des comptages précis, concerne des parfums perçus au Carmel de Lisieux à l'occasion de manifestations attribuées à Thérèse. Lors de l'exhumation de son corps, le 6 septembre 1910, un épisode est particulièrement contrôlé :
« Mère Agnès ne sent rien, la novice reconnaît quant à elle l'odeur d'encens [...] Ce parfum ne sera en revanche perçu par aucune autre sœur lorsque la planche sera montrée à la communauté [...] Prévenues du phénomène, les sœurs ne sentent alors que l'humidité et la moisissure. » — Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 220[76]
Le décompte donné par Burette précise la fréquence de ces perceptions selon les religieuses : mère Agnès de Jésus, environ dix fois ; sœur Geneviève (Céline, sœur de Thérèse), environ quinze fois ; sœur Marie du Sacré-Cœur, quatre à cinq fois.[77] La planche du cercueil ayant fait l'objet de ce test olfactif a été authentifiée par le docteur La Néele — le même médecin déjà cité pour la guérison de Charles Anne —, époux de la cousine de Thérèse et présent à l'exhumation du 6 septembre 1910 en tant qu'expert.[78]
L'intérêt de cet épisode tient précisément à son protocole : les religieuses ne sont pas averties par avance de ce qu'elles doivent chercher, chacune rapporte une perception différente selon le moment où elle approche la planche, et un test à l'aveugle — sœurs prévenues du phénomène puis invitées à sentir de nouveau — ne fait apparaître que l'humidité et la moisissure attendues d'un cercueil resté treize ans en terre. Ce contraste entre perception spontanée et perception sur consigne est ce qui a conduit le Carmel à consigner l'épisode avec un luxe de détail inhabituel pour un phénomène de cet ordre.
Les deux guérisons du père Pichon
Le père Pichon, jésuite qui fut l'un des confesseurs de Thérèse, connaît lui-même deux guérisons attribuées à son intercession, le 2 janvier et le 28 août 1909. Son médecin, d'abord perplexe puis convaincu, déclare :
« Dès le second jour le docteur me disait : "Je n'y comprends rien, il y a un saint caché là-dessous." "Non, il y a une sainte." » [...] « J'en suis bien innocent, vous avez dérouté toutes nos notions pathologiques ; médicalement, pour nous, vous étiez mort. » — Médecin du père Pichon, cité par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 228-229[79]
Sœur Marie de la Trinité et le chapelet retenu
Un épisode plus discret, mais souvent rapporté, s'est déroulé au lendemain même de la mort de Thérèse, pendant l'exposition de son corps. Sœur Marie de la Trinité affirme ne pas avoir pu, pendant plusieurs minutes, retirer un chapelet placé entre les doigts de la défunte — un fait rapporté dans son témoignage direct, reproduit par Camille Burette dans son chapitre consacré à la vie du Carmel.[80] La religieuse y rapporte l'échange intérieur qui accompagne la scène :
« Tant que vous ne me ferez pas un sourire, je ne vous le rendrai pas. » [...] « Non, j'ai trop de chagrin, j'aime mieux pleurer. » — Sœur Marie de la Trinité, témoignage reproduit par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 213[81]
L'objet ne se serait laissé reprendre que lorsque la religieuse accepta de sourire — un épisode reçu par le Carmel comme un premier signe, discret et non médical, de la promesse faite quelques mois plus tôt.
Les enfants : près d'un quart des grâces reçues
Les récits liés aux enfants forment, on l'a vu, près d'un quart du fonds d'archives du Carmel — une proportion qui s'explique en partie par la façon dont Thérèse elle-même parlait de sa « petite voie » comme d'un chemin d'enfance spirituelle, et par la place que les familles catholiques du XXᵉ siècle accordaient à l'intercession des saints pour leurs enfants malades.[82] Deux cas illustrent la diversité chronologique de cette catégorie, de l'aube du XXᵉ siècle à l'époque contemporaine.
Reine Fauquet, déjà présentée plus haut pour sa guérison oculaire de 1908, appartient à cette première génération de grâces enfantines : sa guérison reste, avec son constat médical et sa douzaine de témoins, l'un des dossiers d'enfants les mieux documentés de tout le corpus.[83]
Josua Catafio (2018) : un cas contemporain
Plus d'un siècle après les premiers récits, le fonds continue de s'enrichir. En novembre 2018, lors du passage des reliques de Thérèse en Islande, un adolescent colombien, Josua Catafio, obtient la guérison de son genou après avoir prié devant elles. Selon le compte rendu qu'en donne Burette d'après Ouest-France — Anne Blanchard-Laize, « Guéri après des prières à sainte Thérèse, cet ado colombien vient remercier à Lisieux », 27 mai 2019 —, l'adolescent se dit comblé et souligne avant tout qu'il peut de nouveau jouer au football.[84]
Ce cas, rapporté par la presse contemporaine d'après Burette, illustre la continuité du phénomène jusqu'à nos jours — plus d'un siècle après la mort de Thérèse, la « pluie de roses » n'a pas cessé.
Un cas populaire à traiter avec prudence : Édith Piaf
Un récit largement repris dans la culture populaire mérite un traitement plus prudent que les cas précédents. Selon ce récit, la petite Édith Gassion, future Édith Piaf, aurait souffert vers 1919 d'une double kératite phlycténulaire — la même pathologie que Reine Fauquet — diagnostiquée par le docteur Degrenne. Sa grand-mère et les femmes de la maison de tolérance de Bernay où elle grandissait alors l'emmènent sur la tombe de Thérèse le 19 août 1921 :
« Je lui ai dit : Rends-moi mes yeux, j'ai hâte de te voir. » — Propos attribués à Édith Gassion, cités par Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 143[85]
La parole précise est rapportée via Jacqueline Cartier et Hugues Vassal, Édith et Thérèse. La sainte et la pécheresse (Éditions Anne Carrière, 1999), p. 31.[86]
Selon ce récit, elle recouvre la vue le 25 août et conservera toute sa vie une dévotion à Thérèse. Trois réserves s'imposent cependant, que Camille Burette elle-même relève : le traitement ophtalmique prescrit se poursuivait durant la neuvaine ; l'histoire repose sur un ouvrage publié en 1999, soit près de quatre-vingts ans après les faits ; aucun dossier médical d'époque n'est reproduit à l'appui.[87] Ce cas peut légitimement illustrer la postérité culturelle de la « pluie de roses » dans la France du XXᵉ siècle, mais il ne saurait être placé sur le même plan que les guérisons documentées par certificats médicaux et témoins nommés présentées plus haut.
Deux livres, deux méthodes
Les deux ouvrages sur lesquels s'appuie cet article ne procèdent pas de la même méthode, et le lecteur gagne à le savoir avant de refermer ce dossier. Camille Burette, archiviste du Carmel, travaille directement sur les pièces conservées à Lisieux — lettres, certificats médicaux, procès-verbaux — et cite les documents en les datant et en les paginant. C'est sur cette base que reposent les quatre guérisons canoniques et la plupart des cas nommés présentés dans cet article.
Estelle et Michel Pascal, dans Les miracles de sainte Thérèse, publié en 2003, revendiquent une démarche différente, qu'ils explicitent eux-mêmes dès leur préface :
« Nous nous sommes contentés de les rendre vivantes, de les faire revivre, de charpenter les personnages, les situations. » — Estelle et Michel Pascal, Les miracles de sainte Thérèse, Éditions du Rocher, 2003, p. 15[88]
Les auteurs affirment que leurs dix récits reposent sur des cas versés à l'instruction canonique de Thérèse — une filiation qui est leur affirmation propre, inscrite dès le sous-titre de l'ouvrage, dont l'existence et l'intitulé exact ont été vérifiés, mais qui n'a pas été recoupée indépendamment pour les besoins du présent article. Leur intérêt propre tient à ce que leurs reconstitutions recoupent, sans les contredire, les dossiers déjà établis par Camille Burette. Cet article les a donc utilisés comme un complément narratif et biographique, distinct des rapports médicaux proprement dits, qui restent l'apanage du travail d'archiviste de Burette : aucun dialogue reconstitué par Pascal n'est cité ici comme parole verbatim, sauf lorsqu'il reproduit une pièce également citée par Burette.
Un phénomène mondial, du Pays basque à l'Arctique canadien
Un dernier trait mérite d'être souligné avant de conclure : la dispersion géographique des cas présentés dans cet article. Une religieuse basque guérie d'un ulcère à Ustaritz, une fillette belge tuberculeuse guérie en pèlerinage à Lisieux, un carmel des Pouilles secouru par une cassette qui se remplit d'argent, un pasteur écossais converti après une lecture, une mission arctique canadienne sauvée par quatre baptêmes, un déporté français évadé d'une marche de la mort en Pologne, un adolescent colombien guéri devant des reliques de passage en Islande : le tableau suivant situe géographiquement quelques-uns des cas les mieux documentés de ce dossier.
| Lieu | Cas | Date |
|---|---|---|
| Ustaritz (France) | Sœur Louise de Saint-Germain | 1916 |
| Lisieux (France) | Charles Anne, Reine Fauquet, Antoinette Hébert, docteur Aguerre | 1906-1930 |
| Parme (Italie) | Sœur Gabrielle Trimusi | 1923 |
| Lisieux, pèlerinage (Belge) | Maria Pellemans | 1923 |
| Gallipoli (Italie) puis Brest (France) | Le carmel de Gallipoli et sa réplique | 1910 et 1912 |
| Écosse puis Alençon (France) | Alexander-James Grant | 1909-1917 |
| Chesterfield Inlet (Arctique canadien) | Baptêmes inuits | 1916-1917 |
| Front de l'Aisne (France) | Roger Lefebvre | 1914 |
| Dachau puis Auschwitz-Jaworzno (Pologne) | Théodore Hennequin | 1944-1945 |
| Islande (reliques en pèlerinage) | Josua Catafio, adolescent colombien | 2018 |
Cette dispersion — cinq pays au moins, trois continents, plus d'un siècle — est elle-même une donnée du dossier : elle confirme que la « pluie de roses » n'est pas restée un phénomène régional propre à la Normandie, mais s'est diffusée à la mesure de la promesse que Thérèse formulait en 1897.
Une pluie qui continue
Plus d'un siècle après la mort de Thérèse Martin, le fonds d'archives du Carmel de Lisieux continue de s'enrichir chaque année de nouveaux récits.[89] Ce dossier n'a rien d'homogène : quatre guérisons ont été examinées selon la procédure contradictoire la plus rigoureuse que l'Église réserve à ses causes de canonisation ; plusieurs dizaines d'autres cas sont documentés par des médecins nommés, des certificats et des témoins identifiables ; des milliers de lettres, enfin, restent des témoignages de piété conservés sans avoir fait l'objet d'un examen individuel.
Cette hiérarchie de certitude n'affaiblit pas le phénomène : elle en fait, au contraire, un objet d'étude sérieux plutôt qu'une légende diffuse. Ce que documentent, chacun à son niveau, les quatre miracles canoniques, les dizaines de guérisons nommées et les milliers de lettres d'action de grâce, c'est la constance d'un même schéma sur plus d'un siècle : une maladie ou une épreuve sans issue humaine, une neuvaine adressée à une carmélite morte à vingt-quatre ans, et un dénouement que les médecins eux-mêmes — Le Bec, La Néele, Loisnel, Aguerre — ont jugé, chacun dans son vocabulaire, hors de portée de la médecine de son temps.
Le trait commun à l'ensemble de ce dossier, des quatre miracles canoniques aux plus modestes lettres d'action de grâce, est la fidélité à la promesse que Thérèse formulait elle-même quelques semaines avant sa mort : « Je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre. »[90] Pour les catholiques qui viennent chaque année en pèlerinage au sanctuaire de Lisieux, cette promesse tenue reste la meilleure explication de ce que Camille Burette appelle, dans le titre même de son livre, une « pluie de roses » — une pluie qui, plus d'un siècle après avoir commencé, n'a toujours pas cessé de tomber.
Pour aller plus loin
- Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897) — biographie complète, spiritualité de la « petite voie » et doctrine de l'enfance spirituelle.
- Le sanctuaire de Lisieux — la basilique, le Carmel et la châsse où sont vénérées les reliques de Thérèse.
- Réponses au protestantisme — pour approfondir les conversions comme celle du pasteur Alexander-James Grant.
- Les missions catholiques en Amérique — le contexte missionnaire de la mission de Chesterfield Inlet.
Notes et références
Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 23.
1 21 23 89Camille Burette, Pluie de roses. Les plus beaux miracles de Thérèse de Lisieux, Éditions de l'Emmanuel, 2023, ISBN 978-2-38433-124-6, p. 18, citant Thérèse de Lisieux, Carnet jaune (Derniers Entretiens, mère Agnès de Jésus), 9 juin 1897.
2 6 12Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 22.
3 18 19 25 26Camille Burette, Pluie de roses. Les plus beaux miracles de Thérèse de Lisieux, Éditions de l'Emmanuel, 2023, préface de Mgr Jacques Habert, évêque de Bayeux et Lisieux ; l'auteure est présentée en couverture comme archiviste du Carmel de Lisieux, et en quatrième de couverture comme diplômée de l'École nationale des chartes, travaillant aux archives du Carmel depuis 2018.
4Estelle et Michel Pascal, Les miracles de sainte Thérèse. Dix histoires vraies fondées sur des témoignages, enquêtes et expertises médicales, Éditions du Rocher, 2003, ISBN 2-268-04279-0, p. 15. Ouvrage attesté sous cet intitulé exact (notices Goodreads, Thriftbooks et IxTheo, consultées en octobre 2026).
5 88Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 18-19, citant Thérèse de Lisieux, Carnet jaune, 17 juillet 1897.
7 90Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 21 : tirage de 1898, diffusion aux 121 carmels de France et 18 carmels étrangers, édition de 1907 (66 grâces), recueil de mars 1910 (167 miracles), sept tomes de Pluie de roses publiés entre 1913 et 1926, dont le cinquième tome (1920) consacré en partie aux grâces de la Première Guerre mondiale ; 102 tableaux sur plaques de verre ou de celluloïd.
8 9 10 11 13 14 15 16 17 50Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 102-105, dossier de la mission de Chesterfield Inlet et du père Arsène Turquetil.
20 62 63Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 246 (quatrième de couverture).
22Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 136.
24 82Identités, pathologies et dates corroborées indépendamment de l'ouvrage : sœur Gabrielle Trimusi (Parme, genou et colonne vertébrale, juin 1923) et Maria Pellemans (Schaerbeek, tuberculose, tombe de Lisieux, mars 1923) ; béatification le 29 avril 1923, canonisation le 17 mai 1925 par Pie XI — cf. dépêche Catholic News Agency du 7 juin 2023 et dossier documentaire thereseoflisieux.org (consultés en octobre 2026). Le docteur La Néele, cité au dossier Charles Anne, y est attesté comme l'un des médecins ayant soigné Thérèse, présent à l'exhumation du 6 septembre 1910. Les détails cliniques ci-dessous restent cités d'après les pièces reproduites par Burette, non recoupées aux procès-verbaux.
27Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 56, dossier de sœur Louise de Saint-Germain (Marie-Renée Lauroa), citant le docteur Le Bec.
28 29 30 31Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 59, dossier de Charles Anne, citant les docteurs La Néele et Loisnel.
32 33 34Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 63, dossier de sœur Gabrielle Trimusi.
35 36 37Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 65, dossier de Maria Pellemans.
38 39 40Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 137 : Reine Fauquet, quatre ans et demi, kératite phlycténulaire depuis le 11 janvier 1906 ; trois oculistes consultés jugent ses yeux perdus.
41Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 140, dossier de Reine Fauquet.
42 45 83Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 138-139 : témoignage de Marie Fauquet sur la vision du 26 mai 1908 et paroles de Reine à sa mère.
43 44Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 70, dossier d'Antoinette Hébert.
46 47Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 71-72, dossier du docteur Aguerre.
48Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 25-50, chapitre consacré à la Première Guerre mondiale.
49Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 31, dossier de Roger Lefebvre, soldat du 224ᵉ régiment d'infanterie.
51 52 53Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 79-105, chapitre consacré aux conversions : lecteurs protestants et orthodoxes d'Histoire d'une âme, non-pratiquants, guérisons suivies de conversion, mission auprès des Inuits.
54Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 83, dossier d'Alexander-James Grant.
55 59Camille Burette, Pluie de roses. Les plus beaux miracles de Thérèse de Lisieux, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 82–87, citation p. 83 et dépositions p. 86.
56 57Estelle et Michel Pascal, Les miracles de sainte Thérèse, Éditions du Rocher, 2003, p. 106-114 : reconstitution romancée de la crise intérieure de Grant (scènes et dialogues reconstitués, non repris comme verbatim dans cet article).
58Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 86 : témoignage de Grant au procès ordinaire le 8 août 1911, installation du couple à Alençon comme gardiens de la maison natale le 3 juin 1912, nouveau témoignage au procès apostolique le 31 mai 1915, décès le 19 juillet 1917.
60Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 107-131, chapitre consacré aux missions : Chine, Madagascar, Malacca, Mongolie, Abyssinie, Cambodge, Afrique australe, Canada.
61Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse, canonisés ensemble par le pape François le 18 octobre 2015 au Vatican, pendant le synode sur la famille — premier couple canonisé dans la même cérémonie dans l'histoire de l'Église.
64Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 165-166, ouverture du chapitre consacré aux grâces matérielles, situant ces récits dans le contexte de la charité pratiquée par Louis et Zélie Martin, parents de Thérèse, envers les pauvres de Lisieux.
65Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 169, lettre de mère Carmela du Sacré-Cœur, prieure du carmel de Gallipoli, au carmel de Lisieux, 25 février 1910.
66Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 169-175 : suite du dossier du carmel de Gallipoli (billet de Mgr Müller) et réplique à l'orphelinat de Brest en 1912.
67 68Maureen O'Riordan, dossier documentaire « Saint Therese of Lisieux : A Gateway », thereseoflisieux.org (page « tag/1910 », consultée en octobre 2026), citant John Beevers, Storm of Glory : The Story of St. Therese of Lisieux, Doubleday, 1955, p. 128, et Giovanni Ricciardi, « The Miracle of Gallipoli » ; Antoinette Guise Castelnuovo, « Le miracle financier de Gallipoli. Surnaturel, industries du zèle et dévotion à Thérèse de Lisieux au début du XXᵉ siècle », Revue d'histoire du XIXᵉ siècle, 2024/2, n° 69, p. 105-121. Seule l'existence et le traitement de ce dossier sont ainsi corroborés ; le détail des apparitions et des billets reste conditionné aux lettres conservées au Carmel.
69Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 187-208, chapitre consacré aux grâces diverses : protections physiques (accident de machine, électrocution, animal dangereux maîtrisé, incendie de Guayaquil en 1927).
70Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 188-190 : le père Anton Puntigam, jésuite (1859-1926), commence le 3 décembre 1925 une neuvaine de 24 Gloire au Père et recommande lui-même cette « neuvaine des 24 Gloria Patri ».
71Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 191, citant Austen Ivereigh, François le réformateur, Emmanuel, 2017, p. 432-433 : le pape François connaît cette neuvaine et a pour habitude de demander une rose blanche comme signe que sa prière a été entendue.
72Propos du cardinal Jorge Bergoglio à Sergio Rubin en 2010, rappelés par l'agence Catholic News Agency le 7 juin 2023 (« Pope plans to write document dedicated to St. Thérèse of Lisieux », repris par Catholic Courier, National Catholic Register et Angelus News) : « When I have a problem I ask the saint, not to solve it, but to take it in her hands and help me accept it, and, as a sign, I almost always receive a white rose. »
73Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 202, dossier de Théodore Hennequin : arrestation le 3 octobre 1944, déportation à Dachau puis Auschwitz-Jaworzno, évacuation le 17 janvier 1945, évasion le 20 janvier 1945.
74 75Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 220, exhumation du 6 septembre 1910.
76 78Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 219-220 : décompte des perceptions olfactives par mère Agnès de Jésus, sœur Geneviève et sœur Marie du Sacré-Cœur ; authentification de la planche du cercueil par le docteur La Néele.
77Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 228-229, dossier du père Pichon : guérisons du 2 janvier et du 28 août 1909.
79Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 212-213, épisode de sœur Marie de la Trinité et du chapelet.
80 81Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 161-162, dossier de Josua Catafio, citant Anne Blanchard-Laize, « Guéri après des prières à sainte Thérèse, cet ado colombien vient remercier à Lisieux », Ouest-France, 27 mai 2019. L'article de presse n'ayant pu être consulté directement pour les besoins du présent article, les propos de l'adolescent y sont rapportés en paraphrase, non au verbatim.
84Camille Burette, Pluie de roses, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 143, dossier d'Édith Gassion (Édith Piaf).
85 87Camille Burette, Pluie de roses. Les plus beaux miracles de Thérèse de Lisieux, Paris, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 141-143, notamment p. 142, note 1, citant Jacqueline Cartier et Hugues Vassal, Édith et Thérèse. La sainte et la pécheresse, Éditions Anne Carrière, 1999, p. 31.
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