Robert Sarah, né le 15 juin 1945 à Ourous en Guinée, est un cardinal guinéen dont le parcours va d'un village du nord de la Guinée aux plus hautes charges de la Curie romaine.[1] Ordonné prêtre en 1969, il devient en 1979, à 34 ans, archevêque de Conakry et le plus jeune évêque du monde, surnommé « le bébé évêque » par Jean-Paul II.[2] Il exerce ce ministère pendant plus de vingt ans sous la dictature de Sékou Touré, puis à Rome comme secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, président du Conseil pontifical Cor Unum et préfet de la Congrégation pour le culte divin de 2014 à 2021.[3][4]
Créé cardinal par Benoît XVI en 2010, il a participé aux conclaves de 2013 et de 2025.[5][6] Ses livres d'entretiens avec Nicolas Diat, Dieu ou rien, La Force du silence et Le soir approche et déjà le jour baisse, l'ont fait connaître bien au-delà des cercles ecclésiaux, autour de deux thèmes qui traversent toute son œuvre : la place de Dieu dans la vie publique et la nécessité du silence pour la prière et la liturgie.[7][8][9]
Cette page donne son parcours exact, ses ouvrages avec leurs dates, et ses positions publiques rapportées dans leurs mots et leur contexte, telles qu'elles ont été publiées et discutées, sans les durcir ni les adoucir.
En quelques dates
- 15 juin 1945Naissance à OurousGuinée
Robert Sarah naît à Ourous, village rural du nord de la Guinée alors française, fils de cultivateurs convertis au christianisme, membre du peuple coniagui.[10]
- 1957Petit séminaire de BingervilleCôte d'Ivoire
- 1964Baccalauréat à Kindiapuis Nancy et Sébikotane
Il obtient son baccalauréat en 1964, part étudier à Nancy, puis achève sa théologie à Sébikotane au Sénégal entre 1967 et 1969, les relations entre la Guinée, la France et ses voisins perturbant plusieurs fois son parcours.[13]
- 20 juillet 1969Ordination sacerdotaleConakry
Il est ordonné prêtre à Conakry par l'archevêque Raymond Maria Tchidimbo, puis obtient une licence de théologie à la Grégorienne et une licence d'Écriture sainte au Studium Biblicum Franciscanum de Jérusalem.[14]
- 8 décembre 1979Archevêque de Conakry à 34 ansle plus jeune évêque du monde
Nommé archevêque de Conakry le 13 août 1979, il est consacré évêque le 8 décembre 1979 par le cardinal Giovanni Benelli et gouverne l'archidiocèse pendant plus de vingt ans.[15]
- 1er octobre 2001Secrétaire pour l'évangélisationRome
Jean-Paul II le nomme secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, charge qu'il garde près de dix ans.[16]
- 20 novembre 2010Cardinal et président de Cor UnumBenoît XVI
Benoît XVI le nomme président du Conseil pontifical Cor Unum le 7 octobre 2010, puis le crée cardinal au consistoire du 20 novembre 2010, avec l'église titulaire de Saint Jean Bosco dans la Via Tuscolana.[17]
- 23 novembre 2014Préfet du culte divinFrançois
Le pape François le nomme préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, charge qu'il exerce jusqu'au 20 février 2021.[18]
- 20 février 2021Préfet éméritedémission acceptée à 75 ans
Ayant présenté sa démission à 75 ans comme le prévoit le droit canon, il devient préfet émérite et poursuit un ministère d'enseignement et de prédication.[19]
- 2025Conclave et envoyé spécialLéon XIV
D'Ourous à Conakry : une formation semée d'obstacles
Un village coniagui, des parents convertis
Robert Sarah naît le 15 juin 1945 à Ourous, dans le nord de la Guinée française, au sein du peuple coniagui.[22] Ses parents sont cultivateurs et convertis au christianisme depuis l'animisme.[23] Il racontera plus tard ce départ dans Dieu ou rien, son livre d'entretiens avec Nicolas Diat, en insistant sur la pauvreté matérielle de son enfance et sur la place centrale qu'y tenait déjà la vie de prière transmise par les missionnaires et par sa famille.[24]
En 1957, à 12 ans, il doit quitter son village pour continuer ses études au petit séminaire Saint Augustin de Bingerville, en Côte d'Ivoire.[25] Après l'indépendance de la Guinée en 1958, il rentre au pays pour achever sa scolarité secondaire.[26] La notice du Saint-Siège résume ce départ en une phrase : après l'école, il a dû quitter la maison familiale pour poursuivre ses études à Bingerville.[27]
Bingerville, Dixinn, Kindia : étudier sous un régime qui exproprie l'Église
Les relations tendues entre la Guinée indépendante et la Côte d'Ivoire l'obligent à poursuivre brièvement ses études à Conakry, au séminaire Sainte Marie de Dixinn tenu par les Pères du Saint Esprit, jusqu'à l'expropriation des biens d'Église par le gouvernement guinéen en août 1961.[28] Après un temps d'étude solitaire à la maison, l'Église obtient pour lui et quelques confrères une place dans une école publique de Kindia en mars 1962, puis le droit d'ouvrir un séminaire où il obtient son baccalauréat en 1964.[29]
En septembre 1964, il part pour le grand séminaire de Nancy, en France.[30] La dégradation des relations entre la Guinée et la France interrompt de nouveau ses études, et il achève sa formation théologique à Sébikotane, au Sénégal, entre octobre 1967 et juin 1969.[31] Ce parcours heurté, quatre pays en douze ans, explique une conviction qui revient dans tous ses livres : la formation d'un prêtre suppose du temps, du silence et une fidélité qui ne dépend pas des circonstances politiques.
Prêtre, bibliste et formateur en Guinée
Ordonné prêtre le 20 juillet 1969 à Conakry par l'archevêque Raymond Maria Tchidimbo, Robert Sarah part ensuite à Rome et à Jérusalem.[32] Il obtient une licence de théologie à l'Université pontificale Grégorienne et une licence d'Écriture sainte au Studium Biblicum Franciscanum de Jérusalem, où il passe notamment l'année 1971.[33][34]
De retour en Guinée, il est nommé recteur du petit séminaire de Kindia et sert comme curé à Boké, Katace, Koundara et Ourous, son village natal.[35] Le futur archevêque connaît donc, avant toute charge romaine, le ministère paroissial rural et la formation des séminaristes dans un pays où l'Église vient de subir expropriations et persécutions.
Archevêque de Conakry sous la dictature de Sékou Touré
Le plus jeune évêque du monde
Le 13 août 1979, Jean-Paul II nomme Robert Sarah archevêque métropolitain de Conakry, à 34 ans.[36] Il succède à l'archevêque Raymond Maria Tchidimbo, qui l'avait ordonné prêtre dix ans plus tôt et qui avait lui-même connu la prison sous le régime guinéen.[37] Consacré évêque le 8 décembre 1979 par le cardinal Giovanni Benelli, archevêque de Florence, il devient le plus jeune évêque du monde et reçoit de Jean-Paul II le surnom de « bébé évêque ».[38]
Il gouverne l'archidiocèse de Conakry pendant plus de vingt ans, jusqu'en 2001.[39] Pendant la même période, il est aussi administrateur apostolique du diocèse de Kankan de 1979 à 1993 et président de la Conférence épiscopale de Guinée de 1985 à 2001.[40] Ces dates comptent : son épiscopat guinéen couvre la fin de la dictature de Sékou Touré, la mort du dictateur en 1984, puis les années du régime de Lansana Conté.
Garder l'Église indépendante sous Sékou Touré
Ahmed Sékou Touré, au pouvoir depuis l'indépendance de 1958, avait fait de la Guinée un État à parti unique d'inspiration marxiste et persécuté prêtres et laïcs.[41] Selon le récit qu'en donne Dieu ou rien, le nom de l'archevêque Sarah figure à la fin du règne sur une liste de personnes à éliminer établie par le régime, peu avant la mort de Sékou Touré en 1984.[42] Malgré ces pressions, il travaille à maintenir l'Église comme la seule institution du pays indépendante de la dictature.[43]
Le Historical Dictionary of Guinea juge que l'Église a joué sous son autorité un rôle remarquable dans la vie publique guinéenne et qu'il est devenu l'un des dirigeants les plus respectés du pays, au point que de nombreux Guinéens ont souhaité entre 2006 et 2010 le voir conduire la transition politique.[44] Le même ouvrage attribue cette confiance au fait qu'il a dit la vérité au pouvoir pendant les années les plus dures du régime, quand d'autres responsables religieux cherchaient plutôt à composer avec lui.[45]
Dans Dieu ou rien, il qualifie la dictature marxiste de système utopique qui a apporté misère et mort.[46] Le quotidien Le Figaro rapporte sa formule publique devenue célèbre en Guinée : « le pouvoir use l'homme ».[47] Cette phrase est ici rapportée comme une parole publique citée par la presse, non comme une citation paginée de ses livres.
Le départ de Guinée et le discours de 2001
En quittant la Guinée en 2001 pour Rome, décoré de la plus haute distinction du pays, il prononce un discours d'adieu qui dénonce une société, selon ses mots rapportés par la presse catholique américaine, « bâtie sur l'oppression des petits par les puissants, sur le mépris des pauvres et des faibles, sur la corruption de l'administration et des institutions de la république ».[48] La phrase vise le régime de Lansana Conté, successeur de Sékou Touré, et elle montre le registre qui le suivra à Rome : une parole directe sur les questions publiques, adossée à son expérience d'évêque sous deux régimes autoritaires successifs.
« Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. » Saint Paul, 2 Corinthiens 12, 9, devise épiscopale du cardinal Sarah[49]
À Rome : l'évangélisation, la charité du pape, le cardinalat
Secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples (2001-2010)
Le 1er octobre 2001, Jean-Paul II nomme Robert Sarah secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, le dicastère chargé des Églises de mission.[50] Il garde cette charge près de dix ans et devient dans le même temps vice grand chancelier de l'Université pontificale Urbanienne, l'université romaine liée à ce dicastère.[51] C'est le passage d'un épiscopat de terrain africain à un service universel : les dossiers ne concernent plus un seul archidiocèse, mais les Églises d'Afrique, d'Asie et d'Océanie.
Président du Conseil pontifical Cor Unum (2010-2014)
Le 7 octobre 2010, Benoît XVI le nomme président du Conseil pontifical Cor Unum, l'organisme chargé de coordonner l'action caritative du pape et des institutions catholiques d'aide dans le monde.[52] Il est alors le deuxième Africain nommé par Benoît XVI à la tête d'un dicastère romain, après le cardinal ghanéen Peter Turkson nommé en 2009 à Justice et Paix.[53] En janvier 2011, il se rend par exemple en Haïti pour le premier anniversaire du séisme, porteur d'un message et d'une aide économique du pape pour le pays dévasté.[54]
Cardinal en 2010, électeur en 2013 et en 2025
Au consistoire du 20 novembre 2010, Benoît XVI crée Robert Sarah cardinal diacre de Saint Jean Bosco dans la Via Tuscolana.[55] Le 3 mai 2021, il opte pour l'ordre des cardinaux prêtres en gardant la même église titulaire.[56]
Il participe comme cardinal électeur au conclave de mars 2013 qui élit le pape François, puis au conclave de 2025 qui élit Léon XIV, quelques semaines avant son 80e anniversaire qui met fin à sa qualité d'électeur le 15 juin 2025.[57][58] Son nom est cité par la presse parmi les papabili, les candidats possibles à la papauté, lors de ces deux conclaves.[59] Cette mention journalistique ne dit rien d'un vote réel, le secret du conclave interdisant de connaître les suffrages, mais elle mesure la place qu'il occupe alors dans le collège cardinalice.
Préfet du culte divin (2014-2021) : le silence, l'orientation, la réconciliation liturgique
Nomination par François et premiers actes
Le 23 novembre 2014, le pape François nomme le cardinal Sarah préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le dicastère qui veille sur la liturgie et les sacrements de l'Église latine.[60] Il y succède au cardinal espagnol Antonio Cañizares Llovera. Le Conseil pontifical Cor Unum qu'il quitte sera ensuite intégré à la réforme de la Curie menée par François.[61]
Le 27 mai 2015, en la fête de saint Augustin de Canterbury, est promulgué sous sa signature Divine Worship: The Missal, la forme de la messe en langue anglaise traditionnelle issue du Book of Common Prayer pour les ordinariats d'anciens anglicans.[62] En janvier 2016, il annonce aussi que la participation au rite du lavement des pieds du Jeudi saint n'est plus limitée aux hommes, selon l'instruction du pape François qui incluait des femmes depuis le début de son pontificat, tout en précisant en mars suivant qu'il n'y a pas d'obligation d'inclure des femmes dans cette cérémonie.[63]
Londres, 5 juillet 2016 : l'appel à célébrer tournés ensemble vers l'Orient
Le 5 juillet 2016, dans l'allocution d'ouverture du congrès Sacra Liturgia à Londres, le cardinal Sarah invite évêques et prêtres à célébrer la messe ad orientem, prêtre et fidèles tournés ensemble dans la même direction, « partout où c'est possible », en proposant comme échéance le premier dimanche de l'Avent suivant.[64] Il y encourage aussi les fidèles à recevoir la communion à genoux et dit que le pape François lui a demandé de continuer le travail liturgique commencé par Benoît XVI.[65]
Il avait déjà expliqué sa pensée en mai 2016 : le Concile Vatican II n'a pas exigé que le prêtre célèbre face au peuple, la célébration versus populum étant selon lui « une possibilité, mais pas une obligation », et dès l'offertoire, moment où l'on s'adresse à Dieu, prêtre et fidèles doivent regarder ensemble vers l'Orient.[66] Dans son allocution de Londres, il formule l'appel ainsi, dans le texte anglais rapporté par la presse catholique :
« Il est essentiel que nous revenions dès que possible à une orientation commune, prêtres et fidèles tournés ensemble dans la même direction, vers l'Est ou du moins vers l'Orient liturgique. » Cardinal Robert Sarah, allocution Sacra Liturgia, Londres, 5 juillet 2016[67]
Le 11 juillet 2016, le Bureau de presse du Saint-Siège publie un communiqué précisant que ces propos ont été « interprétés de façon incorrecte, comme s'ils annonçaient de nouvelles indications différentes des normes liturgiques en vigueur », que la célébration face au peuple est « souhaitable partout où c'est possible » et ne doit pas être remplacée par l'expression ad orientem, et que le pape et le cardinal sont en plein accord sur ces points.[68] Le cardinal Sarah avait rencontré le pape François en privé entre son allocution et ce communiqué.[69]
« Réconciliation liturgique » plutôt que guerre des rites
Un an plus tard, en juillet 2017, il écrit dans la revue française La Nef qu'il souhaite que les deux formes du rite romain autorisées par le motu proprio Summorum Pontificum de 2007 partagent à terme le même calendrier de fêtes et les mêmes lectures, tout en reconnaissant que le travail du comité formé à cette fin n'a pas abouti.[70] Il y propose encore que la forme nouvelle retrouve certaines pratiques abandonnées, comme la communion reçue uniquement sur la langue et à genoux, et il y remplace l'expression « réforme de la réforme », critiquée par le porte-parole du Vatican Federico Lombardi, par celle de « réconciliation liturgique ».[71]
La formule qui résume son intention est rapportée ainsi : il refuse de perdre du temps à opposer une liturgie à une autre, le rite de saint Pie V à celui de Paul VI.[72] Cette phrase est donnée ici comme le résumé fidèle de sa position publiée, qui cherche un enrichissement mutuel des deux formes plutôt que leur affrontement, position que les commentateurs décrivent comme favorable aux pratiques liturgiques antérieures au Concile tout en cherchant un terrain commun entre leurs partisans.[73]
Les traductions liturgiques et la lettre du pape François (2017)
En septembre 2017, par le motu proprio Magnum Principium, le pape François transfère aux conférences d'évêques la responsabilité première de préparer, approuver et publier les traductions des livres liturgiques, en demandant à la Congrégation pour le culte divin de les aider dans cette tâche.[74] Une note explicative attribuée au cardinal Sarah précise alors que l'approbation romaine ne serait pas une simple formalité et pourrait conduire à des refus contraignants de traductions jugées insatisfaisantes.[75] Le 22 octobre 2017, le Saint-Siège rend publique une lettre du pape François au cardinal Sarah clarifiant que le Saint-Siège et ses dicastères n'auront qu'une autorité limitée pour confirmer les traductions reconnues par une conférence épiscopale locale.[76]
Démission à 75 ans et fin de la préfecture
Comme le prévoit le droit canon, le cardinal Sarah présente sa démission de préfet du culte divin à 75 ans, âge atteint le 15 juin 2020.[77] Le pape François l'accepte le 20 février 2021 et il devient préfet émérite de la Congrégation.[78] En juillet 2021, il est hospitalisé et opéré de la prostate avec succès, avant de sortir de l'hôpital le 27 juillet 2021.[79]
L'auteur spirituel : Dieu, le silence, le prêtre
Trois livres d'entretiens avec Nicolas Diat
L'œuvre qui fait connaître le cardinal Sarah au grand public tient en trois livres d'entretiens avec le journaliste et éditeur Nicolas Diat, tous parus chez Fayard. Dieu ou rien, en 2015, raconte sa vie et expose sa vision de la foi, de l'Afrique et de l'Occident.[80] La Force du silence, en 2016, déploie une réflexion sur le silence dans la prière, la liturgie et la vie intérieure, nourrie notamment de sa rencontre avec les chartreux.[81] Le soir approche et déjà le jour baisse, en 2019, dresse un diagnostic de la crise spirituelle, morale et ecclésiale qu'il discerne dans le monde contemporain.[82]
Dans La Force du silence, il donne dès les premières pages la clé de sa démarche : sans silence, l'homme ne peut ni écouter Dieu ni se connaître lui-même, et le bruit permanent de l'époque rend cette écoute presque impossible sans un choix délibéré de retrait.[83] Les articles d'Ignispedia sur la vie de prière le citent pour cette raison, notamment au numéro 22 de l'ouvrage, page 36 de l'édition Fayard.[84] Sur Ignispedia, son nom revient ainsi dans Comment grandir dans le silence intérieur et dans les pages consacrées aux aides de la vie de prière, où sa réflexion sur le silence monastique, liturgique et personnel sert de référence contemporaine.
Le livre avec Benoît XVI sur le célibat (2020)
En janvier 2020 paraît chez Fayard Des profondeurs de nos cœurs, présenté à sa sortie comme un livre commun du cardinal Sarah et du pape émérite Benoît XVI en défense du célibat sacerdotal, au moment où le synode sur l'Amazonie vient de discuter de l'ordination d'hommes mariés.[85] Quelques jours après l'annonce, le secrétaire de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein, déclare que le pape émérite avait bien fourni un texte et autorisé son usage, mais qu'il n'avait pas approuvé une co signature du livre et qu'il demandait le retrait de son nom comme coauteur.[86] Le cardinal Sarah publie alors des lettres montrant, selon lui, que Benoît XVI connaissait le projet complet, couvertures comprises, et il maintient sa version tout en acceptant que les éditions suivantes présentent Benoît XVI comme contributeur plutôt que comme coauteur.[87] Le livre paraît en anglais chez Ignatius Press sous le titre From the Depths of Our Hearts.[88]
Pour l'éternité et le Catéchisme de la vie spirituelle
Après sa retraite du culte divin, il publie deux ouvrages de spiritualité. Pour l'éternité, chez Fayard le 17 novembre 2021, propose des méditations sur la figure du prêtre.[89] Le Catéchisme de la vie spirituelle, chez Fayard le 11 mai 2022, parcourt l'itinéraire sacramentel du chrétien, du baptême à l'Eucharistie, comme un chemin vers le Ciel.[90] L'édition anglaise paraît la même année chez EWTN Publishing.[91]
Le tableau suivant donne ses ouvrages principaux avec leur première parution attestée.
| Ouvrage | Année | Ce qu'il contient |
|---|---|---|
| Dieu ou rien (avec Nicolas Diat) | 2015, Fayard | Entretien autobiographique et entretien sur la foi, du village d'Ourous à la Curie romaine[92] |
| La Force du silence (avec Nicolas Diat) | 2016, Fayard | Le silence contre le bruit du monde : prière, liturgie, vie intérieure, rencontre avec les chartreux[93] |
| Le soir approche et déjà le jour baisse (avec Nicolas Diat) | 2019, Fayard | Diagnostic d'une crise spirituelle et morale, et appel au retour à Dieu[94] |
| Des profondeurs de nos cœurs (avec Benoît XVI, présentation discutée) | 2020, Fayard | Défense du célibat sacerdotal, au lendemain du synode sur l'Amazonie[95] |
| Pour l'éternité | 2021, Fayard | Méditations sur la figure du prêtre[96] |
| Catéchisme de la vie spirituelle | 2022, Fayard | L'itinéraire sacramentel du chrétien, du baptême à l'Eucharistie[97] |
Ses positions publiques, dans leur contexte
Cette partie rapporte des prises de position publiées et datées. Elle distingue à chaque fois ce qu'il a dit, où il l'a dit, et la réaction que ses mots ont suscitée, afin que le lecteur juge sur pièces plutôt que sur réputation.
La famille et la vie : le Synode de 2015
Au Synode sur la famille d'octobre 2015, le cardinal Sarah intervient sur les menaces qui pèsent selon lui sur le mariage et la famille. Il y déclare, dans le texte anglais diffusé par la presse catholique et repris par plusieurs agences :
« Ce que le nazi fascisme et le communisme ont été au vingtième siècle, les idéologies occidentales de l'homosexualité et de l'avortement et le fanatisme islamique le sont aujourd'hui. » Cardinal Robert Sarah, intervention au Synode sur la famille, octobre 2015[98]
La même intervention affirme qu'il faut être inclusif et accueillant envers tout ce qui est humain, mais que ce qui vient de l'Ennemi ne peut pas être assimilé, et elle présente ces deux idéologies et le fanatisme islamique comme deux menaces d'origine démoniaque pesant sur la famille.[99] La formule a été critiquée pendant le Synode même : l'évêque d'Anvers Johan Bonny a jugé qu'elle avait empêché une discussion paisible de l'accompagnement pastoral des catholiques homosexuels dans son groupe de travail, et le théologien Krzysztof Charamsa l'a dénoncée comme diffamatoire envers les personnes concernées.[100]
Il faut lire cette intervention dans son genre : un discours de Synode, adressé à des évêques, qui vise des idéologies et des législations, l'avortement, la redéfinition du mariage, le fanatisme islamiste, et non un texte d'enseignement ordinaire. L'année précédente, au Synode de 2014, il avait déjà protesté contre la couverture médiatique du débat, en jugeant que la presse cherchait à pousser l'Église à changer sa doctrine, et il demandait que le rapport intermédiaire souligne plus nettement l'objection de l'Église au mariage entre personnes de même sexe.[101] En mai 2016, devant le National Catholic Prayer Breakfast aux États Unis, il déplore que Dieu soit selon lui érodé et éclipsé dans ce pays par des changements législatifs adoptés au nom de la tolérance, en citant la légalisation du mariage entre personnes de même sexe et l'obligation de financer la contraception dans les programmes de santé.[102]
Sur la vie naissante et la fin de vie, il défend constamment l'enseignement catholique : opposition à l'avortement et à l'euthanasie, défense de la famille fondée sur le mariage.[103] Au Synode de 2015 comme dans ses livres, il présente l'idéologie du genre et le fondamentalisme islamiste comme les deux radicalisations qui menacent la famille, la première par le divorce, le mariage entre personnes de même sexe et l'avortement, le second par le mariage des enfants, la polygamie et la soumission des femmes.[104]
L'islam : fraternité guinéenne et refus du fondamentalisme
Son rapport à l'islam est d'abord celui d'un homme qui a grandi et commencé son séminaire dans des pays à majorité musulmane. Il dit avoir été impressionné par la profondeur de la pratique religieuse musulmane en Guinée et il loue les relations entre chrétiens et musulmans dans son pays, dont il décrit l'islam comme fraternel et pacifique.[105] En même temps, il critique l'intervention militaire des puissances occidentales en Irak et en Syrie, en déclarant avec force que certaines d'entre elles auront perpétré, directement ou symboliquement, un crime contre l'humanité.[106]
Il juge un dialogue théologique entre chrétiens et musulmans très difficile, en raison de différences essentielles sur la Trinité, la Résurrection et l'Eucharistie, mais il attend une collaboration aux niveaux national et international pour résister ensemble à l'avortement, à l'euthanasie et à l'idéologie du genre.[107] C'est cette double ligne, estime pour la piété musulmane vécue en Guinée et refus net du fondamentalisme qui légitime polygamie, soumission des femmes, esclavage sexuel et mariage des enfants, qu'il faut retenir plutôt que l'image d'un adversaire de l'islam en général.[108]
Les migrations : aider chacun à fleurir dans sa culture
En mars 2019, dans un entretien au magazine Valeurs Actuelles lié à Le soir approche, il critique les migrations de masse vers l'Europe tout en déplorant les conditions indignes faites aux migrants qui y vivent sans travail ni dignité.[109] Il y déclare, dans le texte anglais repris par la presse catholique internationale :
« Il vaut mieux aider les gens à fleurir dans leur culture que les encourager à venir dans une Europe en pleine décadence. C'est une fausse exégèse que d'utiliser la Parole de Dieu pour promouvoir la migration. » Cardinal Robert Sarah, entretien à Valeurs Actuelles, mars 2019[110]
L'entretien qualifie aussi la migration de masse de nouvelle forme d'esclavage et il paraît le même week-end où le pape François, en visite au Maroc, défend l'accueil des migrants et juge que les politiciens qui bâtissent des murs en deviendront les prisonniers.[111] Les deux paroles, celle du cardinal et celle du pape, ont été largement opposées dans la presse, alors qu'elles ne portent pas exactement sur le même objet : l'une sur l'encouragement des départs et l'état des sociétés d'arrivée, l'autre sur le devoir d'accueil envers les personnes déjà en route.
Les abus et la crise de l'Église : l'absence de Dieu
En réponse aux « Notes » de Benoît XVI sur la crise des abus sexuels dans l'Église, le cardinal Sarah donne une conférence publiée par L'Espresso où il salue dans ce texte une source de lumière dans la nuit de la foi qui touche l'Église entière, et où il affirme que la multiplication effrayante des abus a une seule cause ultime, l'absence de Dieu.[112]
Dans Le soir approche, il étend ce diagnostic à l'Église elle-même : crise de la foi, crise du sacerdoce, perte du sens du sacré dans la liturgie.[113] C'est ce même fil qui relie ses livres, son action au culte divin et ses interventions publiques : le remède qu'il propose n'est jamais d'abord politique ou médiatique, mais spirituel, retour à Dieu, à la prière et au silence.
Depuis 2021 : préfet émérite, prédicateur, envoyé du pape
Devenu préfet émérite le 20 février 2021, le cardinal Sarah n'exerce plus de charge de gouvernement dans la Curie, mais il reste membre du Dicastère pour l'évangélisation selon la notice actuelle du Saint-Siège.[114] Le 8 mai 2021, le pape François le nomme aussi membre de la Congrégation pour les Églises orientales.[115]
Il consacre ces années à l'enseignement et à la prédication, en Afrique, en Europe et en Amérique, et à ses deux livres de retraite, Pour l'éternité en 2021 et le Catéchisme de la vie spirituelle en 2022.[116][117] En 2025, il participe au conclave qui élit Léon XIV.[118] Le 24 mai 2025, Léon XIV le nomme son envoyé spécial pour présider les célébrations liturgiques des 25 et 26 juillet 2025 au sanctuaire Sainte Anne d'Auray, dans le diocèse de Vannes, pour le 400e anniversaire des apparitions de sainte Anne au paysan breton Yvon Nicolazic.[119] La lettre pontificale à l'envoyé spécial est datée du 19 juillet 2025.[120]
À Sainte Anne d'Auray comme dans ses conférences, le cardinal venu d'Ourous continue de porter le même message qu'à Conakry sous la dictature, à Rome au service de trois papes et dans ses livres : Dieu au centre, le silence pour l'écouter, et la liturgie célébrée tournée vers lui. C'est cette continuité, d'un village coniagui à la chapelle Sixtine des conclaves, qui fait l'unité de son parcours et explique l'écho de ses livres bien au-delà de la Guinée.
Bibliographie choisie
Le tableau de la section précédente donne ses six ouvrages principaux. Ses livres d'entretiens ont été traduits dans de nombreuses langues, notamment en anglais chez Ignatius Press : God or Nothing en 2015, The Power of Silence en 2017 et The Day is Now Far Spent en 2019.[121] Le Catéchisme de la vie spirituelle paraît en anglais chez EWTN Publishing en 2022.[122]
Pour aller plus loin
- Matthieu Lavagna, l'apologète francophone dont les livres croisent souvent ses thèmes
- Vittorio Messori, l'autre grande voix d'entretien avec les papes, de Ratzinger à Jean-Paul II
- Opus Dei, une autre réalité ecclésiale souvent citée dans les débats sur la vie spirituelle contemporaine
Notes et références
Bureau de presse du Saint-Siège, « SARAH Card. Robert », notice biographique officielle des cardinaux, press.vatican.va : né le 15 juin 1945 à Ourous (Guinée), petit séminaire de Bingerville, ordonné prêtre le 20 juillet 1969 à Conakry, licences à la Grégorienne et au Studium Biblicum Franciscanum, recteur du petit séminaire de Kindia, curé à Boké, Katace, Koundara et Ourous, nommé archevêque de Conakry le 13 août 1979 à 34 ans et surnommé « le bébé évêque » par Jean-Paul II, consacré le 8 décembre 1979, secrétaire pour l'évangélisation le 1er octobre 2001, président de Cor Unum le 7 octobre 2010, cardinal au consistoire du 20 novembre 2010 avec Saint Jean Bosco dans la Via Tuscolana, préfet du culte divin du 23 novembre 2014 au 20 février 2021, cardinal prêtre le 3 mai 2021, membre du Dicastère pour l'évangélisation.
1 2 3 11 14 15 16 17 18 25 26 27 32 33 35 36 38 39 50 52 55 56 60 114Vatican News, « Pope accepts resignation of Cardinal Robert Sarah », 20 février 2021 : né en Guinée en 1945, 75 ans le 15 juin 2020, ordonné prêtre le 20 juillet 1969, archevêque de Conakry nommé par Jean-Paul II en 1979 à 34 ans, secrétaire pour l'évangélisation en 2001, président de Cor Unum nommé par Benoît XVI en 2010, démission de préfet du culte divin acceptée par le pape François le 20 février 2021.
4 19 77 78Consistoire du 20 novembre 2010, Benoît XVI crée Robert Sarah cardinal diacre de Saint Jean Bosco dans la Via Tuscolana ; conclave de mars 2013 qui élit François. Bureau de presse du Saint-Siège, notice citée.
5 57Conclave de 2025 qui élit Léon XIV, auquel le cardinal Sarah participe comme électeur avant son 80e anniversaire du 15 juin 2025. Presse catholique internationale, mai 2025.
6 20 58 118Cardinal Robert Sarah, avec Nicolas Diat, Dieu ou rien. Entretien sur la foi, Fayard, Paris, 2015 ; édition anglaise God or Nothing, Ignatius Press, 2015, notamment p. 17-18, 31-34, 40 et 44 pour l'enfance, la famille coniaguie, Bingerville, Dixinn, Kindia, Nancy et Sébikotane, et p. 73 pour les années d'archevêque.
7 10 12 13 22 23 24 28 29 30 31 34 42 43 46 80 92Cardinal Robert Sarah, avec Nicolas Diat, La Force du silence. Contre la dictature du bruit, Fayard, Paris, 2016 ; édition anglaise The Power of Silence, Ignatius Press, 2017.
8 81 93Cardinal Robert Sarah, avec Nicolas Diat, Le soir approche et déjà le jour baisse, Fayard, Paris, 2019 ; édition anglaise The Day is Now Far Spent, Ignatius Press, 2019.
9 82 94 113Bureau de presse du Saint-Siège, bulletin du 24 mai 2025 : Léon XIV nomme le cardinal Sarah, préfet émérite du culte divin, son envoyé spécial pour les célébrations des 25 et 26 juillet 2025 au sanctuaire Sainte Anne d'Auray (diocèse de Vannes) pour le 400e anniversaire des apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic ; lettre du Saint Père à l'envoyé spécial datée du 19 juillet 2025.
21 119 120Succession à Conakry : Raymond Maria Tchidimbo, qui avait ordonné Robert Sarah prêtre en 1969, le précède comme archevêque de Conakry (1979). Bureau de presse du Saint-Siège, notice citée ; ordination épiscopale le 8 décembre 1979 par le cardinal Giovanni Benelli.
37Administrateur apostolique de Kankan (1979-1993), président de la Conférence épiscopale de Guinée (1985-2001), vice grand chancelier de l'Université pontificale Urbanienne (2001-2010). Notice biographique du Saint-Siège et notice de référence du cardinal Sarah.
40 51Ahmed Sékou Touré, président de la Guinée de 1958 à sa mort en 1984, régime à parti unique d'inspiration marxiste, persécutions de prêtres et de laïcs. Dieu ou rien, Fayard, 2015.
41Mohamed Saliou Camara, Thomas O'Toole et Janice E. Baker, Historical Dictionary of Guinea, Scarecrow Press : l'Église a joué sous l'archevêque Robert Sarah un rôle remarquable dans la vie publique guinéenne ; l'un des dirigeants les plus respectés du pays, souhaité par de nombreux Guinéens pour conduire la transition entre 2006 et 2010, confiance gagnée en disant la vérité au pouvoir pendant les années les plus dures du régime de Sékou Touré.
44 45Le Figaro, formule publique rapportée : « le pouvoir use l'homme », parole du cardinal Sarah opposée à Sékou Touré, « chef suprême de la révolution ». Parole publique citée par la presse, sans pagination dans ses livres.
47Discours d'adieu de Guinée, 2001, à son départ pour Rome, après la plus haute distinction du pays : société « bâtie sur l'oppression des petits par les puissants, sur le mépris des pauvres et des faibles, sur la corruption de l'administration et des institutions de la république », visant le régime de Lansana Conté. Texte anglais rapporté par la presse catholique américaine. Texte original rapporté : « built on the oppression of the insignificant by the powerful, on contempt for the poor and the weak, on the cleverness of poor stewards of the public good, on the bribery and corruption of the administration and the institutions of the republic ».
48Devise épiscopale « Sufficit tibi gratia mea », 2 Corinthiens 12, 9 : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. »
49Deuxième Africain nommé par Benoît XVI à la tête d'un dicastère romain, après le cardinal Peter Turkson (Ghana) nommé président du Conseil pontifical Justice et Paix en 2009. Presse vaticane, octobre 2010.
53Conseil pontifical Cor Unum, communiqué de janvier 2011 : Benoît XVI envoie le cardinal Sarah en Haïti pour le premier anniversaire du séisme (10 au 13 janvier 2011), avec un message du pape et une aide économique pour le pays.
54Nom cité parmi les papabili par la presse lors des conclaves de 2013 et de 2025. Mention journalistique, sans valeur sur les votes réels couverts par le secret du conclave.
59Nomination comme préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements le 23 novembre 2014 par le pape François, succession du cardinal Antonio Cañizares Llovera. Bureau de presse du Saint-Siège, notice citée.
61Divine Worship: The Missal, promulgué sous la signature du préfet du culte divin le 27 mai 2015, fête de saint Augustin de Canterbury, forme de la messe en langue anglaise traditionnelle issue du Book of Common Prayer.
62Lavement des pieds du Jeudi saint : annonce du 21 janvier 2016 que la participation n'est plus limitée aux hommes selon l'instruction du pape François, puis précision de mars 2016 qu'il n'y a pas d'obligation d'inclure des femmes dans la cérémonie. Presse vaticane, janvier et mars 2016.
63Cardinal Robert Sarah, allocution d'ouverture du congrès Sacra Liturgia, Londres, 5 juillet 2016 : célébrer ad orientem « partout où c'est possible » dès le premier dimanche de l'Avent, communion à genoux encouragée, mission de continuer le travail liturgique de Benoît XVI selon le pape François. National Catholic Register, juillet 2016. Texte original : « It is absolutely essential to return as soon as possible to a common orientation, of priests and faithful turned together in the same direction, eastwards or at least towards the liturgical East. » Traduction française de la rédaction.
64 65 67Entretien de mai 2016 : Vatican II n'a pas exigé la célébration versus populum, « une possibilité, mais pas une obligation » ; dès l'offertoire, prêtre et fidèles regardent ensemble vers l'Orient. Presse catholique, mai 2016.
66Bureau de presse du Saint-Siège, communiqué du 11 juillet 2016, « Some clarifications on the celebration of Mass » : propos de Londres « interprétés de façon incorrecte », célébration face au peuple « souhaitable partout où c'est possible », accord complet entre le pape et le cardinal sur ces points, après une audience privée entre les deux hommes.
68 69Cardinal Robert Sarah, article dans La Nef, juillet 2017 : même calendrier et mêmes lectures à terme pour les deux formes du rite romain autorisées par Summorum Pontificum (2007), travail du comité sans aboutissement, communion sur la langue et à genoux proposée pour la forme nouvelle, expression « réconciliation liturgique » préférée à « réforme de la réforme », refus d'opposer le rite de saint Pie V à celui de Paul VI.
70 71 72 73Motu proprio Magnum Principium, septembre 2017 : responsabilité première des traductions liturgiques aux conférences d'évêques ; note explicative attribuée au cardinal Sarah sur une approbation romaine pouvant refuser des traductions ; lettre du pape François au cardinal Sarah rendue publique le 22 octobre 2017 limitant l'autorité de confirmation du Saint-Siège.
74 75 76Hospitalisation du 12 juillet 2021, opération de la prostate réussie, sortie d'hôpital le 27 juillet 2021. Catholic News Agency, février et juillet 2021.
79Cardinal Robert Sarah, avec Nicolas Diat, La Force du silence, Fayard, Paris, 2016, n° 22, p. 36, référence déjà utilisée par les articles Ignispedia sur le silence intérieur et les aides de la vie de prière.
83 84Benoît XVI et cardinal Robert Sarah, Des profondeurs de nos cœurs, Fayard, Paris, janvier 2020 ; édition anglaise From the Depths of Our Hearts, Ignatius Press, 2020, ISBN 9781621644149. Défense du célibat sacerdotal au lendemain du synode sur l'Amazonie.
85 88 95Présentation comme coauteurs discutée en janvier 2020 : Mgr Georg Gänswein déclare que Benoît XVI avait fourni un texte et autorisé son usage sans approuver une co signature et demande le retrait de son nom comme coauteur ; le cardinal Sarah publie des lettres montrant selon lui que Benoît XVI connaissait le projet complet et maintient sa version, les éditions suivantes présentant Benoît XVI comme contributeur. Presse vaticane et internationale, janvier 2020.
86 87Cardinal Robert Sarah, Pour l'éternité. Méditations sur la figure du prêtre, Fayard, Paris, 17 novembre 2021, ISBN 9782213719863.
89 96 116Cardinal Robert Sarah, Catéchisme de la vie spirituelle, Fayard, Paris, 11 mai 2022, ISBN 9782213718194 ; édition anglaise Catechism of the Spiritual Life, EWTN Publishing, 2022, ISBN 9781682782934 : les sacrements comme itinéraire vers le Ciel.
90 91 97 117 122Intervention du cardinal Sarah au Synode sur la famille, octobre 2015, diffusée par Aleteia et la presse catholique : menaces sur le mariage et la famille, accueil de tout ce qui est humain, refus d'assimiler ce qui vient de l'Ennemi. Texte original : « What Nazi-Fascism and Communism were in the 20th century, Western homosexual and abortion Ideologies and Islamic Fanaticism are today. » Traduction française de la rédaction.
98 99Réactions au Synode de 2015 : Mgr Johan Bonny, évêque d'Anvers, juge que la formule a empêché une discussion paisible de l'accompagnement pastoral des catholiques homosexuels dans son groupe ; Krzysztof Charamsa la dénonce comme diffamatoire. Religion News Service, octobre 2015.
100Synode sur la famille de 2014 : objection à la couverture médiatique du débat, demande de souligner l'objection au mariage entre personnes de même sexe dans le rapport intermédiaire, refus que l'aide internationale soit conditionnée à des règlements fondés sur l'idéologie du genre. Presse catholique, octobre 2014.
101Discours au National Catholic Prayer Breakfast, Washington, 17 mai 2016 : Dieu « érodé, éclipsé, liquidé » aux États Unis par des changements législatifs adoptés au nom de la tolérance, mariage entre personnes de même sexe et financement obligatoire de la contraception cités. Presse catholique américaine, mai 2016.
102Défense de l'enseignement catholique sur la vie et la famille : opposition à l'avortement et à l'euthanasie, deux radicalisations menaçant la famille, l'idéologie du genre par le divorce, le mariage entre personnes de même sexe et l'avortement, et l'État islamique par le mariage des enfants, la polygamie et la soumission des femmes. Synode de 2015 et entretiens de presse, Edward Pentin, National Catholic Register.
103 104 108Islam en Guinée décrit comme fraternel et pacifique, piété musulmane admirée, condamnation des interventions militaires occidentales en Irak et en Syrie comme un crime contre l'humanité direct ou symbolique, dialogue théologique jugé très difficile sur Trinité, Résurrection et Eucharistie, collaboration attendue contre avortement, euthanasie et idéologie du genre. Dieu ou rien, Fayard, 2015, et entretiens cités.
105 106 107Entretien à Valeurs Actuelles, mars 2019, lié à Le soir approche : critique des migrations de masse, migrants en Europe souvent sans travail ni dignité, migration de masse qualifiée de nouvelle forme d'esclavage, paru le même week-end que la défense de l'accueil des migrants par le pape François au Maroc. The Tablet et presse catholique, mars 2019. Texte original : « It is better to help people flourish in their culture than to encourage them to come to a Europe in full decadence. It is a false exegesis to use the word of God to promote migration. » Traduction française de la rédaction.
109 110 111Conférence en réponse aux « Notes » de Benoît XVI sur la crise des abus, publiée par L'Espresso, 2019 : ces notes comme une source de lumière dans la nuit de la foi de l'Église entière ; la multiplication des abus a pour cause ultime l'absence de Dieu.
112Bureau de presse du Saint-Siège, bulletin du 8 mai 2021 : le pape François nomme le cardinal Robert Sarah membre de la Congrégation pour les Églises orientales.
115Traductions anglaises chez Ignatius Press : God or Nothing (2015, ISBN 9781621640509), The Power of Silence (2017, ISBN 9781621641919), The Day is Now Far Spent (2019, ISBN 9781621643241).
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