Les Maccabées sont la famille juive qui, au IIe siècle avant Jésus-Christ, arracha la Judée à la plus violente persécution religieuse de son histoire et rendit au Temple de Jérusalem sa pureté. Un vieux prêtre, Mattathias, refusa de sacrifier aux idoles du roi grec Antiochos IV Épiphane ; ses fils prirent les armes, et le troisième d'entre eux, Judas, surnommé Maccabée (« le Marteau »), écrasa coup sur coup les armées séleucides, purifia le Temple profané et institua la fête de la Dédicace, que les juifs célèbrent encore sous le nom de Hanoukka. De 167 à 134 av. J.-C., de Mattathias à Simon, cette famille de prêtres devenus chefs de guerre conquit l'indépendance de la Judée et fonda la dynastie hasmonéenne, qui régna jusqu'à l'arrivée des Romains.
Leur histoire est racontée par la Bible elle-même, dans le premier et le deuxième livres des Maccabées, reçus par l'Église catholique comme Écriture Sainte. C'est là, dans le sang des martyrs, que la foi d'Israël confesse avec une clarté nouvelle la résurrection des corps, la création à partir de rien et la prière pour les défunts : trois vérités que le christianisme tiendra pour centrales. Le Christ lui-même monta au Temple pour la fête née de leur victoire (Jn 10, 22), l'épître aux Hébreux fait écho à leurs martyrs (He 11, 35), et l'Église honore comme saints Éléazar, les sept frères et leur mère.
Cet article présente la famille : son nom, son récit, ses figures, ses témoins, sa théologie, son accomplissement chrétien et son culte. Pour les deux livres en eux-mêmes, leurs doctrines détaillées et la question du canon qui sépare catholiques et protestants, voir l'article dédié Les livres des Maccabées.
Les Maccabées dans le canon des Écritures
Un nom de guerre devenu nom de famille
Le mot « Maccabées » ne désigne au départ ni un peuple ni un livre, mais un homme : Judas, troisième fils de Mattathias et âme de la révolte. Son surnom, Maqqaba en hébreu, signifie selon l'interprétation la plus reçue « le marteau », image du guerrier qui frappe et brise les armées ennemies[1]. De Judas, le surnom est passé à ses frères, puis à toute la famille, et enfin aux deux livres qui racontent leur histoire. La famille porte aussi un second nom, plus officiel : les Hasmonéens, du nom d'un ancêtre, Hasmon (Asamonaios chez Josèphe), prêtre de la classe d'Abiya selon la généalogie que l'historien juif fait remonter une génération plus haut que le livre biblique[2].
Mattathias eut cinq fils, que le premier livre nomme avec leurs surnoms de guerre (1 M 2, 2-5)[3] :
| Fils | Surnom | Destin |
|---|---|---|
| Jean | Gaddis | Capturé puis tué par les fils de Jambri (1 M 9, 35-36) |
| Simon | Thassi | Dernier chef de la révolte, prince et grand prêtre (142-134) |
| Judas | Maccabée | Héros de la révolte, tombé à Élasa (160) |
| Éléazar | Avaran | Mort héroïque sous un éléphant de guerre (1 M 6, 43-46) |
| Jonathan | Apphus | Grand prêtre et chef (160-142), assassiné par traîtrise |
Les deux livres qui racontent leur histoire
L'histoire de cette famille nous est connue d'abord par la Bible elle-même : le premier livre des Maccabées, chronique sobre qui suit la famille de Mattathias à Simon (environ 175-134), et le deuxième livre, drame théologique centré sur la persécution, les martyrs et les victoires de Judas (environ 180-161)[4]. Les deux ouvrages sont indépendants, d'auteurs différents, et se complètent plus qu'ils ne se répètent. Ils appartiennent aux livres deutérocanoniques : reçus par l'Église catholique et les Églises orthodoxes comme Parole de Dieu, absents des bibles juives et protestantes[5]. Le détail de leur contenu, de leurs doctrines et du débat sur le canon est exposé dans l'article Les livres des Maccabées : on ne le redouble pas ici, où la famille et son histoire tiennent le premier rôle.
Le récit : de la persécution à l'indépendance
- 175 av. J.-C.Antiochos IV Épiphane monte sur le trône séleucide
Le nouveau roi de Syrie prétend incarner le divin et veut fondre tous ses sujets dans la culture grecque, y compris les juifs.
- 167 av. J.-C.La persécution et l'abomination de la désolation
Interdiction de la Loi sous peine de mort, livres brûlés, autel païen dressé sur l'autel des holocaustes. Mattathias refuse de sacrifier à Modîn et prend le maquis.
- 166 av. J.-C.Mort de Mattathias, Judas prend le commandement
Le vieux prêtre meurt après son testament ; son fils Judas, le Marteau, mène la guérilla contre les généraux séleucides.
- 164 av. J.-C.Purification du Temple et fête de la Dédicace
Le 25 Kisleu, trois ans après la profanation, le sacrifice reprend. La fête annuelle de la Dédicace (Hanoukka) est instituée.
- 161 av. J.-C.Victoire sur Nicanor à Adasa
Judas écrase le général Nicanor ; le 13 Adar devient un jour de fête, le « jour de Nicanor ».
- 160 av. J.-C.Élasa : la mort de Judas
Abandonné par une partie de ses troupes, Judas tombe les armes à la main face à Bacchidès. Jonathan lui succède.
- 152 av. J.-C.Jonathan devient grand prêtre
Le prétendant séleucide Alexandre Balas nomme Jonathan grand prêtre : la famille sacerdotale retrouve la tête du Temple.
- 142 av. J.-C.Jonathan assassiné, Simon prend la tête
Le général Tryphon fait tuer Jonathan par traîtrise à Ptolémaïs. Simon, dernier fils de Mattathias, relève le combat.
- 141 av. J.-C.Prise de la citadelle et indépendance de fait
Simon chasse la garnison séleucide de l'Acra de Jérusalem ; le peuple l'acclame chef et grand prêtre héréditaire.
- 134 av. J.-C.Assassinat de Simon, avènement de Jean Hyrcan
Simon est assassiné avec deux de ses fils à Dok. Son fils Jean Hyrcan lui succède : la dynastie hasmonéenne est fondée.
Antiochos IV Épiphane et l'abomination de la désolation
Pour comprendre les Maccabées, il faut remonter à Alexandre le Grand. À sa mort (323 av. J.-C.), son empire se partage entre ses généraux, et la Judée passe des Lagides d'Égypte aux Séleucides de Syrie après 200 av. J.-C. Avec eux déferle l'hellénisme : langue grecque, gymnases, cités à la grecque. Une partie de l'aristocratie de Jérusalem se laisse séduire, jusqu'à brader le souverain pontificat : le grand prêtre légitime Onias III est évincé au profit d'intrigants qui pillent le Temple[6].
En 175 av. J.-C. monte sur le trône Antiochos IV, qui se fait surnommer Épiphane (« le dieu manifeste »), titre d'une démesure que ses contemporains railleront en Épimane, « le fou ». Revenant frustré d'Égypte, il décide de briser la singularité juive. En 167, il franchit l'irréparable : il fait cesser le sacrifice quotidien, interdit le sabbat, la circoncision et la Loi sous peine de mort, et dresse sur l'autel des holocaustes un autel païen où l'on immole des porcs. C'est l'« abomination de la désolation » annoncée par le livre de Daniel (Dn 9, 27 ; 11, 31)[7].
Mattathias à Modîn : le refus
Tout commence dans le village de Modîn, où des officiers du roi viennent contraindre les juifs à sacrifier aux idoles. Le vieux prêtre Mattathias, fils de Jean, fils de Siméon, de la classe sacerdotale d'Abiya, installé à Modîn, est sommé de donner l'exemple. Sa réponse est le manifeste de toute la révolte :
« Toutes les nations qui appartiennent aux États du roi peuvent bien lui obéir. Mais moi, mes fils et mes frères, nous suivrons l'Alliance de nos pères. Que le Ciel nous préserve d'abandonner la Loi et ses préceptes ! » (1 Maccabées 2, 19-21)[8]
Voyant un juif s'avancer pour sacrifier, Mattathias, enflammé d'ardeur pour la Loi comme autrefois Pinhas (Nb 25), le frappe sur l'autel même, abat l'officier royal, renverse l'autel païen, puis crie par la ville à tous les fidèles de le suivre dans la montagne (1 M 2, 27)[9]. La résistance armée est née. Mourant l'année suivante (166), Mattathias laisse à ses fils un testament où il passe en revue les héros de la foi, d'Abraham à Daniel, pour leur apprendre que Dieu sauve ceux qui lui restent fidèles (1 M 2, 49-70)[10]. Il confie le commandement à Judas pour la guerre et à Simon pour le conseil.
Judas le Marteau : la guérilla de la foi
Judas Maccabée est le grand héros de l'épopée. À la tête d'une poignée d'hommes mal armés, il défait coup sur coup les généraux séleucides envoyés contre lui. Ses principales victoires, racontées aux chapitres 3 à 7 du premier livre, se suivent en trois campagnes[11] :
| Bataille (vers 166-164) | Adversaire séleucide | Issue |
|---|---|---|
| Beth-Horon | Séron, puis Gorgias à Emmaüs | Armées mises en fuite par une poignée d'hommes |
| Bethsour | Lysias, régent du jeune Antiochos V | Victoire qui ouvre la route de Jérusalem |
| Adasa (161) | Nicanor | Général tué, main exposée ; fête du 13 Adar |
Sa stratégie est celle de la guérilla (attaques de nuit, connaissance du terrain, refus de la bataille rangée), mais sa vraie arme est la foi. Avant chaque combat contre des forces écrasantes, il rappelle aux siens que la victoire ne tient pas aux gros bataillons :
« Il arrive facilement qu'une multitude tombe aux mains d'un petit nombre. En effet, la victoire au combat ne dépend pas de l'importance de l'armée : c'est du Ciel que vient la force. » (1 Maccabées 3, 18-19)[12]
Cette parole résume la théologie de tout le récit : Israël ne vainc pas par sa puissance, mais parce que Dieu combat pour lui, exactement comme au temps de Josué et de Gédéon. Pendant ce temps, Antiochos IV meurt en 164 en Perse en tentant de piller un sanctuaire (1 M 6, 1-17), et son jeune successeur Antiochos V, conseillé par Lysias, doit composer[13].
La purification du Temple et la fête de la Dédicace
Le sommet de l'épopée est la reconquête de Jérusalem et la purification du Temple profané. Judas fait démolir l'autel souillé, en bâtit un neuf avec des pierres intactes, refait les objets sacrés, et rallume la lampe du sanctuaire. Le 25 du mois de Kisleu 164 (décembre), trois ans jour pour jour après la profanation, on offre de nouveau le sacrifice. La joie est si grande qu'on institue une fête annuelle :
« Judas Maccabée décida, avec ses frères et toute l'assemblée d'Israël, que l'anniversaire de la dédicace de l'autel serait célébré pendant huit jours chaque année à cette date, dans la joie et l'allégresse. » (1 Maccabées 4, 59)[14]
Cette fête est la Hanoukka (« Dédicace »), toujours célébrée par les juifs huit jours durant autour de l'allumage des lumières. Elle est aussi la seule fête d'origine maccabéenne mentionnée dans le Nouveau Testament : l'évangile de Jean note que Jésus enseignait au Temple lors de « la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem ; c'était l'hiver » (Jn 10, 22)[15].
Élasa : la mort de Judas
Judas ne jouit pas longtemps de ses victoires. Après avoir battu Nicanor à Adasa (161) et conclu une alliance avec Rome montante (1 M 8), il affronte à Élasa (160) l'armée de Bacchidès avec huit cents hommes seulement, la plupart de ses troupes l'ayant déserté. Il refuse de fuir et tombe les armes à la main. Le livre note sobrement que tout Israël le pleura (1 M 9, 18-21)[16]. Sa mort n'arrête pas le mouvement : son frère Jonathan prend la tête des fidèles et se retire au désert du Jourdain.
Jonathan : le prêtre diplomate
Jonathan, surnommé Apphus, mène d'abord la même vie de guérilla que Judas, vengeant au passage son frère Jean, tué par des pillards (1 M 9, 35-42)[17]. Mais son génie est diplomatique : jouant des rivalités entre prétendants séleucides, il obtient d'Alexandre Balas, en 152, le titre de grand prêtre, avec la pourpre et la couronne d'or (1 M 10, 15-21)[18]. Pour la première fois depuis la crise, un fils de Mattathias monte sur le siège pontifical : la famille sacerdotale retrouve la tête du Temple. Jonathan consolide, fortifie Jérusalem, traite avec Rome et Sparte, puis tombe dans le piège du général Tryphon, qui le fait capturer à Ptolémaïs et assassiner (142)[19].
Simon : l'indépendance reconnue
Simon, surnommé Thassi, dernier survivant des cinq fils, relève le combat avec une prudence consommée. Il obtient du prétendant Démétrios II l'exemption du tribut[20], chasse en 141 la garnison séleucide de la citadelle (l'Acra) qui tenait Jérusalem depuis vingt-six ans, et entre dans la ville aux rameaux et aux cantiques (1 M 13, 49-52)[21]. L'année suivante, une grande assemblée du peuple, des prêtres et des anciens proclame Simon chef, ethnarque et grand prêtre à perpétuité, par un décret solennel gravé sur bronze et affiché au Temple (1 M 14, 27-49)[22]. La Judée est indépendante de fait, bat monnaie, date ses actes de l'ère de Simon, et connaît la paix décrite par le beau tableau de 1 M 14, 4-15. En 134, Simon est assassiné avec deux de ses fils, Judas et Mattathias, au cours d'un festin à Dok par son gendre Ptolémée, fils d'Aboubos, qui convoitait le pouvoir (1 M 16, 11-17)[23]. Son troisième fils, Jean Hyrcan, échappe au complot et lui succède : la dynastie hasmonéenne commence.
Les Hasmonéens après Simon : une dynastie jusqu'à Rome
Avec Jean Hyrcan I (134-104), la résistance religieuse devient un royaume. Hyrcan étend la Judée (Idumée, Samarie), et ses monnaies, des prutahs de bronze au nom de « Yehohanan le grand prêtre et le conseil des juifs », sont les plus anciens témoins matériels de l'État hasmonéen[24]. Son fils Aristobule I (104-103) est, selon Josèphe, le premier Hasmonéen à ceindre le diadème royal (Antiquités, XIII, 301), même si ses propres monnaies ne lui donnent encore que le titre de grand prêtre, ce qui fait débattre les historiens du premier vrai titre royal[25].
| Souverain hasmonéen | Règne | Fait marquant |
|---|---|---|
| Jean Hyrcan I | 134-104 | Extension du territoire, premières monnaies juives |
| Aristobule I | 104-103 | Premier diadème selon Josèphe ; règne d'un an |
| Alexandre Jannée | 103-76 | Apogée territoriale, guerre civile contre les pharisiens |
| Salomé Alexandra | 76-67 | Reine régnante, paix intérieure, soutien aux pharisiens |
| Hyrcan II contre Aristobule II | 67-63 | Guerre fratricide qui appelle l'arbitrage romain |
| Pompée prend Jérusalem | 63 | Fin de l'indépendance ; la Judée devient tributaire de Rome |
Sous Alexandre Jannée (103-76), le royaume atteint sa plus grande extension, mais au prix d'une sanglante guerre civile avec les pharisiens. Sa veuve Salomé Alexandra (76-67), seule reine régnante de l'époque du Second Temple, ramène la paix intérieure[26]. À sa mort, ses fils Hyrcan II et Aristobule II se déchirent : les deux frères en appellent à Pompée, qui assiège Jérusalem, s'empare du Temple en 63 av. J.-C. et emmène Aristobule captif à Rome[27]. L'indépendance conquise par Simon s'achève ; la Judée, réduite et tributaire, attendra le Messie sous la tutelle romaine, puis sous Hérode, qui épousera la princesse hasmonéenne Mariamne avant d'éteindre la dynastie[28]. Le peuple qui montera au Temple de Jésus est celui que les Maccabées ont sauvé de l'hellénisation forcée. L'archéologie continue d'illustrer cet héritage bâtisseur : en octobre 2026, l'Autorité israélienne des antiquités a annoncé la mise au jour, au sud du kibboutz Ramat Rachel, d'un tronçon d'environ 300 mètres de l'aqueduc inférieur de Jérusalem, ouvrage long d'environ 21 kilomètres qui amenait par gravité l'eau des piscines de Salomon jusqu'au mont du Temple et dont les archéologues attribuent la construction à l'époque hasmonéenne[29].
Figures de la résistance
Éléazar le scribe : mourir plutôt que feindre
Le premier martyr raconté par le deuxième livre est le vieux scribe Éléazar, âgé de quatre-vingt-dix ans, qu'on veut forcer à manger de la viande de porc. On lui propose une porte de sortie honorable : feindre d'obéir, en mangeant une viande permise, pour sauver sa vie. Il refuse, de peur que les jeunes, le voyant céder, n'en concluent que la Loi ne compte pas :
« Une telle comédie est indigne de mon âge. En choisissant de mourir avec détermination et noblesse pour nos vénérables et saintes lois, j'aurai laissé aux jeunes gens le noble exemple d'une belle mort. » (2 Maccabées 6, 24-28, passage condensé)[30]
Éléazar inaugure une idée neuve : il vaut mieux mourir que pécher, et le témoignage du sang est plus fécond que la survie achetée par la trahison. Les Pères verront en lui le précurseur des martyrs chrétiens[31].
Éléazar Avaran et l'éléphant
Un autre Éléazar, quatrième fils de Mattathias, surnommé Avaran, illustre l'héroïsme militaire de la famille. À la bataille de Beth-Zacharia contre le régent Lysias, voyant un éléphant caparaçonné aux armes royales qu'il prend pour celui du jeune roi, il se fraye un chemin sous le ventre de la bête, la transperce de son épée et meurt écrasé sous sa chute (1 M 6, 43-46)[32]. Le livre, d'ordinaire avare de commentaires, salue le geste : il donna sa vie « pour sauver son peuple et s'acquérir un nom immortel ».
Les sept frères et leur mère
Vient alors la page la plus célèbre : le martyre de sept frères et de leur mère, suppliciés l'un après l'autre sous les yeux du roi. À chaque supplice, l'un d'eux confesse sa foi en la résurrection des corps, l'affirmation la plus explicite de cette vérité dans tout l'Ancien Testament :
« Tu es un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. » (2 Maccabées 7, 9)[33]
Mais c'est la mère qui domine la scène. Voyant périr ses sept fils en un seul jour, elle les encourage l'un après l'autre dans la langue de leurs pères. À son benjamin, le dernier vivant, elle adresse une exhortation où se trouve l'un des textes les plus profonds de toute la Bible, l'affirmation de la création du monde à partir de rien :
« Je t'en conjure, mon enfant, regarde le ciel et la terre avec tout ce qu'ils contiennent : sache que Dieu a fait tout cela de rien, et que la race des hommes est née de la même manière. » (2 Maccabées 7, 28)[34]
Le raisonnement de la mère est d'une force admirable : le Dieu qui a tiré l'univers du néant peut, à plus forte raison, rendre la vie à des corps déchirés. La foi en la résurrection se fonde sur la foi en la création. Le Catéchisme de l'Église catholique cite expressément ces martyrs comme le moment où la résurrection commence à s'exprimer en Israël[35].
L'auteur et la datation traditionnels
Le premier livre : un Juif proche des faits, écrivant en hébreu
La tradition juive, patristique et ecclésiale reçoit le premier livre comme l'œuvre d'un juif de Judée, partisan des Hasmonéens, écrivant peu après les événements, sous le règne de Jean Hyrcan (134-104) : le livre s'achève sur l'avènement d'Hyrcan (1 M 16, 23-24) et admire Rome d'une façon qui suppose une rédaction antérieure à la conquête de Pompée (63)[36]. Plusieurs indices internes soutiennent cette proximité : l'auteur connaît la géographie de la Judée dans le détail, date soigneusement chaque événement selon l'ère séleucide, cite des documents officiels (traités avec Rome et Sparte, lettres royales, décret pour Simon), et écrit dans un hébreu dont la traduction grecque a gardé le tour[37].
Le témoin décisif est saint Jérôme : dans son prologue, il affirme avoir eu le texte hébreu sous les yeux, « Machabaeorum primum librum Hebraicum repperi » (« j'ai retrouvé en hébreu le premier livre des Maccabées »)[38]. Origène, un siècle et demi plus tôt, connaissait déjà le titre sémitique de l'ouvrage (Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VI, 25)[39]. L'original hébreu s'est ensuite perdu, et seul subsiste le grec de la Septante : c'est en partie pour cette raison que le livre, absent des collections hébraïques, ne fut pas retenu dans la Bible rabbinique, alors que l'Église, qui lisait la Bible grecque des Apôtres, le reçut comme Écriture.
Le deuxième livre : l'abrégé de Jason de Cyrène
L'auteur du deuxième livre ne se cache pas : il déclare lui-même résumer une œuvre en cinq volumes d'un certain Jason de Cyrène, aujourd'hui perdue, et avoue la peine d'un tel abrégé :
« Mais pour nous qui avons entrepris ce pénible travail de résumé, la tâche, loin d'être aisée, nous coûta sueur et veilles. » (2 Maccabées 2, 26)[40]
Cette préface est précieuse : c'est l'un des rares endroits de la Bible où un auteur sacré décrit sa propre méthode de travail. Loin de fragiliser l'inspiration, ce témoignage l'éclaire : Dieu inspire des hommes réels, qui peinent sur leur ouvrage comme tout écrivain. L'abrégé, écrit en grec d'origine dans le style de la diaspora hellénophone, est joint à deux lettres aux juifs d'Égypte dont la première est datée de 124 av. J.-C., ce qui place l'ouvrage au tournant des IIe et Ier siècles[41]. Jason lui-même, à en juger par sa connaissance exacte de la Palestine, avait vécu en Judée et écrivait peu après la mort de Nicanor (161), avant même la chute de Judas, dont il ne parle pas[42].
La réception : la Bible des Apôtres, puis celle de l'Église
Les deux livres sont entrés dans l'Église avec la Septante, la Bible grecque que lisaient les Apôtres : les citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau suivent le plus souvent le grec, et c'est dans cette Bible que les premières générations chrétiennes ont rencontré les Maccabées[43]. Les conciles régionaux d'Hippone (393) et de Carthage (397) les listent dans le canon, le concile de Florence (1442) puis celui de Trente (8 avril 1546) les définissent solennellement parmi les Écritures[44]. Saint Augustin résumait la position de l'Église : les juifs ne tiennent pas ces livres pour canoniques, « mais l'Église les tient pour canoniques, à cause des souffrances extrêmes et admirables de certains martyrs » (voir ci-dessous).
Les témoins anciens du récit
Flavius Josèphe et les sources grecques
Le premier témoin extérieur est Flavius Josèphe (37-vers 100 apr. J.-C.). Dans ses Antiquités judaïques (livres XII-XIII), il suit de près le premier livre des Maccabées, tout en disposant aussi de sources aujourd'hui perdues : c'est lui qui donne la généalogie complète remontant à Hasmon (XII, 265) et qui raconte la suite hasmonéenne après Simon[45]. Le récit biblique se recoupe en outre avec l'historien grec Polybe pour les affaires séleucides (mort d'Antiochos, guerres de Syrie), et les documents officiels insérés dans les deux livres (lettres royales, décrets) s'enracinent, selon les travaux d'Elias Bickerman sur la chancellerie séleucide, dans des pratiques diplomatiques réelles[46]. Loin d'être une légende isolée, l'épopée maccabéenne est prise dans un réseau de témoignages croisés.
Le Nouveau Testament, premier témoin chrétien
Le Nouveau Testament rencontre les Maccabées à deux endroits décisifs. D'abord, l'évangile de Jean place Jésus au Temple pour la fête de la Dédicace (Jn 10, 22) : le Christ honore de sa présence la fête née de la victoire de Judas[47]. Ensuite, l'épître aux Hébreux, dans sa grande galerie des témoins de la foi, évoque ceux qui « ont été torturés et n'ont pas accepté la libération qui leur était proposée, car ils voulaient obtenir une meilleure résurrection » (He 11, 35)[48]. Le vocabulaire grec de ce verset fait directement écho au deuxième livre des Maccabées : l'auteur du Nouveau Testament lit l'Ancien avec la Septante, Maccabées compris, et propose leurs martyrs en modèles de la foi[49].
« Des femmes dont les enfants étaient morts les ont retrouvés ressuscités. Mais certains autres ont été torturés et n'ont pas accepté la libération qui leur était proposée, car ils voulaient obtenir une meilleure résurrection. » (Hébreux 11, 35)[50]
Les Pères : Chrysostome, Grégoire de Nazianze, Augustin
Dès le IVe siècle, les martyrs Maccabées reçoivent dans l'Église un culte éclatant. Saint Grégoire de Nazianze leur consacre son Discours 15, prononcé pour leur fête en 379 ou 381, où il soutient qu'ils méritent la même vénération que les martyrs chrétiens[51]. Saint Jean Chrysostome prêche à Antioche, vers 386, deux homélies sur les Maccabées devant leurs reliques, dans une ville qui possède une église à leur nom[52]. Saint Augustin leur dédie lui aussi des sermons et tranche la question du canon en leur faveur :
« Ces livres des Maccabées, les Juifs ne les tiennent pas pour canoniques, mais l'Église les tient pour canoniques, à cause des souffrances extrêmes et admirables de certains martyrs. » (Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVIII, 36)[53]
La théologie des Maccabées
Si l'Église tient tant à cette famille, ce n'est pas seulement pour son héroïsme : c'est parce que son histoire porte, à l'état explicite, quatre vérités de foi que le reste de l'Ancien Testament n'exprimait qu'en germe. Le tableau suivant les récapitule ; leur exposition détaillée appartient à l'article Les livres des Maccabées.
| Doctrine | Texte des Maccabées | Confirmation dans l'Église |
|---|---|---|
| Résurrection des corps | 2 M 7, 9.14 : le Roi du monde ressuscitera les martyrs | CEC § 992 ; foi commune |
| Création à partir de rien | 2 M 7, 28 : Dieu a tout fait « de rien » | Latran IV (1215) ; CEC § 297 |
| Prière pour les morts | 2 M 12, 38-46 : sacrifice pour les soldats tombés | Florence, Trente ; CEC §§ 1031-1032 |
| Intercession des saints | 2 M 15, 12-16 : Onias et Jérémie prient du Ciel | Communion des saints ; CEC § 956 |
Avant les Maccabées, l'espérance d'Israël en l'au-delà restait floue : le séjour des morts, le shéol, était une ombre indistincte. C'est sur fond de martyre que jaillit l'une des expressions les plus explicites de la foi en une résurrection corporelle pour la vie éternelle, que les pharisiens partageront bientôt (cf. Ac 23, 6) et que le Christ accomplira : « Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 25)[54]. Et c'est une mère au pied de l'échafaud, non un philosophe, qui énonce le texte biblique le plus net sur la création à partir de rien, repris au IVe concile du Latran[55].
La théologie des Maccabées tient aussi dans une maxime de guerre : « la victoire ne dépend pas de l'importance de l'armée : c'est du Ciel que vient la force » (1 M 3, 19). Le petit nombre fidèle contre la multitude infidèle, c'est déjà toute la logique de Gédéon et ses trois cents hommes, et ce sera celle de la Croix : Dieu sauve par les petits, les faibles et les méprisés[56].
L'accomplissement chrétien
Le Christ à la fête de la Dédicace
Le lien le plus direct entre les Maccabées et le Christ tient en un verset de saint Jean : « Alors arriva la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C'était l'hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon » (Jn 10, 22-23)[57]. Jésus est présent au Temple pour la fête née de la victoire de Judas, et c'est dans ce cadre qu'il proclame : « Le Père et moi, nous sommes UN » (Jn 10, 30). Celui dont les Maccabées avaient purifié la maison y révèle qu'il est le Fils : la Dédicace trouve en lui son accomplissement, car le vrai Temple, désormais, c'est son corps (cf. Jn 2, 21)[58].
Les martyrs, précurseurs des martyrs chrétiens
Les Pères voient dans Éléazar, les sept frères et leur mère les précurseurs des martyrs chrétiens : avant les arènes romaines, ils ont montré qu'il vaut mieux mourir que renier Dieu, dans l'espérance de la résurrection[59]. L'épître aux Hébreux les range parmi les témoins de la foi, et l'Église les honore comme saints, parmi les rares figures de l'Ancien Testament à recevoir une fête au Martyrologe (voir ci-dessous). Le sang des Maccabées est ainsi la première semence d'où lèvera la moisson des martyrs de l'Église, selon la parole de Tertullien : le sang des martyrs est semence de chrétiens[60].
Judas parmi les Neuf Preux
La figure de Judas a tant frappé l'Occident chrétien qu'au Moyen Âge on l'a rangé parmi les Neuf Preux, ces neuf modèles de chevalerie : trois païens (Hector, Alexandre, César), trois juifs (Josué, David, Judas Maccabée) et trois chrétiens (Arthur, Charlemagne, Godefroy de Bouillon)[61]. Le thème, introduit par Jacques de Longuyon dans Les Vœux du paon (1312), orne pendant des siècles hôtels de ville, tapisseries et manuscrits. Plus tard, le personnage inspire le théâtre et la musique : le Judas Macabeo de Calderón (1641), puis le grand oratorio de Haendel, Judas Maccabaeus (1747), dont le chœur célèbre la victoire du héros[62]. Aucun autre juge ni roi d'Israël n'a connu pareille fortune dans l'imaginaire chrétien.
L'usage liturgique
La fête des saints Maccabées au 1er août
Les « saints Maccabées » (Éléazar, les sept frères et leur mère) sont inscrits au Martyrologe romain au 1er août, parmi les rares saints de l'Ancien Testament à y recevoir une fête propre, conservée au calendrier traditionnel (au calendrier général actuel, le 1er août est la mémoire de saint Alphonse de Liguori)[63]. Leur culte, attesté à Antioche dès l'Antiquité (église dédiée, reliques vénérées au temps de Chrysostome), témoigne de l'importance accordée très tôt à leur témoignage : des juifs morts avant le Christ sont honorés comme des saints chrétiens, parce que leur martyre annonçait celui des témoins de l'Évangile.
Lectures et prière pour les défunts
La liturgie romaine puise aussi dans les livres des Maccabées ses textes sur la prière pour les morts. Le geste de Judas envoyant son offrande au Temple « afin que les morts soient délivrés de leurs péchés » (2 M 12, 46, selon la formule de la Bible Crampon restée célèbre : « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts ») fonde la pratique des messes pour les défunts, de la commémoration du 2 novembre et des indulgences en faveur des âmes[64]. Chaque fois que l'Église prie pour ceux qui nous ont quittés, elle prolonge la « pensée sainte et salutaire » de Judas Maccabée : la charité plus forte que la mort.
Le débat historico-critique et ses limites
Ce que propose une partie de l'exégèse contemporaine
Une partie de l'exégèse contemporaine aborde les livres des Maccabées avec les outils de la critique historique et propose plusieurs thèses : le premier livre serait l'œuvre d'un auteur anonyme écrivant sous Jean Hyrcan ou peu après, avec une visée apologétique en faveur de la dynastie ; le deuxième livre appartiendrait au genre hellénistique de l'« histoire pathétique », qui recourt aux scènes dramatiques, aux discours recomposés et aux chiffres amplifiés pour émouvoir le lecteur, ce qui inviterait à la prudence sur l'exactitude de certains épisodes, notamment le martyre du chapitre 7 ; les deux lettres placées en tête du deuxième livre auraient été contestées comme des pièces rapportées, voire des faux ; les chiffres des armées et des morts seraient exagérés selon les habitudes antiques[65]. Certains ajoutent que l'absence des Maccabées dans la Bible hébraïque prouverait leur faible autorité dans le judaïsme de l'époque.
Les fragilités de ces reconstructions
Ces hypothèses méritent examen, mais elles portent leurs propres fragilités. D'abord, elles reposent souvent sur l'argument du silence : parce qu'un fait n'est attesté que par une source, on le tient pour douteux, alors que pour une période aussi documentée par bribes, la source unique est la norme, non l'exception. Ensuite, la critique des « discours recomposés » applique aux textes bibliques un soupçon qu'elle n'applique pas avec la même sévérité aux historiens grecs : Thucydide lui-même avouait recomposer les discours (I, 22), sans que personne ne nie pour autant la guerre du Péloponnèse[66]. Les chiffres amplifiés relèvent des conventions du récit antique, partagées par les auteurs sacrés et profanes, et ne prouvent ni l'invention des batailles ni celle des martyrs[67].
Surtout, les présupposés comptent autant que les indices. Quand le merveilleux (apparitions célestes, interventions divines) est écarté par principe comme non historique, ce n'est plus l'examen des sources qui conclut, mais une philosophie qui a conclu d'avance : le miracle étant impossible, tout récit qui en contient est suspect. C'est le présupposé anti-miraculeux, qui n'est pas un résultat de la recherche mais son point de départ inavoué. De même, l'idée que le martyre du chapitre 7 serait une édification tardive suppose ce qu'elle devrait prouver : que la foi en la résurrection ne pouvait pas exister si tôt, alors que c'est précisément ce que le texte atteste.
Pourquoi la lecture traditionnelle reste défendable
Face à ces reconstructions, la lecture traditionnelle s'appuie sur des faits têtus. Même la critique la plus exigeante tient le premier livre pour une source de premier ordre : l'exégète Cornill, cité par la Catholic Encyclopedia, n'y voit qu'une voix, celle d'un « récit absolument digne de foi sur l'une des époques les plus importantes de l'histoire du peuple juif »[68]. Les tentatives du XVIIIe siècle pour discréditer le livre (les frères Wernsdorf) ont échoué. Le livre cite des documents vérifiables, connaît la géographie au détail près, date selon l'ère séleucide avec une précision qui suppose la proximité des faits, et Josèphe, qui disposait d'autres sources, le recoupe au lieu de le contredire[69].
Pour le deuxième livre, la défense classique garde sa force : l'auteur n'est pas responsable des pièces qu'il cite (lettres, décrets) ; les divergences apparentes avec le premier livre s'expliquent (campagne de Lysias distincte, ordre non strictement chronologique, deux récits complémentaires de la mort d'Antiochos) ; le livre trahit une connaissance exacte d'une multitude de petits détails, souvent confirmée par Josèphe qui ne le connaissait pas ; et même ses détracteurs admettent la valeur de sa première partie[70]. Surtout, l'historiographie savante varie avec son temps : au XIXe siècle on y lisait un manifeste pharisien, au XXe le modèle d'un État juif souverain, après la Shoah une résistance religieuse. Ce constat, établi par Daniel R. Schwartz, l'un des commentateurs les plus autorisés du dossier, illustre les limites de toute reconstruction : le « consensus » n'est jamais un verdict neutre et définitif, mais une lecture datée, prise dans les présupposés de son temps[71]. Il n'entame en rien la réception continue, juive puis chrétienne, patristique puis liturgique, qui a dès l'Antiquité honoré ces hommes et ces martyrs comme réels et vénérables.
Pour aller plus loin
- Pour les deux livres en eux-mêmes, leurs doctrines et la question du canon, voir l'article dédié Les livres des Maccabées.
- Pour le recueil biblique dans son ensemble, voir La Bible et l'article de synthèse Ancien Testament.
- Pour la prophétie qui éclaire la persécution d'Antiochos IV, voir le livre de Daniel.
- Pour les autres figures de l'Ancien Testament, voir Abraham, Moïse, Josué, Gédéon, David, Élie, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et le livre de Judith, autre récit de résistance.
- Daniel R. Schwartz, 2 Maccabees, Commentaries on Early Jewish Literature, Walter de Gruyter, 2008 : commentaire de référence.
- Jonathan A. Goldstein, I Maccabees et II Maccabees, Anchor Bible, Doubleday, 1976 et 1983.
- Bezalel Bar-Kochva, Judas Maccabaeus: The Jewish Struggle Against the Seleucids, Cambridge University Press, 1989.
- Raphaëlle Ziadé, Les martyrs Maccabées : de l'histoire juive au culte chrétien, Brill, 2006 : les homélies de Grégoire de Nazianze et de Jean Chrysostome.
Notes et références
Le surnom Maccabée (grec Makkabaios) est généralement rattaché à l'araméen/hébreu maqqaba(t), « marteau ». D'autres hypothèses y voient un acronyme du cri de guerre tiré d'Exode 15, 11 (Mi kamokha ba-elim YHWH, « Qui est comme toi parmi les dieux, Seigneur ? »). Cf. Jonathan A. Goldstein, I Maccabees, Anchor Bible, Doubleday, 1976.
1Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XII, 265 : Mattathias, fils de Jean, fils de Siméon, fils d'Asamonaios, prêtre de la classe de Joarib, citoyen de Jérusalem (texte recoupé via l'édition en ligne, Sefaria). La classe d'Abiya (Joarib) est l'une des vingt-quatre classes sacerdotales (1 Ch 24, 7). Cf. Jewish Encyclopedia (1901), article « Hasmoneans ».
21 Maccabées 2, 2-5, traduction liturgique (AELF) : Jean surnommé Gaddis, Simon appelé Thassi, Judas appelé Maccabée, Éléazar surnommé Avaran, Jonathan surnommé Apphus.
31 Maccabées couvre environ 175-134 av. J.-C. ; 2 Maccabées environ 180-161. Les deux ouvrages sont indépendants, d'auteurs différents. Cf. F. Bechtel, « Books of Machabees », Catholic Encyclopedia (1913).
4Les deutérocanoniques de l'Ancien Testament sont : Tobie, Judith, Sagesse, Siracide, Baruch, 1-2 Maccabées, et des sections d'Esther et de Daniel. Terme forgé par Sixte de Sienne, Bibliotheca Sancta, 1566. Pleinement inspirés et canoniques pour l'Église catholique ; « Apocryphes » pour les protestants.
5Sur l'hellénisation de Jérusalem, Jason, Ménélas et le gymnase au pied de la citadelle, voir 2 M 4 et Emil Schürer, The History of the Jewish People in the Age of Jesus Christ, éd. Vermes-Millar-Black, T&T Clark, 1973-1987, vol. I.
6L'« abomination de la désolation » désigne l'autel païen dressé sur l'autel du Temple en décembre 167 av. J.-C. (1 M 1, 54). L'expression vient de Daniel (Dn 9, 27 ; 11, 31 ; 12, 11) et sera reprise par le Christ (Mt 24, 15).
71 Maccabées 2, 19-21, traduction liturgique (AELF). Manifeste de la révolte : Mattathias oppose à l'obéissance servile des nations la fidélité d'Israël à l'Alliance des pères.
81 Maccabées 2, 23-28 : Mattathias tue l'apostat et l'officier royal, renverse l'autel, puis appelle les zélés de la Loi à le suivre dans la montagne. Modîn (Modein), patrie de la famille, se situait en Judée occidentale, sur les contreforts donnant sur la plaine côtière.
91 Maccabées 2, 49-70 : mourant, Mattathias passe en revue les héros de la foi (Abraham, Joseph, Pinhas, Josué, Caleb, David, Daniel et ses compagnons) et confie à Judas la conduite de la guerre, à Simon le rôle de conseiller.
101 Maccabées 3-7, traduction liturgique (AELF) : victoires de Judas sur Apollonius, Séron, Gorgias à Emmaüs et Lysias à Bethsour, purification du Temple (ch. 4), expéditions en Galaad et en Galilée (ch. 5), mort d'Antiochos IV (ch. 6), victoire sur Nicanor à Adasa (ch. 7).
111 Maccabées 3, 18-19, traduction liturgique (AELF). Avant la bataille contre Séron. Thème central : la victoire vient de Dieu et non de la force des armes (cf. 1 S 14, 6 ; Jg 7, le petit nombre de Gédéon).
121 Maccabées 6, 1-17 : Antiochos IV meurt en 164 en Perse en tentant de piller le sanctuaire d'Élymaïs. Le récit biblique se recoupe avec Polybe (Histoires, XXXI) sur la fin du roi.
131 Maccabées 4, 59, traduction liturgique (AELF). Institution de la fête de la Dédicace, célébrée huit jours à partir du 25 Kisleu (cf. 1 M 4, 52-54). Purification du Temple en 164 av. J.-C., trois ans après la profanation de 167.
14Jean 10, 22-23, traduction liturgique (AELF) : « Alors arriva la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C'était l'hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon. » Unique mention explicite de la fête maccabéenne dans le Nouveau Testament.
15 47 571 Maccabées 9, 5-21 : à Élasa (160), Judas affronte Bacchidès avec huit cents hommes, refuse de fuir et tombe. Jonathan, son frère, prend la tête du mouvement (1 M 9, 23-31).
161 Maccabées 9, 35-42 : Jean, fils aîné de Mattathias, est capturé puis tué par les fils de Jambri près de Madaba ; Jonathan le venge aux noces d'un de leurs chefs.
171 Maccabées 10, 15-21 : Alexandre Balas, prétendant séleucide, nomme Jonathan grand prêtre en 152, avec la pourpre et la couronne d'or. Première entrée de la famille au souverain pontificat.
181 Maccabées 12, 39-13, 30 : le général Tryphon attire Jonathan à Ptolémaïs avec une petite escorte, le fait prisonnier puis assassiner (142). Simon fait rapatrier ses ossements à Modîn et lui élève un mausolée familial (1 M 13, 25-30).
191 Maccabées 13, 34-42 : Démétrios II exempte la Judée du tribut et reconnaît Simon comme grand prêtre et allié ; les actes officiels se datent désormais des années de Simon, marque de l'indépendance recouvrée.
201 Maccabées 13, 49-52 : en 141, Simon chasse la garnison séleucide de l'Acra, la citadelle qui dominait Jérusalem depuis vingt-six ans, et y fait entrer le peuple aux rameaux, aux harpes et aux cantiques.
211 Maccabées 14, 27-49 : grande assemblée qui proclame Simon grand prêtre, chef (ethnarque) et stratège héréditaire ; le décret est gravé sur des tables de bronze affichées au Temple. La Judée bat monnaie et date ses actes de l'ère de Simon.
221 Maccabées 16, 11-17 : Ptolémée, fils d'Aboubos, gendre de Simon, assassine Simon et deux de ses fils au cours d'un festin à la forteresse de Dok (134). Jean Hyrcan, prévenu, échappe au complot et lui succède.
23Les prutahs de bronze au nom de « Yehohanan le grand prêtre et le conseil des juifs » sont attribués à Jean Hyrcan I et constituent les plus anciennes monnaies juives autonomes. Cf. Y. Meshorer, A Treasury of Jewish Coins, Amphora, 2001.
24Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIII, 301 : Aristobule I est le premier Hasmonéen à ceindre le diadème, premier juif depuis près de cinq siècles à porter la couronne. Le géographe Strabon, suivi par une partie des numismates (les monnaies d'Aristobule ne portent que le titre de grand prêtre), attribue le premier titre royal à Alexandre Jannée : le point reste débattu, ce qui n'enlève rien à la royauté de fait de la dynastie.
25Sur les règnes d'Alexandre Jannée (103-76) et de Salomé Alexandra (76-67), puis la guerre fratricide de leurs fils, voir Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livres XIII-XIV, et Lee I. Levine, « The Age of Hellenism », Center for Online Judaic Studies.
26Guerre fratricide entre Hyrcan II et Aristobule II (67-63) ; les deux frères en appellent à Pompée, qui assiège Jérusalem, prend le Temple après trois mois et emmène Aristobule captif à Rome. Cf. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIV, 48-76 ; Guerre des Juifs, I, 131-158.
27Hérode le Grand (37-4 av. J.-C.), d'origine iduméenne, épouse la princesse hasmonéenne Mariamne, petite-fille d'Hyrcan II, puis fait exécuter les derniers Hasmonéens. Le dernier prince hasmonéen, Antigone II, est mis à mort en 37.
28Autorité israélienne des antiquités, annonce du 11 octobre 2026 : tronçon d'environ 300 mètres de l'aqueduc inférieur mis au jour au sud du kibboutz Ramat Rachel lors d'une fouille préventive menée avant la construction d'un nouveau quartier, fouille dirigée par Benyamin Storchan et Gil Freid ; l'ouvrage, long d'environ 21 kilomètres des piscines de Salomon au mont du Temple, est attribué par les fouilleurs aux rois hasmonéens et serait resté en usage intermittent jusqu'il y a environ un siècle ; résultats présentés au 19e colloque sur l'archéologie de Jérusalem et ses environs (14-16 octobre 2026). Cf. The Jewish Edition, 11 octobre 2026 ; Hayadan, compte rendu de la même annonce.
292 Maccabées 6, 24-28, traduction liturgique (AELF), passage condensé. Le vieux scribe Éléazar, âgé de quatre-vingt-dix ans (2 M 6, 24), refuse même de feindre de manger de la viande interdite, par souci de ne pas scandaliser les jeunes.
30Les Pères voient dans les martyrs Maccabées (Éléazar, les sept frères, leur mère) les précurseurs des martyrs chrétiens. Saint Grégoire de Nazianze (Discours 15) et saint Jean Chrysostome (deux homélies) leur consacrent des panégyriques. Ils comptent parmi les rares figures de l'Ancien Testament honorées d'une fête au Martyrologe romain (1er août, calendrier traditionnel).
31 591 Maccabées 6, 43-46 : à Beth-Zacharia, Éléazar Avaran se glisse sous l'éléphant royal, le transperce et meurt écrasé. Le livre salue celui qui donna sa vie « pour sauver son peuple et s'acquérir un nom immortel » (1 M 6, 44).
322 Maccabées 7, 9, traduction liturgique (AELF), texte vérifié. Parole du deuxième des sept frères. L'une des affirmations les plus explicites, dans l'Ancien Testament, de la résurrection corporelle pour la vie éternelle (cf. Dn 12, 2). Citée par le CEC § 992.
332 Maccabées 7, 28, traduction liturgique (AELF), texte vérifié. Parole de la mère à son benjamin : texte biblique le plus net sur la création à partir de rien, fondement scripturaire repris au IVe concile du Latran (1215).
34Catéchisme de l'Église catholique, § 992 : « La résurrection des morts a été révélée progressivement par Dieu à son Peuple. [...] Dans leurs épreuves, les martyrs Maccabées confessent : "Le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle, nous qui mourons pour ses lois" (2 M 7, 9). »
35La datation communément admise place 1 Maccabées sous le règne de Jean Hyrcan (134-104), car le livre s'achève sur son avènement (1 M 16, 23-24) et suppose une rédaction antérieure à la conquête de Pompée (63). Cf. Jonathan A. Goldstein, I Maccabees, Anchor Bible, Doubleday, 1976 ; synthèse F. Bechtel, Catholic Encyclopedia (1913).
36La structure phrastique du grec de 1 Maccabées trahit un original sémitique, et les obscurités du texte s'expliquent par une traduction imparfaite ou une mauvaise lecture de l'hébreu. Cf. F. Bechtel, Catholic Encyclopedia (1913) : tournures calquées de l'hébreu, connaissance de la géographie palestinienne, usage des équivalents « Ciel » et « Il » par révérence pour le Nom.
37Saint Jérôme, Prologus Galeatus (préface aux livres de Samuel et des Rois, Vulgate) : « Machabaeorum primum librum Hebraicum repperi » (« j'ai retrouvé en hébreu le premier livre des Maccabées »). Le texte original a depuis disparu ; seul subsiste le grec.
38Origène (cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, VI, 25) donne le titre sémitique du premier livre (Sarbeth Sarbaneel selon la leçon corrigée), preuve que l'ouvrage circulait sous un titre hébreu ou araméen au IIIe siècle.
392 Maccabées 2, 26, traduction liturgique (AELF). L'auteur déclare abréger l'œuvre en cinq volumes de Jason de Cyrène (2 M 2, 23), aujourd'hui perdue. Rare passage biblique où un hagiographe décrit explicitement sa méthode de travail.
40La première des deux lettres jointes au livre est datée de l'an 188 de l'ère séleucide, soit 124 av. J.-C. L'abrégé ne peut guère être postérieur de beaucoup, la demande d'un résumé supposant la proximité de l'œuvre de Jason. Cf. F. Bechtel, Catholic Encyclopedia (1913) ; Daniel R. Schwartz, 2 Maccabees, de Gruyter, 2008, qui défend une date haute.
41Jason de Cyrène, à en juger par sa connaissance exacte de la Palestine, avait vécu en Judée. Son œuvre s'achevait sur la mort de Nicanor (161) et affirmait que Jérusalem demeurait aux juifs (2 M 15, 37-38), ce qui suppose une rédaction avant la chute de Judas à Élasa (160). Cf. F. Bechtel, Catholic Encyclopedia (1913).
42La Septante (LXX), traduction grecque de la Bible réalisée à Alexandrie à partir du IIIe siècle av. J.-C., contient les livres deutérocanoniques absents de la Bible hébraïque rabbinique. L'Église primitive, hellénophone, l'a reçue comme son Ancien Testament. Cf. Marguerite Harl, Gilles Dorival, Olivier Munnich, La Bible grecque des Septante, Cerf, 1988.
43Concile de Trente, session IV, décret De Canonicis Scripturis (8 avril 1546) : énumère le canon complet, dont « les deux livres des Maccabées, le premier et le second ». Denzinger-Schönmetzer 1501-1504. Confirme le canon du concile de Florence (Cantate Domino, 1442) et des conciles d'Hippone (393) et de Carthage (397).
44Flavius Josèphe (37-vers 100 apr. J.-C.) suit de près 1 Maccabées dans ses Antiquités judaïques (livres XII-XIII), tout en disposant de sources aujourd'hui perdues. La concordance avec les sources grecques séleucides (Polybe) est généralement tenue pour bonne. Cf. Bezalel Bar-Kochva, Judas Maccabaeus, Cambridge UP, 1989.
45 69Sur l'origine chancelière des documents officiels insérés dans 1-2 Maccabées, voir Elias Bickerman, « La charte séleucide de Jérusalem », Revue des Études Juives, tome 100, 1935, p. 4-35, et Der Gott der Makkabäer, 1937 (trad. The God of the Maccabees, Brill, 1979).
46Hébreux 11, 35, traduction liturgique (AELF), texte relu sur aelf.org le 8 octobre 2026. Le verset fait écho aux martyrs de 2 M 6-7 : des torturés qui refusent la libération « pour obtenir une meilleure résurrection ».
48 50Le lien entre He 11, 35 et 2 M 6-7 est reconnu par les commentateurs les plus divers, du Cambridge Greek Testament (le verbe « furent torturés » renverrait spécialement à 2 M) aux notes d'étude contemporaines. Le grec de l'épître (« une meilleure résurrection ») répond au grec du deuxième livre.
49Saint Grégoire de Nazianze, Discours 15, Sur les Maccabées, prononcé pour leur fête en 379 ou 381 : les martyrs juifs d'avant le Christ méritent la même vénération que les martyrs chrétiens. Cf. Raphaëlle Ziadé, Les martyrs Maccabées, Brill, 2006.
51Saint Jean Chrysostome, deux homélies Sur les Maccabées (CPG 4354), prêchées à Antioche vers 386 devant les reliques des martyrs, dans une ville qui possède une église à leur nom. Les deux sermons répondent aux doutes sur la légitimité du culte chrétien de ces martyrs juifs.
52Saint Augustin, La Cité de Dieu, livre XVIII, ch. 36 (latin recoupé sur l'édition augustinus.it) : « Macchabaeorum libri, quos non Iudaei, sed Ecclesia pro canonicis habet propter quorumdam martyrum passiones vehementes atque mirabiles ». Augustin défend la canonicité, fondée sur la réception de l'Église.
53Le Catéchisme range le témoignage des martyrs Maccabées parmi les étapes de la « révélation progressive de la Résurrection » (CEC §§ 992-993), partagée bientôt par les pharisiens (Ac 23, 6) et accomplie par le Christ : « Je suis la Résurrection et la vie » (Jn 11, 25).
54IVe concile du Latran (1215), constitution Firmiter credimus : Dieu « par sa toute-puissance a créé du néant tout à la fois, dès le commencement du temps, l'une et l'autre créature ». Denzinger-Schönmetzer 800. La formule s'enracine dans 2 M 7, 28. Cf. aussi CEC § 297.
55Le thème du petit nombre victorieux traverse l'Écriture : Gédéon et ses trois cents hommes (Jg 7), Jonathan fils de Saül (1 S 14, 6), et Judas Maccabée (1 M 3, 18-19). Saint Paul le reprend : « ce qui est faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi » (1 Co 1, 27).
56C'est lors de la fête de la Dédicace que Jésus proclame son unité avec le Père (Jn 10, 30) et que les juifs tentent de le lapider (Jn 10, 31-39). Le vrai Temple, désormais, c'est son corps (Jn 2, 19-21).
58Tertullien, Apologétique, 50 : « semen est sanguis christianorum » (« le sang des chrétiens est une semence »). Les martyrs Maccabées en sont la première illustration vétérotestamentaire.
60Judas Maccabée compte parmi les Neuf Preux : trois païens (Hector, Alexandre, César), trois juifs (Josué, David, Judas Maccabée), trois chrétiens (Arthur, Charlemagne, Godefroy de Bouillon). Thème introduit par Jacques de Longuyon, Les Vœux du paon (1312), immensément diffusé dans l'art médiéval.
61Georg Friedrich Haendel, Judas Maccabaeus, oratorio sur un livret de Thomas Morell (1747), composé après la bataille de Culloden : le héros juif y devient la figure du libérateur national. Précédé par le Judas Macabeo de Calderón de la Barca (1641).
62Les « saints Maccabées » sont inscrits au Martyrologe romain au 1er août, parmi les rares saints de l'Ancien Testament à y recevoir une fête propre, conservée au calendrier traditionnel (au calendrier général actuel, le 1er août est la mémoire de saint Alphonse de Liguori). Leur culte, attesté à Antioche dès l'Antiquité, témoigne de l'importance accordée très tôt à leur témoignage.
632 Maccabées 12, 44-46, traduction liturgique (AELF). La variante Crampon (1923), restée célèbre dans la liturgie, porte : « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés. » Fondement scripturaire du purgatoire et de la prière pour les défunts (CEC § 1032 : Florence, DS 1304 ; Trente, DS 1820).
64L'« histoire pathétique » est un genre historiographique hellénistique qui privilégie l'effet dramatique (scènes vives, discours recomposés, chiffres amplifiés). Cf. F. W. Walbank, « History and Tragedy », Historia 9 (1960), p. 216-234, étude fondatrice appliquée aux historiens hellénistiques.
65Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, I, 22 : l'historien avoue recomposer les discours « comme il me semblait que chacun aurait pu parler le plus convenablement sur la situation présente », sans que personne ne nie pour autant la réalité de la guerre qu'il raconte.
66Les auteurs antiques, sacrés et profanes, donnent couramment des chiffres estimatifs ou populaires plutôt que des effectifs exacts, surtout pour les forces ennemies et les pertes. On ne peut exiger d'un récit d'insurrection populaire la précision d'un état-major moderne.
67Carl Heinrich Cornill, Einleitung in das Alte Testament, cité par F. Bechtel, Catholic Encyclopedia (1913) : sur la valeur historique de 1 M, « il n'y a qu'une voix : nous possédons une source de tout premier ordre, un récit absolument digne de foi ».
68Réponses classiques aux objections contre 2 M, résumées d'après F. Bechtel, Catholic Encyclopedia (1913) : campagne de Lysias distincte de celle de 1 M 4 ; ordre non strictement chronologique du premier livre ; deux récits complémentaires de la mort d'Antiochos ; connaissance exacte d'une multitude de petits détails confirmée par Josèphe, qui ignorait le deuxième livre.
70Daniel R. Schwartz, « Modern Scholarship on 1-2 Maccabees in Its Historical Context: Three Episodes », The Bible and Interpretation, août 2024 : Geiger (manifeste pharisien), historiens israéliens (modèle d'État souverain), relecture religieuse post-Shoah (Hengel). Les lectures savantes varient selon les préoccupations de chaque génération.
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