Le livre de Ruth est un bref récit de l'Ancien Testament — quatre chapitres, quatre-vingt-cinq versets — qui raconte comment une jeune veuve moabite, étrangère et démunie, est entrée dans le peuple de Dieu par sa seule fidélité, jusqu'à devenir l'arrière-grand-mère du roi David et une aïeule de Jésus-Christ. Situé « à l'époque où gouvernaient les Juges »[1] — c'est-à-dire vers le XIᵉ siècle avant Jésus-Christ —, il déroule une intrigue paisible de deuil, de glanage, de mariage et de naissance, à rebours de la violence du livre qui le précède dans nos bibles.
Le jugement attribué au grand poète allemand Goethe fait du livre « le plus charmant petit ensemble qui nous soit parvenu sous forme épique et idyllique »[2]. Mais sa portée dépasse de loin l'idylle. Sous une trame en apparence ordinaire, le livre met en scène la providence cachée de Dieu, qui conduit l'histoire sans jamais se montrer par un miracle éclatant ; il exalte le hèsèd, cette bonté fidèle qui lie Ruth à sa belle-mère puis Booz à Ruth ; et il proclame, des siècles avant l'Évangile, que la grâce de Dieu n'a pas de frontières ethniques.
Trois fils conducteurs structurent l'article : (1) le récit lui-même, en quatre actes, lu de près dans le texte ; (2) les institutions d'Israël qui en commandent l'intrigue — le glanage, le goël ou « rédempteur », le lévirat ; (3) les grandes questions d'introduction (auteur, date, historicité) et la lecture théologique et chrétienne du livre, où saint Ambroise reconnaît dans l'époux rédempteur une préfiguration du Christ et dans Ruth une figure de l'Église des nations[3].
Une idylle au temps des Juges : présentation du livre
Un récit en quatre actes
Le livre se lit comme une pièce en quatre tableaux, calqués sur ses quatre chapitres. Le premier conduit de Bethléem à Moab puis de Moab à Bethléem : c'est le drame du deuil et le serment de Ruth. Le deuxième se déroule dans les champs à la moisson de l'orge : Ruth glane chez Booz. Le troisième se joue de nuit, sur l'aire à battre le grain : Ruth demande à Booz d'exercer le droit de rachat. Le quatrième se tient le jour, à la porte de la ville : Booz scelle juridiquement le rachat et le mariage, et l'enfant Obed naît. Le récit progresse ainsi du vide au plein : de l'amertume de Noémi, revenue « les mains vides » (Rt 1, 21), à sa plénitude retrouvée avec la naissance d'Obed (Rt 4, 14-17)[4].
Cette construction soignée n'a rien d'improvisé. Les noms mêmes des personnages, transparents en hébreu, fonctionnent comme des indices : la famille qui fuit la famine porte des noms de mort et de maladie, tandis que les figures du salut portent des noms de grâce et de force[5]. Le tableau ci-dessous en donne la clé, telle que la note la traduction liturgique elle-même.
| Personnage | Sens du nom en hébreu | Rôle dans le récit |
|---|---|---|
| Élimélek | « Mon-Dieu-est-roi » | Le père qui émigre à Moab et y meurt |
| Noémi | « Ma-gracieuse » | La belle-mère, qui se rebaptise Mara, « Amertume » |
| Mahlone | « Maladie » | Premier fils, premier mari de Ruth |
| Kilyone | « Épuisement » | Second fils, mari d'Orpa |
| Orpa | « Nuque » (celle qui tourne le dos) | La belle-fille qui retourne à Moab — la traduction liturgique rend son nom par « Volte-face » |
| Ruth | « Compagne » (ou « amie ») | L'héroïne, fidèle jusqu'au bout |
| Booz | « En-lui-la-force » | Le parent racheteur, époux de Ruth |
| Obed | « Serviteur » | L'enfant, grand-père de David |
La place du livre dans le canon
La position du livre de Ruth varie selon les bibles, et cette variation est significative. Dans la Bible hébraïque, Ruth ne figure pas parmi les livres historiques : il appartient à la troisième section, les Ketouvim (« Écrits »), et plus précisément au groupe des cinq rouleaux (Meguilloth) lus aux grandes fêtes juives. Ruth est lu à la fête de Chavouot (la Pentecôte juive), qui célèbre à la fois le don de la Loi et la moisson — décor même du récit[6].
Dans la Septante grecque, puis dans la Vulgate latine de saint Jérôme et dans toutes les bibles chrétiennes, le livre est au contraire inséré entre les Juges et les livres de Samuel. Ce déplacement obéit à une logique chronologique et narrative : le récit s'ouvre sur les Juges et s'achève sur la généalogie de David, dont l'histoire commence précisément dans les livres de Samuel. Le livre devient ainsi le pont entre l'époque tourmentée des Juges — où « chacun faisait ce qui lui plaisait » (Jg 21, 25) — et l'aube de la royauté davidique. Saint Jérôme, dans sa célèbre préface aux livres de Samuel et des Rois (le Prologus Galeatus), compte Ruth avec le livre des Juges dans le décompte hébreu en vingt-deux livres — tout en notant que d'autres la rangent séparément parmi les Hagiographa (décompte en vingt-quatre livres) ; sa pleine canonicité n'est en cause dans aucun des deux comptes[7].
Un joyau de l'art narratif biblique
Ruth est tenu par la critique littéraire pour l'un des sommets de la prose hébraïque. Tout y est sobriété et délicatesse : pas de bataille, pas de prodige spectaculaire, pas de discours prophétique tonitruant, mais une intrigue tissée de gestes quotidiens — un épi ramassé, un manteau étendu, une sandale ôtée. L'art du conteur se déploie dans les dialogues, qui portent l'essentiel du récit[8], et dans une ironie bienveillante : le lecteur, qui sait où mène l'histoire, savoure les hasards apparents que Dieu seul conduit. C'est « par bonheur », dit le texte avec une fausse innocence, que Ruth tombe sur le champ de Booz (Rt 2, 3) — formule qui, dans la bouche de l'auteur sacré, désigne en réalité la main de la Providence[9].
Le récit : de l'exil de Moab à la naissance d'Obed
Le deuil de Noémi et le serment de Ruth
Une famine chasse de Bethléem un certain Élimélek, sa femme Noémi et leurs deux fils ; ils émigrent au pays de Moab, à l'est de la mer Morte[10]. Là, le malheur les frappe : Élimélek meurt, puis ses deux fils, qui avaient épousé deux Moabites, Orpa et Ruth. En une dizaine d'années, Noémi se retrouve « privée de ses deux fils et de son mari » (Rt 1, 5) — veuve et sans descendance, c'est-à-dire sans avenir ni protection dans le monde antique.
Apprenant que « le Seigneur avait visité son peuple et lui donnait du pain » (Rt 1, 6), Noémi décide de rentrer et presse ses brus de la quitter pour refaire leur vie à Moab. Orpa, après les larmes, obéit. Ruth, elle, s'attache à sa belle-mère par un serment qui est l'un des plus beaux textes de l'Ancien Testament :
« Ne me force pas à t'abandonner et à m'éloigner de toi, car où tu iras, j'irai ; où tu t'arrêteras, je m'arrêterai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. Où tu mourras, je mourrai ; et là je serai enterrée. » — Ruth à Noémi, Rt 1, 16-17[11]
Ce serment n'est pas seulement une promesse d'affection : Ruth renonce à sa patrie, à sa famille et à ses dieux pour adhérer au Dieu d'Israël. C'est une conversion autant qu'une fidélité. De retour à Bethléem, Noémi, brisée, refuse jusqu'à son nom : « Ne m'appelez plus Noémi (Ma-gracieuse), appelez-moi Mara (Amertume). Car le Puissant m'a remplie d'amertume. J'étais partie comblée, mais le Seigneur me ramène les mains vides » (Rt 1, 20-21)[12]. Le livre s'ouvre ainsi sur un cri presque jobien — mais elles arrivent, note le texte, « au début de la moisson de l'orge » (Rt 1, 22) : la première lueur d'espérance.
La glaneuse et le champ de Booz
Pauvre et sans ressources, Ruth se prévaut du droit de glanage que la Loi accorde aux indigents : suivre les moissonneurs pour ramasser les épis tombés. « Par bonheur », elle entre dans le champ de Booz, « un riche propriétaire du même clan » qu'Élimélek (Rt 2, 1-3). Booz arrive de la ville et salue ses ouvriers d'une formule qui dit toute la piété du personnage : « Le Seigneur soit avec vous ! » — et ceux-ci de répondre : « Que le Seigneur te bénisse ! » (Rt 2, 4).
Remarquant l'étrangère, Booz la prend sous sa protection, l'invite à boire et à manger, ordonne à ses gens de laisser tomber des épis pour elle. Quand Ruth s'étonne de tant d'égards pour « une étrangère », Booz révèle qu'il sait tout de sa fidélité envers Noémi, et il prononce sur elle une bénédiction qui annonce le dénouement du livre :
« Que le Seigneur te rende en bien ce que tu as fait ! Qu'elle soit complète, la récompense dont te comblera le Seigneur, le Dieu d'Israël, sous les ailes de qui tu es venue t'abriter ! » — Booz à Ruth, Rt 2, 12[13]
L'image des « ailes » de Dieu sous lesquelles Ruth s'abrite reviendra, retournée, au chapitre suivant : c'est Ruth qui demandera à Booz d'étendre sur elle « le pan de son manteau » — le même mot hébreu, kanaf, qui signifie à la fois « aile » et « pan de vêtement ». Le racheteur devient ainsi l'instrument par lequel Dieu lui-même répond à sa propre bénédiction[14]. Ruth rapporte le soir « une quarantaine de mesures d'orge » (Rt 2, 17) ; Noémi reconnaît dans Booz « l'un de nos proches parents, l'un de ceux qui ont sur nous droit de rachat » (Rt 2, 20). L'intrigue est lancée.
La nuit sur l'aire à battre le grain
Le troisième acte est le plus audacieux. Noémi, voulant « établir » Ruth, lui dicte un plan délicat : la nuit, quand Booz dormira sur l'aire après le vannage, Ruth devra discrètement « découvrir ses pieds » et se coucher là, attendant qu'il lui indique la marche à suivre (Rt 3, 1-4). La scène, chargée de tension, reste d'une retenue absolue : il n'y a pas de faute, mais une demande en mariage présentée selon les codes du temps. Réveillé au milieu de la nuit, Booz découvre une femme à ses pieds.
« Il demanda : "Qui es-tu ?" Elle répondit : "C'est moi, Ruth ta servante. Étends sur ta servante le pan de ton manteau, car c'est toi qui as droit de rachat." » — Rt 3, 9[15]
Loin de se scandaliser, Booz bénit Ruth, car elle aurait pu chercher un mari jeune, « pauvre ou riche », et préfère honorer le devoir familial. Il lui rend ce témoignage public :
« Et maintenant, ma fille, n'aie pas peur ; tout ce que tu diras, je le ferai pour toi, car tout le monde ici sait que tu es une femme parfaite. » — Booz à Ruth, Rt 3, 11[16]
L'expression traduite par « femme parfaite » (hébreu éshèt hayil, littéralement « femme vaillante », « femme de valeur ») est exactement celle qui ouvre l'éloge de la femme accomplie au livre des Proverbes (Pr 31, 10) — clin d'œil qui hausse Ruth au rang d'idéal de la sagesse d'Israël. Mais Booz révèle un obstacle : il existe « un plus proche parent », prioritaire pour le rachat. L'affaire devra se régler au grand jour.
Le rachat à la porte de la ville
La porte de la ville était, en Israël, le lieu des transactions et des jugements, où siégeaient les anciens. Booz y convoque le parent prioritaire devant dix témoins et lui propose d'abord de racheter le champ de Noémi[17]. L'homme accepte — jusqu'à ce que Booz précise la condition attachée : qui rachète le champ doit aussi épouser « Ruth la Moabite » pour « que le nom du mort reste attaché à son héritage » (Rt 4, 5). L'autre se récuse alors, de peur de « détruire son propre héritage », et cède son droit par le geste rituel de la sandale, coutume « jadis en Israël » que le texte prend soin d'expliquer à ses lecteurs (Rt 4, 7-8)[18].
Booz proclame publiquement qu'il rachète tout l'héritage d'Élimélek et prend Ruth pour épouse. L'assemblée le bénit en invoquant les matriarches d'Israël :
« Que le Seigneur rende la femme qui entre dans ta maison comme Rachel et comme Léa qui, à elles deux, ont bâti la maison d'Israël ! » — les anciens de Bethléem, Rt 4, 11[19]
Un fils naît, et les femmes de Bethléem chantent la plénitude rendue à Noémi, désormais nourrice de son petit-fils :
« Cet enfant te fera revivre, il sera l'appui de ta vieillesse : il est né de ta belle-fille qui t'aime, et qui vaut mieux pour toi que sept fils. » — les femmes de Bethléem à Noémi, Rt 4, 15[20]
Que d'une étrangère moabite on puisse dire qu'elle « vaut mieux que sept fils » — alors que sept fils étaient le comble de la bénédiction en Israël — donne la mesure du renversement opéré par le livre. L'enfant reçoit le nom d'Obed ; et le récit se clôt sur une généalogie qui en dévoile l'enjeu caché : « Ce fut le père de Jessé, qui fut le père de David » (Rt 4, 17).
Les institutions d'Israël derrière le récit
L'intrigue de Ruth est tout entière commandée par trois institutions sociales de l'ancien Israël, que le lecteur moderne doit connaître pour saisir le récit. Toutes trois visent un même but : protéger le faible — le pauvre, la veuve, l'orphelin, l'étranger — au sein de la communauté de l'Alliance.
Le droit de glanage : la loi qui protège le pauvre
La Loi de Moïse interdit au propriétaire de moissonner jusqu'aux bords de son champ ou de repasser sur sa récolte : « Tu laisseras cela au pauvre et à l'immigré » (Lv 19, 9-10 ; Lv 23, 22 ; Dt 24, 19-21). C'est ce droit qui permet à Ruth, étrangère sans terre, de se nourrir. Le Catéchisme de l'Église catholique range encore ce « droit de grappillage et de glanage » parmi les institutions qui répondent à l'exhortation à secourir le prochain dans le besoin[21]. Booz ne se contente pas d'observer la loi : il la dépasse par charité, ordonnant qu'on laisse tomber des épis exprès pour Ruth (Rt 2, 16)[22]. Le récit illustre ainsi la différence entre la stricte justice et la surabondance de la bonté.
Le goël, le « rédempteur » de la famille
L'institution centrale du livre est celle du goël — mot souvent traduit par « rédempteur » ou « racheteur ». En Israël, le plus proche parent avait le devoir de racheter ce qu'un membre appauvri de la famille avait dû vendre, à commencer par la terre patrimoniale, afin que l'héritage ne sorte pas du clan : « Si ton frère tombe dans la gêne et doit vendre une part de sa propriété, son plus proche parent viendra exercer son droit de rachat » (Lv 25, 23-25)[23]. Le goël était aussi le vengeur du sang et, plus largement, le protecteur des faibles de la parenté. C'est ce rôle que Ruth invoque en demandant à Booz d'étendre sur elle le pan de son manteau : elle ne quémande pas l'aumône, elle réclame un droit au nom de la solidarité familiale voulue par Dieu. Le mot goël et ses dérivés reviennent une vingtaine de fois dans ce court livre — vingt-deux occurrences de la racine dans le texte hébreu (Rt 2, 20 ; 3, 9.12-13 ; 4, 1.3-4.6-8.14) : il en est le maître-mot[24].
Le lévirat : susciter une descendance au défunt
À ce devoir de rachat se joint une seconde institution, le lévirat (du latin levir, « beau-frère ») : quand un homme mourait sans enfant, son frère — ou un proche — devait épouser la veuve pour lui « susciter une descendance », et le premier-né portait le nom du défunt afin que « son nom ne soit pas effacé d'Israël » (Dt 25, 5-10)[25]. Le livre de Ruth combine de façon originale rachat de la terre et lévirat : Booz épouse Ruth « afin que le nom du mort reste attaché à son héritage » (Rt 4, 10). Cette fusion des deux coutumes, débattue par les exégètes, montre que le livre ne se réduit pas à un cas de droit : il met la lettre des institutions au service de la vie, contre la peur du parent anonyme qui refuse, lui, de compromettre son patrimoine.
| Institution | Référence biblique | Fonction |
|---|---|---|
| Glanage | Lv 19, 9-10 ; 23, 22 ; Dt 24, 19-21 | Nourrir le pauvre, la veuve, l'étranger |
| Rachat (goël) | Lv 25, 23-25 | Garder la terre et les personnes dans la famille |
| Lévirat | Dt 25, 5-10 | Donner un héritier au défunt sans enfant |
Qui a écrit le livre de Ruth, et quand ?
L'attribution traditionnelle à Samuel
La tradition juive, recueillie dans le Talmud de Babylone, attribue la rédaction du livre au prophète Samuel : « Samuel a écrit son livre, les Juges et Ruth »[26]. Cette attribution, qui rattache logiquement Ruth à l'œuvre du prophète qui oignit David, n'est pas démontrable : la Catholic Encyclopedia la dit « sans fondement » et rejetée par la quasi-totalité de la critique[27] ; l'auteur véritable reste anonyme. Mais elle exprime une intuition juste sur la fonction du livre : préparer l'histoire de David, dont Samuel est le héraut[28].
Le débat des modernes : monarchie ou retour d'exil ?
La date de composition est l'une des questions les plus discutées de l'introduction à l'Ancien Testament, et il faut distinguer soigneusement plusieurs niveaux. L'époque du récit est claire : il se déroule au temps des Juges, soit vers le XIᵉ siècle av. J.-C. La date de mise par écrit, elle, est débattue entre deux grandes positions.
| Position | Arguments avancés | Limites |
|---|---|---|
| Haute date (monarchie, Xᵉ-VIIIᵉ s.) | Coutumes juridiques anciennes, prose classique, intérêt pour la généalogie de David | N'explique pas certains traits linguistiques tardifs |
| Basse date (après l'Exil, Vᵉ-IVᵉ s.) | Quelques aramaïsmes, place parmi les Écrits, climat « universaliste » | Aramaïsmes peu probants ; l'argument de canon ne prouve pas la date de rédaction |
Les défenseurs d'une date ancienne soulignent que les usages juridiques du livre — le geste de la sandale présenté comme une coutume « jadis en Israël » (Rt 4, 7) qu'il faut expliquer au lecteur — supposent un long écart avec l'époque décrite, et que la langue reste, pour l'essentiel, de l'hébreu classique. Surtout, la Catholic Encyclopedia note que le livre fut « très probablement écrit avant l'Exil de Babylone » (« most likely written before the Babylonian exile »), tout en reconnaissant que les données internes du livre demeurent « indécises » (« indecisive ») quant à la date précise de sa composition[29]. La prudence s'impose donc : aucune des deux datations n'est certaine, et il serait imprudent de présenter la date basse comme un acquis de la science.
Une thèse fragile : Ruth écrit contre Esdras et Néhémie ?
Une partie de l'exégèse du XXᵉ siècle a voulu faire de Ruth un pamphlet tardif dirigé contre la politique de réprobation des mariages mixtes menée par Esdras et Néhémie au retour de l'Exil (Esd 9-10 ; Ne 13) : en montrant qu'une Moabite est devenue l'aïeule de David, l'auteur aurait protesté contre l'exclusion des étrangères. Cette lecture, séduisante, doit être reçue avec réserve pour plusieurs raisons.
D'abord, elle est conjecturale : le livre ne porte aucune trace de polémique, aucune allusion à Esdras ou à Néhémie ; il faut la supposer. Ensuite, la Catholic Encyclopedia juge cette lecture « une inférence » tirée non du contenu du livre, mais d'une date tardive présupposée — inférence « non moins incertaine que cette date elle-même » —, et préfère (« with greater probability ») y voir avant tout « un récit édifiant » (« an edifying story ») proposé en exemple à son temps[30]. Enfin, l'universalisme de Ruth n'a nul besoin d'un contexte post-exilique pour s'expliquer : il est inscrit dès l'origine dans la promesse faite à Abraham, en qui « toutes les nations de la terre seront bénies » (Gn 22, 18)[31]. Réduire Ruth à un tract conjoncturel, c'est rabaisser un récit de portée universelle au rang d'argument de circonstance. La cohérence du livre se comprend mieux comme célébration de la fidélité de Dieu que comme libelle anti-réformateur.
L'historicité du récit
Le livre se présente comme une histoire réelle, non comme une fable : il situe ses personnages dans une généalogie précise qui aboutit à David, et la tradition juive comme chrétienne l'a toujours reçu en ce sens. Flavius Josèphe, au Iᵉʳ siècle, intègre l'histoire de Ruth dans ses Antiquités judaïques comme un épisode de l'histoire d'Israël[32]. Que le récit soit composé avec un grand art littéraire — noms symboliques, structure soignée, dialogues ciselés — ne contredit en rien son fond historique : l'Écriture sait raconter le vrai avec beauté. Reconnaître les genres littéraires, rappelle le concile Vatican II, est nécessaire pour saisir « l'intention exacte des hagiographes »[33] — mais cette reconnaissance ne dissout pas la réalité des faits, elle en éclaire le sens.
La théologie du livre de Ruth
La providence cachée de Dieu
Aucun miracle, aucune théophanie ne survient dans le livre de Ruth. Et pourtant Dieu en est le véritable protagoniste. Il agit non par éclats, mais par la trame ordinaire des événements : une famine, une glaneuse qui tombe « par bonheur » sur le bon champ, un homme endormi sur une aire, un parent qui se récuse. Le livre enseigne ainsi, par sa forme même, la providence cachée : Dieu conduit l'histoire à travers les décisions libres et les fidélités humbles des hommes. Les personnages le confessent à chaque page — Booz bénit Ruth « au nom du Seigneur », Noémi reconnaît la main de Dieu dans le malheur comme dans le retournement —, mais Dieu, lui, ne parle jamais directement. C'est précisément cette discrétion divine qui fait du livre une école de foi pour les temps ordinaires, où la grâce ne se manifeste pas par des prodiges.
Le hèsèd : la bonté fidèle au cœur du livre
Le mot-clé théologique du livre est l'hébreu hèsèd — terme presque intraduisible que l'on rend par « bonté », « fidélité », « amour loyal », « miséricorde ». Le hèsèd est l'attribut majeur de Dieu dans l'Ancien Testament : l'amour qui tient ses promesses au-delà de toute obligation. Or le génie du livre de Ruth est de montrer ce hèsèd circulant entre les hommes : de Ruth envers Noémi et envers son mari défunt, de Booz envers Ruth, et de Dieu enveloppant le tout. « Il est béni du Seigneur, celui qui n'a pas oublié sa bonté (hèsèd) envers les vivants et les morts », dit Noémi de Booz (Rt 2, 20)[34]. En agissant les uns envers les autres avec cette bonté gratuite et fidèle, les personnages rendent Dieu présent. Le livre suggère ainsi une théologie profonde : la fidélité divine se prolonge et se rend visible dans la fidélité des cœurs humains.
L'universalité du salut : une Moabite dans le peuple de Dieu
Le scandale et la grandeur du livre tiennent en un mot : moabite. Or la Loi déclarait : « L'Ammonite et le Moabite ne seront pas admis dans l'assemblée du Seigneur ; même à la dixième génération, ils ne seront pas admis » (Dt 23, 4)[35]. Comment, dès lors, une Moabite peut-elle devenir l'aïeule du roi David, l'oint du Seigneur ? Le livre répond non par une abrogation de la Loi, mais par la conversion de Ruth et par la liberté souveraine de la grâce. Ce n'est pas le sang qui fait entrer dans le peuple de Dieu, mais la foi : « Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu » (Rt 1, 16)[36]. Ruth, l'étrangère exclue par la lettre, est intégrée par la fidélité de son cœur — préfiguration éclatante de l'appel des nations à la même Alliance. Dès l'Ancien Testament, Dieu inscrit ainsi dans la lignée même du Messie le signe que le salut déborde Israël.
Ruth dans la lecture chrétienne
Dès les Pères de l'Église, le livre de Ruth a été lu à deux niveaux : le sens littéral d'une belle histoire de fidélité, et un sens spirituel où le récit annonce le mystère du Christ et de l'Église. Cette lecture typologique n'est pas une fantaisie surajoutée : elle est commandée par la dernière ligne du livre, qui inscrit Ruth dans la lignée du Messie. Trois figures se dégagent — Booz le rédempteur, Ruth l'Église des nations, l'enfant Obed maillon de la généalogie davidique — avant que le Catéchisme ne fasse du livre un témoin de la dignité du mariage.
Booz, figure du Christ rédempteur
Saint Ambroise de Milan, réfutant les ariens, a lu dans l'époux du livre de Ruth une préfiguration du Christ. Le ressort en est le goël, le « rédempteur » : le proche parent qui épouse l'étrangère, après que le parent prioritaire a dénoué son soulier, annonce Celui qui devait naître de Juda et à qui la Loi, dans son sens spirituel, « attribuait la sandale du mariage, pour les noces avec l'Église » — car « nul autre que le Christ seul est l'Époux »[37]. Le nom de Booz, « en-lui-la-force », et son rôle de racheteur volontaire dessinent les traits du Sauveur : le rachat coûte au racheteur, et c'est par amour qu'il l'assume — lecture reprise par certains exégètes contemporains[38]. Là où la Loi seule excluait l'étrangère, le racheteur l'introduit dans la maison et lui donne un nom — image du salut offert.
Ruth, figure de l'Église des nations
Si Booz est figure du Christ, Ruth est figure de l'Église, et plus précisément de l'Église rassemblée d'entre les nations païennes. Saint Ambroise de Milan, commentant la généalogie du Christ dans son Exposition de l'Évangile selon saint Luc, s'arrête sur la présence de cette Moabite : étrangère exclue par la Loi, elle est néanmoins entrée dans le peuple de Dieu et a part à la lignée du Sauveur — gage que les païens, jadis étrangers à l'Alliance, sont appelés à entrer dans l'Église[39]. Ruth, venue de loin, pauvre et affamée, puis nourrie et épousée par le racheteur, devient l'image du peuple des nations accueilli, sauvé et uni au Christ. Cette lecture patristique fait du petit livre de Ruth une annonce de la catholicité — de l'universalité — de l'Église.
Une aïeule du Messie : Ruth dans la généalogie de Jésus
La pointe du livre est dans sa dernière ligne : Ruth est l'arrière-grand-mère de David (Rt 4, 17), et donc une ancêtre du Christ. L'évangéliste Matthieu le souligne en l'inscrivant nommément dans la généalogie de Jésus : « Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed » (Mt 1, 5)[40]. Or Matthieu n'y nomme que cinq femmes, toutes porteuses d'une histoire singulière ou d'une origine étrangère : Tamar, Rahab, Ruth, la femme d'Urie (Bethsabée), et enfin Marie[41]. En faisant figurer ces femmes — dont deux étrangères, la Cananéenne Rahab et la Moabite Ruth — l'évangéliste montre que Dieu prépare de longue main un salut pour toutes les nations et qu'il choisit volontiers les petits et les exclus pour accomplir son dessein.
| Génération | Lien | Référence |
|---|---|---|
| Booz + Ruth | mariage par rachat | Rt 4, 13 |
| Obed | fils de Booz et Ruth | Rt 4, 17 |
| Jessé | fils d'Obed | Rt 4, 22 |
| David | fils de Jessé, roi d'Israël | Rt 4, 22 |
| … | lignée royale | Mt 1, 6-16 |
| Jésus, le Christ | « fils de David » | Mt 1, 1.16 |
Ruth et la dignité du mariage
Enfin, le livre de Ruth a sa place dans la doctrine catholique du mariage. Le Catéchisme de l'Église catholique le cite expressément, aux côtés du livre de Tobie, comme un témoignage du sens élevé de l'union des époux :
« Les livres de Ruth et de Tobie donnent des témoignages émouvants du sens élevé du mariage, de la fidélité et de la tendresse des époux. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1611[42]
La fidélité de Ruth, le respect de Booz, la pudeur de la scène de l'aire, l'horizon de la fécondité ouverte par leur union : tout concourt à faire de ce récit une icône du mariage selon Dieu, où l'amour humain s'inscrit dans une histoire plus grande que lui — celle du salut. Le Catéchisme range d'ailleurs Ruth parmi ces femmes par lesquelles, « contre toute attente humaine », Dieu a manifesté sa fidélité à sa promesse, de Sara à Marie[43].
Pour aller plus loin
- La Bible — le canon catholique des 73 livres, ses langues, sa transmission et son inspiration.
- L'Ancien Testament — la première Alliance et ses grands ensembles.
- Le livre des Juges — l'époque troublée à laquelle Ruth fait suite.
- Les livres de Samuel — l'histoire de David, dont Ruth prépare la généalogie.
- Le livre de Tobie — l'autre grand récit biblique du mariage selon Dieu.
Notes et références
La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 1, 1. Sauf indication contraire, les citations du livre de Ruth suivent cette traduction.
1Mot célèbre attribué à Johann Wolfgang von Goethe, Noten und Abhandlungen zu besserem Verständnis des West-östlichen Divans (paru avec le West-östlicher Divan, Cotta, Stuttgart, 1819) : le livre de Ruth, « welches bei seinem hohen Zweck, einem Könige von Israel anständige, interessante Voreltern zu verschaffen », serait « das lieblichste kleine Ganze, das uns episch und idyllisch überliefert worden ist » (« le plus charmant petit ensemble qui nous soit parvenu sous forme épique et idyllique »). Référence d'édition : West-östlicher Divan, éd. Hans-J. Weitz, Francfort, 1986, p. 129, indiquée par Irmtraud Fischer, « The Book of Ruth as Exegetical Literature », 38ᵉ Semaine biblique judéo-chrétienne, juillet 2006, n. 1 (texte anglais vérifié le 4 octobre 2026), qui précise que Goethe n'en est pas le premier auteur ; dès 1911, Wolfenson citait déjà le mot avec réserve (« Goethe says? », The Book of Ruth, New York, 1911, n. 2, d'après l'éd. Dunker des œuvres de Goethe, p. 217).
2Saint Ambroise de Milan, De fide ad Gratianum (Exposition de la foi chrétienne), livre III, ch. X, §§ 69-72 : l'histoire de Ruth « était la préfiguration » (was the foreshadowing) de Celui qui devait naître de Juda, à qui la Loi « attribuait la sandale du mariage, pour les noces avec l'Église » (assigned the sandal of marriage, for the espousals of the Church), car « nul autre que le Christ seul est l'Époux » (None other is the Bridegroom but Christ alone) ; et l'Église, son épouse, « vient des nations » (comes from the nations), « pauvre et affamée jadis », occupée à « ramasser les glanures de la Parole » (§ 72) — trad. française de la trad. anglaise H. de Romestin (NPNF, 2ᵉ série, vol. X, en ligne : ccel.org/ccel/schaff/npnf210), texte vérifié le 4 octobre 2026.
3 37La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 1, 20-21 (« le Seigneur me ramène les mains vides ») et Rt 4, 14-17 (la plénitude rendue à Noémi avec la naissance d'Obed).
4La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 1, 2 ; 1, 4 ; 2, 1 ; 4, 17 — la traduction glose elle-même chaque nom (« Mon-Dieu-est-roi », « Ma-gracieuse », « Maladie », « Épuisement », « Volte-face », « Compagne », « en-lui-la force », « serviteur »). Pour Orpa, le sens littéral de l'hébreu 'oref est « nuque » (celle qui tourne le dos) : « Volte-face » est la glose narrative de la traduction, justifiée par le rôle du personnage.
5Lecture du rouleau de Ruth à Chavouot : coutume attestée à l'époque post-talmudique (Massekhet Soferim, ch. 14, rédigé en Palestine à l'époque guéonique — VIIIᵉ siècle selon une datation courante, IXᵉ-Xᵉ siècle selon d'autres travaux) et observée dans les synagogues, notamment le second jour de la fête — liée à la moisson, décor du récit, et à l'anniversaire de David, descendant de Ruth.
6Saint Jérôme, Prologus Galeatus (préface aux livres de Samuel et des Rois), vers 391-392 — vingt-deux livres de l'Ancien Testament, Ruth comptée avec les Juges ; « though some include Ruth and Kinoth amongst the Hagiographa » (décompte en vingt-quatre livres). Texte vérifié le 4 octobre 2026.
7La Bible, traduction liturgique (AELF) : les grands dialogues qui portent le récit — Rt 1, 8-17 (Noémi, Orpa et Ruth) ; Rt 2, 8-13 (Booz et Ruth) ; Rt 3, 10-13 (la promesse sur l'aire) ; Rt 4, 11-12 (la bénédiction des anciens).
8La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 2, 3 (« Elle se trouva par bonheur dans la parcelle d'un champ appartenant à Booz »).
9La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 1, 1-5.
10La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 1, 16-17.
11La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 1, 20-22.
12La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 2, 12.
13L'hébreu emploie le même mot, kanaf (« aile ; pan de vêtement ») : en Rt 2, 12, Ruth s'abrite « sous les ailes » de Dieu (tahat kenafav), et en Rt 3, 9, elle demande à Booz d'étendre sur elle son kanaf (« le pan de ton manteau ») — traduction liturgique (AELF) pour les deux versets.
14La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 3, 9.
15La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 3, 11. L'hébreu éshèt hayil (« femme vaillante ») fait écho à Pr 31, 10.
16La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 4, 1-2.
17La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 4, 7-8.
18La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 4, 11.
19La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 4, 15.
20Catéchisme de l'Église catholique, § 2449 : « Dès l'Ancien Testament, toutes sortes de mesures juridiques (année de rémission, [...] droit de grappillage et de glanage) répondent à l'exhortation du Deutéronome » (libellé vatican.va vérifié le 4 octobre 2026).
21La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 2, 14-16.
22La Bible, traduction liturgique (AELF), Lv 25, 23-25 (droit de rachat de la terre patrimoniale par le plus proche parent).
23Comptage sur le texte massorétique : 22 formes de la racine g-'-l (« racheter ») en Rt 2, 20 ; 3, 9.12.13 ; 4, 1.3.4.6.7.8.14 ; sur l'institution, cf. Lv 25, 23-25 (traduction liturgique AELF).
24La Bible, traduction liturgique (AELF), Dt 25, 5-10 (loi du lévirat : susciter une descendance au frère mort sans enfant).
25Talmud de Babylone, traité Baba Bathra 14b — « Samuel a écrit son livre, les Juges et Ruth. »
26« Book of Ruth », The Catholic Encyclopedia, vol. XIII, Robert Appleton Company, New York, 1912 (en ligne : https://www.newadvent.org/cathen/13276a.htm, texte vérifié le 4 octobre 2026) — sur l'auteur (« Samuel wrote his book, Judges, and Ruth », attribution jugée « groundless »), la date (« most likely written before the Babylonian exile »), la datation interne (« indecisive with regard to the precise date »), la place dans le canon (Hagiographa dans la Bible hébraïque, après les Juges dans la Septante et la Vulgate) et la finalité du livre (« an edifying story », lecture jugée « with greater probability » contre la thèse d'un pamphlet anti-Esdras/Néhémie).
27 28 29 30La Bible, traduction liturgique (AELF), Gn 22, 18 ; cf. Gn 12, 3 (promesse de bénédiction pour toutes les nations en Abraham).
31Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre V, ch. 9 (§§ 318-337 de la numérotation Niese) : l'histoire de Ruth intégrée à l'histoire d'Israël, du départ pour Moab à la naissance d'Obed ; Josèphe conclut qu'il l'a racontée pour démontrer la puissance de Dieu, qui élève à la dignité ceux d'humble origine, comme David (§ 337).
32Concile Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum, 18 novembre 1965, § 12 (nécessité de tenir compte des genres littéraires pour saisir l'intention des hagiographes).
33La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 2, 20 (le hèsèd, bonté fidèle « envers les vivants et les morts »).
34La Bible, traduction liturgique (AELF), Dt 23, 4-7 (exclusion de l'Ammonite et du Moabite de l'assemblée du Seigneur).
35La Bible, traduction liturgique (AELF), Rt 1, 16 (l'adhésion de Ruth au Dieu d'Israël).
36Mitchell L. Chase, « A True and Greater Boaz: Typology and Jesus in the Book of Ruth », The Southern Baptist Journal of Theology, vol. 21, n° 1, 2017, p. 85-96 (lecture de Booz, le goël, comme figure du Christ rédempteur).
38Saint Ambroise de Milan, Exposition de l'Évangile selon saint Luc, livre III, §§ 31-33 (commentaire de la généalogie du Christ) : « Ruth was a foreigner and a Moabitess... She entered the Church and she became an Israelite... in her we see, pre-figured, the gathering in of the nations » (« Ruth était étrangère et Moabite... Elle est entrée dans l'Église et est devenue Israélite... en elle nous voyons, préfiguré, le rassemblement des nations ») — texte anglais vérifié le 4 octobre 2026 ; au § 32, Ambroise renvoie à son De fide pour ce rassemblement de l'Église[^ambroise-defide].
39La Bible, traduction liturgique (AELF), Mt 1, 5 (Ruth dans la généalogie de Jésus).
40La Bible, traduction liturgique (AELF), Mt 1, 3.5.6.16 — les cinq femmes de la généalogie matthéenne : Tamar, Rahab, Ruth, la femme d'Urie (Bethsabée) et Marie.
41Catéchisme de l'Église catholique, § 1611 : « Les livres de Ruth et de Tobie donnent des témoignages émouvants du sens élevé du mariage, de la fidélité et de la tendresse des époux. » (libellé vatican.va vérifié le 4 octobre 2026).
42Catéchisme de l'Église catholique, § 489 : « Contre toute attente humaine, Dieu choisit ce qui était tenu pour impuissant et faible (cf. 1 Co 1, 27) pour montrer sa fidélité à sa promesse : Anne, la mère de Samuel (cf. 1 S 1), Débora, Ruth, Judith et Esther, et beaucoup d'autres femmes. » (libellé vatican.va vérifié le 4 octobre 2026).
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