Pape saint Miltiade (311-314)

Pape africain de la première paix constantinienne, saint Miltiade gouverne la sortie de persécution, reçoit la restitution des biens et juge le premier dossier donatiste à Rome.

Ignispedia

Pape saint Miltiade, appelé aussi Melchiade, est le successeur de saint Eusèbe et le prédécesseur de saint Sylvestre I dans la série des évêques de Rome. Le Saint-Siège le présente comme le 32e pape de l'Église catholique, né en Afrique, avec un pontificat commencé le 2 juillet 311 et achevé le 10 janvier 314.[1]

Sa biographie personnelle est presque entièrement perdue, mais son pontificat est un seuil majeur. Miltiade est le pape de la sortie de persécution : il reçoit la fin progressive de la grande crise de Dioclétien, voit l'entrée victorieuse de Constantin à Rome après le pont Milvius, reçoit la restitution des biens ecclésiastiques confisqués, et préside en 313 le synode romain chargé de juger la crise africaine qui donnera naissance au donatisme.[2][3]

Il ne faut donc pas le réduire à une parenthèse entre les papes exilés de Maxence et la grande figure de Sylvestre. En moins de trois ans, Miltiade doit apprendre à gouverner une Église qui n'est plus officiellement pourchassée, mais qui reste blessée par les lapsi — les chrétiens tombés qui avaient faibli sous la persécution —, les traditores — ceux qui avaient livré les Écritures —, les biens confisqués, les cimetières à restaurer et les rivalités africaines.

« Je ne veux pas que vous laissiez schisme ou division en quelque lieu que ce soit. » — Constantin, lettre à Miltiade et Marc, conservée par Eusèbe[4]

Pourquoi Miltiade compte-t-il ?

Le premier pape après la grande persécution

Miltiade est élu après un traumatisme. Sous Marcellin, l'édit de Dioclétien avait ordonné la destruction des églises, la saisie des Écritures et la dégradation civique des chrétiens.[5] Sous Marcel I et Eusèbe, la question des chrétiens tombés avait déchiré Rome au point de provoquer l'exil de deux papes sous Maxence.[6][7]

Miltiade ne reçoit donc pas une Église triomphante, mais une Église qui respire à peine après la persécution. La paix ne tombe pas sur une institution intacte : les lieux de culte doivent être récupérés, les cimetières remis en usage, les communautés réunifiées, et les pénitents accueillis sans que la sainteté de l'Église soit falsifiée.

Un pape africain face à une crise africaine

Le Liber Pontificalis le dit « Africain de nationalité ».[8] La fiche officielle du Saint-Siège donne aussi l'Afrique comme lieu de naissance.[9] Ce détail devient frappant quand on sait que son grand dossier vient justement d'Afrique du Nord : l'élection contestée de Caecilianus, évêque de Carthage, et l'opposition de Donatus.

Il serait abusif d'en tirer une psychologie complète. Les sources ne donnent ni sa langue maternelle, ni sa formation, ni ses réseaux africains. Mais le fait demeure : après Victor I, autre pape africain associé à une controverse disciplinaire majeure, Miltiade appartient à cette petite série des pasteurs romains venus du monde latin africain, au moment où l'Afrique chrétienne devient l'un des grands foyers théologiques de l'Église.[10][11]

Le pape du premier Latran chrétien

La tradition rattache à son pontificat le don du domaine du Latran par Constantin au siège romain.[12][13] Il faut distinguer ce fait historique de la fausse Donation de Constantin médiévale : Miltiade ne reçoit pas l'Occident impérial ; l'Église romaine entre plutôt dans la possession d'un complexe qui deviendra la résidence pontificale et le centre cathédral de Rome.[14]

Le symbole est considérable. Avant la basilique Saint-Pierre constantinienne, avant Nicée, avant les grandes constructions de Sylvestre, le Latran devient le lieu où l'évêque de Rome peut tenir une assemblée et juger publiquement une crise venue d'Afrique. La paix de l'Église n'est donc pas seulement juridique ; elle devient aussi architecturale, liturgique et institutionnelle.

Les sources anciennes

Tableau des témoins principaux

SourceDate approximativeCe qu'elle apportePrudence
Catalogue libérien, Chronographe de 354354, base antérieureDates du pontificat : 3 ans, 6 mois, 8 joursChronologie sèche, consuls difficiles
Depositio episcoporum354Déposition de Miltiade dans la catacombe de Calliste au 10 janvier 314Très précieux pour la mémoire liturgique romaine
Eusèbe, Histoire ecclésiastique X, 5début IVe siècleLettres de Constantin : restitution des biens, synode romain, rôle de MiltiadeSource proche, favorable à Constantin
Liber PontificalisVIe siècle dans sa forme ancienneOrigine africaine, traditions disciplinaires, sépulture à CallisteTardif ; projections disciplinaires possibles
Optat de Milève, Contre les donatistes IIVe siècleDécision du synode romain contre Donatus et en faveur de CaecilianusPolémique catholique anti-donatiste, mais proche du dossier africain
Saint Augustin, Lettre 43397Lecture catholique du jugement de Miltiade : justice, clémence, paixSource tardive, capitale pour la réception doctrinale
Catholic Encyclopedia1911Synthèse critique : dates, restitution, Latran, donatisme, martyre non prouvéUtile comme index critique, non source primaire

Catalogue libérien et Depositio episcoporum

Le Catalogue libérien donne à Miltiade trois ans, six mois et huit jours, du sixième jour avant les nones de juillet jusqu'au troisième jour avant les ides de janvier, sous les consuls Volusianus et Annianus, c'est-à-dire janvier 314.[15] La liste officielle actuelle du Saint-Siège retient le 2 juillet 311 et le 10 janvier 314.[16] Johann Peter Kirsch, dans la Catholic Encyclopedia, nomme explicitement l'alternative : élection le 2 juillet 310 ou 311, mort le 10 ou 11 janvier 314 — le Catalogue libérien donnant le IIIe jour avant les ides de janvier (11 janvier) et la Depositio le IVe jour (10 janvier).[17]

La Depositio episcoporum du Chronographe de 354 note de son côté : IIII idus Ianuarias, Miltiadis, in Callisti, † 314 — le quatrième jour avant les ides de janvier, Miltiade, à Calliste, 314.[18] Le lieu est important : Miltiade entre dans la paix constantinienne, mais il repose dans la mémoire souterraine de l'Église persécutée.

Le Liber Pontificalis : Afrique, discipline, sépulture

Le Liber Pontificalis présente Miltiade comme Africain, lui attribue une durée plus longue selon une chronologie confuse, et rapporte deux traditions disciplinaires : l'interdiction de jeûner le dimanche ou le jeudi, et l'envoi du ferment eucharistique dans les églises à partir de la consécration de l'évêque.[19]

Louise Ropes Loomis signale que les synchronismes consulaires de cette période sont confus, notamment à cause des consuls reconnus par Maxence.[20] Quant aux décisions liturgiques, elles peuvent conserver le souvenir de pratiques romaines anciennes, mais leur attribution personnelle à Miltiade n'est pas démontrable avec certitude. La méthode est donc simple : recevoir la tradition, mais la hiérarchiser.

De Galère à Milan : la paix impériale

311 : la tolérance de Galère

Le premier tournant précède Constantin à Rome. Le 30 avril 311, Galère publie à Nicomédie un édit de tolérance qui met fin officiellement à la persécution générale qu'il avait soutenue. Eusèbe conserve ce texte : les chrétiens peuvent de nouveau exister, à condition de ne pas troubler l'ordre public, et ils doivent prier pour les empereurs et l'État.[21]

Cet édit n'est pas encore la liberté religieuse au sens de Milan. Il ressemble à un armistice arraché par l'échec. Mais pour l'Église, il ouvre une brèche décisive : les communautés peuvent se reconstituer, réclamer des biens, réorganiser la vie liturgique et sortir de la clandestinité forcée.

312 : le pont Milvius

Le 28 octobre 312, Constantin bat Maxence au pont Milvius et entre à Rome. La Catholic Encyclopedia résume l'effet pour Miltiade : le pape voit la « victoire finale de la Croix » par la défaite de Maxence et l'entrée de Constantin dans la ville.[22] Il faut éviter les simplifications : Constantin n'est pas encore le catéchumène modèle d'une hagiographie complète, et son chemin chrétien reste progressif. Mais le changement politique est réel.

Pour l'Église romaine, cette victoire signifie la fin de l'arbitraire de Maxence, celui-là même qui avait exilé Marcel I et Eusèbe lors des troubles liés aux lapsi, les chrétiens tombés sous la persécution.[23][24] Miltiade devient le premier pape à traiter avec un pouvoir impérial favorable au christianisme.

313 : Milan et la restitution des biens

En 313, Constantin et Licinius s'accordent à Milan sur la liberté de culte pour les chrétiens et les autres religions. Eusèbe conserve la lettre impériale ordonnant que les biens de l'Église soient restitués sans paiement : maisons, jardins, lieux et possessions doivent revenir aux communautés chrétiennes.[25]

À Rome, Kirsch note que l'empereur donne à Miltiade le droit de recevoir, par le préfet de la ville, les bâtiments et possessions ecclésiastiques confisqués pendant la persécution.[26] Cette restitution est matérielle, mais aussi théologique en acte : l'Église ne sort pas de la persécution comme une association privée tolérée ; elle retrouve une visibilité publique.

DateActeurActeEffet ecclésial
30 avril 311GalèreÉdit de toléranceFin de la persécution générale
2 juillet 311Église de RomeÉlection de MiltiadeReprise stable du siège romain
28 octobre 312ConstantinVictoire au pont MilviusEntrée d'un empereur favorable à Rome
313Constantin et LiciniusÉdit de MilanLiberté de culte et restitution des biens
2 octobre 313 (trois jours de délibération)Miltiade et évêquesSynode romainPremier jugement contre le schisme donatiste

Le Latran : maison de l'évêque de Rome

Un lieu politique devenu lieu ecclésial

La tradition situe sous Miltiade la remise du domaine du Latran à l'évêque de Rome.[27][28] Le site venait d'une propriété aristocratique passée dans l'orbite impériale, notamment par Fausta, épouse de Constantin et soeur de Maxence. Après la victoire de Constantin, le lieu devient disponible pour un usage chrétien.[29]

L'importance du Latran vient de ce qu'il n'est pas d'abord un tombeau de martyr, contrairement au Vatican ou à Saint-Paul-hors-les-Murs. Il devient la maison du gouvernement pastoral de Rome. La future basilique du Très-Saint-Sauveur, plus tard Saint-Jean-de-Latran, sera la cathédrale du pape comme évêque de Rome.[30]

Ne pas confondre avec la fausse Donation de Constantin

La critique historique a montré que la Donation de Constantin, document médiéval attribuant au pape un transfert massif de souveraineté impériale, est un faux composé plusieurs siècles plus tard.[31] Cela ne détruit pas la tradition du Latran. Au contraire, cela oblige à la formuler correctement : l'Église romaine a bien reçu très tôt des biens et des lieux de culte ; elle n'a pas reçu de Constantin l'acte juridique mythique que le Moyen Âge a fabriqué.

Cette distinction est salutaire pour une encyclopédie catholique. Défendre l'histoire de l'Église ne consiste pas à sanctifier tous les documents transmis, mais à séparer le solide, le probable, le légendaire et le faux.

Le dossier donatiste

La crise de Carthage

Le donatisme naît d'une blessure très concrète. En Afrique, après la persécution de Dioclétien, l'élection de Caecilianus comme évêque de Carthage est contestée. Ses adversaires soutiennent notamment que son consécrateur, Félix d'Aptunga, aurait été traditor, c'est-à-dire coupable d'avoir livré les Écritures pendant la persécution.[32]

Un concile africain mené par Secundus de Tigisis condamne Caecilianus et installe Majorinus, puis Donatus devient le chef du parti séparé.[33] La question n'est donc pas une querelle administrative : elle touche la sainteté de l'Église, la validité du ministère, la possibilité de rester en communion avec des pécheurs, et la tentation de créer une Église de purs.

La lettre de Constantin à Miltiade

Les adversaires de Caecilianus portent l'affaire jusqu'à Constantin. L'empereur ne tranche pas lui-même d'abord : il écrit à Miltiade, évêque de Rome, et à Marc, en leur envoyant le dossier transmis par Anulinus. Il ordonne que Caecilianus vienne à Rome avec dix évêques accusateurs et dix évêques choisis pour sa défense, afin que l'affaire soit entendue devant Miltiade et trois évêques de Gaule : Reticius, Maternus et Marinus.[34]

« Que là, en votre présence et en celle de Reticius, Maternus et Marinus, vos collègues, cette affaire soit décidée de la manière que vous saurez conforme à la loi très sainte. » — Constantin, lettre à Miltiade et Marc[35]

Le fait est capital pour l'histoire de la primauté romaine. L'empereur ne convoque pas seulement une commission quelconque ; il place le jugement à Rome, auprès de l'évêque de Rome, avec des évêques associés. La primauté apparaît ici comme un service judiciaire de communion, non comme un pouvoir solitaire détaché de l'épiscopat.

Le synode romain du 2 octobre 313

Le synode se réunit à Rome le 2 octobre 313 et délibère pendant trois jours ; la clôture au 4 octobre, parfois donnée, est une inférence à partir de cette durée, non une date attestée par Kirsch.[36] Optat de Milève, dans la traduction Vassall-Phillips (1917), rapporte que dix-neuf évêques siègent — la Catholic Encyclopedia, sur le même dossier, en compte dix-huit assemblés au Latran sous la présidence de Miltiade ; l'écart vient des éditions et du mode de comptage.[37] L'affaire de Donatus et celle de Caecilianus sont examinées, et les témoins de Donatus ne peuvent rien établir contre Caecilianus. Caecilianus est déclaré innocent ; Donatus est condamné notamment pour avoir rebaptisé et imposé la pénitence à des évêques tombés, pratiques étrangères à la discipline catholique.[38]

« Je juge que Caecilianus, comme il le mérite, demeure dans la communion de l'Église, conservant intacte sa position. » — Résumé adapté en français de la sentence du concile, d'après Optat, I, 24[39]

La décision n'est pas une simple victoire de parti. Augustin, près d'un siècle plus tard, louera précisément la qualité du jugement de Miltiade : il n'écrase pas indistinctement tous les adversaires ; il condamne surtout Donatus comme cause principale du trouble, et il prévoit des solutions de communion pour les autres, y compris là où deux évêques concurrents existaient.[40]

Pourquoi le donatisme est si grave

Le donatisme transforme une vraie exigence de sainteté en rupture contre la catholicité. Il part d'un scandale réel : des chrétiens ont livré les livres sacrés, certains pasteurs sont suspects. Mais il en tire une conclusion fausse : l'Église visible serait souillée par la présence de pécheurs, et les sacrements dépendraient de la pureté du ministre.

La réponse catholique, portée par Miltiade puis développée par Augustin, tient ensemble vérité et miséricorde. Il ne s'agit pas de nier les fautes des traditores, ceux qui avaient livré les Écritures pendant la persécution. Il s'agit de refuser que la faute d'un ministre détruise l'action du Christ, ou que la recherche d'une Église pure produise un autel rival.

QuestionPosition donatisteRéponse catholique portée par Miltiade
Un évêque suspect peut-il transmettre validement un ministère ?Non, la faute contamine l'acteL'Église juge les faits ; l'acte sacramentel ne dépend pas de la sainteté privée du ministre
Peut-on rebaptiser ceux qui viennent de l'Église catholique ?Oui, si l'autre communion est jugée impureNon, le baptême du Christ ne se répète pas
La pureté de l'Église exige-t-elle la séparation ?Oui, contre les traditores (ceux qui avaient livré les Écritures)Non, la communion se purifie par la vérité, non par le schisme
Qui juge une crise locale devenue universelle ?Le parti africain séparéL'Église en communion, avec Rome comme centre de jugement

Augustin : Miltiade, juge de paix

La Lettre 43 de saint Augustin est l'un des textes les plus forts sur Miltiade. Augustin répond aux donatistes qui contestent le droit de l'évêque de Rome et de ses collègues à juger l'affaire. Il rappelle que les donatistes eux-mêmes ont porté l'affaire à l'empereur, et que l'empereur l'a confiée à des évêques.[41]

Puis il s'arrête sur la sentence de Miltiade :

« Quelle décision fut finalement prononcée par le bienheureux Melchiade lui-même : combien équitable, complète, prudente, et propre à faire la paix ! » — Saint Augustin, Lettre 43[42]

Augustin va jusqu'à l'appeler « homme excellent », « fils de la paix chrétienne » et « père du peuple chrétien ».[43] Ce portrait n'est pas sentimental. Il dit exactement la grâce de Miltiade : il ne fut ni laxiste, ni violent ; il chercha une justice capable de restaurer la paix.

Miltiade et l'autorité romaine

Une primauté exercée avec des évêques

Le synode de 313 montre un équilibre catholique très ancien. Miltiade occupe la place centrale du jugement, mais il ne juge pas seul. Constantin lui adjoint des évêques de Gaule ; le synode rassemble plus largement des évêques ; la décision est ecclésiale.[44][45]

Cette structure répond à deux caricatures. Elle dément l'idée d'une Rome purement honorifique, incapable de juger une crise hors de son territoire. Elle dément aussi l'image d'une primauté isolée qui absorberait l'épiscopat. Rome sert l'unité avec les évêques, et les évêques trouvent à Rome un lieu de jugement pour une crise qui dépasse l'Afrique.

Le premier dossier entre empire chrétien et Église

Miltiade est aussi placé devant une nouveauté dangereuse : un empereur favorable intervient dans une affaire ecclésiale. Constantin veut la paix religieuse de ses provinces ; il écrit en langage chrétien et parle de la « légitime et très sainte Église catholique ».[46] Mais il reste empereur, non évêque.

La réponse catholique ne consiste pas à refuser toute aide civile. Les biens confisqués doivent être rendus ; les déplacements d'évêques peuvent être facilités ; l'ordre public compte. Mais l'affaire doctrinale et sacramentelle est renvoyée aux évêques. Miltiade inaugure ainsi un problème qui traversera toute l'histoire chrétienne : comment recevoir l'aide du pouvoir sans lui livrer le gouvernement intérieur de l'Église ?

Une décision confirmée mais contestée

Les donatistes n'acceptent pas le jugement. Constantin convoque ensuite le concile d'Arles pour le 1er août 314, mais Miltiade meurt en janvier de la même année ; c'est son successeur Sylvestre qui reçoit la suite du dossier.[47][48] Arles confirmera la ligne anti-donatiste et formulera notamment que l'ordination reçue d'un traditor — un ministre ayant livré les Écritures — n'est pas invalide pour cette seule raison.[49]

La mort de Miltiade avant Arles ne diminue pas son rôle. Il a rendu le premier jugement romain. Le schisme continuera pendant des siècles, mais la ligne catholique est déjà posée : ne pas rebaptiser, ne pas créer d'autel rival, ne pas confondre sainteté de l'Église et pureté absolue de tous ses ministres.

Traditions disciplinaires attribuées à Miltiade

Le dimanche et le ferment eucharistique

Le Liber Pontificalis affirme que Miltiade défendit aux fidèles de jeûner le dimanche ou le jeudi, parce que les païens observaient ces jours comme jeûnes sacrés.[50] Même si l'attribution personnelle reste incertaine, la logique est profondément catholique : le dimanche n'est pas un jour de tristesse, mais le jour du Seigneur ressuscité.

La même notice dit que Miltiade ordonna l'envoi des offrandes consacrées dans les églises à partir de la consécration de l'évêque ; elles sont appelées le « ferment ».[51] Cette pratique du fermentum, connue dans la liturgie romaine ancienne, signifie la communion entre l'évêque et les titres urbains. Elle convient spirituellement à Miltiade, pape de l'unité restaurée, même si la prudence historique oblige à ne pas la transformer en décret contemporain certain.

Mort, sépulture et mémoire

Une mort de confesseur, non un martyre prouvé

Miltiade meurt le 10 janvier 314 à Rome.[52][53] Certaines traditions l'ont appelé martyr. Le Martyrologe hiéronymien, compilé dans la seconde moitié du Ve siècle, le fêtait déjà au 10 janvier ; le Martyrologe romain actuel le commémore au 10 janvier, jour de sa mort, sous le nom de « Miltiades » et sans le qualificatif de martyr — la réforme du calendrier de 1969 ayant retiré sa mémoire du 10 décembre du calendrier général pour la laisser aux calendriers particuliers ; du XIIIe siècle à 1969, sa fête figurait au 10 décembre sous le nom de « Melchiades », avec le qualificatif erroné de « martyr ».[54] La critique moderne est plus sobre : la Catholic Encyclopedia note qu'il n'y a pas de preuve de martyre.[55]

Cette nuance ne diminue pas sa sainteté. Beaucoup de papes de l'Antiquité sont saints sans que leur mort soit sanglante. Miltiade a souffert l'époque de la persécution, gouverné la sortie de crise, défendu la paix catholique et porté la première réponse au schisme africain. C'est une sainteté de pasteur, non de récit spectaculaire.

Calliste et la continuité des catacombes

Le Liber Pontificalis et la Depositio episcoporum placent sa sépulture dans la catacombe de Calliste, sur la voie Appienne.[56][57] Le lieu est théologiquement parlant. Miltiade entre dans la paix constantinienne, mais il repose dans la mémoire souterraine de l'Église persécutée.

Il n'y a pas de rupture entre les catacombes et le Latran. Les mêmes chrétiens qui avaient prié dans les cimetières vont bientôt se rassembler dans les basiliques. Miltiade tient ce passage : le corps de l'Église sort de terre, mais il ne renie pas ses martyrs.

Un saint pour les sorties de crise

Miltiade est un saint particulièrement actuel pour les périodes où l'Église sort d'une épreuve. Après une persécution, les tentations sont connues : régler les comptes, nier les blessures, bâtir une pureté de parti, se réjouir trop vite de la faveur politique, ou confondre l'aide du pouvoir avec la mission de l'Église.

La grandeur de Miltiade est d'avoir choisi une autre voie : recevoir les biens rendus sans devenir courtisan ; juger Donatus sans humilier tous ses partisans ; maintenir Caecilianus sans nier la gravité des traditores, ceux qui avaient livré les Écritures ; entrer au Latran sans oublier Calliste.

« La clémence n'a pas porté atteinte à la justice, et la justice n'a pas été en désaccord avec la clémence. » — Saint Augustin, Lettre 43, sur le jugement de Miltiade[58]

Ce qu'il faut retenir

Les faits les plus sûrs

PointDegré de certitudeSource principale
Miltiade est le 32e pape de l'Église catholiqueTrès sûrSaint-Siège, listes romaines
Son pontificat commence le 2 juillet 311 (310 ou 311 selon Kirsch)Très solide selon la liste officielle du Saint-Siège ; alternative 310 nommée par la Catholic EncyclopediaSaint-Siège, Catalogue libérien, Kirsch ; cf. Loomis sur les synchronismes confus
Il meurt le 10 janvier 314 (10 ou 11 janvier selon Kirsch)Très sûr pour le 10 janvier (Saint-Siège, Depositio : IIII id. jan.) ; III id. jan. (11 janvier) dans le Catalogue libérienSaint-Siège, Depositio episcoporum, Kirsch
Il est d'origine africaineSolide comme tradition ancienneSaint-Siège, Liber Pontificalis
Il reçoit la restitution des biens ecclésiastiquesTrès solideEusèbe, Catholic Encyclopedia
Il préside ou conduit le synode romain de 313Très solideEusèbe, Optat, Augustin
Le synode confirme Caecilianus et condamne DonatusTrès solideOptat, Augustin
Le don du Latran est associé à son pontificatTradition solide mais à formuler prudemmentCatholic Encyclopedia, tradition lateranense
Son martyre n'est pas prouvéPrudence requiseCatholic Encyclopedia
Il est déposé à CallisteTrès solideDepositio episcoporum, Liber Pontificalis

La formule de synthèse

Saint Miltiade est le pape africain de la première paix constantinienne. En moins de trois ans, il voit l'Église sortir de la persécution, récupérer ses biens, entrer dans l'orbite du Latran, et affronter le premier grand schisme africain né des blessures de Dioclétien. Sa sainteté n'est pas celle d'un grand docteur dont les traités nous seraient restés ; elle est celle d'un juge de paix qui tient ensemble la justice et la clémence au moment où l'Église aurait pu se fracturer.

Pour aller plus loin

  • Pape saint Marcellin (296-304) — pape de la grande persécution de Dioclétien et du dossier contesté des traditores (ceux qui avaient livré les Écritures).
  • Pape saint Marcel I (308-309) — pape de la reprise romaine et de l'accueil des lapsi, les chrétiens tombés sous la persécution.
  • Pape saint Eusèbe (309) — prédécesseur immédiat de Miltiade, mort exilé en Sicile.
  • Pape saint Sylvestre I — successeur de Miltiade, pape du long âge constantinien.
  • Le donatisme — schisme africain né autour des traditores — ceux qui avaient livré les Écritures —, de la pureté de l'Église et du rebaptême.
  • La basilique du Latran — cathédrale de Rome et centre historique du gouvernement pontifical.

Notes et références

  1. Saint-Siège, fiche officielle « Miltiades or Melchiades » : 32e pape de l'Église catholique, début du pontificat 2.VII.311, fin 10.I.314, naissance en Afrique. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/milziade-o-melchiade.html (le slug officiel utilise la graphie italienne « milziade », mais le titre affiché est bien « Miltiades or Melchiades » ; URL contrôlée le 3 octobre 2026, fiche re-vérifiée le 4 octobre 2026 : titre, 32e pape, 2.VII.311, 10.I.314, naissance en Afrique, inchangés)

    1 9 16 52
  2. Johann Peter Kirsch, « Pope St. Miltiades », The Catholic Encyclopedia, vol. 10, Robert Appleton Company, New York, 1911 : élection après Eusèbe, restitution des biens, victoire de Constantin, Latran, synode contre les donatistes, sépulture et prudence sur le martyre ; fête au 10 janvier selon le Martyrologe hiéronymien (compilé dans la seconde moitié du Ve siècle), au 10 décembre dans le Martyrologe romain de son temps — état de 1911, antérieur à la réforme de 1969 qui a rendu la fête au 10 janvier (voir note martyrologe 2004). URL : https://www.newadvent.org/cathen/10318a.htm (URL contrôlée le 3 octobre 2026, re-vérifiée le 4 octobre 2026 ; la notice fait se réunir le synode le 2 octobre 313 au Latran, dix-huit évêques sous la présidence de Miltiade, « after thoroughly considering the Donatist controversy for three days » — d'où la clôture au 4 octobre par inférence, non attestée comme telle)

    2 12 17 22 26 27 36 55
  3. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, X, 5 : lettres impériales de Constantin relatives à la restitution des biens de l'Église et au jugement du dossier de Caecilianus à Rome devant Miltiade. Texte anglais New Advent : https://www.newadvent.org/fathers/250110.htm (URL contrôlée le 3 octobre 2026)

    3
  4. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, X, 5, 18-20 (éd. SC 55 ; texte anglais New Advent, https://www.newadvent.org/fathers/250110.htm, URL contrôlée le 3 octobre 2026) : lettre de Constantin à « Miltiades, bishop of Rome, and to Marcus », ordonnant que Caecilianus et ses accusateurs viennent à Rome afin que l'affaire soit entendue devant Miltiade, Marc et les évêques gaulois Reticius, Maternus et Marinus (le texte anglais porte « Retecius »). Les citations françaises de l'article pour ces lettres sont des traductions de l'article, non des citations littérales d'une édition française. Passage source du § 20 vérifié mot à mot dans cette traduction anglaise (Schaff) : « For it does not escape your diligence that I have such reverence for the legitimate Catholic Church that I do not wish you to leave schism or division in any place » — c'est ce passage que l'exergue de l'article rend par « Je ne veux pas que vous laissiez schisme ou division en quelque lieu que ce soit ».

    4 34 44 46
  5. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VIII, 2 : récit de l'édit de Dioclétien, destruction des églises et remise au feu des Écritures sacrées. Texte anglais New Advent : https://www.newadvent.org/fathers/250108.htm

    5
  6. Johann Peter Kirsch, « Pope St. Marcellus I », The Catholic Encyclopedia, vol. 9, Robert Appleton Company, New York, 1910 : crise romaine des lapsi et exil sous Maxence. URL : https://www.newadvent.org/cathen/09640b.htm

    6 23
  7. Johann Peter Kirsch, « Pope St. Eusebius », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, Robert Appleton Company, New York, 1909 : exil d'Eusèbe en Sicile, mort, translation et dépôt à Calliste, probablement sous Miltiade. URL : https://www.newadvent.org/cathen/05615b.htm

    7 24
  8. Liber Pontificalis, notice « Miltiades », dans Louise Ropes Loomis trad., The Book of the Popes (Liber Pontificalis), Columbia University Press, New York, 1916, p. 40-41 : origine africaine, durée, interdiction du jeûne dominical et du jeudi, découverte de manichéens, pratique du ferment, ordinations et sépulture à Calliste. PDF : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/The_book_of_the_popes_%28Liber_pontificalis%29_I-%28IA_cu31924006163897%29.pdf

    8 19 50 51 56
  9. Liber Pontificalis, notice « Victor », dans Loomis, The Book of the Popes, p. 20-21 : Victor est présenté comme Africain, ce qui place Miltiade dans une petite série de papes africains de l'Antiquité.

    10
  10. Encyclopaedia Britannica, « Donatist » : schisme africain né de l'élection contestée de Caecilianus, rôle de Secundus de Tigisis, Majorinus, Donatus, commission d'évêques italiens et gaulois sous la présidence de Miltiade, décision de 313 et suite à Arles. URL : https://www.britannica.com/topic/Donatists

    11 32 48 49
  11. U. Benigni, « Saint John Lateran », The Catholic Encyclopedia, vol. 9, Robert Appleton Company, New York, 1910 : le palais du Latran est donné au pape par Constantin au début du IVe siècle et devient la résidence principale des papes pendant environ mille ans. URL : https://www.newadvent.org/cathen/09014b.htm

    13 28
  12. Encyclopaedia Britannica, « Donation of Constantine » : document médiéval forgé, probablement composé au VIIIe siècle, attribuant faussement à Constantin des donations politiques et ecclésiastiques massives au pape. URL : https://www.britannica.com/topic/Donation-of-Constantine

    14 31
  13. Catalogue libérien, dans le Chronographe de 354, part 13, Bishops of Rome, éd. Mommsen, Chronica Minora, MGH AA IX, Berlin, 1892, p. 73-76 : notice de Miltiade, « 3 years, 6 months, 8 days ». Transcription Roger Pearse : https://tertullian.org/fathers/chronography_of_354_13_bishops_of_rome.htm (URL contrôlée le 3 octobre 2026)

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  14. Depositio episcoporum, Chronographe de 354, part 11, éd. Mommsen, Chronica Minora, MGH AA IX, p. 70 : « IIII idus Ianuarias, Miltiadis, in Callisti, † 314 ». Transcription Roger Pearse : https://www.tertullian.org/fathers/chronography_of_354_11_depositions.htm (URL contrôlée le 3 octobre 2026)

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  15. L. R. Loomis, notes à la notice « Miltiades », The Book of the Popes, 1916, p. 40-41 : confusion des synchronismes consulaires autour de Maxence ; remarque sur l'interdiction ancienne du jeûne dominical.

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  16. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VIII, 17 : édit de tolérance de Galère en 311, autorisant les chrétiens à exister de nouveau et leur demandant de prier pour les empereurs et l'État. Texte anglais New Advent : https://www.newadvent.org/fathers/250108.htm. Le texte latin de l'édit est conservé par Lactance, De mortibus persecutorum, 34-35 (cité comme source de l'édit par Kirsch lui-même : voir [^cathen-miltiades]) ; la date du 30 avril 311 est celle de son affichage à Nicomédie selon la tradition manuscrite rapportée par la littérature savante (cf. notice « Edict of Milan », https://en.wikipedia.org/wiki/Edict_of_Milan — « Galerius's edict of toleration as posted at Nicomedia on 30 April 311 », formulation re-vérifiée en live le 4 octobre 2026).

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  17. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, X, 5, 15-17 : lettre impériale ordonnant la restitution immédiate aux Églises catholiques de leurs jardins, bâtiments et autres biens confisqués pendant la persécution.

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  18. Palazzo Lateranense, « The House and Cathedral of the Bishop of Rome » : présentation illustrative de la tradition selon laquelle les bâtiments et terrains du Latran, liés à l'ancienne famille des Laterani, furent donnés par Constantin à Miltiade après la victoire sur Maxence — site de présentation, non autorité historique ; l'autorité reste au Liber Pontificalis et à la Catholic Encyclopedia, et le corps garde la formulation prudentielle (« la tradition rattache/situe »). URL : https://www.palazzolateranense.com/en/the-house-and-cathedral-of-the-bishop-of-rome/ (URL contrôlée le 3 octobre 2026)

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  19. Basilica Papale di San Giovanni in Laterano, page officielle « Basilica » : Saint-Jean-de-Latran est la première basilique chrétienne construite explicitement pour rassembler la communauté de la ville autour de son évêque. URL : https://www.basilicasangiovanni.va/en/san-giovanni-in-laterano/basilica.html

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  20. Saint Augustin, Lettre 43, §§ 13-20 : rappel des actes proconsulaires, du recours des donatistes à Constantin, du jugement de Rome par Miltiade et ses collègues, et des appels ultérieurs. Texte anglais New Advent : https://www.newadvent.org/fathers/1102043.htm (URL contrôlée le 3 octobre 2026)

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  21. Optat de Milève, Contre les donatistes, appendice XIII, traduction O. R. Vassall-Phillips, The Work of St. Optatus, Longmans, Londres, 1917, p. 423 : lettre de Constantin à Miltiade/Melchiade demandant que l'affaire de Caecilianus soit jugée à Rome — à lire avec Eusèbe, Histoire ecclésiastique, X, 5, 18-20 (SC 55). Texte en ligne : https://www.tertullian.org/fathers/optatus_11_appendices.htm (URL contrôlée le 3 octobre 2026)

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  22. Optat de Milève, Contre les donatistes, I, 24 (édition critique : SC 412) : récit du jugement de Rome, Caecilianus reconnu innocent, Donatus condamné ; résumé et traduction anglaise d'après O. R. Vassall-Phillips, The Work of St. Optatus, Longmans, Londres, 1917, p. 45-48, repris sur Fourth Century Christianity : https://www.fourthcentury.com/the-councils-decision/ (URL contrôlée le 3 octobre 2026). Cette traduction compte dix-neuf évêques siégeants, contre dix-huit dans la Catholic Encyclopedia : variante d'édition et de comptage, signalée dans le corps.

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  23. Fourth Century Christianity, « The Council's Decision », source ancienne : Optat, Against the Donatists, I, 24 ; traduction anglaise adaptée par SMT et GLT de Vassall-Phillips, 1917, p. 45-48 : résumé de la sentence affirmant que Caecilianus demeure dans la communion de l'Église — non un verbatim latin de Miltiade. URL : https://www.fourthcentury.com/the-councils-decision/ (URL contrôlée le 3 octobre 2026)

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  24. Saint Augustin, Lettre 43, § 16 (éd. PL 33 ; CSEL 34,2 ; trad. BA 68 ; texte anglais New Advent, https://www.newadvent.org/fathers/1102043.htm, URL contrôlée le 3 octobre 2026) : éloge du jugement du bienheureux Melchiade — « what a decision was finally pronounced by the blessed Melchiades himself ; how equitable, how complete, how prudent, and how fitted to make peace » — condamnant surtout Donatus et proposant une restauration de communion pour les autres. Les citations françaises de l'article pour ce passage sont des traductions de l'article.

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  25. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, X, 5, 21-24 : lettre de Constantin à Chrestus de Syracuse convoquant des évêques à Arles avant les calendes d'août afin de traiter la dissension persistante après le jugement romain.

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  26. Martyrologium Romanum, édition typique 2004, au 10 janvier : « Rome, in the cemetery of Callistus on the Appian Way, Saint Miltiades, Pope, who, originally from Africa, experienced the restoration of peace to the Church under Emperor Constantine... » — sans qualificatif de martyr. Transcription anglaise : http://boston-catholic-journal.com/2004-roman-martyrology-complete-in-english/roman-martyrology-2004-in-english-complete-january.htm (URL contrôlée le 4 octobre 2026 ; entrée Miltiades au 10 janvier re-vérifiée mot à mot en live dans cette session). Source primaire du retrait de la fête : Calendarium Romanum, ex decreto Sacrosancti Œcumenici Concilii Vaticani II instauratum, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969 — sous « 10 S. Melchiadis » : « Memoria S. Melchiadis († Romae, die 10 ianuarii 314), saeculo XIII in Calendario romano ascripta, Calendariis particularibus relinquitur : nullo enim iure martyrum numero computandus est S. Melchiades seu Miltiades, qui obiit post pacem constantinianam ; eius nomen in Depositio Episcoporum (354) inscribitur » ; et liste des 23 papes retirés du calendrier général dont « Miltiades (10 dec.) ». Scan vérifié en live dans cette session : https://archive.org/details/CalendariumRomanum1969 (texte intégral Calendarium Romanum (1969)_djvu.txt). La notice « Pope Saint Miltiades » (https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Saint_Miltiades, passage 1969 re-vérifié en live le 4 octobre 2026) renvoie elle-même à ces deux primaires (Calendarium Romanum 1969, p. 148 ; Martyrologium Romanum 2001).

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  27. Saint Augustin, Lettre 43, § 16 (éd. PL 33 ; CSEL 34,2 ; trad. BA 68 ; texte anglais New Advent, https://www.newadvent.org/fathers/1102043.htm, URL contrôlée le 3 octobre 2026) : comparaison entre la modération du jugement de Miltiade et la précipitation du parti adverse — « clemency has not wronged justice, nor has justice been at variance with clemency ». La citation française de l'article pour cette formule est une traduction de l'article.

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