Sanctuaire de Luján

La basilique nationale de Notre-Dame de Luján, en Argentine : un sanctuaire marial né dans la pampa autour d'une petite image de terre cuite, quatre temples successifs, une grande basilique néogothique aux deux tours de 106 mètres bâtie de 1887 à 1935, gardée par les Vincentiens, terme du plus grand pèlerinage du pays.

Ignispedia

À une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Buenos Aires, au milieu de la plaine sans relief de la pampa, se dresse l'édifice religieux le plus visité d'Argentine : la basilique néogothique de Luján, dont les deux flèches de 106 mètres se voient de très loin au-dessus des champs.[2] Ce n'est pas une vieille cathédrale d'Europe, mais un sanctuaire né dans un village de la pampa autour d'une petite statue de terre cuite que la tradition fait s'arrêter là, sur une charrette, en 1630.[3]

Cet article traite du lieu : la villa de Luján et les quatre temples qui s'y sont succédé, la grande basilique de pierre élevée entre 1887 et 1935 par l'architecte Uldéric Courtois, son camarín, ses tours, ses vitraux et ses cloches, les religieux qui en sont les gardiens, et les foules immenses qui s'y rendent chaque année. Le récit de l'image elle-même, la dévotion à Notre-Dame de Luján et la légende mariale de 1630 relèvent d'un dossier distinct, vers lequel renvoient les liens de cet article.[4]

Luján n'est pas un sanctuaire d'apparition reconnue comme Lourdes ou Fatima : c'est un sanctuaire d'image, un de ces lieux où, depuis le XVIIᵉ siècle, un peuple entier vient prier devant une statue vénérée comme prodigieuse. Le bâtiment actuel, parmi les plus grandes églises d'Amérique latine, est l'aboutissement d'un siècle d'efforts populaires ; il accueille aujourd'hui plusieurs millions de visiteurs par an et la plus grande manifestation de foi du pays, la peregrinación juvenil à pied de Buenos Aires à Luján.[5]

Où se trouve le sanctuaire de Luján ?

Une ville née autour de son sanctuaire

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Luján est une ville de la province de Buenos Aires, à environ 65 kilomètres à l'ouest de la capitale fédérale, sur les rives du río Luján, dans la pampa humide.[6] Contrairement à la plupart des villes argentines, elle ne s'est pas développée autour d'un fort ou d'un marché, mais autour de son sanctuaire : la cité doit son existence et son nom à la dévotion mariale, au point qu'on l'appelle couramment la « capitale de la foi » des Argentins.[7]

La région appartenait au XVIIᵉ siècle à la lointaine périphérie de Buenos Aires, terre de grandes estancias et de chemins de charrettes reliant la côte à l'intérieur du pays.[8] C'est sur l'un de ces chemins, près d'un gué du río Luján, que la tradition place l'événement fondateur du lieu.

Pourquoi un sanctuaire ici ?

L'origine du sanctuaire tient à un fait rapporté pour mai 1630 : deux petites images de terre cuite, commandées au Brésil par un propriétaire de Sumampa (Santiago del Estero), António Farías Saa, remontaient vers l'intérieur sur une charrette à bœufs.[9] À une halte près du río Luján, dit la tradition, les bœufs refusèrent obstinément de repartir tant que l'on ne déchargeait pas la caisse contenant l'image de l'Immaculée Conception ; on y vit le signe que la Vierge voulait demeurer là.[10]

Selon le récit transmis par le P. Jorge María Salvaire dans son Historia de Nuestra Señora de Luján (Buenos Aires, 1885), les bœufs refusèrent d'avancer, et l'on ne comprit la volonté du Ciel qu'en déposant à terre l'image de la Conception, que la Reine du Ciel avait choisie pour demeurer en ces lieux.[11]

L'histoire de cette image, de sa fabrication brésilienne et du choix de l'Immaculée Conception forme un récit en soi ; ce qui importe ici, c'est que cet arrêt de la charrette fonda un lieu. Autour de la statue déposée s'organisa peu à peu un culte, puis une chapelle, puis une ville. Voir l'article détaillé : Notre-Dame de Luján (1630).

Quatre temples successifs

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Le sanctuaire actuel est le quatrième édifice élevé pour la même image. Comprendre Luján, c'est suivre cette croissance, d'une cabane de pampa à une basilique monumentale.[12]

La première ermita et le Negro Manuel

Le premier abri fut une humble ermita de torchis, près du lieu de l'arrêt de la charrette.[13] La figure attachée à ce premier sanctuaire est celle d'un esclave africain connu sous le nom de Negro Manuel, donné comme gardien de l'image, qui veilla sur elle, dit-on, jusqu'à sa mort.[14] Sa mémoire reste indissociable du lieu : le premier serviteur du sanctuaire fut un esclave noir, détail que la dévotion argentine n'a jamais oublié.

La chapelle d'Ana de Matos

Vers le milieu du XVIIᵉ siècle, une riche veuve, Ana de Matos, fit transférer l'image sur ses terres, plus proches de l'actuel emplacement de la ville, et lui éleva une chapelle plus digne.[15] C'est autour de ce deuxième sanctuaire que se fixa le noyau de la future villa de Luján, la dévotion attirant peu à peu population et commerce. La pieuse tradition rapporte que l'image, déplacée trop loin de l'endroit choisi, revenait de manière inexplicable, jusqu'à ce qu'on respecte sa volonté de demeurer dans la région.[16]

Le temple de Lezica y Torrezuri (1763)

Le troisième édifice fut un véritable temple en dur, financé par le riche marchand Juan de Lezica y Torrezuri et inauguré le 8 décembre 1763, jour de l'Immaculée Conception.[17] C'est dans ce temple colonial que fut aménagé le premier camarín — la chambre-reliquaire située derrière l'autel, où l'image est exposée à la vénération. Ce sanctuaire du XVIIIᵉ siècle servit pendant plus d'un siècle et demi, jusqu'à ce qu'il devienne trop petit pour les foules.

La basilique néogothique (1887-1935)

Le quatrième et dernier temple est la grande basilique d'aujourd'hui, dont la première pierre fut posée en 1887 et qui ne fut achevée qu'en 1935.[18] Sa construction, étalée sur près de cinquante ans, est l'œuvre d'un siècle entier de ferveur populaire argentine. La chronologie ci-dessous résume la croissance du lieu.

  1. Mai 1630
    L'arrêt de la charrette

    Près du río Luján, les bœufs refusent de tirer la charrette tant que l'image de l'Immaculée Conception n'est pas déchargée. Une première ermita est élevée et confiée au Negro Manuel.

  2. vers 1671-1674
    La chapelle d'Ana de Matos

    La veuve Ana de Matos fait transférer l'image sur ses terres et lui bâtit une chapelle ; le noyau de la future ville de Luján se forme autour d'elle.

  3. 8 décembre 1763
    Le temple de Lezica y Torrezuri

    Inauguration d'un vaste temple colonial doté d'un camarín, financé par le marchand Juan de Lezica y Torrezuri.

  4. 28 janvier 1872
    L'arrivée des Vincentiens

    L'archevêque de Buenos Aires confie le sanctuaire à la Congrégation de la Mission (Lazaristes). Le P. Salvaire y arrive le 20 mai suivant.

  5. 8 mai 1887
    Le couronnement canonique

    L'image est solennellement couronnée par autorisation de Léon XIII ; la première pierre de la nouvelle basilique est posée la même année.

  6. Décembre 1910
    L'ouverture de la nef

    La grande nef, encore sans ses tours, est bénie et ouverte au culte.

  7. 1930-1935
    L'achèvement

    Consécration en 1930, titre de basilique mineure la même année, puis achèvement des deux tours de 106 m en 1935.

La grande basilique néogothique

La basilique encore inachevée lors du Te Deum du 25 mai 1925. Auteur inconnu, archives Estanislao S. Zeballos, reproduction La Nación ; Wikimedia Commons, domaine public. Taille adaptée, sans recadrage.

La basilique de Luján est l'un des plus vastes édifices religieux d'Amérique du Sud et l'un des sommets de l'architecture néogothique argentine. Sa silhouette de cathédrale française, plantée au milieu de la pampa, frappe par le contraste entre la verticalité gothique et l'horizontalité absolue de la plaine.[19]

Un plan inspiré des cathédrales françaises

Les plans furent dressés par l'architecte français Uldéric Courtois — hispanisé en Ulrico Courtois —, ancien élève d'Eugène Viollet-le-Duc, le grand restaurateur du gothique au XIXᵉ siècle.[20] Il fut secondé par les ingénieurs Alfonso Flamand et Rómulo Ayerza, puis par d'autres architectes au fil des décennies.[21] Le parti pris est celui d'un gothique de cathédrale : plan en croix latine, longue nef, transept saillant, arcs-boutants et ornementation sculptée, dans la lignée des grands chantiers néogothiques européens transposés en terre américaine.

L'édifice mesure environ 104 mètres de longueur, 68,5 mètres de largeur au transept et 42 mètres en façade.[22] Ces dimensions en font, à son achèvement, l'une des plus grandes églises du continent.

Les deux tours de 106 mètres

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Les deux tours-flèches de 106 mètres, repère visible à des kilomètres dans la plaine, ne furent terminées qu'en 1935, un quart de siècle après l'ouverture de la nef.[23] Elles abritent un carillon de quinze cloches, dont les poids s'échelonnent d'environ 55 kg à 3 400 kg pour un total approchant douze tonnes et demie de bronze.[24] Leur sonnerie, qui porte loin sur la pampa, fait partie de l'identité sonore du sanctuaire.

Pierre, marbre, vitraux et orgues

Un autel latéral de la basilique, 2017. Photo Gastón Cuello, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Taille adaptée, sans recadrage.

Le gros œuvre est en pierre, dont la première pierre fondatrice, taillée dans le granit de Tandil, mesurait 1,22 mètre de côté.[25] L'intérieur rassemble un riche mobilier importé : quatorze statues de marbre de Carrare, des vitraux venus de Bordeaux et deux orgues de la maison parisienne Mutin-Cavaillé-Coll.[26] Ce recours aux ateliers européens — pierre locale mais marbres italiens, verrières françaises, orgues parisiennes — est typique des grands chantiers argentins de la fin du XIXᵉ siècle, où l'on voulait offrir à la patronne du pays un écrin digne des cathédrales de l'Ancien Monde.

Le camarín de la Vierge

Au cœur du sanctuaire se trouve le camarín, la chambre-reliquaire située derrière le maître-autel où l'image de terre cuite, haute d'environ 38 centimètres, est exposée à la vénération.[27] L'original colonial, construit au temps de Lezica y Torrezuri, fut entièrement rénové dans les années 1872-1873 par le P. Eusebio Fréret, qui le revêtit de bois de cèdre et d'ornements dorés.[28] La petite statue y est revêtue d'un riche manteau bleu et blanc — les couleurs du drapeau argentin — qui la fait paraître bien plus grande qu'elle n'est ; ce vêtement triangulaire est devenu l'image populaire de la Vierge de Luján.[29]

Les gardiens du sanctuaire : les Vincentiens

Depuis le dernier tiers du XIXᵉ siècle, le sanctuaire est confié à la Congrégation de la Mission, l'ordre fondé par saint Vincent de Paul, dont les membres sont appelés en Argentine vicentinos ou lazaristas.[30] Ce sont eux qui ont porté le projet de la grande basilique et qui assurent aujourd'hui encore le service du lieu.

L'arrivée des Lazaristes en 1872

En 1872, l'archevêque de Buenos Aires, Mgr Federico Aneiros, confia la garde du temple aux Pères de la Congrégation de la Mission.[31] Le 28 janvier 1872, le P. Eusebio Fréret arriva à Luján depuis la maison centrale de Buenos Aires ; il fut rejoint quelques mois plus tard, le 20 mai, par un jeune missionnaire qui allait marquer le sanctuaire pour toujours, le P. Jorge María Salvaire.[32]

Le vœu du Père Salvaire

En 1874, Salvaire, parti en mission auprès des indiens ranqueles de la frontière, faillit être tué lors d'un raid.[33] Il fit alors le vœu, s'il en réchappait, de consacrer sa vie à élever à Luján un sanctuaire digne de la Vierge. Sauvé, il tint parole : il écrivit la grande histoire documentée du sanctuaire, releva la dévotion, obtint le couronnement de l'image et lança le chantier de la basilique.[34] Il mourut en 1899, bien avant l'achèvement de l'œuvre à laquelle il avait voué sa vie.

La notice du sanctuaire tenue par la Congrégation de la Mission présente la basilique de Luján comme l'œuvre de la foi mariale du peuple argentin, due pour une grande part au Père Salvaire, en accomplissement du vœu qu'il avait fait alors que le lieu n'était encore qu'un village de la pampa.[35]

Le couronnement canonique de 1887

Le moment décisif de la reconnaissance du lieu fut le couronnement canonique de l'image. Sur pétition présentée par le P. Salvaire, le pape Léon XIII autorisa le couronnement solennel, qui eut lieu le 8 mai 1887, et accorda à Notre-Dame de Luján un office et une messe propres.[36] La pose de la première pierre de la nouvelle basilique eut lieu la même année : reconnaissance romaine et chantier monumental allèrent de pair.

Le sanctuaire reconnu et honoré

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Au XXᵉ siècle, le lieu reçut les plus hautes distinctions ecclésiales et civiles, qui consacrèrent son rang de premier sanctuaire national.

Basilique mineure et patronne nationale (1930)

Le 15 novembre 1930, le pape Pie XI éleva l'édifice au rang de basilique mineure, peu après la consécration solennelle du 6 octobre de la même année.[37] La même année, Notre-Dame de Luján fut proclamée patronne de l'Argentine, de l'Uruguay et du Paraguay, consacrant le rayonnement du sanctuaire sur tout le cône sud de l'Amérique.[38]

Monument historique national (1998)

L'État argentin reconnut à son tour la valeur du lieu : la basilique fut déclarée Monument historique national le 12 mars 1998.[39] Le sanctuaire dépend aujourd'hui de l'archidiocèse de Mercedes-Luján, érigé en 1997, qui en a la responsabilité pastorale.[40]

La visite de Jean-Paul II (1982)

En juin 1982, en pleine guerre des Malouines, Jean-Paul II se rendit à Luján : il fut le premier pape à prier en personne devant l'image.[41] Agenouillé devant la Vierge, il déposa à ses pieds une Rose d'or, la distinction que les papes réservent depuis le Moyen Âge à certaines personnalités ou à des sanctuaires mariaux insignes, qu'il avait bénie le 11 juin de cette année-là.[42] Ce geste, accompli au cœur d'un conflit douloureux pour l'Argentine, ancra durablement Luján dans la mémoire spirituelle du pays.

Dans l'homélie de la messe célébrée devant la basilique, le pape confia à la Vierge le désir de paix du pays :

« À la Mère du Christ et Mère de chacun de nous, nous voulons demander qu'elle présente à son Fils le désir ardent de nos cœurs meurtris et assoiffés de paix. »[43]

Le plus grand pèlerinage d'Argentine

Plus encore que par son architecture, le sanctuaire de Luján vaut par les foules qu'il rassemble. Il est le terme du plus grand mouvement de piété populaire d'Argentine.

Les premiers pèlerinages (1893)

Le pèlerinage organisé moderne remonte à la fin du XIXᵉ siècle : un premier grand pèlerinage documenté eut lieu le 29 octobre 1893, réunissant environ 400 ouvriers ; dès 1901, l'affluence atteignait quelque 5 000 personnes.[44] À partir de là, Luján devint le point de convergence d'innombrables pèlerinages diocésains, professionnels et nationaux.

La peregrinación juvenil à pied (depuis 1975)

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Le phénomène le plus spectaculaire est la peregrinación juvenil a pie a Luján, la marche de la jeunesse. La première eut lieu le 25 octobre 1975, à l'initiative d'un prêtre de Buenos Aires : environ 30 000 jeunes parcoururent à pied les quelque 60 kilomètres séparant le quartier de Liniers, à Buenos Aires, de la basilique — une quinzaine d'heures de marche.[45] Lancée dans une période politiquement tendue, où toute manifestation, même religieuse, était surveillée, elle devint vite la plus grande démonstration de foi du pays.[46]

Chaque premier week-end d'octobre, cette marche rassemble désormais plus d'un à deux millions de personnes, qui convergent de nuit vers les tours illuminées de Luján.[47] C'est l'un des plus grands pèlerinages catholiques au monde par le nombre de marcheurs.

Le sanctuaire aujourd'hui

Au total, la basilique attire chaque année plusieurs millions de visiteurs et pèlerins, ce qui en fait le lieu de culte le plus fréquenté d'Argentine.[48] Quelques repères pratiques pour situer le sanctuaire :

AspectInformation
LocalisationVille de Luján, province de Buenos Aires, à ~65 km à l'ouest de la capitale
JuridictionArchidiocèse de Mercedes-Luján
GardiensCongrégation de la Mission (Pères vincentiens / lazaristes), depuis 1872
Fête principale8 mai (fête de Notre-Dame de Luján, anniversaire du couronnement de 1887)[49]
Grand pèlerinagePeregrinación juvenil à pied, premier week-end d'octobre
StatutBasilique mineure (1930) ; Monument historique national (1998)
AffluencePlusieurs millions de pèlerins par an

Plus qu'un monument, Luján est un lieu vivant : un sanctuaire de pampa où, depuis bientôt quatre siècles, un peuple entier vient déposer ses peines et ses espérances devant une petite image de terre cuite, sous les deux flèches qui veillent sur la plaine.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org (festividad : 8 de mayo) ; oblatos.com (Nuestra Señora de Luján, 8 de mayo) ; casaargentinaenparis.org (Nuestra Señora de Luján) : la fête de Notre-Dame de Luján, patronne de l'Argentine, se célèbre le 8 mai, anniversaire du couronnement canonique de 1887.

    1 49
  2. Basílica de Nuestra Señora de Luján et Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org ; argentina.gob.ar (Monumentos, Basílica Nacional de Nuestra Señora de Luján) : la ville de Luján est située à environ 65 km à l'ouest de Buenos Aires, sur le río Luján ; les deux tours de la basilique culminent à 106 m.

    2 6
  3. Jorge María Salvaire, Historia de Nuestra Señora de Luján, su origen, su santuario, su villa, sus milagros y su culto, Buenos Aires, 1885 (ouvrage de référence du sanctuaire) ; synthèse dans Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org.

    3
  4. L'image elle-même (statuette de terre cuite d'environ 38 cm représentant l'Immaculée Conception, d'origine brésilienne) et la dévotion font l'objet d'un dossier distinct ; le présent article porte sur le lieu et ses édifices.

    4
  5. Las peregrinaciones a Luján en la historia, revue Teología, t. LIX, n° 139 (scielo.org.ar) ; aciprensa.com : Luján est le premier lieu de pèlerinage d'Argentine ; la peregrinación juvenil à pied y est la plus grande manifestation de foi du pays.

    5
  6. argentina.gob.ar (Cultura, A 110 años de la inauguración de la Basílica de Luján) : la ville de Luján s'est constituée autour de son sanctuaire et est couramment désignée comme « capitale de la foi » des Argentins.

    7
  7. Historia Hoy, historiahoy.com.ar (Basílica Nuestra Señora de Luján) : la région relevait au XVIIᵉ siècle de la périphérie de Buenos Aires, parcourue par les chemins de charrettes reliant la côte à l'intérieur.

    8
  8. Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : en 1628, António Farías Saa, propriétaire à Sumampa (Santiago del Estero), commande au Brésil une image de l'Immaculée Conception ; en mai 1630, deux images de terre cuite arrivent de São Paulo ; à une halte près du río Luján, les bœufs refusent de repartir tant que l'image de la Conception n'est pas déchargée.

    9 10
  9. Jorge María Salvaire, Historia de Nuestra Señora de Luján, Buenos Aires, 1885 : récit fondateur de l'arrêt de la charrette, repris par toute l'historiographie du sanctuaire. Formulation rapportée d'après la tradition transmise par Salvaire.

    11
  10. infobae.com (El milagroso origen de la Virgen de Luján... y los cuatro templos de su veneración, 8 mai 2022) : la dévotion a connu quatre temples successifs, de la première ermita à l'actuelle basilique.

    12
  11. Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org ; webcatolicodejavier.org (La Virgen de Luján) : le premier abri fut une modeste ermita près du lieu de l'arrêt de la charrette.

    13
  12. Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org ; infobae.com (8 mai 2022) : un esclave africain, connu comme le « Negro Manuel », fut le gardien de l'image et veilla sur elle jusqu'à sa mort ; sa mémoire est attachée aux origines du sanctuaire.

    14
  13. Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : Ana de Matos, veuve du capitaine Marcos de Sequeira, fit transférer l'image sur ses terres et lui éleva une chapelle ; la tradition rapporte le « retour » répété de l'image lorsqu'on l'éloignait du lieu choisi.

    15 16
  14. Nuestra Señora de Luján et Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : le marchand Juan de Lezica y Torrezuri finança un temple inauguré le 8 décembre 1763, doté d'un camarín.

    17
  15. Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org ; argentina.gob.ar (Cultura) : première pierre en 1887, ouverture de la nef en décembre 1910, achèvement en 1935.

    18
  16. Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org ; urbipedia.org (Archivo de Arquitectura) : la basilique est un édifice néogothique, l'un des plus vastes d'Amérique du Sud.

    19
  17. Basilica of Our Lady of Luján, en.wikipedia.org : les plans furent dressés par l'architecte français Uldéric (Ulrico) Courtois, ancien élève d'Eugène Viollet-le-Duc.

    20
  18. Historia Hoy, historiahoy.com.ar ; revisionistas.com.ar : Courtois fut secondé par les ingénieurs Alfonso Flamand et Rómulo Ayerza, puis par d'autres architectes (Ernesto Moreau, Fleury Tronquoy, etc.) au fil du chantier.

    21
  19. Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : longueur d'environ 104 m, largeur de 68,5 m au transept et de 42 m en façade.

    22
  20. Basilica of Our Lady of Luján, en.wikipedia.org ; catholicshare.com : les deux tours de 106 m, visibles à grande distance dans la pampa, ne furent achevées qu'en 1935.

    23
  21. Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : le carillon compte quinze cloches, d'un poids échelonné de 55 kg à 3 400 kg, pour un total d'environ 12 489 kg.

    24
  22. Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : la première pierre, taillée dans le granit de Tandil, mesurait 1,22 m de côté.

    25
  23. Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : l'intérieur comprend quatorze statues de marbre de Carrare, des vitraux « ramenés de Bordeaux » et deux orgues de la maison Mutin-Cavaillé-Coll (Paris).

    26
  24. Juan Guillermo Durán, La Basílica Nacional de Luján : proyecto y construcción (repositorio.uca.edu.ar) ; Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : le camarín, derrière le maître-autel, abrite l'image de terre cuite d'environ 38 cm.

    27
  25. vincentians.com (Santuario de Nuestra Señora de Luján) : en 1872-1873, le P. Eusebio Fréret rénova entièrement le camarín construit au temps de Lezica y Torrezuri, le revêtant de bois de cèdre et d'ornements dorés.

    28
  26. infobae.com (El milagroso origen de la Virgen de Luján, quién está detrás del manto..., 8 mai 2022) : la petite image est revêtue d'un manteau triangulaire bleu et blanc, aux couleurs nationales argentines.

    29
  27. vincentians.com / Somos Vicencianos (Santuario de Nuestra Señora de Luján — Argentina, page de présentation du sanctuaire sur le site de la Congrégation de la Mission) : le sanctuaire est confié à la Congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul ; ses membres argentins sont appelés vicentinos ou lazaristas. Le passage du corps de l'article qui s'y rapporte est une paraphrase de cette notice, non une citation textuelle.

    30 35
  28. vincentians.com ; Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : vers 1872, l'archevêque de Buenos Aires, Mgr Federico Aneiros, confia la garde du temple à la Congrégation de la Mission.

    31
  29. vincentians.com (Santuario de Nuestra Señora de Luján) : le P. Eusebio Fréret arriva à Luján le 28 janvier 1872 ; le P. Jorge María Salvaire l'y rejoignit le 20 mai suivant.

    32
  30. infobae.com (Los milagros de la Virgen de Luján : el sacerdote que se salvó de morir a lanzazos..., 8 mai 2023) : en mission auprès des indiens ranqueles, le P. Salvaire faillit être tué en 1874 et fit le vœu d'élever un grand sanctuaire à Luján s'il en réchappait.

    33
  31. Jorge María Salvaire, Historia de Nuestra Señora de Luján, Buenos Aires, 1885 ; vincentians.com : Salvaire écrivit l'histoire documentée du sanctuaire, obtint le couronnement de l'image et lança la construction de la basilique ; il mourut en 1899.

    34
  32. Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org ; oblatos.com (Nuestra Señora de Luján, 8 de mayo) : sur pétition du P. Salvaire (1886), le pape Léon XIII autorisa le couronnement canonique, effectué le 8 mai 1887, avec octroi d'un office et d'une messe propres.

    36
  33. Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org ; argentina.gob.ar : consécration le 6 octobre 1930 ; le 15 novembre 1930, le pape Pie XI accorda le titre de basilique mineure.

    37
  34. Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : en 1930, Notre-Dame de Luján fut proclamée patronne de l'Argentine, de l'Uruguay et du Paraguay par Pie XI.

    38
  35. Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org ; argentina.gob.ar (Monumentos) : la basilique fut déclarée Monument historique national le 12 mars 1998.

    39
  36. Basílica de Nuestra Señora de Luján, es.wikipedia.org : le sanctuaire relève de l'archidiocèse de Mercedes-Luján, érigé (élevé de diocèse en archidiocèse) en 1997.

    40
  37. Vatican News, Cuarenta años de la visita de Juan Pablo II a Luján (vaticannews.va, juin 2022) : Jean-Paul II visita Luján en juin 1982, premier pape à y prier en personne, en pleine guerre des Malouines.

    41
  38. Vatican News (juin 2022) ; tripin.travel : Jean-Paul II déposa aux pieds de la Vierge de Luján une Rose d'or, distinction pontificale ancienne, bénie le 11 juin 1982.

    42
  39. Jean-Paul II, homélie de la messe au sanctuaire de Luján, Buenos Aires, 11 juin 1982, §1 (vatican.va) : « A la Madre de Cristo y Madre de cada uno de nosotros queremos pedir que presente a su Hijo el ansia actual de nuestros corazones doloridos y sedientos de paz. » (Traduction française : « À la Mère du Christ et Mère de chacun de nous, nous voulons demander qu'elle présente à son Fils le désir ardent de nos cœurs meurtris et assoiffés de paix. »)

    43
  40. Basilica of Our Lady of Luján, en.wikipedia.org ; Las peregrinaciones a Luján en la historia, Teología (scielo.org.ar) : le premier grand pèlerinage documenté eut lieu le 29 octobre 1893 (~400 ouvriers) ; l'affluence atteignait ~5 000 personnes en 1901.

    44
  41. infocielo.com (La historia de la Peregrinación Juvenil a Luján) ; aciprensa.com : la première peregrinación juvenil à pied eut lieu le 25 octobre 1975 (~30 000 participants) sur un parcours d'environ 60 km depuis Liniers (Buenos Aires) jusqu'à la basilique, soit une quinzaine d'heures de marche.

    45
  42. ambito.com (El origen de la Peregrinación a Luján...) : lancée dans une période politiquement tendue, la marche devint rapidement la plus grande démonstration de foi du pays.

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  43. ruralprimicias.com.ar ; ambito.com : chaque premier week-end d'octobre, la peregrinación juvenil rassemble plus d'un à deux millions de participants (plus de 2 millions en 2013).

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  44. catholicshare.com ; pilgrimaps.com : la basilique de Luján attire plusieurs millions de visiteurs et pèlerins chaque année, ce qui en fait le lieu de culte le plus fréquenté d'Argentine.

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