Sur la rive nord du Saint-Laurent, à Cap-de-la-Madeleine — aujourd'hui un secteur de Trois-Rivières, à mi-chemin entre Québec et Montréal — s'élèvent côte à côte une humble église de pierre du XVIIIᵉ siècle et une vaste basilique octogonale de granit : c'est le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, dédié à la Vierge du Très-Saint-Rosaire et l'un des grands sanctuaires nationaux du Canada.[1] Né d'une vieille paroisse de la Nouvelle-France, il doit son rayonnement à deux événements survenus à quelques années d'intervalle : le « pont de glace » de 1879 et le prodige des yeux de 1888.[2]
Cet article traite du lieu : le Vieux Sanctuaire de pierre, l'une des plus anciennes églises du Canada ; la statue donnée en 1854 ; l'abbé Luc Désilets et le réveil de la dévotion au Rosaire ; le miracle du Pont des Chapelets ; le vœu de conserver la vieille chapelle dédiée à Marie ; les Oblats de Marie Immaculée, gardiens depuis 1902 ; les couronnements de la statue ; la grande basilique de Dufresne et ses vitraux ; le parc et ses jardins ; enfin les pèlerinages, le statut de sanctuaire national et la visite de Jean-Paul II en 1984.
La théologie du Rosaire, la vie du bienheureux Frédéric Janssoone — l'un des témoins du prodige — et le dogme de l'Immaculée Conception relèvent de dossiers distincts ; on ne les évoque ici que pour comprendre comment ce coin de grève du Saint-Laurent est devenu le sanctuaire marial de tout un peuple. Voir les articles : Le Rosaire, le dogme de l'Immaculée Conception.
Où se trouve Notre-Dame-du-Cap ?
Cap-de-la-Madeleine, sur le Saint-Laurent
Le sanctuaire se trouve à Cap-de-la-Madeleine, ancienne ville fusionnée en 2002 à Trois-Rivières, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, près de l'embouchure de la rivière Saint-Maurice, à peu près à mi-distance entre Québec et Montréal.[3] La région relève du diocèse de Trois-Rivières. Le « cap » qui a donné son nom au lieu est un léger promontoire dominant le fleuve, sur lequel se fixa, dès le XVIIᵉ siècle, l'une des plus anciennes paroisses de la Nouvelle-France.
Une paroisse née avec la Nouvelle-France
Le Cap-de-la-Madeleine est une terre de colonisation précoce : une première chapelle de bois y est élevée vers 1659, et la paroisse Sainte-Marie-Madeleine est érigée peu après, en 1661.[4] C'est l'une des plus anciennes paroisses encore vivantes du Canada français. Comme Sainte-Anne-de-Beaupré, en aval sur le Saint-Laurent, Notre-Dame-du-Cap n'est donc pas un grand pèlerinage médiéval transplanté, mais un sanctuaire de colonisation, dont la dévotion a grandi au rythme même du peuplement.
Pourquoi le Très-Saint-Rosaire ?
La dévotion au Rosaire est ancienne au Cap : dès 1694, le premier curé résident, l'abbé Paul Vachon, y institue la Confrérie du Très-Saint-Rosaire.[5] Cette vieille racine explique tout ce qui suivra : quand, au XIXᵉ siècle, la prière du chapelet sera relancée par l'abbé Désilets, elle retrouvera un terrain préparé depuis deux siècles. Le sanctuaire deviendra ainsi, dans l'esprit de ses promoteurs, le foyer canadien de Marie, Reine du Très-Saint-Rosaire.
Le Vieux Sanctuaire : une des plus anciennes églises du Canada
Le vœu de l'évêque et l'église de pierre (1717-1720)
La chapelle de bois devenue trop fragile, Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, exprime en 1714 le souhait que les paroissiens bâtissent une véritable église de pierre.[6] L'édifice, monté en pierres des champs ramassées sur place, est construit de 1717 à 1720 et ouvert au culte le 22 juillet 1720, jour de la fête de sainte Marie-Madeleine.[7] Modeste vaisseau d'une vingtaine de mètres, cette deuxième église paroissiale est aujourd'hui appelée le Vieux Sanctuaire (ou Petit Sanctuaire) : c'est l'une des plus anciennes églises de pierre du Canada conservées intactes, et l'on y célèbre encore la messe.[8]
La statue de 1854
Au-dessus de l'autel du Vieux Sanctuaire trône la statue vénérée de Notre-Dame-du-Cap : une Vierge de facture simple, donnée à l'église par un paroissien en 1854, l'année même où le pape Pie IX proclamait le dogme de l'Immaculée Conception.[9] C'est cette statue — et non une apparition — qui est au cœur de l'histoire surnaturelle du lieu : c'est elle qui sera couronnée en 1904 et 1954, et c'est devant elle que se produira, en 1888, le prodige des yeux.
L'abbé Luc Désilets et le réveil de la dévotion (1864-1888)
L'homme par qui le sanctuaire prit son essor est l'abbé Luc Désilets (1832-1888), curé du Cap-de-la-Madeleine de 1864 à 1888.[10] Frappé, selon la tradition, par la vue d'un porc mâchonnant un chapelet abandonné — image du mépris où était tombée la prière mariale —, il entreprit dès 1867 de relancer la dévotion au Rosaire dans sa paroisse, réactivant la vieille Confrérie de 1694.[11] C'est cette ferveur retrouvée du chapelet qui formera l'arrière-plan spirituel des deux faits qui rendirent le Cap célèbre : sans la prière du Rosaire, ni le pont de glace ni le vœu de Désilets ne se comprennent.
Le miracle du pont de glace (1879)
Un hiver trop doux
À la fin des années 1870, la paroisse, en pleine croissance, décide de bâtir une église neuve et plus vaste. Le projet suppose de transporter de la pierre depuis la rive sud du Saint-Laurent, ce qui ne peut se faire qu'en hiver, sur la glace du fleuve. Or l'hiver 1878-1879 fut exceptionnellement doux : le fleuve refusait de geler, et le chantier menaçait de s'enliser.[12]
Le vœu de Désilets et le « Pont des Chapelets »
Devant l'impasse, l'abbé Désilets fit un vœu : si la Vierge donnait le pont de glace nécessaire, il conserverait l'ancienne église de pierre et la lui consacrerait au lieu de la démolir.[13] Il demanda à ses paroissiens de réciter le Rosaire. Contre toute attente, à la mi-mars, un embâcle se forma : des glaces flottantes s'accumulèrent et se soudèrent en un pont praticable sur le fleuve, du 19 mars (fête de saint Joseph) au 25 mars (fête de l'Annonciation).[14] Pendant ces quelques jours, les paroissiens firent passer sur la glace les pierres nécessaires à la nouvelle église. Ce pont improbable fut surnommé le « Pont des Chapelets », en mémoire des rosaires récités pour l'obtenir.[15]
La troisième église et le vœu tenu
La troisième église paroissiale — la grande église Sainte-Marie-Madeleine — fut bâtie à partir du 18 juin 1879 avec ces pierres, et bénie le 3 octobre 1880.[16] Fidèle à sa promesse, Désilets ne démolit pas le vieux sanctuaire de pierre : il le réserva à la Vierge. Le petit édifice de 1720, sauvé par le vœu, allait devenir, huit ans plus tard, le premier sanctuaire marial du Cap.
La dédicace au Rosaire et le prodige des yeux (1888)
La dédicace du 22 juin 1888
Le 22 juin 1888, le vieux sanctuaire de pierre fut solennellement dédié à la Vierge, Reine du Très-Saint-Rosaire : c'est l'acte de naissance officiel du sanctuaire marial de Notre-Dame-du-Cap.[17] La cérémonie fut présidée par le franciscain Frédéric Janssoone, missionnaire venu de Terre Sainte, alors commissaire de Terre Sainte au Canada et grand promoteur du pèlerinage.[18]
Le prodige des yeux
Le soir même de cette dédicace, trois hommes restèrent en prière devant la statue : l'abbé Luc Désilets, le père Frédéric Janssoone et un paroissien infirme, Pierre Lacroix. Selon leurs déclarations concordantes, la statue — dont les yeux sont d'ordinaire baissés — ouvrit les yeux et fixa son regard droit devant elle pendant plusieurs minutes.[19] L'événement, resté connu comme le « prodige des yeux », n'est pas une apparition au sens strict ; l'Église ne l'a pas formellement défini comme miracle, mais il fut soigneusement consigné par les témoins et il fonda durablement la réputation du lieu.[20]
Le père Frédéric en laissa, dans La Presse du 22 mai 1897, un récit précis :
« La statue, qui a les yeux entièrement baissés, avait les yeux grandement ouverts ; le regard de la Vierge était fixe. Ses yeux étaient noirs, bien formés et en pleine harmonie avec l'ensemble du visage. Le regard de la Vierge était celui d'une personne vivante ; il avait une expression de sévérité, mêlée de tristesse. » — Père Frédéric Janssoone, témoignage publié en 1897[21]
Le « Bon Père Frédéric »
Le père Frédéric Janssoone (1838-1916), franciscain d'origine flamande, fut l'infatigable organisateur du pèlerinage naissant : il fit connaître le Cap par ses écrits, aménagea un chemin de croix et attira les premières grandes foules.[22] Populairement appelé le « Bon Père Frédéric », il fut béatifié par Jean-Paul II le 25 septembre 1988.[23] Sa vie et sa sainteté relèvent d'un dossier propre ; on ne retient ici que son rôle de bâtisseur du sanctuaire.
Les Oblats de Marie Immaculée et les couronnements
Les gardiens depuis 1902
En 1902, le sanctuaire fut confié aux Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (O.M.I.), qui en sont depuis lors les gardiens.[24] Ce sont eux qui, tout au long du XXᵉ siècle, donnèrent au Cap son visage actuel : aménagement du parc, organisation des grands pèlerinages, construction de la basilique. Leur présence inscrivit définitivement le lieu dans la grande tradition mariale de leur congrégation, vouée à l'Immaculée.
Les couronnements pontificaux (1904, 1954)
La consécration romaine du sanctuaire passa par le couronnement pontifical de la statue — geste par lequel l'Église reconnaît officiellement la dévotion attachée à une image. Un premier couronnement eut lieu en 1904, par un délégué du pape saint Pie X.[25] Un second couronnement suivit en 1954, année mariale et centenaire du dogme de l'Immaculée Conception.[26] Ces deux gestes scellèrent le statut du Cap comme l'un des hauts lieux marials de l'Amérique du Nord.
La basilique du Très-Saint-Rosaire (1954-1964)
Adrien Dufresne et le « dombellotisme »
Devant l'afflux des pèlerins, l'église paroissiale de 1880 ne suffisait plus. Une grande basilique fut édifiée de 1954 à 1964 sur les plans de l'architecte québécois Adrien Dufresne (1904-1983).[27] Dufresne fut le principal introducteur au Québec du « dombellotisme », ce courant inspiré du moine-architecte Dom Paul Bellot (1876-1944) et caractérisé par l'ornementation géométrique, les arcs paraboliques et l'expressivité des matériaux bruts.[28] Le sanctuaire fut élevé au rang de basilique mineure en 1964, à l'inauguration de la basilique actuelle.[29]
Un vaisseau octogonal de plus de 1 600 places
La basilique se présente comme un vaste octogone flanqué de quatre bras de transept, coiffé d'un toit pyramidal de cuivre et percé d'un portail monumental inscrit dans un grand arc parabolique.[30] Elle peut accueillir plus de 1 600 fidèles.[31] Sa flèche s'élève à environ 78 mètres (258 pieds) du sol à la croix, et la voûte intérieure culmine à quelque 38 mètres (125 pieds) ; une statue de Marie d'environ 7 mètres (24 pieds) en orne la façade.[32]
Les vitraux de Jan Tillemans
L'intérieur tire sa lumière des immenses verrières dues au maître verrier hollandais Jan Tillemans, lui-même oblat. Après avoir passé l'année 1957 à s'imprégner de la lumière du Cap, il consacra une dizaine d'années à composer ces grandes peintures de lumière aux lignes stylisées, qui couvrent les parois de l'octogone.[33]
L'orgue Casavant et le décor
La basilique possède un grand orgue Casavant (Opus 2679, 1964), dont les tuyaux de façade sont disposés en forme de feuille d'érable — symbole canadien — et qui compte plus de 5 400 tuyaux.[34] Le décor associe marbre vert et dorures, dans la sobriété géométrique voulue par Dufresne. L'ensemble fait de la basilique l'un des grands témoins de l'architecture religieuse moderne du Québec, aujourd'hui protégé au sein d'un site patrimonial.[35]
| Édifice | Période | Caractéristique |
|---|---|---|
| Première chapelle de bois | v. 1659 | Origine de la paroisse Sainte-Marie-Madeleine (1661) |
| Vieux Sanctuaire (église de pierre) | 1717-1720 | Conservé par vœu ; sanctuaire marial depuis 1888 |
| Troisième église paroissiale | 1879-1880 | Bâtie avec les pierres du Pont des Chapelets |
| Basilique du Très-Saint-Rosaire | 1954-1964 | Octogonale, dombellotisme, 1 600 places |
Le parc et les jardins du sanctuaire
Autour des deux églises, les Oblats ont aménagé un vaste parc dévotionnel étagé entre la basilique et le fleuve, ponctué de monuments.
Le chemin du Rosaire et le chemin de croix
Dès 1906, les Oblats tracèrent un chemin du Rosaire jalonné de statues de bronze figurant les quinze mystères traditionnels.[36] Le chemin de croix, lui, avait été établi à la fin du XIXᵉ siècle par le père Frédéric Janssoone, qui voulait offrir aux pèlerins un parcours de la Passion.[37]
Le Pont des Chapelets et le lac Sainte-Marie
Au cœur des jardins, un Pont des Chapelets de pierre fut érigé en 1924 pour commémorer le miracle du pont de glace de 1879 ; il enjambe un plan d'eau et reste l'un des emblèmes du lieu.[38] À la fin des années 1930, les Oblats creusèrent le lac Sainte-Marie, qui prolonge la promenade des pèlerins dans un cadre de recueillement.[39]
Pèlerinages, fréquentation et visites
Un sanctuaire national du Canada
Notre-Dame-du-Cap est l'un des grands sanctuaires nationaux du Canada et l'un des plus importants lieux de pèlerinage marial de l'Amérique du Nord.[40] La saison de pèlerinage s'étend de mai à octobre, avec deux sommets : la fête de l'Assomption, le 15 août, moment le plus fréquenté de l'année, et la fête du Très-Saint-Rosaire, début octobre.[41]
La fréquentation
Le sanctuaire a longtemps attiré des centaines de milliers de pèlerins chaque année : on en comptait plus de 480 000 en 1999, et encore environ 290 000 visiteurs en 2009.[42] Si la fréquentation a décru avec la déchristianisation du Québec, le Cap demeure un foyer vivant de dévotion mariale et de prière du chapelet.
La visite de Jean-Paul II (1984)
Le 10 septembre 1984, lors de son voyage au Canada, le pape Jean-Paul II se rendit en pèlerinage à Notre-Dame-du-Cap, où il fut accueilli par une foule estimée à 75 000 personnes.[43] Quatre ans plus tard, le même pape béatifiait le père Frédéric Janssoone (25 septembre 1988), liant ainsi définitivement la mémoire du sanctuaire à celle de son grand apôtre.[44]
Pour aller plus loin
Le sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap appartient à la famille des grands sanctuaires marials d'Ignispedia. Pour la spiritualité du chapelet au cœur de ce lieu, voir ce que les saints disent du Rosaire et comment grandir dans le Rosaire ; pour le dogme que la statue de 1854 vient honorer, voir le dogme de l'Immaculée Conception. Pour d'autres lieux de pèlerinage comparables, voir en particulier l'autre grand sanctuaire québécois, Sainte-Anne-de-Beaupré, ainsi que La Vang (Vietnam), Mariazell (Autriche) et Kibeho (Rwanda).
Notes et références
fr.wikipedia.org (Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap), sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) et ameriquefrancaise.org (Pèlerinage du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) : sanctuaire marial situé à Cap-de-la-Madeleine (Trois-Rivières), dédié à Notre-Dame du Très-Saint-Rosaire, compté parmi les sanctuaires nationaux du Canada.
1sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) et fr.wikipedia.org : le rayonnement du sanctuaire tient à deux événements — le « pont de glace » de mars 1879 et le « prodige des yeux » du 22 juin 1888.
2fr.wikipedia.org (Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) : le sanctuaire est à Cap-de-la-Madeleine, secteur de Trois-Rivières depuis la fusion de 2002, sur la rive nord du Saint-Laurent, diocèse de Trois-Rivières.
3sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) : première église de bois vers 1659 ; fr.wikipedia.org : paroisse Sainte-Marie-Madeleine érigée en 1661, l'une des plus anciennes du Canada français.
4sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) et fr.wikipedia.org : la Confrérie du Très-Saint-Rosaire est instituée en 1694 par l'abbé Paul Vachon, premier curé résident du Cap.
5fr.wikipedia.org (Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) : en 1714, Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, exprime le souhait que les paroissiens bâtissent une église de pierre.
6sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) et fr.wikipedia.org : la deuxième église paroissiale, en pierres des champs, est construite de 1717 à 1720 et ouverte au culte le 22 juillet 1720, fête de sainte Marie-Madeleine.
7sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) : le Vieux Sanctuaire (Petit Sanctuaire) est présenté comme l'une des plus anciennes églises du Canada où la messe est encore célébrée quotidiennement.
8ameriquefrancaise.org (Pèlerinage du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) et fr.wikipedia.org : statue de la Vierge donnée par un paroissien en 1854, année de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception ; elle orne le maître-autel du Petit Sanctuaire.
9fr.wikipedia.org (Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) et sanctuaire-ndc.ca : l'abbé Luc Désilets (1832-1888) fut curé du Cap-de-la-Madeleine de 1864 à 1888.
10fr.wikipedia.org : à partir de 1867, Désilets relance la dévotion au Rosaire dans sa paroisse — la tradition rapporte qu'il fut frappé par la vue d'un porc mâchonnant un chapelet abandonné.
11fr.wikipedia.org (Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) et sanctuaire-ndc.ca : l'hiver 1878-1879 fut exceptionnellement doux, empêchant le fleuve de geler et le transport de la pierre nécessaire à la nouvelle église.
12fr.wikipedia.org et sanctuaire-ndc.ca : l'abbé Désilets fit le vœu, si le pont de glace se formait, de conserver et de consacrer à Marie l'ancienne église de pierre au lieu de la démolir.
13sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) : un pont de glace se forma sur le Saint-Laurent en mars 1879, « de la fête de saint Joseph à la fête de l'Annonciation » (19-25 mars), après la récitation du Rosaire par les paroissiens.
14fr.wikipedia.org et ameriquefrancaise.org : le pont de glace de 1879 fut surnommé le « Pont des Chapelets », en mémoire des rosaires récités pour l'obtenir.
15sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) : la troisième église paroissiale fut bâtie à partir du 18 juin 1879 avec les pierres transportées sur la glace, et bénie le 3 octobre 1880.
16sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) et fr.wikipedia.org : le 22 juin 1888, le petit sanctuaire de pierre fut dédié à la Vierge, Reine du Très-Saint-Rosaire, acte fondateur du sanctuaire marial.
17ameriquefrancaise.org et fr.wikipedia.org : le franciscain Frédéric Janssoone, commissaire de Terre Sainte au Canada, présida la cérémonie de dédicace du 22 juin 1888.
18fr.wikipedia.org (Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) et sanctuaire-ndc.ca : le soir du 22 juin 1888, l'abbé Désilets, le père Frédéric Janssoone et le paroissien Pierre Lacroix déclarèrent avoir vu la statue, aux yeux d'ordinaire baissés, ouvrir les yeux et fixer son regard droit devant elle pendant plusieurs minutes.
19Le « prodige des yeux » fut consigné par ses témoins (cf. récit du père Frédéric, La Presse, 22 mai 1897) mais n'a pas fait l'objet d'une définition formelle de miracle par l'Église ; il est rapporté comme fait de dévotion attaché au sanctuaire.
20Père Frédéric Janssoone, témoignage publié dans La Presse, 22 mai 1897, cité par laportelatine.org (Notre-Dame du Cap, Reine du Canada, Reine du Rosaire) : « La statue, qui a les yeux entièrement baissés, avait les yeux grandement ouverts […]. Ses yeux étaient noirs, bien formés […]. Le regard de la Vierge était celui d'une personne vivante ; il avait une expression de sévérité, mêlée de tristesse. »
21ameriquefrancaise.org et fr.wikipedia.org : le père Frédéric Janssoone (1838-1916), franciscain flamand, fut le grand organisateur du pèlerinage, aménageant notamment un chemin de croix et faisant connaître le Cap par ses écrits.
22fr.wikipedia.org : le père Frédéric Janssoone, « Bon Père Frédéric », fut béatifié par le pape Jean-Paul II le 25 septembre 1988.
23 44sanctuaire-ndc.ca (Historical summary), ameriquefrancaise.org et fr.wikipedia.org : en 1902, les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (O.M.I.) devinrent les gardiens du sanctuaire, qu'ils administrent depuis.
24ameriquefrancaise.org (Pèlerinage du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) : la statue de Notre-Dame-du-Cap fut couronnée en 1904 par un délégué du pape Pie X — couronnement pontifical reconnaissant le culte attaché au lieu.
25ameriquefrancaise.org : un second couronnement de la statue eut lieu en 1954, année mariale et centenaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.
26fr.wikipedia.org (Basilique Notre-Dame-du-Cap) et patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : la basilique fut édifiée de 1954 à 1964 sur les plans de l'architecte Adrien Dufresne (1904-1983).
27patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (Basilique Notre-Dame-du-Cap) : Adrien Dufresne fut le principal initiateur du « dombellotisme », courant inspiré du moine-architecte Dom Paul Bellot (1876-1944), marqué par l'ornementation géométrique et les arcs paraboliques.
28en.wikipedia.org (Notre-Dame-du-Cap Basilica) : « In 1964, the present basilica was inaugurated, and the sanctuary officially became a minor basilica » ; List of Catholic basilicas : année de désignation 1964 ; sanctuaire-ndc.ca (Notre histoire) : la construction s'achève en 1964, et le second couronnement de 1954 est un fait distinct.
29patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : la basilique présente un plan octogonal flanqué de quatre bras de transept, un toit pyramidal de cuivre et un portail monumental inscrit dans un arc parabolique.
30patrimoine-culturel.gouv.qc.ca et fr.wikipedia.org : la basilique peut accueillir plus de 1 600 fidèles.
31fr.wikipedia.org (Basilique Notre-Dame-du-Cap) : hauteur de 258 pieds (env. 78 m) du sol à la croix, voûte intérieure à 125 pieds (env. 38 m) du plancher au sommet du dôme, statue de Marie de 24 pieds (env. 7 m) en façade.
32fr.wikipedia.org et patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : les vitraux sont l'œuvre du maître verrier hollandais Jan Tillemans, o.m.i., qui passa l'année 1957 à étudier la lumière du lieu puis une dizaine d'années à composer les verrières.
33patrimoine-culturel.gouv.qc.ca et musiqueorguequebec.ca (Basilique de Notre-Dame-du-Cap) : l'orgue Casavant (Opus 2679, 1964) compte plus de 5 400 tuyaux, dont les tuyaux de façade sont disposés en forme de feuille d'érable.
34patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : la basilique, exemple majeur du dombellotisme québécois, est intégrée à un site patrimonial et figure aux inventaires du patrimoine du Québec.
35ameriquefrancaise.org (Pèlerinage du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) : à partir de 1906, les Oblats aménagèrent un chemin du Rosaire jalonné de statues de bronze figurant les quinze mystères traditionnels.
36ameriquefrancaise.org : le chemin de croix du parc fut établi à la fin du XIXᵉ siècle par le franciscain Frédéric Janssoone.
37ameriquefrancaise.org et fr.wikipedia.org : le Pont des Chapelets, monument de pierre érigé en 1924, commémore le miracle du pont de glace de 1879.
38ameriquefrancaise.org : le lac Sainte-Marie, aménagé dans le parc à la fin des années 1930, prolonge la promenade des pèlerins.
39ameriquefrancaise.org et sanctuaire-ndc.ca : Notre-Dame-du-Cap est l'un des grands sanctuaires nationaux du Canada et l'un des plus importants lieux de pèlerinage marial d'Amérique du Nord.
40ameriquefrancaise.org : la saison de pèlerinage s'étend de mai à octobre ; la fête de l'Assomption (15 août) est le moment le plus important de l'année, avec la fête du Très-Saint-Rosaire au début d'octobre.
41ameriquefrancaise.org (Pèlerinage du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap) : plus de 480 000 pèlerins en 1999 ; environ 290 000 visiteurs en 2009.
42sanctuaire-ndc.ca (Historical summary) : le pape Jean-Paul II visita Notre-Dame-du-Cap le 10 septembre 1984, devant une foule estimée à 75 000 personnes.
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