Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré

Le plus ancien sanctuaire de l'Amérique française : fondé en 1658 sur la Côte-de-Beaupré par un vœu de marins et le don d'Étienne de Lessard, marqué par le miracle de Louis Guimont, gardé par les Rédemptoristes, élevé en basilique mineure par Léon XIII, détruit par l'incendie de 1922 et reconstruit en une grande basilique néo-romane. Reliques de sainte Anne (1670, 1892, 1960), colonne aux béquilles, pèlerinages du 26 juillet et visites papales.

Ignispedia

Sur la rive nord du Saint-Laurent, à une trentaine de kilomètres en aval de Québec, s'élève la masse claire d'une grande basilique à deux flèches : le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, dédié à la mère de la Vierge et grand-mère de Jésus. Né en 1658 d'un vœu de marins et du don d'un colon, il est le plus ancien lieu de pèlerinage de l'Amérique française et l'un des plus anciens d'Amérique du Nord.[1] Trois siècles et demi de constructions, de destructions et de reconstructions y ont laissé leur trace : cinq sanctuaires se sont succédé sur ce coin de grève, et le dernier — une basilique néo-romane de granit — n'a été achevé qu'au XXᵉ siècle.[2]

Cet article traite du lieu : la fondation de 1658, les chapelles et églises qui se sont relayées sur la Côte-de-Beaupré, l'arrivée des Rédemptoristes et l'élévation au rang de basilique mineure, l'incendie de 1922, la basilique actuelle de Roisin et Audet, les trois reliques de sainte Anne conservées sur place, la statue miraculeuse et la colonne aux béquilles, les monuments du site et les grands pèlerinages — fête du 26 juillet, dévotion autochtone, visites papales.

La vie de sainte Anne, sa place dans la Tradition et la théologie de sa maternité relèvent d'un dossier distinct ; on ne les évoque ici que pour comprendre comment cette grève du Saint-Laurent est devenue le sanctuaire de tout un peuple. Voir l'article détaillé : Sainte Anne, mère de la Vierge Marie.

Où se trouve Sainte-Anne-de-Beaupré ?

La Côte-de-Beaupré, sur le Saint-Laurent

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Le sanctuaire se trouve dans la ville de Sainte-Anne-de-Beaupré, sur la Côte-de-Beaupré, étroite bande de terre habitée coincée entre le fleuve Saint-Laurent et les premiers contreforts des Laurentides, à une trentaine de kilomètres au nord-est de la ville de Québec, face à la pointe orientale de l'île d'Orléans.[3] La région relève aujourd'hui de l'archidiocèse de Québec, le plus ancien siège épiscopal du Canada.

La Côte-de-Beaupré est l'une des plus anciennes terres françaises d'Amérique : seigneurie dès le milieu du XVIIᵉ siècle, peuplée de colons venus surtout de l'ouest de la France, elle borde le chemin qui mène vers le cap Tourmente et l'embouchure du fleuve. C'est sur cette grève, exposée aux crues et aux glaces du printemps, que se fixe le culte de sainte Anne.

Le plus ancien sanctuaire de l'Amérique française

Sainte-Anne-de-Beaupré n'est pas un grand pèlerinage médiéval comme Compostelle ni une basilique de prestige romain : c'est un sanctuaire de colonisation, né avec la Nouvelle-France elle-même. Fondé en 1658, il précède de peu l'érection du diocèse de Québec (1674) et accompagne, depuis, toute l'histoire du catholicisme canadien-français.[4] Cette ancienneté continue — un culte ininterrompu depuis le XVIIᵉ siècle, sur le même lieu — fait sa singularité : peu de sanctuaires d'Amérique peuvent revendiquer une dévotion aussi vieille que la présence européenne sur le continent.

Pourquoi sainte Anne au Canada ?

La dévotion à sainte Anne, mère de la Vierge, était particulièrement vive dans l'ouest de la France — Bretagne, Anjou, Aunis — d'où venaient beaucoup des premiers colons et des marins qui traversaient l'Atlantique.[5] Patronne des marins, des gens de mer et des familles, sainte Anne était naturellement invoquée par ceux qui affrontaient le fleuve et l'océan. Transplantée en Nouvelle-France, cette dévotion bretonne trouve à Beaupré son foyer américain — au point que la grand-mère de Jésus deviendra l'une des figures les plus aimées du catholicisme québécois, puis des nations autochtones converties, qui la vénèrent comme « la grand-mère ».[6]

La fondation (1658) : un vœu, une terre, un miracle

Le vœu des marins et le don d'Étienne de Lessard

La basilique de 1876, représentée en 1901 — Detroit Publishing Co. / Library of Congress, Wikimedia Commons, domaine public.

Selon la tradition rapportée par les chroniques de la Nouvelle-France, des marins bretons surpris par la tempête sur le Saint-Laurent firent le vœu d'élever une chapelle à sainte Anne s'ils étaient sauvés ; rescapés, ils auraient accompli leur promesse sur la Côte-de-Beaupré.[7] La même année 1658, un colon du lieu, Étienne de Lessard, concéda une portion de sa terre pour y bâtir le premier sanctuaire.[8] Le projet fut conduit par les premiers prêtres de la colonie, sous l'autorité de l'abbé de Québec, futur Mgr François de Laval.

La première chapelle de bois (1658)

La première chapelle, modeste construction de bois, fut élevée en 1658 tout près du fleuve.[9] C'était un sanctuaire de pionniers : quelques colons, un prêtre de passage, une statue de sainte Anne. Rien ne distinguait extérieurement ce lieu des autres chapelles de la côte — sinon ce qui s'y produisit dès le chantier.

Le miracle fondateur de Louis Guimont

L'événement qui fit la réputation du lieu survint pendant la construction même. Louis Guimont, un habitant de la côte affligé d'un mal de reins qui le faisait cruellement souffrir, voulut malgré tout participer à l'œuvre : il posa, dit la tradition, trois pierres dans les fondations de la chapelle — et se trouva aussitôt guéri.[10] Cette guérison, la première d'une longue série, fut consignée par les prêtres du temps, notamment l'abbé Thomas Morel.[11]

La nouvelle se répandit vite le long du fleuve. Dès lors, les pèlerinages ne cessèrent plus : on vint de toute la colonie prier sainte Anne à Beaupré, et le lieu prit, en quelques années, le statut de sanctuaire reconnu.[12] La tradition locale rapporte un premier grand pèlerinage — une procession partie de Château-Richer — pour le 26 juillet 1663, jour de la fête de sainte Anne.[13]

« Sainte Anne, la Très Sainte Vierge Marie, les femmes du matin de Pâques nous indiquent une nouvelle voie de réconciliation : la tendresse maternelle de nombreuses femmes peut nous accompagner – comme Église – vers des temps à nouveau féconds. » — Pape François, homélie à Sainte-Anne-de-Beaupré, 28 juillet 2022[14]

Une chapelle trop proche du fleuve

Bâtie au ras de la grève, la chapelle de 1658 souffrait des crues du printemps et de la proximité du Saint-Laurent. Dès 1661, on la releva un peu plus à l'est, sur un terrain mieux protégé des eaux.[15] Ce déplacement initial annonce toute l'histoire matérielle du sanctuaire : un lieu sans cesse agrandi, déplacé, rebâti, au gré de la montée des pèlerins et des coups du sort.

Les églises successives (1661-1876)

L'église de pierre de 1676

Infographie originale Ignispedia créée par IA

À mesure que croissait l'affluence, la chapelle de bois devint insuffisante. En 1676, une véritable église de pierre fut construite pour remplacer les édifices primitifs — premier sanctuaire durable du lieu, signe que le pèlerinage était désormais solidement établi dans la vie de la colonie.[16] C'est dans cette église que prit place la première relique de sainte Anne, apportée six ans plus tôt par Mgr de Laval (voir plus bas).

L'église de 1872-1876

L'église de 1676 servit près de deux siècles. Au XIXᵉ siècle, devant un flux de pèlerins toujours plus dense, on entreprit un nouveau sanctuaire, plus vaste, sous l'impulsion du curé du lieu : l'église de 1872-1876.[17] Cet édifice de pierre, surmonté d'une statue dorée de sainte Anne, allait devenir la grande église de pèlerinage de la fin du XIXᵉ siècle — celle que les Rédemptoristes trouveront en arrivant, et celle que l'incendie de 1922 réduira en cendres.

SanctuairePériodeCaractéristique
Première chapelle de bois1658Fondation ; miracle de Louis Guimont
Chapelle relevée1661Déplacée plus à l'est, à l'abri des crues
Église de pierre1676Premier sanctuaire durable
Grande église1872-1876Détruite par l'incendie de 1922
Basilique actuelle1923-1976Néo-romane, granit ; consacrée en 1976

Les Rédemptoristes et la basilique mineure (1877-1922)

L'arrivée des Rédemptoristes (1877-1878)

En 1877, le cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque de Québec, confia la garde du sanctuaire aux Pères Rédemptoristes (Congrégation du Très-Saint-Rédempteur), venus d'abord de Baltimore puis de Belgique.[18] C'est toujours à eux qu'est confiée l'animation du sanctuaire et des pèlerinages, mais avec une communauté très réduite : en 2018, les Rédemptoristes ont quitté leur monastère historique jouxtant le sanctuaire pour des résidences proches, ne maintenant sur place qu'une présence restreinte.[19] La grande église de 1876, ouverte au culte en octobre 1876, fut consacrée solennellement le 19 mai 1889 par le cardinal Taschereau.[20]

Basilique mineure (Léon XIII, 5 mai 1887)

Quelques années plus tard, le pape Léon XIII éleva l'église au rang de basilique mineure, le 5 mai 1887 — distinction qui consacrait le rayonnement du sanctuaire dans toute l'Amérique du Nord catholique.[21] (Quelques sources secondaires écrivent 1886, mais la Catholic Encyclopedia retient le 5 mai 1887.[22]) L'année 1887 est aussi celle du couronnement de la statue de sainte Anne, marque d'honneur accordée aux images de dévotion les plus vénérées.[23]

Le monastère, la Scala Santa et le séminaire

Maîtres des lieux, les Rédemptoristes dotèrent le sanctuaire des équipements d'un grand pèlerinage. En 1891, ils édifièrent leur monastère et une réplique de la Scala Santa — l'« Saint Escalier » que les pèlerins gravissent à genoux, en mémoire de l'escalier du prétoire de Pilate vénéré à Rome.[24] En 1896 s'ouvrit le séminaire Saint-Alphonse, du nom du fondateur des Rédemptoristes.[25] Le lieu n'était plus une simple chapelle de grève, mais un véritable complexe de pèlerinage : église, monastère, escalier saint, maison de retraite.

L'incendie du 29 mars 1922

Le sinistre

La basilique après l’incendie du 29 mars 1922 — W. B. Edwards / British Library, Wikimedia Commons, domaine public.

Le 29 mars 1922, un incendie se déclara dans la grande église de pèlerinage et la détruisit entièrement.[26] En quelques heures, le sanctuaire de la fin du XIXᵉ siècle, but de centaines de milliers de pèlerins, disparut. Le désastre fut considérable, mais il n'interrompit pas le pèlerinage : on aménagea des installations provisoires, et l'on décida aussitôt de reconstruire plus grand.

La statue dorée sauvée des flammes

Un détail frappa les contemporains : la statue dorée de sainte Anne (1885) qui couronnait la façade de l'église incendiée fut épargnée par le feu.[27] Récupérée intacte, elle fut placée plus tard au sommet de la nouvelle basilique, où elle veille encore. Pour les pèlerins, ce sauvetage de la statue au milieu du brasier prit valeur de signe — une continuité visible entre l'ancien et le nouveau sanctuaire.

La basilique actuelle (1923-1976)

Le chantier : Roisin, Daoust, Audet

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La reconstruction commença en 1923. Les plans furent d'abord confiés à l'architecte parisien Maxime Roisin, qui conçut un monument de tradition Beaux-Arts, de style néo-roman aux proportions amples.[28] Il fut assisté de l'architecte sherbrookois Louis-Napoléon Audet, qui dirigea le chantier sur place et adapta les plans au contexte nord-américain ; l'architecte montréalais Joseph-Égide-Césaire Daoust participa également à l'œuvre.[29] Le gros œuvre s'étira sur des décennies : les flèches qui surmontent les clochers ne furent achevées qu'en 1962, et certaines niches et corniches demeurent inachevées aujourd'hui encore.[30]

Un édifice néo-roman de granit

La basilique se présente comme un vaste vaisseau en croix latine, à trois nefs, avec transept, chapelles rayonnantes et abside en hémicycle ceinte d'un déambulatoire ouvrant sur une dizaine d'absidioles.[31] L'extérieur est revêtu d'un parement de granit argenté taillé, couvert de toitures de cuivre ; la façade et les portails déploient les arcs en plein cintre, larges embrasures et voussures sculptées caractéristiques du style roman.[32] Deux tours dépassent 90 mètres de hauteur, dominant la Côte-de-Beaupré et le fleuve.[33]

Vitraux, mosaïques et décor intérieur

Mosaïques des voûtes et du chœur de la basilique — Regmalo, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

L'intérieur est l'un des plus riches du Québec. La basilique compte 240 verrières sorties des ateliers parisiens d'Auguste Labouret ; les voûtes sont couvertes de mosaïques dues à Labouret et à d'autres ateliers (Gaudin, Del Mistro), qui déroulent la vie de sainte Anne et l'histoire du salut.[34] Le maître-autel de granit est surmonté d'un baldaquin de bronze doré, et douze statues monumentales d'apôtres encadrent la grande rosace.[35] Cet ensemble fait de la basilique un livre d'images offert aux pèlerins, dans la grande tradition des églises romanes médiévales.

La consécration de 1976

L'édifice fut officiellement consacré en 1976 par le cardinal Maurice Roy, archevêque de Québec.[36] Plus d'un demi-siècle après l'incendie, le sanctuaire avait retrouvé une église à la mesure de son pèlerinage. La basilique a depuis été reconnue comme bien patrimonial par la municipalité de Sainte-Anne-de-Beaupré.[37]

Les reliques de sainte Anne

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Le sanctuaire conserve trois reliques de sainte Anne, arrivées à trois siècles d'intervalle, qui jalonnent toute son histoire.[38]

La relique de 1670 (Mgr de Laval)

La plus ancienne est un fragment d'os d'un doigt de sainte Anne, obtenu du chapitre de Carcassonne et apporté au sanctuaire le 12 mars 1670 par Mgr François de Laval, premier évêque de Québec.[39] C'est la première relique du lieu, déposée dans l'église de pierre quelques années avant sa construction définitive.

La relique majeure de 1892 (Léon XIII)

En 1892, le sanctuaire reçut une relique plus importante : un fragment d'environ quatre pouces de l'avant-bras (l'os du poignet) de sainte Anne, provenant de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome — don du pape Léon XIII, présenté par le cardinal Taschereau, apporté de Rome par Mgr Joseph-Calixte Canac-Marquis et intronisé le 26 juillet 1892, jour de la fête de sainte Anne.[40]

La Grande Relique de 1960 (Jean XXIII)

La plus vénérée est la Grande Relique : un fragment de l'avant-bras de sainte Anne, également issu de Saint-Paul-hors-les-Murs, donné par le pape Jean XXIII et solennellement intronisée le 3 juillet 1960.[41] Présentée aux fidèles dans un riche reliquaire, elle est aujourd'hui l'objet central de la dévotion des pèlerins, qui viennent la toucher et la vénérer.

La statue miraculeuse et les guérisons

Les deux statues miraculeuses

Béquilles et cannes déposées en ex-voto dans la basilique — Dennis Jarvis, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Le sanctuaire honore deux statues réputées miraculeuses. La première, en bois doré, ornait la façade de l'église incendiée : c'est elle qui survécut aux flammes de 1922 et fut replacée sur la nouvelle basilique.[42] La seconde, à l'intérieur, est la grande statue de sainte Anne portant la Vierge enfant, placée dans le transept nord sur une colonne d'onyx : sculptée en 1927 par Jules de Vischer, de Bruxelles, elle reprend une première version due vers 1881 à l'atelier de Mathias Zens.[43] C'est devant elle que prient les pèlerins en quête de grâces.

La colonne aux béquilles

À l'entrée de la basilique, un témoignage saute aux yeux : des béquilles, cannes et appareils accrochés à des colonnes, laissés par des malades qui affirment avoir été guéris.[44] Ces ex-voto matériels, accumulés depuis le XIXᵉ siècle, sont la mémoire visible des guérisons attribuées à l'intercession de sainte Anne — un usage déjà attesté du vivant des premiers pèlerins.

Les guérisons attestées

Le sanctuaire continue de recevoir des témoignages de faveurs et de guérisons : il fait état chaque année d'une quarantaine de grâces signalées, recueillies par le sanctuaire et publiées notamment dans les Annales de Sainte-Anne.[45] Sans préjuger du discernement de l'Église — aucune enquête canonique n'est citée pour chacune de ces faveurs récentes —, ces récits prolongent, sans interruption, le miracle fondateur de Louis Guimont : depuis 1658, le lieu se présente d'abord comme un sanctuaire de guérison, où l'on vient demander à la grand-mère de Jésus la santé du corps et de l'âme.

Les objections, et les réponses

Trois difficultés sont souvent soulevées, et il faut les regarder en face. Premièrement, les deux reliques d'avant-bras (1892 et 1960) proviennent de la même basilique romaine, Saint-Paul-hors-les-Murs : leur authenticité repose sur la chaîne documentée des dons pontificaux et des intronisations solennelles (1892, 1960), non sur une expertise de laboratoire — l'Église les propose à la vénération des fidèles, pas comme des pièces archéologiques certifiées.[46] Deuxièmement, les guérisons : les béquilles des colonnes sont des ex-voto, pas des dossiers médicaux, et les faveurs publiées chaque année n'ont pas fait l'objet, une par une, d'une enquête canonique citée ; elles valent comme témoignages recueillis, à charge pour le discernement de l'Église de trancher.[47] Troisièmement, le culte des saints et des reliques lui-même : l'Église catholique l'a défini au concile de Trente (session XXV, 1563) — on n'adore que Dieu, on vénère les saints et leurs reliques comme les amis de Dieu dont l'intercession est demandée.[48]

Les monuments du site

L’intérieur de la Scala Santa de Sainte-Anne-de-Beaupré — Thomas1313, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Autour de la basilique, le sanctuaire forme un ensemble dévotionnel étendu, fruit de l'aménagement des Rédemptoristes.

La chapelle commémorative

La chapelle commémorative (1878) fut bâtie sur l'emplacement du transept de l'église de 1676, dont elle réemploie des éléments : elle garde la mémoire des premiers sanctuaires disparus.[49]

La Scala Santa (Saint Escalier)

La Scala Santa, édifiée en 1891, abrite une réplique de l'escalier saint de Rome ; les pèlerins la gravissent à genoux, marche après marche, en méditant la Passion.[50] Le pape François lui-même, lors de sa visite de 2022, s'unit spirituellement à cette pratique :

« Permettez-moi alors de m'unir spirituellement aux nombreux pèlerins qui parcourent ici la "Scala Santa", qui évoque cette montée de Jésus au prétoire de Pilate, et de vous accompagner en tant qu'Église dans ces interrogations qui naissent du cœur chargé de douleur : pourquoi tout cela est-il arrivé ? Comment cela a-t-il pu se produire dans la communauté de ceux qui suivent Jésus ? » — Pape François, homélie à Sainte-Anne-de-Beaupré, 28 juillet 2022[51]

Le chemin de croix et le Cyclorama

Le site comporte aussi un chemin de croix aux stations de bronze grandeur nature, étagé sur la colline derrière la basilique.[52] À proximité immédiate du sanctuaire se trouve enfin le Cyclorama de Jérusalem, vaste panorama peint à la fin du XIXᵉ siècle représentant la Ville sainte au jour de la Crucifixion — attraction privée née du flux des pèlerins.[53]

Pèlerinages et fréquentation

La fête du 26 juillet et la neuvaine

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Le sanctuaire attire chaque année plusieurs centaines de milliers de pèlerins — jusqu'à près d'un million de visiteurs selon les estimations.[54] Le sommet de l'année liturgique est la fête de sainte Anne, le 26 juillet, précédée d'une neuvaine de neuf jours de prières, de messes et de processions, notamment la procession aux flambeaux du soir.[55] Ces grandes journées d'été perpétuent la tradition des premiers pèlerinages du XVIIᵉ siècle.

Les pèlerinages autochtones

Sainte-Anne-de-Beaupré est, depuis ses origines, un lieu cher aux nations autochtones. Dès le XVIIᵉ siècle, des convertis venaient s'y joindre aux colons, et la dévotion à sainte Anne — vénérée comme « la grand-mère » — s'est profondément enracinée chez les Innus, les Hurons-Wendat et d'autres communautés des Premières Nations.[56] Aujourd'hui encore, de grands pèlerinages autochtones marquent la fête de juillet, faisant du sanctuaire un point de rencontre entre la foi catholique et les peuples premiers du Canada.

Les grandes visites papales

Deux papes sont venus à Sainte-Anne-de-Beaupré. Saint Jean-Paul II s'y rendit le 10 septembre 1984 : il y pria devant la statue et y prononça un discours, sans y célébrer la messe.[57] Le pape François y célébra la messe le 28 juillet 2022, lors de son voyage de réconciliation avec les peuples autochtones — premier pape à y présider la célébration eucharistique, dans la basilique elle-même.[58] Dans son homélie, il médita sur le chemin d'Emmaüs comme image de l'Église du Canada, et confia les pèlerins à sainte Anne et à la Vierge.

Pour aller plus loin

Le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré appartient à la famille des grands sanctuaires d'Ignispedia. Pour la vie et la figure de sainte Anne, voir le dossier qui lui est consacré : Sainte Anne, mère de la Vierge Marie. Pour d'autres lieux de pèlerinage comparables, voir notamment le sanctuaire de La Vang (Vietnam), Mariazell (Autriche) et Kibeho (Rwanda). Pour les reliques romaines dont proviennent les fragments de sainte Anne, voir la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

Notes et références

  1. cath.ch (Québec : 350e anniversaire du premier sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré) et fr.wikipedia.org (Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré) : sanctuaire fondé en 1658, présenté comme le plus ancien sanctuaire de l'Amérique française et l'un des plus anciens lieux de pèlerinage d'Amérique du Nord.

    1 4
  2. fr.wikipedia.org (Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré) et histoiresainteducanada.ca : plusieurs sanctuaires successifs se sont élevés sur le site (chapelle de 1658, chapelle relevée en 1661, église de pierre de 1676, église de 1872-1876, basilique de 1923-1976).

    2
  3. fr.wikipedia.org et patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (Basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré) : sanctuaire situé à Sainte-Anne-de-Beaupré, sur la Côte-de-Beaupré, rive nord du Saint-Laurent, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Québec, archidiocèse de Québec.

    3
  4. Sanctuaire de Sainte-Anne-d'Auray (Morbihan, diocèse de Vannes) : apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic (1623-1625), à l'origine du grand pardon breton ; voir l'article Ignispedia Sainte-Anne-d'Auray. Cf. newadvent.org, Catholic Encyclopedia, art. « Sainte Anne d'Auray », et cath.ch : beaucoup des premiers colons et marins de la Nouvelle-France venaient de l'ouest de la France.

    5
  5. vaticannews.va (Femme et aînée, sainte Anne, la grand-mère vénérée chez les autochtones, juillet 2022) : sainte Anne est vénérée comme « la grand-mère » par de nombreuses communautés autochtones du Canada.

    6
  6. cath.ch et grandquebec.com : selon la tradition, des marins bretons sauvés d'une tempête sur le Saint-Laurent firent vœu d'élever une chapelle à sainte Anne, à l'origine du sanctuaire de 1658.

    7
  7. fr.wikipedia.org (Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré) : en 1658, le colon Étienne de Lessard concéda une partie de ses terres pour la construction de la première chapelle de bois dédiée à sainte Anne.

    8
  8. fr.wikipedia.org et histoiresainteducanada.ca : première chapelle de bois élevée en 1658, près du fleuve.

    9
  9. fr.wikipedia.org, lesoleil.com (En quête de miracles à la basilique Ste-Anne-de-Beaupré) et cath.ch : Louis Guimont, affligé d'un mal de reins (« rhumatisme des reins »), fut guéri lors de la construction de la chapelle, après avoir posé des pierres dans les fondations — premier miracle du sanctuaire. Certaines sources situent la guérison le 13 mars 1658, lors de la bénédiction des fondations ; la date précise n'est pas assurée.

    10
  10. lesoleil.com et histoiresainteducanada.ca : la guérison de Louis Guimont fut attestée par l'abbé Thomas Morel, l'un des premiers prêtres du lieu.

    11
  11. cath.ch et newadvent.org : la nouvelle des guérisons se répandit rapidement et les pèlerinages à Sainte-Anne-de-Beaupré ne cessèrent plus depuis le XVIIᵉ siècle.

    12
  12. jemesouviens.biz (26 juillet 1663 — Premier pèlerinage à Sainte-Anne-de-Beaupré) : une procession partie de Château-Richer est rapportée pour le 26 juillet 1663, jour de la fête de sainte Anne — source unique, d'où la formulation prudente (« la tradition locale rapporte »).

    13
  13. Pape François, homélie pour la messe au sanctuaire national de Sainte-Anne-de-Beaupré, 28 juillet 2022, texte français officiel : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2022/documents/20220728-omelia-beaupre-canada.html — passage « Dans cette Basilique… » (méditation sur Emmaüs et la réconciliation) : « Sainte Anne, la Très Sainte Vierge Marie, les femmes du matin de Pâques nous indiquent une nouvelle voie de réconciliation : la tendresse maternelle de nombreuses femmes peut nous accompagner – comme Église – vers des temps à nouveau féconds. »

    14
  14. histoiresainteducanada.ca et fr.wikipedia.org : la chapelle de 1658, trop exposée aux crues du fleuve, fut relevée plus à l'est dès 1661.

    15
  15. histoiresainteducanada.ca et fr.wikipedia.org : une église de pierre fut construite en 1676 pour remplacer les édifices de bois primitifs.

    16
  16. fr.wikipedia.org et histoiresainteducanada.ca : une nouvelle église, plus vaste, fut édifiée entre 1872 et 1876 sous l'impulsion du curé du lieu ; c'est elle qui sera détruite par l'incendie de 1922.

    17
  17. fr.wikipedia.org, techno-science.net et catholic.com (Sainte Anne de Beaupré) : en 1877, le cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau confia le sanctuaire aux Pères Rédemptoristes (venus de Baltimore puis de Belgique), auxquels son animation est toujours confiée.

    18
  18. Catholic News Service, 27 février 2018 (repris par catholicphilly.com, Redemptorists leaving Ste.-Anne-de-Beaupre monastery) : lettre du recteur, le p. Bernard Gauthier — la plupart des membres quittent le monastère historique pour des résidences proches, « the number of Redemptorists present in Sainte-Anne-de-Beaupre will be very small » ; l'animation pastorale du sanctuaire reste rédemptoriste.

    19
  19. newadvent.org, Catholic Encyclopedia, art. « Sainte Anne de Beaupré » : l'église de 1876, « opened in October of that year », « was solemnly consecrated by Cardinal Taschereau » le 19 mai 1889. La date de 1878 parfois avancée est donc écartée.

    20
  20. newadvent.org, Catholic Encyclopedia, art. « Sainte Anne de Beaupré » : « Leo XIII raised it to the rank of a minor basilica 5 May, 1887 ».

    21
  21. newadvent.org, Catholic Encyclopedia, art. « Sainte Anne de Beaupré » : élévation au rang de basilique mineure par Léon XIII le 5 mai 1887 — date ici tranchée. Quelques sources secondaires (patrimoine-culturel.gouv.qc.ca, histoiresainteducanada.ca) écrivent 1886.

    22
  22. fr.wikipedia.org : la statue de sainte Anne fut couronnée en 1887, marque d'honneur accordée aux images de dévotion les plus vénérées.

    23
  23. histoiresainteducanada.ca, patrimoine-culturel.gouv.qc.ca et fr.wikipedia.org : les Rédemptoristes édifièrent leur monastère et une réplique de la Scala Santa (« Saint Escalier ») en 1891 ; les pèlerins la gravissent à genoux.

    24 50
  24. histoiresainteducanada.ca : le Séminaire Saint-Alphonse, du nom du fondateur des Rédemptoristes, ouvrit en 1896.

    25
  25. fr.wikipedia.org, tolkien2008.wordpress.com (Incendie de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré le 29 mars 1922) et radio-canada.ca : un incendie détruisit la basilique le 29 mars 1922.

    26
  26. fr.wikipedia.org et histoiresainteducanada.ca : la statue dorée de sainte Anne (1885) qui couronnait la façade de l'église incendiée échappa aux flammes et fut replacée sur la nouvelle basilique.

    27
  27. fr.wikipedia.org et ameriquefrancaise.org (Sainte-Anne de Beaupré) : la reconstruction commença en 1923 sur les plans de l'architecte parisien Maxime Roisin, dans un style Beaux-Arts néo-roman.

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  28. fr.wikipedia.org et patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : Roisin fut assisté de l'architecte sherbrookois Louis-Napoléon Audet, qui dirigea le chantier ; l'architecte montréalais Joseph-Égide-Césaire Daoust participa également à l'œuvre.

    29
  29. fr.wikipedia.org : le gros œuvre fut achevé en 1962 avec les flèches surmontant les clochers ; certaines niches et corniches restent inachevées.

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  30. patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : plan en croix latine, nef centrale flanquée de bas-côtés, transept à chapelles rayonnantes, abside en hémicycle ceinte d'un déambulatoire ouvrant sur une dizaine d'absidioles.

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  31. patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : parement de granit argenté taillé, toitures de cuivre, arcs en plein cintre, larges embrasures et voussures sculptées (style néo-roman).

    32
  32. patrimoine-culturel.gouv.qc.ca et fr.wikipedia.org : deux tours dépassant 90 mètres de hauteur ; la façade est large d'environ 48 mètres et le transept atteint une soixantaine de mètres.

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  33. patrimoine-culturel.gouv.qc.ca et fr.wikipedia.org : 240 verrières issues des ateliers parisiens d'Auguste Labouret ; voûtes couvertes de mosaïques (ateliers Labouret, Gaudin, Del Mistro).

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  34. patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : maître-autel de granit surmonté d'un baldaquin de bronze doré ; douze statues monumentales d'apôtres encadrant la grande rosace de la façade.

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  35. fr.wikipedia.org et ameriquefrancaise.org : la basilique fut officiellement consacrée en 1976 par le cardinal Maurice Roy, archevêque de Québec.

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  36. patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : la basilique a été reconnue comme bien patrimonial (immeuble patrimonial) par la municipalité de Sainte-Anne-de-Beaupré (2001).

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  37. sanctuairesainteanne.org (Les reliques de sainte Anne) : le sanctuaire conserve trois reliques de sainte Anne, arrivées en 1670, 1892 et 1960.

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  38. sanctuairesainteanne.org : fragment d'os d'un doigt de sainte Anne obtenu du chapitre de Carcassonne, apporté le 12 mars 1670 par Mgr François de Laval, premier évêque de Québec.

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  39. Les deux versions se complètent : newadvent.org, Catholic Encyclopedia, art. « Sainte Anne de Beaupré » — « In 1892 Cardinal Taschereau presented the Great Relic to the basilica, the wrist-bone of St. Anne. It measures four inches in length, and was brought from Rome by Msgr. Marquis » ; sanctuairesainteanne.org (Les reliques de sainte Anne) — don de Léon XIII, transporté par Mgr Joseph-Calixte Canac-Marquis, intronisé le 26 juillet 1892 ; un récit contemporain précise qu'elle fut envoyée « by order of the Pope Leo XIII » (The Miracles of Beaupre). Autrement dit : don du pape Léon XIII, remis par le cardinal Taschereau, apporté de Rome par Canac-Marquis.

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  40. sanctuairesainteanne.org et catholicshrinebasilica.com : la Grande Relique — fragment de l'avant-bras de sainte Anne, provenant de Saint-Paul-hors-les-Murs — fut donnée par le pape Jean XXIII et intronisée le 3 juillet 1960.

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  41. histoiresainteducanada.ca (The two miraculous statues of Sainte-Anne-de-Beaupré) : la première statue, en bois doré, survécut à l'incendie de 1922 et fut placée sur la nouvelle basilique.

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  42. histoiresainteducanada.ca et fr.wikipedia.org : la statue intérieure de sainte Anne portant la Vierge enfant, dans le transept nord, sur une colonne d'onyx, fut sculptée en 1927 par Jules de Vischer (Bruxelles), d'après une première version de l'atelier de Mathias Zens (vers 1881).

    43
  43. fr.wikipedia.org et lesoleil.com : des béquilles, cannes et appareils, laissés par des pèlerins se disant guéris, sont accrochés à des colonnes à l'entrée de la basilique — ex-voto de guérison.

    44
  44. fr.wikipedia.org et lesoleil.com (En quête de miracles à la basilique Ste-Anne-de-Beaupré) : le sanctuaire fait état d'environ une quarantaine de faveurs et guérisons signalées chaque année ; ces témoignages sont recueillis par le sanctuaire et publiés notamment dans les Annales de Sainte-Anne — sans enquête canonique citée pour chacun, d'où la formulation prudente du texte.

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  45. Chaîne documentée : fragment de 1892 — don de Léon XIII, remis par le cardinal Taschereau, apporté de Rome par Mgr Canac-Marquis, intronisé le 26 juillet 1892 (newadvent.org ; sanctuairesainteanne.org) ; Grande Relique de 1960 — don de Jean XXIII, intronisée le 3 juillet 1960 (sanctuairesainteanne.org ; catholicshrinebasilica.com). Les deux fragments proviennent de Saint-Paul-hors-les-Murs ; leur présentation repose sur cette provenance ecclésiale, non sur une expertise de laboratoire.

    46
  46. Sur les ex-voto (béquilles, cannes, appareils) et les faveurs annuelles recueillies et publiées dans les Annales de Sainte-Anne : fr.wikipedia.org et lesoleil.com (En quête de miracles à la basilique Ste-Anne-de-Beaupré) — sans enquête canonique citée pour chacun. Principe de discernement : à l'Église de trancher — cf. les normes du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (17 mai 2024).

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  47. Concile de Trente, session XXV (3-4 décembre 1563), décret sur l'invocation, la vénération des reliques des saints et les saintes images : les saints sont vénérés (non adorés) et leurs reliques honorées, en tant qu'amis de Dieu dont l'intercession est demandée.

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  48. histoiresainteducanada.ca et patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : la chapelle commémorative (1878) fut bâtie sur l'emplacement du transept de l'église de 1676.

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  49. Pape François, homélie pour la messe au sanctuaire national de Sainte-Anne-de-Beaupré, 28 juillet 2022, texte français officiel : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2022/documents/20220728-omelia-beaupre-canada.html — passage « Permettez-moi alors… » (méditation sur Emmaüs) : « Permettez-moi alors de m'unir spirituellement aux nombreux pèlerins qui parcourent ici la "Scala Santa", qui évoque cette montée de Jésus au prétoire de Pilate, et de vous accompagner en tant qu'Église dans ces interrogations qui naissent du cœur chargé de douleur : pourquoi tout cela est-il arrivé ? Comment cela a-t-il pu se produire dans la communauté de ceux qui suivent Jésus ? »

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  50. patrimoine-culturel.gouv.qc.ca : le site comprend un chemin de croix aux stations grandeur nature, étagé sur la colline derrière la basilique.

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  51. en.wikipedia.org (Cyclorama of Jerusalem) : panorama circulaire de 14 mètres de haut sur 110 mètres de circonférence, peint par Paul Philippoteaux avec cinq collaborateurs (Mège, Gros, Corwin, Grover, Austen) et exposé à Sainte-Anne-de-Beaupré depuis 1895 ; il représente Jérusalem au jour de la Crucifixion. Attraction privée née du flux des pèlerins.

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  52. vaticannews.va et fr.wikipedia.org : le sanctuaire attire chaque année plusieurs centaines de milliers de pèlerins, jusqu'à près d'un million de visiteurs.

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  53. fr.wikipedia.org et beaucemagazine.com : la fête de sainte Anne, le 26 juillet, est précédée d'une neuvaine de neuf jours, avec messes, processions et procession aux flambeaux.

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  54. vaticannews.va, macotenord.com et fr.wikipedia.org : la dévotion à sainte Anne, vénérée comme « la grand-mère », est profondément enracinée chez les Innus, les Hurons-Wendat et d'autres nations autochtones, qui pèlerinent à Sainte-Anne-de-Beaupré.

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  55. cccb.ca (Speech of Pope John Paul II … Saint-Anne de Beaupré Shrine … Monday, September 10, 1984) : l'intervention de 1984 est un discours, non une messe ; vaticannews.va (juillet 2022) : une mosaïque au sol marque l'endroit où Jean-Paul II « prayed before the statue ». Cf. memoireenpartage.ca et lesoleil.com.

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  56. Bulletin de la Salle de presse du Saint-Siège, 28 juillet 2022 (https://press.vatican.va/content/salastampa/en/bollettino/pubblico/2022/07/28/220728b.html) : le pape François « presided over the Eucharistic celebration for reconciliation » à Sainte-Anne-de-Beaupré — première célébration eucharistique présidée par un pape dans la basilique, Jean-Paul II n'y ayant fait que prier et parler en 1984. Cf. radio-canada.ca et lapresse.ca.

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