Sanctuaire de Subiaco

Le sanctuaire de Subiaco : la grotte du Sacro Speco où saint Benoît vécut trois ans en ermite, et le monastère voisin de Santa Scolastica, plus ancien monastère bénédictin subsistant au monde. De la villa de Néron et des trois lacs de l'Aniene aux treize monastères de la vallée, de l'architecture suspendue à la falaise du Monte Taleo (neuf arches, chiesa inferiore de 1244-1276, chiesa superiore du XIVe) aux fresques du Magister Conxolus et au plus ancien portrait de saint François, jusqu'à la première imprimerie d'Italie (1465) et aux visites pontificales.

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Au-dessus de la gorge où l'Aniene se fraie un passage entre les Monts Simbruins, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Rome, un édifice de pierre semble pousser hors de la falaise : galeries, loggias et chapelles s'étagent contre le roc, soutenues par de grandes arches, sans qu'on distingue où finit la montagne et où commence le monastère. C'est le Sacro Speco, la « grotte sacrée » de Subiaco — le lieu où, vers l'an 500, un jeune homme de Nursie nommé Benoît s'enfonça dans une caverne pour y chercher Dieu seul, et d'où sortit, moins d'un siècle plus tard, par la voix de saint Grégoire le Grand, le monachisme qui allait façonner l'Europe.[1]

Cet article traite du lieu, non du saint. Il décrit la vallée de l'Aniene et la villa de Néron qui lui a donné son nom, la grotte de l'ermite, les treize monastères que la tradition rattache à Benoît, l'architecture vertigineuse du Sacro Speco accrochée au Monte Taleo, son extraordinaire musée de fresques, le monastère voisin de Santa Scolastica et ses trois cloîtres, l'imprimerie qui y vit naître en 1465 le premier livre imprimé d'Italie, enfin les gardiens bénédictins, les pèlerinages et les visites pontificales. La vie de saint Benoît, sa Règle et sa spiritualité relèvent de dossiers distincts, traités ailleurs dans Ignispedia.[2]

« Quitte ta terre, ta parenté et la maison de ton père. » — Genèse 12, 1, verset que la tradition bénédictine applique au départ du jeune Benoît vers la solitude de Subiaco[3]

Sublaqueum : la vallée de l'Aniene avant les moines

« Sous les lacs » : le nom et le site

Le nom de Subiaco vient du latin Sublaqueum, « sous les lacs » : la ville s'est développée en aval de trois lacs artificiels que l'eau de l'Aniene formait au fond de la gorge.[4] Ces lacs n'étaient pas naturels : ils résultaient de barrages construits à l'époque romaine pour alimenter une résidence impériale. Le site combine ainsi, dès l'origine, trois éléments qui en font un lieu unique : une eau abondante et sauvage, une gorge encaissée propice au retrait, et les ruines d'un luxe impérial que l'ascèse monastique allait recouvrir.

La villa de Néron et ses lacs

Avant tout monastère, Subiaco fut le site d'une vaste villa de l'empereur Néron (Villa Neronis), édifiée vers 60 apr. J.-C. le long de l'Aniene.[5] Pour l'agrément de cette résidence, on éleva sur la rivière trois barrages créant autant de lacs ; le plus haut de ces barrages, longtemps le plus haut du monde antique, ne s'effondra qu'en 1305.[6] De cette villa subsistent encore aujourd'hui, le long de la Via dei Monasteri qui mène aux abbayes, une citerne, des restes de thermes et un nymphée.[7]

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Le détail n'est pas anecdotique pour l'histoire du lieu : c'est dans le nymphée de cette villa que, selon la tradition, saint Benoît transforma au VIᵉ siècle l'apside du premier de ses monastères, dédié à saint Clément.[8] Le sanctuaire chrétien de Subiaco naît donc, littéralement, sur les murs d'un palais impérial — image que les chroniqueurs médiévaux ne manqueront pas de lire comme une victoire de l'humilité monastique sur l'orgueil de Rome.

La fondation : du Sacro Speco aux treize monastères

La grotte de l'ermite

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Selon les Dialogues de saint Grégoire le Grand — seule source ancienne sur la jeunesse de Benoît —, celui-ci, fuyant la dissipation de ses études romaines, se retira vers l'an 500 dans une grotte escarpée au-dessus de l'Aniene, près des ruines de la villa de Néron.[9] Il y vécut trois ans dans une solitude presque totale, inconnu de tous sauf d'un moine nommé Romain, qui, depuis le monastère situé au-dessus de l'à-pic, lui faisait descendre du pain au bout d'une corde munie d'une clochette.[10] Cette grotte est le Sacro Speco — le cœur du sanctuaire, le point fixe autour duquel tout le reste s'est construit au fil des siècles.

« Il habita trois ans dans cette grotte, et nul ne le connaissait, hormis le moine Romain. » — d'après saint Grégoire le Grand, Dialogues, livre II (vie de saint Benoît)[11]

Les douze monastères — et le treizième

Lorsque la réputation de sainteté de l'ermite se répandit, des disciples affluèrent. La tradition, fondée sur les Dialogues, rapporte que Benoît organisa la vallée en douze monastères de douze moines chacun, sous la conduite d'un abbé, en gardant auprès de lui un petit groupe — d'où le décompte local de treize monastères sur les pentes de l'Aniene.[12] Ces fondations, échelonnées sur les hauteurs entre la villa de Néron et le Sacro Speco, firent de Subiaco le premier réseau monastique organisé par celui que l'Occident appellera le patriarche des moines, avant son départ pour le Mont-Cassin.[13]

Sainte Scolastique et la survie de deux monastères

Des treize monastères de la vallée, un seul a survécu aux séismes, aux invasions et aux abandons : celui que Benoît avait dédié à saint Silvestre et qui prit plus tard le nom de sa sœur jumelle, sainte Scolastique (Santa Scolastica).[14] Le Sacro Speco, lui, n'est pas l'un des monastères primitifs : c'est un sanctuaire édifié au Moyen Âge autour de la grotte de l'ermite, à mesure que celle-ci devenait un but de pèlerinage. Aujourd'hui, le « sanctuaire de Subiaco » désigne donc concrètement deux ensembles distincts et voisins : Santa Scolastica, le monastère-mère, et le Sacro Speco, le sanctuaire de la grotte. La biographie de sainte Scolastique et le célèbre épisode de sa dernière rencontre avec son frère relèvent, eux aussi, d'un dossier propre.[15]

Le Sacro Speco : une architecture suspendue à la falaise

Neuf arches contre le Monte Taleo

Les arches et les maçonneries du Sacro Speco. Kipala — Wikimedia Commons, Domaine public.

Le monastère de Saint-Benoît ne repose pas sur un terrain plat : il s'agrippe à la paroi verticale du Monte Taleo, à quelque 600 mètres d'altitude. L'édifice est soutenu par neuf puissantes arches et contreforts qui le plaquent contre le roc ; en plusieurs points, la falaise elle-même tient lieu de quatrième mur.[16] Le visiteur monte par une suite d'escaliers, de loggias et de chapelles taillées dans la pierre, sans jamais retrouver de plan régulier : l'architecture épouse les accidents de la roche, ce qui donne au sanctuaire son caractère de labyrinthe vertical unique en Italie.[17]

La chiesa inferiore (1244-1276)

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Le noyau bâti le plus ancien est l'église inférieure (chiesa inferiore), élevée entre 1244 et 1276 sous l'abbé Enrico.[18] Organisée en trois travées couvertes de voûtes d'ogives, elle est presque entièrement recouverte de fresques. C'est ici qu'apparaît la signature d'un peintre majeur du XIIIᵉ siècle, le Magister Conxolus : sur l'une des fresques se lit l'inscription « Magister Conxolus pinxit hoc opus » (« Maître Conxolus a peint cette œuvre »).[19] Les scènes développent les miracles de saint Benoît racontés par Grégoire le Grand — le pain empoisonné, le moine Maur marchant sur les eaux pour sauver Placide — selon une iconographie qui fera école dans tout l'art bénédictin.[20]

La chiesa superiore

Au-dessus, l'église supérieure (chiesa superiore), édifiée vers le milieu du XIVᵉ siècle, présente une nef unique terminée par une abside semi-circulaire.[21] Ses murs portent un grand cycle de fresques d'école siennoise du XIVᵉ siècle — Passion et Résurrection du Christ, vie de la Vierge —, dominé par une vaste Crucifixion.[22] Les deux églises superposées, reliées par des escaliers internes, font du Sacro Speco un édifice à la verticalité rare, où l'on prie littéralement à plusieurs niveaux dans la montagne.

La Scala Santa et la chapelle Saint-Grégoire

Un escalier dit Scala Santa, aménagé sous l'abbé Giovanni VII (1068-1120) et orné plus tard de fresques siennoises sur le thème du memento mori (la rencontre des trois vivants et des trois morts), conduit vers les niveaux inférieurs.[23] Il dessert la petite chapelle Saint-Grégoire (Cappella di San Gregorio), datée de 1228, qui abrite l'un des trésors les plus précieux de toute l'iconographie chrétienne (voir plus bas le portrait de saint François).[24]

La grotte du Sacro Speco et la statue de Raggi

Au plus profond du sanctuaire s'ouvre enfin la grotte elle-même, le Sacro Speco proprement dit. Là, à l'endroit où la tradition place les trois années d'érémitisme de Benoît, se dresse une statue de marbre du saint sculptée en 1657 par Antonio Raggi, élève du Bernin : Benoît y est représenté debout, le visage levé, dans l'attitude de la prière contemplative.[25] La nudité de la roche, à peine éclairée, contraste avec la profusion des fresques alentour : c'est le point silencieux vers lequel tout le reste converge.

La grotta dei Pastori : les plus anciennes fresques

Plus bas encore, la grotta dei Pastori (« grotte des bergers ») conserve les fresques les plus anciennes du monastère : une Vierge à l'Enfant entourée de saints d'école byzantine, datée du VIIᵉ-VIIIᵉ siècle.[26] Ce détail importe pour l'histoire du lieu : il atteste une fréquentation et un culte sur place bien avant la construction des deux églises médiévales, confirmant la continuité du pèlerinage autour de la grotte.

Les fresques du Sacro Speco : un musée de la peinture italienne

Huit siècles de peinture murale

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Portrait de François dans la chapelle Saint-Grégoire. Anonyme, fresque médiévale — Wikimedia Commons, Domaine public.

Peu de monuments offrent un panorama aussi continu de la peinture italienne. Sur les parois du Sacro Speco se succèdent, sans rupture majeure, des fresques byzantines du VIIIᵉ siècle, l'école romaine du XIIIᵉ (autour du Magister Conxolus), l'école siennoise du XIVᵉ et des apports ombro-marchigiens jusqu'au XVIᵉ siècle.[27] Les cycles se concentrent sur trois grands thèmes : la Passion du Christ, la vie de la Vierge et la vie de saint Benoît. Le tableau ci-dessous résume cette stratigraphie picturale.

EspaceDatationÉcole / artisteSujets principaux
Grotta dei PastoriVIIᵉ-VIIIᵉ s.ByzantineVierge à l'Enfant et saints[28]
Chapelle Saint-Grégoire1228 (chapelle) ; v. 1223-1224 (portrait)RomainePortrait de saint François ; Grégoire IX[29]
Chiesa inferiore1244-1276Magister Conxolus (école romaine)Miracles de saint Benoît[30]
Scala SantaXIVᵉ s.SiennoiseMemento mori, trois morts et trois vifs[31]
Chiesa superioreXIVᵉ s.SiennoisePassion, Vierge, Crucifixion[32]

Le plus ancien portrait de saint François

Le joyau du sanctuaire, et l'une des images les plus précieuses de l'art occidental, se trouve dans la chapelle Saint-Grégoire : un portrait de saint François d'Assise peint de son vivant, vers 1223-1224, lors de sa venue à Subiaco dans la suite du cardinal Ugolin (le futur pape Grégoire IX).[33] François y est représenté sans auréole et sans stigmates — preuve que la fresque est antérieure à 1224, année des stigmates de l'Alverne —, tenant un rouleau, avec l'inscription « Fr. Franciscus ».[34] Pour la première fois, la peinture ne raconte pas une légende ou un miracle : elle livre un portrait pris sur le vif, par un artiste qui vit le saint et voulut fixer ses traits réels.

« On y voit, pour la première fois, non l'illustration d'une légende, mais le visage d'un homme que le peintre a réellement regardé. » — Lecture courante des historiens de l'art sur le portrait de saint François à Subiaco[35]

La roseraie : saint Benoît et saint François

À cette visite franciscaine se rattache le Sacro Roseto, la roseraie du monastère. La tradition rapporte que Benoît, assailli par la tentation, se jeta nu dans un buisson de ronces pour la vaincre ; venu en pèlerinage en 1223, François d'Assise aurait greffé des roses sans épines sur ces ronces, et le rosier fleurit depuis lors.[36] Deux fondateurs d'ordres, deux des plus grands saints de l'Occident, se rejoignent ainsi sur ce même rocher — ce qui fait du Sacro Speco un lieu où bénédictins et franciscains lisent leur histoire commune.

Le monastère de Santa Scolastica

Le plus ancien monastère bénédictin du monde

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Colonnettes du cloître de Santa Scolastica. Livioandronico2013 — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

À un peu plus d'un kilomètre en contrebas du Sacro Speco se trouve l'autre pôle du sanctuaire : le monastère de Santa Scolastica, fondé par Benoît lui-même vers 520 et doté par les patriciens romains Tertullus et Æquitius.[37] Seul survivant des treize monastères de la vallée, il est le plus ancien monastère bénédictin subsistant au monde et la maison-mère de la garde monastique de Subiaco.[38] C'est aussi un monastère vivant : une communauté de moines bénédictins y poursuit la vie régulière selon la Règle, assurant la continuité ininterrompue du lieu.

Les trois cloîtres

L'originalité architecturale de Santa Scolastica tient à ses trois cloîtres superposés dans le temps, qui forment à eux seuls un manuel d'histoire de l'art médiéval :[39]

  • le cloître cosmatesque (XIIIᵉ siècle), le plus ancien, chef-d'œuvre des marbriers romains Cosmati — colonnettes torses et incrustations de marbres polychromes ;
  • le cloître gothique (XIVᵉ siècle), aux arcs brisés, qui borde l'ancienne bibliothèque ;
  • le cloître Renaissance (XVIᵉ siècle), le plus récent, par lequel on entre aujourd'hui.

Le campanile et l'église abbatiale

Le campanile roman de Santa Scolastica, élevé en 1052-1053, compte parmi les plus anciens clochers de ce type dans le Latium.[40] L'église abbatiale, en revanche, a été entièrement reconstruite en style néoclassique après 1770 par l'architecte Giacomo Quarenghi — le futur bâtisseur de Saint-Pétersbourg —, ce qui donne au monastère son contraste saisissant entre cloîtres médiévaux et sanctuaire des Lumières.[41]

Subiaco, berceau de l'imprimerie italienne (1465)

Sweynheym et Pannartz à Santa Scolastica

C'est à Santa Scolastica, et non dans une ville, que naquit l'imprimerie en Italie. Vers 1464-1465, deux clercs allemands venus de la région de Mayence, Conrad Sweynheym et Arnold Pannartz, installèrent la première presse typographique de la péninsule dans le monastère, probablement appelés par l'abbé commendataire, le cardinal Juan de Torquemada (Giovanni Turrecremata), grand promoteur de la culture.[42] Le choix d'un monastère bénédictin n'avait rien de fortuit : Santa Scolastica disposait d'un scriptorium, d'une bibliothèque et de moines lettrés capables de fournir les textes à composer.

Les quatre premiers livres imprimés en Italie

Pendant leurs trois années à Subiaco, Sweynheym et Pannartz imprimèrent quatre ouvrages, dont l'un est entièrement perdu :[43]

OuvrageDateStatut
Donatus pro puerulis (grammaire latine)v. 1465Perdu, aucun exemplaire conservé[44]
Cicéron, De oratoreavant le 30 sept. 1465Premier livre conservé imprimé en Italie (non daté)[45]
Lactance, Opera (Divinae institutiones)29 oct. 1465Premier livre daté imprimé en Italie ; premiers caractères grecs imprimés[46]
Saint Augustin, De civitate Dei12 juin 1467Dernier livre subiacense avant le départ pour Rome[47]

Le Lactance du 29 octobre 1465 est considéré comme l'acte de naissance de l'imprimerie italienne : c'est le premier livre daté sorti d'une presse de la péninsule, et il contient les tout premiers caractères grecs jamais imprimés, fondus dans une police que les historiens appellent depuis le type de Subiaco.[48] Le choix des textes — un Père de l'Église surnommé le « Cicéron chrétien », le maître de la rhétorique latine, puis la Cité de Dieu — dit assez l'esprit humaniste et chrétien de l'entreprise.

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Détail typographique du Lactance imprimé à Subiaco en 1465. Pannartz et Sweynheym, imprimeurs ; Lactance, auteur — Wikimedia Commons, Domaine public.

En 1467, les deux imprimeurs quittèrent Subiaco pour Rome, où ils poursuivirent leur œuvre. Mais c'est bien dans le monastère de la vallée de l'Aniene que l'Italie était entrée dans l'ère du livre imprimé — un fait qui ajoute au sanctuaire une dimension culturelle sans équivalent parmi les hauts lieux du pèlerinage italien.

Épreuves, destructions et gardiens

Lombards, Sarrasins et séismes

L'histoire matérielle du lieu est une longue suite de destructions et de relèvements. Le monastère de la vallée fut ravagé par les Lombards (la tradition situe une dévastation dès le début du VIIᵉ siècle), puis incendié par les Sarrasins au IXᵉ siècle (vers 840), et de nouveau frappé au Xᵉ siècle.[49] Chaque fois, la communauté reconstruisit. Les séismes répétés de l'Apennin central éprouvèrent eux aussi les édifices. La survie même du sanctuaire, après tant de ruines, témoigne de la ténacité de la garde bénédictine, qui n'a jamais abandonné définitivement le rocher de Benoît.

Les abbés commendataires

À partir de 1455, l'abbaye fut donnée in commendam à des cardinaux : ce régime de la commende confiait les revenus du monastère à un prélat extérieur, souvent absent.[50] Parmi ces abbés commendataires figurent des noms considérables — le cardinal Juan de Torquemada, qui fit venir les imprimeurs, et surtout Rodrigo Borgia, le futur pape Alexandre VI, qui fortifia le bourg (le Castrum Sublacense).[51] La commende, qui pouvait appauvrir la vie régulière, fut supprimée en 1915 par le pape Benoît XV, par la constitution apostolique Coenobium Sublacense du 21 mars 1915 — saint Pie X, abbé commendataire de 1906 à sa mort en 1914, en ayant été le dernier titulaire —, rendant le monastère à un gouvernement pleinement monastique.[52]

Le bombardement de 1944

Dernière épreuve majeure : le 23 mai 1944, en pleine Seconde Guerre mondiale, le monastère de Santa Scolastica fut bombardé, comme le Mont-Cassin quelques mois plus tôt. Les dégâts furent importants, mais l'ensemble fut restauré dans les années suivantes, et les deux monastères purent rouvrir aux moines et aux pèlerins.[53]

L'abbaye territoriale de Subiaco aujourd'hui

Subiaco constitue aujourd'hui une abbaye territoriale, c'est-à-dire une circonscription ecclésiastique immédiatement soumise au Saint-Siège, dont le territoire coïncide pour l'essentiel avec les deux monastères bénédictins.[54] Les moines bénédictins y assurent la garde du Sacro Speco et de Santa Scolastica, la vie liturgique, l'accueil des pèlerins et la conservation de la bibliothèque historique — une continuité de présence qui remonte, à travers toutes les ruines, à la grotte de Benoît.

Pèlerinages et visites pontificales

Un sanctuaire du patron de l'Europe

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Dès le XIIIᵉ siècle, la grotte de Benoît était devenue un but de pèlerinage, et le Sacro Speco n'a cessé d'attirer fidèles, artistes et voyageurs.[55] Sa dimension a changé d'échelle lorsque saint Paul VI proclama, en 1964, saint Benoît patron principal de l'Europe : Subiaco, première demeure du patriarche, devint l'un des lieux symboliques de l'identité chrétienne du continent.[56] Pèlerins bénédictins, groupes de jeunes, amateurs d'art et touristes s'y croisent désormais toute l'année.

Les papes au Sacro Speco

Plusieurs papes sont venus à Subiaco. Au XVIIIᵉ et au XIXᵉ siècle, Pie VI puis Pie IX marquèrent leur attachement au lieu.[57] Mais la visite la plus célèbre de l'époque contemporaine est celle de saint Jean-Paul II, le 28 septembre 1980 : venu prier dans la grotte et vénérer le patron de l'Europe, il y prononça une méditation restée célèbre sur la devise bénédictine.[58]

« "Ora et labora". Le travail, dans l'antiquité, était le lot des esclaves, le signe de l'avilissement. Être libre signifiait ne pas travailler, et donc vivre du travail des autres. La révolution bénédictine met le travail au cœur même de la dignité de l'homme. » — saint Jean-Paul II, discours lors de la visite au Sacro Speco, 28 septembre 1980[59]

À la veille du conclave d'avril 2005, le cardinal Joseph Ratzinger — futur Benoît XVI, qui placera son pontificat sous le patronage du saint de Nursie — vint lui aussi prier dans la grotte, soulignant le lien intime entre le saint de l'Aniene et la mémoire chrétienne de l'Europe.[60]

Voisins de pèlerinage

Subiaco s'inscrit dans le réseau des grands sanctuaires italiens que parcourt le pèlerin : le sanctuaire de Monte Sant'Angelo dans les Pouilles, plus ancien sanctuaire d'Occident dédié à saint Michel, et le sanctuaire du Volto Santo de Manoppello dans les Abruzzes voisines, sont autant d'étapes d'une même géographie spirituelle.[61] Pour la tradition du retrait au désert et de la montagne sainte, on pourra rapprocher Subiaco du sanctuaire du Mont-Carmel.

Pour aller plus loin

Le sanctuaire de Subiaco est avant tout un lieu : la grotte d'un ermite devenue, par strates de pierre et de fresques, l'un des plus extraordinaires ensembles monastiques d'Europe. Pour la vie de saint Benoît, sa conversion et sa Règle, voir Saint Benoît de Nursie. Pour l'ordre qu'il a fondé et son rayonnement, voir Le monachisme bénédictin et La spiritualité bénédictine. Sur les autres hauts lieux de pèlerinage italiens, voir Monte Sant'Angelo et Manoppello.

Notes et références

  1. Présentation générale : monasterosanbenedettosubiaco.it, site officiel du monastère de Saint-Benoît à Subiaco ; cultura.gov.it, « Monastero di San Benedetto Sacro Speco » ; it.wikipedia.org, « Monastero di San Benedetto (Subiaco) ».

    1
  2. La biographie de saint Benoît de Nursie (v. 480-547), sa Règle et sa spiritualité sont traitées dans des dossiers Ignispedia distincts ; le présent article se limite au lieu, conformément à son classement sous « Sanctuaires et pèlerinages ».

    2
  3. Genèse 12, 1. La tradition monastique lit le départ d'Abraham comme figure de l'appel au retrait que suivit le jeune Benoît en quittant Rome pour la solitude de Subiaco.

    3
  4. it.wikipedia.org, « Subiaco » ; turismoroma.it, « Subiaco e i suoi Monasteri » : le toponyme Sublaqueum signifie « sous les lacs », en référence aux lacs artificiels formés sur l'Aniene au pied des Monts Simbruins.

    4
  5. visitvaldaniene.it, « Villa di Nerone » ; it.wikipedia.org, « Subiaco » : vaste villa de l'empereur Néron (règne 54-68) édifiée vers 60 apr. J.-C. le long de l'Aniene ; Tacite, Annales, XIV, 22, l'atteste déjà en usage sous Néron (banquet à Sublaqueum).

    5
  6. en.wikipedia.org, « Subiaco, Lazio » : trois barrages romains formaient les lacs ; le plus grand, longtemps le plus haut barrage du monde, ne s'effondra qu'en 1305.

    6
  7. turismoroma.it et visitvaldaniene.it : il subsiste de la villa, le long de la Via dei Monasteri, une citerne, des restes de thermes et un nymphée.

    7
  8. turismoroma.it, « Subiaco e i suoi Monasteri » : selon la tradition, saint Benoît transforma au VIᵉ siècle le nymphée de la villa de Néron en abside du premier de ses monastères, dédié à saint Clément.

    8
  9. saint Grégoire le Grand, Dialogues, livre II (vie de saint Benoît), seule source ancienne ; synthèse dans en.wikipedia.org, « Subiaco, Lazio » et it.wikipedia.org, « Monastero di San Benedetto (Subiaco) ».

    9
  10. en.wikipedia.org, « Subiaco, Lazio » ; progettostoriadellarte.it, « Il santuario del Sacro Speco di Subiaco » : Benoît, ermite dans la grotte trois années durant, était ravitaillé en pain par le moine Romain au moyen d'une corde descendue le long de l'à-pic.

    10
  11. D'après saint Grégoire le Grand, Dialogues, livre II, ch. 1. Traduction française dans le corps ; le texte latin original (Grégoire le Grand, Dialogi) sert de source.

    11
  12. en.wikipedia.org, « Subiaco, Lazio » : Benoît établit des monastères de douze moines chacun ; la tradition locale compte treize monastères dans la vallée de l'Aniene, dont Santa Scolastica est le seul subsistant.

    12
  13. Après la période de Subiaco, Benoît gagna le Mont-Cassin, où il composa sa Règle. Voir le dossier Ignispedia le-monachisme-benedictin.

    13
  14. cultura.gov.it, « Monastero di Santa Scolastica » ; turismoroma.it : Santa Scolastica (d'abord dédié à saint Silvestre) est le seul des monastères primitifs à avoir survécu aux séismes et aux destructions sarrasines.

    14
  15. La vie de sainte Scolastique, sœur jumelle de saint Benoît, et leur dernière rencontre relatée par Grégoire le Grand font l'objet d'un traitement distinct ; on ne retient ici que le nom donné au monastère.

    15
  16. it.cathopedia.org, « Monastero di San Benedetto (Subiaco) » ; it.wikipedia.org, idem : l'édifice est soutenu par neuf puissantes arches et contreforts contre la paroi du Monte Taleo, à environ 600 m d'altitude.

    16
  17. passaggilenti.com, « Monastero di San Benedetto a Subiaco » ; meer.com, « Il monastero di San Benedetto » : architecture épousant la roche, en chapelles et escaliers superposés sans plan régulier, la falaise servant par endroits de quatrième mur.

    17
  18. it.cathopedia.org, « Monastero di San Benedetto (Subiaco) » : l'église inférieure fut élevée entre 1244 et 1276 sous l'abbé Enrico, en trois travées à voûtes d'ogives.

    18
  19. it.cathopedia.org, idem : les fresques de l'église inférieure portent la signature « Magister Conxolus pinxit hoc opus », attribuée au peintre Conxolus (Consolo), actif à la fin du XIIIᵉ siècle (école romaine).

    19 30
  20. progettostoriadellarte.it, « Il santuario del Sacro Speco di Subiaco » : l'église inférieure développe les miracles de saint Benoît rapportés par Grégoire le Grand, dont le pain empoisonné et saint Maur marchant sur les eaux pour sauver Placide.

    20
  21. it.cathopedia.org, « Monastero di San Benedetto (Subiaco) » : l'église supérieure date du milieu du XIVᵉ siècle, à nef unique terminée par une abside semi-circulaire.

    21
  22. progettostoriadellarte.it et it.wikipedia.org, « Monastero di San Benedetto (Subiaco) » : cycle de fresques siennoises du XIVᵉ siècle (Passion et Résurrection, vie de la Vierge) et grande Crucifixion dans l'église supérieure.

    22 32
  23. it.cathopedia.org, idem : la Scala Santa, aménagée sous l'abbé Giovanni VII (1068-1120), est ornée de fresques siennoises du XIVᵉ siècle sur le thème du memento mori (les trois morts et les trois vifs).

    23 31
  24. it.cathopedia.org, idem : la chapelle Saint-Grégoire est datée de 1228 et abrite le portrait de saint François d'Assise et celui du commettant, le cardinal Ugolin (futur Grégoire IX).

    24 29
  25. it.cathopedia.org, idem ; it.wikipedia.org, « Monastero di San Benedetto (Subiaco) » : la grotte du Sacro Speco abrite une statue de marbre de saint Benoît sculptée en 1657 par Antonio Raggi, élève du Bernin.

    25
  26. it.cathopedia.org, idem : la grotta dei Pastori conserve une Vierge à l'Enfant entourée de saints d'école byzantine du VIIᵉ-VIIIᵉ siècle, fresques les plus anciennes du monastère.

    26 28
  27. it.wikipedia.org, « Monastero di San Benedetto (Subiaco) » : les fresques s'échelonnent du VIIIᵉ au XVIᵉ siècle, des œuvres byzantines aux écoles romaine, siennoise et ombro-marchigienne, sur les thèmes de la Passion, de la vie de la Vierge et de la vie de saint Benoît.

    27
  28. laquilablog.it, « Il più antico ritratto di San Francesco… » ; ewtn.it, « San Francesco a Subiaco » : le portrait de saint François, dans la chapelle Saint-Grégoire, fut peint vers 1223-1224, lors de la venue du saint à Subiaco dans la suite du cardinal Ugolin.

    33
  29. conoscerepertutelare.altervista.org, « Il più antico ritratto di San Francesco… » : François y est figuré sans auréole ni stigmates (donc avant les stigmates de l'Alverne, 1224), tenant un rouleau, avec l'inscription « Fr. Franciscus ».

    34
  30. Lecture courante des historiens de l'art : la fresque de Subiaco est tenue pour le plus ancien portrait « pris sur le vif » de saint François, non illustration d'une légende mais représentation d'un homme réellement vu par le peintre. Sources : laquilablog.it ; ewtn.it ; conoscerepertutelare.altervista.org.

    35
  31. progettostoriadellarte.it ; museoroseantiche.it, « Le Rose della Fede » : la tradition rapporte que Benoît se jeta nu dans un buisson de ronces pour vaincre la tentation, et que saint François, venu en 1223, y greffa des roses sans épines — le Sacro Roseto fleurit depuis.

    36
  32. en.wikipedia.org, « Subiaco, Lazio » : l'abbaye de Santa Scolastica fut bâtie par saint Benoît vers 520 et dotée par les patriciens romains Tertullus et Æquitius.

    37
  33. cultura.gov.it, « Monastero di Santa Scolastica » ; it.wikipedia.org, « Monastero di Santa Scolastica » : c'est le plus ancien monastère bénédictin subsistant au monde, et le seul des douze (treize) monastères de Subiaco à avoir survécu.

    38
  34. cultura.gov.it et musei.beniculturali.it, « Monastero di Santa Scolastica » : le monastère possède trois cloîtres — cosmatesque (XIIIᵉ s., œuvre des Cosmati), gothique (XIVᵉ s.) et Renaissance (XVIᵉ s.).

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  35. it.wikipedia.org, « Monastero di Santa Scolastica » : le campanile roman date de 1052-1053.

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  36. it.wikipedia.org, idem ; cultura.gov.it : l'église abbatiale fut reconstruite en style néoclassique après 1770 par Giacomo Quarenghi.

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  37. en.wikipedia.org, « Subiaco Press » et « Arnold Pannartz and Konrad Sweynheim » ; historyofinformation.com : Conrad Sweynheym et Arnold Pannartz, clercs allemands, installèrent vers 1464-1465 la première presse d'Italie à Santa Scolastica, probablement appelés par l'abbé commendataire, le cardinal Juan de Torquemada (Giovanni Turrecremata).

    42
  38. insidethevatican.com, « The First Four Books Printed in Italy » ; ilovetypography.com, « Notes on the first Books Printed in Italy » : durant leurs trois années à Subiaco, Sweynheym et Pannartz imprimèrent quatre ouvrages.

    43
  39. insidethevatican.com : le Donatus pro puerulis, grammaire latine pour enfants, est entièrement perdu (aucun exemplaire conservé).

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  40. en.wikipedia.org, « Subiaco Press » : le De oratore de Cicéron fut achevé avant le 30 septembre 1465 ; non daté, il est le premier livre conservé imprimé en Italie.

    45
  41. sothebys.com et historyofinformation.com : l'édition des œuvres de Lactance, datée du 29 octobre 1465, est le premier livre daté imprimé en Italie ; les Divinae institutiones contiennent les premiers caractères grecs imprimés au monde.

    46
  42. insidethevatican.com : le De civitate Dei de saint Augustin fut achevé le 12 juin 1467, dernier livre imprimé à Subiaco avant le transfert de l'atelier à Rome.

    47
  43. historyofinformation.com, « The Sweynheym & Pannartz Lactantius » ; exhibitions.lib.cam.ac.uk, « Lactantius (1465) » : la police employée est appelée « type de Subiaco » ; le Lactance de 1465 contient les premiers caractères grecs imprimés.

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  44. en.wikipedia.org, « Subiaco, Lazio » : destructions attribuées aux Lombards (début VIIᵉ s.), incendie sarrasin au IXᵉ siècle (vers 840) et nouveaux ravages au Xᵉ siècle, suivis à chaque fois d'une reconstruction.

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  45. en.wikipedia.org, « Subiaco, Lazio » : à partir de 1455 (Calixte III), l'abbaye fut donnée in commendam à des cardinaux.

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  46. en.wikipedia.org, idem : parmi les abbés commendataires, Rodrigo Borgia (futur Alexandre VI) remania le Castrum Sublacense ; le cardinal Juan de Torquemada fit venir les imprimeurs.

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  47. Constitution apostolique Coenobium Sublacense du 21 mars 1915 (AAS 07 (1915), pp. 197-200) : le pape Benoît XV y supprime la commende et le titre d'abbé commendataire, restaurant le gouvernement monastique ; saint Pie X, abbé commendataire de 1906 au 20 août 1914, en avait été le dernier titulaire. Cf. it.wikipedia.org, « Abbazia territoriale di Subiaco ».

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  48. it.wikipedia.org, « Monastero di Santa Scolastica » : le complexe fut bombardé le 23 mai 1944, puis restauré.

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  49. it.wikipedia.org et it.cathopedia.org, « Abbazia territoriale di Subiaco » : Subiaco est une abbaye territoriale immédiatement soumise au Saint-Siège, dont le territoire coïncide avec les monastères de Santa Scolastica et de Saint-Benoît (Sacro Speco).

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  50. en.wikipedia.org, « Subiaco, Lazio » : dès le XIIIᵉ siècle, la grotte était devenue un but de pèlerinage.

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  51. Paul VI, lettre apostolique Pacis nuntius (24 octobre 1964), proclamant saint Benoît patron principal de l'Europe ; cf. vatican.va.

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  52. it.wikipedia.org, « Subiaco » et « Abbazia territoriale di Subiaco » : plusieurs papes, dont Pie VI et Pie IX, manifestèrent leur attachement au sanctuaire.

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  53. vatican.va, Jean-Paul II, discours et prière au Sacro Speco de Subiaco, 28 septembre 1980 : le pape vint prier dans la grotte et vénérer saint Benoît, patron de l'Europe.

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  54. Jean-Paul II, Discorso di Giovanni Paolo II durante la visita al Sacro Speco (Subiaco, 28 septembre 1980), texte officiel italien vérifié sur vatican.va (https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/it/speeches/1980/september/documents/hf_jp-ii_spe_19800928_speco-subiaco.html) : « "Ora et labora". Il lavoro, nell'antichità, era la sorte degli schiavi, il segno dell'avvilimento. Essere libero significava non lavorare, e dunque vivere del lavoro degli altri. La rivoluzione benedettina mette il lavoro al cuore stesso della dignità dell'uomo. » (verbatim). Le corps cite la traduction française officielle du même discours (même page, version française).

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  55. Le cardinal Joseph Ratzinger vint prier au Sacro Speco peu avant son élection d'avril 2005 ; devenu Benoît XVI, il plaça son pontificat sous le patronage de saint Benoît (cf. Benoît XVI, audience générale du 9 avril 2008, vatican.va).

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  56. Sanctuaires voisins traités dans Ignispedia : sanctuaire-de-monte-santangelo, sanctuaire-de-manoppello, sanctuaire-du-mont-carmel.

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