L'argument moral

Si certains actes sont objectivement bons ou mauvais, quelle source fonde cette obligation ? L'argument moral soutient que seul Dieu, Bien absolu et Législateur transcendant, peut fonder l'objectivité de la loi morale.

Ignispedia

Pourquoi certains actes sont-ils injustes, même lorsque leurs auteurs les approuvent et restent impunis ? L'argument moral part de cette question pour réfléchir à l'existence de Dieu. Il cherche à expliquer pourquoi le respect d'un innocent nous oblige réellement. Nous allons suivre son raisonnement, comprendre ses exemples et examiner les principales objections. La question porte sur ce qui rend le bien véritablement bon, pour les croyants comme pour les incroyants.

1. Une question qui dépasse nos préférences

La morale concerne ce qui est bien ou mal dans nos actes. Elle cherche ce que nous devrions faire et ce que nous devrions éviter. Elle apparaît quand nous distinguons une action juste d'une action injuste. Aider une personne menacée et lui faire du mal volontairement ne nous semblent pas simplement deux choix équivalents.

Certaines différences relèvent pourtant du goût personnel. Préférer une activité à une autre ne donne généralement aucune raison de l'imposer à son voisin. Mais condamner la torture d'un innocent semble vouloir dire davantage. Nous pensons que cette action est mauvaise même si son auteur y trouve du plaisir.

Le mot objectif exprime cette différence. Est objectif ce qui reste vrai indépendamment de ce que les personnes en pensent. Dire qu'une torture est objectivement mauvaise signifie donc que son injustice ne dépend pas de notre approbation. Une société entière pourrait l'accepter sans la rendre juste.

Une obligation morale est un devoir qui nous demande d'agir ou de nous abstenir. Elle peut s'opposer à notre intérêt et à nos envies. Ainsi, respecter un innocent resterait un devoir même si lui nuire nous rapportait beaucoup. C'est précisément cette force du devoir que l'article cherche à comprendre.

On distingue aussi une valeur morale d'une obligation morale. Une valeur morale désigne quelque chose que nous reconnaissons comme bon, par exemple la justice. L'obligation indique ce que ce bien nous demande concrètement : ne pas condamner un innocent, par exemple. Reconnaître un idéal et être tenu de le respecter sont deux questions liées.

Reconnaître le bien et comprendre pourquoi il nous oblige sont deux questions différentes. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'argument moral est un raisonnement qui relie ces devoirs à Dieu. Il tient en trois étapes simples :

  1. Si Dieu n'existe pas, aucun devoir moral ne s'impose réellement à tous.
  2. Or, certains devoirs moraux s'imposent réellement à tous.
  3. Donc Dieu existe.

La conclusion découle bien des deux premières affirmations. Mais cela ne suffit pas à établir qu'elle est vraie. Encore faut-il montrer pourquoi chacune de ces affirmations mérite d'être acceptée. Une grande partie du débat porte justement sur leur défense.

Le fondement d'un devoir est ce qui le rend réellement valable. Connaître une règle et comprendre son fondement ne sont pas la même chose. On peut savoir qu'une action est injuste sans avoir réfléchi à ce qui rend ce jugement vrai.

Un athée est une personne qui ne croit pas en Dieu. Il peut défendre les faibles, agir courageusement et reconnaître l'injustice avec autant de sincérité qu'un croyant. L'argument moral ne conteste aucunement cette possibilité. Il demande ce qui fonde les devoirs de chacun dans un monde où Dieu n'existerait pas.

La réponse proposée est une source du bien qui dépasse les décisions humaines. C'est le sens du mot transcendant dans ce débat : ce qui ne dépend pas de nous et dépasse notre autorité. Selon les défenseurs de l'argument, Dieu donne ainsi au devoir une portée que nos préférences ne peuvent lui fournir.

2. Plusieurs chemins vers la même question

L'histoire de l'argument réunit des penseurs qui n'ont pas tous suivi exactement le même chemin. Certains partent du devoir, d'autres de notre sentiment d'avoir mal agi ou de notre indignation devant l'injustice.

Le philosophe Emmanuel Kant développe sa réflexion dans la Critique de la raison pratique, publiée en 1788. Il s'interroge sur la manière dont nous pouvons agir selon le bien. La vertu désigne ici une conduite qui cherche effectivement à faire le bien. Or, une personne vertueuse n'est pas toujours heureuse.

Kant réfléchit à l'accord final entre cette conduite juste et le bonheur. Il estime que cet accord suppose Dieu et une vie au-delà de la mort. La liberté humaine compte également dans sa réflexion : être responsable suppose de pouvoir choisir. Cette capacité de choisir s'appelle le libre arbitre. La question du choix est aussi développée dans l'article sur le libre arbitre.

Kant ne présente donc pas Dieu comme la conclusion d'un calcul mathématique. Son raisonnement concerne les conditions d'une vie morale cohérente et de son accomplissement. Il diffère de l'argument en trois étapes présenté plus haut. Tous deux prennent néanmoins notre expérience du devoir au sérieux.[1]

L'écrivain Fiodor Dostoïevski explore une inquiétude voisine dans Les Frères Karamazov, publié en 1880. Le personnage d'Ivan Karamazov lie la disparition de la vertu à l'absence d'immortalité. L'immortalité signifie ici que la vie personnelle ne s'achève pas avec la mort. Son frère Dmitri reprend cette inquiétude à son tour.

La formule si Dieu n'existe pas, tout est permis résume habituellement cette réflexion. Jean-Paul Sartre a contribué à la populariser. Mais il serait inexact de présenter tout le raisonnement contemporain comme une citation de Dostoïevski. La conclusion donc Dieu existe appartient à une reconstruction ultérieure de l'argument.[2]

C. S. Lewis, auteur de Mere Christianity en 1952, part d'une expérience plus quotidienne. Lorsque nous nous estimons lésés, nous protestons généralement contre une injustice. Nous ne disons pas seulement que l'action nous déplaît. Nous attendons de l'autre qu'il reconnaisse une règle également valable pour lui.

Une personne peut pourtant affirmer que chacun choisit sa morale, puis condamner une injustice comme réellement mauvaise. Lewis demande si ces deux attitudes sont cohérentes.

Lewis rapproche cette situation d'une erreur dans un calcul. Une personne peut se tromper sans que la bonne réponse cesse d'exister. De même, les erreurs morales ne prouveraient pas l'absence du bien et du mal. Notre manière de protester montrerait que nous comptons déjà sur leur réalité.[3]

Quatre auteurs abordent la question morale par des chemins différents. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le philosophe William Lane Craig présente la formulation contemporaine dans Reasonable Faith, notamment dans l'édition de 2008. Il insiste sur les devoirs qui nous obligent réellement. Il souligne aussi qu'une vérité objective n'a pas besoin d'être approuvée par tous pour rester vraie.[4]

En français, Matthieu Lavagna reprend cette démarche dans Soyez rationnel, devenez catholique !, publié en 2022. L'édition de 2023 sert de référence à cet article. Lavagna défend les deux points de départ du raisonnement, puis répond aux objections. Son chapitre fournit l'essentiel de la présentation suivie ici.[5]

Le cardinal John Henry Newman suit une voie complémentaire, centrée sur la conscience. La conscience est notre capacité à juger moralement nos propres actes. Elle peut nous approuver, mais aussi nous reprocher une action que personne ne connaît. Nous éprouvons alors le sentiment d'avoir à répondre de ce que nous avons fait.

Dans un sermon de 1830, Newman décrit cette expérience. Il emploie le mot âme pour parler de la personne dans sa vie intérieure :

« La conscience implique une relation entre l'âme et quelque chose d'extérieur à elle, et de plus supérieur à elle ; une relation à une excellence qu'elle ne possède pas elle-même, et à un tribunal sur lequel elle n'a aucun pouvoir. »[6]

Newman veut dire que nous sentons une autorité plus grande que nous. Nous ne pouvons pas décider seuls qu'un acte mauvais devient bon. L'image du tribunal exprime cette autorité qui juge nos actes.

Pour Newman, cette autorité conduit vers quelqu'un, plutôt que vers une simple règle impersonnelle. Il reprend cette conviction dans sa Lettre au duc de Norfolk, en 1875.[7]

3. Pourquoi un devoir demanderait-il Dieu ?

La première affirmation est la plus directement contestée : sans Dieu, aucun devoir moral ne s'imposerait objectivement. Ses défenseurs demandent ce qui pourrait donner à une règle autorité sur tous les êtres humains. Une préférence individuelle ne suffit pas. La décision d'une société semble elle aussi laisser une difficulté.

Supposons qu'un groupe approuve une injustice. Sa décision peut expliquer pourquoi cette injustice est pratiquée ou même imposée. Elle ne montre pas pourquoi elle serait devenue bonne. Sinon, condamner une société injuste reviendrait seulement à lui opposer les préférences d'un autre groupe.

Lavagna présente une comparaison proposée par le philosophe Guillaume Bignon : les règles du volley-ball. Dans sa comparaison, les règles font autorité parce qu'elles ont été fixées par le créateur du jeu. Jongler avec le ballon au lieu de le faire passer au-dessus du filet est alors une erreur.[8]

Dans cette comparaison, le créateur du jeu donne leur autorité aux règles. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Sans créateur officiel du jeu, poursuit cette comparaison, il reste des joueurs, un ballon et un filet. Mais aucun but n'a d'autorité particulière sur les joueurs. S'ils ne s'accordent pas sur ce but, leurs préférences seules ne peuvent pas trancher. Bignon rapproche cette situation du devoir moral qui s'impose indépendamment de nos décisions.

Cette comparaison a cependant une fonction précise. Elle aide à comprendre ce que signifie une autorité commune ; elle ne démontre pas à elle seule que toute morale vient de Dieu. Les règles sportives concernent un jeu défini. L'argument moral doit encore expliquer pourquoi les devoirs humains réclament une source qui dépasse l'humanité.

Selon ses défenseurs, une autorité seulement humaine ne peut pas rendre compte d'un devoir valable indépendamment de toute décision humaine. Dieu serait cette source supérieure. Les devoirs ne seraient donc pas simplement des règles adoptées pour vivre ensemble. Ils exprimeraient un bien qui nous précède et que nous pouvons reconnaître.

La balance et les tablettes représentent le lien défendu entre justice et Loi divine. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies rendent la difficulté concrète par une situation imaginaire. Une immense fortune vous serait offerte pour appuyer sur un bouton. Ce geste tuerait une famille inconnue, très loin de vous. Personne ne découvrirait votre responsabilité et aucune punition ne vous menacerait.[9]

La question est alors simple : pourquoi faudrait-il refuser ? La réponse spontanée est que la vie de ces personnes compte davantage que notre enrichissement. Leur innocence nous interdit de les sacrifier. Cette interdiction semble rester valable même si notre intérêt, notre sécurité et notre anonymat sont entièrement garantis.

L'exemple ne prétend pas que les incroyants accepteraient l'offre. Il fait ressortir ce que notre jugement demande à expliquer. L'absence de témoins n'efface pas l'injustice. L'absence de sanction ne transforme pas non plus l'acte en choix moralement indifférent.

Les mêmes auteurs interrogent les limites d'une décision majoritaire. Un vote pourrait-il rendre juste l'esclavage ou l'extermination des Juifs ? Il pourrait autoriser ces actes dans les lois d'un pays. Mais cette autorisation ne suffirait pas à les rendre bons.[10]

Nous distinguons ainsi ce qu'une autorité permet et ce qui est moralement permis. Cette différence rend possible la critique d'une loi injuste. Si le vote créait à lui seul le bien, aucune majorité ne pourrait être moralement condamnée. Elle aurait toujours raison du seul fait qu'elle commande.

La première affirmation de l'argument cherche une explication à cette résistance du devoir. Nos intérêts ne le suppriment pas ; nos décisions collectives ne semblent pas le créer. Ses défenseurs y voient la trace d'une autorité qui nous dépasse. La suite du débat consiste à examiner les autres explications proposées.

4. Expliquer nos sentiments suffit-il à expliquer nos devoirs ?

Une réponse courante fait intervenir notre histoire biologique. L'entraide aurait favorisé la survie des groupes humains. L'éducation aurait ensuite transmis des habitudes utiles à la vie commune. Cette proposition cherche à expliquer pourquoi nous ressentons de la sympathie ou du dégoût devant certaines actions.

L'empathie est la capacité à se représenter ce que ressent une autre personne. Elle aide à comprendre notre désir de secourir quelqu'un qui souffre. Mais reconnaître cette disposition ne résout pas toute la question. Pourquoi devrais-je lui obéir lorsqu'elle entre en conflit avec mon intérêt ?

L'objection invoque aussi l'évolution biologique. Il s'agit ici de l'explication proposée par les transformations des êtres vivants au fil des générations. Même en accordant cette explication pour discuter, un écart demeure. L'origine supposée d'une inclination ne montre pas encore pourquoi elle mérite d'être suivie.

Expliquer comment une habitude nous est venue répond à une question sur son apparition. Justifier cette habitude répond à une autre question : est-elle bonne ? Une éducation peut transmettre une règle injuste. Savoir de qui nous la tenons ne nous dit pas encore si nous devons la conserver.

Expliquer l'origine d'un comportement ne suffit pas à montrer qu'il est juste. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La difficulté apparaît également avec nos autres tendances. L'histoire biologique invoquée pour expliquer l'entraide sert aussi à expliquer l'agression et la domination. Si leur origine suffisait à les justifier, comment les départager ? Le jugement moral semble justement nous permettre de résister à certaines de nos tendances.

Le matérialisme est la position selon laquelle toute la réalité se ramène à la matière et à ses transformations. Lavagna demande comment cette position peut fonder des devoirs humains particuliers. Le philosophe Richard Taylor illustre cette difficulté par le comportement animal. Un oiseau qui capture un poisson ne commet pas un meurtre.[11]

Nous n'appliquons pas à cet oiseau les exigences que nous appliquons à une personne. Il faut donc expliquer ce qui rend l'être humain moralement responsable. Le constater ne suffit pas encore à en donner le fondement. Selon l'argument, une description purement matérielle de l'humanité laisse cette question ouverte.

Cela ne permet pas de conclure que tous les athées pensent pareil. Certains défendent des vérités morales indépendantes de Dieu, comme nous le verrons plus loin. D'autres décrivent une difficulté proche de celle que souligne Lavagna. Leurs réflexions montrent que la question dépasse le seul débat entre croyants et incroyants.

D'après les passages rapportés par Lavagna, Jean-Paul Sartre insiste sur l'absence de valeurs données d'avance si Dieu n'existe pas. L'être humain doit alors choisir sans pouvoir s'appuyer sur un ordre moral déjà établi. Cette liberté s'accompagne d'un profond sentiment d'abandon.[12]

Albert Camus examine le risque d'un monde où aucune valeur ne serait affirmée. La force et l'efficacité pourraient alors remplacer la distinction entre juste et injuste. Richard Dawkins, biologiste, décrit pour sa part un univers fondamentalement indifférent au bien et au mal.[13][14]

Le philosophe Michael Ruse présente la morale comme une aide biologique à la survie et à la reproduction. Mais, d'après Lavagna, il va plus loin. Il estime illusoire sa prétention à décrire un bien objectif. Selon ce passage, la morale nous aide à survivre sans exprimer une vérité indépendante de nous.[15]

Richard Taylor soutient de son côté qu'une obligation morale devient incompréhensible sans Dieu pour lui donner autorité. Ces positions sont résumées ici d'après Lavagna. Elles ne sont pas des citations littérales contrôlées dans les ouvrages originaux.[16]

Une image symbolique accompagne la question du fondement de la morale. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ces auteurs ne développent pas une doctrine commune. Lavagna voit cependant dans ces passages un appui à son premier point de départ. Il y lit la reconnaissance que, sans Dieu, les devoirs perdent leur fondement objectif. Cette lecture de Lavagna ne permet pas de l'attribuer à tous les athées.[17]

5. Avons-nous de bonnes raisons de croire à des devoirs réels ?

L'argument doit encore défendre son second point de départ : certains actes sont réellement injustes. Il n'exige pas que toutes les questions morales soient faciles à résoudre. Il n'exige pas non plus que toutes nos premières réactions soient justes. Il suffit que certains devoirs soient vrais indépendamment des opinions.

La torture d'un innocent pour le plaisir constitue l'un des exemples centraux. Nous ne pensons généralement pas qu'elle devient acceptable si le tortionnaire l'approuve. Nous ne la condamnons pas seulement parce qu'elle nous déplaît. Nous estimons qu'il existe une raison véritable de ne pas la pratiquer.

Lavagna rapproche cette certitude de notre condamnation de l'esclavage et des violences sexuelles contre les enfants. Ces exemples sont graves parce que la question l'est aussi. Il s'agit de savoir si les victimes ont réellement subi une injustice. Ou si nous ne faisons qu'exprimer notre désaccord avec leurs agresseurs.[18]

Un sentiment puissant n'est pas automatiquement une preuve. Nous pouvons nous tromper dans nos jugements, et la conscience a besoin d'être éclairée. Mais la possibilité d'une erreur ne justifie pas de rejeter tous nos jugements. Lewis faisait justement remarquer qu'un mauvais calcul ne supprime pas les réponses exactes.

Le philosophe athée David Brink estime, selon le passage rapporté par Lavagna, qu'il faudrait de solides raisons pour abandonner l'objectivité morale. Elle constitue donc un point de départ défendable. La personne qui la rejette doit expliquer pourquoi nos convictions les plus fermes seraient trompeuses.[19]

Lavagna rapporte aussi que Michael Ruse compare l'acceptation des violences sexuelles contre de jeunes enfants à une erreur de calcul évidente. Cette remarque illustre la force de certains jugements moraux. Même chez un auteur qui interroge leur fondement, leur rejet demeure profondément difficile.[20]

L'accord d'une majorité et la vérité d'un jugement sont deux choses différentes. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Les droits de l'homme posent la même question sous une forme positive. Affirmer ces droits, c'est soutenir que certaines protections sont dues à toute personne. Elles ne devraient pas dépendre de sa popularité ou de son utilité. Une personne rejetée par tous conserverait encore sa dignité.

La dignité humaine désigne ici la valeur d'une personne qui mérite le respect du seul fait qu'elle est humaine. Lavagna rapporte du philosophe athée Raimond Gaita une idée plus forte. Seul un croyant pourrait parler sérieusement du caractère sacré de la personne et d'un respect sans condition. Il pourrait aussi parler de droits qu'on ne peut lui retirer.[21]

Cela signifie que la personne vaut pour elle-même et ne sert pas seulement aux autres. Le propos rapporté concerne la manière de fonder et d'exprimer cette dignité. Il ne signifie pas qu'un incroyant serait incapable de respecter les autres. L'argument demande ce qui rend cette dignité réelle et durable.

Il ne suffit donc pas de constater que nos sociétés parlent de droits. Il faut comprendre pourquoi ces droits resteraient valables lorsqu'une société les nie. Selon les défenseurs de l'argument moral, Dieu offre ce fondement. La valeur d'une personne ne dépendrait alors d'aucun vote ni d'aucun avantage collectif.

6. Les désaccords et la peur de la punition

Une première objection souligne la diversité des cultures. Des sociétés approuvent des pratiques que d'autres condamnent. Comment parler d'une morale objective devant de tels désaccords ? L'objection mérite une réponse, car nous ne découvrons effectivement pas partout les mêmes jugements.

La réponse distingue ce qui est vrai et ce qui est reconnu. Une règle universellement reconnue serait acceptée par tous. Une règle objective serait vraie indépendamment de cette acceptation. Ces deux idées ne se confondent pas : une vérité peut être méconnue ou rejetée.

Le désaccord ne démontre donc pas, à lui seul, que la vérité n'existe pas. Lorsque deux réponses à un même calcul se contredisent, nous n'en concluons pas que toutes se valent. Dans le débat moral, il reste à chercher les raisons qui permettent de juger les pratiques.[22]

Cette réponse ne rend pas tous les cas simples. Elle établit seulement qu'une erreur collective reste possible. Une civilisation pourrait accepter une injustice sans la transformer en bien. C'est ce qui permet de condamner l'esclavage même là où il fut approuvé.

Lavagna ajoute une explication chrétienne de cette difficulté à reconnaître le bien : le péché originel. Il désigne la blessure laissée dans l'humanité par la faute des premiers parents. Cette blessure atteint aussi notre jugement. L'existence d'une loi morale n'implique donc pas que chacun la comprenne parfaitement.[23]

Une autre objection concerne les raisons d'agir du croyant. S'il agit seulement pour recevoir une récompense ou éviter une punition, son comportement paraît intéressé. Respecter quelqu'un pour obtenir un avantage semble différent de le respecter pour lui-même. Cette critique vise une difficulté réelle.

Mais l'argument moral ne fonde pas le bien sur la peur d'être puni. Il le fonde sur Dieu comme source du bien. La question du fondement du devoir reste distincte de nos motivations personnelles. Un devoir peut être réel même lorsqu'une personne l'accomplit pour de mauvaises raisons.

Les principales objections interrogent les deux points de départ du raisonnement. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Lavagna répond donc que le croyant peut rechercher le bien pour lui-même. Respecter une personne ne revient pas nécessairement à calculer ce que Dieu donnera en échange. L'amour de Dieu et du prochain peut porter une action désintéressée. Le raisonnement n'oblige aucunement à réduire la morale à une recherche de récompense.[24]

7. Dieu pourrait-il décider que la haine est bonne ?

Une objection ancienne pose une question décisive : quel rapport existe entre Dieu et le bien ? Elle vient du dialogue Euthyphron, du philosophe Platon. Un dilemme présente deux possibilités qui semblent laisser toutes deux une difficulté. On l'appelle le dilemme d'Euthyphron.

La première possibilité serait qu'une action devient bonne uniquement parce que Dieu la commande. Le bien dépendrait alors d'une décision sans raison nécessaire. Dieu aurait pu commander la haine, et elle serait devenue bonne. Cela semble retirer au mot bien son sens habituel.

La seconde possibilité serait que Dieu commande une action parce qu'elle est déjà bonne indépendamment de lui. Dieu reconnaîtrait alors un bien qui lui est extérieur. Mais il n'en serait plus le fondement. L'argument moral semblerait perdre ce qu'il voulait établir.

Elle demande pourquoi ses commandements sont bons. Dire seulement que Dieu possède davantage de puissance ne résout pas la difficulté. Le plus puissant n'a pas raison du seul fait qu'il peut imposer sa volonté.

La réponse chrétienne fonde le bien dans ce que Dieu est. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La réponse classique, associée à saint Thomas d'Aquin et reprise par Craig et Lavagna, propose une troisième possibilité. Dieu ne fabrique pas le bien par une décision changeante. Il ne reçoit pas non plus une règle supérieure à lui. Dieu est lui-même le bien.

Parler de la nature de Dieu signifie ici parler de ce qu'il est. Dans cette réponse chrétienne, la justice et l'amour appartiennent à ce que Dieu est. Ses commandements expriment cette bonté. Il ne peut donc pas rendre bonne la cruauté par une simple décision.[25]

Cette réponse tient ensemble deux affirmations. Le bien dépend de Dieu, mais il ne dépend pas d'un caprice. Dieu n'est pas présenté comme un chef capable de changer les règles selon son humeur. Il est la source stable du bien que ses commandements expriment.

Le débat porte alors sur la solidité de cette troisième possibilité. Pour les défenseurs de l'argument, elle montre que les deux réponses proposées au départ n'épuisent pas la question. La bonté divine permet de fonder le devoir sans rendre le bien changeant ni placer Dieu sous une loi extérieure.

8. Peut-on fonder la morale autrement ?

Une objection plus directe propose une morale objective sans Dieu. Le philosophe John Stuart Mill défend l'utilitarisme, notamment dans son ouvrage de 1863. Cette doctrine juge les actions selon leurs conséquences sur le bonheur et la souffrance. Elle cherche à favoriser le bonheur collectif et à réduire la souffrance.[26]

Cette proposition ne revient pas à dire que chacun choisit ses préférences. Elle fournit un critère commun pour comparer les actions. Une décision serait meilleure si elle améliorait davantage la vie des personnes concernées. Elle conteste donc directement l'idée que Dieu soit indispensable à toute morale objective.

La première réponse de l'article porte sur le fondement de ce critère. Pourquoi faudrait-il rechercher le bonheur de tous plutôt que notre seul avantage ? Dire que cela augmente le bonheur décrit le résultat recherché. Cela ne montre pas encore pourquoi le rechercher constitue un devoir pour chacun.

Le défenseur de l'utilitarisme peut tenir le bonheur pour un bien fondamental. Pourquoi serait-il objectivement bon de chercher à le rendre aussi grand que possible ? Mais pourquoi chacun aurait-il le devoir de rechercher le bonheur de tous ? L'argument moral ne nie pas l'importance du bonheur. Il demande pourquoi cette importance s'imposerait à celui qui refuse de la reconnaître.

Une seconde réponse porte sur le respect des personnes. Supposons que faire souffrir un innocent augmente le bonheur d'une majorité. Si seul le résultat collectif décide, quel principe protège cet innocent ? Le risque est de traiter sa personne comme un moyen au service des autres.

Le bonheur d'une majorité suffit-il à justifier le sacrifice d'un innocent ? Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La critique vise ce calcul lorsqu'il devient le seul critère du bien. Elle ne signifie pas que tout défenseur de l'utilitarisme souhaite sacrifier des innocents. Elle demande comment leur protection peut rester ferme si elle dépend uniquement des conséquences attendues. Une personne doit-elle être respectée même lorsque cela coûte au groupe ?

Une autre réponse consiste à rejeter l'existence même des vérités morales objectives. Le philosophe John Leslie Mackie développe cette position dans Ethics: Inventing Right and Wrong, en 1977. On l'appelle la théorie de l'erreur. Selon cette théorie, nos jugements qui attribuent aux actes un bien ou un mal objectifs supposent quelque chose qui n'existe pas. C'est sur cette prétention que porte l'erreur.[27]

Pour Mackie, de telles propriétés morales seraient très étrangères au reste d'un monde purement matériel. Il préfère donc renoncer à leur existence. Cela ne signifie pas nécessairement qu'il approuve les violences ou renonce à toutes les règles. Sa thèse concerne ce que nos condamnations peuvent affirmer comme vérité indépendante de nous.

Cette objection atteint surtout le second point de départ de l'argument. Le croyant affirme que certains actes sont réellement mauvais et cherche leur fondement en Dieu. Mackie conteste cette réalité morale elle-même. Le désaccord porte donc sur la confiance à accorder à nos jugements les plus fondamentaux.

La réponse défendue dans l'article revient à la torture des innocents. Devons-nous abandonner la conviction qu'elle est vraiment injuste pour conserver une certaine description du monde ? Selon Lavagna, le coût de cet abandon est trop élevé. Nos certitudes morales les plus solides donnent au contraire une raison de réexaminer cette description.

Le philosophe athée Derek Parfit propose une autre voie dans On What Matters, en 2011. Il défend des vérités morales objectives sans les faire dépendre de Dieu ou de la matière. La comparaison est celle des vérités mathématiques. Une vérité pourrait être réelle sans être un objet matériel ni l'ordre de quelqu'un.[28]

Cette proposition mérite d'être distinguée du calcul du bonheur collectif. Parfit cherche à rapprocher plusieurs manières de comprendre le devoir. Il ne réduit donc pas toute sa morale à celle de Mill. Son travail montre qu'un athée peut défendre sérieusement l'existence de vérités morales.

La réponse de l'article porte sur ce que ces vérités expliqueraient encore difficilement. Pourquoi auraient-elles autorité sur nous ? Comment notre raison pourrait-elle les connaître ? Même si une vérité morale existe, pourquoi m'oblige-t-elle à refuser la fortune proposée dans l'exemple du bouton ? Selon les défenseurs de l'argument moral, affirmer leur existence ne répond pas encore pleinement à ces deux questions.

La première affirmation du raisonnement reste donc un véritable lieu de discussion. On ne peut pas la tenir pour admise par tous les incroyants. L'argument la défend en demandant une explication complète du devoir. Il propose Dieu comme source à la fois du bien, de son autorité et de notre capacité à le reconnaître.

9. La conscience et la foi catholique

La réponse chrétienne rejoint la doctrine de la loi morale naturelle. Cette expression désigne les exigences du bien que la raison humaine peut reconnaître. Elles ne demandent pas d'abord d'avoir reçu un enseignement religieux. Le mot naturelle ne signifie donc pas ici que tous nos instincts seraient bons.

Cette doctrine explique pourquoi une personne sans foi peut connaître de vrais devoirs. La capacité à reconnaître le bien appartient à l'être humain. La foi ne transforme pas l'incroyant en personne privée de conscience. Elle propose une explication de cette capacité et de son origine en Dieu.

Le Catéchisme de l'Église Catholique, qui présente l'enseignement de l'Église, parle des préceptes de la loi naturelle. Les préceptes sont les règles qui indiquent ce que nous devons faire.

« Présente dans le cœur de chaque homme et établie par la raison, la loi naturelle est universelle en ses préceptes et son autorité s'étend à tous les hommes. Elle exprime la dignité de la personne et détermine la base de ses droits et de ses devoirs fondamentaux. »[29]

Leur portée universelle signifie ici qu'elles concernent tous les êtres humains. Cela ne veut pas dire que tous les reconnaissent sans difficulté. L'étendue d'un devoir et la connaissance que nous en avons restent distinctes.

La loi naturelle ne change pas au gré des opinions ou des époques. Notre manière de la comprendre peut, elle, être imparfaite.[30]

Saint Thomas d'Aquin exprime le premier principe de cette loi en quelques mots :

« le bien est à faire et à rechercher, et le mal à éviter »[31]

Cette formule donne une direction première à nos choix. Les autres règles morales se rattachent à ce premier principe. Elle ne fournit pas automatiquement la réponse à chaque situation difficile. Notre jugement a besoin d'apprendre et de réfléchir. C'est pourquoi l'Église demande aussi que la conscience soit formée et éclairée.[32]

Un concile réunit les responsables de l'Église avec le pape. Le concile Vatican II décrit la conscience comme le lieu intérieur de notre rencontre avec Dieu. Cette conscience nous appelle personnellement au bien. Elle ne se confond donc pas avec la simple envie de faire ce qui nous plaît.[33]

Saint Paul évoquait déjà cette capacité à reconnaître le bien. Il parle de personnes qui n'ont pas reçu la loi religieuse évoquée dans sa lettre. Le mot païens désigne ces personnes dans ce passage. Elles peuvent pourtant reconnaître ce qui est bien.

« Quand des païens qui n'ont pas la Loi pratiquent spontanément ce que prescrit la Loi, eux qui n'ont pas la Loi sont à eux-mêmes leur propre loi. Ils montrent ainsi que la façon d'agir prescrite par la Loi est inscrite dans leur cœur, et leur conscience en témoigne [...] »[34]

Le cœur et la tablette évoquent la loi reconnue intérieurement par la conscience. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'argument moral rejoint cette conviction : connaître le bien ne dépend pas de l'appartenance religieuse. Son fondement peut dépasser ce que chacun connaît de lui.

L'argument ne démontre cependant pas à lui seul toute la foi chrétienne. Il conduit, selon ses défenseurs, vers Dieu comme source du bien. L'argument cosmologique examine la question de l'origine de l'univers. L'article sur le réglage de l'univers s'intéresse aux conditions physiques favorables à la vie.

Identifier cette source au Dieu révélé en Jésus-Christ demande également d'examiner l'histoire. Les articles sur l'existence historique de Jésus et la résurrection de Jésus poursuivent cette recherche. Les différents arguments peuvent se rejoindre. Aucun n'a besoin de prétendre répondre seul à toutes les questions.

10. Ce qu'il faut retenir

  • Certains actes semblent injustes indépendamment des opinions, des lois et des intérêts.
  • Un incroyant peut reconnaître le bien et agir avec courage et générosité.
  • L'argument demande ce qui rend nos devoirs réellement valables pour tous.
  • Expliquer l'origine d'un sentiment ne suffit pas à justifier ce qu'il nous demande.
  • Les désaccords moraux ne prouvent pas, à eux seuls, que toutes les réponses se valent.
  • Les objections portent sur le fondement des devoirs ou sur leur réalité même.
  • La réponse chrétienne fonde le bien dans ce que Dieu est : justice et amour.

L'argument moral part ainsi d'une conviction qui engage notre vie commune. Une victime conserve sa valeur même lorsque personne ne prend sa défense. Son agresseur ne peut pas effacer l'injustice en déclarant qu'il pense autrement. Et une société ne rend pas tout juste par une décision majoritaire.

Si les deux points de départ sont vrais, la conclusion suit : Dieu existe. Lavagna les juge solides et voit en Dieu la source du bien qui nous oblige.[35] Le bien trouve ainsi sa source au-delà de nos intérêts et de nos rapports de force. La conscience nous ouvre à ce bien réel, qui appelle chacun et dont aucune personne n'est exclue.

Notes et références

  1. Emmanuel Kant, Critique de la raison pratique (1788), première partie, livre II, « Dialectique de la raison pure pratique ». Présentation résumée dans l'article source, sans citation littérale : Dieu est posé comme condition de l'accord final entre bonheur et vertu.

    1
  2. Fiodor Dostoïevski, Les Frères Karamazov (1880), livre II, chap. VI-VII, puis livres III et V. L'article source distingue les propos d'Ivan, leur reprise par Dmitri, la formule popularisée par Jean-Paul Sartre et la reconstruction contemporaine du raisonnement. Texte du livre II indiqué dans la source : ccel.org.

    2
  3. C. S. Lewis, Mere Christianity, Geoffrey Bles, Londres, 1952, livre I, chap. 1, « The Law of Human Nature ». Les idées sont paraphrasées, comme dans l'article source. Traduction française mentionnée : Voilà pourquoi je suis chrétien, Empreinte Temps Présent, 2020.

    3
  4. William Lane Craig, Reasonable Faith: Christian Truth and Apologetics, Crossway, 3ᵉ édition, 2008, chap. 4, section « The Moral Argument », p. 172-182. Présentation et définition de l'objectivité résumées dans l'article source.

    4
  5. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, première édition 2022 ; édition citée : MDN Productions, diffusion Salvator, avril 2023, chapitre sur l'argument moral, p. 95-107. L'article source indique que cette édition et cette pagination ont été contrôlées sur exemplaire numérique.

    5
  6. Cardinal John Henry Newman, deuxième sermon devant l'Université d'Oxford, « The Influence of Natural and Revealed Religion Respectively », prêché le 13 avril 1830 ; publié dans Fifteen Sermons Preached before the University of Oxford, 1843. Citation française reproduite exactement selon la traduction du rédacteur de l'article source. Original anglais et référence : newmanreader.org.

    6
  7. Cardinal John Henry Newman, A Letter Addressed to His Grace the Duke of Norfolk, B. M. Pickering, Londres, 1875, cinquième partie, « Conscience ». Présentation paraphrasée dans l'article source.

    7
  8. Guillaume Bignon, La foi a ses raisons : Confessions d'un athée surpris par Dieu, BLF Éditions, 2018, p. 62-63, selon la référence donnée par Lavagna, édition citée, p. 97, note 110. Analogie résumée d'après Lavagna ; l'article source précise que l'original de Bignon n'a pas été contrôlé sur exemplaire.

    8
  9. Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, Dieu, la science, les preuves, Guy Trédaniel, octobre 2021, chap. 21, « La conscience morale », p. 490 selon Lavagna, édition citée, p. 99, note 114. Expérience de pensée paraphrasée d'après l'article source.

    9
  10. Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, Dieu, la science, les preuves, ouvrage cité, chap. 21. La question du vote majoritaire est présentée dans l'article source comme une paraphrase du rédacteur ; elle ne figure pas dans le chapitre de Lavagna contrôlé.

    10
  11. Matthieu Lavagna, ouvrage et édition cités, p. 97. Réflexion attribuée à Richard Taylor, Ethics, Faith and Reason, Prentice-Hall, 1985 ; présentation paraphrasée dans l'article source.

    11
  12. Jean-Paul Sartre, L'existentialisme est un humanisme, Gallimard, Folio Essais, p. 39, référence donnée par Lavagna, note 115. Résumé d'après Lavagna, édition citée, p. 99 et 102. L'article source précise que les passages ne sont pas des citations littérales contrôlées dans l'original.

    12
  13. Albert Camus, L'Homme révolté, Gallimard, 1951 ; édition 1959, p. 15, selon Lavagna, note 116. Résumé d'après Lavagna, édition citée, p. 100 ; original non contrôlé sur exemplaire selon l'article source.

    13
  14. Richard Dawkins, River Out of Eden: A Darwinian View of Life, 1995 ; édition Basic Books, 1996, p. 133, selon Lavagna, note 117. Résumé d'après Lavagna, édition citée, p. 100 ; original non contrôlé sur exemplaire selon l'article source.

    14
  15. Michael Ruse, « Evolutionary Theory and Christian Ethics », dans The Darwinian Paradigm, Routledge, 1989, chap. X, selon Lavagna, note 118. Résumé d'après Lavagna, édition citée, p. 101 ; original non contrôlé sur exemplaire selon l'article source.

    15
  16. Richard Taylor, Ethics, Faith and Reason, Prentice-Hall, 1985, p. 14, selon Lavagna, note 111. Résumé d'après Lavagna, édition citée, p. 101-102 ; original non contrôlé sur exemplaire selon l'article source.

    16
  17. Matthieu Lavagna, ouvrage et édition cités, p. 102. Conclusion de la défense du premier point de départ : Lavagna interprète les passages rapportés des philosophes athées comme un appui à cette affirmation. Résumé d'après l'article source.

    17
  18. Matthieu Lavagna, ouvrage et édition cités, p. 102, défense du second point de départ de l'argument.

    18
  19. David Brink, « The Autonomy of Ethics », dans The Cambridge Companion to Atheism, Cambridge University Press, 2006, p. 149, selon Lavagna, note 121. Résumé d'après Lavagna, édition citée, p. 102-103 ; original non contrôlé sur exemplaire selon l'article source.

    19
  20. Michael Ruse, Darwinism Defended, Addison-Wesley, 1982, p. 275, selon Lavagna, note 120. Propos paraphrasés d'après Lavagna, édition citée, p. 102 ; original non contrôlé sur exemplaire selon l'article source.

    20
  21. Raimond Gaita, A Common Humanity: Thinking about Love and Truth and Justice, Routledge, 2002, p. 7 et 17-18, selon Lavagna, note 126. Résumé d'après Lavagna, édition citée, p. 107 ; original non contrôlé sur exemplaire selon l'article source.

    21
  22. Matthieu Lavagna, ouvrage et édition cités, p. 103, distinction entre vérité objective et reconnaissance universelle.

    22
  23. Matthieu Lavagna, ouvrage et édition cités, p. 103, note 122, explication chrétienne du désaccord moral par le péché originel.

    23
  24. Matthieu Lavagna, ouvrage et édition cités, p. 104, réponse à l'objection de la récompense et de la punition.

    24
  25. William Lane Craig, Foi raisonnable : vérité chrétienne et apologie, traduction de Christiane Pagot et Gérald Pech, Éditions la Lumière, 2012, p. 257 selon Lavagna, note 124. Réponse au dilemme d'Euthyphron résumée d'après Lavagna, édition citée, p. 105 ; original non contrôlé sur exemplaire selon l'article source.

    25
  26. John Stuart Mill, Utilitarianism, Parker, Son and Bourn, Londres, 1863, chap. 2, « What Utilitarianism Is ». Référence reprise de l'article source.

    26
  27. John Leslie Mackie, Ethics: Inventing Right and Wrong, Penguin Books, 1977, chap. 1, notamment la section 9 sur l'étrangeté des valeurs objectives. Référence et présentation reprises de l'article source.

    27
  28. Derek Parfit, On What Matters, vol. II, Oxford University Press, 2011. L'article source présente sa défense de vérités morales objectives indépendantes de Dieu et de la matière, ainsi que son rapprochement de plusieurs écoles. Il précise que le passage exact n'a pas été contrôlé sur exemplaire.

    28
  29. Catéchisme de l'Église Catholique, § 1956. Citation reproduite mot pour mot depuis l'article source, qui indique un contrôle du texte officiel : vatican.va.

    29
  30. Catéchisme de l'Église Catholique, § 1958. Permanence de la loi naturelle à travers l'histoire, reformulée d'après le passage cité dans l'article source. Texte officiel indiqué : vatican.va.

    30
  31. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, I-II, question 94, article 2. Formule française reprise exactement de l'article source : « le bien est à faire et à rechercher, et le mal à éviter ». L'article source précise que les autres règles morales se rattachent à ce premier principe.

    31
  32. Catéchisme de l'Église Catholique, § 1783, formation de la conscience. Référence officielle donnée dans l'article source : vatican.va.

    32
  33. Catéchisme de l'Église Catholique, § 1776, citant le concile Vatican II, Gaudium et Spes, 16. Présentation paraphrasée ; référence officielle donnée dans l'article source : vatican.va.

    33
  34. Saint Paul, Épître aux Romains, 2, 14-15, traduction officielle de la liturgie. Citation reproduite exactement depuis l'article source, y compris sa coupure finale. Texte officiel indiqué : aelf.org.

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  35. Matthieu Lavagna, ouvrage et édition cités, p. 107, conclusion du chapitre sur l'argument moral.

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