L'argument de la contingence

L'argument de la contingence part d'un fait simple : le monde existe, mais aurait pu ne pas exister. Il conduit à poser un être nécessaire, source ultime de tout ce qui existe.

Ignispedia

Pourquoi le monde existe-t-il ? Nous savons expliquer beaucoup de choses par d'autres choses : un arbre vient d'une graine, une personne de ses parents. Mais pourquoi tout cet ensemble existe-t-il ? Cet article présente un raisonnement qui cherche une réponse, puis examine les principales objections qu'il rencontre.

Un argument est un raisonnement qui donne des raisons d'accepter une conclusion. La contingence désigne le fait d'exister tout en ayant pu ne pas exister. Vous existez réellement, mais votre naissance n'était pas inévitable. L'argument de la contingence cherche pourquoi de telles réalités existent, puis remonte vers une réalité qui ne dépend d'aucune autre.

Cette démarche appartient aux grandes réflexions sur l'existence de Dieu. Elle commence par le monde que nous connaissons, sans demander d'abord au lecteur d'accepter la Bible. Elle veut comprendre pourquoi ce monde existe. Sa conclusion ne résume pas toute la foi chrétienne, mais elle en éclaire une fondation essentielle.

Des choses existent sans être obligées d'exister

Un arbre aurait pu ne jamais pousser, une montagne ne pas se former, une personne ne jamais naître. Ces choses sont réelles, mais leur existence n'était pas obligatoire. Voilà pourquoi on les appelle des êtres contingents. Ici, le mot « être » désigne simplement une réalité qui existe.

Dire qu'une personne est contingente ne diminue donc aucunement sa valeur. Cela ne signifie pas non plus qu'elle serait fragile à chaque instant. La question porte sur son existence : pourquoi est-elle là, alors qu'elle aurait pu ne pas être là ? Une étoile immense pose cette question autant qu'un arbre.

Une cause est ce dont dépend l'apparition ou l'existence d'une chose. Les parents sont ainsi à l'origine de leur enfant. Mais connaître une cause proche ne répond pas forcément à toute la question. Les parents existent eux aussi grâce à d'autres réalités, dont l'existence demande également une explication.

À l'autre extrémité du raisonnement se trouve l'être nécessaire. Cela désigne une réalité dont l'inexistence est impossible. « Nécessaire » ne signifie donc pas ici « très utile », comme lorsqu'on parle d'un outil nécessaire. Il signifie que cette réalité ne peut pas ne pas exister.

Une autre précision sera importante chez Thomas d'Aquin. Un être est nécessaire par lui-même s'il ne reçoit pas d'une autre réalité ce qui explique son existence nécessaire. Il faut distinguer cette indépendance et la seule impossibilité de ne pas exister. Le raisonnement cherche finalement un être nécessaire par lui-même.

Les mathématiques donnent une comparaison limitée. Le résultat 2 + 2 = 4 ne devient pas vrai parce qu'un événement le provoque. Son contraire est impossible, mais le raisonnement cherche davantage qu'une vérité mathématique. Un nombre, à lui seul, ne fait exister ni un arbre ni une personne.

On appelle abstraite une réalité qui ne produit pas elle-même d'effets. Un nombre en fournit un exemple. Une réalité concrète, dans ce débat, peut agir ou recevoir une action. L'être nécessaire recherché doit être concret : il doit expliquer l'existence de choses réelles, et pas seulement fournir une idée.

Cette distinction répond déjà à une question fréquente : si Dieu explique le monde, qui explique Dieu ? L'argument ne dit pas que tout doit recevoir son existence d'autre chose. Il dit que ce qui aurait pu ne pas exister demande une explication. L'être nécessaire par lui-même n'appartient précisément pas à cette catégorie.[1]

Les choses qui auraient pu ne pas exister demandent une explication. IA signifie intelligence artificielle. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette réflexion ne vient pas d'un seul auteur chrétien. Aristote, philosophe grec, distingue déjà ce qui peut être de ce qui existe effectivement. Avicenne, philosophe persan, précise la différence entre l'être nécessaire par lui-même et l'être possible. Moïse Maïmonide reprend cette distinction dans la réflexion juive. Thomas d'Aquin reçoit cet héritage et le développe.[2]

Plus récemment, Saul Kripke a précisé le langage des mondes possibles. Un monde possible désigne une manière dont la réalité pourrait être, sans contradiction. Une contradiction réunit des affirmations qui s'excluent, comme l'idée d'un cercle carré. Une chose nécessaire existe dans toute situation réellement possible ; une chose contingente peut manquer dans certaines.[3]

Saint Thomas : qu'est-ce qui soutient l'existence du monde ?

Saint Thomas d'Aquin est un penseur chrétien dont l'Église reconnaît la grande autorité dans l'explication de la foi. Dans sa Somme théologique, il présente cinq chemins de raisonnement vers Dieu. Il appelle le troisième la voie du possible et du nécessaire. Il part des êtres qui apparaissent puis disparaissent.

Saint Thomas d'Aquin présente la voie du possible et du nécessaire dans sa Somme théologique. Image du domaine public, Wikimedia Commons.

Il annonce ainsi sa démarche :

« La troisième voie se tire du possible et du nécessaire. »[4]

Thomas cherche d'abord à établir qu'il existe une réalité nécessaire. Il distingue ensuite deux cas : cette réalité reçoit sa nécessité d'une autre, ou elle est nécessaire par elle-même. Le premier cas reporte encore l'explication sur autre chose. Le second atteint une réalité qui ne reçoit pas sa nécessité.

Pourquoi cette distinction compte-t-elle ? Parce qu'une nécessité reçue nous renvoie toujours à ce qui la donne. Thomas soutient qu'une suite de nécessités ainsi reçues ne fournit pas son propre fondement, même sans premier terme dans le passé. Il cherche donc une réalité nécessaire par elle-même, capable d'expliquer les autres sans dépendre d'elles.

Pour comprendre la dépendance qui intéresse ce raisonnement, distinguons une origine passée d'un soutien présent. Certaines choses dépendent d'un événement qui a eu lieu autrefois. D'autres dépendent d'une activité ou d'un support qui doivent être présents maintenant. Ces deux formes de dépendance ne posent pas exactement la même question.

Un grand-père peut mourir alors que son petit-fils continue de vivre. Son existence passée a joué un rôle dans la naissance de ses descendants. Mais il n'a pas besoin de rester vivant pour qu'ils existent encore. La succession des générations explique ici une origine dans le passé.

Une mélodie jouée par un musicien offre une autre image. Elle dépend de son activité pendant qu'elle est jouée. Un lustre suspendu dépend également du support qui le retient. Ces exemples montrent une dépendance actuelle : la chose dépend d'autre chose maintenant, et pas seulement au moment de son apparition.[5]

Thomas cherche, plus profondément, ce qui explique actuellement l'existence des réalités qui ne peuvent pas se suffire. Son interrogation dépasse donc la recherche du premier événement. Le mot fondement désigne ici ce qui permet aux autres réalités d'exister, sans dépendre lui-même d'elles. Il ne désigne pas un objet caché sous le monde.

Ces comparaisons rendent la question plus facile à voir, sans transformer Dieu en plafond ou en musicien. Elles éclairent un point précis : expliquer comment une chose a commencé ne suffit pas toujours à expliquer sa dépendance actuelle. L'argument cherche un fondement de l'existence, et pas seulement un événement plus ancien.

L'argument cosmologique du Kalam s'intéresse au commencement de l'univers. L'univers désigne ici l'ensemble du monde matériel. L'argument de la contingence pose une question différente : même un univers qui aurait toujours existé pourrait dépendre d'autre chose. Une durée sans commencement ne serait pas encore une explication de cette existence.

Leibniz : pourquoi quelque chose plutôt que rien ?

Leibniz est le philosophe représenté dans l'image qui ouvre cet article. Il reprend la recherche d'une explication dernière en lui donnant une formulation devenue célèbre. Dans les Principes de la nature et de la grâce, en 1714, il demande :

« pourquoi y a-t-il plutôt quelque chose que rien ? »[6]

Cette question ne porte pas seulement sur la naissance des étoiles ou des êtres vivants. Elle porte sur tout ce qui existe sans être nécessaire. Le néant signifie l'absence totale de réalité. Ce n'est pas un espace vide qui attendrait d'être rempli : un espace serait déjà quelque chose.

Pour Leibniz, on ne peut pas répondre uniquement en désignant une chose supplémentaire du même genre. Expliquer un arbre par une graine reste utile et vrai. Mais la graine, le sol et tout ce qui leur permet d'exister demandent également une explication. La recherche n'est donc pas encore terminée.

Leibniz formule le principe de raison suffisante. Ce principe affirme qu'il existe une explication à ce qui est réel. Il demande pourquoi les choses sont ainsi et pas autrement. Une raison est « suffisante » lorsqu'elle répond vraiment à cette question, au lieu de répéter que la chose existe.[7]

Le mot « raison » ne désigne pas forcément ici une intention humaine. La croissance d'un arbre peut s'expliquer sans que l'arbre ait décidé de pousser. Le principe ne prétend pas davantage que nous connaissons déjà toutes les explications. Une raison peut exister tout en nous restant inconnue.

Cette différence compte beaucoup. Ne pas connaître l'explication d'un résultat ne prouve pas qu'il n'en possède aucune. Le chercheur poursuit son travail précisément parce qu'il attend une explication. Il distingue une difficulté encore ouverte d'une absence totale de raison. Leibniz étend cette confiance au questionnement sur l'existence elle-même.

Ses défenseurs voient donc dans ce principe une exigence profonde de la pensée. La recherche scientifique veut comprendre pourquoi les choses se passent ainsi. L'enquête historique cherche pourquoi un événement a eu lieu. Pourquoi cette recherche devrait-elle s'arrêter devant l'ensemble des réalités qui auraient pu ne pas exister ?

Thomas part du possible et du nécessaire. Leibniz cherche une explication suffisante. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Leibniz distingue aussi les vérités dont le contraire est impossible et les faits qui auraient pu être différents. Un résultat mathématique appartient au premier groupe ; l'existence de cet arbre appartient au second. Comprendre la croissance de l'arbre donne des explications particulières. Cela ne dit pas encore pourquoi tout l'ensemble existe.[8]

L'explication dernière ne peut donc pas être une autre chose qui aurait pu ne pas exister. Si elle pouvait manquer comme l'arbre, elle ajouterait seulement une nouvelle question. L'être nécessaire par lui-même répond à cette difficulté : il explique sans demander lui-même une explication extérieure. Il ne se crée pas lui-même ; il n'a pas à être créé.

Une suite sans fin ne répond pas encore à toute la question

On peut proposer une réponse : chaque chose serait expliquée par une autre, puis par une autre, sans jamais s'arrêter. Cette suite serait infinie. Cela signifie qu'en remontant les explications, on ne rencontrerait jamais de dernier terme. Il ne manquerait donc aucune explication particulière. Pourquoi demander davantage ?

Leibniz répond par une comparaison avec des livres. Imaginons que chaque livre ait été copié sur un livre précédent. La copie explique pourquoi cet exemplaire possède ce contenu. Supposons maintenant que la suite n'ait aucun commencement : chaque livre aurait toujours un modèle dont il a été copié.

Nous saurions alors comment le contenu passe d'un exemplaire à l'autre. Mais pourquoi existe-t-il cette collection de livres, avec ce contenu ? L'absence de premier exemplaire ne répond pas à cette nouvelle question. Elle empêche seulement de trouver un premier livre dans la suite.[9]

Expliquer chaque maillon laisse ouverte la question de l'ensemble. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'idée centrale est donc simple : multiplier des dépendances ne produit pas, à lui seul, une indépendance. Il faut cependant préciser ce qui reste à expliquer. Les défenseurs de l'argument considèrent tous les faits contingents ensemble. Ils demandent pourquoi ces faits sont vrais, plutôt que d'autres.

La formulation actuelle peut ainsi se présenter en six étapes :

  1. Des réalités existent alors qu'elles auraient pu ne pas exister.
  2. Leur existence demande une explication suffisante.
  3. Le fait que toutes ces réalités existent ainsi est lui-même contingent.
  4. Une réalité contingente comprise dans cet ensemble ne peut pas en fournir l'explication complète.
  5. Cette explication doit donc venir d'une réalité nécessaire.
  6. La tradition philosophique reconnaît dans ce fondement ce qu'elle appelle Dieu.

Le troisième point doit être défendu, et nous y reviendrons. Il ne suffit pas de dire que les éléments ont une propriété pour l'attribuer automatiquement au tout. Il faut montrer pourquoi le fait global pourrait lui-même être différent. C'est l'une des discussions importantes autour de l'argument.

Le quatrième point mérite également une attention particulière. Si une réalité contingente explique tout l'ensemble, son existence fait déjà partie de ce qu'il faut expliquer. La chose choisie pour tout expliquer aurait donc encore besoin d'une explication. Elle ne fournirait pas, à elle seule, la réponse complète recherchée.[10]

Le philosophe Alexander Pruss développe cette recherche en réunissant tous les faits contingents dans une seule question. Pourquoi tous ces faits sont-ils vrais ? Il examine aussi un point de départ moins exigeant : ces faits pourraient avoir une explication. Il n'affirme donc pas d'abord, dans cette autre formulation, que chacun possède effectivement une explication.

Avec des règles supplémentaires sur ce qui est possible ou nécessaire, il cherche encore à établir l'existence d'un être nécessaire. Cette variante constitue un autre raisonnement, qui possède son propre cadre. La seule phrase « une explication est possible » ne suffit pas, isolément, à donner toute la démonstration.[11]

D'autres philosophes présentent et défendent aujourd'hui cette démarche : Edward Feser, Joshua Rasmussen, Frédéric Guillaud et Matthieu Lavagna. Leurs présentations diffèrent, mais leur question centrale demeure. Il s'agit d'expliquer pourquoi ces choses existent, sans laisser chaque réponse dépendre indéfiniment d'une nouvelle chose à expliquer.[12]

L'univers pourrait-il être lui-même nécessaire ?

Une objection importante propose que l'univers soit lui-même la réalité nécessaire recherchée. Ses éléments pourraient changer, alors que son existence serait impossible à supprimer. Un même ensemble pourrait donc exister nécessairement tout en présentant différents états. Observer des changements ne suffit pas, à lui seul, à réfuter cette proposition.

Il faut distinguer deux questions. Notre univers matériel aurait-il pu ne pas exister du tout ? Et pourquoi les faits qui auraient pu être différents sont-ils pourtant ainsi ? La première porte sur l'existence du monde ; la seconde porte aussi sur son contenu et son organisation.

Les défenseurs de l'argument soutiennent qu'on peut concevoir l'absence de notre univers matériel sans contradiction. Ils envisagent également un univers avec d'autres caractéristiques. Concevoir une situation sans contradiction apparente ne revient toutefois pas à démontrer toute possibilité réelle. Cette réflexion demande donc une discussion, et non une simple observation du changement.[13]

Le monde que nous observons contient certaines choses, réparties d'une certaine manière. Il suit des lois physiques. Ce sont les règles par lesquelles la physique décrit le comportement de la matière. Ces lois font intervenir des valeurs fixes. Ce sont les constantes physiques.

Pourquoi ces lois et ces valeurs plutôt que d'autres ? On peut concevoir un univers avec d'autres constantes ou sans galaxies, sans contradiction apparente. Cela invite à demander une explication de ces caractéristiques. Mais leur variation possible ne prouve pas, à elle seule, que tout ensemble matériel pourrait être absent.

Le modèle scientifique courant propose aussi une estimation de l'âge de l'univers. Un modèle est une représentation qui relie des observations au moyen d'hypothèses et de calculs. Une telle estimation dépend donc de mesures interprétées dans ce cadre. Elle n'est pas le point de départ indispensable de l'argument.

Même un univers sans commencement poserait encore la question de son existence et de ses caractéristiques. L'argument ne dépend donc pas d'un âge particulier du monde. Il demande si le monde aurait pu ne pas exister. Il cherche aussi pourquoi tous les faits contingents qui le concernent sont vrais.

Le réglage fin de l'univers apporte une question complémentaire. Cette expression désigne la précision des valeurs physiques qui permettent des structures complexes et la vie. Pourquoi ces valeurs sont-elles ainsi ? Pour les défenseurs de l'argument, cette précision renforce la recherche d'une explication, sans rendre l'univers nécessaire.

On peut alors élargir la proposition et imaginer un multivers. Ce mot désigne un ensemble de plusieurs univers. Notre univers ne serait qu'un membre de cet ensemble plus vaste. Mais, si cet ensemble existe, pourquoi existe-t-il avec cette organisation plutôt qu'une autre ?

Le physicien et philosophe Bernard Carr souligne une difficulté de cette hypothèse. Un dispositif capable de produire différents univers devrait lui-même suivre certaines règles. Ces règles devraient permettre l'apparition d'univers où la vie est possible. Leur existence et leurs caractéristiques demanderaient donc encore une explication.[14]

Revenons à l'objection sur les éléments et le tout. Elle rappelle justement qu'une propriété des parties n'appartient pas automatiquement à l'ensemble. La réponse ne consiste donc pas à répéter que chaque chose est contingente. Elle examine le fait global constitué par tous les faits contingents réunis.

Un fait désigne ici quelque chose qui est vrai de la réalité. L'existence de cette personne, par exemple, est un fait contingent. Si elle n'était jamais née, le fait que toutes les personnes actuellement présentes existent ne serait plus vrai. Ce fait global peut donc manquer, même si d'autres personnes existent encore.

Le même point s'applique à la réunion de tous les faits contingents. Si l'un d'eux était différent, leur réunion exacte ne serait plus vraie. Cette réunion demande donc une explication selon le principe de raison suffisante. Cela ne suppose pas que toutes les réalités doivent pouvoir disparaître simultanément.[15]

Ainsi, proposer un univers nécessaire ne suffit pas à expliquer pourquoi tous ces faits contingents sont vrais. Même dans cette hypothèse, cette question demeure. La démarche cherche ce qui explique leur existence sans être encore une réalité contingente comprise parmi elles. C'est en ce sens qu'elle remonte vers un fondement nécessaire.

Quel Dieu ce raisonnement permet-il de connaître ?

L'argument aboutit d'abord à une réalité nécessaire par elle-même. Mais pourquoi l'appeler Dieu ? Une réponse complète demande de prolonger l'analyse. Il faut chercher ce qu'une telle réalité doit être pour expliquer véritablement le monde. Cette seconde recherche porte sur ses caractères.

D'abord, elle ne peut pas être simplement une réalité contingente supplémentaire. On dit qu'elle est transcendante. Cela signifie qu'elle ne fait pas partie du monde comme une étoile ou une planète. Cette distinction ne désigne donc pas une grande distance dans l'espace.

Ensuite, cette réalité ne doit pas dépendre d'un assemblage de parties. Sinon, pourquoi ces parties seraient-elles réunies ainsi ? Leur union demanderait une nouvelle explication. On parle ici de simplicité. Ce mot signifie une absence de parties assemblées, et non une pauvreté ou un manque de richesse.

L'analyse classique lui attribue aussi une absence de limites arbitraires. Une limite arbitraire serait une limite particulière laissée sans raison suffisante. Pourquoi cette limite plutôt qu'une autre ? Si son explication dépendait encore d'une autre réalité, nous n'aurions pas atteint le fondement indépendant recherché.

C'est dans ce cadre que l'analyse classique défend l'immatérialité de ce fondement. Cela signifie qu'il n'est pas fait de matière. La matière observée possède des limites et des caractéristiques particulières, dont nous cherchons précisément l'explication. Le fondement ultime ne peut simplement reprendre ces limites sans répondre à la question qu'elles posent.[16]

L'analyse prolonge le raisonnement pour comprendre les caractères du fondement nécessaire. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette réalité doit aussi pouvoir faire exister des réalités concrètes. Une formule mathématique ne suffit pas : décrire un phénomène ne le produit pas à soi seul. Le fondement recherché possède donc une puissance réelle. Il explique l'existence du monde, au lieu d'être seulement une manière de le représenter.

L'analyse classique aboutit également à une réalité capable de connaître et de vouloir. Ce caractère personnel intervient dans sa réponse à une difficulté : comment un être nécessaire peut-il produire un monde contingent ? La réponse fait appel à la liberté. Dieu peut créer ce monde sans être obligé de le créer.

Cette réponse distingue l'existence nécessaire de Dieu et son acte de création. Elle ne présente pas le monde comme une conséquence qui découlerait forcément de lui. Nous retrouverons cette difficulté parmi les objections. Pour expliquer pourquoi ce fondement connaît et veut, il faut poursuivre le raisonnement.

Enfin, l'analyse classique soutient qu'il n'existe qu'un seul être nécessaire par lui-même. Si deux êtres de ce genre différaient, l'un posséderait quelque chose que l'autre n'aurait pas. Il faudrait expliquer cette différence. Une limite arbitraire dans l'un d'eux ferait réapparaître la question que le fondement nécessaire devait résoudre.

Ces développements donnent un contenu précis à la conclusion, mais chacun demande son raisonnement. Il ne s'agit pas simplement d'ajouter une force inconnue à l'univers. Il s'agit d'une réalité indépendante du monde, capable d'en expliquer l'existence. Elle ne reçoit elle-même son existence d'aucune autre.

Spinoza, autre philosophe ayant réfléchi à Dieu et à la nature, les identifie. La réponse classique refuse cette identification : la nature observée contient les réalités et les faits contingents dont nous cherchons l'explication. Les appeler Dieu ne résout pas cette dépendance. Le fondement explique donc la nature tout en étant distinct d'elle.[17]

Cette conclusion ne démontre pas encore tout le christianisme. Elle ne révèle pas directement la Trinité. Ce nom désigne l'unique Dieu en trois personnes. Elle ne démontre pas non plus l'Incarnation. Ce mot désigne le fait que Dieu s'est fait homme en Jésus-Christ.[18]

Les principales objections et leurs réponses

Les critiques ne portent pas toutes sur le même point. Certains contestent notre manière de connaître les causes ; d'autres refusent de demander une explication à l'univers entier. D'autres encore pensent que la conclusion ne peut pas être le Dieu chrétien. Distinguer ces questions aide à comprendre ce que chaque réponse apporte.

David Hume : voyons-nous vraiment les liens entre les causes et leurs effets ? Ce philosophe souligne que nous observons des événements qui se suivent régulièrement. Nous prenons ensuite l'habitude d'attendre le second après le premier. Mais cette habitude suffit-elle à connaître un lien nécessaire entre eux ?[19]

La réponse classique distingue la succession et la dépendance. L'argument ne repose pas seulement sur l'habitude de voir un événement après un autre. Il demande pourquoi une réalité qui n'explique pas elle-même son existence existe néanmoins. L'exemple de la mélodie éclaire cette différence : elle dépend actuellement du musicien qui la joue.

Les défenseurs de l'argument ajoutent qu'un refus général des liens réels de cause à effet toucherait beaucoup d'autres raisonnements. Il rendrait également difficiles la recherche expérimentale et les explications quotidiennes. La critique doit donc préciser pourquoi elle interdirait cette recherche d'un fondement, tout en laissant possibles les autres enquêtes.

Emmanuel Kant : notre raison peut-elle aller aussi loin ? La raison est notre capacité de réfléchir, de comparer et de tirer des conclusions. Kant conteste qu'elle puisse établir une réalité nécessaire au-delà de ce que nous pouvons observer. Il pense aussi que cette démarche dépend d'un autre argument.[20]

Cet autre raisonnement est l'argument ontologique. Il cherche à établir l'existence de Dieu à partir de la réflexion sur ce qu'est un être nécessaire. Kant estime que l'argument tiré du monde s'appuie finalement sur cette voie. Il conteste donc la capacité du raisonnement à atteindre sa conclusion.

La réponse classique affirme que les étapes de son argument remontent d'un fait existant à son explication réelle. Elles ne cherchent pas à faire sortir une existence d'une simple définition. Le point de départ dans le monde compte donc, mais il faut aussi justifier le chemin suivi jusqu'au fondement nécessaire.[21]

La réponse interroge également la limite imposée par Kant : quelle raison justifie d'interdire cette recherche d'un fondement ? Une théorie qui fixe ainsi les limites de notre connaissance prend elle-même position sur notre rapport à la réalité. Elle doit donc expliquer pourquoi elle peut établir cette limite, tout en refusant l'enquête classique.

Cette discussion touche à la métaphysique. Ce mot désigne une réflexion sur ce que signifie exister et sur ce dont les réalités dépendent. Les défenseurs de l'argument soutiennent que cette réflexion est possible. Pour eux, nous pouvons chercher pourquoi les choses existent, et pas seulement décrire ce que nous observons.

Bertrand Russell : pourquoi l'univers ne serait-il pas simplement là ? Dans son débat radiophonique avec le père Frederick Copleston, en 1948, Russell formule cette réponse :

« Je dirais que l'univers est simplement là, et c'est tout. »[22]

L'univers serait alors un fait brut. Cette expression désigne un fait réel dépourvu d'explication dernière. On pourrait expliquer les événements à l'intérieur du monde, sans penser que le monde entier possède une explication. L'objection ne nie donc pas toutes les recherches particulières : elle refuse d'étendre leur exigence à la totalité.

Les défenseurs de l'argument demandent ce qui justifie cet arrêt. Pourquoi la réalité entière serait-elle dispensée d'explication ? Dire qu'elle est simplement là constate son existence, mais ne répond pas à la question posée. Leur réponse maintient donc le principe de raison suffisante jusque dans cette recherche.

Pruss souligne aussi une difficulté plus large. Si certains faits contingents peuvent exister sans aucune raison, pourquoi nos propres perceptions ne le pourraient-elles pas ? Selon lui, cette possibilité fragilise notre confiance dans les explications. La discussion porte ainsi sur la cohérence de notre recherche de vérité, au-delà du seul sujet religieux.[23]

Peter van Inwagen : un Dieu nécessaire rendrait-il le monde nécessaire ? L'objection demande si un être nécessaire produit nécessairement son effet. Si le monde découlait de Dieu de cette manière, il ne pourrait pas ne pas exister. La conclusion semblerait alors contredire le point de départ : un monde contingent.[24]

La réponse classique distingue l'existence nécessaire de Dieu de son acte libre de créer. Le monde ne découle pas de lui comme une conclusion découle forcément de ses points de départ. Dieu peut donner l'existence sans être obligé de produire ce monde particulier. Son existence nécessaire ne rend donc pas nécessaire tout ce qu'il fait.

La liberté invoquée ici ne signifie pas seulement qu'aucune pression extérieure ne s'exerce sur Dieu. Elle signifie que son acte créateur ne produit pas ce monde par une nécessité inévitable. C'est précisément ce caractère libre du lien entre Dieu et le monde qui répond à l'objection. La distinction porte sur l'acte, autant que sur l'existence de son auteur.[25]

Enfin, l'argument ne prouve pas toute la foi chrétienne. Cette remarque est juste quant à sa portée, mais elle ne réfute pas sa conclusion. Une fondation n'est pas toute une maison ; elle remplit pourtant une fonction indispensable. L'argument répond à la dépendance du monde, puis d'autres recherches peuvent avancer.

Ce que l'Église enseigne sur la raison et la foi

L'Église affirme que l'intelligence humaine peut réellement connaître l'existence de Dieu à partir du monde créé. Elle ne présente donc pas la foi comme une fuite devant les questions. Elle reconnaît une capacité véritable de notre raison. L'argument de la contingence appartient à ces chemins de réflexion.

En 1870, le concile Vatican I exprime cet enseignement. Un concile est une réunion d'évêques qui exerce l'autorité d'enseignement de l'Église. Voici ce que déclare le texte Dei Filius :

« La sainte Église, notre Mère, tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses créées. »[26]

Le concile Vatican I enseigne que la raison humaine peut connaître Dieu à partir des choses créées. Gravure du domaine public, Wikimedia Commons.

La « lumière naturelle de la raison » désigne ici ce que notre intelligence peut connaître en réfléchissant au monde. Le texte affirme cette capacité sans supposer d'abord la connaissance de la Bible. Cet enseignement est dogmatique. L'Église le définit comme une vérité appartenant à la foi.

Le concile ne déclare pas pour autant qu'une seule formulation philosophique serait obligatoire. Il affirme la capacité de connaître Dieu. L'argument de la contingence est l'une des voies correspondant à cet enseignement. Il peut donc être étudié avec ses étapes et ses réponses propres.

Le Catéchisme de l'Église catholique présente de manière organisée l'enseignement de la foi. Il mentionne explicitement ce chemin :

« Le monde : à partir du mouvement et du devenir, de la contingence, de l'ordre et de la beauté du monde, on peut connaître Dieu comme origine et fin de l'univers. »[27]

Le « devenir » désigne ici les changements des choses. Le Catéchisme rassemble plusieurs chemins de réflexion qui se rejoignent et permettent de vraies certitudes. Il ne les confond pas avec un calcul mathématique. L'existence du monde, ses changements, son ordre et sa beauté nourrissent cette recherche.

Le concile Vatican II reprend lui aussi l'enseignement sur la connaissance de Dieu. Saint Jean-Paul II défend cette capacité de la raison dans Fides et Ratio. La foi catholique reconnaît ainsi une intelligence capable de chercher au-delà de la seule description des phénomènes.[28][29]

La recherche peut ensuite se poursuivre. L'argument moral demande ce qui fonde réellement le bien. La résurrection de Jésus ouvre l'enquête sur le christianisme dans l'histoire. Ces démarches répondent à des questions différentes, mais peuvent se rejoindre dans une même recherche de vérité.

L'étude des raisons de croire au catholicisme examine ensuite l'Église et son autorité. L'argument de la contingence prépare ce parcours sans prétendre accomplir seul toutes ses étapes. Il apporte une fondation à une enquête plus large.

Un monde reçu, et non une existence absurde

Cette réflexion change aussi notre manière de regarder une existence ordinaire. Notre corps, notre histoire et les personnes aimées ne sont pas obligés d'exister par eux-mêmes. La réponse catholique reconnaît leur existence comme un don. Le raisonnement partait d'une question générale ; il rejoint ainsi quelque chose de très personnel.

Blaise Pascal exprime dans ses Pensées l'étonnement de se trouver ici, maintenant, plutôt qu'ailleurs ou à une autre époque. Notre existence aurait pu être différente. Cette observation peut donner le vertige. L'argument de la contingence montre comment chercher un fondement à cette existence qui aurait pu manquer.[30]

Saint Augustin exprime l'orientation de notre vie vers Dieu :

« Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en Toi. »[31]

Ces mots ne remplacent pas le raisonnement, mais ils en montrent la portée spirituelle. Le monde dépend d'un être qui donne l'existence sans la recevoir. Notre existence n'est donc pas abandonnée au vide. Les réalités qui nous entourent nous conduisent à reconnaître Celui dont elles dépendent.

La création n'est pas non plus une obligation imposée à Dieu. La réponse catholique affirme qu'il crée librement, par bonté. Il ne cherche pas à combler un manque en lui. Le monde n'est donc pas un prolongement inévitable de Dieu : il existe parce que Dieu donne.

L'argument conduit ainsi à regarder autrement ce qui semblait banal au départ : cet arbre existe, cette personne existe, nous existons. Sa conclusion est que ces réalités dépendent d'un être qui ne reçoit pas son existence. La réponse catholique y reconnaît un don. Ce qui existe sans devoir exister renvoie à Celui qui donne d'exister.

Ce qu'il faut retenir

  • Une réalité contingente existe, mais aurait pu ne pas exister.
  • Une réalité nécessaire ne peut pas ne pas exister.
  • L'argument cherche une réalité nécessaire par elle-même, qui ne dépende d'aucune autre pour exister.
  • Sa question demeure même si l'on suppose un univers sans commencement.
  • Expliquer chaque élément laisse à examiner le fait que tous ces faits contingents sont vrais.
  • Cette démarche conduit vers Dieu sans démontrer à elle seule toute la foi chrétienne.
  • L'Église enseigne que notre raison peut réellement connaître Dieu à partir des choses créées.

L'argument de la contingence invite à poursuivre une question jusqu'au bout. Nous expliquons les choses par d'autres choses, mais celles-ci demandent encore pourquoi elles existent. La conclusion est un fondement qui ne reçoit pas son existence d'une autre réalité. Ce fondement nécessaire par lui-même est ce que nous appelons Dieu.

La réponse catholique tient ensemble cette exigence de raison et la liberté du Créateur. Le monde n'existe pas parce que Dieu en aurait besoin. Il existe comme un don. Ce qui aurait pu ne pas être repose ainsi, à chaque instant, sur Celui qui est.

Notes et références

  1. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, MDN Productions / diffusion Salvator, 2023 (1re éd. 2022), p. 66-67 : définitions de monde possible, nécessaire, contingent, abstrait et concret dans le chapitre « Preuve cosmologique de la contingence ».

    1
  2. Aristote, Métaphysique, livre V, chap. 5 et 12 ; livre IX, chap. 6-8. Avicenne, La Métaphysique du Shifa, livre I, chap. 5-7. Moïse Maïmonide, Guide des égarés, deuxième partie, introduction. Saint Thomas d'Aquin, De ente et essentia, chap. 4. Références reprises de l'article complet.

    2
  3. Saul A. Kripke, Naming and Necessity, Harvard University Press, 1980. Traduction française : La Logique des noms propres, Minuit, 1982.

    3
  4. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Iᵃ pars, q. 2, a. 3, troisième voie. Traduction française d'après l'édition du Cerf, 1984, et le Corpus Thomisticum, Université de Navarre. La citation reprend la première phrase du passage cité dans l'article complet.

    4
  5. Edward Feser, Aquinas: A Beginner's Guide, Oneworld Publications, 2009, p. 84-93 ; Five Proofs of the Existence of God, Ignatius Press, 2017, p. 49-50. Voir aussi saint Thomas d'Aquin, Somme contre les Gentils, livre II, chap. 38.

    5
  6. G. W. Leibniz, Principes de la nature et de la grâce fondés en raison, § 7, 1714. Édition critique : Die philosophischen Schriften, éd. C. I. Gerhardt, t. VI, p. 598-606.

    6
  7. G. W. Leibniz, Monadologie, § 32, 1714. Édition critique par André Robinet, PUF, 1954.

    7
  8. G. W. Leibniz, Monadologie, §§ 33-38 : vérités nécessaires, vérités de fait et recherche d'une raison suffisante de la série des choses contingentes.

    8
  9. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, 2023 (1re éd. 2022), p. 67-68. L'analogie des livres copiés remonte à Leibniz, De rerum originatione radicali, 1697.

    9
  10. Bruce Reichenbach, « Cosmological Argument », Stanford Encyclopedia of Philosophy, première publication le 13 juillet 2004, révision substantielle le 30 juin 2022, §§ 2 et 4.1.

    10
  11. Alexander R. Pruss, The Principle of Sufficient Reason: A Reassessment, Cambridge University Press, 2006, p. 189-345 ; « The Leibnizian Cosmological Argument », dans William Lane Craig et J. P. Moreland (dir.), The Blackwell Companion to Natural Theology, Wiley-Blackwell, 2009, p. 24-100.

    11
  12. Edward Feser, Five Proofs of the Existence of God, Ignatius Press, 2017, p. 147-168 ; Joshua Rasmussen, How Reason Can Lead to God, IVP Academic, 2019 ; Frédéric Guillaud, Dieu existe. Arguments philosophiques, Cerf, 2013, p. 127-202 ; Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, 2023 (1re éd. 2022), p. 70-75.

    12
  13. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, 2023 (1re éd. 2022), p. 70-72.

    13
  14. Bernard Carr (dir.), Universe or Multiverse?, Cambridge University Press, 2007. Voir aussi Robin Collins, « The Teleological Argument: An Exploration of the Fine-Tuning of the Universe », dans The Blackwell Companion to Natural Theology, Wiley-Blackwell, 2009, p. 202-281.

    14
  15. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, 2023 (1re éd. 2022), p. 72, note 85 : défense du passage de la contingence des éléments à celle de leur totalité.

    15
  16. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, 2023 (1re éd. 2022), p. 72-75 : analyse de la nature de la cause nécessaire.

    16
  17. Edward Feser, The Last Superstition: A Refutation of the New Atheism, St. Augustine's Press, 2008 ; Aristotle's Revenge, Editiones Scholasticae, 2019.

    17
  18. Catéchisme de l'Église catholique, §§ 31-36, spécialement § 32.

    18
  19. David Hume, Traité de la nature humaine, livre I, partie III, sections 2-6, 1739 ; Enquête sur l'entendement humain, section VII, 1748. Références reprises de l'article complet.

    19
  20. Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, Dialectique transcendantale, livre II, chap. III, section 5, « De l'impossibilité d'une preuve cosmologique de l'existence de Dieu », 1781, deuxième édition en 1787.

    20
  21. Edward Feser, Five Proofs of the Existence of God, Ignatius Press, 2017, p. 147-196, sur l'argument et les réponses aux objections de Hume et de Kant.

    21
  22. Bertrand Russell et Frederick Copleston, Débat sur l'existence de Dieu, BBC Radio, 28 janvier 1948. Texte dans Bertrand Russell, Why I Am Not a Christian and Other Essays, Simon & Schuster, 1957, p. 167-190. Original : « I should say that the universe is just there, and that's all. » Traduction reprise mot pour mot de l'article complet.

    22
  23. Alexander R. Pruss, « The Leibnizian Cosmological Argument », dans The Blackwell Companion to Natural Theology, Wiley-Blackwell, 2009, p. 28 ; cité et traduit par Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, 2023 (1re éd. 2022), p. 70.

    23
  24. Peter van Inwagen, Metaphysics, Westview Press, 1993, chap. 6 ; An Essay on Free Will, Clarendon Press, 1983.

    24
  25. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, 2023 (1re éd. 2022), p. 78-80.

    25
  26. Concile Vatican I, constitution dogmatique Dei Filius, chap. 2, 24 avril 1870, DS 3004. Texte dans Henri Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, Cerf, 2010, n° 3004. Le canon correspondant porte le n° 3026.

    26
  27. Catéchisme de l'Église catholique, § 32. Citation reprise mot pour mot de l'article complet.

    27
  28. Concile Vatican I, Dei Filius, chap. 2, 24 avril 1870 ; concile Vatican II, Dei Verbum, § 6, 18 novembre 1965 ; Catéchisme de l'Église catholique, §§ 31-36.

    28
  29. Saint Jean-Paul II, encyclique Fides et Ratio, 14 septembre 1998, §§ 1-5 et 80-91.

    29
  30. Blaise Pascal, Pensées, fragment Brunschvicg n° 205, Lafuma n° 68, Sellier n° 102 ; édition critique de Philippe Sellier, Bordas, 1991.

    30
  31. Saint Augustin, Confessions, livre I, chap. 1, n° 1. Traduction française d'après l'édition Joseph Trabucco, GF-Flammarion, 1964 ; voir aussi Œuvres de saint Augustin, Bibliothèque augustinienne, Études augustiniennes, 1962. Traduction reprise mot pour mot de l'article complet.

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