Bienheureux Carlo Gnocchi (San Colombano al Lambro, 25 octobre 1902 ; mort à Milan, 28 février 1956) est un prêtre diocésain milanais, éducateur de la jeunesse, aumônier militaire des Alpini pendant la Seconde Guerre mondiale et fondateur de l'œuvre pour les enfants mutilés de guerre devenue la Fondation Don Carlo Gnocchi. Le Dicastère pour les Causes des Saints le résume ainsi : prêtre diocésain, aumônier militaire, fondateur de l'Œuvre Pro Juventute, aujourd'hui Fondation Don Gnocchi, pour assister les victimes de la guerre dans la recherche du rachat de leur « douleur innocente ».[1]
Son parcours tient en trois temps que les sources officielles distinguent nettement. D'abord l'éducateur : ordonné en 1925, il forme des jeunes à Cernusco sul Naviglio, à San Pietro in Sala puis à l'Institut Gonzaga de Milan.[2][3] Ensuite l'aumônier : engagé volontaire sur le front gréco-albanais, puis avec les troupes alpines dans la campagne de Russie, il échappe à la mort lors de la retraite de janvier 1943 et recueille les dernières prières des mourants.[4][5] Enfin le fondateur : le 12 octobre 1948 naît la Fondazione Pro Infanzia Mutilata, pour les orphelins et les enfants mutilés, les « mutilatini » dont il devient le père.[6]
Benoît XVI, le jour même de la béatification, le 25 octobre 2009, a donné de cette vie la synthèse que l'Église retient : d'abord éducateur des enfants et des jeunes, puis aumônier des Alpini, puis un homme qui, dans le Milan de la reconstruction, travailla « à restaurer la personne humaine » en recueillant les enfants orphelins et mutilés, et qui, en mourant, donna ses cornées à deux enfants aveugles.[7] Sa mémoire liturgique est fixée au 25 octobre, jour de sa naissance et jour de sa béatification, et non au 28 février, jour de sa mort.[8][9]
En quelques dates
- 25 octobre 1902Naissance à San Colombano al LambroPrès de Milan
- 6 juin 1925Ordination sacerdotaleAprès le séminaire de Monza
Après le petit séminaire de San Pietro Martire et le séminaire de Monza, il est ordonné prêtre le 6 juin 1925. Sa première expérience pastorale, un an à Cernusco sul Naviglio, annonce déjà son engagement auprès des jeunes.[12]
- 1926-1936San Pietro in Sala, la plus vaste paroisse de MilanDix ans auprès des jeunes
Il est vicaire à San Pietro in Sala, alors la plus vaste paroisse du diocèse de Milan. Partout où il y a des jeunes, il est présent ; en 1936, il accepte même la charge d'aumônier des Balilla et des jeunes avant-gardistes, pour porter la parole de Dieu sans se confondre avec l'endoctrinement du régime fasciste.[13]
- 22 septembre 1936Directeur spirituel de l'Institut GonzagaFrères des Écoles chrétiennes
- 1940-1943Aumônier des AlpiniGrèce, Albanie, puis Russie
- 1945Arosio : les premiers enfants mutilésLa promesse faite aux mourants
Le préfet de Côme le nomme aumônier de l'Institut des grands invalides d'Arosio. Il y rencontre les premiers enfants orphelins de guerre, puis les enfants mutilés. Il avait promis aux mourants du front russe qu'il penserait à leurs fils : le moment est arrivé.[18]
- 12 octobre 1948Naissance de la Fondazione Pro Infanzia MutilataDevenue Fondation Don Carlo Gnocchi
Le 12 octobre 1948 naît la Fondazione Pro Infanzia Mutilata, devenue ensuite Pro Iuventute. En des temps très brefs s'ouvrent les collèges de Pessano, Inverigo, Turin, Parme et Rome. L'œuvre s'élargit : elle accueille non seulement les mutilatini, mais aussi les orphelins et les abandonnés de toute sorte.[19]
- 28 février 1956Mort à MilanLe don des cornées
- 20 décembre 2002Décret sur l'héroïcité des vertusSaint Jean-Paul II
L'enquête diocésaine de Milan sur la renommée de sainteté et les vertus avait été ouverte en 1987. Le 20 décembre 2002, saint Jean-Paul II autorise le décret sur l'exercice héroïque des vertus : Carlo Gnocchi est déclaré vénérable.[22]
- 25 octobre 2009Béatification à MilanSous Benoît XVI
Le décret sur le miracle est promulgué le 17 janvier 2009. La béatification est célébrée à Milan le 25 octobre 2009, jour anniversaire de sa naissance, présidée au nom de Benoît XVI ; le cardinal Dionigi Tettamanzi, archevêque de Milan, prononce l'homélie. La mémoire liturgique est fixée au 25 octobre.[23][24]
Un prêtre éducateur de la jeunesse
La première moitié de la vie de Carlo Gnocchi est celle d'un éducateur. Ordonné le 6 juin 1925, il passe un an à Cernusco sul Naviglio, puis dix ans, de 1926 à 1936, comme vicaire à San Pietro in Sala, la plus vaste paroisse du diocèse de Milan.[25] Les notices du Dicastère soulignent le trait constant de ces années : partout où il y a des jeunes, il est présent, au point de ne pas refuser, en 1936, la charge exigeante d'aumônier des Balilla et des jeunes avant-gardistes, organisations de jeunesse du régime fasciste. Le Dicastère précise l'intention : en pleine époque fasciste, il sent l'urgence de porter la parole de Dieu sans se confondre avec l'endoctrinement idéologique du régime.[26]
Le 22 septembre 1936, les Frères des Écoles chrétiennes, qui ont remarqué sa passion pastorale pour la jeunesse, obtiennent sa nomination comme père spirituel de l'Institut Gonzaga de Milan, qu'ils dirigent.[27] C'est dans ce cadre qu'il publie en 1939 son livre Educazione del cuore (« Éducation du cœur »), sous-titré « De l'enfance au mariage », aux éditions de la Società Editrice Internazionale de Turin.[28] L'éducateur précède donc le fondateur : l'œuvre pour les mutilatini naîtra d'un homme qui avait déjà passé vingt ans à former des jeunes valides.
L'homélie de béatification du cardinal Tettamanzi, conservée par le Dicastère, cite la parole qu'il adressait à ses jeunes des oratoires de Cernusco et de San Pietro in Sala, en reprenant une phrase de Léon Bloy :
« Non vi è al mondo che una tristezza: quella di non essere santo » (« Il n'y a au monde qu'une tristesse : celle de ne pas être saint », Léon Bloy, cité par don Carlo à ses jeunes).[29]
Et le même texte donne sa conviction pédagogique centrale, adressée aux jeunes :
« Nulla è più santificante e salvifico della santità. Credetelo. La santità irradia tacitamente Fede e bontà » (« Rien n'est plus sanctifiant et salvifique que la sainteté. Croyez-le. La sainteté irradie silencieusement la foi et la bonté », don Carlo Gnocchi à ses jeunes).[30]
Aumônier des Alpini : la Russie, janvier 1943
La guerre change la matière de son sacerdoce. Aumônier militaire, Carlo Gnocchi sert parmi les Alpini, les troupes de montagne italiennes, d'abord sur le front gréco-albanais, puis dans la campagne de Russie.[31][32] Le Dicastère écrit que la tragédie de la campagne de Russie mûrit sa capacité d'amour envers les souffrants, jusqu'à des épisodes de véritable héroïsme, et que toute cette expérience, vécue sur les champs de bataille et dans l'immédiat après-guerre, lui donne la largesse de vues nécessaire pour affronter la reconstruction.[33]
En janvier 1943, lors de la retraite de Russie qui anéantit une grande partie du corps expéditionnaire italien, il échappe à la mort. Nominis le dit « rescapé miraculé » de la défaite italienne ; Benoît XVI reprendra l'expression en 2009 : il fit avec les Alpini « la tragique retraite de Russie, échappant miraculeusement à la mort ».[34][35] Ce sont des faits attestés par les deux notices officielles ; le détail des épisodes vécus sur le terrain relève de ses propres écrits de guerre, rassemblés après sa mort sous le titre Cristo con gli alpini (« Le Christ avec les Alpini », Ancora, 1999).[36]
C'est là, en écoutant les dernières prières des mourants et en s'occupant des blessés, qu'il décide de se consacrer, la guerre finie, à une œuvre de charité.[37] Le Dicastère précise la promesse qui en découle : il avait promis aux mourants du front russe qu'il penserait à leurs fils.[38] L'œuvre de 1948 est donc, dans son intention première, l'exécution d'une promesse faite à des soldats morts : prendre soin de leurs enfants.
« Rebâtir l'homme » : les mutilatini et la Fondation
Au retour, Milan est une ville en reconstruction. Benoît XVI résume l'intuition de don Carlo : « rebâtir l'homme » en recueillant orphelins et estropiés pour les soutenir et les former.[39] Le Dicastère donne la forme institutionnelle de cette intuition. Dès 1945, nommé aumônier de l'Institut des grands invalides d'Arosio par le préfet de Côme, il rencontre les premiers enfants orphelins de guerre, puis les enfants mutilés.[40] Nommé assistant ecclésiastique de l'Université catholique du Sacré-Cœur, charge qu'il garde jusqu'en 1948, il comprend que les dommages matériels de la guerre ont des répercussions intérieures plus incalculables encore, et qu'il faut aider les plus faibles et les plus démunis.[41]
Le 12 octobre 1948 naît la Fondazione Pro Infanzia Mutilata, devenue ensuite Pro Iuventute, puis la Fondation Don Carlo Gnocchi.[42][43] En des temps très brefs s'ouvrent les collèges de Pessano, Inverigo, Turin, Parme et Rome. Avec lui travaillent quelques prêtres ; il est aidé par l'Œuvre Don Orione, par les Frères des Écoles chrétiennes et par de nombreux laïcs. Le Dicastère note son génie organisateur et son charisme, qui attirent et entraînent. L'œuvre grandit et élargit ses horizons : elle recueille désormais non seulement les mutilatini, mais aussi les orphelins, les marginaux et les abandonnés de toute sorte.[44]
Le cardinal Tettamanzi, dans l'homélie de béatification, a décrit le lieu spirituel de cette fondation : don Carlo a cherché le visage du Christ imprimé dans le visage de tout homme, dans chaque soldat, chaque Alpino blessé ou mourant, chaque enfant violé par la férocité de la guerre, chaque mutilatino victime innocente de la haine.[45] Benoît XVI, recevant la Fondation en audience générale le 10 mars 2010, saluera « l'activité extraordinaire » de soins aux enfants en difficulté, aux personnes handicapées, aux personnes âgées et aux malades en phase terminale.[46] Le pape François, recevant la Fondation le 31 octobre 2019, la dira née « de l'esprit et du cœur de cet insigne prêtre ambrosien ».[47]
La « douleur innocente » : sa pensée en quelques livres
Carlo Gnocchi est aussi un écrivain, et ses livres permettent de distinguer ce qu'il a lui-même théorisé de ce que la postérité lui a prêté. Les notices bibliographiques retiennent, de son vivant, Educazione del cuore (1939) et Restaurazione della persona umana (« Restauration de la personne humaine », La Scuola, Brescia, 1946), titre que Benoît XVI reprendra presque mot pour mot en 2009 lorsqu'il dira qu'il travailla « à restaurer la personne humaine ».[48][49] Après sa mort ont été publiés ses écrits rassemblés, Gli scritti (1934-1956) (Ancora, Milan, 1993), Cristo con gli alpini (Ancora, 1999), Il dolore innocente (« La douleur innocente », Mondadori, 1999), Dio è tutto qui. Lettere di una vita (Mondadori, 2005) et Poesia della vita (San Paolo, 2006).[50]
| Écrit | Année | Ce qu'il porte |
|---|---|---|
| Educazione del cuore | 1939 | La pédagogie de l'éducateur de l'Institut Gonzaga : éduquer le cœur, de l'enfance au mariage |
| Restaurazione della persona umana | 1946 | Le programme de l'après-guerre : reconstruire la personne, pas seulement les bâtiments |
| Cristo con gli alpini (posthume) | 1999 | Le récit de l'aumônier de guerre, de la Grèce à la retraite de Russie |
| Il dolore innocente (posthume) | 1999 | La pédagogie de la douleur innocente : le sens donné à la souffrance des enfants mutilés |
| Gli scritti (1934-1956) (posthume) | 1993 | L'ensemble de ses écrits, de 1934 à l'année de sa mort |
Le concept qui traverse cette œuvre est celui que le Dicastère met dans sa définition même du fondateur : assister les victimes de la guerre « dans la recherche du rachat de leur douleur innocente ».[51] La formule ne désigne pas une théorie abstraite de la souffrance : elle nomme des enfants précis, mutilés par des bombes et des mines, dont la douleur n'avait aucune cause dans leur propre conduite. Don Carlo ne leur propose pas d'abord une explication ; il leur propose une maison, une formation et un métier. Sa lettre de 1945 à un confrère, citée par le cardinal Tettamanzi, donne la racine de ce choix :
« Non desidero che la mia santificazione, dalla quale sono infinitamente lontano. Forse mi manca il coraggio delle decisioni supreme eppure comprendo che oggi solo la carità può salvare il mondo e che ad essa bisogna assolutamente consacrarsi » (« Je ne désire que ma sanctification, dont je suis infiniment loin. Peut-être me manque-t-il le courage des décisions suprêmes, et pourtant je comprends qu'aujourd'hui seule la charité peut sauver le monde et qu'il faut absolument s'y consacrer », don Carlo Gnocchi, lettre de 1945).[52]
Nominis conserve le début du même mouvement, dans la prière qu'il formulait après la guerre : il rêvait de se dévouer entièrement au travail de charité, quel qu'il soit, ou plutôt à celui auquel Dieu l'appellerait.[53] L'histoire a tranché : ce furent les enfants mutilés.
Mort, le don des cornées et la béatification
En janvier 1956 se manifeste une grave maladie. Carlo Gnocchi meurt à Milan le 28 février 1956, à cinquante-trois ans.[54][55] Son dernier acte est le plus célèbre, et il est attesté par les deux notices officielles : en mourant, il dispose la donation de ses cornées à deux jeunes non-voyants.[56] Nominis ajoute la précision historique qui donne au geste sa portée : la transplantation de cornée n'était pas encore réglementée en Italie.[57] Benoît XVI retiendra ce geste comme le sceau de sa vie : « Il donna tout, jusqu'au bout, et quand il mourut, il donna ses cornées à deux enfants aveugles ».[58]
Aux funérailles, célébrées au Dôme de Milan, un enfant mutilé choisi par l'archevêque Giovanni Battista Montini, le futur saint Paul VI, pour porter le salut des mutilatini, prononce la phrase que l'homélie de béatification a conservée et que le cardinal Tettamanzi a reprise en conclusion, cinquante ans plus tard, sur la même place :
« Prima ti dicevo: “Ciao don Carlo”. Oggi ti dico: “Ciao, san Carlo” » (« Avant je te disais : “Salut, don Carlo”. Aujourd'hui je te dis : “Salut, saint Carlo” », un enfant mutilé aux funérailles de 1956).[59]
La cause suit ensuite le chemin ordinaire, que le Dicastère date étape par étape : enquête diocésaine de Milan ouverte en 1987 sur la renommée de sainteté et les vertus ; validité juridique reconnue le 29 octobre 1993 ; avis favorable des consulteurs théologiens le 22 octobre 2002 et des cardinaux et évêques le 3 décembre 2002 ; décret sur l'héroïcité des vertus autorisé par saint Jean-Paul II le 20 décembre 2002.[60] Le décret sur le miracle est promulgué le 17 janvier 2009. Les notices secondaires précisent le fait reconnu : le 17 août 1979, un Alpino, électricien spécialisé, originaire de Villa d'Adda, survécut à un grave accident du travail après avoir invoqué don Gnocchi ; c'est cette survie, médicalement inexpliquée, que le décret de 2009 a reconnue comme miracle obtenu par son intercession.[61] La béatification est célébrée à Milan le 25 octobre 2009, présidée par le cardinal Tettamanzi avec le légat pontifical Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints ; Benoît XVI s'y associe le jour même depuis Rome, à l'Angélus, en faisant sien le mot d'ordre de la journée : « Toujours du côté de la vie ».[62][63]
Carlo Gnocchi est bienheureux, et non canonisé à ce jour : l'Église l'a inscrit au nombre des bienheureux en 2009, et sa mémoire liturgique, fixée au 25 octobre, est célébrée en particulier dans l'Église de Milan et par la Fondation qui porte son nom.[64] La date du 25 octobre cumule donc trois anniversaires vérifiables : sa naissance (1902), sa béatification (2009) et sa fête liturgique ; elle ne doit pas être confondue avec le jour de sa mort, le 28 février 1956.
Fête, mémoire et iconographie
La mémoire liturgique du bienheureux Carlo Gnocchi est le 25 octobre.[65][66] Nominis le range, au 25 octobre, parmi les figures du jour, entre les martyrs anciens de la date et les évêques du haut Moyen Âge : sa notice le présente comme « prêtre éducateur de la jeunesse durant la deuxième guerre mondiale ».[67] Le choix du jour de naissance, qui est aussi le jour de la béatification, est inhabituel au regard de l'usage le plus fréquent, qui retient le jour de la mort ; il s'explique ici par la coïncidence voulue de la béatification avec l'anniversaire de sa naissance, le 25 octobre 2009, cent sept ans après le 25 octobre 1902.[68]
L'iconographie du bienheureux est d'abord photographique : prêtre en soutane, souvent entouré d'enfants mutilés, parfois en uniforme d'aumônier des Alpini avec le chapeau à plume des troupes de montagne.[69] Les images de la Fondation le montrent au milieu de ses « enfants », en fauteuil ou en rééducation, ce qui fait de la photographie d'archive, plus que de la peinture dévotionnelle, le visage ordinaire de sa mémoire. Les Alpini le vénèrent comme l'un des leurs : François, au Regina Caeli du 16 mai 2016, les a exhortés à être témoins de miséricorde et d'espérance « en suivant l'exemple du bienheureux don Carlo Gnocchi », aux côtés du bienheureux Luigi Bordino et du vénérable Teresio Olivelli, qui honorent le corps des Alpini par la sainteté de leur vie.[70]
Son œuvre se poursuit dans la Fondation Don Carlo Gnocchi, que Benoît XVI décrivait en 2009 comme « à l'avant-garde des soins et des thérapies de réhabilitation » pour les personnes de tous âges.[71] Dix ans plus tard, François constatait la même continuité : une fondation née de l'esprit et du cœur de ce prêtre milanais, dont l'homélie de béatification avait dit qu'il fut « un inquiet chercheur de Dieu et un courageux chercheur de l'homme, qui a consumé sa vie à chercher le visage du Christ imprimé dans le visage de tout homme ».[72]
Pour aller plus loin
- Saint Carlo Acutis : un autre bienheureux milanais prénommé Carlo, mort à quinze ans en 2006, fêté le 12 octobre.
- Saint Jean-Paul II : le pape qui a déclaré Carlo Gnocchi vénérable le 20 décembre 2002.
- Saint Paul de la Croix : fondateur et mystique de la compassion envers les souffrants.
- Saints Crépin et Crépinien : martyrs de Soissons, fêtés eux aussi le 25 octobre.
- Saint Chrysanthe et sainte Darie : martyrs de Rome, également fêtés le 25 octobre.
Notes et références
Dicastère pour les Causes des Saints, notice « Carlo Gnocchi (1902-1956) », en italien : causesanti.va/it/santi-e-beati/carlo-gnocchi.html. Béatification le 25 ottobre 2009 par Benoît XVI ; Memoria Liturgica : 25 ottobre ; définition : « Sacerdote diocesano, cappellano militare, fondatore dell'Opera Pro Juventute, oggi Fondazione Don Gnocchi, con lo scopo di assistere le vittime della guerra, nella ricerca del riscatto del loro "dolore innocente" ». Biographie détaillée : naissance à San Colombano al Lambro le 25 octobre 1902 ; ordination le 6 juin 1925 ; Cernusco sul Naviglio ; San Pietro in Sala 1926-1936 ; Institut Gonzaga le 22 septembre 1936 ; aumônier des Alpini (front gréco-albanais, campagne de Russie) ; Arosio en 1945 ; Fondazione Pro Infanzia Mutilata le 12 octobre 1948, collèges de Pessano, Inverigo, Torino, Parma et Roma ; maladie en janvier 1956, mort le 28 février 1956 après la donation des cornées ; enquête diocésaine de 1987 ; décret sur les vertus héroïques le 20 décembre 2002 ; décret sur le miracle le 17 janvier 2009.
1 2 6 8 10 12 13 14 16 18 19 20 22 23 25 26 27 31 33 38 40 41 42 44 51 54 56 60 64 65Nominis (Conférence des évêques de France), notice « Bienheureux Carlo Gnocchi », sous-titre « Prêtre éducateur de la jeunesse durant la deuxième guerre mondiale (+ 1956) » : nominis.cef.fr/contenus/saint/11150/Bienheureux-Carlo-Gnocchi.html. Né près de Milan le 25 octobre 1902 ; prêtre en 1925 ; directeur spirituel de l'Institut Gonzaga ; aumônier sur le front gréco-albanais puis avec les troupes alpines en Russie ; rescapé en janvier 1943 ; Fondation Pro Juventute ; mort le 28 février 1956 ; don des cornées à deux enfants aveugles alors que la transplantation n'était pas encore réglementée en Italie ; vénérable en décembre 2002 ; béatifié le 25 octobre 2009 ; mémoire liturgique le 25 octobre. La notice cite la dépêche VIS 091026 reprenant l'Angélus de Benoît XVI. Page du jour du 25 octobre 2026 : nominis.cef.fr/contenus/fetes/25/10/2026/25-Octobre-2026.html.
3 4 9 11 17 21 24 32 34 37 39 43 53 55 57 62 66 67 68 71Benoît XVI, Angélus, place Saint-Pierre, dimanche 25 octobre 2009, passage sur la béatification célébrée le matin même à Milan : vatican.va/content/benedict-xvi/en/angelus/2009/documents/hf_ben-xvi_ang_20091025.html. Texte : éducateur des enfants et des jeunes ; aumônier des Alpini, « tragique retraite de Russie, échappant miraculeusement à la mort » ; dans le Milan de la reconstruction, il travailla « to restore the human person », recueillant les enfants orphelins et mutilés ; en mourant, il donna ses cornées à deux enfants aveugles ; la Fondation Don Gnocchi « à l'avant-garde » des soins de réhabilitation ; mot d'ordre repris par le pape : « Alongside of life! » (« Toujours du côté de la vie »).
5 7 15 35 49 58 63Bibliographie de Carlo Gnocchi : Educazione del cuore : Dall'infanzia al matrimonio (1939), Società Editrice Internazionale, Turin ; Restaurazione della persona umana (1946), La Scuola, Brescia ; Gli scritti (1934-1956) (1993), Ancora, Milan ; Cristo con gli alpini (1999), Ancora, Milan ; Il dolore innocente (1999), Mondadori, Milan ; Dio è tutto qui. Lettere di una vita (2005), Mondadori, Milan ; Poesia della vita (2006), San Paolo, Cinisello Balsamo. Liste établie d'après la notice « Carlo Gnocchi », Wikipedia (EN) : en.wikipedia.org/wiki/Carlo_Gnocchi.
28 36 48 50Cardinal Dionigi Tettamanzi, archevêque de Milan, homélie de béatification de don Carlo Gnocchi, Milan, 25 octobre 2009, texte intégral publié par le Dicastère pour les Causes des Saints sur la page de la notice : causesanti.va/it/santi-e-beati/carlo-gnocchi.html. Citations vérifiées dans le texte : « Nulla è più santificante e salvifico della santità. Credetelo. La santità irradia tacitamente Fede e bontà » ; la phrase de Léon Bloy répétée aux jeunes, « Non vi è al mondo che una tristezza: quella di non essere santo » ; la lettre de 1945, « comprendo che oggi solo la carità può salvare il mondo e che ad essa bisogna assolutamente consacrarsi » ; la recherche du visage du Christ dans chaque soldat, chaque enfant mutilé ; et la parole de l'enfant aux funérailles de 1956, « Prima ti dicevo: “Ciao don Carlo”. Oggi ti dico: “Ciao, san Carlo” », l'enfant ayant été choisi par l'archevêque Montini.
29 30 45 52 59Benoît XVI, audience générale du 10 mars 2010, salut au pèlerinage de la Fondation Don Carlo Gnocchi après la béatification : vatican.va/content/benedict-xvi/en/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20100310.html. Le pape salue « l'activité extraordinaire » de la Fondation dans les soins aux enfants en difficulté, aux personnes handicapées, aux personnes âgées et aux malades en fin de vie.
46François, discours aux membres de la Fondation Don Carlo Gnocchi, 31 octobre 2019 : vatican.va/content/francesco/en/speeches/2019/october/documents/hf_francesco_spe_20191031_fondazione-dongnocchi.html. La Fondation est née « de l'esprit et du cœur de cet insigne prêtre ambrosien » ; le pape cite l'homélie de béatification du cardinal Tettamanzi : don Carlo, « inquiet chercheur de Dieu et courageux chercheur de l'homme, qui a consumé sa vie à chercher le visage du Christ imprimé dans le visage de tout homme ».
47 72Le miracle de la béatification : décret promulgué le 17 janvier 2009 (Dicastère pour les Causes des Saints, notice citée). Le fait reconnu, tel que le rapportent les notices secondaires, est la survie, le 17 août 1979, d'un Alpino, électricien spécialisé de Villa d'Adda, à un grave accident du travail, après qu'il eut invoqué don Gnocchi : « Carlo Gnocchi », Wikipedia (EN), section sur la béatification : en.wikipedia.org/wiki/Carlo_Gnocchi. Les détails médicaux du dossier ne sont pas publiés par le Dicastère ; l'article retient donc le fait et la date du décret, sans reconstruire le dossier clinique.
61Archives photographiques de Carlo Gnocchi, Wikimedia Commons : portrait vers 1950, auteur inconnu, photographie italienne du domaine public ; Gnocchi et le général Luigi Reverberi au départ pour le front russe en 1942, auteur inconnu, photographie italienne du domaine public. Ce sont les deux photographies historiques reproduites dans cet article.
69François, Regina Caeli, 16 mai 2016, salut aux Alpini réunis à Asti : press.vatican.va/content/salastampa/en/bollettino/pubblico/2016/05/16/160516c.html. Les Alpini sont exhortés à être « témoins de miséricorde et d'espérance, en suivant l'exemple du bienheureux don Carlo Gnocchi, du bienheureux frère Luigi Bordino et du vénérable Teresio Olivelli, qui honorent le corps des Alpini par la sainteté de leur vie ».
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