Ernest Hello (1828-1885) est l'un des cas les plus frappants de l'histoire littéraire catholique française : un écrivain salué de son vivant par les plus grands juges de son temps — Barbey d'Aurevilly, Huysmans — comme un génie de premier ordre, et mort pourtant presque inconnu, dans la pauvreté, au fond de sa Bretagne natale. Essayiste, traducteur des mystiques rhénans, styliste d'une puissance rare, il a consacré toute son existence à un seul projet : faire entendre, contre le rationalisme et la médiocrité de son siècle, la voix du mystère et de la vérité surnaturelle.[1][2][3][4]
Son chef-d'œuvre, L'Homme (1872), reste un livre déconcertant — ni traité, ni recueil de pensées, mais une suite de méditations fulgurantes sur la vie, la science et l'art, où chaque phrase cherche à ouvrir un abîme plutôt qu'à conclure un raisonnement.[5][6] De son vivant, ce livre et les suivants ne trouvèrent qu'un lectorat restreint mais fervent ; le romancier J.-K. Huysmans, dans Là-bas, ira jusqu'à écrire que Hello, et non les gloires officielles du siècle, était le véritable psychologue de son temps.[7]
Mais c'est Léon Bloy qui donnera à Hello sa place la plus durable dans l'histoire spirituelle du catholicisme français : le jeune Bloy, arraché à l'incroyance par Barbey d'Aurevilly, trouve en Hello un second père spirituel : selon Raïssa Maritain, la conversion de Bloy doit beaucoup à Hello.[8] Par ce relais, Hello devient, sans l'avoir cherché, l'un des pères cachés du « renouveau catholique » littéraire du XXe siècle — d'abord par l'intermédiaire de Bloy ; jusque chez le poète Henri Michaux, qui se réclamera de sa lecture aux côtés de Lautréamont[9]. Une influence plus lointaine, parfois évoquée chez Bernanos ou Claudel, reste une hypothèse à documenter précisément.
Ignispedia le lit donc comme une personnalité marquante du catholicisme moderne, non par la place qu'il occupa de son vivant — minime — mais par la fécondité posthume d'une œuvre restée, plus d'un siècle après sa mort, un jugement sans appel porté sur la médiocrité spirituelle : une œuvre qui continue d'attendre les lecteurs qu'elle mérite.
Pourquoi Ernest Hello compte-t-il ?
Un génie salué et un inconnu — le paradoxe Hello
Aucun autre écrivain catholique du XIXe siècle français ne concentre à ce point le contraste entre l'admiration des meilleurs juges et l'indifférence du public. Jules Barbey d'Aurevilly, dandy catholique redouté pour la dureté de ses jugements littéraires, fit exception pour Hello : l'écho de la presse d'époque se fait le relais de son admiration pour la hauteur mystique de l'écrivain, et Barbey entreprit l'éloge de ses Contes.[10][11] Joris-Karl Huysmans, dans son roman Là-bas (1891), fait dire à son personnage Durtal, en pleine réflexion sur la médiocrité des lettres contemporaines :
« Le véritable psychologue du siècle, se disait Durtal, ce n'est pas leur Stendhal, mais bien cet étonnant Hello dont l'inexpugnable insuccès tient du prodige ! » — Joris-Karl Huysmans, Là-bas, chapitre I, 1891[12]
Cette phrase résume, mieux qu'aucun commentaire, le statut de Hello dans les lettres françaises : un « insuccès » que ses contemporains les plus exigeants jugeaient eux-mêmes inexplicable, presque miraculeux à l'envers. De son vivant, ses livres se vendent peu, sa collaboration à des journaux catholiques ne lui apporte ni fortune ni notoriété durable, et il meurt dans une quasi-misère.[13] Ce n'est qu'après sa mort — la première biographie complète, due à Joseph Serre, paraît en 1894, l'année même où L'Homme est réédité — qu'un cercle plus large commence à le découvrir.[14][15]
Le maître oublié de Léon Bloy
Le fait biographique le plus important pour comprendre la place de Hello dans le catholicisme français reste sa relation avec Léon Bloy. Le jeune Bloy — qui rencontre Barbey d'Aurevilly en décembre 1868 et revient peu après à la foi catholique[16] — trouve rapidement en Hello, de dix-huit ans son aîné, un modèle et un guide intellectuel : Bloy lira et relira Joseph de Maistre, Louis de Bonald, Blanc de Saint-Bonnet et Hello comme les maîtres qui l'orientent vers un catholicisme intransigeant et brûlant. Selon Raïssa Maritain, la conversion de Bloy doit beaucoup à Hello[17]. Bloy lui rendra hommage à plusieurs reprises, notamment dans son étude réunie en 1889 dans Un Brelan d'excommuniés, où il rapproche Hello de Pascal : « Je ne vois guère d'analogue à cet écrivain désorbité que le solitaire Pascal »[18]. Pour l'article consacré à Léon Bloy, voir Léon Bloy (1846-1917).
Une mystique de l'étonnement
Troisième raison de lire Hello aujourd'hui : sa spiritualité tient presque tout entière dans une seule vertu intellectuelle et surnaturelle, l'étonnement, qu'il oppose à l'esprit de système et à la suffisance rationaliste de son siècle. Dans Paroles de Dieu, il écrit une formule restée célèbre parmi ses lecteurs :
« Soyez étonnés, et gardez longtemps votre étonnement. » — Ernest Hello, Paroles de Dieu, 1877[19]
Cette phrase n'est pas un simple aphorisme : elle condense tout le projet de Hello, qui est de réapprendre à un siècle épris de certitudes scientifiques et de médiocrité satisfaite la vertu du regard neuf devant le mystère de Dieu, de l'homme et de la création.
Repères biographiques
- 4 novembre 1828Naissance à Lorient
Ernest Hello naît à Lorient, en Bretagne. Son père, magistrat, deviendra conseiller à la Cour de cassation à Paris ; sa personnalité, libérale et peu portée à la dévotion, contraste avec la ferveur mystique que développera son fils.
- Collège Louis-le-GrandUne santé fragile, une intelligence précoce
Envoyé étudier à Rennes puis au collège Louis-le-Grand à Paris, l'enfant, de constitution frêle et déjà marqué par une santé délicate, se distingue très tôt par la puissance de son intelligence.
- Vers 1850Le barreau refusé
Reçu brillamment aux examens de droit, Hello renonce à la profession d'avocat pour des raisons de conscience, après avoir constaté que ses confrères votaient pour défendre des causes qu'il jugeait injustes.
- Années 1850Saint-Sulpice et la théologie
Sous l'influence de son admiration pour le père Lacordaire, dont il entend les sermons, et pour le père Gratry, Hello s'oriente vers la théologie, qu'il étudie à Saint-Sulpice sous l'abbé (futur évêque) Baudry.
- 12 novembre 1857Mariage avec Zoé Berthier
Il épouse Zoé Berthier, fille d'officier et écrivain sous le pseudonyme « Jean Lander », qui deviendra sa principale collaboratrice. Le couple s'installe au manoir de Kéroman, près de Lorient.
- 1859Contre Renan, et Le Croisé
- 1861-1862Rupture avec Le Croisé
Le journal cesse de paraître après une rupture avec son cofondateur, accusé par Hello de dérives ésotériques — une déception qu'il considérera toute sa vie comme l'une des plus dures de sa carrière.
- 1867-1871Polémiste à L'Univers
Recruté par Louis Veuillot, Hello collabore au grand journal catholique L'Univers, où il publie des articles polémiques sur Voltaire, Shakespeare, George Sand et Victor Hugo.
- 1872L'Homme
Publication chez Victor Palmé de L'Homme, son œuvre majeure : une somme de méditations sur la vie, la science et l'art qui restera son livre le plus lu et le plus discuté.
- 14 juillet 1885Mort à Kéroman
Ernest Hello meurt au manoir de Kéroman, près de Lorient, dans une quasi- misère matérielle. Il repose au cimetière de sa ville natale.
Une enfance bretonne entre magistrature et libre pensée
Ernest Hello naît le 4 novembre 1828 à Lorient. Son père appartient à la magistrature française et deviendra, en fin de carrière, conseiller à la Cour de cassation à Paris ; certaines sources le décrivent comme un libéral peu porté vers la pratique religieuse, dont Hello héritera pourtant, dit la tradition biographique, « une vénération invincible » pour la vérité.[20][21] De constitution frêle depuis l'enfance — certains biographes évoquent une affection osseuse ou vertébrale —, le jeune Hello développe très tôt une intelligence hors du commun, mais aussi cette veine de mélancolie qui traversera toute son œuvre.[22]
Envoyé étudier d'abord à Rennes, puis au prestigieux collège Louis-le-Grand à Paris, il s'y distingue par ses résultats académiques.[23] C'est dans ces années de formation que se dessine le double mouvement qui structurera toute sa vie : une intelligence acérée, formée aux disciplines classiques et juridiques, mise tout entière au service d'une quête spirituelle qui la dépasse.
Le barreau refusé par conscience
Reçu aux examens de droit avec un éclat que ses biographes soulignent, Hello aurait pu embrasser une carrière d'avocat prometteuse. Il y renonce, pour un motif de conscience resté célèbre parmi ceux qui ont raconté sa vie : découvrant que ses confrères votaient pour accepter de défendre des causes qu'il jugeait moralement indéfendables, il déclare qu'il ne revêtira jamais la robe d'avocat dans ces conditions.[24][25] Ce refus, en apparence anecdotique, dit tout de l'homme : Hello ne transigera jamais entre l'exigence morale et l'avancement social, quitte à s'en trouver toute sa vie appauvri.
Saint-Sulpice, Lacordaire et Gratry
Écarté du barreau, Hello se tourne vers la théologie. Son admiration pour le père Lacordaire, dont il va entendre les sermons, et pour le père Gratry, philosophe et oratorien engagé dans le dialogue entre foi et raison, l'oriente vers des études théologiques qu'il poursuit à Saint-Sulpice sous la direction de l'abbé Baudry.[26] Cette formation, jamais couronnée par un ministère sacerdotal, marquera durablement son style et ses préoccupations : toute son œuvre laïque restera hantée par les grandes questions de la théologie mystique, la nature du mal, le sens de la souffrance, la présence du surnaturel dans l'histoire.
Zoé Berthier, « Jean Lander »
Le 12 novembre 1857, Hello épouse Zoé Berthier, fille d'officier, elle-même écrivain sous le pseudonyme « Jean Lander ».[27] Loin d'être une épouse effacée, elle devient la collaboratrice la plus proche de son mari, partageant ses combats intellectuels et spirituels jusqu'à sa mort. Le couple s'installe au manoir de Kéroman, près de Lorient, où Hello aménage son cabinet de travail dans une tour ronde attenante à un pavillon — décor discret d'une vie tout entière tournée vers l'écriture et la prière.[28]
Le Croisé, la première grande déception
En 1859, Hello fonde avec Georges Seigneur le journal catholique quotidien Le Croisé, dont des exemplaires — notamment celui du 14 janvier 1860 — sont aujourd'hui conservés à la Bibliothèque nationale de France.[29] L'aventure tourne court : le journal cesse de paraître après deux ou trois années, à la suite d'une rupture avec Seigneur, que Hello accuse de dérives ésotériques incompatibles avec l'orthodoxie catholique qu'il entendait défendre.[30] Cet échec, le premier d'une longue série de désillusions éditoriales, restera pour lui l'une des plus dures épreuves de sa carrière d'homme de lettres — un avant-goût de la solitude qui accompagnera toute son œuvre.
Les années Veuillot : polémiste à L'Univers
De 1867 à 1871, Hello trouve dans Louis Veuillot, rédacteur en chef du grand quotidien catholique L'Univers, un employeur et un lecteur fidèle. Il y publie une série d'articles polémiques, souvent féroces, consacrés à Voltaire, à Shakespeare, à George Sand et à Victor Hugo — autant de grandes figures du siècle qu'il soumet à sa critique d'un christianisme intransigeant.[31] Ces années de collaboration régulière lui assurent, pour la première fois, une tribune stable, sans pour autant lui apporter la reconnaissance ni l'aisance matérielle.
Kéroman, la solitude et la mort
Les dernières années de Hello se déroulent dans une pauvreté croissante, au manoir de Kéroman, dont l'état se dégrade avec ses propres forces. Selon le témoignage rapporté par la presse de l'époque, il refuse, peu avant sa mort, l'aide matérielle que lui propose le journaliste Félix Platel, fidèle à cette exigence de dignité qui a gouverné toute sa vie.[32] Il meurt le 14 juillet 1885, à 56 ans, et repose au cimetière de sa ville natale, Lorient.[33][34] Sa mort suscite, dans une partie de la presse, des articles ambigus, parfois moqueurs, qui interrogent sa santé mentale et sa sincérité — signe, une fois de plus, de l'incompréhension qui entoura son œuvre de son vivant.[35]
L'œuvre : traducteur, penseur, styliste
L'œuvre d'Ernest Hello, dispersée entre essais, traductions, articles de presse et compilations posthumes, ne se laisse ranger dans aucune catégorie académique simple. Elle s'organise cependant autour de quelques sommets qu'il est utile de distinguer.
Contre Renan et l'athéisme du siècle
Le premier grand livre de Hello, publié à Paris chez C. Douniol en 1859, s'intitule M. Renan, l'Allemagne et l'athéisme au XIXe siècle.[36] Il s'agit d'une réfutation frontale du rationalisme d'Ernest Renan et de l'influence, jugée corrosive pour la foi, de la philosophie allemande post-hégélienne sur les lettres françaises.[37] Ce premier essai fixe déjà le ton de toute l'œuvre à venir : un christianisme de combat, qui refuse toute conciliation avec le scepticisme scientiste triomphant du Second Empire.
Le Style : une théorie de l'expression comme vérité
En 1861 paraît Le Style (théorie et histoire), où Hello développe une conception exigeante de l'écriture : le style n'est pas un ornement rhétorique, mais l'expression la plus fidèle possible d'une vérité intérieure. Cette conception explique la densité, parfois déroutante, de sa propre prose — une prose qui cherche moins à convaincre par la démonstration qu'à faire voir par l'image et l'aphorisme.
L'Homme (1872) : le chef-d'œuvre
L'Homme, publié en 1872 chez Victor Palmé à Paris, est unanimement considéré comme le sommet de l'œuvre de Hello.[38] Ni traité systématique, ni recueil de pensées détachées, le livre avance par grandes sections consacrées à la vie, à la science et à l'art, dans une prose qui vise moins à convaincre le lecteur qu'à provoquer chez lui un choc de reconnaissance devant le mystère. C'est de ce livre que provient l'une des formules les plus souvent citées de Hello, sur la relation paradoxale entre la lumière et le mystère :
« Plus la lumière grandit pour l'homme, plus le mystère grandit avec elle. Chaque vérité qui apparaît, se cache en apparaissant : car elle n'apparaît pas totalement, et plus l'homme la voit, plus il voit qu'il ne la voit pas. Plus il avance dans la route, plus la route est longue devant lui. » — Ernest Hello, L'Homme, 1872, livre II (La Science), section « Du mystère », p. 88[39]
Un fait éditorial mérite d'être signalé : après la mort de Hello, les éditions posthumes de L'Homme publiées chez Perrin, sous le sous-titre ajouté La Vie — La Science — L'Art, furent expurgées de certains passages jugés choquants pour le public catholique de l'époque, sans que ces coupes fussent signalées aux lecteurs.[40] Ce n'est qu'au XXe siècle que des rééditions ont restitué l'intégrité du texte original de 1872 — signe supplémentaire de la difficulté qu'a toujours eue l'Église de lettres française à recevoir Hello sans le lisser.
Traducteur des mystiques : Ruysbroeck et Angèle de Foligno
L'un des apports les plus durables de Hello à la culture spirituelle française est son travail de traducteur. En 1869, il publie Rusbrock l'Admirable, traduction française de morceaux choisis du grand mystique flamand Jan van Ruysbroeck (XIVe siècle) ; en 1873 suit Le Livre des visions et instructions, traduction des écrits de la mystique italienne Angèle de Foligno.[41] Par ces deux traductions, Hello introduit en France, bien avant la grande vague d'intérêt savant pour les mystiques médiévaux au XXe siècle, deux voix majeures de la mystique médiévale, jusque-là largement réservées aux spécialistes de latin ou de moyen-néerlandais. J.-K. Huysmans partagera avec lui cette vénération pour Ruysbroeck, qu'il fera lui-même découvrir à ses propres lecteurs dans En route.[42]
Physionomies de saints (1875)
En 1875 paraît Physionomies de saints, recueil de portraits spirituels où Hello s'attache moins à la biographie factuelle des saints qu'à saisir, dans chaque figure, un trait unique de la sainteté chrétienne — une méthode qui annonce, à sa manière, l'attention portée plus tard par certains auteurs catholiques du XXe siècle à la singularité irréductible de chaque vocation de sainteté. L'ouvrage sera traduit en anglais sous le titre Studies in Saintship (Londres, 1903), signe d'une diffusion posthume qui dépasse les frontières françaises.[43]
Les Plateaux de la balance (1880)
Dans la préface de Les Plateaux de la balance (1880), Hello formule avec une force particulière l'exigence qui gouverne toute sa critique littéraire et morale :
« J'ai eu faim et soif de la Justice, j'ai voulu la faire, j'ai voulu la penser ; j'ai voulu la parler. J'ai voulu mettre à leur place les hommes et les choses, j'ai voulu prendre leur mesure, et la donner. » — Ernest Hello, Les Plateaux de la balance, préface, 1880[44]
Le titre lui-même — la balance, l'instrument qui pèse justement — résume le projet : une critique qui ne cherche ni la complaisance ni la polémique gratuite, mais l'exactitude du jugement, rendue au nom d'une justice qui dépasse les modes littéraires du moment.
Paroles de Dieu (1877) et les compilations posthumes
Paroles de Dieu, réflexions sur quelques textes sacrés paraît en 1877 ; une nouvelle édition suivra en 1899.[45] Après la mort de Hello, plusieurs volumes rassemblent ses articles dispersés dans la presse catholique : Le Siècle, les hommes et les idées paraît ainsi en 1896 chez Perrin, avec une lettre-préface d'Henri Lasserre, tandis que Le Jour du Seigneur ne sera publié qu'en 1921, plus de trente-cinq ans après sa mort.[46] Ce long travail éditorial posthume, échelonné sur près d'un demi-siècle, illustre à sa manière le paradoxe Hello : une œuvre trop dense, trop exigeante, pour être immédiatement assimilée par son siècle, mais qui n'a cessé d'être patiemment rassemblée par des lecteurs convaincus de sa valeur.
Voici, en synthèse, les principales publications d'Ernest Hello :
| Œuvre | Année | Genre | Ce qu'elle apporte |
|---|---|---|---|
| M. Renan, l'Allemagne et l'athéisme au XIXe siècle | 1859 | Essai | Réfutation du rationalisme renanien et de l'influence hégélienne |
| Le Style (théorie et histoire) | 1861 | Essai | Théorie du style comme expression de la vérité intérieure |
| Rusbrock l'Admirable | 1869 | Traduction | Introduction en France du mystique flamand Ruysbroeck |
| L'Homme | 1872 | Somme d'essais | Chef-d'œuvre : méditations sur la vie, la science et l'art |
| Le Livre des visions et instructions (Angèle de Foligno) | 1873 | Traduction | Introduction en France de la mystique italienne Angèle de Foligno |
| Physionomies de saints | 1875 | Portraits spirituels | Hagiographie littéraire centrée sur la singularité de chaque saint |
| Paroles de Dieu | 1877 | Méditation biblique | Réflexions sur des textes sacrés choisis |
| Les Plateaux de la balance | 1880 | Critique littéraire | Programme d'une critique fondée sur la justice, non la mode |
| Le Siècle, les hommes et les idées | 1896 (posthume) | Recueil d'articles | Compilation des articles de presse, préface d'Henri Lasserre |
| Le Jour du Seigneur | 1921 (posthume) | Méditation | Dernière grande compilation posthume, trente-six ans après sa mort |
La spiritualité et la pensée d'Ernest Hello
Hello n'est pas un théologien de métier ; il n'a jamais été ordonné, et son œuvre reste, au sens strict, celle d'un laïc. Mais il a laissé, à travers ses essais et ses aphorismes, quelques intuitions spirituelles d'une force rare, profondément enracinées dans la tradition mystique chrétienne qu'il a lui-même contribué à faire connaître par ses traductions.
L'étonnement comme vertu de l'intelligence
Toute la pédagogie spirituelle de Hello tient dans l'exhortation déjà citée : « Soyez étonnés, et gardez longtemps votre étonnement. »[47] Contre l'esprit de système de son siècle — qu'il s'agisse du rationalisme scientiste ou du confort bourgeois d'une religion sans exigence —, Hello défend une intelligence qui reste ouverte à l'excès du réel, capable de percevoir dans la création et dans la Révélation une profondeur qu'aucune explication complète n'épuise jamais.
Le mystère qui grandit avec la lumière
Cette même intuition se retrouve, formulée avec plus d'ampleur, dans le passage déjà cité de L'Homme sur la lumière et le mystère : chaque vérité découverte, loin de clore la question qu'elle éclaire, en révèle une plus vaste encore.[48] Cette conception s'oppose frontalement à l'idéal positiviste d'un savoir qui, accumulé indéfiniment, finirait par dissiper tout mystère : pour Hello, la connaissance authentique de Dieu et de l'homme est par nature une marche sans terme, non un problème qu'on résout une fois pour toutes.
La critique de la médiocrité
Un troisième axe traverse toute son œuvre, notamment le recueil posthume Le Siècle, les hommes et les idées : la dénonciation de la médiocrité comme péché spirituel du siècle. Une formule saisissante, tirée de ce recueil, résume cette critique :
« La médiocrité a la passion du niveau. Elle promène le même couteau sur toutes les têtes, à la même hauteur. » — Ernest Hello, Le Siècle, les hommes et les idées, Paris, Perrin, 1896, Ire partie, ch. XIII « La Folie », p. 99[49]
Cette image du couteau qui égalise toutes les têtes annonce, presque mot pour mot, la charge que Léon Bloy mènera lui-même, quelques années plus tard, contre ce qu'il appellera « la bourgeoisie » — signe supplémentaire de la filiation directe entre les deux écrivains. Pour Hello, la médiocrité n'est pas un simple défaut de goût : c'est un refus de la grandeur à laquelle Dieu appelle chaque âme, une manière de couper toute vie spirituelle à hauteur du confort commun.
La vérité comme sabbat de l'esprit
Enfin, dans Philosophie et athéisme, Hello formule sa conception de la vérité en une phrase d'une densité toute pascalienne :
« La vérité est le sabbat de l'esprit. » — Ernest Hello, Philosophie et athéisme (œuvres posthumes), Paris, Ch. Poussielgue, 1888, pp. 46-47[50]
Comme le sabbat biblique est repos en Dieu après l'œuvre de la création, la vérité, pour Hello, n'est pas seulement un objet de connaissance à conquérir par l'effort intellectuel : elle est le lieu même où l'esprit, enfin, cesse de s'agiter pour reposer dans ce qui le dépasse. Cette conception, aux antipodes du rationalisme conquérant de son siècle, fait de toute quête intellectuelle authentique une préparation à l'adoration.
Le maître oublié : Bloy, Huysmans et la postérité
Léon Bloy : dette et fidélité
La dette de Léon Bloy envers Hello a déjà été évoquée : c'est lui, avec Barbey d'Aurevilly, qui forme l'intelligence catholique du jeune Bloy dans les années qui suivent sa conversion.[51] Toute sa vie, Bloy gardera pour Hello une vénération mêlée de gratitude, et reviendra sur son œuvre à plusieurs reprises dans ses propres écrits, notamment dans son étude réunie dans Un Brelan d'excommuniés (1889)[52]. Pour la biographie complète de Léon Bloy, sa propre œuvre et sa propre postérité, voir l'article Léon Bloy (1846-1917).
Huysmans : « cet étonnant Hello »
La reconnaissance de Huysmans, déjà citée à travers Là-bas, n'est pas isolée : l'auteur de En route partage avec Hello une même vénération pour Ruysbroeck, et sa propre trajectoire de conversion, marquée par la fréquentation des grands mystiques, doit beaucoup à des lectures que Hello, le premier, avait rendues accessibles en français.[53]
La redécouverte posthume et l'oubli du XXe siècle
Après la première biographie de Joseph Serre (1894) et les rééditions de la fin du XIXe siècle, Hello connaît un début de reconnaissance. Le Mercure de France lui consacre, en décembre 1894, une trentaine de pages — signe que le monde littéraire, dix ans après sa mort, commence à prendre la mesure de ce qu'il avait longtemps ignoré.[54] Mais cette redécouverte reste fragile : au fil du XXe siècle, Hello retombe largement dans l'oubli du grand public, sauvé de la disparition complète par un petit cercle de lecteurs fidèles — souvent liés au monde de l'édition catholique — qui rééditent régulièrement ses grands textes.
Bernanos, Claudel, Michaux : une influence souterraine
L'influence de Hello dépasse le seul cercle de Bloy. Une lecture par Georges Bernanos (Journal d'un curé de campagne) ou par Paul Claudel (exégèse biblique) est parfois évoquée, sans être solidement documentée ; et jusque chez le poète Henri Michaux, qui se réclamera de Hello aux côtés de Lautréamont dans sa contribution au numéro spécial « Le Cas Lautréamont » du Disque Vert (1925)[55]. Cette dernière filiation, aussi inattendue qu'elle paraisse — un poète de l'avant-garde du XXe siècle se réclamant d'un mystique catholique oublié du XIXe —, dit bien la nature de l'empreinte laissée par Hello : moins une école qu'une manière radicale d'exiger de la littérature qu'elle affronte le mystère plutôt que de le contourner.
Pourquoi Hello reste actuel
Plus d'un siècle après sa mort, Ernest Hello continue de poser à ses lecteurs une question qui n'a rien perdu de son actualité : celle du prix à payer pour refuser la médiocrité spirituelle d'une époque. Sa vie même — le barreau refusé par conscience, le journal perdu par intransigeance, la pauvreté acceptée jusqu'à la fin — illustre, à sa manière âpre, la conviction qui traverse toute son œuvre : la vérité ne se négocie pas contre le confort. Cette radicalité, qui explique en grande partie son insuccès de son vivant, est aussi ce qui continue d'attirer vers lui, génération après génération, un petit nombre de lecteurs exigeants — les mêmes, au fond, que ceux dont Barbey d'Aurevilly, Huysmans et Bloy avaient été les premiers représentants.
Pour aller plus loin
- Léon Bloy, son disciple et second fils spirituel, qui lui doit une part décisive de sa propre conversion — Léon Bloy (1846-1917).
- Jacques et Raïssa Maritain, filleuls de Bloy et donc héritiers indirects de l'influence de Hello — Jacques Maritain, Raïssa Maritain.
- Charles Péguy et Paul Claudel, autres figures du « renouveau catholique » littéraire du tournant du XXe siècle — Charles Péguy, Paul Claudel.
- Georges Bernanos, dont la lecture de Hello est parfois évoquée, hypothèse non solidement documentée — Georges Bernanos.
Notes et références
The Catholic Encyclopedia (1913), article « Ernest Hello » : naissance à Lorient le 4 novembre 1828, mort à Kéroman le 14 juillet 1885, père conseiller à la Cour de cassation, santé fragile dès l'enfance, études à Rennes et à Louis-le-Grand, refus du barreau, influence de Lacordaire et Gratry, théologie à Saint-Sulpice sous l'abbé Baudry, mariage avec Zoë Berthier en 1857, Physionomies de saints traduit en anglais sous le titre Studies in Saintship (Londres, 1903), vénération commune avec Huysmans pour Ruysbroeck. URL : https://www.newadvent.org/cathen/16044b.htm
1 20 22 25 26 34 42 43 53Joris-Karl Huysmans, Là-bas, chapitre I, 1891 : « Le véritable psychologue du siècle, se disait Durtal, ce n'est pas leur Stendhal, mais bien cet étonnant Hello dont l'inexpugnable insuccès tient du prodige ! ». Texte intégral sur Wikisource. URL : https://fr.wikisource.org/wiki/L%C3%A0-bas/Chapitre_I
2 6 7 12Stanislas Fumet, « La philosophie d'Ernest Hello », étude en ligne : « Quelques-uns de ses Contes, dont Barbey d'Aurevilly entreprit l'éloge partiel... » ; l'étude reproduit aussi la formule de Paroles de Dieu sur l'étonnement. URL : https://www.biblisem.net/etudes/fumetpeh.htm
3 11RetroNews (BnF), « Ernest Hello, un écrivain mystique perdu en plein XIXe siècle », Écho de presse, 15 octobre 2019 : mort le 14 juillet 1885 à Kéroman, refus de l'aide matérielle du journaliste Félix Platel, biographie de Joseph Serre publiée en 1894, article de trente pages du Mercure de France en décembre 1894. URL : https://www.retronews.fr/arts/echo-de-presse/2019/10/15/ernest-hello
4 13 15 32 35Ernest Hello, L'Homme, Paris, Victor Palmé, 1872 (édition originale). Rééditions ultérieures chez Perrin sous le sous-titre La Vie — La Science — L'Art.
5 38Raïssa Maritain, Les grandes amitiés, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Livre de Vie », 1966, p. 182 : la conversion de Léon Bloy doit beaucoup à Ernest Hello. Référence reprise de la notice « Ernest Hello » de Wikipédia francophone (consultée en 2026), qui la cite à l'appui de cette affirmation. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Hello
8 17 51Éric Walbecq, préface à Ernest Hello, L'Homme, Monaco, Litos, 2023, p. 7 (exergue citant Henri Michaux, dans sa contribution au numéro spécial « Le Cas Lautréamont », Le Disque Vert, Paris-Bruxelles, René van den Berg, 1925) : Michaux y associe Hello à Lautréamont parmi ses auteurs de prédilection. Référence signalée par la notice « Ernest Hello » de Wikipédia francophone (consultée en 2026). URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Hello
9 55RetroNews (BnF), « Ernest Hello, un écrivain mystique perdu en plein XIXe siècle », Écho de presse, 15 octobre 2019 : rapporte — sans indiquer ni l'œuvre ni la page — que Barbey d'Aurevilly disait de Hello qu'il était « d'une hauteur de mysticisme qui épouvante d'admiration ». Faute de locus primaire identifié, la formule est ici paraphrasée, non citée entre guillemets. URL : https://www.retronews.fr/arts/echo-de-presse/2019/10/15/ernest-hello
10Joseph Serre, Ernest Hello : l'homme, le penseur, l'écrivain, Paris, Perrin, 1894 (première biographie complète). URL : https://archive.org/details/ernesthellolhom00serr
14Wikipédia anglophone, article « Léon Bloy », consulté en 2026 : rencontre avec Barbey d'Aurevilly en décembre 1868, puis « shortly afterwards, he underwent a dramatic religious conversion » (rencontre distinguée de la conversion, datée d'après). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Bloy
16Léon Bloy, Un Brelan d'excommuniés, Paris, A. Savine, 1889, p. 82 (étude sur Ernest Hello, section IV) : « Je ne vois guère d'analogue à cet écrivain désorbité que le solitaire Pascal. » Passage vérifié sur l'édition originale numérisée. URL : https://archive.org/details/unbrelandexcommu00bloyuoft
18 52Ernest Hello, Paroles de Dieu, réflexions sur quelques textes sacrés, première édition 1877 (rééd. 1899 ; Paris, Perrin, 1923, p. 26) : méditation sur Joseph et ses frères (Gn 37), dans la partie « Ancien Testament » : « Soyez étonnés, et gardez longtemps votre étonnement. » Passage vérifié sur le texte intégral de l'édition Perrin 1923. URL : https://archive.org/details/parolesdedieurfl0000hell
19 45 47RetroNews (BnF), « Ernest Hello, un écrivain mystique perdu en plein XIXe siècle », Écho de presse, 15 octobre 2019 : père décrit comme avocat fortuné et anticlérical libéral. URL : https://www.retronews.fr/arts/echo-de-presse/2019/10/15/ernest-hello
21L'Homme Nouveau, « Ernest Hello, ce grand méconnu » : formation à Sainte-Barbe et Louis-le-Grand, influence de Lacordaire et Gratry, fondation du Croisé avec Georges Seigneur (1859-1862), mariage avec Zoé Berthier en 1857, publication de L'Homme en 1872. URL : https://hommenouveau.fr/ernest-hello-ce-grand-meconnu/
23RetroNews (BnF), « Ernest Hello, un écrivain mystique perdu en plein XIXe siècle », Écho de presse, 15 octobre 2019 : Hello reçu au barreau puis refusant la profession d'avocat après avoir constaté que ses confrères votaient pour défendre des causes injustes. URL : https://www.retronews.fr/arts/echo-de-presse/2019/10/15/ernest-hello
24Wikipédia francophone, article « Ernest Hello » : mariage avec Zoé Berthier le 12 novembre 1857, épouse écrivain sous le pseudonyme « Jean Lander », devenue sa principale collaboratrice, installation au manoir de Kéroman près de Lorient. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Hello
27Patrimoine de Lorient (ville de Lorient), notice « Ernest Hello » : vie au manoir de Kéroman, cabinet de travail aménagé dans une tour ronde attenante à un pavillon, publications s'étalant de 1859 à 1923 (éditions posthumes comprises). URL : https://patrimoine.lorient.bzh/histoire/personnalites/h/ernest-hello/
28« Le Croisé », journal quotidien catholique, rédacteur en chef Georges Seigneur, exemplaire du 14 janvier 1860 conservé à la Bibliothèque nationale de France. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6448798w
29RetroNews (BnF), « Ernest Hello, un écrivain mystique perdu en plein XIXe siècle », Écho de presse, 15 octobre 2019 : rupture avec Georges Seigneur, accusé de dérives ésotériques, fin du journal Le Croisé après deux à trois années d'existence. URL : https://www.retronews.fr/arts/echo-de-presse/2019/10/15/ernest-hello
30RetroNews (BnF), « Ernest Hello, un écrivain mystique perdu en plein XIXe siècle », Écho de presse, 15 octobre 2019 : recrutement par Louis Veuillot pour le journal L'Univers (1867-1871), articles polémiques sur Voltaire, Shakespeare, George Sand et Victor Hugo. URL : https://www.retronews.fr/arts/echo-de-presse/2019/10/15/ernest-hello
31Jacques Vier, « Un grand écrivain breton trop oublié : Ernest Hello, ou la réconciliation de la mystique et de l'art », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, tome 69, n° 2, 1962, p. 245-256 : Hello décrit comme un « journaliste mystique et prophétique », inhumé au cimetière de sa ville natale de Lorient, rapprochement avec Pascal par « l'aptitude à renouveler les problèmes », hostilité au jansénisme, définition de l'art comme « la splendeur du Vrai ». URL : https://doi.org/10.3406/abpo.1962.2159
33Ernest Hello, M. Renan, l'Allemagne et l'athéisme au XIXe siècle, Paris, C. Douniol, 1859 (édition originale conservée à la Bibliothèque nationale de France / Gallica). URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5371162p.texteImage
36Wikipédia anglophone, article « Ernest Hello » : liste des œuvres et dates de première publication, dont M. Renan, l'Allemagne et l'athéisme au XIXe siècle. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Ernest_Hello
37Ernest Hello, L'Homme, Paris, Victor Palmé, 1872 (édition originale), livre deuxième (La Science), section « Du mystère », p. 88 (le passage ouvre la p. 88 ; la section commence p. 87 d'après la table des matières). Texte verbatim vérifié sur l'exemplaire numérisé (bibliothèque d'Harvard via Google). URL : https://archive.org/details/lhommeprcddunei01hellgoog
39AbeBooks / notices de libraires spécialisés, notices bibliographiques comparant les éditions de L'Homme : l'édition originale de 1872 (Victor Palmé) et les éditions posthumes chez Perrin, sous le sous-titre ajouté La Vie — La Science — L'Art, expurgées de passages jugés choquants pour le public catholique de l'époque, sans mention de ces coupes ; rééditions modernes restituant le texte intégral de l'édition de 1872. URL : https://www.abebooks.fr/rechercher-livre/titre/l%27homme-la-vie-la-science-l%27art/auteur/ernest-hello/
40Wikipédia francophone, article « Ernest Hello » : traductions de Jan van Ruysbroeck (Rusbrock l'Admirable, 1869) et d'Angèle de Foligno (Le Livre des visions et instructions, 1873), introduction des mystiques rhénans en France. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Hello
41Ernest Hello, Les Plateaux de la balance, préface, 1880 : « J'ai eu faim et soif de la Justice, j'ai voulu la faire, j'ai voulu la penser ; j'ai voulu la parler. J'ai voulu mettre à leur place les hommes et les choses, j'ai voulu prendre leur mesure, et la donner. » Texte intégral sur Wikisource. URL : https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Plateaux_de_la_balance/Pr%C3%A9face_d%E2%80%99Ernest_Hello
44Ernest Hello, Le Siècle, les hommes et les idées, Paris, Perrin, 1896 (édition posthume), lettre-préface d'Henri Lasserre ; Le Jour du Seigneur, édition posthume de 1921. Notices bibliographiques croisées Gallica/BnF et catalogues de libraires spécialisés (Chiré, La Procure). URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65316m
46Michaël Fortier, « Ernest Hello : le génie inconnu », Le Verbe : citations d'Ernest Hello reproduites — sur le mystère et la lumière (L'Homme), sur la médiocrité (Le Siècle, les hommes et les idées), sur le doute et l'orgueil, sur la réputation et la gloire. Citations croisées avec Stanislas Fumet, « La philosophie d'Ernest Hello », qui reproduit également « Soyez étonnés, et gardez longtemps votre étonnement » (Paroles de Dieu), « La médiocrité est la passion du niveau. Elle promène le même couteau sur toutes les têtes, à la même hauteur » (Le Siècle, les hommes et les idées) et « La vérité est le sabbat de l'esprit » (Philosophie et athéisme). URL : https://leverbe.com/articles/portrait/ernest-hello-le-genie-inconnu et https://www.biblisem.net/etudes/fumetpeh.htm
48Ernest Hello, Le Siècle, les hommes et les idées, Paris, Perrin, 1896 (édition posthume), première partie, chapitre XIII « La Folie », p. 99 : « La médiocrité a la passion du niveau. Elle promène le même couteau sur toutes les têtes, à la même hauteur. » (avec « a », non « est »). Page vérifiée sur l'exemplaire Gallica (BnF, 8-Z-14210). URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65316m
49Ernest Hello, Philosophie et athéisme (œuvres posthumes), Paris, Ch. Poussielgue, 1888, pp. 46-47 (la phrase est à cheval sur les deux pages : « ...La vérité est le sabbat / de l'esprit. Et si de sa connaissance l'homme s'élève à sa méditation... »). Passage vérifié sur l'exemplaire numérisé. URL : https://archive.org/details/PhilosophieEtAthisme
50RetroNews (BnF), « Ernest Hello, un écrivain mystique perdu en plein XIXe siècle », Écho de presse, 15 octobre 2019 : biographie de Joseph Serre publiée en 1894 (même année que la réédition de L'Homme), article de trente pages consacré à Hello par le Mercure de France en décembre 1894. URL : https://www.retronews.fr/arts/echo-de-presse/2019/10/15/ernest-hello
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