Othmân ibn Affân (v. 576-656)

Othmân ibn Affân (v. 576-656), gendre de Mahomet et troisième calife de l'islam, fait établir la recension officielle du Coran avant d'être assassiné à Médine lors d'un siège qui ouvre la première grande discorde musulmane.

Ignispedia

Othmân ibn Affân (en arabe 'Uthmân ibn 'Affân, vers 576-656) est le troisième calife de l'islam, gouvernant la communauté musulmane de 644 à 656. Riche marchand qraychite du clan omeyyade, il figure parmi les tout premiers convertis à l'islam et devient le gendre de Mahomet en épousant successivement deux de ses filles, ce qui lui vaut le surnom de « Dhû'n-Nûrayn » — le possesseur des deux lumières.[1] Élu calife après l'assassinat d'Omar ibn al-Khattâb en 644, il préside sur plus d'une décennie d'expansion territoriale — de Chypre à l'Ifriqiya, de l'Arménie aux confins de la Perse — mais son règne se solde par une contestation croissante, un siège de sa propre maison à Médine et, finalement, son assassinat en 656, événement qui ouvre la première grande discorde (al-fitna al-kubrâ) de l'histoire musulmane.[2]

Sa contribution la plus durable reste néanmoins d'ordre religieux et non politique : c'est sous son autorité qu'un comité dirigé par Zayd ibn Thâbit établit, vers 650, la recension officielle du Coran qui deviendra le texte de référence unique de l'islam sunnite comme chiite jusqu'à aujourd'hui — au prix de la suppression des corpus concurrents détenus par d'autres compagnons, notamment Ibn Mas'ûd.[3] Cette décision, saluée par la tradition sunnite comme un acte de préservation providentielle, demeure un sujet d'étude pour les islamologues contemporains, qui interrogent notamment la cohérence entre cette version officielle et les rares manuscrits antérieurs retrouvés au XXᵉ siècle, comme le palimpseste de Sanaa.[4]

Sa fin tragique — assassiné dans sa propre maison alors qu'il lisait le Coran — a fait de lui une figure de martyre pour la tradition sunnite, qui le compte parmi les quatre califes « bien guidés » (al-khulafâ' al-râshidûn), tandis que la tradition chiite retient surtout de son règne le favoritisme envers le clan omeyyade et la répression de compagnons proches d'Ali ibn Abi Talib, comme Ammâr ibn Yâsir et Ibn Mas'ûd.[5] Cette divergence d'appréciation, déjà perceptible du vivant même d'Othmân, structure une bonne partie de la mémoire islamique de son califat.

Cet article retrace la vie d'Othmân telle que la rapporte la tradition biographique musulmane classique — notamment al-Tabari — croisée avec les travaux des islamologues académiques contemporains. Il ne reprend pas ici la discussion d'ensemble sur le Coran, la biographie de Mahomet ou la doctrine islamique, développées dans l'article consacré à Mahomet et dans Que dit l'Église sur l'islam ? ; il renvoie à Aïcha bint Abi Bakr pour le récit détaillé de la bataille du Chameau, qui suit de peu l'assassinat d'Othmân.

En quelques dates

  1. Vers 576
    Naissance à La Mecque

    Othmân naît dans le clan omeyyade des Banû Abî al-'Âs, branche de la tribu qraychite, au sein d'une famille de marchands prospères.[6]

  2. Vers 611-613
    Conversion à l'islam

    Après un voyage commercial en Syrie, Othmân se convertit à l'islam à l'instigation d'Abu Bakr, devenant l'un des tout premiers musulmans.[7]

  3. 615
    Exil en Abyssinie

    Othmân et son épouse Ruqayya bint Muhammad émigrent vers le royaume chrétien d'Aksoum pour échapper à la persécution mecquoise.[8]

  4. 622
    Hégire à Médine

    Othmân rejoint la communauté musulmane naissante à Médine avec les premiers émigrés.[9]

  5. 624
    Mort de Ruqayya et bataille de Badr

    Resté à Médine pour soigner Ruqayya mourante, Othmân ne participe pas à Badr ; Mahomet lui attribue néanmoins une part du butin.[10]

  6. 630
    Expédition de Tabûk

    Othmân finance une part considérable de l'expédition, geste de générosité resté proverbial dans la tradition musulmane.[11]

  7. 644
    Élection au califat

    Après l'assassinat d'Omar, le conseil des six désigne Othmân comme troisième calife sur avis d'Abd al-Rahmân ibn Awf.[12]

  8. Vers 650
    Recension officielle du Coran

    Un comité dirigé par Zayd ibn Thâbit fixe le texte coranique en dialecte qraychite ; les autres corpus sont retirés de la circulation.[13]

  9. 655
    Bataille des Mâts

    La flotte musulmane, créée sous l'autorité de Muâwiya, défait la marine byzantine près des côtes de Lycie.[14]

  10. 656
    Siège et assassinat

    Des insurgés venus d'Égypte assiègent la maison d'Othmân à Médine et le tuent le 17 juin, alors qu'il lit le Coran.[15]

Des marchands de la Mecque à l'islam naissant

Une naissance dans le clan omeyyade des Banû Abî al-'Âs

Othmân naît à La Mecque, selon la majorité des chroniqueurs, vers 576 — certaines sources plus tardives avancent 573 — dans le clan des Banû Abî al-'Âs, une branche de la puissante tribu qraychite des Banû Umayya.[16] Son père, Affân ibn Abî al-'Âs, meurt alors qu'Othmân est encore jeune, lui laissant un héritage substantiel qu'il investit dans le commerce, devenant rapidement l'un des hommes les plus riches de la Mecque.[17] Sa mère, Arwâ bint Kurayz, est la cousine germaine de Mahomet par leur ascendance commune, ce qui place Othmân, dès sa naissance, dans l'orbite immédiate du futur prophète de l'islam.[18]

Cette proximité familiale se double d'une réputation personnelle : les biographes le décrivent comme un homme raffiné, élégamment vêtu, réputé pour sa pudeur (hayâ') exceptionnelle — un trait de caractère qui reviendra constamment dans les récits ultérieurs le concernant.[19] Un hadith rapporté par Aïcha dans le recueil de Muslim illustre ce trait avec précision :

« Le Prophète était couché sur son lit, la cuisse ou le mollet découvert, lorsque Abu Bakr demanda à entrer ; il le lui permit et continua de converser dans cette position. Puis Omar demanda à entrer ; il le lui permit de même et continua de converser ainsi. Puis Othmân demanda à entrer ; le Prophète se redressa alors et rajusta ses vêtements. » — Interrogé par Aïcha sur cette différence de comportement, Mahomet répondit : « Ne devrais-je pas avoir de la retenue devant un homme devant lequel les anges eux-mêmes ont de la retenue ? »[20]

La conversion précoce et le mariage avec une fille du Prophète

Selon la tradition biographique, Othmân se convertit à l'islam vers 611-613, peu après le début de la prédication de Mahomet, à la suite d'une conversation avec Abu Bakr, dont il restera proche toute sa vie.[21] Il compte ainsi parmi les tout premiers musulmans, aux côtés d'Ali ibn Abi Talib, de Zayd ibn Hâritha et d'Abu Bakr lui-même — un statut de « précurseur » (sâbiq) que la tradition sunnite valorise particulièrement.[22]

Infographie originale — les quatre lieux structurants de la vie d'Othmân ibn Affân. Créée par IA.

Mahomet lui donne en mariage sa fille Ruqayya, née de son union avec Khadija. Après la mort de Ruqayya pendant la bataille de Badr en 624, Mahomet lui accorde une seconde de ses filles, Umm Kulthum, en mariage.[23] Cette double union — unique parmi les compagnons de Mahomet — lui vaut le surnom resté célèbre de « Dhû'n-Nûrayn », « le possesseur des deux lumières ».[24] Umm Kulthum meurt à son tour vers 630, sans que le couple n'ait eu d'enfant survivant ; Othmân se remarie ensuite plusieurs fois, notamment avec Fâkhita bint Ghazwân, Umm al-Banîn Mulayka bint Uyayna, Fâtima bint al-Walîd et Nâ'ila bint al-Furâfisa, cette dernière étant à ses côtés au moment de son assassinat.[25]

« Dhû'n-Nûrayn », le possesseur des deux lumières

L'exil en Abyssinie

Face à la persécution croissante des Qraychites contre les premiers musulmans, Othmân et Ruqayya font partie, en avril 615, du petit groupe d'une douzaine de fidèles qui émigrent vers le royaume chrétien d'Aksoum (l'actuelle Éthiopie), sous la protection du roi Négus.[26] Cette première Hégire, antérieure de sept ans à celle de Médine, reste peu documentée dans le détail, mais la tradition retient qu'Othmân et son épouse y demeurent environ quatre années avant de rentrer à La Mecque, sur la foi de rumeurs — finalement infondées — annonçant la conversion des Qraychites à l'islam.[27]

Ruqayya, Uhud et le pardon coranique

Othmân et Ruqayya comptent, en 622, parmi le troisième groupe de musulmans à effectuer l'Hégire vers Médine.[28] Deux ans plus tard, lors de la bataille de Badr, Mahomet demande à Othmân de rester à Médine pour veiller sur Ruqayya, alors mourante ; il lui attribue néanmoins une part du butin de guerre, comme s'il avait combattu.[29] Ruqayya meurt durant cette période, et Othmân se retrouve, un temps, sans lien conjugal direct avec la famille du Prophète — jusqu'au remariage avec Umm Kulthum.

Lors de la bataille de Uhud (625), Othmân fait partie des combattants musulmans qui reculent devant la contre-attaque mecquoise — un épisode de flottement que la tradition rapporte avoir été pardonné par une révélation coranique ultérieure, ce qui n'empêche pas certains adversaires politiques ultérieurs de le lui reprocher.[30]

Le compagnon le plus riche au service de la communauté

Le puits de Ruma

Parmi les épisodes les plus rapportés de sa vie avant le califat figure l'acquisition du puits de Ruma, près de Médine. À une époque où l'eau potable de la ville dépendait largement de ce puits, dont le propriétaire faisait payer un prix jugé exorbitant, Mahomet aurait promis le Paradis à quiconque l'achèterait pour le bien de la communauté.[31] Selon le récit transmis par al-Tirmidhî, le propriétaire refusa de vendre le puits en totalité ; Othmân négocia alors l'achat de la moitié des parts, avec un droit d'usage en alternance, avant de rendre l'ensemble du puits waqf — une donation pieuse perpétuelle — permettant à tous, y compris les plus pauvres, d'y puiser librement.[32] Cette fondation figure aujourd'hui parmi les plus anciens waqfs continus de l'histoire islamique, une partie de ses revenus fonciers actuels étant, selon les administrations saoudiennes du waqf, toujours reversée à des œuvres caritatives.[33]

L'expédition de Tabûk et la générosité proverbiale

En 630, lors de la préparation de l'expédition de Tabûk contre l'Empire byzantin, Othmân se distingue par une contribution financière considérable : selon Ibn Ishâq, il équipe à lui seul près d'un tiers de l'armée et fait don de mille dinars d'or à la cause, un montant resté sans équivalent parmi les dons individuels des compagnons.[34] Cette générosité, combinée à l'affaire du puits de Ruma, façonne durablement l'image d'Othmân comme le compagnon le plus riche mettant sa fortune personnelle au service de la jeune communauté musulmane — image qui contrastera fortement, plus tard, avec les accusations d'accumulation de richesses portées contre son califat.

Fragments du manuscrit coranique de Birmingham, datés au radiocarbone entre 568 et 645. Wikimedia Commons, domaine public.

Sous le califat d'Abu Bakr (632-634), auquel il doit sa propre conversion, Othmân entretient une relation de grande proximité : sur son lit de mort, Abu Bakr lui dicte son testament, désignant Omar ibn al-Khattâb comme successeur.[35] Durant le califat d'Omar (634-644), Othmân occupe une position de conseiller respecté sans exercer lui-même de charge de gouverneur, ce qui en fait, à la mort d'Omar, l'un des rares compagnons de premier plan sans inimitié provinciale accumulée.

L'élection au califat (644)

Le conseil des six institué par Omar

Mortellement blessé par l'esclave persan Abu Lu'lu'a en novembre 644, Omar refuse de désigner directement son successeur et institue, avant de mourir, un conseil de six électeurs (shûrâ) chargé de choisir le futur calife parmi eux-mêmes : Ali ibn Abi Talib, Othmân ibn Affân, Abd al-Rahmân ibn Awf, Sa'd ibn Abî Waqqâs, al-Zubayr ibn al-Awwâm et Talha ibn Ubayd Allah.[36] Selon l'historien Wilferd Madelung, Omar redoutait tout particulièrement une scission de la jeune communauté entre les deux candidats les plus en vue, Ali et Othmân, et aurait averti chacun des deux, ainsi que Ibn Awf, de ne pas favoriser leurs propres parentèles s'ils venaient à être élus.[37]

Membre du conseilClan qraychiteRôle dans le processus
Ali ibn Abi TalibBanû HâshimCandidat ; refuse de s'engager au-delà du Coran et de la Sunna
Othmân ibn AffânBanû UmayyaCandidat élu ; accepte de suivre l'exemple d'Abu Bakr et Omar
Abd al-Rahmân ibn AwfBanû ZuhraSe retire de la candidature ; devient l'arbitre du choix final
Sa'd ibn Abî WaqqâsBanû ZuhraÉlecteur ; cousin d'Ibn Awf
Al-Zubayr ibn al-AwwâmBanû AsadÉlecteur ; se range en faveur d'Othmân
Talha ibn Ubayd AllahBanû TaymÉlecteur, absent lors de la décision finale à Médine

Le choix d'Abd al-Rahmân ibn Awf

Abd al-Rahmân ibn Awf, qui se retire lui-même de la course, est chargé de consulter la communauté et de trancher entre les deux principaux candidats. Selon le récit transmis par les sources sunnites classiques, il interroge séparément Ali et Othmân sur leur engagement à gouverner selon le Livre de Dieu, la pratique du Prophète et l'exemple de ses deux prédécesseurs :

« Abd al-Rahmân demanda à Ali : "Si nous te prêtons allégeance, seras-tu disposé à suivre le Livre de Dieu, la Sunna du Messager de Dieu et à te conduire à la manière des deux califes précédents ?" Ali répondit : "Je ne suivrai que le Livre de Dieu et la Sunna du Messager de Dieu." » — Interrogé dans les mêmes termes, Othmân répondit positivement et accepta toutes les conditions posées.[38]

Infographie originale — la shûrâ de 644 et le rôle d'Abd al-Rahmân ibn Awf dans le choix d'Othmân. Créée par IA.

Ibn Awf annonce publiquement son choix à la mosquée de Médine : Othmân devient calife le 6 novembre 644.[39] Les Ansâr, compagnons médinois qui avaient accueilli Mahomet lors de l'Hégire, ne disposent d'aucun représentant dans ce conseil restreint composé exclusivement de Qraychites mecquois — une absence que plusieurs historiens modernes relèvent comme un facteur structurel de la fragilité politique du système électif.[40]

Un califat de consolidation et de conquêtes (644-656)

L'administration : fiefs, gouverneurs et accusations de népotisme

Le califat d'Othmân, qui dure onze années et huit mois, voit la centralisation de l'administration impériale et le remplacement progressif de l'ancienne solidarité tribale par une autorité califale plus directe.[41] Othmân établit un système de fiefs fonciers et lève des restrictions antérieures sur l'achat de terres agricoles, tout en augmentant d'environ 25 % l'allocation publique versée aux musulmans.[42]

C'est dans la distribution des gouvernorats provinciaux que se concentrent les critiques les plus vives. Othmân confirme ou nomme plusieurs de ses proches parents à des postes clés : son demi-frère par alliance Muâwiya ibn Abî Sufyân conserve le gouvernorat de Syrie déjà attribué par Omar ; son cousin Abd Allah ibn Sa'd ibn Abî Sarh devient gouverneur d'Égypte ; al-Walîd ibn 'Uqba, son frère utérin, puis Sa'îd ibn al-'Âs se succèdent à Kufa ; Abd Allah ibn Âmir, cousin également, gouverne Bassora.[43] L'historien Bernard Lewis résume cette tendance en observant que, l'un après l'autre, les hautes charges de l'empire échurent à des membres de ces mêmes familles omeyyades.[44] Pour ses défenseurs, cette politique répond avant tout à un besoin de loyauté et de compétence administrative éprouvée ; pour ses détracteurs, elle privilégie ouvertement le clan des Banû Umayya au détriment des autres branches qraychites et des premiers musulmans médinois.

Nouvelles conquêtes : Chypre, l'Arménie, l'Ifriqiya

Le règne d'Othmân prolonge l'expansion territoriale entamée sous ses prédécesseurs. En 647, il envoie Abd Allah ibn Sa'd et Abd Allah ibn al-Zubayr reconquérir le Maghreb face à l'exarque byzantin Grégoire, qui trouve la mort à la bataille de Sufetula ; la déroute qui s'ensuit désorganise durablement la défense byzantine en Afrique du Nord.[45] Plus à l'est, le général al-Ahnaf ibn Qays repousse les forces sassanides de Yazdgard III le long de l'Oxus et remporte le siège d'Hérat contre une coalition de loyalistes perses et de Hephthalites, étendant l'autorité musulmane jusqu'au Khorassan et à la Transoxiane.[46] Selon certaines chroniques, des officiers d'Abd Allah ibn Sa'd auraient également mené des raids maritimes sur les côtes de la péninsule Ibérique, bien que l'ampleur réelle de cette incursion reste discutée par les historiens modernes.[47]

La bataille des Mâts et la première marine musulmane (655)

Infographie originale — principaux fronts d'expansion du califat d'Othmân : Chypre, Arménie, Ifriqiya, Khorassan et Méditerranée orientale. Créée par IA.

L'innovation militaire majeure du califat d'Othmân est la création d'une marine de guerre musulmane. En 649, il autorise Muâwiya ibn Abî Sufyân à constituer une flotte en Syrie, armée par des marins chrétiens monophysites, coptes et jacobites syriens aux côtés de troupes musulmanes.[48] Cette flotte, encore en rodage, permet d'abord la conquête de Chypre, avant de remporter en 655 la bataille des Mâts (Dhât al-Sawârî) contre la marine byzantine près des côtes de Lycie — une victoire navale qui ouvre durablement la Méditerranée orientale aux flottes musulmanes.[49]

L'œuvre majeure : la recension officielle du Coran

Pourquoi une édition unique devenait nécessaire

Le legs le plus durable d'Othmân concerne moins la politique que la transmission du texte sacré de l'islam. Du vivant de Mahomet, le Coran avait été mémorisé et consigné sur des supports disparates — feuilles de palmier, os plats, pierres — sans qu'une édition unique n'en soit établie ; une première compilation partielle avait été rassemblée sous le califat d'Abu Bakr, à l'initiative de Zayd ibn Thâbit, et confiée à la garde de Hafsa bint Umar, fille d'Omar et veuve du Prophète.[50] Lors d'une campagne militaire en Arménie et en Azerbaïdjan vers 650, le général Hudhayfa ibn al-Yamân constate avec inquiétude que les combattants syriens et irakiens récitent le Coran selon des variantes divergentes, et alerte Othmân sur le risque d'une fracture religieuse comparable à celle qu'il attribue aux juifs et aux chrétiens sur leurs propres Écritures.[51]

La méthode du comité de Zayd ibn Thâbit

Othmân réunit alors un comité de quatre lettrés qraychites — Zayd ibn Thâbit, Abd Allah ibn al-Zubayr, Sa'îd ibn al-'Âs et Abd al-Rahmân ibn al-Hârith ibn Hishâm — et leur ordonne de recopier fidèlement le corpus détenu par Hafsa. Le hadith rapporté par al-Bukhârî rapporte l'instruction précise donnée par le calife :

« Si vous et Zayd ibn Thâbit êtes en désaccord sur un point du Coran, écrivez-le dans le dialecte des Qraychites, car c'est dans leur langue qu'il a été révélé. » — Othmân ibn Affân, cité dans Sahih al-Bukhârî, Livre des mérites du Coran, hadith 4987[52]

Le texte ainsi fixé, dans le dialecte qraychite, est ensuite recopié en plusieurs exemplaires — six selon la tradition la plus répandue — et envoyé vers les grands centres de l'empire : Médine, Damas, Kufa, Bassora, et, selon des versions divergentes, La Mecque, le Yémen ou Bahreïn, chaque exemplaire étant accompagné de récitateurs formés pour en transmettre la lecture orale exacte.[53]

La résistance d'Ibn Mas'ûd et la destruction des autres corpus

Cette standardisation ne se fait pas sans résistance. Abd Allah ibn Mas'ûd, compagnon de la première heure et détenteur d'un corpus personnel largement utilisé en Irak, s'oppose à son exclusion du comité de révision, rappelant qu'il avait appris de nombreuses sourates directement de la bouche du Prophète avant même la conversion de Zayd ibn Thâbit.[54] Lorsque l'ordre est donné de livrer tous les exemplaires personnels pour destruction, Ibn Mas'ûd exhorte ses partisans à résister :

« Quiconque parmi vous peut cacher un exemplaire, qu'il le cache. » — Abd Allah ibn Mas'ûd, cité par Ibn Abî Dâwûd, Kitâb al-Masâhif[55]

Le corpus d'Ubayy ibn Ka'b, utilisé en Syrie, connaît le même sort. La tradition rapporte cependant qu'Ali ibn Abi Talib, lui-même futur calife, défend rétrospectivement la décision d'Othmân face à ceux qui l'accusaient d'avoir « brûlé le Coran » :

« Gardez-vous d'exagérer à propos d'Othmân ; que dites-vous : il a brûlé le Coran ? Par Dieu, il ne l'a fait qu'avec l'accord d'un groupe de compagnons de Muhammad. Si j'avais été désigné comme il l'a été, j'aurais fait comme lui. » — Ali ibn Abi Talib, rapporté par Suwayd ibn Ghaflah, cité dans Ibn Abî Dâwûd, Kitâb al-Masâhif[56]

Ce que disent les manuscrits anciens : palimpseste de Sanaa et manuscrit de Birmingham

Infographie originale — de l'exemplaire conservé par Hafsa au comité de Zayd ibn Thâbit, puis aux codex officiels envoyés dans l'empire. Créée par IA.

Deux découvertes documentaires majeures du XXᵉ et du XXIᵉ siècle permettent aux islamologues académiques de mesurer, indépendamment de la tradition musulmane elle-même, la portée de la recension othmanienne. Le palimpseste de Sanaa, retrouvé en 1972 lors de travaux de restauration à la Grande Mosquée de Sanaa au Yémen, comporte un texte inférieur effacé mais partiellement lisible, dont l'analyse au radiocarbone situe le parchemin avant 671 avec une probabilité de 99 %.[57] Les islamologues Behnam Sadeghi (Stanford) et Mohsen Goudarzi (Harvard) le décrivent comme le document le plus important pour l'histoire du texte coranique en dehors de la tradition othmanienne standard, ce texte inférieur comportant un nombre de variantes tel que certains y ont vu le vestige d'une tradition antérieure ayant échappé à la destruction ordonnée par Othmân.[58] Le manuscrit de Birmingham, daté par la même méthode entre 568 et 645, confirme quant à lui l'ancienneté matérielle de fragments coraniques largement conformes au texte othmanien reçu.[59]

Infographie originale — comparaison pédagogique entre Sanaa, Birmingham et la tradition othmanienne standard ; les manuscrits représentés sont des compositions graphiques, non des fac-similés. Créée par IA.

L'historien français Alfred-Louis de Prémare, spécialiste des origines de l'islam, nuance cependant le récit traditionnel d'une fixation immédiate et définitive sous Othmân : il montre, à partir des propres historiographes musulmans des premiers siècles, que la rédaction du texte coranique connaît une histoire plus complexe qu'un simple acte unique de 650, un corpus véritablement figé et commun à l'ensemble des musulmans n'apparaissant, selon lui, qu'au Xᵉ siècle, avec la limitation officielle des lectures admises à sept, puis dix, systèmes de récitation.[60] Cette lecture historico-critique reste débattue : elle repose sur l'examen des variantes de lecture (qirâ'ât) et des désaccords internes rapportés par la tradition elle-même plutôt que sur une hypothèse de falsification délibérée, et elle n'affecte pas le constat, partagé par la quasi-totalité des islamologues, que le cœur consonantique du texte othmanien est attesté de manière remarquablement stable dès le VIIᵉ siècle.[61]

La contestation grandissante (650-656)

Abû Dharr al-Ghifârî et le procès de la richesse

Vers 647, Othmân distribue une part considérable du butin rapporté d'Ifriqiya à des proches — 500 000 dirhams à Marwân ibn al-Hakam, 300 000 à al-Hârith ibn al-Hakam, 100 000 au médinois Zayd ibn Thâbit — provoquant l'indignation du compagnon Abû Dharr al-Ghifârî, ascète réputé pour sa piété rigoriste.[62] Abû Dharr invoque publiquement le verset coranique sur l'accumulation de richesses :

« Ô vous qui croyez ! Beaucoup de rabbins et de moines dévorent les biens des gens sans droit et détournent du chemin de Dieu. […] Quant à ceux qui thésaurisent l'or et l'argent sans les dépenser dans le chemin de Dieu, annonce-leur un châtiment douloureux. » — Coran, sourate at-Tawba, verset 34, invoqué par Abû Dharr al-Ghifârî contre les accapareurs de richesses[63]

Selon l'universitaire turc Halil İbrahim Hançabay, dont l'étude publiée dans la revue académique Ilahiyat Studies réexamine les sources anciennes sur ce dossier, les récits divergent sur la nature exacte de son départ vers al-Rabadha, dans le désert proche de Médine : certaines chroniques le présentent comme un choix personnel d'ascèse, d'autres comme un véritable exil imposé par le calife lassé de ses critiques publiques sur l'usage du Trésor public.[64] Abû Dharr meurt à al-Rabadha vers 652, dans un dénuement resté, pour la tradition ultérieure, un symbole de la tension entre richesse califale et idéal de pauvreté évangélique des premiers temps de l'islam.[65]

Ammâr ibn Yâsir et la répression des critiques

D'autres compagnons proches d'Ali paient également le prix de leur soutien à Abû Dharr. Ammâr ibn Yâsir, vétéran de l'islam des origines, proteste ouvertement contre l'exil d'Abû Dharr, provoquant une altercation d'une telle violence avec le calife qu'Othmân, selon la tradition chiite, ordonne qu'il soit battu par ses serviteurs.[66] Le projet d'expulser également Ammâr de Médine n'est finalement abandonné qu'après l'intervention conjointe du clan des Banû Makhzûm et d'Ali ibn Abi Talib en personne.[67] Ces épisodes, rapportés essentiellement par des sources proches de la mémoire chiite, sont contestés dans leur ampleur par une partie de l'historiographie sunnite classique, qui les minimise ou les replace dans un contexte de tensions réciproques plutôt que de persécution unilatérale — un désaccord de sources qu'il convient de signaler honnêtement plutôt que de trancher artificiellement.

L'enquête de 654 et les promesses du pèlerinage de 655

Infographie originale — principaux foyers de contestation du califat d'Othmân, en complément du tableau. Créée par IA.

Face à la multiplication des griefs, Othmân convoque en 654 l'ensemble des douze gouverneurs provinciaux à Médine pour discuter des difficultés remontées des provinces, puis dépêche des émissaires chargés d'enquêter sur place : Muhammad ibn Maslama à Kufa, Usâma ibn Zayd à Bassora, Ammâr ibn Yâsir en Égypte et Abd Allah ibn Umar en Syrie.[68] Ammâr, précisément, ne revient jamais rendre compte de sa mission, un signe déjà révélateur de la radicalisation du mécontentement égyptien.[69] En 655, lors du pèlerinage annuel à La Mecque, Othmân invite publiquement tous ceux qui nourrissent un grief contre son administration à s'y présenter, promettant que toute plainte légitime serait redressée.[70]

Foyer de contestationMeneur principalGrief centralIssue
MédineAbû Dharr al-GhifârîDistribution inégale du Trésor publicExil à al-Rabadha (v. 650-652)
MédineAmmâr ibn YâsirSolidarité avec Abû DharrSévices, projet d'exil abandonné
KufaDivers notables locauxGouverneurs jugés arbitraires ou incompétentsEnquête de Muhammad ibn Maslama (654)
ÉgypteMuhammad ibn Abî HudhayfaNépotisme, gouvernance d'Abd Allah ibn Sa'dCoup de force local (654), siège de 656

Le jour de la maison : siège et assassinat (656)

Bien avant que la contestation ne s'envenime, la tradition rapporte que Mahomet lui-même aurait pressenti l'épreuve à venir de son gendre. Selon un hadith rapporté par Abu Musa al-Ash'ari, alors que le Prophète se trouvait assis au bord d'un puits à Médine, les jambes pendantes dans l'eau, il aurait accueilli successivement Abu Bakr et Omar en leur annonçant le Paradis, avant de dire, à l'arrivée d'Othmân :

« Fais-le entrer, et annonce-lui le Paradis, après une épreuve qui l'atteindra. » — Mahomet, rapporté par Abu Musa al-Ash'ari, cité dans Sahih al-Bukhârî, hadith 3674[71]

La lettre contestée

Vers 654-655, des délégations venues d'Égypte, de Kufa et de Bassora convergent vers Médine pour exiger la destitution des gouverneurs contestés. Sous la médiation d'Ali ibn Abi Talib et de Muhammad ibn Maslama, Othmân accepte plusieurs de leurs demandes et les délégations reprennent la route du retour, apaisées.[72] En chemin, les Égyptiens interceptent cependant un messager porteur d'une lettre scellée du sceau califal ordonnant leur châtiment à leur arrivée en Égypte. La quasi-totalité des historiens, anciens comme modernes, attribue cette lettre non à Othmân lui-même mais à son secrétaire et cousin Marwân ibn al-Hakam, agissant sans l'aval explicite du calife — une explication qu'Othmân lui-même avance, sans parvenir à convaincre les rebelles déjà furieux.[73]

Le siège et l'eau coupée

Les délégations font demi-tour vers Médine et assiègent la résidence du calife. Abd Allah ibn al-Zubayr, ainsi que al-Hasan et al-Husayn, les fils d'Ali, montent la garde aux portes de la maison assiégée ; Ali lui-même veille à ce que l'eau continue de parvenir à Othmân durant le blocus, malgré la tension extrême entre les deux hommes.[74] Le 16 juin, le compagnon Niyâr ibn Iyâd interpelle publiquement Othmân depuis l'extérieur pour exiger son abdication ; un serviteur de Marwân le tue d'une pierre, ce qui met le feu aux poudres.[75]

La mort dans la lecture du Coran

Le 17 juin 656 (18 dhû l-hijja 35 de l'Hégire), des assaillants incendient une partie de la maison et pénètrent par les toits d'une demeure voisine. Parmi eux se trouve Muhammad ibn Abî Bakr, fils du premier calife, qui saisit d'abord Othmân par la barbe ; rappelé à l'amitié qui liait leurs deux pères, il se retire, dit-on, saisi de remords — mais d'autres assaillants, parmi lesquels Kinâna ibn Bishr, Sûdân ibn Humrân et Amr ibn al-Hamiq, achèvent le calife alors qu'il lit le Coran en présence de son épouse.[76] Selon le récit le plus répandu, Nâ'ila bint al-Furâfisa tente de parer un coup de sabre de sa propre main, dont plusieurs doigts sont tranchés, avant que le coup fatal ne soit porté.[77]

Infographie originale — les étapes du siège de la maison d'Othmân à Médine en juin 656, sans reconstitution violente de l'assassinat. Créée par IA.

Son corps reste trois jours dans la maison avant que Nâ'ila ne trouve une douzaine de partisans consentant à l'ensevelir ; refusé au cimetière commun du Baqî' par une partie de la foule encore hostile, il est inhumé de nuit, sans même avoir été lavé selon le rite habituel, dans un terrain voisin qui sera plus tard intégré au Baqî' lorsque les autorités omeyyades feront abattre le mur séparant les deux enclos.[78] La prière funèbre est dirigée par Jubayr ibn Mut'im.[79] Ali ibn Abi Talib est acclamé calife dans les jours qui suivent, en pleine présence des insurgés armés — une circonstance qui hypothèque d'emblée la légitimité de son califat aux yeux d'une partie de la communauté et ouvre la première fitna.[80]

Réception et postérité

Le troisième calife « bien guidé » pour les sunnites

Vue du secteur d'al-Baqî' traditionnellement associé à la sépulture d'Othmân à Médine. Wikimedia Commons, مانفی, CC BY-SA 4.0.

La tradition sunnite classique retient Othmân comme le troisième des quatre califes « bien guidés » (al-khulafâ' al-râshidûn), dont le gouvernement est jugé conforme, dans ses grandes lignes, à l'exemple prophétique, malgré les critiques adressées à sa politique de nominations.[81] Son assassinat en position de lecture du Coran, arme à la main de musulmans eux-mêmes, en fait aux yeux de cette tradition un martyr innocent, victime d'une sédition (fitna) injustifiable quelle que soit la légitimité de certains griefs qui l'ont précédée. Sa réalisation majeure — la fixation du texte coranique — demeure, dans cette lecture, son titre de gloire essentiel, largement plus déterminant dans la mémoire collective que les tensions administratives de son règne.

Une figure contestée dans la tradition chiite

La tradition chiite retient une image nettement plus critique. Elle insiste sur le favoritisme systématique envers le clan omeyyade — celui-là même dont sortira, quelques années plus tard, la dynastie califale rivale des Umayyades sous Muâwiya — ainsi que sur les mauvais traitements infligés à des compagnons proches d'Ali comme Ammâr ibn Yâsir et Ibn Mas'ûd, ce dernier étant présenté par certaines sources chiites comme ayant succombé aux suites de violences subies pour avoir refusé de remettre son exemplaire personnel du Coran.[82] Cette lecture s'inscrit dans une mémoire plus large où le califat d'Othmân apparaît comme une dérive progressive par rapport à l'idéal successoral que représentait, selon le chiisme, la désignation d'Ali dès la mort de Mahomet.

Aspect du califatLecture sunnite classiqueLecture chiite classique
Élection de 644Choix légitime du conseil des six, conforme à la consultation (shûrâ)Manœuvre écartant Ali, pourtant désigné selon le chiisme
Nominations provincialesContinuité administrative et confiance envers des proches éprouvésNépotisme systématique en faveur des Omeyyades
Recension coraniqueActe providentiel de préservation, approuvé même par AliDécision unilatérale ayant marginalisé le corpus d'Ibn Mas'ûd
Assassinat de 656Martyre d'un calife légitime, sédition injustifiableConséquence prévisible d'une gouvernance déséquilibrée

La première fitna et l'avènement omeyyade

L'assassinat d'Othmân sans procès de ses meurtriers laisse une plaie ouverte que le califat d'Ali ne parvient jamais à refermer : Talha, al-Zubayr et Aïcha lèvent une armée contre lui dès 656 lors de la bataille du Chameau, exigeant vengeance — épisode que développe l'article consacré à Aïcha bint Abi Bakr.[83] Muâwiya ibn Abî Sufyân, gouverneur de Syrie et parent d'Othmân, invoque à son tour ce même devoir de vengeance pour contester Ali à la bataille de Siffîn (657), avant de fonder, après la mort d'Ali en 661, la dynastie omeyyade qui gouvernera le monde musulman jusqu'en 750. Le règne d'Othmân marque ainsi, à la fois par son œuvre coranique et par sa fin violente, un point de bascule entre l'islam des origines et son premier grand schisme politique.

Regard catholique sur Othmân et son héritage

L'Église catholique n'a jamais eu, historiquement, de relation directe avec Othmân ibn Affân : le christianisme oriental de son temps — chrétiens coptes, syriaques et byzantins conquis lors de son califat — en a surtout fait l'expérience comme souverain conquérant, non comme interlocuteur théologique. Sur le fond doctrinal, la position de l'Église demeure celle exposée dans Que dit l'Église sur l'islam ? : estime pour les musulmans qui adorent le Dieu unique en se réclamant de la foi d'Abraham, mais refus de reconnaître Mahomet comme prophète au sens biblique ou le Coran comme parole révélée, la Révélation publique étant close avec le Christ et les Apôtres.[84]

L'épisode le plus directement pertinent pour un regard extérieur et académique sur l'héritage d'Othmân reste celui de la fixation du texte coranique. Les débats savants sur l'histoire de cette recension — dont témoignent aussi bien les travaux de Sadeghi et Goudarzi sur le palimpseste de Sanaa que ceux d'Alfred-Louis de Prémare sur la constitution progressive du corpus — ne relèvent pas d'une controverse confessionnelle mais d'une discipline historique et philologique comparable à celle qui étudie la transmission des textes bibliques ou classiques antiques : ils rappellent qu'aucun texte religieux ancien n'échappe à une histoire matérielle de sa transmission, dont l'étude rigoureuse, loin d'être une hostilité, est un exercice de vérité que l'islam lui-même, à travers ses propres traditionnistes comme Ibn Abî Dâwûd, a largement documenté dès l'origine.[85]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Encyclopaedia Britannica, article « Uthman ibn Affan », édition en ligne, consultée en juillet 2026, sur l'élection de 644, le surnom de « Dhû'n-Nûrayn », la centralisation administrative et les causes de la contestation.

    1 6 16 24 41
  2. G. Levi Della Vida [et R. G. Khoury], « ʿUthmān b. ʿAffān », Encyclopaedia of Islam, 2ᵉ édition, Brill, Leyde, article de référence sur la biographie, le califat et l'assassinat d'Othmân.

    2
  3. Sahih al-Bukhârî, hadith 4987, Livre des mérites du Coran (Kitâb Fadâ'il al-Qur'ân), consulté via Sunnah.com, sur l'alerte d'Hudhayfa ibn al-Yamân, la demande faite à Hafsa bint Umar et l'instruction d'Othmân au comité de Zayd ibn Thâbit de trancher tout désaccord en faveur du dialecte qraychite.

    3 13 50 51 52
  4. Behnam Sadeghi et Mohsen Goudarzi, « Ṣan'ā' 1 and the Origins of the Qur'ān », Der Islam, vol. 87, n° 1-2, 2012, p. 1-129, sur la datation au radiocarbone du parchemin inférieur du palimpseste de Sanaa (avant 671, probabilité de 99 %) et l'analyse de ses variantes par rapport au texte othmanien standard.

    4 57 58
  5. Tradition biographique chiite sur les tensions entre Othmân et Ammâr ibn Yâsir ainsi qu'Ibn Mas'ûd, telle que rapportée par les recueils biographiques chiites classiques ; source présentée comme relevant explicitement de cette tradition confessionnelle et non comme un fait établi de façon consensuelle par l'ensemble de l'historiographie musulmane.

    5 66 67 82
  6. Synthèse encyclopédique croisée de faits biographiques (dates, généalogie, gouverneurs nommés, conquêtes, chronologie du siège) recoupés avec les notices de l'Encyclopaedia of Islam et de Wilferd Madelung, The Succession to Muhammad, citant notamment Ibn Sa'd, Kitâb al-Tabaqât al-Kabîr, et al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, pour les données prosopographiques non autrement sourcées dans cet article.

    7 8 9 10 14 17 18 21 22 25 26 27 28 29 30 35 39 42 43 45 46 47 48 49 68 69 70 83
  7. Ibn Ishâq, Sîrat Rasûl Allah, dans la recension d'Ibn Hishâm, sur la contribution financière d'Othmân à l'expédition de Tabûk (630) — environ un tiers de l'équipement de l'armée et mille dinars d'or, un don resté sans équivalent parmi les compagnons.

    11 34
  8. Wilferd Madelung, The Succession to Muhammad: A Study of the Early Caliphate, Cambridge University Press, Cambridge, 1997, chap. 3, « ʿUthmān: the Vicegerent of God and the reign of ʿAbd Shams », p. 78-140, sur la composition du conseil des six, les mises en garde d'Omar contre le favoritisme et le rôle d'Abd al-Rahmân ibn Awf dans l'élection d'Othmân.

    12 36 37 38
  9. Synthèse chronologique du siège et de l'assassinat d'Othmân (654-656), recoupant l'Encyclopaedia of Islam et al-Tabari, The History of al-Tabari, vol. 15, The Crisis of the Early Caliphate, trad. R. Stephen Humphreys, State University of New York Press, Albany, 1990, couvrant les années 24-35 de l'Hégire (644-656), pour la chronologie détaillée de la lettre interceptée, du siège, de l'assaut final et de l'inhumation.

    15 72 73 74 75 76 77 78 79 80
  10. Rizwi Faizer, « Uthman Ibn Affan (R. 644-656) », Encyclopedia of Islam and the Muslim World, Encyclopedia.com, consulté en juillet 2026, sur le tempérament d'Othmân, la composition du conseil des six, la méthode de recension coranique et les causes de son assassinat.

    19 23 40 81
  11. Sahih Muslim, hadith 2401, Livre des mérites des Compagnons, rapporté par Aïcha bint Abi Bakr, consulté via Sunnah.com, sur la pudeur (hayâ') d'Othmân devant laquelle Mahomet rajuste ses vêtements.

    20
  12. Sunan al-Tirmidhî, hadith relatif à l'acquisition du puits de Ruma par Othmân et sa constitution en waqf perpétuel au bénéfice de la communauté médinoise, consulté via Sunnah.com.

    31 32
  13. Documentation administrative moderne sur la continuité du waqf du puits de Ruma (Bi'r Rûma) à Médine, gérée par les autorités saoudiennes du waqf, citée à titre d'illustration de la postérité matérielle de cette fondation ; à ne pas confondre avec une source historique primaire sur le VIIᵉ siècle.

    33
  14. Bernard Lewis, The Arabs in History, Hutchinson's University Library, Londres, 1950 (rééditions ultérieures), sur la concentration des gouvernorats provinciaux entre les mains des familles apparentées à Othmân durant son califat.

    44
  15. Synthèse sur la distribution des exemplaires officiels du Coran othmanien vers Médine, Damas, Kufa et Bassora, avec récitateurs attachés à chaque exemplaire, recoupant les données de l'Encyclopaedia of Islam et d'Ibn Abî Dâwûd, Kitâb al-Masâhif.

    53
  16. Abû Bakr Ibn Abî Dâwûd al-Sijistânî, Kitâb al-Masâhif (« Le Livre des exemplaires »), IXᵉ siècle, éd. Arthur Jeffery, sur l'opposition d'Ibn Mas'ûd à son exclusion du comité de révision, son appel à dissimuler les exemplaires personnels et la défense d'Othmân par Ali, rapportée via la chaîne de transmission de Suwayd ibn Ghaflah.

    54 55 56
  17. Datation au radiocarbone du manuscrit de Birmingham (Mingana Islamic Arabic 1572a), effectuée par l'unité de recherche en accélérateur de radiocarbone de l'université d'Oxford en 2015, situant le parchemin entre 568 et 645 ; résultats publiés par l'université de Birmingham et discutés dans la littérature islamologique consacrée aux manuscrits coraniques anciens.

    59
  18. Alfred-Louis de Prémare, Aux origines du Coran : questions d'hier, approches d'aujourd'hui, Téraèdre, Paris, 2004, sur la complexité de l'histoire rédactionnelle du texte coranique après Othmân et la fixation plus tardive, selon lui achevée au Xᵉ siècle, d'un corpus de lecture unique et commun.

    60 61 85
  19. Synthèse des montants distribués par Othmân à ses proches sur le butin d'Ifriqiya (v. 647), recoupée avec al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, et la littérature académique consacrée à Abû Dharr al-Ghifârî.

    62
  20. Coran, sourate at-Tawba (« Le Repentir »), verset 9:34, traduction française d'après le sens du texte arabe, sur la dénonciation de l'accumulation d'or et d'argent non dépensés dans le chemin de Dieu, verset invoqué par Abû Dharr al-Ghifârî contre la politique financière d'Othmân.

    63
  21. Halil İbrahim Hançabay, « Was Abū Dharr al-Ghifārī "Exiled" to al-Rabadha? A Review on the Relations between Caliph ʿUthmān and Abū Dharr al-Ghifārī », Ilahiyat Studies, vol. 5, n° 1, 2014, p. 37-58, DOI 10.12730/13091719.2014.51.97, sur la divergence des sources anciennes concernant le caractère volontaire ou imposé du départ d'Abû Dharr à al-Rabadha.

    64 65
  22. Sahih al-Bukhârî, hadith 3674, Livre des mérites des Compagnons du Prophète (Kitâb Fadâ'il Ashâb al-Nabî), rapporté par Abu Musa al-Ash'ari, consulté via Sunnah.com, sur l'annonce faite par Mahomet à Othmân d'une épreuve précédant son entrée au Paradis, au bord du puits de Bi'r Arîs à Médine.

    71
  23. Concile Vatican II, Lumen Gentium, § 16, et Catéchisme de l'Église catholique, § 841, sur le regard porté par l'Église catholique sur les musulmans et sur la clôture de la Révélation publique avec le Christ et les Apôtres.

    84