Sandra Sabattini (1961-1984) est une jeune laïque italienne de Rimini, étudiante en médecine et fiancée, disciple du serviteur de Dieu Don Oreste Benzi et de sa Comunità Papa Giovanni XXIII. Toute sa courte vie tient dans une double fidélité : une prière quotidienne intense — une heure d'oraison chaque jour — et un service concret des plus pauvres, d'abord les personnes handicapées, puis les jeunes toxicomanes des communautés thérapeutiques de la Romagne.[1][2]
Fiancée à Guido Rossi en 1979, elle rêvait de devenir médecin missionnaire en Afrique. Le 29 avril 1984, alors qu'elle se rend à une rencontre de la Communauté à Igea Marina, elle est renversée par une voiture ; elle meurt trois jours plus tard, le 2 mai 1984, sans avoir repris connaissance. Elle a vingt-deux ans.[3][4]
Béatifiée le 24 octobre 2021 dans la cathédrale de Rimini, Sandra a été présentée ce jour-là par le cardinal Marcello Semeraro comme la première fidanzata admise aux honneurs des autels — formule du site officiel de la cause : non pas épouse, non pas religieuse, mais jeune femme engagée dans des fiançailles, elle montre que la sainteté est possible à vingt ans, dans les études, l'amour humain et l'ordinaire d'une vie. Mgr Francesco Lambiasi, alors évêque de Rimini, y voit une « icône crédible et attirante de la sainteté de la porte d'à côté », reprenant l'expression du pape François.[5][6]
Son journal spirituel, écrit dès l'enfance sur des feuilles volantes, des agendas et des cahiers, révèle une âme contemplative d'une maturité surprenante, résumée par cette phrase souvent citée : « Le but de ma vie, c'est l'union avec le Seigneur ; l'instrument pour y parvenir, c'est la prière. »[7]
Une enfance riminaise à l'ombre d'une église
Naissance à Riccione, l'enfance à San Girolamo
Sandra Maria Assunta Sabattini naît le 19 août 1961 à Riccione, sur la côte adriatique, et reçoit le baptême dès le lendemain, 20 août 1961.[8] La famille, de condition modeste et profondément catholique, vit d'abord à Misano Adriatico, puis s'installe à Rimini vers 1965. Sandra grandit alors dans un lieu singulier : la canonica — la maison paroissiale — de l'église San Girolamo, dont son oncle maternel, Don Giuseppe Bonini, est le curé.[9][10]
Cette proximité de l'autel marque l'enfant. Elle fait sa première communion le 3 mai 1970 et reçoit la confirmation le 16 avril 1972.[11] L'église n'est pas pour elle un décor extérieur mais l'espace naturel où se noue, très tôt, une intimité avec Dieu que ses écrits d'adolescente confirmeront.
Une jeune fille douée : sport, piano et peinture
Rien, dans l'enfance de Sandra, n'a l'allure d'une piété éthérée. C'est une enfant vive, gaie, douée. Excellente élève, elle obtient son diplôme de maturité scientifique en 1980 avec 59/60. Elle peint, joue du piano, et pratique l'athlétisme à bon niveau comme sprinteuse.[12] Cette réussite humaine — le talent, le sport, les études — n'est jamais opposée chez elle à la vie spirituelle : elle en devient la matière même de son offrande.
Le premier journal, à dix ans
Fait remarquable, Sandra commence à écrire ses pensées dès la cinquième année de primaire, vers dix ans, sur une simple feuille de papier pliée en quatre.[13] Elle continuera ensuite sur de petits bouts de papier, un agenda, des cahiers d'écolier — jamais un journal intime suivi, mais une constellation de notes spirituelles. Après sa mort, Don Oreste Benzi y reconnaîtra aussitôt « une brèche ouverte sur son âme profonde et simple, contemplative et rationnelle », et publiera ces manuscrits sous le titre Sandra, en supplément au mensuel Sempre, dès 1985.[14][15]
La rencontre décisive avec Don Oreste Benzi
Don Oreste Benzi et la Comunità Papa Giovanni XXIII
Vers l'âge de douze ans (1973-1974), Sandra rencontre le prêtre qui va orienter toute sa vie : Don Oreste Benzi (1925-2007), figure majeure de la charité italienne du XXᵉ siècle.[16][17][18] En 1968, ce prêtre de Rimini a fondé la Comunità Papa Giovanni XXIII, un mouvement fondé sur le partage direct de la vie des plus pauvres : accueil dans des « maisons-famille », présence auprès des personnes handicapées, des toxicomanes, des prostituées libérées de la rue, des exclus de toute sorte. La règle n'est pas d'abord de secourir de loin, mais de partager la vie de celui qui souffre.
Dans ce prêtre à la soutane élimée, Sandra trouve un père spirituel et un maître de radicalité évangélique. La Communauté sera le milieu vital de toute son existence de jeune femme : c'est là qu'elle prie, qu'elle sert, qu'elle rencontre son fiancé, et c'est vers une rencontre de la Communauté qu'elle roulera le jour de l'accident.
« Ces gens-là, je ne les abandonnerai jamais »
Le tournant décisif survient en septembre 1974, lors d'un séjour de partage avec des personnes gravement handicapées, dans les Dolomites.[19] L'expérience est rude, épuisante, physiquement éprouvante. Mais au lieu de reculer, l'adolescente y contracte un attachement définitif, qu'elle résume dans une formule restée célèbre :
« Nous nous sommes brisé les os, mais ces gens-là, je ne les abandonnerai jamais. » — Sandra Sabattini, à propos du séjour avec les personnes handicapées, 1974[20]
Cette phrase, que le cardinal Semeraro citera dans son homélie de béatification, dit tout de sa charité : non un élan sentimental, mais un engagement fidèle, qui traverse la fatigue et la répugnance.[21]
Le choix des plus pauvres
Le service ne reste pas cantonné aux camps d'été. Durant ses années de lycée, Sandra visite les pauvres à domicile, sensibilise sa paroisse, et donne de sa poche bien au-delà des offrandes familiales.[22] Son journal montre que ce choix n'a rien de tiède ni de convenu :
« Dire : oui, Seigneur, je choisis les plus pauvres — c'est trop facile, si ensuite tout reste comme avant. Non : maintenant je dis, je te choisis toi, et cela suffit. » — Sandra Sabattini, journal, 26 février 1978[23]
Elle perçoit avec lucidité que la pauvreté choisie n'est pas une posture : « Pauvreté est pauvreté, et il ne suffit pas de faire vœu de pauvreté pour être pauvre en esprit. »[24]
Prière et contemplation : le cœur secret de Sandra
« Le but de ma vie, c'est l'union avec le Seigneur »
Ce qui frappe le plus, chez cette jeune fille active, c'est la primauté absolue de la prière. Loin d'être un militantisme social, son service jaillit d'une vie intérieure dense. Elle l'écrit sans détour :
« Le but de ma vie, c'est l'union avec le Seigneur ; l'instrument pour y parvenir, c'est la prière. » — Sandra Sabattini, journal[25]
Pour elle, la prière n'est pas d'abord un effort de l'homme vers Dieu, mais une réponse à une initiative divine :
« Ce n'est pas moi qui cherche Dieu, c'est Dieu qui me cherche. […] Il ne reste que la contemplation, l'adoration. » — Sandra Sabattini, journal, 8 octobre 1978[26]
L'heure d'oraison quotidienne
Sandra s'impose une heure d'oraison chaque jour, discipline exigeante pour une lycéenne puis une étudiante surchargée. Elle en fait le baromètre de sa foi :
« Si je ne fais pas une heure de prière par jour, je ne me souviens même plus d'être chrétienne. » — Sandra Sabattini, journal[27]
À cette oraison s'ajoutent l'adoration eucharistique et la méditation des psaumes, nourries par le discernement de ses confesseurs.[28] Cette intériorité rejoint la grande tradition spirituelle catholique, celle que l'encyclopédie développe ailleurs : voir Comment grandir dans l'adoration eucharistique et Comment grandir dans l'abandon à Dieu.
La charité, « point de suture entre le ciel et la terre »
Le génie propre de Sandra est de ne jamais séparer la contemplation de l'action. Elle en donne une formule d'une densité théologique remarquable pour une jeune fille de vingt et un ans :
« La charité est la synthèse de la contemplation et de l'action, le point de suture entre le ciel et la terre, entre l'homme et Dieu. » — Sandra Sabattini, journal, 13 février 1983[29]
Cette unité de la prière et du service est exactement ce que la tradition appelle la vie unifiée dans la volonté de Dieu — thème que l'on retrouvera dans Du vouloir propre à la volonté de Dieu. Chez elle, aimer le prochain et adorer Dieu ne sont pas deux tâches concurrentes, mais un seul mouvement.
Fiancée et disciple : les fiançailles avec Guido
Une vocation vécue à deux
En février 1978, Sandra rencontre Guido Rossi, un jeune homme de deux ans son aîné, lui aussi engagé dans la Communauté de Don Benzi. Ils se fiancent en 1979, alors qu'elle a dix-huit ans.[30][31] Loin de vivre ses fiançailles comme une parenthèse mondaine à côté de sa foi, Sandra les intègre à sa vocation :
« Fiançailles : quelque chose qui fait partie intégrante de la vocation ; ce que je vis de disponibilité et d'amour envers les autres, c'est ce que je vis aussi pour Guido ; ce sont deux choses interpénétrées, au même niveau, quoique avec quelques différences. » — Sandra Sabattini, journal, 23 juillet 1983[32]
L'amour humain n'est pas pour elle un rival de l'amour de Dieu, mais une manière de l'incarner. Guido partage son engagement communautaire ; ensemble, ils orientent leur avenir vers le service.
« La sainte fiancée » : une nouveauté dans l'Église
C'est là que réside la place singulière de Sandra parmi les bienheureux. Comme le remarquait Don Benzi, l'Église comptait des saints époux, des saints parents, des saints religieux — mais pas encore de « sainte fiancée ».[33] Morte au temps des fiançailles, avant le mariage, Sandra est présentée dans l'homélie de sa béatification (24 octobre 2021) comme la première fidanzata élevée aux honneurs des autels, offrant un modèle de sainteté précisément à cet âge et dans cet état de vie souvent jugés incompatibles avec la radicalité évangélique.[34] Elle rejoint ainsi la famille des jeunes bienheureux laïcs du XXᵉ siècle, comme Chiara Badano.
Médecine et rêve missionnaire
Étudiante à Bologne
Après sa maturité scientifique de 1980, Sandra s'inscrit à la faculté de médecine de l'université de Bologne.[35][36] Ce choix n'a rien d'un calcul de carrière : il est ordonné à une vocation missionnaire. Étudiante brillante, elle mène de front les cours exigeants, les allers-retours entre Bologne et la Romagne, la vie de la Communauté et sa vie de prière.
Médecin missionnaire en Afrique
Le rêve de Sandra est précis : devenir médecin missionnaire en Afrique, pour « soigner les malades et annoncer le Christ ».[37] La médecine et la mission ne font qu'un dans son esprit ; le savoir scientifique est mis au service de la charité. Elle prie chaque jour pour que ses actes soient tout entiers tendus vers le bien des autres :
« Seigneur, fais que chacune de mes actions soit déterminée par la volonté du bien des jeunes ; chaque minute est une occasion d'amour à saisir au vol. » — Sandra Sabattini, journal (parole citée dans l'homélie de béatification)[38][39]
Le service des toxicomanes à Igea et Trarivi
À partir de l'été 1982, Sandra donne ses week-ends et ses vacances au service des jeunes toxicomanes de la communauté thérapeutique de la Communauté, à Igea Marina puis à Trarivi di Montescudo.[40][41] Elle partage leur quotidien, écoute, soigne, accompagne — avec cette exigence de fidélité qui n'abandonne jamais personne. Là encore, l'étudiante en médecine anticipe le médecin qu'elle rêve d'être : entièrement pour les blessés de la vie.
L'accident et la mort (2 mai 1984)
Le testament spirituel du 27 avril 1984
Deux jours avant le drame, le 27 avril 1984, Sandra écrit une page bouleversante, que l'on tient pour son testament spirituel — comme si son abandon à Dieu avait pressenti l'imminence de l'offrande suprême :
« Cette vie qui se déroule au rythme d'une respiration régulière n'est pas la mienne… Tout est un don sur lequel le "Donateur" peut intervenir quand et comme il le veut. » — Sandra Sabattini, journal, 27 avril 1984[42]
Igea Marina, 29 avril 1984
Le dimanche 29 avril 1984, dans l'octave de Pâques, Sandra se rend à une rencontre de la Communauté à Igea Marina, accompagnée de membres de la Communauté, dont son fiancé Guido et un ami, Elio.[43][44] À la descente de la voiture, vers neuf heures du matin, elle est percutée de plein fouet par une automobile qui arrivait. Projetée avec violence, elle est grièvement blessée à la tête. Don Benzi, accouru sur place, monte dans l'ambulance auprès d'elle et lui tient la bouche ouverte pour l'empêcher de s'étouffer.
Trois jours de coma, la mort à Bologne
Transportée d'urgence à Rimini puis à l'hôpital Bellaria de Bologne, Sandra sombre dans le coma. Elle ne reprendra jamais connaissance et meurt le 2 mai 1984, à vingt-deux ans.[45][46] Ses funérailles ont lieu le 5 mai. La frise ci-dessous récapitule les repères de sa vie.
- 19 août 1961Naissance à Riccione
Baptême dès le lendemain, 20 août 1961.
- 3 mai 1970Première communion
Paroisse San Girolamo, à Rimini, où son oncle Don Giuseppe Bonini est curé.
- 1973-1974Rencontre de Don Oreste Benzi
Sandra découvre, vers douze ans, le fondateur de la Comunità Papa Giovanni XXIII.
- Septembre 1974Séjour avec des personnes handicapées
« Nous nous sommes brisé les os, mais ces gens-là, je ne les abandonnerai jamais. »
- 1979Fiançailles avec Guido Rossi
Sandra a dix-huit ans ; elle intègre les fiançailles à sa vocation de charité.
- 1980-1981Maturité scientifique puis médecine à Bologne
Diplôme de maturité scientifique en 1980, puis inscription à la faculté de médecine.
- Été 1982Service des toxicomanes
Week-ends et vacances donnés à la communauté thérapeutique d'Igea Marina puis de Trarivi di Montescudo.
- 29 avril 1984Accident de la route à Igea Marina
Percutée par une automobile à la descente de voiture, elle est grièvement blessée à la tête.
- 2 mai 1984Mort à l'hôpital Bellaria de Bologne
Sandra meurt sans avoir repris connaissance, à vingt-deux ans. Funérailles le 5 mai.
« Nous avions une sainte à la maison »
Aux obsèques, Don Oreste Benzi prononce une parole restée célèbre : « Sandra a accompli ce pour quoi Dieu l'avait envoyée. »[47] Et sa mère, Agnese, comprend alors ce qu'elle n'avait pas su voir :
« Don, nous avions une sainte à la maison et nous ne nous en étions pas aperçus ! » — Agnese Sabattini, mère de Sandra[48]
De la servante de Dieu à la bienheureuse
Le procès de béatification (2006-2018)
La réputation de sainteté de Sandra grandit dans la Communauté et dans le diocèse de Rimini. La cause de béatification s'ouvre au niveau diocésain en 2006 ; l'enquête se clôt le 6 décembre 2008.[49] Après l'examen romain de ses vertus, le pape François promulgue le décret sur l'héroïcité des vertus le 6 mars 2018, faisant de Sandra une vénérable.[50]
Le miracle de Stefano Vitali
Pour la béatification, l'Église exige un miracle attribué à l'intercession de la servante de Dieu. Le fait retenu concerne Stefano Vitali, père de maison-famille de la Communauté, alors assesseur de la commune de Rimini et ancien secrétaire personnel de Don Benzi, atteint en juillet 2007 d'un adénocarcinome du rectum avec de massives métastases ganglionnaires (37 ganglions atteints, stade avancé) ; le pronostic ne lui laissait que quelques mois.[51][52] Confié à l'intercession de Sandra par Don Benzi lui-même, et porté par la prière de la Communauté, le malade connaît une guérison rapide, complète et durable, jugée scientifiquement inexplicable par la commission médicale de la Congrégation pour les causes des saints (avis du 24 janvier 2019) ; le décret sur le miracle est promulgué le 2 octobre 2019.[53][54][55]
La béatification du 24 octobre 2021
Sandra Sabattini est proclamée bienheureuse le dimanche 24 octobre 2021, dans la cathédrale de Rimini (le Tempio Malatestiano), au cours d'une messe présidée par le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, au nom du pape François, devant une assemblée nombreuse composée en particulier de jeunes.[56][57] Sa mémoire liturgique est fixée au 4 mai.[58]
Semeraro : « une artiste de la charité »
Dans son homélie, le cardinal Semeraro donne de Sandra un portrait saisissant. Elle a, dit-il, si bien appris le langage de l'amour « avec ses couleurs et sa musique » qu'elle en fut « une authentique artiste » :
« Sa charité fut créative et concrète, attentive au drame de la pauvreté. […] Elle a mis au service de Dieu toute sa jeune existence terrestre. » — Cardinal Marcello Semeraro, homélie de béatification, 24 octobre 2021[59][60]
Le préfet relève — « è stato rilevato » — que Sandra est la première fiancée admise aux honneurs des autels.[61] C'est Mgr Lambiasi, alors évêque de Rimini, qui la propose comme « icône de la sainteté de la porte d'à côté » décrite par le pape François : une sainteté possible dans les études, les fiançailles, le bénévolat, la vie la plus ordinaire.[62]
Une sainteté pour les jeunes d'aujourd'hui
La figure de Sandra Sabattini parle avec une force particulière à la jeunesse contemporaine. Elle n'a pas fui le monde : elle a été sportive, brillante, amoureuse, engagée dans des études difficiles. Mais elle a vécu tout cela « pour le Seigneur », dans l'unité d'une vie où la prière et le service ne se contredisent jamais. Sa joie en est la marque : elle ne voulait imposer sa foi à personne, seulement la rendre contagieuse.
« Je ne peux pas obliger les autres à penser comme moi, même si je crois que c'est juste. Je peux seulement leur faire connaître ma joie. » — Sandra Sabattini, journal, 4 octobre 1977[63]
À une époque tentée de croire que la sainteté serait affaire de grand âge, de cloître ou d'exploits extraordinaires, Sandra rappelle qu'elle est d'abord affaire d'amour — vécu à vingt ans, jusqu'au bout, dans le concret d'une vie donnée. Sur la grande tradition de la charité qu'elle prolonge, on pourra lire Ce que disent les saints sur la charité.
Pour aller plus loin
- Bienheureux Frédéric Ozanam (1813-1853) — laïc, universitaire et fondateur des Conférences Saint-Vincent-de-Paul : une autre figure de sainteté laïque au service des pauvres.
- Bienheureuse Chiara Badano (1971-1990) — jeune laïque italienne du mouvement des Focolari, elle aussi morte très jeune et modèle de sainteté joyeuse pour la jeunesse.
- Bienheureux Antoine Chevrier (1826-1879) — le prêtre des pauvres de Lyon, dans la même veine de charité concrète.
- Ce que disent les saints sur la charité — la grande tradition spirituelle de l'amour du prochain, que Sandra a vécue jusqu'au bout.
- Comment grandir dans l'abandon à Dieu — la disposition intérieure au cœur de son testament spirituel du 27 avril 1984.
Notes et références
Dicastère des causes des saints (Saint-Siège), notice biographique « Sandra Sabattini (1961-1984) » : causesanti.va. Notice de référence : jeune laïque de Rimini, disciple du serviteur de Dieu Don Oreste Benzi, connue comme « la santa fidanzata » ; inscription à la faculté de médecine par désir de devenir médecin missionnaire en Afrique « per curare gli ammalati ed annunciare Cristo » ; service des personnes en difficulté et des toxicomanes au sein de la Comunità Papa Giovanni XXIII ; dates des sacrements : première communion le 3 mai 1970, confirmation le 16 avril 1972 (« eucharisticae primitus participavit die 3 mensis Maii anno 1970 et die 16 mensis Aprilis anno 1972 sacramentum confirmationis accepit »). L'en-tête officiel de la page fixe « Memoria Liturgica: 4 maggio » (ainsi que « Venerabilità: 06 marzo 2018 » et « Beatificazione: 24 ottobre 2021 »).
1 11 16 35 37 58Site officiel de la cause, « La Vita », sandrasabattini.org : sandrasabattini.org/la-vita. Détails biographiques : naissance à Riccione le 19 août 1961, baptême le 20 août ; installation à Rimini et enfance dans la canonica de San Girolamo (oncle curé Don Giuseppe Bonini) ; première communion le 3 mai 1970, confirmation le 16 avril 1972 ; maturité scientifique 1980 ; médecine à Bologne ; séjour avec les personnes handicapées en septembre 1974 ; volontariat auprès des toxicomanes à partir de 1982 ; accident du 29 avril 1984, mort le 2 mai 1984 à l'hôpital Bellaria de Bologne ; mère Agnese Sabattini ; parole de Don Benzi aux obsèques ; décret de vénérabilité du 6 mars 2018.
2 4 8 9 12 18 19 22 28 31 36 41 44 46 47 50Wikipedia (EN), « Sandra Sabattini » : en.wikipedia.org. Recoupement des faits : nom complet Sandra Maria Assunta Sabattini ; oncle Giuseppe Bonini ; fiancé Guido Rossi (rencontre en février 1978, fiançailles en 1979, de deux ans son aîné) ; accident du 29 avril 1984 à Igea Marina, présence de Guido et d'un ami nommé Elio ; volontariat au centre pour toxicomanes de Trarivi (1982-1983) ; miracle de Stefano Vitali (la page écrit « colon cancer » ; le site officiel de la cause précise : adénocarcinome du rectum ; juillet 2007) reconnu le 24 janvier 2019 ; béatification du 24 octobre 2021 ; « the first bride-to-be beatified » ; fête le 4 mai.
3 10 30 33 40 43 45 52 55Site officiel de la cause, « La Beatificazione », sandrasabattini.org : sandrasabattini.org/la-beatificazione. Ouverture de la phase diocésaine en 2006, clôture le 6 décembre 2008 ; décret sur le miracle promulgué le 2 octobre 2019 ; béatification le 24 octobre 2021 présidée par le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation des causes des saints ; « Sandra è la prima fidanzata santa ammessa all'onore degli altari », cause de treize ans. La page cite aussi Mgr Francesco Lambiasi, alors évêque de Rimini, proposant Sandra comme « icona credibile e attraente della santità della porta accanto, compresa da Papa Francesco come "la santità di quelli che vivono vicino a noi" ».
5 49 54 56 62Cardinal Marcello Semeraro, homélie de béatification de Sandra Sabattini, Rimini, 24 octobre 2021 : causesanti.va. Textes originaux italiens : « È stata un'autentica artista » ; « il linguaggio dell'amore – con i suoi colori e la sua musica » ; « la carità sia stata creativa e concreta, attenta al dramma della povertà » ; « mettere al servizio di Dio tutta la sua giovane esistenza terrena » ; « È stato rilevato pure che Sandra è la prima fidanzata santa ammessa agli onori degli altari! » (le cardinal présente ce statut comme un fait relevé). Le cardinal cite aussi le journal : « Ci siamo spezzate le ossa, ma quella è gente che io non abbandonerò mai » et « ogni minuto è un'occasione d'amore da prendere al volo ».
6 21 34 38 59 61Sandra Sabattini, journal (Il Diario). Texte original italien : « Il fine della mia vita è l'unione con il Signore, lo strumento per giungere a ciò è la preghiera. » Formule citée sans date précise par la biographie officielle du Dicastère des causes des saints (« Nel suo Diario spirituale scrisse… », causesanti.va) ; absente de la page « Il Diario » du site officiel de la cause, qui ne reprend qu'une sélection d'extraits.
7 25Site officiel de la cause, « Il Diario », sandrasabattini.org : sandrasabattini.org/il-diario. Histoire du journal : premières notes en cinquième année de primaire sur une feuille pliée en quatre, puis petits papiers, agenda et cahiers scolaires ; Don Oreste Benzi y reconnaît « uno squarcio sul suo animo profondo e semplice, contemplativo e razionale ». Contient plusieurs citations datées reproduites ici.
13 14Semprenews / mensuel Sempre (Comunità Papa Giovanni XXIII), « Beata Sandra Sabattini » : semprenews.it. Publication par Don Oreste Benzi des écrits de Sandra un an après sa mort, sous le titre Sandra, en supplément au mensuel Sempre (première édition 1985), enrichie ensuite de textes inédits classés chronologiquement.
15Comunità Papa Giovanni XXIII, notice « Sandra Sabattini » : apg23.org. La Communauté, fondée par Don Oreste Benzi en 1968, repose sur le partage direct de la vie des plus pauvres (maisons-famille, personnes handicapées, toxicomanes, femmes de la rue). Sandra y rencontre Don Benzi « all'età di 12 anni ».
17Sandra Sabattini, à propos du séjour de partage avec des personnes handicapées (septembre 1974, Alba di Canazei, Dolomites). Texte original italien : « Ci siamo spezzate le ossa, ma quella è gente che io non abbandonerò mai. » Formule citée par le cardinal Semeraro à la béatification et par Vatican News ; la page « La Vita » du site officiel donne la variante « …non abbandonerò più ».
20Sandra Sabattini, journal, 26 février 1978. Texte original italien : « Dire: sì, Signore, scelgo i più poveri, ora è troppo facile, se poi tutto resta come prima. No, ora dico: scelgo te e basta. »
23Sandra Sabattini, journal, 4 mars 1983. Texte original italien : « Povertà è povertà, e non è sufficiente fare il voto di povertà per essere poveri in spirito. » Entrée citée par le cardinal Semeraro dans son homélie de béatification (« Diario, 4 marzo 1983 »), qui en donne la suite sur la faim dans le monde.
24Sandra Sabattini, journal, 8 octobre 1978. Texte original italien : « Non sono io che cerco Dio ma è Dio che cerca me… rimane che la contemplazione, l'adorazione. »
26Sandra Sabattini, journal. Texte original italien : « Se non faccio un'ora di preghiera al giorno non mi ricordo neanche di essere cristiana. »
27Sandra Sabattini, journal, 13 février 1983. Texte original italien (page « Il Diario » du site officiel de la cause) : « La carità è la sintesi della contemplazione e dell'azione, il punto di sutura tra il cielo e la terra, tra l'uomo e Dio. »
29Sandra Sabattini, journal, 23 juillet 1983. Texte original italien (page « La Vita » du site officiel de la cause) : « Fidanzamento: qualcosa di integrante con la vocazione: ciò che vivo di disponibilità e d'amore nei confronti degli altri è ciò che vivo anche per Guido, sono due cose compenetrate, allo stesso livello, anche se con qualche diversità. »
32Sandra Sabattini, journal, 7 septembre 1982 (prière ainsi datée dans l'homélie de béatification : « alla data del 7 settembre 1982 ha lasciato scritto questa preghiera »). Texte original italien : « Signore, fa' che ogni mia azione sia determinata dal fatto di volere il bene dei ragazzi, ogni minuto è un'occasione d'amore da prendere al volo. »
39Sandra Sabattini, journal, 27 avril 1984 (deux jours avant l'accident), tenu pour son testament spirituel. Texte original italien : « Non è mia questa vita che sta evolvendosi ritmata da un regolare respiro che non è mio… È tutto un dono su cui il "Donatore" può intervenire quando e come vuole. »
42Agnese Sabattini, mère de Sandra, parole rapportée après la mort de sa fille, page « La Vita » du site officiel de la cause : sandrasabattini.org/la-vita. Texte original italien : « Don, avevamo una santa in casa e non ce ne eravamo accorti! Prendi il libro e preghiamo come faceva Sandra » (première phrase citée dans l'article).
48Site officiel de la cause, « Il Miracolo », sandrasabattini.org : sandrasabattini.org/il-miracolo. Diagnostic : « adenocarcinoma del retto con invasione linfatiche », « metastasi massive a tutti i 37 linfonodi », tumeur de stade avancé, pronostic de quelques mois ; Stefano Vitali, 40 ans, père de maison-famille, assesseur de la commune de Rimini, ancien secrétaire personnel de Don Benzi ; en 2019 la commission médicale de la Congrégation juge la guérison « scientificamente inspiegabile », guérison « molto rapida, completa e duratura » ; le 2 octobre 2019 le pape François autorise la promulgation du décret sur le miracle attribué à l'intercession de Sandra.
51 53Vatican News (it), « È beata Sandra Sabattini. Semeraro: una artista della carità », 24 octobre 2021 : vaticannews.va. Béatification à Rimini présidée par le cardinal Semeraro (messe « gremita da numerose persone ») ; Sandra présentée comme « una artista della carità » et disciple de Don Oreste Benzi.
57 60Sandra Sabattini, journal, 4 octobre 1977. Texte original italien : « Non posso obbligare gli altri a pensarla come me, anche se credo che sia giusto. Posso solo far conoscere loro la mia gioia. »
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