Bienheureux Noël Pinot (1747-1794)

Le bienheureux Noël Pinot (1747-1794), curé du Louroux-Béconnais en Anjou, refusa le serment schismatique à la Constitution civile du clergé et vécut trois ans en prêtre réfractaire clandestin. Arrêté alors qu'il s'apprêtait à célébrer la messe, dans la nuit du 8 au 9 février 1794, il fut guillotiné à Angers douze jours plus tard, revêtu de ses habits sacerdotaux, entonnant l'Introibo ad altare Dei. Béatifié par Pie XI en 1926.

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Noël Pinot — né à Angers le 19 décembre 1747, mort guillotiné sur la place du Ralliement de la même ville le 21 février 1794 — fut curé du Louroux-Béconnais, en Anjou, durant les années les plus tourmentées de la Révolution française.[1][2] Prêtre réfractaire à la Constitution civile du clergé, il refusa publiquement, dès 1791, de prêter le serment schismatique qui aurait fait de lui un fonctionnaire de l'État plutôt qu'un ministre de l'Église, et choisit l'exil plutôt que la compromission.[3][4]

Revenu clandestinement dans sa paroisse en pleine guerre de Vendée, il continua d'y exercer son ministère dans une clandestinité totale, disant la messe la nuit dans des granges et des fermes isolées, jusqu'à son arrestation, dans la nuit du 8 au 9 février 1794, alors qu'il se préparait à célébrer les saints mystères à la ferme de la Milandrie.[5][6] Traduit devant la commission militaire révolutionnaire d'Angers, il fut condamné à mort et exécuté douze jours plus tard, revêtu de ses habits sacerdotaux — chasuble, aube et étole qu'il portait au moment de son arrestation —, entonnant sur l'échafaud même les premiers mots de la messe latine : Introibo ad altare Dei, « Je monterai vers l'autel de Dieu ».[7][8]

Cette mort, où le prêtre offre littéralement sa propre existence comme le sacrifice qu'il n'a jamais pu célébrer en paix, a fait de Noël Pinot l'une des figures les plus saisissantes du martyre sacerdotal de la Révolution française. Il fut béatifié à Rome par le pape Pie XI le 31 octobre 1926, près de soixante ans avant la reconnaissance d'un groupe beaucoup plus large : les quatre-vingt-dix-neuf martyrs d'Angers, béatifiés en 1984 — simple antériorité, sans filiation procédurale établie entre les deux causes.[9][10]

Cet article retrace la vie de Noël Pinot depuis son enfance angevine jusqu'à son ministère clandestin et son martyre, avant d'examiner la reconnaissance ecclésiale de son sacrifice et la mémoire qu'il laisse aujourd'hui encore au Louroux-Béconnais et dans le diocèse d'Angers.

En quelques dates

  1. 19 décembre 1747
    Naissance à Angers

    Noël Pinot naît à Angers, dernier des seize enfants d'un tisserand ; son père meurt alors qu'il n'a que huit ans.[11][12]

  2. 22 décembre 1770
    Ordination sacerdotale

    Après ses études au séminaire d'Angers, Noël Pinot est ordonné prêtre.[13][14]

  3. 1772-1788
    Vicariats et aumônerie

    Vicaire à Bousse, enseignant à Montsabert (Coutures), puis vicaire à Corzé (1776-1781) ; aumônier de l'hospice des Incurables d'Angers à partir d'août 1781.[15][16]

  4. 14 septembre 1788
    Curé du Louroux-Béconnais

    L'évêque d'Angers le confirme curé du Louroux-Béconnais, où il se donne sans compter aux plus pauvres de sa paroisse.[17]

  5. 27 février 1791
    Refus public du serment

    Un dimanche, Noël Pinot monte en chaire pour expliquer solennellement à ses paroissiens pourquoi il refuse le serment schismatique à la Constitution civile du clergé.[18][19]

  6. 5 mars 1791
    Arrestation et exil

    Arrêté et condamné à deux ans d'exil hors de sa paroisse par le tribunal de district, il se réfugie à Beaupréau tout en poursuivant clandestinement son ministère.[20][21][22]

  7. 23 juin 1793
    Retour clandestin au Louroux

    Profitant des succès militaires vendéens, il rentre secrètement dans sa paroisse et reprend un ministère entièrement caché.[23]

  8. Nuit du 8 au 9 février 1794
    Arrestation à la Milandrie

    Dénoncé, il est surpris dans la nuit du 8 au 9 février 1794, en aube et en étole, alors qu'il s'apprête à célébrer la messe dans une ferme du Louroux-Béconnais ; on le découvre caché dans un coffre de bois.[24][25]

  9. 21 février 1794
    Martyre place du Ralliement

    Condamné par la commission militaire révolutionnaire, il est guillotiné à Angers, revêtu de ses ornements sacerdotaux, en récitant les premiers mots de la messe.[26][27]

  10. 31 octobre 1926
    Béatification par Pie XI

    Le pape Pie XI le béatifie à Rome, reconnaissant son martyre en haine de la foi.[28][29]

  11. 19 février 1984
    Béatification des 99 martyrs d'Angers

    Jean-Paul II béatifie quatre-vingt-dix-neuf autres victimes de la Terreur dans le diocèse d'Angers, près de soixante ans après la béatification de Noël Pinot, sans filiation procédurale établie entre les deux causes.[30]

Un enfant d'Angers dans une famille nombreuse (1747-1770)

Naissance dans une famille de tisserands

Noël Pinot naît à Angers le 19 décembre 1747. Il est le dernier d'une famille de seize enfants, né d'un père tisserand dont le métier, modeste mais honorable, nourrit tant bien que mal cette maisonnée nombreuse.[31][32] Le petit Noël perd son père alors qu'il n'a que huit ans, épreuve précoce qui marque son enfance et l'oriente très tôt vers une piété sérieuse, nourrie par une mère et des aînés attachés à la pratique religieuse.[33]

Cette origine populaire n'est pas un détail anecdotique : elle éclaire tout le reste de sa vie. Devenu prêtre, puis curé, Noël Pinot ne cessera jamais de se sentir proche des pauvres et des petites gens — non par posture, mais parce qu'il en est réellement issu.

La formation au séminaire d'Angers

Repéré pour sa piété et son sérieux, le jeune Noël entre au séminaire d'Angers, où il reçoit une formation littéraire et théologique solide.[34] Ses supérieurs le jugent digne du sacerdoce et, au terme de ses études, il est ordonné prêtre le 22 décembre 1770, à l'âge de vingt-trois ans.[35][36] Fait rare et révélateur de son goût pour l'étude, il obtiendra plus tard, déjà prêtre depuis longtemps, un diplôme de maître ès arts de l'université d'Angers, à quarante et un ans passés.[37]

Dix-huit années de ministère avant la Révolution (1770-1788)

Vicaire itinérant en Anjou

Les dix-huit années qui suivent son ordination sont celles d'un prêtre de terrain, envoyé d'une paroisse à l'autre selon les besoins du diocèse. Il est d'abord vicaire à Bousse, dans le Maine angevin, puis enseigne quelque temps à l'école de Montsabert, sur la commune de Coutures.[38][39] De 1776 à 1781, il exerce comme vicaire à Corzé, aux portes d'Angers.[40]

PériodeFonctionLieu
1770 (déc.)Ordination sacerdotaleAngers
v. 1772VicaireBousse (Sarthe)
Années 1770Enseignant à l'école de MontsabertCoutures (Maine-et-Loire)
1776-1781VicaireCorzé (Maine-et-Loire)
Août 1781-1788Aumônier de l'hospice des IncurablesAngers
14 septembre 1788-1791CuréLe Louroux-Béconnais (Maine-et-Loire)

Lecture du tableau : ce parcours, avant la Révolution, dessine déjà un homme rompu au service des plus fragiles — malades incurables, paroissiens ruraux modestes — bien avant que la persécution révolutionnaire ne le rejoigne.[41][42]

Aumônier des Incurables d'Angers

Ministère et charité — infographie originale Ignispedia créée par IA. Évocations symboliques. Repères : Association Noël Pinot, source citée dans l’article.

En août 1781, Noël Pinot devient aumônier de l'hospice des Incurables d'Angers, établissement qui accueille les malades chroniques et les mourants que la médecine du temps ne peut plus soulager.[43][44] Ce ministère auprès des plus démunis, prolongé pendant sept années, forge en lui une habitude de charité concrète et de proximité avec la souffrance qui ne le quittera plus : accompagner les mourants, préparer les âmes au grand passage, servir sans se ménager.

Le « premier pauvre de sa paroisse » selon la tradition biographique

Le 14 septembre 1788, l'évêque d'Angers confirme Noël Pinot dans la charge de curé du Louroux-Béconnais, petite paroisse rurale au nord-ouest d'Angers.[45][46] Le nouveau curé s'y installe avec une radicalité qui frappe ses contemporains : il renonce à l'essentiel de son bien, vit dans une chambre modeste et non chauffée, et distribue le plus clair de ses revenus aux pauvres de sa paroisse.[47][48]

La tradition biographique résume ainsi son programme : il aurait voulu être, selon le mot rapporté, « le premier pauvre de sa paroisse » — formule transmise par les récits postérieurs, dont l'article d'Aleteia, mais non attestée au verbatim dans la biographie documentée de Ségur (1881).[49][50]

Cette phrase, rapportée par ses biographes comme le programme même de son ministère, dit tout de l'homme : il ne conçoit pas d'être le pasteur d'un peuple pauvre sans en partager, autant qu'il le peut, la condition matérielle. Ses contemporains décrivent un prêtre qui se dépense sans compter au service du salut des âmes et du soulagement des corps, visitant les malades, secourant les indigents, refusant tout confort qui l'aurait distingué de ses paroissiens les plus démunis.[51]

La Constitution civile du clergé et le refus du serment (1790-1791)

Une loi qui soumet l'Église à l'État

Le refus du serment — infographie originale Ignispedia créée par IA. Document et personnages évoqués, sans fac-similé. Repères : Association Noël Pinot et notes de la section.

Le 27 novembre 1790, l'Assemblée nationale promulgue le décret imposant à tous les prêtres en fonction un serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, texte qui réorganise l'Église de France sur des bases entièrement civiles : évêques et curés élus par les citoyens actifs, diocèses calqués sur les nouveaux départements, rupture de fait avec l'autorité canonique du Saint-Siège.[52] Ce texte, condamné par le pape Pie VI dans les mois qui suivent, place chaque prêtre de France devant un choix de conscience radical : prêter serment et rester en fonction sous l'autorité de l'État, ou refuser et s'exposer à la destitution, puis à la persécution.

Le contexte général de cette crise — la déchristianisation révolutionnaire, la persécution du clergé réfractaire, les violences qui suivront jusqu'à la Terreur — est développé plus largement dans La crise dans l'Église et la déchristianisation. Noël Pinot en offre un cas exemplaire, vécu depuis une petite paroisse rurale de l'Anjou.

Le refus expliqué en chaire le 27 février 1791

Sommé par le maire du Louroux-Béconnais de prêter serment dès le 23 janvier 1791, à la sortie de la messe, Noël Pinot refuse fermement, sans esquive ni ambiguïté.[53] Il ne s'agit pas d'un simple réflexe de prudence : quelques semaines plus tard, un dimanche 27 février 1791, il monte à nouveau en chaire, entièrement revêtu de ses habits liturgiques, pour exposer publiquement et posément à ses paroissiens les raisons théologiques de son refus.[54][55]

Selon la tradition biographique, il y aurait expliqué en substance que ses pouvoirs spirituels ne lui venaient que de Dieu et non d'une loi civile ; la formulation exacte de ses paroles n'est toutefois pas établie : Ségur (1881) reproduit de ce discours la version documentée du procès-verbal municipal, qui ne contient pas cette phrase au verbatim.[56][57]

Le maire, présent dans l'assemblée, tente de l'interrompre ; mais les paroissiens, attachés à leur curé, prennent sa défense.[58] Ce moment — un prêtre qui explique calmement à son peuple, en pleine église, pourquoi il n'obéira pas à une loi qui prétend soumettre le sacré au civil — deviendra emblématique de toute une génération de prêtres réfractaires en Anjou et en Vendée.

Arrestation et premier exil (mars 1791)

La sanction ne tarde pas. Le 5 mars 1791, Noël Pinot est arrêté et condamné à deux ans d'exil hors de sa paroisse par le tribunal du district.[59][60][61] Chassé de sa paroisse, il trouve refuge à Beaupréau, à quelques dizaines de kilomètres du Louroux, sans pour autant renoncer à son sacerdoce : depuis cet exil, il continue d'exercer un ministère discret et encourage plusieurs prêtres ayant prêté le serment schismatique à rétracter leur engagement.[62]

Le prêtre réfractaire clandestin (1791-1794)

Le retour en pleine guerre de Vendée

La situation politique et militaire bascule au printemps 1793 avec le soulèvement vendéen. Profitant des succès militaires des armées catholiques et royales dans l'ouest de l'Anjou, Noël Pinot rentre clandestinement au Louroux-Béconnais le 23 juin 1793.[63] Il ne s'agit pas d'un retour paisible : la région bascule dans une guerre civile d'une extrême dureté, et la répression contre les prêtres réfractaires et leurs soutiens s'intensifie à mesure que les colonnes républicaines reprennent le contrôle du territoire.

Un ministère entièrement caché

Exil, retour, arrestation et martyre — infographie originale Ignispedia créée par IA. Parcours schématique ; les lieux ne sont pas reconstitués. Repères : Association Noël Pinot et notes du récit.

Pendant près de huit mois, entre son retour de juin 1793 et son arrestation de février 1794, Noël Pinot exerce un ministère intégralement clandestin.[64] Il change fréquemment de refuge, dort dans des granges, des greniers, des fermes isolées, et célèbre la messe de nuit, le plus souvent à la lueur d'une chandelle, pour de petits groupes de fidèles avertis discrètement.[65][66] Administrer les sacrements dans ces conditions suppose une vigilance de tous les instants : chaque messe risque d'être la dernière, chaque visage inconnu peut être celui d'un dénonciateur.

Ce dépouillement extrême — plus de presbytère, plus de sécurité, plus même d'habit ecclésiastique visible en public — rejoint directement ce que la tradition biographique présente comme son programme de 1788 : être « le premier pauvre de sa paroisse » : la persécution ne fait qu'accomplir, de façon plus radicale encore, le dépouillement volontaire que Noël Pinot s'était déjà imposé.

L'arrestation à la Milandrie (nuit du 8 au 9 février 1794)

La trahison

Dans la nuit du 8 au 9 février 1794, alors qu'il s'apprête à célébrer la messe dans une grange de la ferme de la Milandrie, chez la veuve Pelletier-Taillandier, au Louroux-Béconnais, Noël Pinot est surpris et arrêté.[67][68] Selon plusieurs biographes, l'homme qui livre sa cachette aux soldats républicains est un ancien bénéficiaire de sa charité — un « ingrat », comme le disent les récits traditionnels, parfois nommé Niquet, qui le dénonce contre récompense.[69][70]

Les récits traditionnels résument ainsi la scène : c'est au moment où il se préparait à célébrer la messe que Noël Pinot est arrêté, dans la nuit du 8 au 9 février 1794.[71]

Découvert dans un coffre de bois

Au moment où les soldats font irruption, Noël Pinot tente de se dissimuler dans un coffre de bois — une maie, meuble destiné à pétrir et conserver le pain —, avec tous les ornements nécessaires pour dire la messe.[72] La scène est saisissante : un prêtre découvert non les mains vides, mais entouré des objets mêmes de son sacerdoce — calice, ornements, linges liturgiques — preuve matérielle, aux yeux de ses accusateurs, de ce « crime » de fidélité qu'ils s'apprêtent à punir de mort.

Le procès et la Terreur en Anjou

La commission militaire révolutionnaire

Conduit à Angers, Noël Pinot est déféré devant la commission militaire révolutionnaire, tribunal d'exception mis en place dans le contexte de la répression de la guerre de Vendée, qui juge sans appel possible les prêtres réfractaires, les rebelles et leurs soutiens.[73][74] Le procès est expéditif : la seule preuve retenue contre lui est d'avoir exercé son sacerdoce malgré son statut de réfractaire — ce qui, dans la logique de la Terreur en Anjou, suffit à la peine capitale.

La réponse à l'échafaud en habits sacerdotaux

Un détail rapporté par plusieurs biographes éclaire la lucidité et la paix intérieure de Noël Pinot au sortir de son procès : informé qu'il serait autorisé, par dérision, à monter à l'échafaud revêtu de ses habits sacerdotaux — chasuble, aube et étole —, il aurait répondu sans hésiter, selon la tradition biographique, que ce serait pour lui une grande satisfaction ; la formulation exacte de sa réponse n'est toutefois pas établie au verbatim dans les biographies de référence.[75][76]

Ce que ses geôliers conçoivent comme une humiliation supplémentaire — livrer aux regards un prêtre affublé des signes ridiculisés de son état — Noël Pinot le reçoit à l'inverse comme une grâce : mourir en prêtre, visiblement, jusqu'au bout.

Le martyre du 21 février 1794

« Introibo ad altare Dei »

La place du Ralliement en 2011 : une vue contemporaine du lieu de l’exécution, sans reconstitution de son état en 1794. Émeric, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le 21 février 1794 — le 3 ventôse an II du calendrier révolutionnaire —, à quinze heures, Noël Pinot est conduit à la place du Ralliement, à Angers, entièrement vêtu de ses ornements sacerdotaux.[77][78] Les témoins le décrivent recueilli et calme, comme son divin Maître, marchant vers l'échafaud les mains liées derrière le dos, le cœur joyeux, les yeux levés au ciel.[79]

Au pied de l'échafaud, ou en y montant selon les versions, il entonne les paroles latines qui ouvrent traditionnellement la messe :

« Introibo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat juventutem meam. » — « Je monterai vers l'autel de Dieu, vers Dieu qui réjouit ma jeunesse. » — Noël Pinot, sur l'échafaud, citant l'introït de la messe (Psaume 42/43)[80]

Le choix de ces mots n'est pas fortuit : surpris au moment où il se préparait à célébrer la messe, Noël Pinot reprend sur l'échafaud même le sacrifice empêché. Sa mort devient, dans l'esprit de ceux qui la rapportent, le prolongement liturgique de la messe que ses bourreaux l'ont empêché de célébrer à la Milandrie.

Les dernières paroles attribuées

Un dernier mot lui est attribué, résumé de toute sa foi et de tout son abandon au moment suprême : selon la tradition biographique, il aurait dit en substance que, Dieu ayant donné sa vie pour lui, c'était avec joie qu'il donnait la sienne pour Dieu ; la formulation exacte de ces dernières paroles n'est toutefois pas établie au verbatim dans les biographies de référence.[81][82]

Il meurt guillotiné, à l'âge de quarante-six ans — certaines sources hagiographiques anciennes comptent quarante-sept ans, en soustrayant simplement les millésimes 1794 et 1747 sans tenir compte du mois de naissance.[83] Son corps est inhumé sans les honneurs, comme celui de tant d'autres victimes de la Terreur angevine.

La spiritualité du bienheureux Noël Pinot

Le prêtre jusqu'au bout

Service, sacerdoce et témoignage — infographie originale Ignispedia créée par IA. Synthèse visuelle du texte ; sources : Association Noël Pinot et Catéchisme § 2473, cités dans l’article.

Ce qui frappe le plus, dans la vie de Noël Pinot, n'est pas seulement le courage de son refus de 1791, mais la cohérence totale entre son ministère paisible d'avant la Révolution et sa mort violente de 1794. Le curé que la tradition biographique dépeint comme voulant être « le premier pauvre de sa paroisse » au Louroux-Béconnais est le même homme qui, six ans plus tard, remercie qu'on le laisse mourir en habits sacerdotaux. Il n'y a, chez lui, aucune rupture entre l'humilité du service quotidien et l'héroïsme du dernier instant : l'un prépare directement l'autre.

Le martyre comme suprême témoignage

L'Église a toujours reconnu dans une mort comme celle de Noël Pinot bien plus qu'un fait divers tragique de l'histoire révolutionnaire : un véritable acte de foi porté jusqu'à son terme absolu.

« Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi ; il désigne un témoin qui va jusqu'à la mort. Le martyr rend témoignage au Christ mort et ressuscité, auquel il est uni par la charité. Il rend témoignage à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2473[84]

Reconnu martyr in odium fidei — mis à mort en haine de la foi — Noël Pinot n'a pas eu besoin, pour sa béatification, d'un miracle attribué à son intercession : le martyre dûment authentifié dispense du miracle requis pour la béatification ; la canonisation, elle, requerra ensuite un miracle attribué à son intercession.[85]

Un sacerdoce vécu jusque dans le refus

Le refus du serment de 1791 mérite d'être relu à la lumière de cette cohérence. Il ne s'agit pas, chez Noël Pinot, d'un attachement politique à l'Ancien Régime : sa déclaration du 27 février 1791 est tout entière théologique — selon la tradition biographique, la conviction que ses pouvoirs spirituels ne lui venaient que de Dieu et non d'une loi civile. Ce que défend le curé du Louroux-Béconnais, c'est la nature même du sacerdoce catholique, qui ne peut être ni octroyé ni retiré par un vote d'assemblée civile. C'est très exactement cette conviction, tenue sans compromis pendant plus de trois ans de clandestinité, qui le conduit à l'échafaud.

De la Terreur aux autels : la reconnaissance du martyre

L'enquête et la cause de béatification

Deux causes distinctes — infographie originale Ignispedia créée par IA. Figures symboliques. Repères : Association Noël Pinot et homélie de Jean-Paul II, 19 février 1984, cités dans l’article.

La mémoire de Noël Pinot ne s'éteint pas avec la Terreur. Portée par le diocèse d'Angers et nourrie des témoignages recueillis dans les décennies suivantes, sa cause de béatification est instruite au cours du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle, notamment grâce aux travaux biographiques de l'abbé François Uzureau, du marquis de Ségur — auteur en 1881 d'Une victime de la Constitution civile du clergé, Noël Pinot, curé du Louroux-Béconnais — puis d'Ernest Laurain en 1912 et d'Alexis Crosnier, dont la biographie de référence paraît en 1926, l'année même de la béatification.[86][87]

La béatification par Pie XI (1926)

Le 31 octobre 1926, le pape Pie XI béatifie Noël Pinot à Rome, reconnaissant officiellement son martyre en haine de la foi.[88][89] Sa fête est fixée au 21 février, jour anniversaire de son exécution.

Les quatre-vingt-dix-neuf martyrs d'Angers (1984)

La béatification de Noël Pinot en 1926 précède de près de soixante ans une reconnaissance beaucoup plus large des victimes de la Terreur dans le diocèse d'Angers, sans filiation procédurale établie entre les deux causes. Le 9 juin 1983, un décret reconnaît le martyre de quatre-vingt-dix-neuf autres victimes — douze prêtres, trois religieuses et quatre-vingt-quatre laïcs, dont quatre-vingts femmes — exécutées en 1793 et 1794 pour leur fidélité à l'Église catholique et romaine.[90] Le 19 février 1984, le pape Jean-Paul II les béatifie collectivement à Rome, sous la conduite de leur doyen, le prêtre Guillaume Repin, exécuté à quatre-vingt-quatre ans.[91]

Dans son homélie, Jean-Paul II rappelle que ces très nombreux martyrs du diocèse d'Angers ont accepté la mort parce qu'ils voulaient, selon le mot même de Guillaume Repin, garder leur foi et leur religion, fermement attachés à l'Église catholique et romaine.[92]

AnnéePapeMartyrs reconnusParticularité
1926Pie XINoël Pinot (seul)Première reconnaissance individuelle d'un prêtre réfractaire angevin guillotiné en 1794
1984Jean-Paul II99 martyrs d'Angers (12 prêtres, 3 religieuses, 84 laïcs)Reconnaissance collective, sous la conduite du prêtre Guillaume Repin

Lecture du tableau : la cause de Noël Pinot, instruite dès le XIXᵉ siècle, précède et annonce la reconnaissance beaucoup plus large accordée en 1984 à l'ensemble des martyrs de la Terreur dans le diocèse d'Angers, dont il demeure la figure la plus connue.[93]

Postérité et culte

La statue de la cathédrale d'Angers

La mémoire de Noël Pinot demeure vivante dans le diocèse d'Angers. Une statue le représentant montant vers « l'autel de Dieu », en habits sacerdotaux, se trouve dans la cathédrale Saint-Maurice d'Angers, rappelant aux visiteurs la scène de son martyre.[94]

Le Louroux-Béconnais, une paroisse sous son patronage

L’actuelle église Saint-Aubin du Louroux-Béconnais, photographiée en 2024. GO69, Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

La paroisse actuelle du Louroux-Béconnais, en Haut-Anjou, demeure placée sous le patronage de son ancien curé martyr.[95] Le diocèse d'Angers continue de proposer la figure de Noël Pinot comme modèle contemporain de foi courageuse, notamment à l'occasion de sa fête liturgique du 21 février.[96]

Une association dédiée à sa mémoire

Une association Noël Pinot entretient aujourd'hui la mémoire biographique et spirituelle du bienheureux, rassemblant archives, biographies et éléments de sa cause de béatification, et perpétuant localement le pèlerinage à ses lieux de vie et de martyre.[97]

Ce que le bienheureux Noël Pinot enseigne aujourd'hui

La figure de Noël Pinot parle avec une force particulière à une époque où l'on interroge souvent la place de l'Église face au pouvoir civil. Il n'oppose pas la foi à l'obéissance légitime à l'autorité temporelle : il rappelle simplement qu'aucune loi civile, si légale soit-elle en apparence, ne peut disposer du sacerdoce catholique ni contraindre la conscience d'un prêtre à trahir sa mission. Cette conviction — que ses pouvoirs spirituels ne lui venaient que de Dieu —, tenue jusqu'à l'échafaud, reste un repère limpide pour discerner, aujourd'hui encore, jusqu'où va la légitime obéissance et où commence la fidélité qui ne se négocie pas.

Sa mort dit aussi une vérité plus intime : un prêtre surpris au moment de célébrer la messe, dépouillé de tout sauf des ornements de son sacerdoce, offre sur l'échafaud le sacrifice que la haine l'a empêché de célébrer. Noël Pinot n'a pas cherché le martyre ; il a simplement continué, jusqu'au bout, d'être ce qu'il avait choisi d'être dès 1788 : le premier pauvre de sa paroisse, et le dernier fidèle à son autel.

Pour aller plus loin

Notes et références

Notes et références

  1. Wikipédia (français), article « Noël Pinot ». Naissance à Angers le 19 décembre 1747 ; père tisserand, mort quand Noël a huit ans ; ordination le 22 décembre 1770 ; vicaire à Bousse, procureur en 1772, vicaire à Coutures puis à Corzé ; aumônier des Incurables d'Angers en août 1781 ; curé du Louroux-Béconnais confirmé par l'évêque le 14 septembre 1788 ; zèle pour le salut des âmes et charité envers les pauvres ; promulgation de la Constitution civile du clergé le 27 novembre 1790 ; refus réitéré du serment schismatique ; déclaration en chaire le dimanche 27 février 1791 ; arrestation le 5 mars 1791, condamnation à l'exil par le tribunal de district ; réfugié à Beaupréau, encourage des prêtres jureurs à se rétracter ; retour au Louroux le 23 juin 1793 après les succès vendéens ; arrestation dans la nuit du 8 au 9 février 1794 chez la veuve Pelletier-Taillandier, à la Milandrie, caché dans un coffre de bois (une maie) avec tous les ornements nécessaires pour dire la messe ; exécution le 21 février 1794 à la place du Ralliement ; mort à 46 ans ; béatification par Pie XI le 31 octobre 1926. Bibliographie citée : abbé François Uzureau (notice biographique pour le procès de béatification), marquis de Ségur, Une victime de la Constitution civile du clergé, Noël Pinot, curé du Louroux-Béconnais (1881), Mgr Francis Trochu, La Vie du bienheureux Noël Pinot (réédition 1988).

    1 4 6 10 11 15 17 18 21 24 31 33 38 41 43 45 51 52 54 60 62 67 72 74 83
  2. Nominis (Conférence des évêques de France), « Bienheureux Noël Pinot » : nominis.cef.fr/contenus/saint/676/Bienheureux-Noël-Pinot.html. Curé du Louroux-Béconnais, refus du serment à la Constitution civile du clergé ; arrêté alors qu'il se préparait à célébrer une messe clandestine dans une grange, peu avant minuit ; exécuté le 21 février 1794, revêtu par dérision de ses vêtements sacrés, cette dernière messe devenant sa dernière messe sur terre ; béatifié en 1926 ; fête locale le 21 février.

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  3. Wikipedia (anglais), article « Noël Pinot » : en.wikipedia.org/wiki/Noël_Pinot. Naissance à Angers le 9/19 décembre 1747, dernier de seize enfants d'un tisserand ; ordination le 22 décembre 1770 ; vicaire à Bousse (Sarthe) dès 1772 ; chapelain à Angers en août 1781 ; curé du Louroux-Béconnais en septembre 1789 [date erronée : septembre 1788, confirmé le 14 septembre 1788 d'après Ségur (1881) et l'Association Noël Pinot] ; refus du serment à la Constitution civile du clergé ; arrestation le 27 février puis le 5 mars 1791, condamnation à l'exil ; retour clandestin en 1793 après les victoires vendéennes ; arrestation dans la nuit du 8 au 9 février 1794 à la ferme de la Milandrie, au Louroux-Béconnais, pendant une messe clandestine ; comparution devant la commission militaire révolutionnaire d'Angers ; exécution le 21 février 1794 (3 ventôse an II) place du Ralliement, en habits sacerdotaux portés lors de son arrestation ; récitation de l'Introibo ad altare Dei en montant à l'échafaud ; béatification par Pie XI le 31 octobre 1926 ; fête le 21 février ; statue le représentant montant vers « l'autel de Dieu » dans la cathédrale d'Angers.

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  4. Association Noël Pinot, « Noël Pinot : Vie et Martyre du Bienheureux Prêtre d'Angers » : associationnoelpinot.fr/Le_bienheureux_Noel_PINOT.i.htm. Naissance à Angers le 19 décembre 1747 (baptisé le lendemain à l'église Saint-Martin), fils de René Pinot et Claudine La Grois ; formation littéraire et théologique solide, élévation au sacerdoce ; premier ministère à Bousse ; vicaire à Corzé de 1776 à 1781 ; aumônier des Incurables près de la paroisse Saint-Martin ; nommé curé du Louroux-Béconnais en 1788, confirmé par l'évêque le 14 septembre ; zèle pour le salut des âmes, charité extraordinaire envers les pauvres, se dépensant sans compter ; promulgation de la Constitution civile le 27 novembre 1790 ; refus réitéré, à plusieurs reprises, du serment schismatique ; condamnation à deux ans d'exil hors de sa paroisse ; pendant l'exil, il convainc plusieurs prêtres jureurs de se rétracter ; retour au Louroux le 23 juin 1793 après les victoires catholiques et royales en Vendée ; poursuite du ministère malgré la persécution renouvelée, plusieurs fois échappé de justesse aux perquisitions ; trahi par un ingrat, saisi, outragé et maltraité ; refus du serment inique et schismatique jusqu'au procès sommaire ; condamnation à mort ; revêtu de ses habits sacerdotaux, il monte au sacrifice en prononçant Introibo ad altare Dei ; exécution à Angers ; béatification par Pie XI le 31 octobre 1926, fête le 21 février.

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  5. France Catholique, « Le bienheureux Noël Pinot, prêtre et martyr de 1794 » : france-catholique.fr/le-bienheureux-noel-pinot-pretre-et-martyr-de-1794.html. Diplôme de maître ès arts obtenu à l'université d'Angers à quarante et un ans ; curé du Louroux-Béconnais, dévoué aux plus pauvres de sa paroisse avec humilité ; déclaration publique en chaire le 27 février 1791 justifiant son refus de devenir fonctionnaire de l'État ; refus du serment de la Constitution civile du clergé ; vie de prêtre réfractaire pendant trois ans, messes célébrées en secret ; arrestation à minuit le 8 février 1794 dans une grange du hameau de la Milandrie, découvert caché dans un coffre de bois après dénonciation ; coups, insultes et crachats subis lors de son arrestation ; le président du tribunal, un prêtre défroqué, décide délibérément qu'il ira au supplice en habits sacrés ; exécution par guillotine le 21 février 1794 à quinze heures, place du Ralliement, à Angers, à quarante-sept ans ; dernières paroles : « Mon Dieu qui avez donné votre vie pour moi, qu'avec plaisir je donne la mienne pour vous » ; récitation de l'Introibo ad altare Dei en montant à l'échafaud.

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  6. Wikipédia (français), article « Martyrs d'Angers ». Groupe de 99 prêtres, religieuses et laïcs du diocèse d'Angers exécutés en 1793 et 1794 pendant la Terreur ; décret reconnaissant leur martyre rendu le 9 juin 1983 ; composition du groupe : douze prêtres, trois religieuses (deux Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul et une bénédictine des Filles du Calvaire) et quatre-vingt-quatre laïcs (quatre hommes, quatre-vingts femmes) ; doyen du groupe, le prêtre Guillaume Repin, exécuté à quatre-vingt-quatre ans ; béatification par Jean-Paul II le 19 février 1984, à Rome ; sélection des cas fondée sur les archives, les interrogatoires et le motif de condamnation (haine de la foi).

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  7. Iconographie chrétienne (blog documentaire), « Bienheureux Noël Pinot, prêtre et martyr » : har22201.blogspot.com/2015/02/bienheureux-noel-pinot-pretre-et-martyr.html. Naissance à Angers le 19 décembre 1747, famille de tisserand ; ordination en 1770 ; ministère dans plusieurs paroisses, aumônier des Incurables d'Angers en 1781, curé du Louroux-Béconnais en 1788, désir d'être « le premier pauvre de sa paroisse » ; refus du serment de la Constitution civile du clergé ; déclaration en chaire le 27 février 1791 : « ses pouvoirs spirituels ne lui viennent que de Dieu et non d'une loi civile », interruption du maire, soutien des paroissiens ; expulsion de la paroisse, retour clandestin, ministère nocturne dans les fermes et granges pendant trois ans ; dénonciation par un ancien bénéficiaire de sa charité, surnommé Niquet, pour une récompense ; arrestation le 8 février 1794 alors qu'il se préparait à célébrer la messe, découvert caché dans un coffre de bois ; condamnation pour fanatisme ; proposition de monter à l'échafaud en habits liturgiques, réponse : « Oui, ce sera pour moi une grande satisfaction » ; exécution le 21 février 1794 à quinze heures ; dernières paroles : « Mon Dieu, qui avez donné votre vie pour moi, qu'avec plaisir je donne la mienne pour Vous » ; béatification par Pie XI en 1926.

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  8. 1000 Raisons de Croire (Marie de Nazareth), « La dernière messe de Noël Pinot (†1794) », utilisé ici uniquement comme index bibliographique vers les biographies de référence : marquis de Ségur, Une victime de la Constitution civile du clergé, Noël Pinot, curé du Louroux-Béconnais (1881) ; Ernest Laurain, Noël Pinot, curé du Louroux-Béconnais, Bulletin de la commission historique et archéologique de la Mayenne (1912) ; Alexis Crosnier, Le Bienheureux Noël Pinot, curé du Louroux-Béconnais, martyr sous la Terreur (1926) ; Mgr Francis Trochu, La Vie du bienheureux Noël Pinot (réédition 1988). Ségur (1881, texte intégral consulté) arbitre la date de la cure : nomination et confirmation le 14 septembre 1788, prise de possession le 14 septembre, jour de l'Exaltation de la Sainte-Croix ; il reproduit du discours du 27 février 1791 la version documentée du procès-verbal municipal. Récit de l'arrestation dans la nuit du 8 au 9 février 1794 et de l'exécution du 21 février 1794 à quinze heures, place du Ralliement, en habits sacerdotaux.

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  9. Aleteia, « Noël Pinot, premier pauvre de sa paroisse et martyr de la Révolution » : fr.aleteia.org/2019/02/20/noel-pinot-premier-pauvre-de-sa-paroisse-et-martyr-de-la-revolution. Naissance à Angers en 1747, dernier de seize enfants ; ordination en 1770 ; nommé curé du Louroux-Béconnais en septembre 1789 [date erronée : septembre 1788, confirmé le 14 septembre 1788 d'après Ségur (1881) et l'Association Noël Pinot] ; mot rapporté d'« être le premier pauvre de sa paroisse » (formule de la tradition biographique, non attestée au verbatim chez Ségur) ; refus du serment de la Constitution civile du clergé ; arrestation dans la nuit du 8 au 9 février 1794 pendant une messe clandestine à la ferme de la Milandrie ; comparution devant la commission militaire révolutionnaire ; exécution le 21 février 1794, en habits sacerdotaux, récitant l'Introibo ad altare Dei ; béatification par Pie XI en octobre 1926.

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  10. Réflexion chrétienne, « Bienheureux Noël Pinot, Prêtre et Martyr à Angers (†1794), fête le 21 février » : reflexionchretienne.fr/pages/vie-des-saints/fevrier/bienheureux-noel-pinot-pretre-et-martyr-a-angers-1794-fete-le-21-fevrier.html. Naissance à Angers dans une famille de tisserands pieuse ; ordination en 1770 ; ministère dans plusieurs paroisses puis curé du Louroux-Béconnais en 1788 ; sommé par le maire de prêter serment le 23 janvier 1791, à la sortie de la messe, refus ferme, statut de prêtre réfractaire ; déclaration en chaire le 27 février 1791, expliquant avec fermeté et douceur à ses paroissiens les raisons mûrement réfléchies de son refus de tout compromis avec la Constitution civile du clergé ; à son arrestation le 8 février 1794, proposition de monter à l'échafaud en habits sacerdotaux, acceptée comme une grande satisfaction ; exécution le 21 février 1794 à quinze heures, attitude recueillie et calme, comme son divin Maître ; béatification par Pie XI le 31 octobre 1926.

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  11. Catéchisme de l'Église catholique, § 2473-2474, texte intégral consulté via inquisition.ca/fr/livre/cec/2400_2499.htm (reproduction du texte officiel promulgué par Jean-Paul II en 1992). § 2473 : le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi, désignant un témoin qui va jusqu'à la mort ; le martyr rend témoignage au Christ mort et ressuscité, auquel il est uni par la charité, et à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. § 2474 : l'Église a recueilli avec soin le souvenir de ceux qui sont allés jusqu'au bout pour attester leur foi, archives de la Vérité écrites en lettres de sang.

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  12. Bibliothèque nationale de France (Gallica), notice bibliographique de l'ouvrage d'Alexis Crosnier, Le Bienheureux Noël Pinot, curé du Louroux-Béconnais, martyr sous la Terreur (19 décembre 1747-21 février 1794) : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9768165b. Biographie de référence publiée en 1926, année de la béatification, confirmant les dates de naissance (19 décembre 1747) et de mort (21 février 1794) de Noël Pinot, curé du Louroux-Béconnais, martyr sous la Terreur.

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  13. Jean-Paul II, homélie de la messe de béatification des martyrs d'Angers et du père Giovanni Mazzucconi, basilique Saint-Pierre, 19 février 1984 : vatican.va/content/john-paul-ii/fr/homilies/1984/documents/hf_jp-ii_hom_19840219_beatificazione-repin-mazzucconi.html. Le pape rappelle que les très nombreux martyrs du diocèse d'Angers, au temps de la Révolution, ont accepté la mort parce qu'ils voulaient, selon le mot de Guillaume Repin, garder leur foi et leur religion, fermement attachés à l'Église catholique et romaine.

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  14. Diocèse d'Angers, « Le bienheureux Noël Pinot, un modèle pour aujourd'hui » : diocese49.org/2025/02/le-bienheureux-noel-pinot-un-modele-pour-aujourdhui. Noël Pinot, né à Angers en 1747, curé du Louroux-Béconnais ; refus du serment de la Constitution civile du clergé et maintien clandestin de ses fonctions sacerdotales ; arrestation nocturne en 1794 alors qu'il célébrait dans une grange ; exécution à la guillotine revêtu de ses habits liturgiques ; béatification en 1926, reconnaissant sa confiance en Dieu inébranlable face à la persécution ; la paroisse du Louroux-Béconnais, en Haut-Anjou, porte son nom et demeure placée sous son patronage ; le diocèse d'Angers l'invoque comme modèle contemporain de foi courageuse.

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