Peu de mots catholiques sont aussi déformés que celui d'exorcisme. Le cinéma en a fait un spectacle : têtes qui tournent, voix caverneuses, prêtre terrifié face à un lit qui lévite. La réalité du grand exorcisme est tout autre : un rite sobre, prudent, soumis au contrôle de l'évêque et précédé d'un examen médical, qui ne s'adresse qu'à une minorité de cas, et dont l'arme n'est pas une formule magique mais l'autorité du Christ sur le mal.
Cet article répond simplement à la question : « que dit l'Église sur les exorcismes ? » — la définition exacte, les deux formes d'exorcisme, le fondement évangélique, qui a le droit de les pratiquer, comment l'Église discerne une vraie possession, le rapport avec la psychiatrie, et les armes ordinaires offertes à tout fidèle. Pour le traitement complet — histoire détaillée, démonologie de saint Thomas, Rituel de 1614, Padre Amorth, Association internationale des exorcistes, grands cas — on se reportera au dossier de référence L'exorcisme dans l'Église catholique. Ici, l'objet est la réponse claire et bien sourcée à la question fréquente.
Qu'est-ce qu'un exorcisme, exactement ?
La définition du Catéchisme
L'Église ne définit pas l'exorcisme comme un combat de magie, mais comme une prière d'autorité faite au nom du Christ. Le Catéchisme est précis :
« Quand l'Église demande publiquement et avec autorité, au nom de Jésus-Christ, qu'une personne ou un objet soit protégé contre l'emprise du Malin et soustrait à son empire, on parle d'exorcisme. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1673[1]
Trois mots commandent tout. « Publiquement » : ce n'est pas un rite secret, mais un acte officiel de l'Église. « Avec autorité » : l'exorciste ne combat pas par sa force propre, mais par celle qu'il a reçue. « Au nom de Jésus-Christ » : l'exorcisme n'a aucune efficacité magique, il n'agit que parce que le Christ a vaincu Satan. Retirer le Christ, c'est ne plus avoir qu'une incantation vide — ce que l'Église réprouve absolument comme superstition[2].
Le mot et la chose
Le terme vient du grec exorkismos, « adjuration » : sommer, au nom d'une autorité supérieure, une puissance mauvaise de se retirer. Le grand exorcisme joint la supplication adressée à Dieu et le commandement intimé au démon, au nom de Celui à qui « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 18)[3] — le Rituel prévoyant même que l'exorciste n'emploie que la formule de supplication (n. 28)[4]. Ce qui fait le grand exorcisme n'est donc pas la seule forme impérative : c'est son statut d'acte liturgique réservé au prêtre mandaté. C'est pourquoi un exorcisme n'est jamais un duel entre l'exorciste et le démon : c'est l'application, sur un cas particulier, de la victoire déjà acquise par le Christ à Pâques.
Ce qu'un exorcisme n'est pas
Pour répondre honnêtement à la question, il faut écarter d'abord les contresens les plus répandus :
- Ce n'est pas de la magie. La magie prétend contraindre les puissances invisibles par des formules ; l'exorcisme, lui, supplie Dieu et, dans sa forme solennelle, commande au démon par l'autorité du Christ, jamais par celle de l'homme.
- Ce n'est pas un spectacle. Le rite est habituellement discret, parfois étalé sur des mois, sans aucune des mises en scène du cinéma.
- Ce n'est pas la réponse ordinaire au mal. Le combat spirituel de tout chrétien passe d'abord par les sacrements, la prière et la conversion — pas par le grand exorcisme, réservé à des cas rares et vérifiés.
- Ce n'est pas un jugement sur la personne. Être éprouvé par le démon n'est pas un péché ni une honte : les plus grands saints ont été assaillis par lui.
Deux formes d'exorcisme : le mineur et le grand
Beaucoup ignorent que l'Église pratique deux exorcismes très différents, et que le plus courant n'a rien de spectaculaire.
L'exorcisme mineur : celui de tout baptisé
Le premier, dit exorcisme mineur ou simple, est intégré à la liturgie du Baptême. Avant de baptiser, le ministre prie pour que le candidat soit délivré de l'empire du péché et du Malin. Il ne suppose aucune possession : il exprime simplement que tout homme naît sous l'emprise du péché originel et a besoin d'être arraché au pouvoir des ténèbres pour passer à la lumière du Christ[5]. Des prières de ce type figurent aussi dans la bénédiction de l'eau et certains sacramentaux. Tout chrétien baptisé selon le rite ordinaire a donc déjà bénéficié d'un exorcisme mineur — le jour de son baptême. Font exception les baptêmes conférés dans l'urgence (danger de mort), que tout homme mû par une intention droite peut conférer (can. 861 § 2) selon un rite abrégé dépourvu de ces prières. Et les exorcismes du catéchuménat des adultes (scrutins) jalonnent, eux, la préparation qui précède le baptême, non le jour même[6].
Le grand exorcisme : sur une personne tenue pour possédée
Le second, l'exorcisme solennel ou grand exorcisme, est celui que vise l'imaginaire commun : il s'adresse à une personne que l'Église, après enquête, tient pour réellement soumise à l'action extraordinaire du démon. C'est lui qui est strictement encadré, réservé au prêtre mandaté, et soumis au discernement préalable.
Le tableau ci-dessous résume cette distinction, souvent confondue, à laquelle on ajoute un troisième acte — la prière de délivrance — qui n'est pas un exorcisme au sens strict.
| Acte | Sur qui ? | Par qui ? | Mandat de l'évêque ? |
|---|---|---|---|
| Exorcisme mineur | Tout baptisé (rite du Baptême) | Le ministre du Baptême | Non (rite ordinaire) |
| Grand exorcisme | Personne tenue pour possédée | Prêtre exorciste désigné | Oui, particulier et exprès |
| Prière de délivrance | Personne troublée / oppressée | Tout fidèle, en privé | Non — ce n'est pas un exorcisme |
La prière de délivrance — par laquelle un fidèle demande à Dieu d'être protégé du mal — est permise et même encouragée, mais elle ne s'adresse jamais directement au démon et ne requiert aucun mandat. Ce qui la distingue du grand exorcisme, c'est donc son statut privé et l'absence de ministre mandaté — non la seule forme, suppliante ou impérative, de la prière. La confondre avec le grand exorcisme est une erreur fréquente que les pasteurs s'emploient à corriger.
D'où l'Église tient-elle ce pouvoir ? Le Christ exorciste
Jésus chasse les démons
L'exorcisme n'est pas une invention médiévale : il remonte au ministère même de Jésus. Les évangiles le montrent chassant les démons dès les premières pages, à Capharnaüm, où il commande à l'esprit impur d'une parole brève :
« Jésus l'interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L'esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. » — Évangile selon saint Marc 1, 25-26 (AELF)[7]
Le plus célèbre de ces récits, l'exorcisme du possédé de Gérasa — où la légion de démons est envoyée dans un troupeau de porcs —, a son article dédié : L'exorcisme du possédé de Gérasa. Pour Jésus, chasser les démons est un signe du Royaume qui vient : « Mais, si c'est par l'Esprit de Dieu que moi, j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est venu jusqu'à vous » (Mt 12, 28, AELF)[8].
Le mandat donné à l'Église
Surtout, Jésus n'a pas gardé ce pouvoir pour lui : il l'a transmis. Il envoie les Douze deux par deux et « leur donnait autorité sur les esprits impurs » (Mc 6, 7, AELF)[9], et le Ressuscité promet que ce signe accompagnera les croyants :
« Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons […] » — Évangile selon saint Marc 16, 17 (AELF)[10]
C'est de là, dit le Catéchisme, « que l'Église tient le pouvoir et la charge d'exorciser »[11]. L'exorcisme catholique n'est donc pas une superstition tolérée, mais l'exercice d'un mandat reçu du Christ lui-même — ce qui explique aussi pourquoi l'Église l'entoure de tant de prudence.
L'Église croit-elle vraiment au démon et à la possession ?
Oui, sans détour. La foi catholique tient l'existence de Satan et des démons comme une donnée de la Révélation, non comme une image symbolique du mal. Les anges déchus sont des créatures spirituelles qui ont refusé Dieu ; leur action contre l'homme est réelle, mais limitée et permise par Dieu, jamais toute-puissante[12]. Cette doctrine est exposée en détail dans les articles Que dit l'Église sur les démons ? et Les anges et les démons dans la doctrine catholique.
Mais croire au démon n'oblige nullement à voir des possessions partout — c'est même le contraire. L'Église enseigne que l'action ordinaire du démon est la tentation, à laquelle chacun est exposé, et que la possession, action extraordinaire, demeure rare. Confondre les deux conduit aux deux excès que l'Église réprouve également : nier le démon (rationalisme) ou le voir partout (superstition).
Possession ou simple tentation ? Les degrés de l'action démoniaque
Les exorcistes distinguent usuellement plusieurs degrés d'action du démon, du plus fréquent au plus rare — grille reprise et systématisée notamment par Gabriele Amorth[13]. Seul le dernier appelle un grand exorcisme.
| Degré | Description | Fréquence (indicative) | Réponse |
|---|---|---|---|
| Tentation | Suggestion intérieure au mal | Universelle | Combat spirituel ordinaire |
| Vexation / oppression | Attaques extérieures, troubles physiques | Moins fréquente | Prière, sacrements, sacramentaux |
| Obsession | Pensées obsédantes imposées | Rare | Prière, accompagnement, discernement médical ; prières de supplication — jamais de grand exorcisme |
| Possession | Le corps comme dominé par le démon | Rarissime | Grand exorcisme par prêtre mandaté |
Les fréquences ci-dessus sont un ordre de grandeur usuel chez les exorcistes, non une statistique mesurée : seule la rareté de la possession plénière est attestée par leur expérience. Des pensées obsédantes, à elles seules, ne prouvent aucune origine démoniaque : le discernement médical (troubles obsessionnels-compulsifs, dépression) est ici le plus rigoureux.
La leçon pastorale est claire, selon les exorcistes eux-mêmes : la quasi-totalité des difficultés spirituelles — angoisses, tentations, troubles — ne relèvent pas du grand exorcisme, mais de la vie sacramentelle ordinaire et, souvent, d'un accompagnement humain et médical. Les degrés sont détaillés, avec leurs critères, dans le dossier L'exorcisme dans l'Église catholique.
Qui peut pratiquer un exorcisme ?
Un prêtre mandaté par l'évêque
C'est ici que l'Église se montre la plus stricte. Le grand exorcisme n'est pas un acte que n'importe quel prêtre, et encore moins un laïc, pourrait improviser. Le Code de droit canonique l'enferme dans une double condition :
« Personne ne peut légitimement prononcer des exorcismes sur les possédés, à moins d'avoir obtenu de l'Ordinaire du lieu une permission particulière et expresse. Cette permission ne sera accordée par l'Ordinaire du lieu qu'à un prêtre pieux, éclairé, prudent et de vie intègre. » — Code de droit canonique (1983), canon 1172, § 1-2[14]
Trois garde-fous, donc : l'exorciste doit être prêtre ; il doit recevoir une permission expresse de l'évêque (l'« Ordinaire du lieu ») ; et cette permission est réservée à un homme « pieux, éclairé, prudent et de vie intègre ». L'évêque désigne en général un ou quelques prêtres exorcistes pour son diocèse. Cette discipline protège à la fois les fidèles fragiles et la dignité du ministère.
Le Rituel romain de 1999
L'acte lui-même suit un livre liturgique précis, le Rituel romain De exorcismis et supplicationibus quibusdam (« Des exorcismes et de certaines supplications »), promulgué par décret du 22 novembre 1998, publié le 26 janvier 1999 sous saint Jean-Paul II et révisé en 2004[15]. Ce rituel insiste sur la prudence, la prière, l'usage des sacramentaux et — point capital — l'obligation de discerner d'abord la maladie. L'exorciste n'agit pas en franc-tireur : il applique un rite approuvé, sous l'autorité de l'évêque.
Comment l'Église discerne-t-elle une vraie possession ?
La médecine d'abord
Contrairement au cliché, l'exorciste agit avec une prudence probatoire. Avant tout grand exorcisme, l'Église exige qu'on s'assure qu'il ne s'agit pas d'une maladie. Le Catéchisme le dit en toutes lettres :
« Très différent est le cas des maladies, surtout psychiques, dont le soin relève de la science médicale. Il est important, donc, de s'assurer, avant de célébrer l'exorcisme, qu'il s'agit d'une présence du Malin, et non pas d'une maladie. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1673 (texte officiel, vatican.va)[16]
Ce discernement appartient au jugement de l'exorciste, qui s'entoure au besoin d'experts en médecine et en psychiatrie, sous l'autorité de l'évêque — à qui certains cas sont réservés (Rituel, §§ 17-18)[17]. Le schéma ci-dessous est indicatif : il ne décrit pas une procédure universelle identique en tout diocèse.
Les signes traditionnels — et leur prudence
Le Rituel et la tradition retiennent quelques signes susceptibles d'indiquer une présence démoniaque réelle : parler ou comprendre une langue inconnue, manifester une force disproportionnée, connaître des choses cachées, ou éprouver une aversion violente et inexplicable pour le sacré. Mais l'Église souligne qu'aucun signe pris isolément ne suffit : il faut un faisceau convergent, pesé avec prudence, et toujours après que la médecine a été consultée. Le discernement détaillé de ces signes est exposé dans le dossier L'exorcisme dans l'Église catholique et rejoint l'art plus large du discernement des esprits.
Exorcisme et psychiatrie ne s'opposent pas
L'Église ne demande jamais de choisir entre la foi et la médecine. Les exorcistes contemporains travaillent avec des médecins et des psychiatres, et renvoient sans hésiter vers le soin médical les cas qui en relèvent — c'est-à-dire, selon leur propre expérience, la plupart des demandes. Loin de disqualifier la psychiatrie, l'Église en fait le premier filtre : un trouble explicable médicalement n'est pas une possession, et prier un exorcisme sur un malade au lieu de le soigner serait une faute. La foi catholique n'a pas peur de la science ; elle s'en sert pour ne pas se tromper.
Faut-il avoir peur ? Les armes du fidèle ordinaire
À la question anxieuse — « et moi, suis-je en danger ? » — l'Église répond par la paix, non par la peur. Le démon est un vaincu ; le chrétien dispose d'armes simples et puissantes, qui n'ont rien d'extraordinaire :
- Les sacrements, d'abord : le Baptême qui arrache au pouvoir des ténèbres, la Confession qui rompt avec le péché, l'Eucharistie qui unit au Christ vainqueur.
- La prière, à commencer par le Notre Père — « délivre-nous du Mal » — et le Rosaire.
- Les sacramentaux : l'eau bénite, le crucifix, la médaille de saint Benoît, les images saintes.
- L'invocation de saint Michel Archange, dont la célèbre prière fut introduite dans les prières après la messe, sur l'ordre du pape Léon XIII, en 1886[18].
« Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat ; soyez notre protecteur contre la malice et les embûches du démon. » — Prière à saint Michel (prières après la messe, 1886 ; traduction française d'usage)[19]
Le combat spirituel ordinaire — résister à la tentation, fréquenter les sacrements, prier — est le vrai terrain où se joue, pour l'immense majorité des fidèles, la victoire sur le mal. Le grand exorcisme n'en est que le cas extrême et rare.
Quelques idées fausses, en bref
- « L'Église fait des exorcismes à tout bout de champ. » — Faux : le grand exorcisme est un acte rare, encadré, précédé d'un discernement médical.
- « N'importe quel prêtre peut pratiquer le grand exorcisme. » — Faux : il faut une permission expresse de l'évêque (canon 1172).
- « Les possessions de l'Évangile sont juste des maladies mentales mal comprises. » — L'Évangile lui-même distingue les deux : Mc 1, 32-34 sépare « ceux qui étaient atteints d'un mal » des « possédés par des démons », puis rapporte qu'« il guérit » les uns et qu'« il expulsa » les démons[20]. L'Église, qui exige d'écarter d'abord la maladie, suit cette distinction au lieu de la gommer : reconnaître la psychiatrie ne supprime pas la réalité du démon.
- « Croire au diable, c'est moyenâgeux. » — C'est une donnée constante de la foi, réaffirmée par les papes contemporains, de Jean-Paul II à aujourd'hui.
En résumé
À la question « que dit l'Église sur les exorcismes ? », on peut répondre en quelques certitudes. L'exorcisme est une prière d'autorité au nom du Christ, non une magie ; il existe sous une forme mineure (le Baptême de tout fidèle) et une forme solennelle (le grand exorcisme sur une personne possédée). L'Église tient ce pouvoir du Christ lui-même, qui l'a transmis à ses apôtres. Elle croit réellement au démon, mais tient la possession pour rare et exige qu'on écarte d'abord la maladie. Le grand exorcisme est réservé à un prêtre pieux mandaté par l'évêque, qui suit le Rituel de 1999 avec prudence et en lien avec la médecine. Enfin, pour tout fidèle, les vraies armes sont ordinaires : sacrements, prière, sacramentaux, confiance. Pour le dossier complet, voir L'exorcisme dans l'Église catholique.
Pour aller plus loin
- L'exorcisme dans l'Église catholique — le grand dossier : histoire, démonologie, Rituel de 1614 et de 1999, Padre Amorth, Association internationale des exorcistes, objections contemporaines.
- Les anges et les démons dans la doctrine catholique — qui sont les anges déchus, leur nature, leur chute, les limites de leur pouvoir.
- Que dit l'Église sur les démons ? — la réponse FAQ sur Satan et les démons.
- Que dit l'Église sur les anges gardiens ? — le versant lumineux du monde angélique.
- Qu'est-ce que le discernement des esprits ? — comment reconnaître l'origine d'une inspiration ou d'un trouble.
- L'exorcisme du possédé de Gérasa — le récit évangélique le plus célèbre, expliqué.
- Un catholique peut-il croire aux fantômes ? — une question voisine sur l'au-delà et le surnaturel.
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, § 1673 (texte officiel sur vatican.va, Libreria Editrice Vaticana). Extraits : « Quand l'Église demande publiquement et avec autorité, au nom de Jésus-Christ, qu'une personne ou un objet soit protégé contre l'emprise du Malin et soustrait à son empire, on parle d'exorcisme. […] Sous une forme simple, l'exorcisme est pratiqué lors de la célébration du Baptême. L'exorcisme solennel, appelé "grand exorcisme", ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission de l'évêque. Il faut y procéder avec prudence, en observant strictement les règles établies par l'Église. […] Très différent est le cas des maladies, surtout psychiques, dont le soin relève de la science médicale. Il est important, donc, de s'assurer, avant de célébrer l'exorcisme, qu'il s'agit d'une présence du Malin, et non pas d'une maladie. » (cf. CIC, can. 1172).
1 11 16Catéchisme de l'Église catholique, § 2117, op. cit. : la magie et la sorcellerie, par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les asservir, sont « gravement contraires à la vertu de religion ». Distinction essentielle : l'exorcisme prie et commande au nom du Christ, il ne contraint pas les esprits par une technique humaine.
2Évangile selon saint Matthieu 28, 18 (traduction liturgique AELF) : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. » Fondement de l'autorité au nom de laquelle l'Église exorcise.
3Rituel romain, De exorcismis et supplicationibus quibusdam (Des exorcismes et de certaines supplications), décret de la Congrégation pour le culte divin du 22 novembre 1998, volume publié le 26 janvier 1999 sous saint Jean-Paul II, editio typica emendata en 2004. Première refonte postconciliaire du rituel d'exorcisme — non première retouche depuis 1614 : le Rituel romain avait connu des éditions typiques révisées (1884, 1925, 1952), qui n'avaient apporté au rite lui-même que des modifications mineures. Le n. 28 autorise l'exorciste à n'employer que la formule de supplication ; les §§ 17-18 confient le discernement à son jugement, avec les experts nécessaires, et réservent certains cas à l'évêque.
4 15 17Catéchisme de l'Église catholique, § 1673, op. cit. : « Sous une forme simple, l'exorcisme est pratiqué lors de la célébration du Baptême. » Cf. aussi le rituel du Baptême des adultes (RICA) et des petits enfants.
5 6Évangile selon saint Marc 1, 25-26.32-34 (traduction liturgique AELF, aelf.org). Exorcisme du possédé de la synagogue de Capharnaüm, premier miracle public de Jésus chez Marc ; les vv. 32-34 distinguent « ceux qui étaient atteints d'un mal » et les « possédés par des démons ».
7 20Évangile selon saint Matthieu 12, 28 (traduction liturgique AELF) ; parallèle en Luc 11, 20. Les exorcismes de Jésus sont présentés comme signes de l'irruption du Royaume de Dieu.
8Évangile selon saint Marc 6, 7 (traduction liturgique AELF) : Jésus envoie les Douze deux par deux et « leur donnait autorité sur les esprits impurs ». Cf. Mc 3, 14-15 et Lc 10, 17 : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
9Évangile selon saint Marc 16, 17 (traduction liturgique AELF), finale longue de Marc : parmi les signes promis à « ceux qui deviendront croyants », « en mon nom, ils expulseront les démons ».
10Catéchisme de l'Église catholique, §§ 391-395 (texte officiel sur vatican.va). Sur la chute des anges et la nature de Satan : « La puissance de Satan n'est cependant pas infinie. [...] il ne peut empêcher l'édification du Règne de Dieu. [...] cette action est permise par la divine Providence qui avec force et douceur dirige l'histoire de l'homme et du monde. » (§ 395). Voir aussi §§ 2850-2854 sur la demande « délivre-nous du Mal ».
12Gabriele Amorth, Un esorcista racconta, Rome, Edizioni Dehoniane, 1990 (trad. fr. : Un exorciste raconte) ; J'ai rencontré Satan — typologie usuelle des degrés d'action démoniaque (tentation, vexation/oppression, infestation, obsession, possession), ici ramenée aux quatre degrés qui concernent les personnes. Cf. aussi Aleteia, « Obsession, possession, infestation : les différents cas d'exorcisme », 6 juin 2023 ; et le dossier L'exorcisme dans l'Église catholique.
13Code de droit canonique (1983), canon 1172, § 1-2. Texte latin : « Nemo exorcismos in obsessos proferre legitime potest, nisi ab Ordinario loci peculiarem et expressam licentiam obtinuerit. Haec licentia ab Ordinario loci concedatur tantummodo presbytero pietate, scientia, prudentia ac vitae integritate praedito. » Traduction française officielle sur vatican.va.
14La prière à saint Michel est introduite en 1886 dans les prières après la messe (« prières léonines »), sur l'ordre de Léon XIII : Kevin Symonds, Pope Leo XIII and the Prayer to St. Michael (2015) ; la tradition l'attribue à une vision du pape, sans document contemporain décisif. Texte latin : « Sancte Michael Archangele, defende nos in proelio… » (traduction française d'usage courant). L'Exorcismus in Satanam et angelos apostaticos, publié sur son ordre (Ex audientia Sanctissimi du 18 mai 1890, Acta Sanctae Sedis 23, 1890-1891), est repris dans le Rituel romain (titre XII, chap. III).
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