Clément-Marie Hofbauer (en allemand Klemens Maria Hofbauer, né Johannes Dvořák, 1751-1820) est un prêtre rédemptoriste d'origine morave, l'un des plus grands apôtres de l'Europe centrale au tournant des Lumières et de la Révolution. Boulanger devenu ermite puis missionnaire, il fut le premier fils non italien de la Congrégation du Très Saint Rédempteur fondée par saint Alphonse de Liguori, et le fit passer au-delà des Alpes : on l'appelle pour cela le « second fondateur » des Rédemptoristes.[1][2]
Pendant vingt et un ans, à Varsovie, il transforma l'église Saint-Benno en foyer d'une « mission perpétuelle » — prédication, sacrements et charité sans relâche — au point que la fréquentation des sacrements s'y accrut, selon la tradition, de façon spectaculaire.[3] Chassé par les troupes de Napoléon en 1808, il devint à Vienne, durant ses douze dernières années, le confesseur et le directeur d'âmes d'une ville entière, « de l'empereur François jusqu'au plus humble ».[4]
Son rayonnement spirituel ranima la foi catholique étouffée par le joséphisme, attira au catholicisme les esprits du cercle romantique de Vienne — dont l'écrivain Zacharias Werner et le philosophe Friedrich Schlegel — et contribua à faire échouer, autour du Congrès de Vienne, les projets d'une Église nationale soumise à l'État.[5][6] À sa mort, le pape Pie VII dit, selon la Catholic Encyclopedia : « La religion en Autriche a perdu son principal soutien. »[7]
Mort à Vienne le 15 mars 1820, il fut béatifié en 1888 par Léon XIII, canonisé en 1909 par saint Pie X, puis proclamé patron de Vienne en 1914. Il demeure le modèle du prêtre qui, dans un siècle hostile à l'Église, reconquiert les âmes une à une par la confession, la charité et une confiance inébranlable en la Providence.
Repères chronologiques
- 26 décembre 1751Naissance à Tasswitz
Jean Dvořák (Hofbauer) naît en Moravie, neuvième de douze enfants d'un éleveur et boucher.[8]
- 1771-1775Boulanger au monastère de Bruck
Apprenti puis employé à la boulangerie du prieuré prémontré de Bruck (Louka), il étudie à ses heures libres.[9]
- 1782-1783Ermite à Tivoli
- 19-29 mars 1785Profession et ordination
Profession rédemptoriste à San Giuliano (19 mars), ordination sacerdotale à la cathédrale d'Alatri (29 mars), avec Thaddée Hübl.[12][13]
- 1787Apôtre de Varsovie
Début de l'apostolat à l'église Saint-Benno : « mission perpétuelle », orphelinat et écoles, pendant vingt et un ans.[14]
- 9 juin 1808Suppression napoléonienne
Napoléon supprime la maison de Saint-Benno ; les Rédemptoristes sont emprisonnés à Küstrin puis dispersés.[15]
- Septembre 1808 - 1820Apôtre de Vienne
Confesseur et directeur d'âmes de toute la capitale ; combat contre le joséphisme et l'Église d'État.[16][17]
- 15 mars 1820Mort à Vienne
- 29 janvier 1888Béatification
Béatifié par Léon XIII.[20]
- 20 mai 1909Canonisation
L'enfant boulanger de Moravie (1751-1784)
Naissance à Tasswitz dans une famille pauvre (1751)
Jean Hofbauer naît le 26 décembre 1751, jour de la Saint-Étienne, à Tasswitz (aujourd'hui Tasovice), petit village de Moravie alors rattaché à l'empire des Habsbourg.[23][24] Son père, Pavel Dvořák, éleveur et boucher, avait germanisé son nom tchèque de Dvořák en Hofbauer ; il meurt alors que l'enfant n'a que six ans, laissant une nombreuse famille — Jean est le neuvième de douze enfants — dans la pauvreté.[25][26]
Sa mère, profondément pieuse, le confie tôt à la prière. Une tradition rapporte qu'elle conduisit l'orphelin devant un crucifix en lui disant que désormais le Christ serait son père. Le garçon montre un vif désir d'étude et commence le latin avec le curé du village, signe précoce d'une vocation sacerdotale ; mais à la mort de ce prêtre, vers ses quatorze ans, les leçons cessent faute de moyens.[27]
L'apprenti boulanger et le rêve du sacerdoce
Privé d'études, Jean devient apprenti boulanger à Znaim (Znojmo), à quelques kilomètres de son village.[28] Vers 1771, il entre au service de la boulangerie du monastère prémontré de Bruck (Louka), près de Znaim, où il sert pendant les années de guerre et de famine tout en consacrant ses heures libres à l'étude.[29] Le métier du pain ne le quittera jamais vraiment : plus tard, à Varsovie, il se remettra au pétrin pour nourrir ses orphelins, ce qui lui vaudra d'être aujourd'hui invoqué comme patron des boulangers.[30]
Le désir du sacerdoce, lui, ne s'éteint pas. Mais l'empereur Joseph II a fermé les séminaires traditionnels et soumet la formation du clergé à un strict contrôle d'État : pour un pauvre orphelin morave, la voie vers l'autel paraît fermée.
L'ermite devenu Clément-Marie
Faute de pouvoir étudier, Jean choisit la solitude. À partir de 1775, il embrasse la vie érémitique, d'abord en Moravie, puis au gré de pèlerinages.[31] C'est durant ces années qu'il prend le nom religieux de Clément-Marie — Clément en l'honneur de saint Clément de Rome, Marie par dévotion à la Vierge — nom sous lequel il sera désormais toujours connu.[32]
Mais l'idéal solitaire se heurte à la politique. En 1782-1783, l'empereur Joseph II abolit tous les ermitages de ses États au nom de la rationalisation joséphiste. Clément doit quitter sa retraite et revient à Vienne, où il reprend son travail de boulanger.[33] La Providence, par ce déracinement, le rapproche de sa vraie vocation.
Rome, Tivoli et la rencontre de Mgr Chiaramonti
Avant cette interdiction, Clément avait déjà accompli deux pèlerinages à Rome. Lors d'un séjour en Italie (1782-1783), il vécut quelque temps en ermite près de Tivoli, au sanctuaire de Notre-Dame de Quintiliolo, sous la protection de l'évêque Barnaba Chiaramonti — le futur pape Pie VII.[34][35] Cette rencontre tissera un lien providentiel : trente ans plus tard, c'est ce même Chiaramonti devenu pape qui défendra Hofbauer contre l'État autrichien.
Rentré à Vienne, Clément y rencontre à la messe de pieuses bienfaitrices — trois dames âgées, selon une tradition — qui, frappées par sa ferveur, financent ses études.[36][37] Comme l'empereur a fermé les séminaires, il suit des études de théologie à l'université de Vienne — que la New Catholic Encyclopedia situe entre 1780 et 1784 —, interrompues par son séjour d'ermite à Tivoli (1782-1783) puis achevées à son retour à Vienne, dans un enseignement imprégné de joséphisme et de rationalisme où il ne trouve pas de véritable accès à la vie spirituelle.[38][39][40][41] Il trouve cependant un père spirituel en la personne de l'ex-jésuite Nicolas de Diessbach, qui lui fait vraisemblablement connaître les écrits de saint Alphonse de Liguori — semence discrète d'une vocation qui mûrira bientôt à Rome.[42] À près de trente ans, l'ancien boulanger est enfin sur le chemin du sacerdoce — mais ce sera à Rome, et non à Vienne, qu'il trouvera sa famille spirituelle.
Rédemptoriste et « second fondateur » de la Congrégation
L'entrée chez les fils de saint Alphonse (1784-1785)
En 1784, Clément accomplit un troisième pèlerinage à Rome avec son ami Thaddée Hübl (Thaddäus Hübl).[43] Dans la Ville éternelle, les deux compagnons découvrent la jeune Congrégation du Très Saint Rédempteur, fondée un demi-siècle plus tôt par saint Alphonse de Liguori pour évangéliser les pauvres des campagnes. Conquis, ils entrent au noviciat de San Giuliano, sur l'Esquilin.[44]
Après un noviciat abrégé, Clément et Thaddée font leur profession religieuse le 19 mars 1785, fête de saint Joseph, puis sont ordonnés prêtres le 29 mars 1785 à la cathédrale d'Alatri.[45][46] Clément-Marie Hofbauer devient ainsi le premier Rédemptoriste non italien de l'histoire — et le germe d'une expansion que saint Alphonse, mort deux ans plus tard, n'avait pu réaliser de son vivant.
Vicaire général au-delà des Alpes
Le supérieur général envoie les deux nouveaux prêtres porter la Congrégation au nord des Alpes, là où elle n'a encore aucune maison.[47] La tâche est immense : l'Europe germanique et slave est travaillée par le joséphisme, le fébronianisme et l'esprit des Lumières, tandis que la suppression des Jésuites en 1773 a laissé un vide pastoral béant.
Clément est bientôt nommé vicaire général de l'institut pour les régions transalpines.[48] Ne pouvant s'établir à Vienne, verrouillée par la législation joséphiste, il portera son zèle plus à l'est — vers la Pologne, où l'attend l'œuvre de sa vie.
L'apôtre de Varsovie (1787-1808)
Saint-Benno et la « mission perpétuelle »
Arrivés à Varsovie au début de 1787 — sans argent, ayant donné leurs dernières pièces aux mendiants —, Hofbauer et ses compagnons reçoivent de l'archevêque la charge de l'église Saint-Benno (Sankt Benno), l'église nationale des catholiques de langue allemande de la capitale polonaise.[49][50] C'est là, dans une ville de près de 120 000 habitants que Clément va déployer pendant vingt et un ans une pastorale d'une intensité inouïe.
Il y instaure ce qu'on a appelé la « mission perpétuelle » : non plus une mission ponctuelle de quelques semaines, mais une prédication et une administration des sacrements ininterrompues, tout au long de l'année.[51][52] Le programme quotidien, tel que le rapportent les récits de l'époque, donne le vertige.
La règle de Saint-Benno prévoyait chaque jour la messe et l'instruction, cinq sermons (en allemand et en polonais), trois grand-messes par semaine, l'office de la Vierge, la visite au Saint-Sacrement, le chemin de croix, les vêpres, les litanies — et la confession disponible à toute heure.[53][54]
Le contraste avec la déchristianisation ambiante est saisissant : alors que beaucoup avaient sombré dans l'indifférence ou la franc-maçonnerie, la réception des sacrements à Saint-Benno s'y serait accrue de façon spectaculaire.[55]
Les œuvres de charité : orphelinat, écoles, pauvres
La prédication de Hofbauer ne se sépare jamais de la charité concrète. À Varsovie, il fonde un orphelinat pour les garçons abandonnés — le Refuge de l'Enfant-Jésus — et plusieurs écoles, dont une école d'arts et métiers et une école de filles, longtemps la seule de la ville.[56][57] Fidèle à son ancien métier, il se remet lui-même au four pour nourrir ses enfants.[58]
Une anecdote célèbre dit tout de son audace de mendiant des pauvres. Quêtant un jour dans une taverne pour ses orphelins, il reçut d'un client, par mépris, de la bière crachée au visage. Hofbauer s'essuya et répondit avec calme : « Cela, c'était pour moi ; et maintenant, qu'avez-vous pour mes garçons ? » Saisis, les buveurs vidèrent leurs bourses.[59]
Cette union indissoluble de l'annonce de la foi et du service des plus pauvres restera la marque de toute son œuvre : à ses yeux, on ne sauve pas une ville par des idées, mais en aimant un à un ceux que la société abandonne.[60]
Vingt et un ans de fécondité, puis la suppression napoléonienne (1808)
L'œuvre essaime. Nommé responsable de la Congrégation au nord des Alpes, Hofbauer fonde des maisons en Allemagne et en Suisse ; il forme lui-même de jeunes prêtres, recrutés souvent parmi ses anciens élèves.[61] La communauté rédemptoriste, partie de quelques membres, s'était étoffée au point de compter plusieurs dizaines de religieux en 1808.[62]
Mais les guerres et les partages de la Pologne déchaînent les persécutions. Après l'occupation prussienne puis française, Napoléon, hostile aux congrégations indépendantes de l'État, fait supprimer la maison de Saint-Benno. Le 9 juin 1808, l'ordre d'expulsion est signé ; le 20 juin, les religieux sont conduits sous escorte à la forteresse de Küstrin (Kostrzyn), emprisonnés un mois, puis dispersés, avec interdiction de revenir en Pologne.[63] L'épreuve est d'autant plus lourde que Thaddée Hübl, son fidèle compagnon, était mort l'année précédente, en 1807.[64]
À cinquante-six ans, l'apôtre de Varsovie a tout perdu. Il reprend la route vers l'ouest — vers Vienne, où l'attend un dernier et plus grand champ de mission.
L'apôtre de Vienne (1808-1820)
Confesseur et directeur d'âmes de toute une ville
De retour à Vienne en septembre 1808, Hofbauer y passe les douze dernières années de sa vie.[65] Brièvement arrêté puis relâché au bout de trois jours, il est d'abord aumônier dans une petite église italienne, puis, à partir de juillet 1813, chaplain et directeur spirituel du couvent des Ursulines.[66][67]
Là, sans bruit, il accomplit ce que la Catholic Encyclopedia appelle « un véritable apostolat dans toutes les classes de la capitale, depuis l'empereur François jusqu'au plus humble ».[68][69] En 1819, il obtient enfin l'établissement de la première maison rédemptoriste de Vienne, et fonde un collège catholique.[70][71] Confesseur recherché, prédicateur d'une simplicité brûlante, il ranime la beauté du culte que le joséphisme avait dépouillé — fleurs, encens, cierges, musique de Mozart à l'église — et fait de son modeste logement « un lieu de rencontre et de confession pour les personnalités célèbres comme pour les gens du peuple, les jeunes et les pauvres ».[72]
Le cercle romantique de Vienne et les grandes conversions
Le rayonnement de Hofbauer atteint l'élite intellectuelle. Autour de lui se forme un foyer de renouveau catholique qui touche le cercle romantique de Vienne. Parmi les âmes qu'il ramène ou affermit dans la foi : le philosophe Friedrich Schlegel et son épouse Dorothée (fille du philosophe juif Moses Mendelssohn), le peintre Friedrich von Klinkowström, le secrétaire de Metternich Joseph von Pilat, et surtout le dramaturge Zacharias Werner, jadis adversaire de Hofbauer à Varsovie, qui se convertit, devient prêtre et l'un des plus grands prédicateurs de Vienne.[73]
De ce dernier vient l'un des plus beaux hommages jamais rendus au saint. Werner confiait :
« Je ne connais que trois hommes d'une énergie surhumaine : Napoléon, Goethe et Clément Hofbauer. » — Zacharias Werner, rapporté dans la Catholic Encyclopedia[74]
Contre le joséphisme et l'Église d'État
Le combat de Hofbauer n'est pas seulement spirituel : il est aussi celui de la liberté de l'Église. Au temps du Congrès de Vienne (1814-1815), des projets circulent pour organiser une Église nationale allemande largement soumise au pouvoir civil, dans la ligne du fébronianisme — doctrine qui voulait subordonner l'Église aux princes et aux évêques nationaux contre Rome — et des idées du vicaire général Ignaz von Wessenberg.[75] Par son influence et celle de ses disciples placés jusque dans l'entourage de Metternich, Hofbauer contribue à faire échouer ces projets et à maintenir l'unité romaine du catholicisme germanique.
L'historiographie lui reconnaît un rôle décisif dans le déclin du joséphisme : l'extinction de ce système d'Église d'État fut due, écrit la Catholic Encyclopedia, « peut-être plus qu'à aucun autre homme », à Clément Hofbauer.[76] L'ancien boulanger morave aura ainsi pesé sur le destin religieux de l'Europe centrale plus qu'aucun ministre.
La sainteté et le surnaturel
« Courage, Dieu conduit tout » : la spiritualité de l'abandon
Toute l'action de Hofbauer repose sur une confiance absolue en la Providence. Submergé par les tâches, il se tenait, dit-on, devant le Saint-Sacrement en répétant simplement : « Seigneur, au secours ! Il est grand temps… »[77] Sa devise tenait en quelques mots, qui résument une vie entière livrée à Dieu :
« Courage ! Dieu conduit tout. » — Parole attribuée à saint Clément-Marie Hofbauer[78]
Cette spiritualité de l'abandon confiant — héritée de saint Alphonse et de son traité sur l'uniformité à la volonté de Dieu — fait de Hofbauer un témoin de la même sainteté de l'enfance spirituelle qui s'épanouira au siècle suivant. On ne change pas le monde par calcul, enseignait-il en actes, mais en se laissant conduire pas à pas par la volonté de Dieu.
L'apparition à Zacharias Werner
La gloire de Hofbauer ne s'arrête pas à sa mort. La tradition hagiographique rapporte plusieurs apparitions du saint après sa mort ; la plus célèbre concerne précisément Zacharias Werner, son ancien persécuteur devenu disciple. Quelques semaines avant sa propre mort, en 1823, Werner aurait annoncé en chaire sa fin prochaine en racontant une vision nocturne :
« Soudain la chambre s'illumina d'une lumière plus claire que le soleil et je vis le Père Hofbauer, mon ami et mon maître, dans toute sa splendeur. Il avait dans ses mains un lys, une branche d'olivier et un rameau, et me parla ainsi : "Zacharie, viens, viens, bientôt tu vas venir." Cela dit, il disparut. Cette apparition n'est pas mon imagination. » — Récit attribué à Zacharias Werner, rapporté par le panneau d'exposition Paradiso[79]
Werner mourut quelques semaines plus tard, après l'Épiphanie de 1823.[80] Loin d'être un ornement pieux, ce récit, transmis par la tradition sans acte vérifié du procès à l'appui, illustre la conviction catholique que les saints, entrés dans la gloire, demeurent proches de ceux qu'ils ont aimés sur terre — et viennent parfois les appeler au Ciel.
Mort et glorification (1820-1909)
La mort de l'apôtre (15 mars 1820) et la levée de l'interdit
Au début de mars 1820, épuisé par le travail, Hofbauer tombe malade. Il meurt à Vienne le 15 mars 1820, à soixante-huit ans.[81][82] Ses funérailles tournent au deuil de toute la ville.
La Providence couronne son combat au moment même de son départ : peu avant ou peu après sa mort, l'empereur François Ier, gagné par l'estime que Pie VII lui avait inspirée pour Hofbauer, lève l'interdiction qui pesait sur les Rédemptoristes et autorise leur première fondation en Autriche — l'œuvre que le saint avait tant désirée sans pouvoir la voir.[83][84] Apprenant sa mort, le pape Pie VII déclara, selon la Catholic Encyclopedia :
« La religion en Autriche a perdu son principal soutien. » — Pie VII, à l'annonce de la mort de Clément Hofbauer[85]
Inhumé d'abord au cimetière de Maria Enzersdorf, son corps fut transféré en 1862 dans l'église rédemptoriste de Maria am Gestade (Notre-Dame-du-Rivage), à Vienne, où il repose et est vénéré.[86][87]
Béatification (1888), canonisation (1909), patron de Vienne
La renommée de sainteté de Hofbauer ne fit que croître. Il est béatifié le 29 janvier 1888 par Léon XIII, puis canonisé le 20 mai 1909 par saint Pie X.[88][89] En 1914, le même Pie X le proclame patron de la ville de Vienne, dont il avait ranimé la foi.[90][91]
L'Église reconnaissait ainsi en lui à la fois l'apôtre qui avait reconquis deux capitales pour le Christ, et le « second fondateur » des Rédemptoristes, sans qui la Congrégation de saint Alphonse ne serait peut-être jamais sortie d'Italie.[92][93] Il est aujourd'hui patron de Vienne par proclamation pontificale (saint Pie X, 1914)[94][95], invoqué comme patron des boulangers en raison de son ancien métier — titre populaire — et des ermites, et compté parmi les patrons de Varsovie, où l'épiscopat polonais l'a inscrit au catalogue des saints polonais en reconnaissance de ses vingt et un ans d'apostolat.[96][97] Aujourd'hui implantés sur les cinq continents, les fils de saint Alphonse comptent parmi eux des figures comme saint Gérard Majella et saint Jean Neumann : tous, en un sens, héritiers de l'audace missionnaire de l'ancien boulanger de Tasswitz.
Deux siècles après sa mort, saint Clément-Marie Hofbauer reste le modèle du prêtre des temps difficiles : un homme sans pouvoir ni fortune qui, par la seule force de la confession, de la charité et de la confiance en Dieu, a refait chrétienne une partie de l'Europe.
Pour aller plus loin
- Saint Alphonse de Liguori (1696-1787) — le fondateur des Rédemptoristes dont Hofbauer fut le « second fondateur » en portant la Congrégation au nord des Alpes.
- Saint Gérard Majella (1726-1755) — le frère rédemptoriste thaumaturge, autre grand fils de saint Alphonse.
- Saint Jean Neumann (1811-1860) — l'évêque rédemptoriste de Philadelphie, héritier de l'élan missionnaire de Hofbauer.
- Saint Pie X (1835-1914) — le pape qui canonisa Clément-Marie Hofbauer en 1909 et le déclara patron de Vienne en 1914.
- Saint Benoît-Joseph Labre (1748-1783) — autre figure de sainteté pauvre et pèlerine du XVIIIᵉ siècle.
Notes et références
Joseph Wuest, "Bl. Clement Mary Hofbauer", The Catholic Encyclopedia, vol. IV, Robert Appleton Company, New York, 1908 : newadvent.org. Notice de référence : naissance (26 décembre 1751, Tasswitz, Moravie), benjamin de douze enfants d'un éleveur et boucher, mort du père à six ans, service au monastère prémontré de Bruck (1771-1775), vie érémitique et nom de Clément, ermitage protégé par Barnaba Chiaramonti (futur Pie VII), entrée au noviciat de San Giuliano avec Thaddäus Hübl, profession le 19 mars 1785, mission de Saint-Benno à Varsovie, suppression de 1808, apostolat viennois « depuis l'empereur François jusqu'au plus humble », mots de Werner et de Pie VII, titre de « second fondateur », béatification le 29 janvier 1888 par Léon XIII.
1 4 5 7 8 9 10 12 16 18 20 23 29 32 34 41 43 44 45 50 51 64 66 68 74 76 81 85 88 92Wikipedia (EN), "Clement Mary Hofbauer" : en.wikipedia.org. Article détaillé : nom de naissance Dvořák germanisé en Hofbauer, neuvième de douze enfants, apprenti boulanger à Znaim, ermitages dont Tivoli (1782-1783), profession (19 mars 1785) et ordination à Alatri, mission perpétuelle de Saint-Benno (cinq sermons quotidiens — corroborés par Franciscan Media —, grand-messes, confessions à toute heure), orphelinat et écoles, anecdote de la taverne, expulsion du 9 juin 1808 et emprisonnement à Küstrin, années viennoises, conversions (Schlegel, Werner, Klinkowström, Pilat), inscription au catalogue des saints polonais par l'épiscopat polonais et patronage de Varsovie, transfert des reliques en 1862. Les chiffrages précis qu'on y lit pour la réception des sacrements à Saint-Benno et pour l'effectif de la communauté en 1808 ne figurent dans aucune des autres sources consultées (Catholic Encyclopedia, archidiocèse de Vienne, Franciscan Media) : l'article présente donc ces points comme une tradition non chiffrée, sans reprendre de quantitatif précis comme fait établi.
2 3 11 14 15 24 25 27 28 30 31 33 35 36 38 47 49 52 53 55 56 58 59 61 62 63 65 73 77 83 86 89 96Archidiocèse de Vienne, "St. Clement Maria Hofbauer", Vienna International Religious Centre : erzdioezese-wien.at. Sur le rôle de patron de Vienne, le renouveau du culte (fleurs, encens, cierges, musique de Mozart) après le joséphisme, le logement devenu lieu de rencontre et de confession pour toutes les classes, les œuvres sociales de Varsovie (écoles de pauvres, école d'arts et métiers pour filles, orphelinat), l'expulsion de 1808 et la brève arrestation à Vienne, la mort le 15 mars 1820, l'inhumation à Maria Enzersdorf puis le transfert à Maria am Gestade, la béatification (1888) et la canonisation (1909), et la parole « Courage, Dieu conduit tout ».
6 13 19 46 57 60 67 72 75 78 82 84 87 91 95"Clement Mary Hofbauer, Blessed", Catholic Answers Encyclopedia : catholic.com. Confirme la « mission perpétuelle » de Saint-Benno, l'orphelinat et l'école de garçons, la mort de Thaddée Hübl en 1807, la suppression de 1808 ordonnée depuis Paris, l'apostolat viennois auprès de toutes les classes, les titres d'« apôtre de Vienne » et de « second fondateur » de la Congrégation, ainsi que les paroles de Werner et de Pie VII.
17 69 93"Saint Clement Mary Hofbauer", CatholicSaints.Info : catholicsaints.info. Relais pour les dates de naissance (26 décembre 1751, Tasswitz) et de mort (15 mars 1820, Vienne), l'ordination (1785), les patronages (Vienne et Autriche depuis 1914, boulangers, ermites, Varsovie), la béatification (29 janvier 1888, Léon XIII), la canonisation (20 mai 1909, Pie X) et la fête du 15 mars.
21 97Wikipédia (FR), "Clément-Marie Hofbauer" : fr.wikipedia.org. Confirme le nom de naissance, la naissance le 26 décembre 1751 en Moravie, l'entrée chez les Rédemptoristes (premier membre non italien), le vicariat général transalpin, l'apostolat viennois auprès des romantiques allemands (Schlegel, Werner, Müller), la mort le 15 mars 1820, la béatification (29 janvier 1888, Léon XIII), la canonisation (20 mai 1909, Pie X), le patronage de Vienne et de la Moravie.
22 26 48 90 94"Hofbauer, Clement Mary, St.", New Catholic Encyclopedia, repris sur encyclopedia.com. Précise le nom de famille Dvořák, la mort du père en 1757, le métier de boulanger tenu jusque vers 1780, les études à l'université de Vienne (1780-1784) financées par de pieuses bienfaitrices viennoises, l'entrée chez les Rédemptoristes à Rome en 1784 avec Thaddée Hübl, le vicariat général transalpin, l'établissement de la première maison rédemptoriste de Vienne en 1819, le patronage de Vienne attribué par Pie X en 1914.
37 39 70"Hl. Klemens Maria Hofbauer", Congrégation des Rédemptoristes (province de Vienne), site officiel : redemptoristen.com. Précise que Hofbauer, débutant sa théologie à l'université de Vienne, n'y trouve pas d'accès véritable au rationalisme théologique ambiant, mais découvre une figure de père spirituel dans l'ex-jésuite Nicolas de Diessbach (Nikolaus von Dießbach), qui lui fait vraisemblablement (« vermutlich ») connaître les écrits de saint Alphonse de Liguori avant son propre séjour romain de 1784.
40 42"Saint Clement Mary Hofbauer", Franciscan Media — Saint of the Day : franciscanmedia.org. Confirme les cinq sermons quotidiens à Varsovie, l'orphelinat et l'école de garçons, la fondation d'un collège catholique à Vienne, le titre de « second fondateur des Rédemptoristes » et l'expansion de la Congrégation au nord des Alpes.
54 71Panneau Paradiso — Saint Clément-Marie Hofbauer de l'exposition sur les miracles eucharistiques et le Ciel (d'après les travaux du bienheureux Carlo Acutis) : récit de la vision nocturne attribuée à Zacharias Werner (lys, branche d'olivier, rameau, parole « Zacharie, viens… ») et de sa mort après l'Épiphanie de 1823. Le panneau invoque le procès de béatification sans en donner la cote (volume, folio, page) : en l'absence de cette référence vérifiable, l'article présente le récit comme une tradition rapportée, non comme un témoignage attesté sous serment.
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